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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 10 mai 2019 21 minAutoproduitFond programmatiqueOutre-merInstitutions & électionsSolidarités & familleJustice

Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 15:01Emmanuel MacronFait
    « La loi qui porte votre nom, chère Christiane Taubira, a reconnu la part tragique de cette histoire, et grâce à vous, la France a été le 1er pays, dans le monde, à reconnaître avec autant d'honnêteté que la traite et l'esclavage constituent un crime contre l'humanité. »
  • 17:00Emmanuel MacronFait
    « 171 ans ont passé depuis l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, mais les conséquences de ce passé sont là, toujours là, car son héritage, aujourd'hui, c'est la géographie de la France contemporaine, son identité d'archipel mondial qui va de l'Europe aux Antilles, de la Guyane aux Mascareignes. »
  • 20:00Emmanuel MacronFait
    « Je veux saluer le travail que vous avez accompli, cher Jean-Marc Ayrault, pour en préparer la création dans le prolongement des rapports d'Edouard Glissant et de Lionel Zinsou. »
  • 22:30Emmanuel MacronPromesse
    « Ce mémorial sera inauguré en 2021, et je souhaite que ce moment soit pour notre pays l'occasion de rendre aux victimes de l'esclavage, à leurs descendants et à leur apport inestimable, l'hommage solennel de la nation qu'ils méritent. »
  • 25:00Emmanuel MacronPromesse
    « La Fondation pour la mémoire de l'esclavage sera, elle, installée, dans les tout prochains mois, à l'hôtel de la Marine. »
  • 30:00Emmanuel MacronFait
    « L'histoire de l'esclavage est désormais le sujet du 1er chapitre des programmes d'histoire de 4e, et dans le cadre de la réforme des programmes du lycée, les élèves de seconde traiteront de façon approfondie du système esclavagiste. »

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-Mesdames et messieurs les excellences les ambassadeurs, mesdames et messieurs les parlementaires, mesdames et messieurs en vos rangs et qualités, mesdames et messieurs, chers compatriotes, nous commémorons, aujourd'hui, le 10 mai, journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. Aujourd'hui, à l'invitation du président de la République, accueillis ici par le président du Sénat, en présence de M. Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre et président de la Mission de la mémoire de l'esclavage, des traites et de leurs abolitions, aujourd'hui, nous commémorons, nous nous souvenons ensemble de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

Cette cérémonie est orientée vers les acteurs et les moyens de la transmission et de l'éducation. L'image, le texte et la musique seront au coeur de notre commémoration. Le Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, que j'ai l'honneur de présider, fut institué par la loi Taubira.

Il faut rendre hommage, ici, à ses 3 présidents, Mme Françoise Vergès, Mme Myriam Cottias et à sa première présidente, Maryse Condé, présidente du Comité de 2004... (Applaudissements) (...) à 2008, et qui a reçu le prix Nobel alternatif de littérature.

La comédienne Souria Adele va nous déclamer un extrait de l'épilogue de "Moi, Tituba, sorcière noire de Salem". Il faut préciser que ce texte a été choisi par Maryse Condé elle-même, et avec son aimable autorisation. Maryse Condé évoque ici, par le roman, le sort d'une esclave. -"Oui, à présent, "je suis heureuse. "Je comprends le passé, "je lis le présent, "je connais l'avenir. "A présent, je sais pourquoi "il y a tant de souffrances, "pourquoi les yeux de nos nègres et négresses "sont brillants d'eau et de sel. "Mais je sais aussi que tout cela aura une fin. "Quand ?

Qu'importe. "Je ne suis pas pressée, "libérée de cette impatience "qui est le propre des humains. "Qu'est-ce qu'une vie, au regard de l'immensité du temps ? "La semaine dernière, "une jeune bossale s'est suicidée, "une Ashanti, comme Abena, ma mère. "Le prêtre l'avait baptisée Laëtitia, "et elle sursautait à l'appel de ce nom, "incongru et barbare. "Par 3 fois, elle essaya d'avaler sa langue. "Par 3 fois, on la ramena à la vie. "Je la suivais pas à pas, "et je lui insufflais des rêves. "Hélas, ils la laissaient plus désespérée, au matin. "Elle a profité de mon inattention "pour arracher une poignée de feuilles de manioc, "qu'elle a mâchées avec des racines vénéneuses, "et les esclaves l'ont trouvée, "roide, la bave aux lèvres, "dégageant déjà une odeur épouvantable. "Un tel cas demeure isolé, "et elles sont bien plus nombreuses, "les fois où je retiens un esclave au bord du désespoir, "en lui soufflant : "'Regarde la splendeur de notre terre. "'Bientôt, elle sera toute à nous, "'champs d'orties et de cannes à sucre, "'buttes d'ignames et carreaux de manioc. "'Toute !' "Parfois, c'est étrange, "il me prend fantaisie "de retrouver forme mortelle. "Alors je me transforme. "Je me change en anolis "et je tire mon couteau quand les enfants s'approchent de moi, "armés de petits lassos de paille. "Parfois, je me fais coq guimbe dans le pitt' "et je me soûle de braillements bien plus que de rhum. "J'aime l'excitation de l'esclave "à qui je permets de remporter le combat. "Il s'en va d'un pas dansant, "brandissant le poing en un geste qui, bientôt, "symbolisera d'autres victoires." (Applaudissements) (...) -Le sort des esclaves révolte de plus en plus...

Alphonse de Lamartine est l'un de ceux-ci. Lamartine, c'est d'abord le texte, le verbe, de haute stature, l'immense orateur. Il impressionnait par son éloquence et sa grandeur.

Des élèves vont déclamer des extraits du discours de Lamartine prononcé le 23 avril 1835, intitulé "De l'émancipation des esclaves". Ce texte...

J'invite les élèves à venir. Ce texte a été prononcé devant la Chambre des députés juste après l'abolition anglaise, et ce sont quelques extraits qui vont être déclamés par les élèves des classes lauréates du concours "La Flamme de l'égalité". -"L'expérience de la liberté "est en faveur de l'émancipation. "Dans cet état de choses, "il est impossible "que nos colonies ne s'agitent pas. "Les esclaves entendent parler "tous les jours de l'émancipation de leurs frères "dans les colonies anglaises. "L'impatience de la liberté les réunit. "Ils attendent, ils complotent, "ils désertent en grand nombre. "Le gouvernement et les conseils coloniaux "craignent avec raison "cette contagion de la liberté, "qui se répand sur nos îles comme un fléau, "et qui devrait s'y répandre comme un bienfait. "Le colon dit..." -"Mes esclaves sont ma propriété, "aussi légitime, aussi inviolable que votre maison ou votre champ, "car je les ai achetés ou reçus en héritage "sous la garantie de la même loi." -"Nous disons, et l'esclave dit avec nous..." -"Aucune loi ne peut donner à l'homme la propriété de l'homme, "car la loi n'est que la sanction de la justice, "car aucune conscience humaine ne peut légitimer l'esclavage, "car nul n'est obligé de ratifier une loi "qui le prive des droits donnés par la nature." -"La société, messieurs, "n'est pas condamnée à ne jamais abolir les abus, "les vices, les monstruosités de ses lois, "parce que ces monstrueux abus "sont devenus des propriétés directes ou indirectes. "Où en serions-nous, si la société ne pouvait se dessaisir "et s'exproprier "de ses vices, devenus propriétés pour quelques-uns ? "La féodalité réclamerait ses serfs, "l'Etat, ses aubaines, "l'Inquisition, ses confiscations, "le bourreau, son salaire perdu "quand nous lui aurons supprimé son oeuvre homicide." -"Non, messieurs, nous avons le droit d'être humains, "pourvu que nous sachions être justes. "Nous avons le droit de gémir et de nous indigner "de voir des hommes, nos frères traqués "comme de vils troupeaux, "contraints à un travail de 16 heures "avec le fouet pour salaire, "condamnés au concubinage le plus brutal, "à la promiscuité des enfants, "ces enfants vendus à un maître, la mère à un autre, "le père à un troisième, l'âme profanée avec le corps, "l'ignorance imposée à l'esprit, "l'interdiction systématique de toute instruction élémentaire, "même du droit d'apprendre à lire. "La famille foulée aux pieds, "comme le germe de toute sociabilité "qu'il faut écraser pour mieux abrutir l'espèce, "une religion incompatible avec l'esclavage, "prêchant en vain aux esclaves "sa morale démentie par la violation de tout christianisme "à leur égard, "une dignité de l'homme insultée sous toutes ses formes, "en leur prêchant l'indépendance et la justice un fouet à la main. "Nous avons le droit d'abolir de telles atrocités sociales, "ou si l'on nous conteste le droit de les abolir, "n'aurons-nous pas le droit de les racheter "et de discuter avec les propriétaires "à quel prix nous les rachetons ? "Enfin, la réclamation de la dignité humaine "dans les esclaves et dans les maîtres eux-mêmes, "car la possession de l'homme corrompt celui qui possède autant "que celui qui est possédé." (Applaudissements) (...) Si Lamartine a été le premier à créer une "Marseillaise noire" en 1839, 9 ans avant l'abolition de 1848, c'est une autre "Marseillaise noire" qui va être interprétée, celle de Camille Naudin, écrite en 1867, 2 ans après l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis.

Cette "Marseillaise noire" est interprétée par la soprano Mme Sabena Omo Bello. Et avec le soutien de l'orchestre de la Garde républicaine. (Applaudissements) (...) -Assez longtemps le fouet infâme De ses sillons nous a brisés Sans nom, sans patrie et sans âme Assez de fers, de honte, assez Assez de fers, de honte, assez Que dans une sainte alliance Les Noirs et les Blancs confondus A la mort des anciens abus Marchant tous pleins de confiance Debout, l'heure est venue A chaque travailleur Le pain, le pain Qu'il a gagné Qu'importe sa couleur Debout, l'heure est venue A chaque travailleur Le pain, le pain Qu'il a gagné Qu'importe sa couleur Debout, c'est l'heure solennelle Où, sur le vieux monde écroulé Le despotisme qui chancelle Vient couronner la liberté Vient couronner la liberté La discorde reprend sa pomme La raison humaine grandit C'est l'intelligence et l'esprit Et non plus la peau qui fait l'homme Debout, l'heure est venue A chaque travailleur Le pain, le pain Qu'il a gagné Qu'importe sa couleur Debout, l'heure est venue A chaque travailleur Le pain, le pain Qu'il a gagné Qu'importe sa couleur (Applaudissements) (...) -Cette "Marseillaise noire" nous dit : "Les Noirs et les Blancs confondus".

Cette "Marseillaise noire", c'est un peu l'histoire qui est arrivée au collège du Raizet et au collège Fromentin de La Rochelle. En effet, ils ont gagné un prix, mais comme ceux de Guadeloupe ne pouvaient pas venir, ceux de La Rochelle ont dit : "Non, on ne montera pas à Paris "s'il n'y a pas nos camarades de Guadeloupe." Finalement, nous avons trouvé le moyen... (Applaudissements) ...

D'amener un enseignant et un élève du collège du Raizet en Guadeloupe, et ceux de La Rochelle sont venus, et ils sont ici. Ils sont là, ces élèves des 2 bords de l'océan, qui ont travaillé ensemble. Et c'est avec cette anecdote significative que débute la cérémonie de remise des prix du concours national "La Flamme de l'égalité", dont c'est la 4e édition.

Ce concours national, qui a eu la participation de près de 300 classes et de plus de 5 000 élèves, de l'école primaire jusqu'au lycée, ce concours est organisé dans le cadre d'un partenariat entre le Cnmhe, le ministère de l'Education nationale, le ministère des Outre-mer, la Dilcrah, et coordonné par la Ligue de l'enseignement. Je crois qu'il faut vraiment applaudir tous ceux qui ont fait ce travail... (Applaudissements) (...) Les élèves et les enseignants.

Vous avez vu tout à l'heure les productions qui ont été faites. Certains diraient : "Mais les élèves eux-mêmes, "avec les enseignants, produisent du matériel pédagogique." Donc cette année, le thème du concours était : "Devenez libres".

Donc j'appelle Mme Sibeth Ndiaye, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement, pour remettre le prix spécial du concours. (Applaudissements) Et pour le recevoir, j'appelle Ouxane Essel, du collège Eugène Fromentin à La Rochelle, et Laïka Loudac, du collège du Raizet de la commune des Abymes. (Applaudissements) ...

Le travail réalisé, c'est l'exposition virtuelle "Devenir libre". A partir des images trouvées dans le musée du Nouveau Monde de La Rochelle et du musée Victor Schoelcher à Pointe-à-Pitre, les élèves ont créé un musée virtuel en 27 images, le tout accompagné d'un audioguide. Et il faut saluer le travail des enseignants, Jean-Michel Supervie et Mme Leboucher. (Applaudissements) (...) J'appelle M.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, pour procéder à la remise du prix "La flamme de l'égalité" pour les écoles primaires. (Applaudissements) Alors j'appelle...

Donc le prix a été remporté par 3 classes de CM2 de l'école Marcel Lelong à Sarcelles. Donc les 4 représentants qui vont chercher leur prix sont Joël Coradin, Karim Bouzidi, Loïc Menez. (Applaudissements) Alors, ils ont réalisé... (Applaudissements) (...) Donc un film d'animation intitulé "Lettre à mon ancien maître", où un ancien esclave, Jordon Anderson, écrit à son maître, à son ancien maître, qui souhaite le voir revenir travailler, qu'il préfère rester où il est. (Rires) Et on le comprend. -Bravo.

Bravo. (Applaudissements) (...) Bien, donc les élèves de la classe, qui sont Mehdi Benkoua, Elisa Duval, Doumat Souili et Matéo Tanqueu.

On peut les applaudir. (Applaudissements) J'invite maintenant M. Gérard Larcher, président du Sénat, pour procéder à la remise du prix "La Flamme de l'égalité" dans la catégorie collège. (Applaudissements) Alors le prix a été attribué aux élèves de 4e du collège Eugène Yssap, à Sainte-Anne, de l'académie de Guadeloupe, et donc la classe, ils sont venus de Guadeloupe, la classe est représentée par Elouan Dangeros, Soanne Jeannot, Sylvie Porpote et Kévin Toussaint. (Applaudissements) (...) Alors leur... (Applaudissements) Ils ont été récompensés pour leur film, qui retrace le parcours de 3 personnages dans leur quête de liberté : une femme esclave prénommée Gertrude, un nègre marron en fuite et un migrant ivoirien réduit en esclavage en Libye. (Applaudissements) (...) J'appelle maintenant M.

Emmanuel Macron, président de la République, à remettre le prix de "La Flamme de l'égalité" dans la catégorie lycée. (Applaudissements) (...) Pour la catégorie lycée, le prix est décerné aux élèves en 2e année de CAP couvrerie et menuiserie au lycée professionnel de l'Acheuléen, à Amiens.

Donc j'appelle les élèves suivants : Boukari Cissé, Clément Guette, Matéo Leconte et Mahama Outara à venir recevoir leur prix. (Applaudissements) (...) Alors on peut féliciter aussi leur enseignante, Anne-Sophie Mence, car ils ont réalisé un jeu de société.

D'ailleurs, nous avons produit, avec la Ligue de l'enseignement, quelques jeux de cartes, qui vont circuler, qui seront offerts. Donc ce jeu de société, c'est un jeu de questions-réponses, et ça a été, on peut le dire, non seulement le prix des lycées, mais ça a été aussi le coup de coeur du jury du prix de "La Flamme de l'égalité". Donc qu'ils soient remerciés ici. (Applaudissements) (...) Donc nous avons vu les écoles, les collèges, les lycées, et j'invite tous les élèves et les personnalités à reprendre leur place. (Rires) Donc nous avons vu écoles primaires, collèges, lycées, mais le Comité national s'intéresse aussi à l'université, notamment en décernant un prix de thèse.

Alors il ne sera pas décerné aujourd'hui, il ne sera qu'annoncé. Donc le prix de thèse a été attribué à M. Bi Kakou pour sa thèse "La Côte des Quaqua "dans la traite négrière atlantique "du XVIIIe au XIXe siècle." Il sera officiellement décerné le 23 mai, lors de la journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage.

Alors M. Bi Kakou est-il là ? Je l'ai vu tout à l'heure.

Non, mais restez...

Voilà. Vous aurez votre moment...

Vous aurez votre moment d'honneur le 23 mai. (Applaudissements) (...) Bravo. ...

Maintenant, j'appelle M. Gérard Larcher, président du Sénat, à prendre la parole. (Applaudissements) (...) -M. le président de la République, M. le vice-président de l'Assemblée nationale, M. le président de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, cher Jean-Marc Ayrault, mesdames et messieurs les ministres, mais aussi anciens ministres, que je revois ici avec beaucoup de plaisir, M. le préfet de Paris, préfet d'Ile-de-France, mes chers collègues parlementaires, M. le président de la Délégation sénatoriale aux Outre-mer, cher Michel Magras, M. le président de la Délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale, cher Olivier Serva, M. le représentant de la présidente de la région Ile-de-France, cher Jean-François Légaré, Mme la représentante de Mme le maire de Paris, M. le président du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, cher Frédéric Régent, mesdames et messieurs, nous sommes ce matin rassemblés pour commémorer la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition voulue par le président Jacques Chirac il y a 13 ans.

Cette cérémonie revêt une importance toute particulière par votre présence, M. le président de la République. Elle revêt aussi un caractère hautement symbolique pour le Sénat.

C'est le 10 mai 2001 que notre assemblée qualifia solennellement la traite et l'esclavage de crimes contre l'humanité, 2 siècles après les mouvements de proclamation de Basse-Terre par Louis Delgrès, et, Mme Taubira, ceci est quelque souvenir très fort. C'est au Sénat... (Applaudissements) dans le jardin du Luxembourg, que fut érigée la sculpture de Fabrice Hybert intitulée "Le Cri, l'Ecrit", montrant ainsi qu'aux cris des esclaves répondait l'écrit de la loi.

C'est en ce lieu que nous rendons hommage aujourd'hui à celles et ceux qui furent asservis. C'est en ce lieu que nous nous souvenons de celles et ceux qui se révoltèrent pour leur liberté en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Saint-Domingue. C'est en ce lieu que nous célébrons les grands personnages de notre histoire, qui sont illustrés à leur côté dans le combat en faveur des droits de l'homme, à travers l'adoption de textes libérateurs.

Je pense ici à deux éminentes personnalités qui devinrent par la suite sénateurs, auxquelles l'exposition, "L'Esclavage par l'image", que nous venons de visiter, M. le président, rend hommage : l'abbé Grégoire, l'abbé Grégoire qui arrachera la convention, c'était le 4 février 1794, l'abolition de l'esclavage, et aussi Victor Schoelcher, qui reprit, quelques années plus tard, ce combat avec courage et détermination et parvint à convaincre Arago de la nécessité de signer le décret du 27 avril 1848, décret, je le rappelle, qui proclamait : "Nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves." Cette commémoration n'est pas un simple rappel d'événements historiques, elle est l'occasion de montrer que la lutte contre l'asservissement est encore un combat que nous avons à mener chaque jour.

Selon l'Organisation internationale du travail, dont nous célébrons le centenaire, dans le cadre d'une exposition consacrée au travail sur les grilles du jardin du Luxembourg, actuellement, près de 25 millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont encore aujourd'hui astreints au travail forcé, contraints de travailler sous la menace ou la coercition, que ce soit comme travailleurs domestiques sur des chantiers de construction, dans des usines clandestines ou des exploitations agricoles. L'actualité nous le rappelle ces jours derniers. Comment ne pas établir un lien entre le travail forcé et l'esclavage ?

Comment ne pas penser à ces grandes compagnies industrielles et agricoles, qui, durant la colonisation, réquisitionnèrent hommes, femmes et enfants pour les asservir ? Comment ne pas nous souvenir de ces grandes voix qui se firent entendre pour lutter contre cette abomination ? Celle d'André Gide, qui décrivit la terrible agonie de ces femmes, de ces enfants ensevelis vivants lors de la construction de routes.

Celle d'Albert Londres, qui déclarait : "J'ai vu construire des chemins de fer. "8 000 hommes ne furent bientôt plus que 5 000, "puis 4 000, puis 2 000, "puis 1 700." Voix qui furent relayées par Léon Blum et Félix Houphouët-Boigny.

Le sens d'une commémoration comme la nôtre, c'est de ne pas oublier ces enfants, ces femmes, ces hommes qui font l'objet d'une telle exploitation. C'est de ne jamais oublier la traite, l'esclavage et le travail forcé, inscrits dans l'histoire, pour en même temps combattre ces formes d'esclavages contemporains. C'est l'affirmation de l'universalité et de l'indivisibilité de l'espèce humaine.

Il nous faut résister, il nous faut refuser toute facilité, refuser tout abandon, refuser toute forme d'assujettissement de notre capacité à penser, à agir, à imaginer. Comme Lamartine, nous proclamons qu'"aucune loi ne peut donner à l'homme "la propriété de l'homme, car aucune conscience humaine "ne peut légitimer l'esclavage, "car nul n'est obligé de ratifier une loi "qui le prive des droits donnés par la nature". C'est l'honneur de l'humanité qui s'est affirmé dans la résistance à l'esclavage et dans le combat abolitionniste. "Si tu veux te libérer de toi-même, "brise tes chaînes, "de la fin de l'esclavage jusqu'à ma mémoire indemne", écrit le grand poète mauricien et poète de tout le continent créole, Khal Torabully.

Puisse cet esprit de résistance inspirer ensemble dans notre diversité le prochain combat, pour rendre toujours plus effectifs les droits de ces enfants, de ces femmes, de ces hommes. A nous de combattre cette injure permanente. Il y va de notre dignité, il y va du respect des valeurs de la République, à laquelle nous sommes, ici, tous si attachés. (Applaudissements) (...) -M. le président de la République va prendre la parole. (Applaudissements) (...) -M. le président du Sénat, M. le vice-président de l'Assemblée nationale, mesdames et messieurs les ministres, M. le président de la Mission de la mémoire de l'esclavage, des traites et de leurs abolitions, M. le Premier ministre, cher Jean-Marc Ayrault, mesdames et messieurs les députés, sénateurs, M. le représentant de la présidente de la région, Mme la représentante de la maire de Paris, mesdames, messieurs les élus, M. le président du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, cher Frédéric Régent, M. le préfet, mesdames, messieurs les ambassadeurs, messieurs les autorités religieuses, mesdames, messieurs, chère Nadia Murad, prix Nobel de la paix 2018, chers élèves, depuis 2006, le 10 mai est la journée nationale des mémoires de l'esclavage, des traites et de leurs abolitions.

La loi l'a voulu, Jacques Chirac l'a fait, et c'est la 1re fois que je m'exprime devant vous à cette occasion. Je le fais car je mesure ce que l'esclavage, la traite, les abolitions et leurs héritages représentent dans l'histoire de notre pays, dans notre culture, dans notre âme. Cette histoire est notre histoire.

Elle a donné à la France un destin mondial, elle a forgé les combats et les valeurs de la République, elle explique la diversité de notre société, elle nous relie à l'Afrique, aux Caraïbes, à l'Amérique, à l'océan Indien. La loi qui porte votre nom, chère Christiane Taubira, a reconnu la part tragique de cette histoire, et grâce à vous, la France a été le 1er pays, dans le monde, à reconnaître avec autant d'honnêteté que la traite et l'esclavage constituent un crime contre l'humanité. (Applaudissements) (...) Voilà ce que la représentation nationale a reconnu à l'unanimité il y a 18 ans, telle était la vérité, et il fallait qu'elle fût dite.

Mais l'histoire a continué. Cet ordre injuste et barbare a été contesté, d'abord par les esclaves eux-mêmes, qui n'ont jamais cessé de vouloir devenir libres, qui ont toujours résisté à leur servitude, que ce soit en se forgeant une culture et une spiritualité propre, par laquelle ils affirmaient cette humanité qu'on leur niait, en prenant la fuite, les armes, la plume, en se révoltant. Et partout, en Europe, à travers tout le XVIIIe et le XIXe siècle, des philanthropes et des intellectuels se sont aussi battus contre la traite et l'esclavage au nom de l'humanité.

Certains de ces résistants des colonies et de ces libéraux de l'Hexagone reposent aujourd'hui au Panthéon, où ils sont honorés, parce que leur combat, cet engagement, ont fait d'eux de grands hommes : l'abbé Grégoire, Condorcet, Toussaint Louverture, Louis Delgrès, Victor Schoelcher. Ces combats jalonnent notre histoire, jalonnent l'histoire de la République, des révoltés de Saint-Domingue appelant les révolutionnaires de Paris à abolir l'esclavage, en 1794, à Cyrille Bissette, le Martiniquais, luttant pour l'émancipation sous la monarchie de Juillet aux côtés de Lamartine et de Schoelcher. Oui, entrelacée à l'histoire terrible de la servitude à laquelle des millions et des millions d'êtres humains ont été réduits pendant des siècles, il y a l'histoire sublime, héroïque, édifiante de tous ceux qui ont secoué et brisé ces chaînes odieuses.

Face à l'horreur de l'esclavage, il y eut l'honneur de la résistance et le bonheur, enfin, de l'émancipation. C'est une histoire française, une histoire universelle. 171 ans ont passé depuis l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, mais les conséquences de ce passé sont là, toujours là, car son héritage, aujourd'hui, c'est la géographie de la France contemporaine, son identité d'archipel mondial qui va de l'Europe aux Antilles, de la Guyane aux Mascareignes, c'est le français, que l'on parle sur tous les continents, avec sa richesse et sa variété, ce sont aussi des idées nouvelles, des rencontres inattendues, des imaginaires inédits, la négritude d'Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor, le syncrétisme de Jean-Michel Basquiat, la littérature puissante de Maryse Condé, c'est hier et aujourd'hui, là-bas comme ici, le métissage des cultures, la créolisation du monde.

C'est tout cela, la mémoire de l'esclavage. Et c'est tout cela qu'ont porté les militants, les artistes, les citoyens, les élus qui, depuis les années 1990, se sont battus pour que cette mémoire soit mieux connue, mieux reconnue, mieux comprise, mieux partagée, aussi. Je veux leur rendre hommage aujourd'hui.

Sans eux, sans les artisans de la marche du 23 mai 1998, sans les mots de Christiane Taubira, sans les livres d'Edouard Glissant et de Patrick Chamoiseau, sans l'action des élus locaux, pionniers de cette mémoire, comme vous, cher Jean-Marc Ayrault, sans le travail des chercheurs, des historiens comme vous, Frédéric Régent, jamais la loi du 21 mai 2001 n'aurait été votée, jamais le 10 mai, puis le 23 mai, n'auraient été institués en journée nationale. Toutes et tous, ils nous ont rappelé cette histoire, non pas pour nous diviser ou nous opposer, mais pour nous rappeler ce que nous sommes, une nation de liberté, d'égalité, de fraternité, de diversité. C'est aussi pour cela que la mémoire de l'esclavage ne doit pas seulement être convoquée lors de ces 2 journées nationales, et n'être évoquée que dans des discours annuels.

Elle a besoin d'actes, de lieux, d'institutions, de travail. Ce sont les engagements concrets que j'ai pris le 27 avril 2018 à l'occasion du 170e anniversaire de la signature par le gouvernement provisoire de la République du décret d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. D'abord, ériger à Paris, dans le jardin des Tuileries, un mémorial qui rende hommage aux victimes de l'esclavage.

Ce monument sera situé au coeur de la géographie de cette histoire, entre l'ancienne demeure royale et impériale des Tuileries, là où la convention qui vota la 1re abolition tenait ses séances, et l'hôtel de la Marine, là où a été préparée la 2e abolition. Cette part de notre histoire, enfin, s'incarnera dans un lieu évident, significatif, solennel, où nous pourrons nous rassembler pour l'évoquer. Ce mémorial sera inauguré en 2021, et je souhaite que ce moment soit pour notre pays l'occasion de rendre aux victimes de l'esclavage, à leurs descendants et à leur apport inestimable, l'hommage solennel de la nation qu'ils méritent, en y associant toutes les composantes de la société française. (Applaudissements) (...) La Fondation pour la mémoire de l'esclavage sera, elle, installée, dans les tout prochains mois, à l'hôtel de la Marine.

Je veux saluer le travail que vous avez accompli, cher Jean-Marc Ayrault, pour en préparer la création dans le prolongement des rapports d'Edouard Glissant et de Lionel Zinsou. Vous avez su rassembler un large cercle de partenaires publics et privés, de collectivités de l'Outre-mer et de l'Hexagone, de personnalités réunies dans le Comité de soutien, dont Christiane Taubira a accepté d'être la présidente, et je l'en remercie. Elle apportera à la fondation son verbe, sa force, son aura. (Applaudissements) (...) Tous ont adhéré au projet que vous leur avez proposé, celui d'une institution nationale moderne, rassembleuse, en prise avec les Outre-mer et ouverte sur l'international.

Cette fondation sera un partenaire incontournable pour l'Etat et la société civile, pour les enseignants et pour les chercheurs, pour les collectivités territoriales et les institutions culturelles et patrimoniales, pour les artistes, pour les médias. Surtout, elle sera au service d'une grande ambition : renforcer la cohésion nationale en transmettant l'histoire mondiale de la France, en célébrant les cultures qui en sont issues, en promouvant les valeurs républicaines d'émancipation ici et dans le monde. J'ai souhaité également que le musée, qui, dans notre pays, est consacré à cette histoire et à la promotion des expressions culturelles qu'elle a suscitées, que ce musée soit renforcé, dans son statut comme dans ses moyens.

Ce musée, c'est le Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. (Applaudissements) (...) Je sais combien les présidents de la délégation, de l'Assemblée nationale et du Sénat tenaient aussi à ce que l'ensemble des territoires de France puisse porter cette mémoire.

Le Mémorial ACTe deviendra ainsi un interlocuteur capital pour les institutions homologues en Europe, dans la Caraïbe, l'Afrique et les 2 Amériques. Il lui fallait, pour assumer cette vocation, une assise plus large et plus solide. C'est pour cela que l'Etat a décidé de soutenir le Mémorial ACTe en participant à sa transformation en établissement public de coopération culturelle autonome.

Ce nouveau statut permet d'associer à sa gouvernance la région, le département, la ville de Pointe-à-Pitre, la communauté d'agglomération et l'Etat. La région, qui a engagé ce projet à l'initiative de Victorin Lurel... (Applaudissements) (...) ...et qui continue de le porter avec énergie aujourd'hui à travers la détermination d'Ary Chalus, en restera le principal soutien, mais l'Etat prendra toute sa part.

Nous nous y sommes engagés. Enfin, parce qu'elle raconte les racines des valeurs républicaines, parce qu'elle rend compte de la diversité de notre nation, parce qu'elle libère aussi des enfermements communautaires, cette histoire doit être transmise à la jeunesse de France. Je veux ici remercier l'ensemble des élèves ici présents, mais à travers vous, tous ceux qui sont représentés, qui se sont engagés, auprès de leurs maîtres, et grâce à l'engagement, aussi, des professeurs ici présents, à faire ce travail. (Applaudissements) (...) C'est évidemment se souvenir, c'est comprendre notre histoire, c'est en déplier toute la complexité, mais c'est aussi le donner à vivre au présent, en montrant, comme vous l'avez fait, ce que cela dit de notre citoyenneté, et en montrant que ce qui peut être une évidence, ou, parfois, pour le pire, en redevenir une, a été défait par des combats menés par la République, a été, pour ce qui est de l'égalité, de la fraternité, le fruit de conquêtes véritables.

Les programmes scolaires, aujourd'hui, le permettent. L'histoire de l'esclavage est désormais le sujet du 1er chapitre des programmes d'histoire de 4e, et dans le cadre de la réforme des programmes du lycée, les élèves de seconde traiteront de façon approfondie du système esclavagiste, de sa naissance, au XVe siècle, à son paroxysme, au XVIIIe siècle, et les programmes de 1re étudieront le long combat des abolitions jusqu'au décret de 1848. Un monument au coeur de Paris, un musée au rayonnement renforcé, des programmes scolaires renouvelés, une fondation à vocation internationale installée, voilà, mesdames et messieurs, ce dont la République française se dote pour porter et transmettre cette mémoire.

Mais nous ne saurions en rester là, car l'esclavage, comme vous venez de le rappeler, M. le président du Sénat, n'appartient malheureusement pas qu'à notre passé, et la République ne serait pas la République si elle ne menait aussi ces combats partout dans le monde, qui sont ceux de ses valeurs, de ses principes. Oui, l'esclavage demeure une terrible réalité contemporaine vécue par plus de 20 millions de personnes, des femmes et des enfants, en grande majorité.

Il se déploie aujourd'hui partout, partout là où, en Afrique, en Asie, au Proche et Moyen-Orient, le temps long de l'histoire a enraciné ces pratiques infâmes, partout où les conflits sont revenus, s'installant sur les haines ethniques ou religieuses, partout où l'organisation du monde s'est progressivement installée à nouveau dans des formes d'exploitation de l'homme par l'homme. Alors face au travail forcé, à l'esclavage domestique, à l'exploitation sexuelle, à tous les abus, à toutes les formes contemporaines d'esclavage, c'est un devoir d'action, qui est le nôtre. C'est à cette fin que la France lutte contre la traite des êtres humains dans les zones de conflits, alors que Boko Haram et Daech ont intégré cette pratique à leur funeste stratégie de terreur.

C'est pour cela que nous soutenons l'initiative de Nadia Murad et Denis Mukwegue, prix Nobel de la paix 2018, de créer un fonds de réparation pour les femmes victimes de violences sexuelles dans les conflits. (Applaudissements) (...) C'est pour cela, chère Nadia, que je vous remercie de votre présence ici, parmi nous.

Vous êtes l'incarnation même du fait que ces combats ne sont pas terminés. Avec courage, vous avez survécu à ceux de Daech, qui voulaient vous tuer. Avec courage, vous avez affronté ce que votre famille a subi, les crimes, les viols, l'éloignement, l'esclavage.

Avec courage, vous vous battez pour que ce qui existe dans la région encore aujourd'hui soit définitivement éradiqué, c'est-à-dire toutes ces formes d'esclavage qui continuent d'attenter à notre dignité, à nous aussi. C'est pourquoi votre combat, chère Nadia, est aussi le nôtre. (Applaudissements) (...) C'est aussi pour cela que le 1er prix Simone Veil de la République française a été remis le 8 mars dernier à la Camerounaise Aissa Doumara, engagée de longue date contre l'esclavage sexuel.

Ces combats, en Afrique, en Asie, au Proche et Moyen-Orient, ce sont toujours des luttes pour restaurer notre dignité, pour poursuivre ce combat auquel nous venons, aujourd'hui, de rendre hommage et de nous souvenir. C'est le sens même de notre action au Conseil de sécurité des Nations unies ou dans le cadre de notre présidence du G7, de lutter contre les trafics de migrants, contre les trafics d'êtres humains qui, aujourd'hui, continuent de sévir dans le Sahel, en Libye, dans la corne de l'Afrique, et qui, chaque jour, installent l'exploitation des êtres humains comme une règle, comme un moyen de vivre pour les organisations terroristes internationales et comme une honte pour nous tous. C'est pour cela que la France poursuivra, au sein de l'Organisation internationale du travail, la lutte contre toutes les formes d'esclavage par le travail, le travail subi, le travail sous-payé et d'exploitation.

Les textes sont là. La Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, dite Convention de Palerme, est là. Elle doit encore être ratifiée par de nombreux Etats, et nous nous battrons pour ce faire.

Depuis octobre 2018 et l'adoption à l'unanimité par les Nations unies d'une résolution portée par la France avec l'Italie et le Costa Rica, un mécanisme d'examen de l'application de cette Convention de Palerme est en oeuvre, et nous poursuivrons ce combat sans relâche. Dès le 20 mai, la France rejoindra la campagne Coeur Bleu des Nations unies, qui, précisément, a pour objectif d'encourager les Etats comme les citoyens à se mobiliser pour lutter contre la traite des êtres humains. Notre combat, en Europe, dans le multilatéralisme contemporain, se poursuivra pour que partout où les formes d'esclavage contemporain existent, elles soient combattues et éradiquées, et pour que dans tous ces pays où ces pratiques sont subies, d'autres enfants puissent, comme vous l'avez fait aujourd'hui, raconter, dénoncer ce que le combat de quelques-uns aura permis d'effacer.

Nous n'oublions ainsi ni la mémoire des victimes de l'esclavage, ni celle des héros qui l'ont combattu. Nous n'oublions pas, surtout, ce message qu'il y a plus de 2 siècles la France a lancé au monde : "Tous les hommes naissent libres et égaux en droits." Un message dont nous devons aux esclaves révoltés de Saint-Domingue d'avoir révélé la portée véritable, et qui est devenu l'étendard de toutes les abolitions.

C'est ce message que nous continuons de porter aujourd'hui en donnant à cette mémoire des lieux où elle peut s'inscrire, en créant des institutions où elle peut être transmise, en combattant toutes les formes d'esclavage qui persistent dans le monde, et en soutenant les héros de notre temps qui luttent pour les émancipations et les abolitions qu'il reste à conquérir. Il s'agit simplement d'être fidèles à notre devise, de garder la force contemporaine de cet esprit de résistance qui nous a faits, d'être fidèles à notre République, à ce que la France incarne, à ce que nous sommes. Merci à vous.

Vive la République et vive la France. (Applaudissements) Merci beaucoup. Merci. (...) -M. le président du Sénat et M. le président de la République vont déposer une gerbe devant la sculpture de Fabrice Hybert, "Le Cri, l'Ecrit".

A l'issue de ce dépôt, nous aurons un moment de recueillement, puis ce sera la fin de la cérémonie, ponctuée par l'hymne national, interprété par la Maîtrise de Radio France. -Allons enfants de la patrie Le jour de gloire est arrivé Contre nous de la tyrannie L'étendard sanglant est levé L'étendard sanglant est levé Entendez-vous dans les campagnes Rugir ces féroces soldats ? Ils viennent jusque dans vos bras Egorger vos fils, vos compagnes Aux armes, citoyens Formez vos bataillons Marchons, marchons Qu'un sang impur Abreuve nos sillons (Applaudissements) (...) -Excellent. -Bravo.

Merci beaucoup. Félicitations à vous. Bravo. -Merci beaucoup. -Félicitations. -Merci. -On va remercier, peut-être, notre cantatrice et notre lectrice.

C'était très bien, vraiment. Merci beaucoup à la garde, une fois encore. Merci beaucoup.

Toujours fidèles au poste. Bravo à toutes les 2. C'était magnifique. -Merci beaucoup. -C'était superbe.

C'était très émouvant. -Merci. C'est un très beau texte. -Oui, mais vous l'avez magnifiquement chanté. -Merci beaucoup. -Vraiment.

Superbe. Une fois encore... -C'est toujours un honneur. -Toujours.

Magnifique. -Merci. -Vous habitez toujours le texte avec cette force et cette vigueur. -Il faut.

Vous avez de la vigueur aussi. -Oui. Je me souviens encore des textes très forts de l'année dernière.

C'était sublime. Non, mais merci, vraiment, à toutes les 2. -Avec grand plaisir. -Vous avez parfaitement honoré cette mémoire et la part de combat aussi qu'elle porte à travers votre fougue.

Merci, Frédéric. Il a vraiment fait un super boulot. -Oui, très bien. -Non, c'est bien de...

Je suis très content. Merci. (Brouhaha) (...) Bravo à vous.

Merci à vous. Merci à vous, les enfants. Merci beaucoup.

C'est le plus important, là. C'est vous qui allez faire la France de demain, alors... (...) Bravo, mademoiselle.

Merci beaucoup. (...) Merci. (...) Vous avez très bien lu. -Ah oui. (...) -Merci, les enfants.

Merci à vous. (...) -Président ?

Eh ben, alors ? Comment ça va ? -Bien. -Comment ça va ? -M. le président, comment allez-vous ? -M. le président, bonjour.

Prenez bien soin de vous et faites de bonnes choses. Le 93 pense à vous. -Je vous attends à la prochaine assemblée générale à New York.

Toutes nos félicitations. -Merci beaucoup. -Puis-je voir votre femme ? -Elle n'est pas venue avec moi, là.

Elle n'est pas venue. -Merci d'être venu. -Merci à vous.

Comment ça va ? Ca va ? Vous allez bien ? (Brouhaha) (...) -M. le président ?

M. le président ? -Pardon. -Je vous en prie.

M. le président ? (...) Sous-titrage : ECLAIR