La diplomatie française en perte de vitesse au Proche-Orient - Reportage #cdanslair du 09.10.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00J.-N.BarrotPromesse
« J'exhorte donc Israël à s'abstenir de toute incursion terrestre et à un cessez-le-feu. J'appelle le Hezbollah à faire de même et à s'abstenir de toute action susceptible de mener à une déstabilisation régionale. »
- 3:00E.MacronPromesse
« A chaque fois que vous douterez, dites-vous que nous serons là. Retenez juste ces mots... »
- 5:00D.de VillepinFait
« Le logiciel présidentiel est dépassé par rapport aux relations internationales aujourd'hui. Il ne comprend pas ce qui se passe. La start-up nation restera un grand rêve. Malheureusement, elle sera sans application pratique dans la vie internationale. »
- 7:00F.EncelFait
« En 67, on n'a joué pratiquement aucun rôle. Les Israéliens et les Arabes ont fait la guerre, en dépit des rodomontades de C.de Gaulle. »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
celle devenue culte, de Jacques Chirac qui renvoyait dans les cordes les services de sécurité israéliens. La politique arabe de la France a longtemps donné à Paris une place singulière dans la région. - Le Liban sous les bombes israéliennes.
Il y a quelques jours, le chef de la diplomatie française était à Beyrouth pour tenter de calmer le jeu. - J.-N.Barrot: J'exhorte donc Israël à s'abstenir de toute incursion terrestre et à un cessez-le-feu.
J'appelle le Hezbollah à faire de même et à s'abstenir de toute action susceptible de mener à une déstabilisation régionale. - Quelques heures seulement après ce discours, Israël décide de lancer son opération terrestre au Sud-Liban pour déloger le Hezbollah. Alors, la voix de la France est-elle toujours audible et crédible au Moyen-Orient?
Ces Libanais en doute. - Le ministre français des Affaires étrangères offrira au Liban ce qu'il a offert à Gaza, c'est-à-dire rien. - Nous avons toujours compté sur la France pour faire entendre nos voix au monde entier.
Mais cette fois-ci, nous sommes contrariés. La France n'a pas été à la hauteur du niveau de responsabilité requis. Il serait temps que les choses changent. - La France avait d'ailleurs promis de tout changer au Liban.
Août 2020: le port de Beyrouth explose. 235 morts, 6500 blessés et des dégâts colossaux. E.Macron arrive au Liban 2 jours plus tard.
En bras de chemise, il est acclamé... - E.Macron: A chaque fois que vous douterez, dites-vous que nous serons là.
Retenez juste ces mots... - Une envolée lyrique en arabe et une mission diplomatique.
E.Macron charge son ancien ministre des Affaires étrangères de trouver des solutions politiques au Liban. J.-Y.Le Drian multiplie les voyages pour rencontrer les groupes chiites, sunnites et chrétiens. - J.-Y.Le Drian: Je ne viens porteur d'aucune option.
Je veux écouter tout le monde. - Mais les négociations peinent à avancer et l'élargissement du conflit israélo-palestinien au Liban brouille les cartes. La France a toujours entretenu une position particulière au Proche-Orient.
J.Chirac défend un Etat palestinien et un Etat israélien. Il reçoit régulièrement Y.Arafat, leader de l'Autorité palestinienne.
En 1996, il visite Jérusalem et il s'emporte face au service d'ordre israélien, violent, qui l'empêche de rencontrer la population. Les images font le tour du monde et J.Chirac s'attire la sympathie du monde arabe.
Quelques années plus tard, son Premier ministre, L.Jospin, change de ton et qualifie le Hezbollah de terroriste. - L.Jospin: Epargner les populations civiles est une contrainte que s'efforce de respecter Israël, qui est attaqué par des actes terroristes. - L.Jospin est alors violemment pris à partie par des étudiants palestiniens.
Jets de pierres, bousculades, il est exfiltré in extremis puis rappelé à l'ordre par J.Chirac lui-même. Car L.Jospin aurait menacé la position d'équilibre de la France dans la région...
Un équilibre qu'E.Macron aurait à son tour perdu, selon l'ancien ministre des Affaires étrangères D.de Villepin. - D.de Villepin: Le logiciel présidentiel est dépassé par rapport aux relations internationales aujourd'hui Il ne comprend pas ce qui se passe.
La start-up nation restera un grand rêve. Malheureusement, elle sera sans application pratique dans la vie internationale. - E.Macron accusé tour à tour d'être pro-israélien et propalestinien.
Le président peut-il encore renouer avec une diplomatie française qui affirmait jusqu'alors sa différence au Proche-Orient? - C.Roux: Ils sont déjà tous en débat suite à ce reportage!
On va essayer de remettre de l'ordre. R.Bacqué, sur la position exprimée par D.de Villepin, très véhément?
Il donne le sentiment de tenir la ligne de J.Chirac à l'époque? - R.Bacqué: Oui.
Mais aujourd'hui, il ne représente pas la droite. Il représente surtout lui-même et, un peu, en tout cas on le soupçonne, les intérêts du Qatar. En tout cas, il ne représente pas son ancienne famille d'origine de la droite. - C.Roux: Eux sont sur quelle ligne? - R.Bacqué: Beaucoup plus pro-israélienne.
Chacun a changé de position. On se retrouve dans des positions différentes d'il y a 20 ans. - F.Encel: On entend beaucoup de propos de différents présidents, formidable!
Mais des actions concrètes, non. Aujourd'hui, si la France a peu de poids sur l'ensemble du Moyen-Orient...
Nous avons toujours des bases militaires importantes, on a des leviers dans pas mal de pays. Mais la France ne représente pas grand-chose. En 67, on n'a joué pratiquement aucun rôle.
Les Israéliens et les Arabes ont fait la guerre, en dépit des rodomontades de C.de Gaulle. En 78-79, la paix de Camp David est signée sous l'égide des Etats-Unis.
A l'époque des accords d'Oslo, en 93, la France n'est pas présente. En 2000 et 2002, la France n'est pas présente. - C.Roux: La France n'a plus rien à dire? - F.Encel: Non, elle a toujours une position très originale.
La prédominance américaine est intéressante car elle n'a pas été souhaitée par Israël. Elle a été souhaitée à maintes reprises par un certain nombre d'Etats arabes comme l'Egypte. La Jordanie, aussi, et toute une série d'Etats du Golfe qui demandent aide et assistance aux Américains, et l'ont reçue d'ailleurs, sans lien direct avec Israël. - C.Roux: Vous étiez aux côtés de J.Chirac à l'époque? - P.Haski: Oui.
J'ai même eu une chemise déchirée dans cet incident. Ca a donné à J.Chirac une popularité immense dans le monde arabe.
Le lendemain, nous étions à Ramallah, côté palestinien. Les commerçants voyaient qu'on portait le badge de la délégation française et ils nous offraient 20 % de réduction! Il y a au moins 2 dates dans lesquelles la France a joué un rôle.
La première, c'est Mitterrand à la Knesset qui réclame un Etat palestinien. C'est un moment-clé. Cette référence à l'Etat palestinien, même si elle est utopique car ce sera très difficile...
La politique est faite de jalons, de marqueurs. Il y a un avant et un après 81 et Mitterrand à la Knesset. La 2e date importante, c'est 82, le siège de Beyrouth.
Mitterrand permet à Arafat de sauver la mise et de partir en bateau, de continuer son exil à Tunis. Sans ce moment-là, il n'y a pas Oslo, pas d'Autorité palestinienne, il y a une histoire différente. Il y a un moment où la France a été au coeur de ces événements.
Un événement à la fois drôle et significatif: Arafat veut montrer qu'il est prêt à négocier. Il fait des petits pas. Il veut montrer que la charte de l'OLP, qui prévoit la disparition d'Israël, n'est plus valable.
Mais il faut l'unanimité de l'OLP. Il ne parvient pas à la changer. C'est R.Dumas, ministre des Affaires étrangères de F.Mitterrand, qui lui souffle un mot en français: "caduc".
Arafat sort du bureau devant les caméras devant les télévisions et il dit: "La charte de l'OLP est caduque." Les journalistes lui demandent ce que ça veut dire. Arafat n'en sait rien et il leur dit d'aller voir dans un dictionnaire... - C.Roux: On voit aujourd'hui l'énergie avec laquelle le président de la République a posé la question de l'embargo sur les ventes d'armes et a mis la pression sur B.Nétanyahou.
A-t-on des chances d'être entendus? - P.Haski: Clairement, non.
On n'a aucune influence sur B.Nétanyahou. La France n'a pas pris les positions qui lui auraient peut-être permis de jouer un rôle.
Par exemple, juste avant l'été, un certain nombre de pays européens, dont l'Espagne et l'Irlande, ont décidé de reconnaître l'Etat de Palestine. C'était une position qui tranchait et qui a été d'ailleurs très mal prise par Israël. La France a refusé de suivre, alors qu'elle est d'accord sur le fond.
Il n'y a pas de consensus européen et il n'y en aura jamais. La France n'a pas voulu être dans le peloton qui se détache ou qui prend une position différente.
Emmanuel Macron