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#CamPuS24 : Discours du Premier secrétaire Olivier Faure

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 46 %Attaque 46 %Défensif 9 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 15:51PrésentateurFait
    « doublé notre groupe à l'Assemblée »
  • 16:24PrésentateurChiffre
    « le double de députés européens »
  • 17:01PrésentateurFait
    « d'être la première force de gauche en France le 9 juin 2024. »
  • 18:39PrésentateurChiffre
    « 140. »
  • 18:45PrésentateurChiffre
    « 11 millions d'électeurs. »
  • 21:21PrésentateurPromesse
    « Nous voulons que notre union incarne un universalisme de combat. »
  • 53:31Invité politiqueFait
    « qu'il était disponible »
  • 54:20Invité politiqueFait
    « ses ministres »
  • 55:59Invité politiqueFait
    « le débat va revenir »
  • 57:54Invité politiqueChiffre
    « de 120 permanents »
  • 1:01:58Invité politiqueChiffre
    « 3 000 »
  • 1:09:21Invité politiquePromesse
    « travail, »
  • 1:10:00Invité politiquePromesse
    « une candidature commune. »
  • 1:14:02Invité politiquePromesse
    « il faut partager. »

Temps de parole

  • Olivier Faure55 %
  • Présentateur22 %
  • Invité22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Invité

Pour tous ceux qui sont à l'extérieur, venez nous rejoindre, ça ne va pas tarder. A commencer, à tout de suite, quasiment pleine, j'aimerais bien entendre le bruit que vous faisiez. D'accord ? C'est ceux qui ne sont pas encore placés dans des jeunes socialistes et qui depuis peur de notre chef de file Nora Mébarek au Parlement.

11:40
Présentateur

Johanna, chère Marc, qui nous accueille ici à Blois, c'est un plaisir de vous retrouver pour notre campus, pour la clôture de notre campus. Les jeunes socialistes se sont mobilisés, plus encore que l'année dernière, et aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous dire que nous sommes plus de 800 jeunes socialistes réunis à Blois. Je veux également évidemment remercier les bénévoles, les militants, le service d'ordre, l'ensemble de ces dissolutions décidées par Emmanuel Macron qu'en raison du grand succès des Jeux Olympiques. Deux événements que tout oppose. Le caprice d'un chef contre la concorde d'un peuple. Nous avons commencé l'été avec de la colère, de la peur.

J'ai vu, comme vous tous, l'inquiétude, l'effroi, dans les yeux de tant de proches, d'amis, de camarades. L'extrême droite avait un pied dans la porte. Elle s'apprêtait à la pousser de toutes ses forces. D'après tous les commentateurs, elle allait acquérir la légitimité du fait social. La souveraineté qu'amène le pouvoir, institutionnalisé dans les moindres recoins de la fabrique de la loi, dans chacune des coursives où devait se décider l'avenir du pays. Partout, elle devait planter son drapeau. Mais c'était sans compter sur notre esprit de résistance. Sans compter sur le culte que nous voulons à la démocratie et les efforts que nous sommes prêts à consentir pour la protéger.

Nous avons donc fait notre devoir. Et nous avons résisté. Nous avons démontré que notre République était encore bien debout, solide, et qu'elle ne cèderait pas. Mieux encore, la France entière a montré au monde qu'elle avait toujours le visage des lumières. Dès le début des Jeux olympiques, avec la cérémonie d'ouverture, nous avons montré au monde que nous parlions le langage de la fraternité entre les peuples, que nous étions une nation d'art, de sport, de culture. Là où notre débat national semblait englué dans un passé qui sont le Rens et la Naphtaline, nous avons montré où veut être la France dans le XXIe siècle. Un pays fier de son histoire, de ses luttes, de sa culture.

Rendons-nous compte, une cérémonie inédite dans l'histoire des Jeux. Aya Nakamura et la garde républicaine, Gise Michel et Gisela Limi qui sortent des eaux, Paris et ses sportifs, les drag queens sur la scène, Philippe Catherine tout en bleu, la flamme dans le ciel français, et surtout Céline Dion, Céline Dion devant la tour Eiffel. Chers camarades, chers amis, souvenons-nous de ce qu'il s'est passé avant cet été. Nous aurions pu nous retrouver à Blois dans une France avec un tout autre visage. Mais il n'en a rien été. Dans cette résistance républicaine, le peuple de gauche a été décisif. Les jeunesses, notre mobilisation a été décisive.

Un élan populaire s'est levé, encore plus important qu'en 2022. Des dizaines de milliers de Françaises et de Français ont soutenu sur le terrain les candidates et les candidats du nouveau Front populaire. Parfois, pour la première fois, ils ont tracté, ils ont fait du porte-à-porte, ils sont venus en nombre dans nos réunions publiques pourtant organisées en si peu de temps. Mues par l'enjeu et par un nouvel espoir, désireux de mettre en échec la victoire annoncée des héritiers de la collaboration. Et nous leur devons plus que jamais une fidélité à l'esprit d'unité qu'incarne cette alliance, pour qu'elle ne subisse pas le même sort, le même destin que la défunte Nupès.

Le combat a été rude, mais non sans résultat. Nous avons, grâce à l'audace et la ténacité de notre premier secrétaire Olivier Faure, doublé notre groupe à l'Assemblée, à nouveau présidé par Boris Vallaud, que je souhaite saluer. Nous avons des députés au travail, et je les salue. Je dis à tous ceux qui, pour la première fois, entrent à l'Assemblée nationale, les jeunes socialistes sont à vos côtés, prêts à vous aider, prêts aussi peut-être à vous chatouiller un peu, mais ils sont là. Quelques semaines plus tôt, c'est aussi le double de députés européens, socialistes qui ont franchi les portes du Parlement européen.

Je sais que la séquence fut étrange, et qu'une actualité en a chassé une autre, mais je veux profiter de cette tribune pour vous remercier toutes et tous pour la magnifique campagne que nous avons faite ensemble. Malgré la violence permanente de cette campagne venant de partout, nous sommes restés debout et fiers. Nous avons assumé notre cap clair, et nous avons permis au Parti socialiste, avec les amis de place publique et Raphaël Glucksmann, d'être la première force de gauche en France le 9 juin 2024. J'embrasse d'ici mes collègues, mes nouveaux collègues du Parlement européen, et évidemment, notre superbe coprésidente de délégation, Nora Mébarek.

Nous travaillerons dur pour vous rendre fiers, en réveillant l'Europe pour changer la vie. Nous sommes désormais, nous les socialistes, bien plus forts qu'auparavant. C'est désormais en force politique centrale de la gauche et du pays que nous pensons l'avenir de toutes les Françaises et de tous les Français. Nous ne sommes plus petits, nous ne sommes dans la roue de personne. Notre destin, et celui du pays surtout, dépend de nos choix. Telle est notre responsabilité. Elle est d'autant plus impérieuse que le camp présidentiel s'abîme sur les récifs des stratégies politiciennes, se souciant davantage de conserver son propre pouvoir que de lutter contre l'extrême droite.

Emmanuel Macron est coupable de l'état du pays, et nous serons là pour lutter jour après jour contre sa politique de casse sociale. Ne nous mentons pas. Nous ne pouvons pas encore crier victoire, mais je vous le dis avec optimisme et fierté. Je sais, je le sens, quand je vous vois, quand je vous écoute. Nous pouvons gagner. Et nous allons gagner. Oui, c'est vrai, ne nous mentons pas non plus. La marée continue de monter, lentement mais sûrement. Jamais le Rassemblement national n'a obtenu autant de sièges, 140. Jamais le Rassemblement national n'a obtenu autant de suffrages, 11 millions d'électeurs. Oui, c'est vrai, l'extrême droite est à l'affût, en embuscade.

Son implantation territoriale s'est encore renforcée, en particulier dans les territoires ruraux. Ce que nous avons vécu comme un sursaut ne pourrait être qu'un sursis. Il faut se rendre compte du basculement que nous vivons. Il n'a pas commencé à l'occasion des législatives, mais c'est une confirmation. La vérité, c'est aussi que le racisme décomplexé progresse. Ce venin qu'est la parole raciste s'est diffusé partout. Il vise tout le monde et nous sommes tous concernés. Lorsqu'on insulte des journalistes de Bougnoul ou de Bicot, quand on dit à une aide-soignante noire d'aller à la niche, c'est nous tous, c'est nous tous qu'on insulte, parce que nous sommes républicains.

L'antisémitisme décomplexé aussi progresse. Et je veux le dire ici, l'antisémitisme n'est pas résiduel. Aujourd'hui, nos luttes antiracistes ne se diviseront pas. Lorsqu'un centre LGBT à Avignon est vandalisé par l'extrême droite dans la nuit du premier tour, c'est nous tous qu'on attaque. Lorsque certains, y compris à gauche, attaquent des artistes queers, parce qu'ils heurteraient la sensibilité de quelques bigots, c'est nous tous qu'on attaque. Parce que lorsqu'on attaque un citoyen ou une citoyenne, en raison de sa religion réelle ou supposée, en raison de sa couleur de peau, de son genre, de son orientation sexuelle, c'est tous les citoyens français qu'on insulte.

L'unité de la gauche, vous savez, j'en ai déjà parlé, et aussi à cette tribune, l'unité de la gauche, elle est indispensable pour faire face et gagner demain face à l'extrême droite. Mais l'unité, pour gagner, elle doit être exemplaire. Avec les jeunes socialistes, nous sommes fatigués de voir certains salir l'union de la gauche, et nous avec, avec leurs outrances, leurs bigoteries, et parfois même leur antisémitisme.

Nous voulons l'union, nous voulons l'union, mais nous ne voulons plus voir figurer dans nos rangs ni des hommes violents envers les femmes, ni des individus qui, même s'ils se réclament de la gauche, s'en excluent eux-mêmes, en faisant ici liste de juifs, là appel à la haine ou à la violence. Nous voulons que notre union incarne un universalisme de combat. Un universalisme qui proclame la sacralité de la dignité humaine, qui reconnaît l'individu dans tous ses droits, dans toutes ses libertés, qui se bat pour la réalisation de la promesse républicaine.

Et quand certains dressent des catégories, sans poursuivre d'autres buts que de fracturer et diviser, la victoire de l'extrême droite devient un peu plus inéluctable. La détresse, l'état du pays, du monde, le climat, les inégalités qui n'en finissent pas d'augmenter, tout cela impose l'union. Mais cela surtout impose la victoire de l'union de la gauche. Nous n'avons pas le temps, nous n'avons pas le temps de voir une autre union de la gauche perdre. Il nous faut gagner. Alors soyons exemplaires. Chers camarades des jeunes socialistes, jeunesse de France, nous connaissons tout de la détresse. Combien d'entre nous ne mangent pas à leur faim ? Combien d'entre nous ne sont pas logés dignement ?

Combien d'entre nous croisent le regard de nos parents ou de nos grands-parents avec gêne parce qu'il nous semble impossible de réaliser les rêves qu'ils avaient pour nous ? Nous sommes d'une génération qui connaît la violence, la violence d'institutions qui ont failli dans leurs promesses d'égalité. Mais parce que nous croyons profondément en l'école, en la justice, en la sécurité pour toutes et tous, en l'émancipation réelle pour chacune et chacun, nous sommes surtout d'une génération qui ne se résignera pas. Je le sais. Je le sais. Beaucoup ici.

Beaucoup ici ou ailleurs sont allés voter pour la première fois en juin ou en juillet aux élections européennes et aux législatives en ressentant un espoir immense, en faisant confiance en notre démocratie. Je sais que beaucoup sont déçus, et vous avez raison, du choix d'Emmanuel Macron, de sa décision, de sa déclaration. Il dit ne pas vouloir nommer Lucie Castet à Matignon. Je sais que beaucoup sont déçus. Cette déception, c'est évidemment aussi la mienne. Cette décision est pour nous un énième désenchantement.

Mais je veux vous dire que la force de notre histoire à nous, la force de nos victoires futures, réside dans ce que nous ferons de ce sentiment de trahison, de cette douleur fulgurante. Vous n'êtes pas ici par hasard. Ces déceptions, elles nous nourrissent. Elles renforcent notre engagement. Paradoxalement même, elles justifient notre enthousiasme. Car comme la jeunesse de 1936, magnifiquement décrite par Bloom, notre génération est enthousiaste, systématique, elle est intransigeante. Et notre force, chers amis, c'est que nous parlons toujours, nous, à la première personne du pluriel. Rien dans notre aventure n'est individuel. Rien n'est solitaire.

Parce que nous savons que pour gagner demain, il ne faudra pas être seul. C'est notre collectif qui amènera demain de nouveaux jeunes, de nouveaux citoyens à rejoindre nos batailles, nos mobilisations, nos luttes, et qui créera la victoire. Camus disait que la démocratie était l'exercice social et politique de la modestie. Notre démocratie interne est notre fierté. Mais nous ne pouvons plus penser que les Français attendraient, haletant, le résultat de nos conciliabules. Ils attendent de nous une parole claire. Restons unis et solides derrière notre premier secrétaire. Arrêtons de divaguer ou de vouloir faire la dernière saillie qui ravira certains.

Nous sommes meilleurs que cela, je le sais. Ne cédons pas au nombrilisme et adressons-nous directement au pays. Il nous faut penser la VIe République, enfin parlementaire. Non pas comme un nouveau mode de scrutin ou un gadget supplétif à celui que certains auront cassé, mais comme une méthode nouvelle pour réenchanter notre projet républicain. Pensons à notre manière de parler. Arrêtons avec ces mots-valises, aseptisés, dont nous ne comprenons plus, même nous, le sens. Des fois, rarement, quand je nous écoute, je m'ennuie. Je m'ennuie parce que j'ai déjà entendu la même chose avant. Je m'ennuie alors que nous avons le devoir de réveiller la République.

La première étape, camarades, est sans doute de nous réveiller nous-mêmes. Regardez pourtant ailleurs. Regardez la jeunesse américaine se soulever alors qu'on nous disait impossible de battre à nouveau Donald Trump en novembre prochain. Regardez la jeunesse iranienne qui continue de lutter face aux islamistes. Regardez la jeunesse ukrainienne qui résiste face à l'impérialisme de Poutine. Regardez ces jeunesses israéliennes, palestiniennes, palestiniennes qui manifestent pour la paix loin de l'extrême droite de Netanyahou, loin des terroristes du Hamas. Et puis surtout, camarades, regardez-vous, regardez-vous, vous êtes beaux, vous êtes beaux et vous êtes belles.

Vous avez la flamme de la passion et de l'engagement qui brûle en vous. Et elle est là, elle est ici, la clé, la clé de notre victoire demain pour la République, pour nos territoires, pour la justice sociale, pour l'écologie, pour l'égalité entre les femmes et les hommes, pour la fin de toutes les discriminations. Alors, camarades, pour conclure, si nous osons tout cela, si nous osons sortir du simple commentaire pour porter nos grands et nos beaux combats socialistes, pour enfin regarder notre pays et son destin en face, si nous osons devenir des acteurs pour créer véritablement l'alternative et incarner l'alternance, alors nous gagnerons et nous changerons la vie.

Vive les jeunes socialistes, vive le Parti socialiste, vive la République et vive la France.

28:06
Invité

Merci. Merci, chérie. Merci infiniment. Merci à nos JS pour tout ce que vous êtes et pour tout ce que vous faites. Bravo. Un immense merci à vous. C'est avec une émotion particulière que je suis face à vous aujourd'hui. Et je me permets cette petite confidence parce que, vous savez, lorsque j'avais 8 ans et demi, je me suis retrouvée à l'Elysée. Moi, petite fille de quartier populaire des Mureaux, d'ailleurs merci à Ninoué qui a retrouvé cette archive dans l'INA.

Et je veux dire à cette petite fille ma fierté, parce qu'il n'y a qu'au Parti socialiste et grâce à l'élan de ces militants, votre abnégation, votre soutien, votre détermination sans faille, on en a frappé des portes dans ces législatives. On en a fait des tractages, on en a fait des boitages, on a fait même de beaux meetings. Et c'est pour ça que moi, petite fille des quartiers, lorsque j'entre à l'Assemblée nationale, c'est d'abord notre victoire collective. Et je tenais à vraiment remercier chacune et chacun d'entre vous et surtout tous ces militants anonymes qui font la force et la fierté du Parti socialiste. Et il y a une personne aussi à qui je dois tout cela.

C'est celui que vous allez accueillir maintenant. C'est celui qui m'a fait confiance en me nommant porte-parole et ensuite la magie du militantisme et la fierté d'être socialiste a fait le reste. Alors, accueillons comme il se doit notre premier secrétaire, mon premier secrétaire, Olivier Faure !

30:53
Olivier Faure

Chers camarades, merci beaucoup. Je veux commencer par dire un mot à Diennaba. Notre fierté collective, c'est d'avoir effectivement une petite fille des Mureaux qui est rentrée à l'Assemblée. Notre fierté, c'est aussi de savoir que derrière toi, il y aura encore des dizaines et des dizaines de jeunes qui prendront leur vie en main, qui s'engageront, qui nous rejoindront et qui feront en sorte que la vie soit plus belle pour le plus grand nombre. Et donc, derrière toi, c'est des colonnes et des colonnes qui viendront et je veux te remercier d'avoir été peut-être l'une des premières de cordée.

Mais, dire aussi que même si, évidemment, j'ai apprécié les mots que tu as eus à mon endroit, tu ne me dois rien. Personne ne me doit rien. Et ici, nous avons un engagement qui est un engagement collectif. Et ce que nous faisons, nous le faisons parce que nous croyons ensemble que nous pouvons encore changer la vie. Et il n'y a pas un chef devant tous les autres. Il y a des femmes et des hommes qui se serrent les coudes parce qu'ils savent que ce sera dur mais qu'ils savent aussi qu'au bout du chemin, il y a peut-être la victoire et il y a absolument le changement. Merci à toi. Je veux évidemment commencer aussi par remercier Marc.

C'est la cinquième fois que nous sommes à Blois, ville de renaissance. Et au fond, sous tes auspices, Marc, nous aurons depuis cinq ans, je vais y revenir, fait en sorte que cette ville soit effectivement, reste, demeure, une ville de renaissance. Merci à tes services, merci à celles et ceux qui dans ta fédération, derrière Christophe, derrière celles et ceux qui font vivre cette fédération, eh bien, permettent chaque année de nous accueillir dans de très belles conditions. Et une fois encore, ce campus a été un extraordinaire moment de convivialité, de débat. Et donc, je veux t'en remercier à travers toi toutes celles et ceux qui ont contribué à cette réussite.

Remercier des gens que peut-être vous ne connaissez pas, mais qui sont essentiels pour cette réussite. Et je veux citer quelqu'un qui est chargé de nos grands événements, que vous avez découvert peut-être à l'introduction, Nina. Avec Nina, évidemment, Corinne. Et puis, cachée derrière Camille Richard. Camille, remercier tout le cabinet, Soraya, Amandine, toutes celles et ceux qui font vivre aussi notre parti. Remercier tout spécialement quelqu'un qui vient de rentrer dans la pièce, qui est celui qui me dicte chaque minute de ma vie, qui me dit qui je dois rencontrer, qui je dois voir, quelle réunion je dois participer, quel meeting je dois intervenir. Laurent.

Remercier nos permanents qui sont, je dois le dire, totalement résilients. Ils ont vécu deux campagnes et dans la foulée de ces deux campagnes, on leur dit c'est pas fini, on continue, maintenant il faut faire Blois. Et ils ont fait Blois. Et donc, remercier tout spécialement aujourd'hui, trois d'entre eux, parce qu'aujourd'hui, c'est leur dernier jour. Ils vont partir pas très loin, ils vont continuer dans la vie politique aux côtés d'élus, mais ils vont nous quitter au parti et nous allons les regretter. Et donc, je veux remercier à la fois Robert et Anzil, le service fédération, et remercier celles qui, dont je vois presque les larmes, mais ça doit être parce qu'elles nous quittent.

Je veux remercier aussi qui est occupé des relations avec la presse. Je veux remercier aussi ceux que vous apercevez, qui parfois vous font les gros yeux, mais qui sont pour autant indispensables, les gros yeux et les gros bras. Je veux remercier ceux qui sacrifient depuis tellement longtemps leurs vacances, leurs loisirs, pour permettre parfois de garder une porte, une entrée, faire en sorte d'être toujours là en n'assistant jamais à rien. Je veux remercier du fond du cœur notre service d'ordre. Un parti, ce n'est pas simplement une structure qui vivrait à l'écart de tout et qui considérerait qu'elle a une vie propre. Il n'y a pas de parti sans groupe parlementaire.

Et si notre voix résonne au quotidien, c'est parce qu'il y a des positions qui sont prises, des amendements qui sont déposés, des propositions qui sont défendues. Et là aussi, je veux remercier l'immense travail réalisé non pas simplement pour Blois, mais réalisé au cours de l'année par nos trois groupes parlementaires.

Et je veux remercier à travers leurs trois présidents, à travers Boris, Nora, Patrick, l'ensemble de nos parlementaires, leur dire notre infinie gratitude, leur dire qu'ils sont le plus souvent notre fierté parce que depuis sept ans, ils sont ceux qui, chaque jour, tiennent nos positions, parfois difficilement, j'y reviendrai, mais qui sont celles et ceux qui donnent un visage, une couleur et tout simplement des positions à ce que nous sommes collectivement. Je veux enfin vous remercier toutes et tous parce qu'il n'y a pas non plus de parti sans militantes et militants.

Remercier nos premiers fédéraux qui ont cette tâche ingrate de chercher à organiser notre travail, nos secrétaires de section qui cherchent à faire vivre villages, villes, collectivités, faire vivre notre parti, ces débats, parfois difficiles, parfois houleux, mais qui sont là pour aussi organiser notre vie et qui sont nos visages dans nos départements et dans nos villes. Leur dire que je sais à quel point il a été difficile au cours de cette année de mener ces deux campagnes électorales. Je sais que le 9 juin, beaucoup avaient poussé un soupir de soulagement en se disant c'est bon. On rentre à la maison, on va pouvoir dire à nos conjoints, à nos enfants que ça y est, on part en vacances.

Et merde. Et là, le 9 juin, tout recommence. Et c'est plus dur encore parce que nous n'avons que quelques jours pour faire en sorte qu'il y ait des candidates et des candidats, mettre en place des comités de soutien, organiser les portes à portes, les distributions et filer vers un combat dont on ignore encore l'issue tant il est probable que l'extrême droite l'emporte. Alors, à toutes et à tous, un immense, un colossal merci. Et puis, je veux finir cette séquence de remerciements par un remerciement spécial à Emma et à vous toutes et tous qui avez rejoint ces jeunes socialistes chaque année plus nombreux. Vous étiez à Blois à 800.

C'est la première fois que vous êtes si nombreux et vous dire que ce n'est pas simplement le nombre qui, pour moi, fait sens, c'est aussi la qualité de vos débats, de vos échanges. Et puis, dire autre chose, quelque chose de plus spécial pour Emma qui venait à cette tribune pour la dernière fois comme présidente des jeunes socialistes. Lui dire qu'il y a 5 ans, quand encore vraiment toute jeune, maintenant, tu prends de l'âge. Il y a 5 ans, Emma était venue dans mon bureau à Ivry et qu'il fallait tout reconstruire. Et je connaissais à peine Emma et il a fallu faire ce pari, se dire que nous allions nous appuyer sur cette jeune fille qui était...

Alors, je sais qu'on ne dit pas jeune fille, je le dis parce que c'était pour préciser qu'à l'époque, dans ma pensée, il y avait cette idée qu'une très jeune femme à qui on confiait une immense mission, écoute, c'est simple, il n'y a rien, il n'y a plus rien et tu devras faire en sorte qu'année après année, tu construises une organisation, que tu permettes à des jeunes de rentrer dans la vie politique, de s'engager et puis de se former et puis ensuite de devenir des cadres de ce parti et ensuite être des élus pour faire en sorte que tu puisses être celle qui permette de rallumer la flamme dans la jeunesse.

Et l'immense fierté que j'ai, c'est de voir que vous avez réussi avec tellement peu de moyens. Quand je venais devant vous, je venais souvent vous dire que j'avais été aussi un jour jeune et socialiste et que j'avais été inspiré par ceux qui m'avaient devancé. Et ma fierté aujourd'hui, c'est de me dire que parce que vous avez su rétablir cette organisation, il y aura après nous une force, des convictions, des engagements, des gens qui sauront faire, des gens qui seront les prochains maillons de la chaîne et que rien ne s'arrêtera. Alors merci à vous. Est-ce que vous êtes fatigué ? Très bien.

Non pas que je veuille vous prendre trop de temps, je vais essayer d'être court, mais parce que, vous l'avez compris, nous ne sommes pas dans une situation où nous pouvons nous reposer. Le ciel est lourd de menaces. C'est vrai que, après les élections législatives, nous avons tous fini par penser, après ce grand ouf de soulagement, qu'au fond, la menace de l'extrême droite était passée. Tout à l'heure, Emma a évoqué cette cérémonie d'ouverture magnifique menée par Thomas Joly pour les Jeux Olympiques.

C'est vrai que, pendant trois heures, j'ai même cru que la gauche avait gagné les élections et que nous étions à nouveau au gouvernement et que nous étions là à gouverner déjà, que Lucie était au gouvernement et que nous avions organisé nous-mêmes la cérémonie, que toutes les valeurs auxquelles nous croyons étaient représentées magnifiquement et que nous étions rayonnants à la face du monde à dire ce que peut porter la gauche, ce que peut porter la République. Et puis, je me suis réveillé quand même.

Je me suis rendu compte que rien n'était encore fait, que Lucie n'était toujours pas à Matignon, que le président ne l'avait toujours pas appelé et que nous étions dans une situation où, en réalité, de ce qui se passe maintenant, eh bien, naîtra ou pas un avenir bienveillant, un avenir qui soit le plus rayonnant pour le plus grand nombre.

Et je sais que vous savez que ce sursis n'est pas encore un sursaut, qu'il serait bien maladroit de notre part que de considérer que ces femmes et ces hommes, plus de 10 millions qui ont voté pour l'extrême droite, sont séduits par ce qu'ils observent aujourd'hui, séduits par le spectacle donné par Emmanuel Macron, séduits par, parfois aussi, nos divisions, séduits par ce qu'ils vivent comme une forme de politique aéri qui ne rimerait à rien, qui serait trop loin de ce que sont leurs espérances. Alors il faut être lucide, rester lucide et se dire que parce que l'extrême droite ne parle plus, elle n'est pas pour autant inactive.

Nous le savons, c'est quand elle parle qu'elle perd, c'est quand elle est silencieuse qu'elle progresse. Alors, méfiez-vous de leur silence, méfiez-vous de ne plus avoir toutes les heures Jordan Bardella à la télévision vous montrer ses épaules larges, son sourire éclatant. il n'est plus sur vos ondes, mais il est toujours présent et il se prépare. Ils savent aussi tirer les leçons d'un échec, ils savent aussi ce qui leur a manqué, mais ils savent surtout que ce qui est leur principal carburant, c'est nous.

Nous, toutes les forces républicaines, de droite comme de gauche, toutes celles et ceux qui ne se montrent pas toujours à la hauteur et qui ne permettent pas d'endiguer ce mouvement qui n'est pas uniquement français, mais ce mouvement qui permet à l'extrême droite de prospérer. Ils sont habiles, ils sont malins, ils sont terriblement dangereux parce qu'ils ont compris qu'ils n'avaient plus à forcer la voie, à être dans l'outrance, mais qu'ils avaient au contraire intérêt à se normaliser.

Et dans ces heures-ci, je vois ce que vient de dire leur porte-parole, qui vient d'expliquer qu'après avoir expliqué qu'ils censureraient immédiatement un gouvernement du Front populaire, expliquer que si l'un d'entre nous venait à Matignon, il pourrait ne pas le censurer. Regardez le piège tendu par l'extrême droite, cette volonté de faire le tri, de disqualifier la gauche, mais de préserver quelques-uns, de faire en sorte de nous diviser pour mieux s'affranchir dans notre poids demain, faire en sorte de n'avoir plus un Front populaire face à eux, mais des miettes de Front populaire qui ne permettront pas ce que nous avons réussi cette fois-ci.

Alors, restons absolument vigilants, restons unis, faisons en sorte de ne pas laisser un seul instant à l'extrême droite la possibilité de s'inscrire dans la durée. Faisons en sorte de prolonger le combat. Pour cela, notre unité est indispensable. Alors, je sais que de parler d'unité au PS, c'est toujours un peu délicat et c'est un moment où toutes les oreilles se tendent en se disant mais de quoi parle-t-il ? Je parle de nous. Je parle de nous et de toutes ces époques où nous avons su nous présenter unis face aux Français. dans ces moments-là, nous avons convaincu. Je sais aussi que nous avons su parfois nous montrer extrêmement divisés.

Et je sais qu'en ces moments-là, nous avons aussi beaucoup déçu que la première chose qui nous a toujours été reprochée, ce sont ces jeux de rôle permanents chez nous à l'approche de chaque congrès où chacun cherche à se compter, à diviser, parfois artificiellement, se dire qu'il existe des grands débats. J'ai beaucoup parlé hier, je ne vais pas y revenir. Mais j'aimerais tellement faire ce vœu qu'un jour, nos campus ne soient pas l'occasion à chaque fois, systématiquement, à l'entrée, de faire entendre nos divergences, d'expliquer à quel point nous serions divisés, de faire en sorte que les médias ne parlent que de ça et couvrent la voie de ceux qui veulent au contraire avancer.

Chers camarades, il y a quelque chose qui devrait nous unir toutes et tous. Relonner une place centrale au Parti socialiste. Et pour cela, personne ne saura jamais m'expliquer que c'est divisé que nous faisons preuve de force, que c'est divisé que nous sommes la force motrice de la gauche. Comment pourrions-nous imaginer un seul instant que nous pourrions redevenir cette force-là si nous sommes les briseurs de la gauche, si nous sommes les briseurs du rêve né de l'élection du 7 juillet, si nous sommes celles et ceux qui venons briser les espérances d'un peuple français qui s'est dit que quelque chose pouvait enfin changer. Rien n'est possible sans l'unité.

Cela a été dit avant moi et, je l'espère, sera encore dit après moi. Alors, je veux dire maintenant ce qu'est l'unité. Hier soir, je vous ai dit que je n'étais pas unitaire par passion ou par aveuglement mais simplement parce que je cherche la victoire pour la gauche et pour les femmes et les hommes qui n'ont que nous pour avancer. Mais l'unité, ce n'est pas non plus l'uniformité. Ce n'est pas le fait de considérer que désormais nous n'aurions pas une parole singulière. Nous avons une parole singulière.

Cette parole, elle doit s'exprimer à tout moment mais elle doit aussi être une parole qui est une parole qui fait la différence entre l'obsession des autres et l'intransigeance sur les valeurs. L'obsession des autres, c'est de toujours penser, peut-être même d'intérioriser le fait que nous soyons toujours derrière eux. Moi, je crois que nous ne sommes plus derrière personne. Je crois que nous avons aujourd'hui, parce que nous sommes les premiers au Parlement européen, parce que nous sommes à quasi-équivalence au Parlement français, parce que nous sommes le principal groupe au Sénat, que nous n'avons plus besoin de regarder d'en bas qui que ce soit.

Je crois que ce serait une erreur que d'intérioriser à chaque fois le fait que d'autres pourraient revendiquer cette place qui est désormais redevenue la nôtre. Ce serait une erreur de penser que c'est Jean-Luc Mélenchon qui systématiquement fait le jeu. Jean-Luc Mélenchon, dans l'élection législative, vous a dit, à vous et aux Françaises qu'il était disponible pour être à nouveau le candidat de la gauche pour Matignon. Il n'est pas devenu le candidat de la gauche pour Matignon. C'est Lucie Casté qu'il est devenu. Alors, je me demande parfois quelles sont les preuves supplémentaires qu'il faudrait donner.

Je vois, y compris que, après notre rendez-vous à l'Élysée, avec le chef de l'État, Jean-Luc Mélenchon a admis qu'il pouvait être le problème et qu'il devait s'effacer d'être la solution. C'est ainsi qu'il a dit qu'il était d'accord pour que ses ministres ne viennent pas au gouvernement et qu'il pouvait ouvrir la voie à un soutien sans participation. Bien sûr que la presse, nous-mêmes, y avons vu là une manœuvre habile. Nous avons cherché à décrypter, à comprendre ce que pouvaient être les avantages et les inconvénients de cette histoire. Sans doute, y a-t-il des arrières-pensées. Il y a toujours en politique de la pensée et quelques arrières-pensées.

Mais la vérité, c'est que quand on est obligé d'affirmer qu'on est un problème et qu'on s'efforce de devenir une solution, c'est qu'il y a quelque part la compréhension que, à force d'outrance, à force de dérapage, à force de positions mal affirmées, eh bien, on est aujourd'hui en situation d'être diabolisés et de prendre la place qui était celle longtemps de l'extrême-droite.

Et donc, plutôt que de chercher en permanence à revenir sur ce débat avec les insoumis, qui de nous ou d'eux prenons tout simplement notre place, faisons en sorte d'être celles et ceux qui propulsent la gauche en avant, faisons en sorte que dans les débats parlementaires, que dans les débats politiques, dans les débats publics, dans les fédérations et dans les départements.

Nous soyons celles et ceux qui proclamions ce qu'est la gauche, ce qu'elle porte, que nous le fassions avec la force qui convient, sans outrance, mais avec la détermination, avec la volonté de dire que la radicalité n'a pas besoin d'être outrancière pour être là, qu'elle peut être tranquille, mais qu'elle est celle qui permet de gouverner, qui permet de faire avancer le pays. Dans les prochaines semaines, le débat va revenir à l'Assemblée. Qui que soit le Premier ministre, ce sera à l'Assemblée que les choses se passeront. Alors, à ce moment-là, regardez celles et ceux qui font vivre notre groupe. Regardez ce que dira Boris. Regardez ce que diront l'ensemble des parlementaires.

J'ai devant moi, je ne veux pas citer tout le groupe, ils sont trop nombreux maintenant. mais vous avez ici une présidente de commission, une caisteur des parlementaires émérites qui, dans la séquence budgétaire, vont être notre voix. Écoutez-les. Arrêtez de vous poser la question de savoir où ça se passe, ça se passe là, avec eux. Et c'est comme ça que vous retrouverez la force de convaincre. Inutile de perdre notre temps à toujours commenter ce que font les autres, avancez, soyez fiers, soyez fiers de vous-mêmes, ne craignez personne, avancez, regardez le chemin que vous avez parcouru, regardez ce que nous avons fait.

A Aubervilliers en 2018, nous étions un parti dont tout le monde disait qu'il était mort. Il y a même encore des ouvrages qui sortent ces jours-ci pour dire que, pour essayer d'expliquer ce que sera notre mort. Même si j'ai bien compris, notre mort viendrait du fait que la majorité ne serait plus majoritaire ici et qu'elle se condamnerait au valsisme. Mais ce n'est pas le sujet. Donc, je reviens à l'essentiel. A Aubervilliers, nous étions là, dans une salle où nous nous demandions tous si nous avions un avenir. Le parti avait vendu Solferino. Nous étions passés de 120 permanents à 20 permanents. Et on se posait la question de savoir s'il y avait encore une existence pour nous.

Nous allions dans les manifestations. Je me souviens d'une manifestation avec Boris. On avait remonté toute la manifestation. Personne ne savait qui on était. On était absolument anonymes. Et quand des drapeaux sont venus se joindre à nous, les quelques drapeaux socialistes qui sont venus nous rejoindre à ce moment-là, on s'est pris des cailloux. Alors, ce moment-là, je m'en souviens parce que je sais d'où nous venons. Je sais le chemin que nous avons entrepris. Je sais ce que vous avez, ce qu'il vous a coûté à chacune et à chacun.

Je sais le courage qu'il nous a fallu pour affronter les regards, affronter le scepticisme, affronter celles et ceux qui pensaient que vous n'étiez plus la gauche. Et puis, vous êtes revenus, vous êtes là au cœur de la gauche maintenant et maintenant, toute la gauche vous regarde, nous regarde parce qu'ils savent que l'équilibre de la gauche, il passe par nous. S'il n'y a pas le socialisme, s'il n'y a pas le front populaire, s'il n'y a pas le front populaire, il n'y a pas de majorité relative et s'il n'y a pas de majorité relative, il n'y a pas l'espoir de gouverner. Alors, soyez fiers, soyez fiers de vous, soyez fiers du chemin parcouru, vraiment.

à Marseille, au congrès de Marseille, la motion arrivée en tête, c'était la motion de gagner. Voilà ce que nous voulons, gagner. Nous voulons gouverner. Nous ne sommes pas de la gauche qui préfère l'opposition confortable à la difficulté de gouverner. Mais nous ne voulons pas gouverner dans n'importe quelles conditions. Nous ne voulons pas gouverner parce que nous aurions la bienveillance de l'extrême droite. Nous ne voulons pas gouverner parce que nous serions les otages de la Macronie. Nous voulons gouverner sur nos propres bases. Nous voulons gouverner sur notre propre rapport de force. Nous voulons gouverner à partir de ce que nous croyons, de ce que nous portons.

Et maintenant que nous sommes revenus en Ligue 1, préparez-vous à attaquer la Ligue des Champions. Ça demande un peu de préparation. Disons les choses telles qu'elles sont. On n'a pas encore gagné. Il va falloir faire en sorte que nous puissions grandir encore. Et grandir, ça suppose d'abord d'être effectivement clair. Dire ce que nous sommes avec fierté, quelle est notre identité. Et cette identité, c'est celle du socialisme français, de la social-démocratie européenne. notre identité, c'est effectivement ce que j'ai pu déjà dire et redire. Ce n'est pas intérioriser le rapport de force que d'autres nous imposent, c'est le créer et sur cette base-là bâtir des compromis.

Faire en sorte que nous puissions ouvrir nos portes pour une grande maison du socialisme écologique. Développer, transformer le parti. Faire en sorte de ne pas nous replier sur nous-mêmes. Ne pas considérer que nous serions déjà arrivés. Avoir la modestie qui convient. L'humilité de ne pas considérer que d'autres parcours que les nôtres seraient des parcours inaptes à quelque exercice que ce soit. Et donc, il va falloir accueillir. Depuis la dissolution, 3 000 nouveaux militants sont rentrés au Parti Socialiste. Ces 3 000 nouveaux militants, il va falloir les accueillir. Nous sommes un parti parfois malthusien. Je vais trop loin, tout le monde a compris.

Nous sommes parfois moyennement accueillants. Il est parfois difficile de rentrer au PS. Tu penses quoi ? Tu vas voter quoi prochain congrès ? Tu vas faire quoi prochaine investiture ? Et donc, je souhaite que nous puissions leur faire l'accueil le plus bienveillant. Que nous puissions leur dire que cette maison est ouverte, quel qu'était leur parcours, quel qu'était leur passé. Renforcer la place des femmes dans notre parti. Je parle ici devant Marie Le Verne, qui en a la charge, pas toute seule, mais faire en sorte que nous ne puissions plus jamais dire à quelque échéance que ce soit pas de chance, il n'y avait pas de femmes pour être candidate.

Ça ne peut plus être possible et je souhaite que notre parti puisse là aussi former, repérer les talents, faire en sorte qu'il y ait d'autres femmes qui puissent rejoindre Sarah, Chloé, Nora, Emma et toutes les autres et surtout, surtout prendre exemple sur celle qui, depuis le Congrès de Marseille, a fait le choix, alors même que ses responsabilités sont immenses dans sa ville et sa métropole, d'être la voix du parti, d'être celle qui, à chaque fois, a été de tous les combats, a permis de nous donner la force, de me donner la force d'avancer, être ce rôle modèle, cet exemple pour toutes les autres, celle qui permet d'ouvrir la brèche et à toutes les autres d'avancer.

Je veux dire mon affection, mon amitié, ma reconnaissance, ma gratitude pour Johanna Roland. Donner les moyens aux jeunes socialistes de continuer à avancer, à grandir encore, sans Emma, mais avec un ou une autre, ça c'est vous qui déciderez. Ce que je sais, c'est que vous pouvez compter sur nous pour continuer à vous accorder le crédit et les moyens dont vous avez besoin pour vous élargir et faire en sorte d'être parfois effectivement la pique qui vient nous secouer un peu quand nous nous endormons, mais être surtout ce mouvement qui doit être celui qui porte un autre regard, qui vient avec ses propres aspirations, celles de sa génération, et qui nous permettent de ne pas nous endormir.

Alors, je veux continuer à dire aussi qu'il faut gagner dans tous les territoires, réfléchir à la façon d'aborder la question de la ruralité, qui doit être un territoire de reconquête pour gagner tous demain, faire en sorte que nous puissions aussi nous développer outre-mer, ne pas oublier que la France ne serait pas la France sans ses outre-mer.

Le temps est trop court pour que nous puissions développer maintenant, et j'ai déjà tellement parlé avant-hier, hier, aujourd'hui, que j'ai le sentiment que vous allez vite vous lasser, mais il aurait fallu parler aussi de la Nouvelle-Calédonie, il aurait fallu parler de la situation que vivent nos camarades ultramarins, parler de ces réalités que nous avons entrevues parfois, entreouvertes, mais qui ne sont pas au cœur de nos préoccupations souvent. Se préparer enfin aux municipales, parce que c'est l'échéance que nous connaissons, 2026, ça, on n'y coupera pas.

Mais faire attention aussi au fait que cette échéance pourrait se doubler d'autres échéances, législatives, peut-être présidentielles, et donc entamer dès à présent une nouvelle campagne électorale, certes plus calme, je ne vous demande pas de repartir tout de suite avec l'énergie d'une élection qui aurait lieu dans trois semaines, mais tout de même de rester le pied sur la pédale, prêt à accélérer, vous dire que cette année va être une année pendant laquelle nous allons devoir continuer à convaincre jour après jour.

Poursuivre le travail de fond sur notre identité et nos propositions, assumer notre identité, je l'ai dit, y compris face à nos partenaires, ne pas être simplement dans l'unité béate, être dans l'unité exigeante.

Tout à l'heure, Emma a dit les choses, je ne vais pas la répéter, mais sur toute une série de sujets, être capable de ne pas être simplement dans une forme d'unanimisme, dire aussi que quand c'est trop, c'est trop, que quand c'est pas assez, c'est pas assez, que quand c'est pas la bonne voie, c'est pas la bonne voie, être dans une capacité à en permanence être cette force qui permet de parler au pays, de s'adresser aux Français, de leur dire que nous sommes à nouveau de retour, que nous sommes maintenant prêts à assumer la responsabilité. Et les assumer, ça veut dire assumer, y compris les débats, y compris assumer les débats internes à la gauche.

Et de ce point de vue, nos conventions vont être extrêmement précieuses. Il y a celles qui se sont déjà tenues. La Convention Europe que Christophe avait pilotée a permis de nous mettre en première ligne pour les élections européennes. Et cet exemple-là doit être suivi, poursuivi, faire en sorte que nous puissions nous appuyer sur une doctrine, des propositions, faire en sorte que nous soyons à chaque fois, j'allais dire à l'épreuve du feu, je fatigue, mais que nous puissions être en mesure de faire en sorte que sur chaque grand sujet, il y ait une parole qui nous soit propre, qui permette d'avancer, de nous distinguer et de nous permettre de convaincre.

Alors, il faudra reparler identité, ruralité, travail, école, justice écologique, écologie populaire et faire en sorte que toutes ces conventions convergent à un moment sur un projet présidentiel. De la même façon que Lionel Jospin avait, à travers trois grandes conventions, préparé ce que fut le projet des socialistes en 1997, faire en sorte que ces grandes conventions puissent nous mener le moment venu à l'élection présidentielle. Faire en sorte d'être prêts. Je souhaite que la gauche puisse se retrouver pour cette échéance et qu'il y ait une candidature commune. Mais je sais aussi la difficulté du commun.

Alors, je le dis à nos partenaires, que pas un seul d'entre eux n'imagine que nous ne serons pas prêts. Nous serons prêts. Et nous sommes à la fois prêts à partir seuls comme nous sommes prêts à partir avec eux. Tout dépendra maintenant de la façon dont chacun se comporte. L'unité, ça reste un combat. Ce ne sera pas une unité de façade. Nous serons unis, non pas simplement pour faire ensemble illusion, nous serons unis parce que nous aurons trouvé une méthode. Si le chemin existe, alors nous serons au rendez-vous de l'unité pour l'élection présidentielle de 2027.

Mais si ce chemin n'existe pas, parce que les comportements ne le permettent pas, parce que chacun pense que son heure est venue, parce que la bataille des égaux est de retour, alors je le dis, nous partirons, nous partirons seuls et nous irons au combat et nous ferons en sorte de l'emporter. Et ce sera avec les socialistes qu'il faudra compter. Il n'y a de ma part aucun patriotisme de parti. Je ne le dis pas parce que je souhaiterais instiller l'idée que nous sommes déjà en train de préparer une campagne solitaire. Otez-vous cela du crâne. Mais ce que je souhaite, c'est aussi faire comprendre à chacun que l'unité, ça se cultive.

Et qu'il n'y aura pas un billet de blog pour nous dire quel est le chemin. Il n'y aura pas un tweet pour nous dire où est la direction. Il y aura des débats, il y aura des échanges, il y aura des négociations, il y aura des compromis entre nous. Et ce sera la condition pour avancer ensemble. Et si ça doit passer par une primaire, ça passera par une primaire. Mais il n'y aura pas de candidature auto-proclamée. Il y aura un processus commun qui conduit à la victoire. C'est la seule façon pour la gauche d'avancer. Personne ne peut s'imposer de lui-même. Il n'y a pas de candidature naturelle.

Personne ne peut à aucun moment dicter aux socialistes, aux communistes, aux écologistes et aux insoumis ce qu'est la façon de procéder. Ce sera un moment important pour nous toutes et pour tous. Chacun l'a compris, il faut aller rechercher cette victoire. parce que rien ne nous sera jamais accordé. Vous l'avez compris, ce n'est pas seulement les insoumis qui posent problème aujourd'hui. C'est toute la gauche, son projet. Je n'ai pas été surpris, à vrai dire, de voir que le MEDEF a commencé en expliquant qu'il était urgent de bloquer, de faire barrage, non pas à l'extrême droite.

Ils ont accueilli l'extrême droite avec les honneurs dans toutes les discussions qu'ils ont eues avec les candidats aux élections législatives. La menace pour le patronat, c'est la gauche, comme toujours, comme toujours, comme depuis ce fameux Front Populaire, le glorieux Front Populaire de Léon Blum. Ils n'ont jamais, à aucun moment, considéré que ce que nous portions ensemble pouvait devenir réalité demain. Toujours les mêmes arguments, toujours la même façon de rejeter. La gauche, c'est la faillite.

La gauche, ce n'est pas possible parce que la gauche s'est forcément demandée aux puissants, aux dominants de bien vouloir à un moment non pas se serrer la ceinture, elle est large, non pas se serrer les bretelles, elles sont flottantes. Non, leur dire simplement qu'à un moment, oui, il faut partager.

Partager le travail, partager le temps, partager les bénéfices, partager ce qui doit être partagé, faire en sorte que le pays ne repose pas uniquement sur les classes moyennes qui doivent toujours tout supporter, mais oui, reposer d'abord sur les grandes fortunes, les grandes entreprises, les super profits, faire en sorte que ceux qui peuvent payent et que ceux qui ne peuvent pas soient justement soutenus, appuyés par nos combats. Alors, comme la gauche a toujours été là pour appeler ces combats, les porter, elle sera toujours considérée par la droite et par le patronat comme intruse. Je me souviens de ces mots qui disaient que la gauche ne gouvernait que par effraction.

Non, nous ne gouvernons pas par effraction, nous gouvernons simplement parce que nous avons le soutien de la population, ce qui est très différent.

Alors, chers amis, chers camarades, le temps est venu maintenant de repartir au combat, de faire en sorte que nous puissions à nouveau dire que nous allons gouverner le pays avec nos collectivités locales mais pas exclusivement avec nous-mêmes, aussi avec ce mouvement social, associatif, syndical, les ONG, celles et ceux qui sont venus nous parler encore ce matin, leur dire qu'ils ont leur place dans ce combat, que nous ne serons pas de ceux qui se pensent hégémoniques, que nous laisserons une place à toutes celles et ceux qui partagent la volonté de changer l'histoire et le cours de ce pays.

Notre rôle, à nous, ce sera de faire le lien entre les mobilisations sociales et ce qu'est le monde politique à gauche. Ce que nous voulons faire, au fond, c'est ce que disait François Mitterrand, prendre le pouvoir pour vous le rendre. Eh bien, chers amis, chers camarades, oui, nous voulons de toutes nos forces aborder les prochaines échéances pour prendre le pouvoir, pour gouverner, s'assurer d'avoir, cette fois-ci, non plus une majorité relative, mais une majorité absolue. Et nous le ferons dans la confiance de toutes les forces de la gauche. Nous le ferons avec la confiance de la société civile organisée.

Nous le ferons avec toutes celles et ceux qui, sur le chemin, nous retrouveront et nous ferons en sorte de faire un trait définitif sur cette menace qui pèse, sur cet orage que nous craignons, sur l'extrême droite menaçante. Nous ferons en sorte à nouveau de donner souffle à ce slogan magnifique qui fut celui de 80. Oui, chers amis, chers camarades, nous n'avons rien oublié. Nous sommes restés fidèles à notre histoire, nous sommes fidèles à nos anciens, nous sommes restés fidèles à nos convictions et nos valeurs.

Oui, chers camarades, ces prochains mois, ces prochaines années, que nous soyons au gouvernement ou dans l'opposition, nous allons désormais les consacrer à nouveau à changer la vie. Merci. Merci.