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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 18 avril 2012 11 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalSolidarités & familleInstitutions & élections

François Hollande

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:02OuverteRéponse directe

    Une super TVA à 33% sur les produits de luxe.

  • 0:06RelanceRéponse directe

    Vous disiez hier matin sur RTL que cela avait du sens, avant que Laurent Fabius vous rappelle que ce n'était pas possible. Alors ?

  • 0:58RelanceRéponse partielle

    Le FMI tire la sonnette d'alarme : 0,5% de croissance cette année, 1% seulement en 2013. Vous tablez sur 1,7%. Ça veut dire que le prochain président ne sera pas dans les clous ?

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Vous savez à quoi vous renoncerez si vous êtes élu ?

  • 2:16RelanceRéponse directe

    Je ne vous parle pas des préconisations du FMI, je vous parle des prévisions de croissance validées par tous les instituts privés.

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Enfin, s'il y avait une baguette magique pour redonner de la croissance ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12Invité politiqueFait
    « Non mais je l'avais dit moi-même, il n'y a pas de possibilité d'un taux supérieur de TVA. »
  • 0:26Invité politiquePromesse
    « si nous gagnons l'élection présidentielle, puisqu'il est prévu de le relever jusqu'à 21,2. »
  • 0:47Invité politiqueFait
    « Nous n'aurions pas de ce point de vue l'autorisation de Bruxelles. »
  • 1:06PrésentateurChiffre
    « La reprise sera molle en France, dit le FMI. 0,5% de croissance cette année, 1% seulement en 2013. »
  • 1:09PrésentateurChiffre
    « Alors que comme Nicolas Sarkozy, vous tablez sur 1,7%. »
  • 1:31Invité politiqueFait
    « Que dit le FMI aujourd'hui ? C'est que c'est l'Europe qui a le plus faible taux de croissance du monde. »
  • 1:53Invité politiqueFait
    « Et vous me demandez si j'en rajouterais par rapport à l'austérité ? C'est non. »
  • 1:57Invité politiquePromesse
    « ce que je ferai au lendemain de l'élection présidentielle, c'est de renégocier le traité budgétaire »
  • 4:58Invité politiqueChiffre
    « Une dette qui a augmenté de 600 milliards d'euros, qui atteint presque 90% de la richesse nationale »
  • 5:05Invité politiqueFait
    « avec des charges d'intérêt qui reprennent le premier budget après l'éducation nationale de l'État »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « Une augmentation de 20% tout de suite. Beaucoup de PME qui seraient mises dans la difficulté. »
  • 7:53Invité politiquePromesse
    « Au lendemain des élections présidentielles, conférences sociales avec les partenaires sociaux concernés »
  • 8:06Invité politiquePromesse
    « nous regarderons ce qu'il est possible non seulement de faire pour le SMIC tout de suite, mais d'enclencher un processus d'augmentation du SMIC sur tout le quinquennat »
  • 8:31PrésentateurChiffre
    « Si cette règle d'indexation à la croissance avait été appliquée sous le quinquennat qui s'achève, le SMIC serait aujourd'hui à 1454 euros bruts »
  • 9:26Invité politiqueChiffre
    « 2 milliards de euros. Vous vous rendez compte ? »
  • 10:09Invité politiquePromesse
    « J'avais annoncé 60 000 créations de postes. »

Temps de parole

  • François Hollande76 %
  • Présentateur24 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

François Hollande est donc l'invité de France Inter jusqu'à 9h. Une super TVA à 33% sur les produits de luxe. Vous disiez hier matin sur RTL que cela avait du sens, avant que Laurent Fabius vous rappelle que ce n'était pas possible. Alors ?

0:12
François Hollande

Non mais je l'avais dit moi-même, il n'y a pas de possibilité d'un taux supérieur de TVA. Taux majoré. C'est-à-dire ce qui existait autrefois avec le 33,1 tiers. Donc nous avons un taux normal, qui d'ailleurs sera ramené à 19,6 si nous gagnons l'élection présidentielle, puisqu'il est prévu de le relever jusqu'à 21,2. De la même manière, nous avons deux taux réduits. Taux à 5,5 qui a été monté à 7. Là je reviendrai notamment par rapport à la TVA sur le livre qui redescendra à 5,5. Et enfin il y a un taux très faible. Donc il ne s'agit pas d'introduire un nouveau taux de TVA. Nous n'aurions pas de ce point de vue l'autorisation de Bruxelles.

Mais en revanche nous pourrons regarder ce que nous pouvons faire sur les produits de très grand luxe.

0:54
Présentateur

Donc pas de taxes spéciales sur les produits de luxe. Ça c'est enterré. Le FMI, François Hollande s'invite dans la campagne et tire la sonnette d'alarme. La reprise sera molle en France, dit le FMI. 0,5% de croissance cette année, 1% seulement en 2013. Alors que comme Nicolas Sarkozy, vous tablez sur 1,7%. Ça veut dire que le prochain président, quel qu'il soit, ne sera pas dans les clous, que le désendettement exigera des efforts encore plus grands et que les programmes électoraux seront mis au panier. Vous savez à quoi vous renoncerez si vous êtes élu ?

1:24
François Hollande

D'abord, je ne veux pas caler ma politique sur celle de la projection du FMI. Que dit le FMI aujourd'hui ? C'est que c'est l'Europe qui a le plus faible taux de croissance du monde. Une récession en 2012. Et que les mesures d'austérité, si elles sont confirmées, vont encore aggraver non seulement les conditions de la croissance, mais en plus ne pas permettre le rétablissement des comptes publics. Et vous me demandez si j'en rajouterais par rapport à l'austérité ? C'est non. Non, je vous demande...

Et donc, ce que je ferai au lendemain de l'élection présidentielle, c'est de renégocier le traité budgétaire qui a été signé par les chefs d'État et de gouvernement pour y ajouter ce qui manque au-delà des disciplines, c'est-à-dire un volet de croissance, d'activité, d'emploi, de recherche, d'innovation.

2:16
Présentateur

Mais je ne vous parle pas des préconisations du FMI, je vous parle des prévisions de croissance qui sont validées par tous les autres instituts privés.

2:23
François Hollande

Si effectivement, vous avez trouvé la réponse, si effectivement c'est le candidat sortant qui est reconduit, vous aurez cette projection, vous aurez une croissance anémiée.

2:34
Présentateur

Bon, ça vaut uniquement pour la réélection de Nicolas Sarkozy.

2:36
François Hollande

Mais parce que rien ne changera. Et moi, je veux changer. Je ne peux pas accepter que l'Europe soit dans cet État. Je ne peux pas admettre qu'au nom de la réduction nécessaire des déficits, il soit appliqué des politiques qui, aggravant la croissance, les conditions de la croissance, ne permettent pas de réduire la croissance.

2:53
Présentateur

Enfin, s'il y avait une baguette magique pour redonner de la croissance et pour appuyer sur un bouton simplement...

2:56
François Hollande

Mais ça s'appelle quoi, la baguette magique ? Ça s'appelle, à un moment, un vote des Français qui me permettrait, si je suis demain appelé à la responsabilité du pays, d'emmener l'Europe. Parce que ce qui est vrai, c'est qu'il n'y a pas que les socialistes. S'il n'y avait que les socialistes en Europe, ça ne se ferait pas lourd, compte tenu de ce qu'ils représentent parmi les chefs d'État et de gouvernement. Mais enfin, la lucidité, elle est venue dans la tête de beaucoup de dirigeants européens. Lisez les déclarations de personnes qui n'ont rien à voir avec ma sensibilité. Mario Monti, le Premier ministre espagnol, vous écoutez aussi le Premier ministre néerlandais.

Ils se rendent compte, ils n'y arriveront pas. Et ils connaîtront la sanction du suffrage. Donc ils sont quand même inquiets. Inquiets pour leur pays, inquiets pour eux-mêmes. L'inquiétude, parfois, conduit à de bonnes intentions. Donc, je ne céderai pas. Il y aura une renégociation du traité. Il y aura des politiques de croissance. C'est vrai qu'un État comme le nôtre a plus de mal. Il est endetté jusqu'à ne plus pouvoir avoir la moindre marge de manœuvre si, regardez, je regardais les seuls déficits. Enfin, l'Allemagne a des moyens. D'ailleurs, le FMI dit explicitement que les pays qui ont de la latitude budgétaire en Europe devront faire l'effort aussi de participer à une relance.

Voilà, il n'y a pas de réduction des déficits sans croissance. Et il n'y a pas de croissance sans réduction des déficits.

4:11
Présentateur

Donc vous pensez déjouer toutes les prévisions, tous les pronostics pour la croissance, comme Nicolas Sarkozy pour sa réélection.

4:17
François Hollande

Je serais un résigné. Et ce ne serait même pas la peine de voter. Je ne dis pas que ça sera simple. Je ne dis pas qu'il n'y aura pas un combat. Je ne dis pas que nous ne prendrons pas à un moment la mesure de ce qu'est devant nous, la finance qu'il va valoir maîtriser. Mais il y a à un moment l'affirmation d'une volonté. C'est celle que j'exprime.

4:34
Présentateur

Et pour le traité européen, dans une interview à un journal allemand ce matin, vous utilisez le mot blocage, vous bloquerez le pacte budgétaire.

4:42
François Hollande

Mais je ne peux pas accepter que l'austérité soit la règle de conduite des États, non pas simplement pour une année, non pas simplement pour deux ans, mais pour dix ans. Donc il y a là une responsabilité. Moi je suis pour les disciplines budgétaires. Enfin vous voyez ce qui nous a été laissé. Une dette qui a augmenté de 600 milliards d'euros, qui atteint presque 90% de la richesse nationale, avec des charges d'intérêt qui reprennent le premier budget après l'éducation nationale de l'État. Je ne peux pas laisser mon pays dans cette situation.

Mais comment réduire les déficits et maîtriser la dette, si ce n'est avec des efforts, dans la justice, la fiscalité qui sera revue, et en même temps dans une politique de croissance. Elle ne viendra pas tout de suite. Ma seule élection, si elle arrivait, ne déclencherait pas, on en a terminé avec ces éléments illusoires et incantatoires, ne déclencherait pas un renouveau de la croissance. Mais il y aurait un mouvement. Parce que pour la première fois depuis très longtemps, l'élection française va être une élection européenne. Ce qui va se décider en France va compter pour la direction de l'Europe.

5:43
Présentateur

Il n'y a pas deux gauches, disiez-vous hier en meeting à Lille, hier soir. Il n'y a pas la gauche des cortèges contre la gauche des ministères, la gauche de l'idéal contre la gauche du réel. Il y a pourtant la gauche qui pense que le SMIC à 1700 euros, ce serait un signal important pour l'électorat populaire, que ça pose la question de la répartition des richesses, qui a été parfois malmenée ces dernières années en France. Et puis la gauche qui pense, la vôtre, qui pense que ce ne serait pas raisonnable de mettre le SMIC à 1700 euros. Je précise et je rappelle que c'est la revendication emblématique du front de gauche et votre principal clivage avec Jean-Luc Mélenchon.

6:22
François Hollande

Mais qu'il y ait plusieurs familles à gauche, c'est l'histoire de la France qui nous le rappelle. Qu'il y ait dans cette élection plusieurs candidats de gauche, vous les connaissez. Mais moi je refuse l'opposition entre deux gauches, la division de la gauche, tous les électeurs qui vont se prononcer pour des candidats de gauche. ils veulent la victoire. Ils veulent la réussite. Moi je ne suis pas candidat simplement pour figurer dans un premier tour, pour dire regardez comme j'ai fait un bon résultat, puis on va attendre. Parce que c'est trop dur. Ce qui nous attend est trop difficile. Le capitalisme est trop fort, les marchés sont trop puissants, on va attendre un peu. On va attendre 2017.

Vous croyez que les français ils veulent attendre ? Donc toute cette gauche, même si elle peut partager des revendications qui ne sont pas les mêmes, vers des propositions qui sont parfois différentes... Mélenchon il fait plus que de la figuration, François Hollande. Moi j'ai la responsabilité de faire gagner la gauche, d'être au second tour pour ensuite emporter l'élection présidentielle. Et puis j'ai une autre obligation, et j'arrive au SMIC, c'est de réussir. Ce n'est pas simplement de faire un jour une augmentation du SMIC, puis de dire bah non je m'en vais. Et avec le SMIC à 1700 euros, on risque l'échec ?

Écoutez, il y a quand même beaucoup d'entreprises qui ne pourraient pas le supporter. Et chacun le sait. Une augmentation de 20% tout de suite. Beaucoup de PME qui seraient mises dans la difficulté. Ça serait contraire à l'emploi.

7:42
Présentateur

Et si on aide les PME comme le suggère Jean-Luc Mélenchon, et qu'on regarde pour les grandes entreprises ?

7:45
François Hollande

En revanche, j'ai aussi conscience que le SMIC n'a pas été augmenté depuis 4 ans. Qu'il n'a pas eu de coup de pouce. Et donc qu'est-ce que j'ai proposé ? Au lendemain des élections présidentielles, conférences sociales avec les partenaires sociaux concernés, syndicats comme patronat, nous regarderons ce qu'il est possible non seulement de faire pour le SMIC tout de suite, mais d'enclencher un processus d'augmentation du SMIC sur tout le quinquennat. Pour le lier à la croissance. Pas simplement sur les prix. Le SMIC doit être indexé sur les prix, mais en plus sur une part de la croissance.

Quand le pays connaît une reprise économique, c'est tout à fait légitime que les salariés en prennent leur part. Parce que moi j'ai refusé que ce soit la captation par simplement le capital et les rémunérations des dirigeants d'entreprises.

8:27
Présentateur

Si cette règle d'indexation à la croissance avait été appliquée sous le quinquennat qui s'achève, le SMIC serait aujourd'hui à 1454 euros bruts, c'est-à-dire 56 euros de plus que son niveau actuel. Est-ce que vous pourriez décider au moins de ce rattrapage-là après votre élection ?

8:41
François Hollande

Oui, mais écoutez, ne me demandez pas de prendre une décision alors que j'ai dit que je la soumettrais à la concertation. Mais vous avez dit les choses. Nous avons un rattrapage à faire, mais qu'il doit être compatible avec la situation économique des entreprises.

8:55
Présentateur

L'ISF, vous avez dit que vous rétabliriez le barème antérieur, avant les dernières réformes Sarkozy. Est-ce que vous rétabliriez également le seuil de taxation de l'ISF, c'est-à-dire le point d'entrée ? Est-ce qu'il resterait à 1 300 000 euros ?

9:13
François Hollande

Il ne reviendrait pas à 790 000 ? Alors, je regarderais le seuil de taxation et je maintiendrais les taux qui étaient avant la réforme Sarkozy qui a considérablement allégé l'impôt sur la fortune. 2 milliards de euros. Vous vous rendez compte ?

9:28
Présentateur

Il bougerait ou il ne bougerait pas le seuil de taxation ? Non, le seuil de taxation serait celui qui existe aujourd'hui.

9:32
François Hollande

Avec des dizaines de milliers de ménages qui seraient bien. Oui, qui ne sont pas les plus riches. Qui sont riches, mais qui ne sont pas les plus riches. Et ce qui compte pour moi, c'est d'avoir une redistribution tout en haut de l'échelle des revenus et des patrimoines. Mais quand je pense à l'allègement d'impôts sur la fortune qui a été décidé par Nicolas Sarkozy et que je vois la situation de notre éducation nationale, l'information qui était donnée dès le début de votre journal de 8 heures, que des collèges maintenant sont amenés à faire des recrutements exceptionnels parce qu'ils n'en peuvent plus et qu'il n'y a même plus les règles des recrutements de la fonction publique.

Moi, je suis très préoccupé par la rentrée. J'avais annoncé 60 000 créations de postes. Certains avaient gaussé, s'étaient dit « Mais comment il peut payer 60 000 créations de postes sur le quinquennat ? » C'est moins cher que l'allègement de l'impôt sur la fortune. C'est moins cher que le bouclier fiscal qui a été imposé, enfin permis pour les plus grandes fortunes. Alors qu'est-ce qu'on préfère ? On préfère avoir un bouclier fiscal pour protéger les grandes fortunes ou on préfère avoir un bouclier scolaire pour permettre à tous enfants de réussir ? Moi, j'ai choisi.