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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 25 novembre 2024 7 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTransports

La hausse des taxes sur l'aérien "menace 11 500 emplois dans le secteur", affirme le PDG de Corsair

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 20 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:29Invité politiqueChiffre
    « 1 milliard d'euros, c'est absolument gigantesque sur le secteur aérien »
  • 4:21Invité politiqueChiffre
    « La taxe va passer de 2,63 euros en classe économique à 9,50 euros par sens »

Temps de parole

  • Invité politique66 %
  • Présentateur34 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

France Info Bonsoir à toutes et à tous, quel impact la hausse de la taxe sur les billets d'avion prévue dans le prochain budget peut-il avoir sur les prix et sur le trafic aérien ? Bonsoir Pascal de Isaguer

0:14
Invité politique

Bonsoir

0:15
Présentateur

Vous êtes le PDG de Corsair, président de la Fédération Nationale de l'Aviation et de ses métiers, la FNAM On va évidemment vous entendre sur les effets de la hausse de cette taxe Mais avant cela, l'actualité de votre compagnie, c'est ce vol Corsair qui n'a pu décoller vendredi de l'aéroport de Pointe-à-Pitre à cause d'un problème technique Parmi les 320 passagers du vol, seuls ceux de la première classe et de la classe affaire ont été acheminés à l'hôtel Les autres sont restés passés la nuit à l'aéroport Comment est-ce que vous l'expliquez ? Est-ce que c'est un raté ?

0:47
Invité politique

Alors, premier point d'ailleurs, ce qui est désolant, c'est ce problème technique parce que c'est arrivé sur un avion neuf Nous sommes en phase de renouvellement complet de la flotte On aura bientôt 100% de la flotte d'appareils de dernière génération Donc les peintres sont très rares Malheureusement, là il y a une loi des séries Deuxième petite chose que je corrige Nous n'avons pas de première classe En fait, nous avons une classe affaire, une classe premium et une classe économie

1:11
Présentateur

Donc ce sont ceux de la classe économie qui sont restés à l'aéroport ?

1:15
Invité politique

C'est extrêmement désolant et vous doutez qu'on est vraiment On présente tous nos excuses à nos passagers Le problème, c'est que quand vous avez un événement comme cela qui surgit de façon totalement inattendue après vous trouviez des capacités hôtelières d'hébergement et malheureusement les capacités hôtelières n'étaient pas suffisantes Donc effectivement, il faut faire des choix Et on a choisi les passagers de la classe affaire parce que peut-être qu'il était plus difficile aussi de les reprotéger sur d'autres vols d'autres compagnies Bon, c'est toujours très très compliqué La politique de la compagnie Corsair, c'est de traiter au mieux tous ses clients en cas d'irrégularité d'exploitation et de ne pas lésiner que ce soit en termes d'indemnisation, d'hébergement de prestations alimentaires Malheureusement, si vous n'avez pas de place dans les hôtels Voilà, la situation est très complexe

2:09
Présentateur

Vous avez paré au plus pressé Et comme PDG de Corsair, vous présentez vos excuses L'actualité du secteur, c'est donc cette hausse de taxes dite de solidarité sur les billets d'avion prévus pour faire entrer des sous dans les caisses de l'État 1 milliard d'euros supplémentaires Le secteur la dénonce, cette hausse de taxes avec virulence

2:27
Invité politique

Pourquoi ? Écoutez, pour une raison très très simple 1 milliard d'euros, c'est absolument gigantesque sur le secteur aérien Parce qu'en plus, ça se rajoute à d'autres taxes qui font qu'aujourd'hui, si vous regardez le transport aérien français c'est le plus taxé en Europe C'est très simple Il y a 27 membres dans l'Union Européenne 20 pays n'ont aucune taxation spécifique à l'aérien Seuls 7 ont une taxation On était en concurrence, mais pas dans le bon sens vous le comprenez, avec l'Allemagne Avec la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d'avion On devient un secteur le plus taxé

3:03
Présentateur

Est-ce que ça veut dire, Pascal de Isaguirre, que les prix, les tarifs des billets d'avion vont augmenter ? Est-ce que vous avez commencé à le chiffrer ? Est-ce que vous pouvez nous donner un ordre d'idée ?

3:12
Invité politique

Alors écoutez, un ordre d'idée, ça dépend bien sûr du barème qui sera retenu Nous, notre action, c'est de faire d'abord diminuer la hausse de cette taxe Deuxièmement, c'est qu'elle ne soit pas pérennisée mais qu'elle soit provisoire sur une durée de un an Et troisièmement, on voudrait bien que le produit de cette taxe soit fléché vers notre décarbonation Mais ce n'est pas du tout ce qui est prévu Ce n'est pas du tout ce qui est prévu puisque ça alimentera le déficit de l'État

3:39
Présentateur

Mais c'est normal, en même temps, c'est normal que tout le monde contribue à renflouer les caisses de l'État Vous avez vu la situation des finances publiques, elle est extrêmement compliquée

3:46
Invité politique

Non, attendez, il n'y a aucun problème A part que nous, vous voyez, je vais vous donner une illustration Quand on parle du transparent dans le budget de l'État On n'est pas au volet dépenses, on est au volet recettes Parce qu'en fait, nous apportons des recettes fiscales et nous ne coûtons rien au budget de l'État Le transparent autofinance tous ses investissements

4:02
Présentateur

De combien les billets d'avion peuvent-ils augmenter à partir du 1er janvier ?

4:06
Invité politique

Je vous donne un exemple Sur un vol Union Européenne ou un vol vers les Drômes Vous savez qu'il y a une hypersensibilité des clientèles Antillais, Réunionnais, vers l'Outre-mer La taxe va passer de 2,63 euros en classe économique à 9,50 euros par sens

4:22
Présentateur

Alors pour l'instant, les Outre-mer sont exclus Non, non, mais absolument pas

4:26
Invité politique

Absolument pas Parce que ce qui a été voté, c'est un amendement à l'Assemblée Nationale Mais je veux dire qu'il n'a aucune valeur Il faut savoir que l'Union Européenne interdit l'exemption ou l'exonération pour les Outre-mer Donc ce n'est pas possible Ce qui a été voté en première instance Appliqué, ça sera appliqué Et dans le barème qui est proposé par le gouvernement Actuellement, les Outre-mer sont touchés Et donc 19 euros, si vous voulez Pour une taxe qui se rajoute à bien d'autres taxes Il faut savoir, écoutez

4:53
Présentateur

Donc de combien vont augmenter les billets d'avion ? En gros, est-ce que les compagnies aériennes vont répercuter ?

4:58
Invité politique

Ça va être intégralement répercuté Toutes les compagnies ont commencé à le répercuter Parce que je vais vous dire Les marges des compagnies aériennes Qui sont dans la situation financière Que l'on sait C'est-à-dire qu'il n'est pas brillante Sont incapables de prendre à leur charge Cet aspect-là

5:11
Présentateur

Et donc cette hausse de l'attaque Sur les billets d'avion Va intégralement être répercutée Sur le prix du billet Les compagnies ne vont pas l'absorber

5:19
Invité politique

Absolument Parce qu'on n'a pas la capacité de l'absorber Et ça nous désole Puisque vous savez qu'on veut Entretenir le mouvement de démocratisation De l'aérien Des dernières décennies

5:28
Présentateur

Alors Ryanair menace déjà D'arrêter de desservir 10 aéroports régionaux français A partir du 1er janvier Si la taxe est maintenue Est-ce que c'est du chantage ?

5:37
Invité politique

Alors écoutez Ryanair n'est pas membre de la flamme Mais ce que je peux dire C'est que cette décision N'est pas très surprenante Ryanair c'est une compagnie low cost D'accord Vous connaissez les tarifs Des compagnies low cost C'est quelques dizaines d'euros La marche sur un vol D'une compagnie low cost C'est 6 à 7 euros La taxe elle a augmenté De 2 fois 7 euros Évidemment c'est ce qui peut Vous faire basculer Dans une ligne qui devient Non rentable Ryanair a le choix D'ouvrir des lignes Dans plusieurs pays européens Avec plusieurs aéroports Voilà Elle est en tension de capacité Donc bien évidemment Elle ne s'interdit pas De fermer des lignes Ce qui aura des conséquences Extrêmement négatives Pour les aéroports de province Et sur l'emploi Nous nous avons estimé Parce qu'on a fait une étude d'impact Le gouvernement n'a pas fait D'étude d'impact Nous avons fait une étude d'impact Par un organisme indépendant On estime que cette taxe L'augmentation Menace 11 500 emplois Dans le secteur aérien Et vous aurez une perte De recettes fiscales Absolument

6:32
Présentateur

Et donc ce que vous demandez Aujourd'hui en un mot Pascal de Isaguir Au gouvernement C'est tout simplement D'abandonner l'idée D'augmenter sa taxe

6:39
Invité politique

Alors d'abandonner Vous savez nous ne rêvons pas Mais en tout cas Qu'on la diminue Et que ça ne soit pas Un impact de 1 milliard d'euros On parle de l'aviation d'affaires Il faut que vous sachiez Qu'il y a un projet de taxe Qui serait de 3000 euros Par passager Sur un vol d'affaires Long courrier Ça va tuer complètement L'aviation d'affaires Et donc après Vous avez des emplois Vous avez de l'activité économique Vous avez de la connectivité En région Vous avez de l'attractivité Du pays De la destination France

7:05
Présentateur

Merci beaucoup Pascal de Isaguir PDG de Corsair Président de la Fédération Nationale De l'Aviation Et de ses métiers La FNAM Invité Éco De France Info Sous-titrage Société Radio-Canada

La hausse des taxes sur l'aérien "menace 11 500 emplois dans le secteur", affirme le PDG de Corsair · Pourquijevote