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InterviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 13 juillet 2022 34 minContradictoireActualité / polémiqueNumériqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsCulture, médias & sport

Concentration des médias : la qualité de l’information en péril

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 34 %Défensif 26 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:51OuverteRéponse directe

    Les lois sur la concentration en France sont-elles respectées ?

  • 3:24OuverteRéponse directe

    La loi de 1986 est-elle encore adaptée aujourd'hui ?

  • 4:54OuverteRéponse directe

    Quel est le rôle des GAFAM dans la concentration des médias ?

  • 8:49OuverteRéponse directe

    La concentration des médias implique-t-elle moins d'innovation ?

  • 13:43OuverteRéponse directe

    Quels sont les effets de taille dans l'économie des médias ?

  • 19:12OuverteRéponse directe

    Quelles conclusions de la commission sénatoriale sur la concentration ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 29:11InvitéFait
    « il a qualifié dès décembre 2017 de honte de la République »
  • 29:20InvitéFait
    « toutes ces radios ces télévisions seraient de gauche »
  • 29:24InvitéFait
    « ou alors seraient contrôlées par le pouvoir »
  • 29:35InvitéPromesse
    « il faut poser la question de l'évolution de la redevance ou d'un impôt qui pourrait se substituer à cette redevance »
  • 30:21PrésentateurFait
    « que le 24 avril nous sommes entendus sur un socle de valeurs communes dans lesquels le service public se situait »
  • 30:58PrésentateurFait
    « Radio France on évoque effectivement des réductions de budget »
  • 32:52InvitéPromesse
    « on a besoin plus que jamais de médias publics indépendants »
  • 32:58InvitéChiffre
    « on paye une redevance beaucoup plus élevée d'ailleurs que chez nous »
  • 33:06InvitéFait
    « c'est ce qui s'est passé en Suisse »

Temps de parole

  • Présentateur48 %
  • Invité35 %
  • Présentateur 217 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

7h09, les matins d'été, Baptiste Mukensturm. Et c'est vrai, vous écoutez, les matins d'été, il est 7h39. Les milliardaires, propriétaires de journaux, de télé ou de radio privée, protègent-ils vraiment l'information ? Ou alors, pensent-ils, comme Balzac l'écrivit dans sa monographie de la presse parisienne, si la presse n'existait pas, il ne faudrait pas l'inventer ? Alors aujourd'hui, si la concentration des médias permet sans doute des économies d'échelle, elle pose aussi la question de la variété de l'information, de l'indépendance des journalistes et même de la qualité de la démocratie. Et les lois sur la concentration sont-elles encore adaptées au monde d'aujourd'hui ?

Comment réguler ce secteur ? Quels sont les effets de la concentration des médias sur la qualité de l'info ? Autant de questions dont nous allons débattre avec nos deux invités réunis en studio ce matin. Nathalie Sonac, bonjour. Bonjour. Vous êtes professeure en sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, spécialiste en économie des médias et du numérique. Vous êtes ex-membre du CSA entre 2015 et 2021, qui s'appelle aujourd'hui l'Arcom. Et puis nous sommes aussi en compagnie d'Alexis Lévrier. Bonjour. Bonjour.

Vous êtes historien de la presse et des médias, auteur de Jupiter et Mercure, le pouvoir présidentiel face à la presse, qui a été publiée en 2021 aux éditions Les Petits Matins. Alors un mot peut-être sur le contexte et l'état de la concentration des médias en France. Le rachat annoncé de TF1 par M6, qui est étudié par l'autorité de la concurrence. La prise de contrôle par Vincent Bolloré, propriétaire de Canal+, sur les médias du groupe Lagardère, c'est-à-dire entre autres Europe 1, Paris Match et le JDD. On peut parler aussi du groupe de presse de Xavier Niel, PDG de Fré, qui possède en partie le Mont de l'Obs-Télérama et complètement Nice Matin, et qui brigue aussi la Provence.

Bernard Arnault est le propriétaire du Parisien et des Echos. On peut encore rajouter Patrick Drahi, actionnaire principal de SFR qui possède le groupe Next Radio, etc. Il y a des lois sur la concentration en France, Nathalie Sonac. Est-ce qu'elles sont respectées, ces lois ? Alors oui, elles sont respectées. On peut penser qu'elles sont désuètes. Et on pourrait ajouter à la longue liste des propriétaires de médias, les patrons de Hebra, Ouest France, Rossell, Centre France, etc. C'est-à-dire qu'on circonscrit la problématique en permanence sur 4-5 personnes qui sont éminemment importantes dans le monde des médias. Vous voulez dire qu'il y a une concentration régionale aussi ?

Il y a une concentration de façon générale depuis déjà une dizaine, une quinzaine d'années. Elle est aussi réelle dans le monde de la production, dont on parle moins, mais qui est évidemment indispensable dans ce secteur. Et puis il y a une concentration de façon générale depuis l'arrivée des plateformes numériques qu'on appelle GAFA pour Google, Apple, Facebook et Apple. Et donc cette transformation-là, elle est globale. L'industrialisation du secteur est indispensable, me semble-t-il, mais on aura certainement l'occasion d'y revenir. Donc oui, la concentration des médias est en marche depuis très longtemps aujourd'hui. Et pourquoi ?

Tout simplement parce qu'on est face à un big bang médiatique avec de nouveaux usages, de nouvelles façons de s'informer, de se cultiver, de se balader sur Internet. Et aujourd'hui, 1% des jeunes de moins de 25 ans lisent un journal papier et lisent un journal même en ligne, la presse en ligne. Donc cette transformation des usages participe à une transformation plus générale de notre économie. Et les médias font partie de cette économie. Oui. Précisément sur la question de la loi. Il y a une loi en 1986, Alexis Lévrier, qui s'appelait la loi Léotard d'ailleurs à l'époque, et sur la concentration des médias. 86, c'est il y a 14 plus 22, 38 ans.

Elle n'est plus adaptée aujourd'hui ou elle l'est-elle encore ?

3:39
Invité

Non, elle n'est plus adaptée. Alors elle a été revue quand même, je crois, plus de 80 fois. Mais on a plutôt eu tendance à assouplir le dispositif anti-concentration. Et par ailleurs, les règles qui ont été fixées en 1986 correspondaient au paysage médiatique de l'époque qui n'a plus rien de commun avec ce que nous connaissons aujourd'hui et comme l'a bien décrit Nathalie Sonnac. Il y a par exemple une règle des deux sur trois qui était tout à fait pertinente en 1986. C'est-à-dire qu'on ne pouvait pas contrôler à la fois une station de radio, une chaîne de télévision et un quotidien.

Parce que dans l'esprit de l'époque, ça correspondait à la réalité, notamment à l'emprise que pouvait avoir à l'époque Robert Harsan sur la presse quotidienne, à la fois nationale et régionale. Eh bien l'idée qu'on contrôle un quotidien, c'était un instrument de puissance très important. Et on voulait limiter cette capacité à être présent à la fois à la télévision, à la radio et à avoir un quotidien. Si on regarde aujourd'hui quelqu'un comme Vincent Bolloré qui a des ambitions très fortes sur l'ensemble des médias, il n'a pas de quotidien et ça ne lui empêche pas. Alors on lui prête l'intention de racheter le Figaro, mais ça sera peut-être un duel avec Bernard Arnault.

Mais pour l'instant, il n'a pas de quotidien et ça ne l'empêche pas d'avoir un empire médiatique extrêmement puissant. Donc ça prouve bien que ces règles sont devenues obsolètes. Elles ne correspondent plus à l'économie des médias aujourd'hui, aux paysages médiatiques, aux pratiques culturelles qui sont les nôtres aujourd'hui.

4:54
Présentateur

Par exemple, un exemple de pratique qui ne correspond plus du tout à...

5:00
Invité

Nathalie Sonnac l'a très bien décrit. Le danger aujourd'hui, ce sont les GAFAM, enfin un des dangers, qui préemptent les contenus et les revenus. Surtout, ils ne produisent pas de contenu journalistique, mais ils prennent aux journaux une partie des revenus qui devraient leur revenir. Et donc, il y a une directive européenne qui s'appelle des droits voisins qui vise à changer un petit peu tout ça. Pour l'instant, son application est assez opaque et insuffisante. L'une des choses que l'on doit revoir, mais c'est peut-être le cadre national est peut-être insuffisant pour ça.

C'est comment faire échec à cette tentative des GAFAM pour contrôler finalement l'économie des médias sans soi-même produire de contenu journalistique. C'est tout le problème. Il faut rendre aux journalistes et aux rédactions les revenus de leur travail. Ça devrait paraître évident. Et pour l'instant, la loi de 1986, évidemment, n'est pas du tout appropriée. Donc, on ne convient pas à cela.

5:50
Présentateur

Peut-être qu'effectivement, pour compléter les propos d'Alexis Lévrier, c'est que de toute façon, la loi de 1986 ne se réduit pas uniquement à la question de la concentration. La loi de 1986 est celle qui a garanti la liberté de communication sur le champ de l'audiovisuel, qui est celui de l'ensemble des chaînes de télévision et des radios. Et depuis plus d'un an et demi, le CSA qui est devenu l'ARCOM a dans son champ de régulation les plateformes de partage de vidéos et les réseaux sociaux. Donc, rien que ça, on voit bien que le monde a totalement changé. Ce focus sur Bolloré, il est intéressant, mais ce n'est absolument pas la problématique. On est complètement à côté de la plaque.

Depuis 10 ans, on est dans un big bang médiatique extrêmement important. Si vous regardez l'opération de fusion de TF1 et de M6, certes, ce sont des acteurs qui sont majeurs dans notre espace informationnel, en tout cas important, dans celui que l'on connaît, mais qui n'est pas majeur du tout dans l'espace informationnel aujourd'hui dans lequel l'ensemble de la population française, européenne et mondiale évolue. Le revenu de TF1 et de M6, ça doit nous faire 3,2 milliards d'euros ou de dollars. Aujourd'hui, je crois que c'est équivalent. Netflix, c'est 30 milliards. Disney Plus, c'est 52 milliards. Et on est en 1 000 milliards de dollars si l'on reprend nos amis les GAFA.

Donc, on voit bien qu'on ne parle pas du tout d'instruments de même échelle. C'est-à-dire qu'à l'époque, en 1986, on avait un modèle qui sortait de celui d'un monopole avec la place de l'État qui était présent parce qu'il possédait les chaînes de télévision, avec un modèle qui a éclaté où TF1 est devenue la première chaîne privée en 87, 1984, la création de Canal Plus. On est très, très loin de ça. Aujourd'hui, on a un paysage audiovisuel et pour s'informer qui est extrêmement large. On a accès, et c'est fantastique, à 28 chaînes gratuitement accessibles via la TNT, à des centaines de chaînes via le câble et le satellite et à des milliers de chaînes via la fibre et la DSL.

Donc, on est très loin de ce monde de 1986. Alors, certes, évidemment, la loi a été modifiée. On dit qu'elle est désuète et je suis tout à fait d'accord avec vous. Elle est totalement sur la question de la concentration monomédia et plurimédia parce qu'effectivement, les acteurs et nous-mêmes nous consommons totalement différents.

En revanche, on voit bien que sur l'élargissement ou sur d'autres points de vue, l'élargissement du champ de régulation par l'ARCOM a évolué, beaucoup de choses ont évolué, notamment la transposition de la directive justement de services de médias audiovisuels qui permet de faire entrer dans le champ de la régulation que sont les acteurs en ligne et qui permet de traiter des nouvelles problématiques aujourd'hui qui n'existaient pas en 1986, qui est celle, évidemment, du piratage, de celle de la désinformation ou encore celle de la liberté ou de la libération. Malheureusement, de la circulation non pas simplement des fausses nouvelles mais des discours haineux en ligne.

C'est ça, aujourd'hui, le monde dans lequel nous évoluons. Et clairement, la loi de 1986 n'y répond pas sur ces parties-là, sur certains points de ces parties. Il y a quand même quelque chose, c'est que la concentration des médias implique aussi le fait que moins il y a de médias, plus il y a de médias qui sont concentrés, moins il y a de compétition d'une certaine manière entre ces médias. Et d'une certaine manière, il y a aussi moins d'innovation. Bien sûr. Le danger, il est là. De toute manière, le danger n'est pas la position dominante. Le danger est l'abus de position dominante. Et ça, il faut quand même qu'on se le mette dans la tête. Ça, c'est un point important.

Le grand danger aujourd'hui, et là, je vous rejoins extrêmement grave, qui est celui de nos démocraties qui sont totalement déstabilisées parce que nos médias, en partie, pas que pour ça, mais aussi parce que nos médias traditionnels se font siphonner leur modèle économique par ces GAFA parce qu'en près de 10 ans, vous avez 2300 titres de journaux aux Etats-Unis qui ont fermé. Et la concentration ne vient pas simplement du rachat par un actionnaire de deux titres. Il vient aussi du regroupement des titres parce que, en fait, les autres sont tombés et sont morts. C'est aussi ça, la concentration.

Et si on en reste au marché français et vous parlez des GAFA, est-ce que finalement les médias français se sont-ils adaptés assez vite à cette transformation numérique ? Est-ce qu'ils ne pâtissent pas aujourd'hui d'avoir été un peu lent à se transformer, à avoir hésité ? Il y a une erreur fondatrice

10:05
Invité

de ce point de vue-là, c'était de croire que les contenus en ligne, les contenus journalistiques en ligne pouvaient être gratuits. On était dans cette idée que le modèle économique d'Internet pouvait être uniquement financé par la publicité et c'était une erreur dont on peine encore à se remettre. Et par ailleurs, il y avait une méfiance de ces titres de presse attachés à une histoire de la presse papier et à juste titre qui pensaient que ces supports survivraient. La PQR, la presse quotidienne régionale et départementale a pris ce virage très tardivement et s'explique sa fragilité actuelle. Donc ils en sortent le mieux aujourd'hui, ce sont le monde.

On peut rappeler que fin 2021, le monde a battu un record historique de ventes. Alors si on associe à la fois les ventes papiers et les ventes numériques, ils sont au-delà de 500 000 exemplaires et si on ajoute le numérique qui est aujourd'hui l'essentiel des ventes et c'était un record qui datait de 1979 et qu'on pensait ne pas revoir parce que la suite de l'histoire du monde à partir des débuts des années 80 c'était plutôt une tendance à la baisse.

Donc il ne faut pas croire que le numérique va tuer la presse écrite mais ce qui est certain c'est qu'on a pris ce virage des pratiques médiatiques, des pratiques du modèle économique assez tardivement et on le paye aujourd'hui alors même que nous avons des exemples si on pense au modèle de Mediapart qui est une réussite exemplaire de ce point de vue-là et qui n'est financée que par l'abonnement numérique sans aucune publicité que ça peut être très bien. 215 000 abonnés aujourd'hui c'est ça ? C'est le cas du cadar

11:34
Présentateur

enchaîné il y a déjà bien plus longtemps Mediapart n'a rien inventé mais c'est fantastique qu'il a pu s'y intégrer et l'adapter effectivement au monde numérique moi je crois que la problématique elle est beaucoup plus ancienne pardon de le dire ainsi mais ce secteur manque cruellement d'industrie d'avoir été considérée comme une industrie on ne considère toujours et nous avions notre conversation juste avant on a toujours considéré cette industrie comme une industrie entièrement à part pourquoi ?

parce que l'information est un bien commun sur lequel on s'entend tous et sur lequel il faut protéger on n'a jamais considéré cette industrie comme une industrie à part entière c'est catastrophique et parce que les propriétaires des médias le disent la presse ne rapporte pas si les médias rapportent la presse ne rapporte pas en tout cas c'est ce qu'ils disent mais c'est une réalité parce que en fait pourquoi elle ne rapporte pas tout simplement parce que ça coûte cher et vous êtes le premier certainement à le savoir ça coûte cher de fabriquer de traiter de collecter de vérifier de la bonne information donc au contraire on a besoin de beaucoup d'argent pour que des journalistes puissent faire en toute liberté en toute indépendance avec tout leur savoir-faire parce que c'est un travail que d'être journaliste leurs enquêtes il leur faut du temps et il ne faut pas cette pression permanente qui est que finalement dans des petites structures c'est triste à le dire mais c'est ainsi dans des petites structures on n'en a pas les moyens mais pourquoi tout ça ?

une fois encore pas à cause des milliardaires ce sont des choix ce sont des choix tout de même non parce qu'au départ et dès le départ parce que lorsque vous avez un coût structurel qui est celui de l'information où le coût fixe est extrêmement élevé le seul moyen d'amortir votre coût de fixe c'est d'avoir une taille de lectorat suffisante c'est-à-dire d'avoir suffisamment de lecteurs qui achètent qui sont prêts à payer voire et en même temps suffisamment d'annonceurs vos annonceurs ne viennent que parce que vous avez des lecteurs si vous avez une base de lectorat qui est beaucoup trop étroite ça ne marche pas qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui les GAFA sont dans une position qui est archi pardon de le dire ainsi hégémonique hégémonique suffira mais pourquoi ils sont dans cette position parce qu'ils parviennent à faire réaliser des synergies des effets de réseau et des effets de taille aujourd'hui la seule course c'est la course à la taille auxquels effets pensez-vous précisément ?

je pense aux effets de taille c'est-à-dire que cette capacité que par exemple a Google d'avoir un moteur de recherche qui est en position de monopole et une myriade de services autour de lui vous prenez Amazon il est en monopole sur le e-commerce et il a une myriade de services autour de lui et Facebook il a un réseau social mais Amazon et Apple donc les deux A des GAFA ne sont pas impliqués dans l'information directement ah mais ils ne sont pas impliqués alors soit directement ils investissent à eux 4 donc 4 amis investissent à hauteur de 100 milliards de dollars c'est le montant de l'investissement en 2020 dans les industries de contenu si vous prenez les acteurs français ils ont investi 5 milliards de dollars vous voyez la différence on a 5 d'un côté on en a 100 de l'autre on n'est pas du tout dans cette même échelle

14:28
Invité

on ne pourra pas résister à cette concurrence là et je crois qu'une des erreurs d'Emmanuel Macron y compris comme ministre de l'économie donc il est très cohérent ses idées sur les médias il les avait déjà à l'époque comme ministre de l'économie il défendait la création de grands champions nationaux ou européens pour faire pièce aux GAFAM et en réalité Cébil Veil le disait très bien au début du mois dans le Figaro dans une interview justement où elle évoquait cette question de la fusion de la présidente d'Ordre de France

14:58
Présentateur

voilà

14:58
Invité

nous sommes chez elle ici et c'est pour ça que je la défends et je crois qu'elle avait tout à fait raison elle avait tout à fait raison de dire que ça n'est pas en réunissant comme c'est un des projets d'Emmanuel Macron comme c'était avant celui de Nicolas Sarkozy tout l'audiovisuel public pour créer une sorte de BBC à la française mais qui peut rappeler aussi ce qu'était l'ORTF jusqu'en 1974 et l'idée c'est d'avoir un grand champion de l'audiovisuel public comme on aura un grand champion de l'audiovisuel privé s'il y a une fusion entre TF1 et M6 en réalité ni le groupe TF1 M6 ni l'audiovisuel public ne pourront faire échec à la concurrence des GAF il faut qu'il y ait des phénomènes de régulation politique sur les nationaux européens

15:43
Présentateur

moi j'adore qu'on ramène tout à Emmanuel Macron et j'adorerais que notre président s'intéresse à l'économie des médias ça serait vraiment mon grand dada vous croyez qu'il ne s'intéresse pas mais 1986 dans la loi que vous rappeliez la loi Léotard de 1986 il y a l'idée de créer des champions nationaux il ne l'a rien inventé du tout Nicolas Sarkozy voulait faire la même chose c'est une tentation

16:03
Invité

jupitérienne des présidents

16:05
Présentateur

mais je ne crois pas du tout que ce soit une tentation jupitérienne je ne suis pas dans la tête des présidents de la république c'est pas une tentation jupérienne c'est une vision économique d'un secteur pourquoi ne pas vouloir avoir une vision économique d'un secteur pourquoi on l'a sur tous les secteurs et pas sur le secteur des médias pourquoi ne pas vouloir penser les médias autrement moi je pense que la grossière erreur c'est considérer les médias uniquement par le prisme de l'information l'information il faut la protéger il faut la sanctuariser il faut repenser à la protection et je pense qu'évidemment vous voulez dire Nathalie Sona qu'il faut les voir aussi comme des plateformes mais il faut les voir exactement comme des plateformes aujourd'hui Canal Plus est devenue avec MyCanal une plateforme et qui est un acteur et un leader national et européen extraordinaire s'il n'y avait pas aujourd'hui s'il n'y avait pas Canal Plus aujourd'hui on n'aurait pas absolument pas de plateforme européenne aujourd'hui Canal Plus est l'un des premiers acteurs leader de notre secteur Canal Plus est ancien il date effectivement de la chaîne au moment de on en parlait tout à l'heure de 1984 donc c'est simplement cette appréhension il faut changer de cap donc j'imagine Nathalie Sona qu'en tant qu'ex-membre du CSA face à le projet de fusion de TF1 et de M6 vous êtes favorable je pense que c'est une bonne chose qu'il y ait une fusion ça participe en tout cas de la nécessité que des groupes puissants se mettent ensemble puissants une fois encore c'est relatif mais en tout cas que des groupes grands groupes industriels se mettent ensemble mais ça ne veut pas dire que c'est l'alpha et l'oméga et vous aurez remarqué d'ailleurs dans ce projet que pour préserver une sorte de pluralité de l'information les rédactions n'ont pas le projet de fusionner mais c'est marrant parce qu'on pense toujours que parce qu'on se regroupe on mélange tout je pense que c'est extrêmement important d'avoir toujours cette séparation là donc c'est derrière de bon jeu qu'est-ce qu'on veut enfin quand est-ce qu'on peut mettre enfin en place une politique communicationnelle ne pas penser d'un côté le service public et de penser de l'autre côté le service privé mais aujourd'hui penser le secteur des industries culturelles ensemble en même temps avec un vrai projet industriel

18:04
Invité

ça n'est pas juste une industrie vous le disiez vous-même à l'instant le problème c'est l'ambiguïté du terme média qui peut renvoyer à toutes les communications en sens très large et qui renvoie aussi aux médias d'information et il faut et je vous rejoins totalement dans cet espace médiatique au sens communicationnel sancturaliser le domaine de l'information c'est pour ça qu'il y a la loi de 1880 c'est-à-dire quand on fonde la Troisième République on a conscience qu'on aura besoin d'une mission spécifique c'est d'avoir un journalisme indépendant du pouvoir aussi bien économique que politique et c'est tout l'enjeu aujourd'hui et on voit bien que dans ces grands groupes de presse Bolloré est intéressant parce qu'il revient on en parlait avant l'émission à un groupe spécialisé dans les médias même s'il n'y a pas que ça mais il a revendu ses activités africaines pour se recentrer en grande partie sur les médias il renoue avec une histoire

18:48
Présentateur

les médias culturelles et créatives parce qu'on embarque la musique c'est là

18:51
Invité

les médias au sens très large moi ça ne me dérange pas du tout et je vois très bien les effets de cohérence qu'il peut y avoir dans ce groupe là sauf que dans cet espace là il y a une chaîne d'information qui est devenue une chaîne d'opinion qui a eu une influence considérable pendant la dernière élection présidentielle il y a ce qui est devenu européen il y a ce qui est en train de devenir le JDD Paris Match et ça ne peut pas nous laisser indifférents allez on s'interrompt

19:12
Présentateur

mais on reprend la discussion tout à l'heure juste après le journal on a parlé un peu de l'aspect économique on parlera de l'aspect pluralité de l'information et l'effet sur la démocratie 8h16 sur France Culture la suite des matins d'été c'est la question de la concentration des médias qui nous intéresse ce matin nous avons évoqué en première partie les raisons économiques qui poussent les propriétaires de médias à se renforcer face aux grandes entreprises américaines de technologie ce qui nous intéresse maintenant ce sont les effets sur cette concentration de la et bien sûr sur la concentration sur la démocratie avec nos deux invités en studio Nathalie Sonnac professeure en sciences de l'information à l'université Paris 2 et ex-membre du CSA et Alexis Levrier historien de la presse et des médias il y a eu une commission sénatoriale qui s'est réunie disons au cours de l'année 2022 qui a permis l'audition de plusieurs grands patrons de presse pour comprendre leurs intentions elle s'est notamment concentrée sur cette histoire de concentration qu'est-ce qu'il en est sorti finalement Nathalie Sonnac ou Alexis Levrier je ne sais pas si

20:19
Invité

Nathalie a été auditionnée par cette commission donc je ne sais pas je lui laisse

20:24
Présentateur

peut-être une des premières conclusions déjà c'était extrêmement intéressant d'entendre pendant une centaine d'heures l'ensemble de ces grands patrons et pas que de ce secteur d'ailleurs on a entendu aussi les patrons de l'édition donc ça s'est élargi aux industries justement culturelles et créatives ils en ont conclu que le secteur n'était pas plus concentré en France qu'ailleurs le problématique aujourd'hui une fois encore pardon de me répéter mais le problématique aujourd'hui c'est que l'espace public d'aujourd'hui est organisé par Mark Zuckerberg pas par Vincent Bolloré oui Alexis Levrier

21:01
Invité

en fait cette commission

21:02
Présentateur

est-ce que c'est aussi simple que ça ?

21:04
Invité

je suis d'accord sur le rôle des GAFAM je pense que c'est tout à fait juste de souligner le rôle de ces acteurs qui ne produisent pas de contenu journalistique mais qui organisent l'espace médiatique et qui retirent les bénéfices qui devraient être uniquement ceux des rédactions donc c'est effectivement une menace sur l'économie des médias et sur le pluralisme de l'information cette commission d'enquête elle était me semble-t-il utile par son existence même et par le fait qu'on a pu convoquer le seul pouvoir qu'elle avait c'était de faire venir alors certains ont été malades mais ils ont tous fini par venir se présenter devant cette commission et c'était intéressant ça a posé comme cela cette question de l'enjeu de la concentration des médias devant en plus c'était diffusé tout le monde pouvait le voir et de ce point-là d'un point démocratique justement j'ai trouvé ça très utile en plus dans une campagne présidentielle c'était assez rare qu'on en parle de la sorte par contre on savait d'emblée que l'idée était un peu pipée parce que d'une part c'est pas la chambre prioritaire c'est d'autre part lancé par un groupe qui est minoritaire très minoritaire au Sénat le groupe socialiste il y avait peu parce que la république en marche est peu présente au Sénat il y avait peu de représentants de la majorité présidentielle et les sénateurs LR qui étaient là souvent étaient sur des positions assez ambiguës et après il y a eu beaucoup d'hostilité entre David Assouline qui présidait cette commission et certains patrons de presse moi j'ai trouvé ça utile d'un point de vue démocratique en revanche les propositions qui en sont nées n'ont pas été reprises par l'exécutif lesquelles étaient-elles ?

c'est renforcer par exemple le rôle de l'ARCOM c'est promouvoir davantage de régulation politique c'est aider financièrement les petites entreprises de presse renforcer l'audiovisuel public par le biais d'une ressource fiscale autonome et pérenne on était déjà dans un débat autour de la redevance donc moi toutes ces propositions je suis d'accord avec sauf qu'elles n'ont pas été reprises et on peut se demander de ce point de vue quelle sera l'utilité à long terme des travaux de cette commission

22:59
Présentateur

je partage complètement les propos d'Alexis Lévrier c'est-à-dire que la commission était extrêmement riche intellectuellement et d'apprentissage de connaissances de l'état de nos médias aujourd'hui effectivement des propositions sont faites le constat était celui que le secteur n'est pas plus concentré que ça mais l'important c'est effectivement les propositions qui sont faites et ce que je disais précédemment à savoir la nécessité réelle d'une vraie politique d'une vision pour ce secteur lorsque je regrettais le fait qu'Emmanuel Macron ne s'intéresse pas plus à l'économie des médias c'est pas simplement à l'économie des médias c'est la place de la communication 80% de la bande passante aujourd'hui c'est utilisé par de la vidéo nous sommes des heures et des heures les uns et les autres des plus jeunes aux plus anciens de la vidéo qui est produite par des groupes de médias de la vidéo mais qui est produite par tout le monde je vous assure qu'aujourd'hui l'espace public n'est pas entre les mains uniquement des médias il est aujourd'hui dans l'écosystème numérique c'est le téléspectateur c'est l'internaute qui est au centre de cet écosystème il peut s'exprimer il peut parler regarder ce qui se passe avec Twitter aujourd'hui regarder ce qui se passe avec les réseaux sociaux il n'y a pas simplement les journalistes qui organisent qui filtrent l'information qui la hiérarchisent et qui la traitent c'est ça la problématique vous vous concentrez beaucoup sur la question de la concentration des médias et ça tombe bien parce que c'est notre problématique de ce matin mais aujourd'hui elle ne peut plus du tout se poser en ces termes là ce n'est plus des groupes de presse qui organisent qui salarient des journalistes et que ceux-ci traitent d'une information qui sera plus ou moins politisée selon la nature du propriétaire ce n'est pas ça aujourd'hui ce n'est plus du tout ça aujourd'hui l'information elle est fabriquée par des journalistes mais aussi par tout un chacun qui est devenu média et c'est en ce sens

24:38
Invité

oui mais là il y a un problème de certification de l'information mais bien sûr mais il y a beaucoup de problématiques c'est de sanctuariser l'information et de défendre la singularité du travail journalistique dans une économie des médias où la presse pèse de moins en moins

24:49
Présentateur

exactement ça ce point est central aujourd'hui la réforme dont on a besoin d'où ce que je signerais du changement de cap c'est à dire qu'on a besoin aujourd'hui d'une régulation d'une réglementation qui redéfinit les frontières ce que les économistes appellent le marché pertinent du secteur de la communication dans son ensemble avec l'indispensable je le rappelle parce que ce ne sont pas deux choix mutuellement exclusifs on peut être pour un rapprochement TF1 et M6 penser qu'on a besoin d'industriels et en même temps pardon de le dire ainsi sans aucune connotation mais en même temps penser qu'il faut sanctuariser l'information protéger les journalistes ce que fait beaucoup par exemple Christophe Deloire et Reporters sans frontières sur le trust de journalisme initiative ces initiatives à l'échelle européenne aujourd'hui la régulation doit se faire à l'échelle européenne parce que la régulation a commencé il y a le Digital Market Act et le Digital Service Act qui ont été actés à Bruxelles c'est entre les mains bientôt du Parlement européen enfin cette régulation elle est quand même en avance l'Europe est quand même d'une certaine manière en avance par rapport aux Etats-Unis c'est fantastique qu'on ait effectivement ces points là qu'on ait une innovation institutionnelle qu'on ait on crée le RGPD mais on voit bien qu'aujourd'hui dans notre marché national elle n'est pas encore transposée totalement déjà parce que les deux directives les deux règlements dont vous parlez n'ont pas encore été transposées mises en place parce qu'une directive ça ne pense pas mais enfin qu'importe elles n'ont pas encore été mises en place et qu'il y a encore des myriades de questions la question sur le service public est complètement en suspens la question sur le partage de la donnée sur le cadre de la donnée est en suspens lorsque vous me disiez tout à l'heure est-ce qu'on peut juste résumer à ce que l'espace public organisé par Marcus Huberberg est-ce que c'est aussi simple que ça mais c'est hyper compliqué c'est justement pas simple du tout c'est hyper compliqué vous évoquez le service public quelle place alors justement pour le service public et surtout l'information du service public comment la défendre

26:45
Invité

alors c'est un enjeu majeur et pour le coup là Emmanuel Macron s'est clairement saisi de la question dès la campagne on avait qu'une campagne où cette question a été clairement abordée puisqu'il y avait deux candidats d'extrême droite qui proposaient la privatisation pure et simple de l'audiovisuel public et après il y avait une candidate LR et le candidat donc président qui a revendiqué eux la suppression de la redevance et le problème c'est dû aussi au fait que cette campagne était un peu enfin le président était peu présent avant le premier tour donc il a lancé cette idée très tôt de supprimer la redevance mais sans envisager de moyens de compenser les normes c'est presque 4 milliards d'euros chaque année qui permettent le financement à la fois de Radio France de France Télé de l'INA de France Média Monde donc France 24 et RFI donc c'est considérable et ça permet on parlait du danger du complotisme de la désinformation du règne de la publicité qui se substitue au journalisme c'est pour ça qu'on a besoin d'un audiovisuel public fort et dans la moitié des pays européens à Grosemoto il y a une redevance il y a des débats partout et des pressions partout pour qu'elle soit supprimée et dans notre cas il n'est pas du tout illégitime de poser la question de l'évolution de cette taxe puisqu'elle est adossée à la taxe d'habitation qui va disparaître et que d'autre part on sait très bien qu'elle est obsolète puisqu'elle correspond à la détention d'un poste télévisuel aujourd'hui l'accès à l'information et à l'audiovisuel public se fait aussi par des smartphones et par des ordinateurs donc il était tout à fait légitime de poser cette question le problème c'est que le président comme d'autres Valérie Pécresse également je le disais ont envisagé la suppression de la redevance sans clairement à part des mots de dire on va pérenniser cela dans le temps il n'y aura pas de problème etc.

en réalité on sait très bien et c'est pour ça que la redevance est importante c'est un impôt impopulaire mais qui permet aux français de visualiser ce que chaque foyer paye pour l'indépendance ou en tout cas l'autonomie de l'audiovisuel public et à partir du moment où ça sera dans le budget et où ça pourra évoluer chaque année et en général il suffit de voir ce qui se passe partout chez nos voisins ça évolue à la baisse à partir du moment où il n'y a plus de soit plus de publicité soit plus de redevance et bien le risque c'est qu'il y ait des pressions tous les ans sur le contenu sur le travail des rédactions alors même que Radio France par exemple a déjà fait d'énormes efforts il y a 60 millions de budget en moins sur un budget total de 600 millions au cours du dernier quinquennat et ça s'est accompagné de propos très clivants du président de la République sur l'audiovisuel public il a qualifié dès décembre 2017 de honte de la République et donc tout cela se fait dans un contexte en plus de culpabilisation des médias publics de suspicion généralisée toutes ces radios ces télévisions seraient de gauche et donc seraient ou alors seraient contrôlées par le pouvoir si on écoute l'extrême droite donc tout cela il y a tout un discours qui est extrêmement dangereux alors même qu'on n'a jamais eu autant besoin d'un audiovisuel public indépendant donc il faut poser la question de l'évolution de la redevance ou d'un impôt qui pourrait se substituer à cette redevance mais revendiquer purement et simplement la fête de cette redevance avec des discours contradictoires parce que le président avait dit qu'on allait pérenniser je le disais le budget de l'audiovisuel public et dans le même temps c'est Gabriel Attal qui disait je crois sur France Inter justement on allait rendre du pouvoir d'achat aux français alors quel est le but ?

rendre du pouvoir d'achat et donc avec moins d'argent pour l'audiovisuel public au contraire pérenniser ce budget

30:00
Présentateur

Oui moi je partage effectivement cette analyse ça a été mal mené ça a été mal affirmé ça a été mal monté et tout ça dans un contexte très flou une fois encore ça donne cette impression de flou et c'est très désagréable quand ça touche quand je dis une fois encore c'est justement ce secteur de la communication n'est pas suffisamment pris en considération certes on peut estimer en tout cas on peut penser que le 24 avril nous sommes entendus sur un socle de valeurs communes dans lesquels le service public se situait donc cela va sans dire mais malheureusement ça aurait été mieux en le disant il est clair que pendant la campagne électorale on a entendu des Zemmour et autres favorables à la suppression d'une des chaînes mais je n'ai malheureusement jamais entendu un journaliste répondre bon bah écoutez pourquoi pas combien ça coûte vous connaissez vous une entreprise dont on est capable de dire bah écoutez je la coupe on ne sait pas combien il y a de salariés on ne sait pas combien elles rapportent on ne sait pas combien elles coûtent on la coupe donc une fois encore on considère ce service comme finalement on pourrait retirer une chaîne ajouter une chaîne pourquoi pas lorsqu'on dit que Radio France on évoque effectivement des réductions de budget mais sur quel budget sur le budget des journalistes sur le budget de fonctionnement sur le budget de production sur quel budget de quoi parle-t-on donc on ne sait pas donc ça c'est dommage évidemment je rejoins les propos d'Alexis Livrier dont la nécessité indispensable clairement d'un service public qui soit fort qu'il soit qu'il demeure et qu'il reste comme il l'est aujourd'hui indépendant donc qu'il y ait un budget donc un budget de fonctionnement qui soit garanti qui soit pérennisé le fait effectivement en 2017 que la taxe d'habitation était considérée comme sautée finalement on est 5 ans après et donc la redevance tombe mais le fait qu'elle tombe dans un moment qui était prévu lui depuis longtemps il s'avère en tout cas ça donne le sentiment que la suite n'a pas été prévue alors que ça fait 5 ans que c'est dans les tuyaux c'est ça qui est gênant et qui vient se mêler en même temps avec la campagne présidentielle dans laquelle certains qui se présentaient à l'élection disaient pourquoi pas retirer une chaîne ou pourquoi pas carrément arrêter le service public comme ça a pu l'être dans certains pays européens donc il faut absolument rapidement et malheureusement ça se fait une fois encore en urgence une loi plus globale on va répondre au cas par cas or c'est pas ça ce dont on a besoin on n'a pas besoin que le service public soit pris à part on a besoin qu'il soit sancturisé on a besoin qu'une fois encore que les journalistes travaillent en toute indépendance on a besoin que son budget soit garanti et en même temps on a besoin d'oxygène pour les autres acteurs et donc de repenser la régulation et le secteur dans son ensemble et pas en silo un avis que vous avez l'air de partager je suis entièrement d'accord

32:39
Invité

et dans le paysage médiatique qui évolue on le disait vers de plus en plus de concentration et des ingérences on n'a pas parlé de toute la concentration il y aurait plein d'autres choses à dire sur le modèle aussi low cost de reworld media par exemple on a besoin plus que jamais de médias publics indépendants ces débats existent en Angleterre ces débats existent aussi en Allemagne on paye une redevance beaucoup plus élevée d'ailleurs que chez nous mais il y a heureusement des voix qui s'élèvent partout en Europe pour maintenir un audiovisuel public fort et indépendant du pouvoir et c'est ce qui s'est passé en Suisse merci beaucoup

33:09
Présentateur

merci beaucoup à vous deux sur ce débat quasiment sur la concentration des médias l'effet sur la qualité de l'information je rappelle que nous étions avec vous Nathalie Sonna que vous êtes professeure en sciences de l'information et de la communication à Paris de Panthéon à Sass spécialiste en économie des médias et du numérique et vous êtes ex-membre du CSA et merci à vous Alexis Livrier théorien de la presse et des médias vous êtes l'auteur de Jupiter et Mercure le pouvoir présidentiel face à la presse édité au petit matin en 2021

Concentration des médias : la qualité de l’information en péril · Pourquijevote