Laurent Marcangeli, député de Corse-du-Sud | Politiques, à table !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Quel est le menu du jour ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Sur le papier, une omelette aux pommes de terre n'a rien de glamour. Comment avez-vous fait pour la rendre attractive ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Vos grands-parents étaient maraîchers. Pouvez-vous nous décrire leur rapport à la terre et à la cuisine ?
- 12:00RelanceRéponse directe
Vous parlez de la cuisson des pommes de terre. Quel est le secret de votre grand-mère pour une omelette moelleuse ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Vous avez évoqué le choix des produits. Aujourd'hui, privilégiez-vous les produits locaux ou bio ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Lactalis réduit ses achats de lait de 9 %. Comment analysez-vous cette décision ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:00Laurent MarcangeliFait
« Ma grand-mère vivait en appartement, donc l'image d'Epinal, elle a grandi dans une maison de campagne. »
- 16:00Laurent MarcangeliFait
« On privilégie les produits locaux. Bio, pas forcément, mais ça m'est arrivé également. »
- 20:00Laurent MarcangeliChiffre
« Lactalis l'a annoncé, le plus gros groupe laitier du monde va réduire de 9 % ses achats de lait, ce qui représente 450 millions de litres sur les 5 milliards transformés chaque année dans ses usines. »
- 24:00Laurent MarcangeliFait
« Il faut qu'elle revienne, d'abord parce qu'on a eu une première lecture à l'Assemblée nationale, et au Sénat. Elle peut être modifiée. »
- 28:00Laurent MarcangeliFait
« Je demande à voir. Je demande à voir. Moi, je ne fais pas de procès d'intention. »
- 40:00Laurent MarcangeliFait
« J'aime le sucré, mais je fais attention. Tout simplement. »
- 44:00Laurent MarcangeliChiffre
« J'ai perdu à peu près 11 kilos en quelques mois. »
- 48:00Laurent MarcangeliFait
« Pour moi la musique c'est Jacques Brel dans son rond de lumière. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Générique (...) Bonjour à toutes et à tous et bienvenus dans Politiques à table.
La commande est passée, les assiettes sont dressées, il est l'heure de retrouver l'émission qui fait dorer l'actualité politique et qui met sur le grill les sujets qui nous préoccupent toutes et tous autour de l'alimentation. Et ce midi, nous accueillons Laurent Marcangeli. Bonjour. -Bonjour. -Et bonjour à vous, Jean-Pierre Montanay. -Bonjour. -Alors, Laurent Marcangeli, vous êtes député de Corse du Sud, une île qui vous a vu naître et grandir sous le soleil d'Ajaccio, capitale de l'île de beauté, que vous dirigerez entre 2014 et 2022, un peu comme le Sartinesu, je l'ai bien dit ? -Sartinesu. -Ah, presque, presque.
Vos ambitions politiques s'affinent au fil des années. Vous adhérez d'abord au RPR dans votre chambre. A l'âge de 16 ans, on trouve même le poster de Jacques Chirac que vous aviez accroché au mur.
Puis, vous serez élu député en 2012 sous la bannière UMP qui deviendra LR. Mais, quand l'affaire Fillon éclate, c'est l'indigestion. Vous quittez les LR en 2018.
Vous rejoignez en 2021, un nouvel horizon, celui d'Edouard Philippe. Réélu en 2022 avec cette nouvelle étiquette, vous êtes un fin connaisseur de la cuisine politique, mais c'est la recette de l'autonomie corse qu'il vous reste encore à trouver. Vous avez les ingrédients, l'assaisonnement.
Reste à savoir comment faire cuire tout cela. Et en parlant de recettes, quel est le menu du jour ? -Eh bien Valérie, une omelette aux pommes de terre comme celle de votre grand-mère, celle de Laurent Marcangeli, et en dessert, salade de fruits. -Dans Le dessous des plats, nous reviendrons sur la réduction de la collecte de lait chez Lactalis, qui met des centaines de producteurs en très grande difficulté. -Dans Les pieds dans le plat, on fait tout un fromage du Brocciu, le fromage corse par excellence.
On vous racontera ses secrets de fabrication. -Voilà pour le menu, maintenant, on passe à table et je vous propose de nous ouvrir l'appétit avec Cuisine et confidences. Jingle -Ah, quel sens du marketing, Laurent Marcangeli.
Quel talent pour nous vendre votre omelette aux pommes de terre. Sur le papier, il n'y a plus glamour. D'ailleurs, vous aviez anticipé notre "bof" en guise de réponse avec Valérie.
Alors, pour la pimper votre omelette, pas de truffes clinquantes ni de lamelles de Prizuttu ou le fameux jambon corse réservé aux autochtones. Non, encore plus fort. Vous appelez à la rescousse le savoir-faire de votre chère grand-mère, aujourd'hui disparue. "Une omelette comme celle de ma grand-mère", vous avez demandé.
Et tout de suite ? Bingo Valérie, vous réveillez notre imaginaire Corse, la maison en pierre grise à l'ombre d'un châtaignier, des oeufs pondus directement dans la cuisine ! Une cuisinière en fonte qui sent le feu de bois et une vieille poêle comme autrefois et les patates du jardin à portée de brouette.
Bref, la Corse en mode carte postale, couleur sépia et oui, rendre hommage à la grand-mère est une trouvaille vieille comme le monde en cuisine, même Hélène Darroze lui consacre un livre. Elle, pourtant, la chef étoilée. On connaît les astuces de grand-mère pour mieux cuisiner, les recettes de grand-mère réconfortantes ou pour retomber en enfance.
Eh bien voilà, la boucle est bouclée. Avouez-le, Laurent Marcangeli, cette émission va vous faire voyager dans le temps, vous rappeler ce bon temps où, en culotte courte sur un tabouret, vous dévoriez cette divine omelette. Mais bon, maintenant, il faut passer à table et nous révéler les secrets de votre grand-mère pour cette omelette. -D'abord, ma grand-mère vivait en appartement, donc l'image d'Epinal*, elle a grandi dans une maison de campagne, puisqu'elle était issue d'une famille de maraîchers, à Ajaccio même, elles vendait les légumes sur le marché d'Ajaccio, puis, quand elle s'est mariée, elle est allée vers la modernité, comme beaucoup de gens de sa génération, et elle a eu une famille nombreuse, donc aussi beaucoup de petits-enfants.
Elle faisait beaucoup de choses à manger et elle les faisait plutôt bien d'un avis général. Ce n'est pas forcément les petits-enfants qui ont un avis très particulier sur ce que font leurs grand-mères. Même quand ce n'est pas bon, ma grand-mère, c'était bon.
Je vous interdis de penser le contraire. -Ils rient -C'est souvent comme ça. -Ce plat faisait partie des plats fétiches. -Signature, comme on dit maintenant. -Signature.
Il y en avait d'autres. -Je vous propose de la goûter, cette omelette. Comme ça, vous allez nous dire un peu si elle vous ramène à cette époque-là.
Elle savoure -Mais il ne nous a toujours pas révélé le secret. -Il va nous le dire. Déjà, est-elle bonne ? -Le secret, elle est bonne. -Elle est bonne. -Elle est réussie. -Elle est réussie.
Le secret, d'abord, c'est la quantité d'oeufs. Je ne sais pas comment elle arrivait à faire un...
Ca ressemble plus à une tortilla, comme...
Vous auriez pu le penser qu'à une omelette traditionnelle. Quand vous allez au restaurant, vous avez des omelettes qui sont souvent en chaussons. Et là, ça faisait vraiment tarte.
Voilà. Et avec des très gros morceaux de pommes de terre coupées en dés. Et pas sèche du tout.
Des fois, la difficulté, c'est qu'à l'intérieur, ça peut être un peu sec. -Oui. -Parce que vous faites cuire trop longtemps. -Elle l'a gardait moelleuse. -Elle était très moelleuse.
Je crois qu'il y a la cuisson. Le secret, ça doit être la cuisson. Et après, la bonne quantité d'oeufs.
Vous verrez tout à l'heure, quand on parlera du Brocciu, L'un des secrets du Brocciu, c'est le sel. Et parfois, vous avez des gens qui le font, c'est à la main. Il n'y a pas de pesée. -Et je pense aussi, mais je m'immisce dans la vie de votre grand-mère, la variété des pommes de terre aussi.
Celles sans doute peut-être de votre jardin ou de Corse qui était très bonnes parce que d'une variété à l'autre, la tortilla peut ne pas être bonne. On en parlera plus tard. -Pendant mon enfance, j'ai beaucoup fait les courses avec ma grand-mère.
Je la suivais. -Au marché ? -Au marché ou même, d'ailleurs, dans les petites épiceries qu'on pouvait avoir pas loin de la maison.
Et elle mettait un soin particulier à choisir les produits. Donc, effectivement, comme c'était quelqu'un qui était terrien, en plus, elle se trompait peu, notamment au niveau du choix des produits. Ca comptait aussi dans la réussite des plats qu'elle pouvait nous cuisiner. -Elle avait d'autres recettes signatures ? -Boulettes de viande avec les pâtes.
Il y avait...
On appelle ça le Tianu chez nous, c'est du veau en sauce, mais une sauce plutôt liquide. Ce n'est pas une sauce très épaisse tomate, avec des pâtes souvent aussi. C'était un repas qu'on faisait souvent le dimanche.
Mais comme je me suis dit qu'on pouvait se tâcher avec la sauce...
Et que je suis quelqu'un de très précautionneux. J'ai préféré prendre l'omelette pour passer ce moment sympathique avec vous. -Vous parliez des courses que votre grand-mère faisait ou que parfois vous l'accompagniez.
Aujourd'hui, vous faites les courses ? -Pas souvent. J'ai pas le temps.
Mais c'est vrai que quand on...
J'aime bien prendre certaines choses. -Je pense notamment aux oeufs. Est-ce que vous les sélectionnez ?
Vous prenez des oeufs bio ? Faites-vous attention à ça ? -Ca fait longtemps que je n'ai pas acheté d'oeufs.
Je vais être totalement honnête avec vous. On a des entreprises qui vendent des oeufs chez moi en Corse qui sont de très bonne qualité. Donc, à la part du temps, . on privilégie les produits locaux.
Bio, pas forcément, mais ça m'est arrivé également. Et surtout, ce que j'aime bien, c'est que sur le marché d'Ajaccio, vous avez toute une variété de produits alimentaires, de très bonnes charcuteries, de très bons fromages, des produits également de boulangerie, avec des feuilletés qu'on aime particulièrement chez moi, avec de l'oignon à l'intérieur ou de la blette. -Ce qu'on comprend, c'est que votre rapport direct au producteur, il est important pour vous. -Bien sûr que c'est important.
Je suis député d'une circonscription qui n'est pas qu'urbaine, elle est aussi rurale. Il y a 49 communes et il y a un savoir-faire agricole dans ma circonscription qui est très important. -Voilà un homme déconstruit, il fait des courses.
M. Marcangeli, c'est bien. Deuxième étape, une fois que vous avez votre cabaye et que vous rentrez à la maison, vous faites la cuisine ? -Je suis nul. -AH ! -Alors ça tombe bien. -Pareil.
Ca arrive même au meilleur. -On peut être nul et cuisiner, et puis on peut être nul et ne pas aimer cuisiner. Vous ne voulez pas cuisiner, même par obligation parfois ? -J'ai cuisiné, comme tout étudiant qui se retrouve soit dans sa chambre de cité universitaire, ou dans l'appartement. -Des bolognaises. -Voilà.
Parfois des mauvais plats cuisinés, il faut dire les choses comme elles le sont, on est tous passés par là. Et puis, je sais cuire une viande, comme j'aime la manger, je sais faire des pâtes avec une bonne cuisson aussi, mais je ne suis pas un expert. -C'est un bon début. -C'est un bon début, mais il faudra du temps, parce que ce que je me suis laissé dire : "La cuisine, c'est aussi du temps." -Vous parliez des boulettes de viande.
Là, pareil, vous venez d'évoquer la cuisson de la viande. Là, vous avez choisi un plat végétarien. Il n'y a pas de viande dans ce plat.
C'est fait exprès ? Est-ce qu'il y a aussi derrière ça une volonté politique ? -Non, pas du tout.
Même si je dois avouer que... pas par conviction politique, mais par souci de santé, je mange moins de viande rouge, notamment, que par le passé.
J'en mange, j'aime, mais, je suis, comme on dit, moins viandard que lorsque j'étais plus jeune. Il m'arrivait de passer des semaines à en manger plus souvent, et je pense que je le supporte moins aujourd'hui, donc je mange davantage de viande blanche, mais ce n'est pas un message politique que je voulais faire passer. -Aimez-vous manger, même si ce n'est pas vous qui les cuisinez, on a compris que vous étiez nul, mais aimez-vous, avez-vous une appétence pour les produits corses, ça revient régulièrement dans votre quotidien ?
C'est peut-être compliqué de trouver à Paris, des bons produits corses ? Est-ce que vous êtes un peu Corse, psychorigide sur la nourriture corse ? -Non, je suis Corse en Corse, et je mange les produits de chez moi, chez moi. -Lesquels que vous adorez ? -La charcuterie, vous avez dit avant, il y a toute une variété, il y a le Lonzu, le Prizuttu.
Vous avez le saucisson, vous avez le jambon aussi, qui est particulièrement bon. -Est-ce vrai, pardon Valérie, j'ai une incise, parce que je suis allé en Corse, quand on est touriste, on ne peut pas avoir accès à ce vrai jambon, car il y en a tellement peu que les Corses le gardent pour eux-mêmes ? Est-ce une légende ? -Si vous êtes un touriste récurrent et apprécié... -Ah d'accord, il faut avoir sa carte, la carte de membre.
D'accord ! -Il n'y a pas de ségrégation. Et si vous êtes accompagné par un Corse qui est dans la place, ça va, vous pouvez y avoir accès.
Il faut être parrainé. -Vous êtes Corse en Corse, on l'a compris, mais est-ce qu'à Paris, on peut trouver une bonne omelette comme celle-ci, voire un bon restaurant corse à recommander à nos téléspectateurs à Paris ? -Il y a plusieurs restaurants corses, donc je ne veux pas faire de jaloux, je ne préfère pas faire de pub parce que celui que je ne vais pas citer m'en voudra.
C'est facile, il suffit d'aller sur internet, vous avez toute une liste qui va sortir, il y a des spécialités, après vous avez des épiceries aussi qui vendent des produits, d'ailleurs certains d'entre eux vont être montrées tout à l'heure, donc voilà, il y a la possibilité. Mais c'est vrai qu'à Paris, j'essaie plutôt de varier les plaisirs, d'aller dans des endroits qui me font parfois voyager lorsque j'ai le temps, parce que vous savez qu'en tant que député, on est vraiment dans le cercle de l'Assemblée nationale, on ne peut pas trop s'échapper, lorsqu'il y a des sessions, et on ne mange pas très loin. -Etonnamment avec la cuisine corse, je parlais de l'imaginaire corse vous voyez, j'ai eu tout faux, mais c'est le sens du marketing.
Votre grand-mère avec un petit appart, mais j'ai fait rêver le monde en pensant qu'elle avait une bâtisse. Mais en fait, c'est une cuisine et des produits qui sont très tournés vers la terre, alors que c'est une île et que souvent, le Parisien se dit : "En Corse, je vais manger du poisson." C'est venu avec le tourisme, mais ce n'est pas une vraie tradition, le poisson en Corse ?
La charcuterie, vous l'avez dit tout de suite. -Moi, c'est ce qui m'est venu en premier, parce que j'ai mis beaucoup de temps à aimer le poisson. J'étais un petit garçon difficile par rapport aux produits venant de la mer.
Parce que ma mère elle-même non plus n'aime pas vraiment les produits de la mer. Mais il y a une vraie tradition. Les oursins, c'est une tradition ajaccienne.
Vous avez les gens qui vont sur la plage faire ce qu'on appelle les oursinades. Et c'est des réunions de famille ou d'entre amis qui sont énormes. Vous avez les fruits de mer qui sont appréciés.
Puis, vous avez des plats à base de poisson, des soupes de poisson, etc. Ma grand-mère la faisait très bien aussi. J'aurais pu proposer ça aujourd'hui, mais, attention aux tâches, Et il y a une tradition de la mer et de la pêche en Corse, avec des tas de poissons, parfois des poissons qui sont très bien cuisinés. -Alors bon, maintenant, on sait tout sur l'omelette.
Evidemment, règle numéro un, on ne réussit pas une omelette sans casser des oeufs. Ca, on l'a compris, mais il reste encore trois choses à savoir. Pour cuisiner une bonne omelette aux pommes de terre, n'est-ce pas Jean-Pierre ? -Oui, Valérie.
Alors d'abord, choisir, je parlais des variétés, choisir des pommes de terre à chair ferme. Sinon, si c'est une chair tendre, elle va se déliter et ça fera un compost oeuf-pomme de terre pas très ragoûtant. Ensuite, deux options.
Vous les faites d'abord légèrement cuire dans l'eau bouillante et ensuite, cuites ou crues, vous les coupez en tranches et les faites revenir dans l'huile avec des oignons ou pas. Là, elles ont visiblement été d'abord cuites à l'eau et ensuite mêlées aux oeufs. Pour une omelette aérienne, montez les blancs en neige et ajoutez une pointe de bicarbonate, une lichette d'eau gazeuse, puis vous mélangez les pommes de terre cuites et vous faites cuire encore environ dix minutes de chaque côté.
Et si vous voulez faire une authentique omelette pommes de terre tortilla espagnole, il faut bien faire cuire les pommes de terre très longtemps, mais elles ne doivent jamais colorer. C'est pour ça qu'elles vont être confites et que Laurent Marcangeli disait que son omelette est moelleuse. C'est le secret de sa grand-mère.
Elle faisait cuire très longtemps les pommes de terre dans l'huile, sans les faire griller, comme ça, ça n'était pas dur. Idem pour les oignons. Ensuite, une fois que tout ça est confit, vous égouttez un petit peu, vous mélangez aux oeufs et on refait cuire longtemps.
On a une omelette qui est confite. Et un peu comme celle-ci, seulement celle-ci, les pommes de terre n'ont pas été passées à l'huile. Elles sont sans doute passées à l'eau.
Voilà. -Pour accompagner cette omelette, vous nous avez rapporté un vin bien de chez vous, n'est-ce pas ? -Oui. -Qu'est-ce qu'on boit ?
Expliquez-nous. -Un vin corse ? -Vous buvez du Comte Peraldi.
C'est un domaine ajaccien qui est situé non loin du centre-ville d'Ajaccio. C'est une famille qui fait beaucoup d'efforts pour faire partager son exploitation, qui produit un vin que, pour ma part, j'apprécie, un peu fort, mais qui est assez appréciable. -C'est ce que j'allais vous dire.
Il est costaud. -Il est fort. Là, c'est une cuvée de 2021.
Il est fort. Moi, j'ai beaucoup d'admiration pour les gens qui cultivent la terre. Et vous savez, dans cette zone d'Ajaccio, l'urbanisation a fait qu'il y a beaucoup de choses qui se sont construites autour de ce domaine et ça a rendu l'exploitation agricole forcément plus difficile.
Et ces gens tiennent. Vous savez que l'activité viticole est en crise, elle souffre beaucoup. Et je voulais mettre à l'honneur cette exploitation comme je pourrais en mettre d'autres.
La Corse, depuis quelques décennies, produit très bien en matière viticole. Il y a de très très belles productions qui sont reconnues dans le monde entier aujourd'hui parce qu'il y a eu un effort de professionnalisation et un savoir-faire particulièrement impressionnant parfois. -Vous avez dit : "Il est fort", mais qu'entendez-vous par "fort" ?
Il est tannique, il est puissant en goût ou il est alcoolisé ? -Il est assez alcoolisé, si mes souvenirs sont exacts, on est sur du 14, il y a quand même un degré qui est important. Il est fort, ce n'est pas un vin doux, c'est un vin assez fort. -On sent presque des notes d'épices.
Je ne m'y connais pas beaucoup... -Elle est reconnue. -Je ne suis pas un grand expert en ce qui me concerne.
J'ai parmi mes amis des gens qui le sont beaucoup mieux que moi. Mais je crois que celui-ci est un vin plutôt fort. -Vous, vous préférez boire le vin comme ça ?
Les vins plus légers, ça vous intéresse moins ? -J'aime les deux, mais je dois bien la vérité que je préfère lorsque c'est assez robuste. -Vous aimez les vins corses corsés ? -Voilà, mais j'aime aussi les productions du reste du territoire national parce que, Dieu merci, la France est un grand pays. -Une grande variété de vins, évidemment.
On connaît tout sur les omelettes. Sur le vin corse maintenant, mais saurez-vous répondre à notre petit questionnaire ? C'est tout de suite avec le quiz.
Jingle -Oui. Quel pays de cocagne cette Corse, on l'a dit avec le Brocciu, la charcuterie, mais aussi la châtaigne. La Corse est une terre de châtaignes, sauriez-vous nous dire si ces affirmations à propos de la châtaigne sont vraies ou fausses ?
La Corse est le deuxième département producteur derrière l'Ardèche de châtaignes en France. Vrai ou faux ? -Je vais dire vrai. -Non, faux.
Entre l'Ardèche et la Corse, il y a la Dordogne qui s'est immiscée. Je crois qu'il y a la Lozère aussi. Donc, la Corse est derrière.
B, contrairement à celle de l'Ardèche, la farine de châtaigne corse ne bénéficie pas d'AOP. Vrai ou faux ? -Faux. -Faux, effectivement.
Elle a une AOP depuis 2010 et l'AOP ardéchoise est même arrivée plus tard. Donc, vraiment, elle est sanctuarisée de ce point de vue-là. En Corse, 47 espèces de châtaignes sont recensées.
Vrai ou faux ? -Vrai. -Vrai, exactement.
Très fort en châtaigne. En Corse, le châtaignier est surnommé Vrai ou faux ? -Faux... -Alors, vrai. -C'est vrai ? -Le châtaignier, alors, en Corse, globalement, parce que comme il fournissait de la farine, il permettait, lorsqu'il n'y avait plus de farine de froment, de faire du pain.
Alors, est-ce que c'est une expression qui est plus globale ? Où est-ce qu'elle est corse ? - Pas connue à Ajaccio. -Je n'avais jamais entendu. -Jamais entendue ?
J'ai peut-être un peu triché sur la vérité Mais c'est une expression qui, en tous les cas, s'entend sur... -Oui, bien sûr.
Sur l'explication. Allez, j'ai un deuxième quiz à vous proposer. Vous êtes membre du comité central bonapartiste.
Vous êtes fan de l'empereur Napoléon. -Je suis membre d'honneur. -Oui, c'est vrai.
Sauriez-vous nous dire quel fruit a une variété qui porte son nom ? A. La fraise Napoléon.
B. La pomme Napoléon. C.
La cerise Napoléon. Ou D. La poire Napoléon ?
Oh, quand même ! -La pomme ? -Mais non, la cerise !
C'est vrai, vous ne le saviez pas ? -Non, je ne le savais pas. -C'est loin de l'époque Napoléon. -Non, mais alors, pas tant que ça.
Juste pour info, elle est récoltée mi-juin, robe blanche à rose et chair rouge, juteuse, très ferme. On la trouve sur tous les bons marchés, la cerise Napoléon pour Napoléon Bonaparte. Elle aurait été cultivée et popularisée durant le règne de Napoléon.
Et le saviez-vous ? Figurez-vous qu'il aimait tant ça, Napoléon, qu'il partait dans sa calèche avec son petit sac de cerises et qu'il jetait apparemment les noyaux à travers les portières de la calèche. -Et derrière... -On le suivait à la trace.
C'est parfois autour d'une table que les rencontres se créent. On passe maintenant à La brève de comptoir. Jingle En préparant cette émission, on vous a demandé de réfléchir à une anecdote politique qui mêlerait politique et gastronomie, politique et déjeuner, et vous en avez une. -Vous avez beaucoup de déjeuners politiques, et beaucoup de choses se font, notamment même en politique locale, des accords politiques qui peuvent déboucher à des résultats électoraux, etc.
Il s'avère que le parti politique auquel j'appartiens a été créé il y a trois ans, presque jour pour jour, le neuf octobre 2021. Et en juin, Edouard Philippe m'a rendu visite à Ajaccio pour dédicacer un livre qu'il avait co-écrit avec Gilles Boyer, pour me soutenir puisque j'étais candidat aux élections régionales. Et il s'avère qu'on a passé un moment à table à déjeuner, un long moment entre amis. -Vous l'avez invité, il vous a invité, comment ça s'est passé ? -Il m'a demandé si je voulais qu'il vienne à Ajaccio pour dédicacer le livre.
On a organisé ça ensemble avec mon cabinet lorsque j'étais maire d'Ajaccio. Et ensuite, ça s'est fait. On était donc au mois de juin 2021.
Et on a mangé pas loin de la mairie d'Ajaccio dans un restaurant que j'apprécie. Et on avait une bonne table parce que j'avais voulu bien recevoir mon ami. Et c'est là qu'il m'a parlé de sa volonté de créer un parti politique au mois d'octobre.
Il n'avait pas donné le nom encore parce qu'il a été très mystérieux sur le nom jusqu'au dernier moment. Et il m'a dit : "Ce sera au mois d'octobre et j'aimerais que tu fasses partie des membres fondateurs de cette offre politique." Et j'ai dit oui de suite. -Sans connaître le nom alors ? -Je l'ai connu le 9 octobre 2021. -Ah oui ? -Il n'y avait que quelques personnes qui étaient au courant du nom du parti. -Est-ce que, en venant en Corse, alors moi je me souviens qu'Edouard Philippe avait déclaré en 2019 : "Les spécificités de l'île appellent des réponses et une méthode spécifique." Comment vous, vous avez compris cette intention-là politique ? -D'abord, il a toujours pris le temps d'échanger avec moi, car je le connais depuis longtemps.
Vous avez rappelé mon parcours, nous sommes élus députés en 2012, nous avons soutenu également Alain Juppé, en 2016, c'est là que nous avons créé des liens particuliers. Pendant ces trois années à Matignon, il n'a cessé d'être en contact avec moi. Et concernant la Corse, qui est souvent un événement de la vie politique, qui s'invite autour de discussions sur les institutions...
Eh bien, il me demandait mon avis. Et je lui ai toujours dit : "Il doit y avoir une différenciation." "Il doit y avoir une gestion du sujet qui ne puisse pas être prise de la même manière que d'autres départements, que d'autres territoires." D'ailleurs, moi, je pense qu'il est illusoire aujourd'hui, dans notre pays tel qu'il est, de prendre la Corse de la même manière que...
Le Nord de la France, la Bretagne de la même manière que la Corrèze, ça n'a pas de sens, de mon point de vue. La France est une addition de différences, de nuances, et la Corse, de par son histoire, de par sa géographie, on a l'histoire de sa géographie, de par son identité, qui peut être culinaire aussi, mais qui est aussi culturelle et politique, doit être prise à part. -Je vous propose maintenant de nous pencher sur le premier groupe laitier mondial, c'est tout de suite dans Le dessous des plats.
Jingle Lactalis l'a annoncé, le plus gros groupe laitier du monde va réduire de 9 % ses achats de lait, ce qui représente 450 millions de litres sur les 5 milliards transformés chaque année dans ses usines. Dépendants de leur contrat, avec Lactalis, plus de 500 producteurs de lait français vont donc se retrouver sans laiterie dans les années à venir. Les explications de Maïté Frémont. -On l'a ressenti comme...
Qu'ils s'en foutaient, -D'aussi loin qu'il s'en souvienne, Emeric vit chaque jour ce rituel chronométré. D'abord, le bruit des robots de traite sur ses 90 vaches, et puis le passage depuis 35 ans du camion de Lactalis pour récupérer la production quotidienne. On ne sait pas si demain, par exemple, on va continuer à faire du lait ou pas.
On ne peut pas dire. Vu comment c'est parti, on ne peut pas... -Emeric vendait tout son lait bio à Lactalis. 550 000 litres par an, 510 euros la tonne.
Juste assez pour payer les coûts d'exploitation. -Il y a des investissements en cours, des remboursements. C'est difficile, oui, de prévoir un plan de secours, oui. -D'ici un an, le contrat qui lie Emeric à Lactalis s'arrêtera. -Je me demande comment on peut faire pour mettre fin comme ça d'un coup.
C'est la brutalité, la façon de faire. -En Sèvres-et-Loire, Jérôme, à la tête d'une exploitation d'une centaine de vaches laitières, vient tout juste d'investir 200 000 euros dans ce nouvel hangar. Lui aussi était lié à Lactalis. -Ce sera dur de trouver une laiterie pour tout le monde, car ça fait beaucoup de volume quand même à retrouver. -Au moins, 510 producteurs de lait en France seront dans la même situation que lui.
Vincent n'a pas attendu l'annonce pour mettre en place sa propre entreprise. Pour lui, fini les intermédiaires. -On vend direct notre lait à des industriels de l'agroalimentaire.
Mais avec nos conditions commerciales. -Aujourd'hui, Vincent a retrouvé un pouvoir de négociation. Son lait, il le vend désormais, 30 % plus cher. -Alors la nouvelle ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, s'est adressée directement à ces producteurs de lait.
Elle leur a dit : "Il faut réfléchir à une stratégie qui vous mette à l'abri de cette forme de mépris qui vous a été opposée." C'est ça, vous le comprenez comme ça aussi, c'est du mépris de la part de Lactalis ? -En tout cas, c'est difficilement acceptable pour ces producteurs.
La crise de cette filière ne date pas d'hier. On a quand même des images qui nous reviennent, il y a encore quelques années, de producteurs qui déversaient carrément leur lait sur la voie publique pour exprimer leur malaise. Là, il y a une spécificité, vous le voyez bien.
C'est surtout sur la production bio qu'il y a un problème particulier. Et il y a en réalité le problème que Lactalis a expliqué, c'est la chute de la production de lait en poudre. Qui explique... -30 % quand même de leur chiffre d'affaires. -30 % de leur chiffre d'affaires.
Ils estiment, dans leur justificatif, avoir pris sur eux l'année dernière, et peut-être avant, et maintenant... -Et être obligés maintenant d'en passer par là. -Voilà.
Le problème, c'est toujours la brutalité dans ce genre d'événements. Vous parliez de la filière viticole, vous avez aujourd'hui, par exemple...
On arrache, puisqu'il y a une chute, notamment sur le vin rouge. C'est pour ça aussi que j'ai voulu qu'on boive du vin rouge aujourd'hui. On arrache des vignes, parce que...
Et tout ça est très brutal. Et pour un exploitant qui a des vaches et qui fait du lait, imaginez la brutalité. Là, on voyait ce monsieur qui a fait des investissements.
Et là, ses investissements, comment il va faire pour pouvoir les amortir, pour pouvoir les payer ? -On parlait de cette première justification : baisse en effet sur le lait en poudre. Et puis certains accusent aussi la loi Egalim d'avoir imposée certains prix pour rémunérer justement les producteurs.
Est-ce que là aussi, vous y voyez un souci, quelque chose que l'on pourrait ajuster ? -Egalim, il faut qu'elle s'applique pleinement. En réalité, Egalim, elle doit essayer de trouver les bonnes formules entre les producteurs, les industriels, mais également le secteur de la distribution.
Et le problème aujourd'hui, c'est que je pense que tout le monde ne joue pas le jeu. -Ah ! -C'est une réalité. -Mais il y a trois acteurs. -Qui ne joue pas le jeu ? -Je ne vais pas pointer du doigt, mais les spécialistes...
Vous voyez bien qu'il y a un débat entre le monde agricole et la grande distribution qui est une réalité. Plusieurs gouvernements ont essayé de mettre autour de la table l'ensemble des acteurs pour pouvoir faire en sorte que les marges soient plus en faveur des producteurs qui souffrent dans ce pays. Vous savez, on n'est pas loin.
Moi , je pense que nous ne sommes pas loin d'une grande crise agricole. Il y a un malaise dans notre pays. J'en ai conscience.
Ce n'est pas dans mon territoire, mais...
Je le vois tous les ans quand je visite le salon d'agriculture, je discute, je prends le temps de discuter avec l'ensemble des filières. Vous avez le secteur porcin qui souffre énormément en France, on parle du lait. -Tous les secteurs finalement. -Même les céréales sont en difficulté.
Donc je crois qu'il va falloir véritablement, c'est l'un des sujets majeurs je le pense, du nouveau gouvernement, c'est d'accompagner notre monde agricole. -Juste, Valérie, le directeur général de Lactalis, Bernier, il dit : "Nous, on respecte scrupuleusement cette loi Egalim et on donne le bon prix. Et si, justement, on enlève ces 30 % qui nous cassent les pieds parce qu'il y a des fluctuations, on arrivera à faire plus de marges, donc à mieux payer les producteurs." Est-ce que vous croyez à cet argumentaire de Lactalis ou ils essaient de nous enfariner ? -Je demande à voir.
Je demande à voir. Moi, je ne fais pas de procès d'intention. Mais vous savez, on va vite voir les résultats.
Et puis, moi, je veux surtout penser au bien-être de ces femmes et de ces hommes qui produisent pour ce pays, qui produisent pour le rayonnement de notre pays. Il y a beaucoup trop d'agricultrices, d'agriculteurs aujourd'hui qui rencontrent des difficultés qui sont insurmontables et qui le payent parfois au prix de leur vie. Puisque le taux de suicide dans les professions agricoles est quand même beaucoup plus élevé que dans d'autres professions.
Et moi, je ne peux pas aujourd'hui accepter que ces femmes et ces hommes qui travaillent la terre, j'en suis issu comme la plupart d'entre nous, ne puissent pas vivre de leur travail et mettre fin à leurs jours ou décident de tout laisser tomber parce que ça ne paye pas. -Alors que pensez-vous de la solution proposée par le fondateur de C'est qui le patron ? On est plus en direct avec les producteurs, le consommateur ça le responsabilise aussi puisqu'il paye en général huit centimes de plus son litre de lait.
Est-ce que c'est par là aussi qu'on pourrait entrevoir, entrapercevoir une solution ? -Les circuits très courts, ce n'est pas si mauvais que ça. Je le vois lorsque je vous disais avant, quand vous allez voir le charcutier du marché d'Ajaccio, c'est lui le producteur, vous êtes en phase avec lui. -Il fixe ses prix, et voilà ! -Voilà, vous avez un échange direct, vous demandez conseil, il connaît bien sa marchandise, je me permets l'expression, et vous avez quand même un rapport qui est direct.
Mais aujourd'hui, vous savez comment le monde fonctionne, les gens n'ont pas le temps...
Ils n'ont pas forcément les bonnes adresses. Ce seraient des réseaux à mettre en place qui ne seraient pas égalitaires sur l'ensemble du territoire. Parce que quand on vit dans une grande ville, ou métropole, ce n'est peut-être pas aussi facile d'avoir le producteur au pied de la maison. -Ce que je voulais dire plus particulièrement, c'est responsabiliser aussi le consommateur.
Vous parliez de ces trois acteurs, mais peut-être qu'il y en a un 4e : le consommateur. Est-ce que ça fait partie aussi de l'équation ? -Bien sûr.
Après, on ne peut pas forcer les gens à manger ce qu'ils ne veulent pas manger et à choisir les produits qu'ils ne veulent pas choisir. Mais il y a des campagnes au cours de ces dernières années, même autour de la santé publique, qui sont assez pédagogiques sur la valeur de ce que vous avez dans l'assiette en matière nutritive. Il y a quand même des avancées en la matière.
Et puis, je sais que...
La problématique, c'est aussi le prix. Beaucoup de nos concitoyens ne peuvent pas se payer un produit de qualité. Notamment, c'est la problématique de la filière bio dans son ensemble, pas que le lait.
Le pouvoir d'achat des Français, aujourd'hui, est une des premières préoccupations. Ils ne peuvent pas s'acheter ce qu'ils voudraient. -Dès son discours, sa déclaration politique générale, Michel Barnier veut remettre, il l'a annoncé, il veut remettre sur l'ouvrage la loi d'orientation agricole.
Qu'est-ce que vous en attendez de cette loi ? -Il faut qu'elle revienne, d'abord parce qu'on a eu une première lecture à l'Assemblée nationale, et au Sénat. Elle peut être modifiée, vous savez, tout peut être amélioré. -Donc vous pensez qu'elle doit l'être ? -Elle devra l'être très certainement.
Vous n'avez plus la même Assemblée nationale. Donc c'est un problème de légitimité démocratique. -Mais au-delà de ça, la première copie était bonne ou pas ? -Il y avait de très bonnes choses dans cette loi.
Après, est-ce que c'était forcément...
La crise que nous avons connue en janvier, elle a suscité beaucoup d'attentes. -Oui. -Chez les agriculteurs, mais également chez les Français, qui se sont intéressés pendant cet hiver à leur crise agricole.
C'est leur crise agricole, ce n'est pas que la crise des agriculteurs. Et il faut beaucoup de moyens, en réalité, si vous voulez avoir une loi particulièrement ambitieuse. La problématique, vous la connaissez, vous avez vu la déclaration de politique générale. -Ca tombe mal, vous voulez dire. -Nous sommes dans une situation financière et budgétaire particulièrement compliquée. -Je reviens sur le lait.
J'ai vu la réaction du syndicat de la Confédération paysannes, Valérie, qui était assez dur. Il dit que cette décision de Lactalis sert, pour Lactalis, à éliminer des producteurs et à faire pression sur ceux qui restent. Est-ce que vous pensez qu'il peut y avoir du cynisme derrière un géant comme Lactalis à ce point-là ?
Ou est-ce que la Confédération force un peu le trait ? Parce que si c'est ça, c'est rude. -Nous vivons dans un monde où la nuance est parfois sacrifiée sous l'autel de la communication.
Et je le vois dans la vie politique, je le vois également dans les interactions entre syndicats, représentants de corporations, entreprises. Les mots sont de plus en plus rudes. Je comprends la colère des agriculteurs.
La Confédération paysanne a l'habitude de ne pas prendre de gants. C'est pas une Confédération... -C'est ce qui fait sa force aussi. -C'est ce qui fait sa force.
Mais je crois que...
Sans pour autant vouloir dédouaner l'entreprise. C'est une grande entreprise française qui est restée basée en Mayenne... -Qui rayonne à travers le monde. -Qui a rayonné à travers le monde, a représenté également la réussite de la France dans le domaine de l'agroalimentaire.
Je n'aime pas jeter d'anathème et désigner de bouc émissaire. -Et pourtant, elle a réalisé en 2023 : 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Est-ce que...
Est-ce que c'est entendable ? Peut-on jeter ce chiffre-là qui est une réalité : 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2023 et demander à des producteurs d'arrêter de travailler avec eux ? -C'est difficilement entendable. -Bernier dit que sa marge est d'1,2 % -Ca, ce sont des débats que les gens les plus connaisseurs et les plus près du dossier peuvent avoir.
Moi, je suis pour la justice. Une juste répartition des responsabilités, des charges. Et c'est vrai que ces entreprises qui sont des modèles de réussite... -On vient de le voir. -...doivent également, de par ce qu'elles représentent, être encore plus exemplaires.
C'est mon point de vue et j'espère que ça sera le cas à l'avenir. -Allez, on va continuer à parler de lait, mais cette fois, de lait de chèvre. On met Les pieds dans le plat tout de suite. -Quelle transition, Valérie !
Jingle -Ah, le Brocciu ! La fierté de toute une île, Valérie, de tout un peuple, un totem de la table corse, un fromage unique, fabriqué avec du petit lait. Protégé, produit AOP, on l'a dit.
Quels sont ses secrets de fabrication ? C'est un reportage auprès d'un éleveur-producteur qui perpétue ce savoir-faire ancestral. C'est signé Marion Becker et Pierre-Yves Deheunynck. -Il est six heures dans le maquis de Balagne.
L'heure de la traite pour les chèvres de Bernard Agostini. -Il siffle Eh, oh ! -Des chèvres corses, dans le respect des traditions, élevées en plein air, en liberté.
Elles reviennent passer la nuit à la bergerie pour la traite. -On avoisine un litre à peu près à chèvres. Une centaine de litres.
Une centaine de litres sur une centaine de chèvres. -Ca transforme tout le lait ? -Oui, tout. 100 %.
Ca transforme 100 % du lait. -A peine le lait récolté, les chèvres sont impatientes de regagner le maquis. -Là, elles partent dans le maquis pour courir.
Sur GPS, elles font entre cinq et sept kilomètres par jour. Et voilà, elles picorent toute la journée dans le maquis, de l'arbousier, du maquis, de la Scopa, de l'olivier, du petit chêne, de tout. C'est ce qui donne la richesse du lait, du goût de notre fromage.
Cloches -Bernard Agostini transforme lui-même son lait en fromage dans son laboratoire. Il produit du Brocciu, ce fromage typique et réputé. -Pour 80 litres de petit lait, ce qui sort du fromage frais, en fait, je le récupère et c'est ça que je mets dedans.
Et arrivé, je dirais, à une température, je rajoute le sel. Une autre température, je rajoute le lait et là, je n'arrête pas de le tourner. En fait, il faut toujours le garder en mouvement.
Et après, quand il va se lier, vous allez voir, ça va se lier, le lait. Et là, par contre, il faudra stopper de remuer. Ca, c'est typique de chez nous.
Ah oui ! Niveau transformation, je pense qu'on n'a pas changé, à part ça qui est en plastique et ça qui est en inox. Je veux dire, il n'y a pas de différence de manière de faire.
Tu vois, il est en train de floculer, de se lier. Il va se coller tout doucement, ça va faire une pâte. Et après, il va se fendre et il va se retourner.
Moi, je fais ça tous les jours. Tous les jours, ça m'impressionne. Là, la texture, elle n'est pas encore cuite, vous voyez ?
C'est encore mousseux. Et là, vous voyez, ça se tient. Il faut attendre quand même qu'il cuise bien, quoi.
Et maintenant, je pioche délicatement, ça fait comme un flan. Après, ça part direct. Au bout de trois, quatre heures, on part au frigo.
Tous les jours, je dirais, on transforme...
Ma femme est sur le marché, donc on transforme. On fait les fiadones avec le brocciu. On fait les beignets au brocciu.
Et après, on fait les cajades et les migliacciu avec le fromage frais. -Ils sont vendus dès le lendemain sur le marché de l'Ile-Rousse. Le brocciu ne se conserve que quelques jours au frais. -Ce n'était pas un reportage pour vous, les secrets de fabrication du brocciu, vous les connaissez depuis longtemps.
Mais qu'est-ce qui fait que ce fromage est devenu un totem, un symbole de la Corse ? Parce que c'est du petit lait et du sel, et du lait. Comment vous expliquez ce storytelling autour de ce fromage ? -D'abord parce qu'il est utilisable dans bien des domaines.
Ca a été dit dans ce reportage, vous avez des beignets. Vous savez que les beignets au Brocciu, c'est aussi ce qu'on mange pendant les fêtes, les mariages, les baptêmes,... -C'est délicieux. -C'est quand même associé à des moments heureux.
On peut même les prendre comme ça pour le plaisir. Vous avez les cannelloni. Je le dis avec l'accent. -Oui. -...Au Brocciu qui sont dans beaucoup de restaurants... -Pas dans tous les restaurants, en Corse. -Il y a des pâtisseries, le fiadone, etc.
C'est surtout par région, vous avez des spécialités. Vous avez l'ambrucciate aussi. -C'est quoi ? -C'est comme une petite tartelette que vous pouvez prendre aussi dans les boulangeries qui les vendent et sur le marché d'Ajaccio.
C'est très sucré. Et aussi... quand vous le prenez comme ça au repas entre le plat et le dessert, vous pouvez mettre du sucre dedans et de l'eau de vie dessus.
Les gens font souvent ça. Moi, je le prends à la cuillère directement comme si c'était un yaourt. Avec peut-être un peu de pain toujours à côté, mais pour le plaisir, quoi. -C'est ce qu'on va faire, là. -Ce n'est pas exactement du Brocciu, Valérie.
Vous vouliez venir avec du Brocciu, mais ce n'est pas la saison, c'est ça ? -Ce n'est pas la saison. -Il y a une saison pour le fromage ? -Ce type de fromage est surtout fait... -Valérie, attention...
C'est de la brousse corse, mais M. Marcangeli va nous expliquer la différence. -Ce n'est pas la même chose, ce n'est pas le même mode de production.
Ce n'est pas la période, si vous voulez. Donc... -C'est bon quand même. -C'est bon aussi.
C'est très bon. C'est frais. C'est frais.
On peut nous dire que c'est un peu gras, il ne faut pas trop en abuser. -Comme tous les fromages. -Mais celui-ci est très frais.
Et puis je vous dis, vous pouvez l'associer dans des plats cuisinés. C'est très bon. Aujourd'hui quand vous voulez des cannellonis, ce sont des cannellonis à la brousse.
Pendant l'été, quand il y a beaucoup de touristes. Ce n'est pas des cannellonis au Brocciu. Vous avez des endroits particuliers où le Brocciu a une saveur particulière.
Dans ma circonscription, dans la région de Piana, vous savez les calanques de Piana, vu ce que mangent les chèvres, puisqu'elles sont plutôt vers la partie maritime de la région... -Il y a l'iode... - Il y a une odeur particulière.
C'est très particulier et il est très bon. -Alors ça, je le mange en dessert, Valérie. Vous mettez un peu de noix et un peu de miel.
Avec de la brousse, comme ça, c'est excellent. -Est-ce qu'on peut faire le Brocciu avec du lait de brebis ou du lait de chèvre ? Il y a une différence ? -Ce n'est pas pareil, oui. -Ah, ce n'est pas pareil ?
Mais les deux existent ? -Oui. -Ah, d'accord. -Bien sûr, il y a brebis et chèvre, oui. -Ok. -Le brebis est plus gras. -Oui, il est plus gras. -Le lait de brebis est plus gras. -En réalité, en Corse, les fromages sont brebis, chèvre pour la majorité.
Il n'y a pas beaucoup de vaches à lait en Corse. C'est plutôt la viande la vache. Donc, c'est surtout chèvre et brebis pour le fromage. -Pour les Parisiens, chèvre et brebis, c'est pareil.
C'est ça le problème. Il rit -C'est vrai qu'on ne voit pas trop la... -Mais il va nous le dire. -La différence. -Il rient -Je ne suis pas un expert.
Mais le goût, en tout cas, je sais faire la différence entre les deux. -Vous vouliez tout à l'heure du Brocciu, vous auriez aimé l'avoir en dessert, ce Brocciu. Et donc, comme il n'est pas de saison, on ne peut pas le manger à cette saison ? -Au départ, je voulais aussi ne pas avoir trop à manger.
Et comme le Brocciu est quand même quelque chose qui tient au corps, surtout si vous mettez du sucre et que vous l'accompagnez d'une eau de vie, ça suffit. Ce n'est pas la peine d'avoir un dessert par la suite, sauf si on est un grand gourmand ou une grande gourmande. C'est vrai que si vous m'aviez invité plus tard, ou plutôt dans l'année, c'est-à-dire autour des fêtes de fin d'année, sur le premier trimestre, là on aurait eu du vrai Brocciu. -Parce que, c'est quoi ?
Ca respecte tout simplement la naissance des bébés ? -Oui, ce sont des questions de cycles. C'est comme certaines...
Vous savez, quand on fait la charcuterie, il y a une période pour abattre l'animal. Par exemple aussi, lorsque vous avez un plat très connu, le figatellu, c'est l'hiver. -Oui, oui. -Si vous le voulez bon... -C'est un saucisson de foie, c'est ça ?
C'est ça, si vous le voulez bon, c'est l'hiver, parce qu'on respecte le rythme de l'abattage et les saisons. -Le charcutage, oui. Il ne faut pas qu'il cache la forêt, ce fromage, car il y a aussi plein d'autres fromages, j'imagine, en Corse.
Il n'y a pas que le Brocciu. -Vous avez tout type de fromage. Vous avez des fromages plus secs, Vous avez des fromages qui sentent très fort aussi.
C'est assez connu. Dans Astérix en Corse, c'était un petit peu le gag du fromage qui sent fort. -Parce qu'ils sont quoi ?
Ils sont vieillis ? -Vous avez des fromages vieillis. Vous avez aussi des fromages avec habitants, si vous voyez ce que je veux dire.
Certaines personnes aiment ça. Moi, je n'aime pas à titre personnel. -Avec des vers. -On les mange, les vers ?
Moi, je l'ai vu dans des restaurants où il y avait des vers comme ça, mais... -Je vous promets que j'ai vu des gens le faire. -C'est ce qui fait le charme. -Moi, ce qui me concerne, mais je l'ai vu faire.
Vous avez aussi les restes qu'on fait fermenter. Il y a des gens qui font ces fromages qui deviennent des pâtes ensuite. C'est...
Il y a vraiment une grande culture, et c'est très français d'une certaine manière, puisque la France est un pays particulièrement fier de ses fromages. Vous connaissez la phrase du général De Gaulle, "Comment on peut gouverner un pays qui a autant de variétés de fromages ?" La Corse, en elle-même, en a beaucoup.
Je ne pourrais pas vous en donner le nombre, la quantité, mais il y a énormément de qualités et de différences, et c'est souvent entre les régions, la Corse n'est pas très grande, mais d'une piève à l'autre, vous avez des fromages avec des savoir-faire particuliers. -Peut-on trouver du Brocciu à Paris, quand c'est la saison frais, ou c'est très compliqué, car il est destiné quasiment à la consommation domestique ? -Oui, je crois qu'il y en a dans des épiceries spécialisées.
Mais comme cela a été dit dans le reportage, il y a une durée de vie qui est très courte. Il faut faire attention. -C'est pour ça que huit jours, je crois. -Huit jours, donc, il doit y avoir certainement très peu de gens qui vendent ça sur le marché à Paris.
Mais je vois mal ce produit très typique échapper aux Corses de Paris à une certaine période de l'année. Je pense qu'ils doivent certainement s'arranger pour pouvoir s'en procurer. -On ne saura pas où, ni quand, ni comment, mais...
On le sait. -Le prochain député corse invité, ce sera en pleine saison du Brocciu. -Evidemment. -Et juste après le fromage, on a le dessert. -Oui, j'allais trop vite. -Et c'est parti pour Le péché mignon.
Jingle -Alors, donc, faute de Brocciu qu'on aurait pu manger en dessert, car c'est votre dessert préféré, vous n'êtes pas très sucré, M. Marcangeli. Donc, vous nous avez demandé une salade de fruits.
Alors, une petite salade de fruits jolie-jolie, préparée par Le Bourbon. Alors, quand on la regarde et qu'on la scanne comme ça, il y a des figues. Donc ça, ça rappelle la Corse.
Des framboises, un peu moins. Donc ça, c'est sans doute des framboises du Maroc. Un peu de mangue.
Voilà, donc c'est une salade un peu toute saison, je dirais, pas forcément deux saisons. Regrettez-vous, qu'il n'y ait pas les clémentines corses qui commencent à arriver sur les étals ? Vous la mettez dans la salade de fruits, la clémentine ? -Oui, on peut la mettre.
Ca se fait. D'abord, cette salade est très bonne. Je vais vous expliquer pourquoi la salade de fruits. -Oui, j'allais vous poser la question. -J'aime le sucré, mais je fais attention.
Tout simplement. Vous savez, on est à Paris, dans des activités qui nous amènent souvent à être à table. Et si, à chaque fois que vous êtes amené à avoir un déjeuner ou un dîner de travail avec des journalistes ou avec des collègues, vous faites entrée, plat et dessert... -Ca ne va pas. -Le corps accuse le coup.
Vous voulez la stricte vérité, lorsque nous avons été dans la période COVID, j'ai pris du poids. Le confinement, j'avais pris du poids, que j'ai gardé, jusqu'à ma réélection à l'Assemblée nationale en 2022. Et puis, comme tous les néodéputés, même si j'avais été député entre 2012 et 2017, les premiers mois, la première année, a été une année de prise de poids. -Oui, mais on dit souvent ça, tous les élus disent c'est un kilo par année. -Et l'année dernière, cette année, moi je me suis mis sur la balance et j'ai dit : "Laurent, il faut reprendre le sport.
Et il faut mincir." Et j'ai perdu à peu près 11 kilos en quelques mois. -Bravo. -Et c'est dû aussi au fait de ne pas multiplier, hors le fait d'avoir une activité sportive, les restaurants avec entrée, plat et dessert.
Donc je préfère à la rigueur avoir un bon plat. Les entrées, je peux m'en passer, autant vous dire. Je ne vais pas cracher sur un bon fromage parce qu'après un repas, ça peut être aussi très agréable.
Et le dessert ? Ma foi, c'est quelque chose qui m'arrive de ne pas commander. -Ah oui, vous pouvez ne pas finir par une note sucrée ? -Je peux très bien le faire.
Avec le temps. -Moi, impossible. Mais du coup, c'est pour ça que, quitte à choisir, une salade de fruits, ça vous va.
Donc, c'est aussi quelque chose que vous pouvez... -Une salade de fruits, c'est très bien.
Puis en plus, la valeur nutritionnelle... d'un point de vue santé publique, est très bonne.
C'est aussi un message que je veux faire passer, tout en essayant quand même de respecter les saisons et d'avoir des fruits de saison. C'est assez important. -Vous faites attention à votre "body summer", comme on dit, donc, à votre ligne.
Est-ce que vous faites partie de ces catégories de gens, c'est un peu la culture du sans, pas S-A-N-g mais S-A-N-S, sans gluten, sans alcool, sans sucre. Est-ce que vous aussi, vous êtes dans cette catégorie-là, vous vous interdisez des produits sans alcool, sans sucre, pour justement optimiser votre santé et votre forme ? -Je pense qu'il y a des périodes où il faut observer une certaine forme de jeûne, de certaines choses. -On arrête d'un certain produit ? -Pendant une petite période, ça peut être bien, surtout sur ce qu'on aime.
Parce que, voilà...
Le sucre, c'est quelque chose qui est très bon, tout ce qui est autour du sucre. L'alcool, je pense qu'il y a des moments où il faut un peu lever le pied, comme on dit, parce que pour la santé, ce n'est pas trop conseillé. Et...
Mais je crois qu'il faut faire les choses...
On a la chance d'avoir un pays qui offre quand même une gastronomie, des possibilités qui sont quand même assez variées. Le tout, c'est de le faire, pas avec modération, parce que c'est fatigant d'entendre les mots "avec modération", mais de le faire raisonnablement. -Avec intelligence. -Avec intelligence.
Et surtout, bien se connaître soi-même. Parce qu'à un moment, le corps, il a ses limites. En fonction des années. le travail, la charge de travail, la répétition d'un certain nombre de choses.
Et il faut savoir se connaître. -Et pour revenir sur les desserts, vous parliez justement des desserts corses. Votre grand-mère faisait du dessert ? -Sur les desserts, je vais bien vous dire, elle pouvait faire des très bonnes tartes aux pommes.
Puis il y avait une autre grand-mère à laquelle je veux rendre aussi hommage, qui était une excellente cuisinière qui nous a quittés plus tôt que la grand-mère dont je vous ai parlé aujourd'hui, qui faisait aussi des pâtisseries exceptionnelles. -Rien avec les châtaignes ? -Franchement, pas souvent. -Pas plus que ça ? -Aussi bizarre que cela puisse paraître, je n'ai pas été élevé avec vraiment beaucoup de produits à base de châtaignes autour de moi.
Mon meilleur ami, lui, par contre, avait beaucoup plus ça. Il m'arrivais de goûter avec lui, mais dans ma famille, l'utilisation des produits à base de châtaignes n'était pas forcément le premier réflexe qu'on avait. -Vas-y. -Du coup, quel dessert ? -J'ai toujours aimé manger des fruits.
J'aime beaucoup la banane, pour rien vous cacher, en dessert. J'aime beaucoup les fraises. Les coupes de fraises... -La fraise corse, d'ailleurs. -Il y a de très bonnes fraises.
Les clémentines et mandarines, nous sommes une belle terre de production d'agrumes. -Terre d'agrumes, on oublie. -Comment vous expliquez ça aujourd'hui ?
La clémentine corse est la plus chère sur les étals, elle reste toujours la plus vendue. -Posez la question à mon collègue François-Xavier Ceccoli, c'est son métier, député de Haute-Corse. Il vous expliquera ça bien mieux que moi.
D'abord, son goût, tout simplement, elle est bonne. Elle a une saveur particulière. Ensuite, je crois qu'effectivement, sur la côte orientale de Corse, il y a de très bonnes exploitations qui ont un savoir-faire pour pouvoir faire en sorte que cette clémentine soit vraiment très bonne. -N'oublions pas le cédrat.
On ne le mange pas comme ça, mais il est beaucoup dans la cuisine corse, le cédrat, c'est un agrume un peu hybride entre le citron et le pamplemousse, etc. Il n'y a pas de chair, mais le zeste peut être utilisé en cuisine. C'est formidable. -C'est délicieux. -Tout à fait. -Pour accompagner cette salade de fruits, pas de polyphonie corse.
Dommage. Moi, j'adore ça. Mais bon, vous avez préféré nous emmener loin, très très loin dans l'espace.
On écoute Space Oddity de David Bowie. Musique (...) (...) Pourquoi ce choix ?
Pourquoi cette chanson ? -Parce que j'adore David Bowie. -C'est bien.
C'est un argument. -C'est un très grand artiste. J'aime bien cette chanson.
J'aime bien cette période de David Bowie. -Alors, qui est sorti en 69, donc bien avant votre naissance. -En réalité, je vais vous dire, la période des années 60 et 70, en musique, c'est quand même quelque chose.
J'aurais pu vous mettre L'ajaccienne de Tino Rossi. Un côté beaucoup plus local. Et j'adore Tino Rossi.
Mais parmi mes artistes musicaux favoris figurent notamment David Bowie. J'ai beaucoup aimé cette musique, cette période. Parce qu'ensuite, dans beaucoup d'oeuvres cinématographiques, ça réapparaît.
Parce que c'est un personnage... très iconoclaste et très iconique en même temps d'une période où tout n'était pas compris il y avait une forme d'avant-gardisme qui était quand même assez impressionnant, une période où les conservatismes étaient beaucoup plus forts et je crois que ce personnage il est assez exceptionnel notamment de par l'exigence qui était la sienne par rapport à ce qu'il produisait.
Vous savez qu'il y a des tas de choses qu'on ne saura jamais de Bowie parce qu'il les a déchirées considérant que c'était pas bien et le perfectionnisme lorsqu'on est un grand artiste, c'est très particulier et je pense toujours à cette phrase qui était la sienne, On lui avait posé la question, "Pour vous c'est quoi la musique ?" "Pour moi la musique c'est Jacques Brel dans son rond de lumière." Donc, il avait une référence qui était particulièrement francophone.
La personne de Jacques Brel qui était aussi quelqu'un d'assez exceptionnel. -Merci beaucoup Laurent Marcangeli d'avoir partagé ce repas avec nous. On remercie évidemment le restaurant Le Bourbon qui nous a concocté tous ces petits plats.
Merci, Jean-Pierre et merci à nos téléspectateurs de nous avoir suivis. On se retrouve évidemment la semaine prochaine pour un nouveau numéro. Générique
Laurent Marcangeli