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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 10 septembre 2022 18 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesDéfense

Royaume-Uni, crise de l'énergie et guerre en Ukraine... Le "8h30 franceinfo" de Nathalie Loiseau

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:59OuverteRéponse directe

    Qu'attendez-vous du nouveau roi d'Angleterre ? Que cela change dans la relation entre le Royaume-Uni et l'Europe ?

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Une page d'histoire, ça veut dire qu'on est dans une forme d'incertitude plus grande ?

  • 3:06RelanceRéponse directe

    Ce n'est pas un saut dans l'inconnu malgré tout pour vous ?

  • 4:14OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez une idée de la manière dont cette idée de communauté politique européenne pourrait être accueillie par le Royaume-Uni ?

  • 4:54OuverteRéponse directe

    Et vous souhaitez qu'elles viennent ?

  • 5:30RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous savez si ça va être un oui ? Un oui peut-être ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:25InvitéFait
    « Charles III incarne une grande sensibilité à l'environnement, qui est à l'évidence de notre époque. »
  • 3:30InvitéFait
    « Quand elle dit que l'essentiel c'est de baisser les impôts, je pense que pour la plupart des Britanniques, l'essentiel c'est leur facture d'énergie d'aujourd'hui. »
  • 3:38InvitéFait
    « Elle va devoir en quelque sorte asseoir sa légitimité puisqu'elle n'est pas issue d'une élection générale mais d'un changement de leadership au sein du parti conservateur. »
  • 5:10InvitéFait
    « Le Brexit était une mauvaise idée. Il n'y avait pas plus mauvais moment pour quitter l'Union Européenne pour le Royaume-Uni qu'à un moment où il y a autant de crises. »
  • 10:07InvitéFait
    « Pas au moment des sanctions, pas même au début de la guerre d'Ukraine. En juillet de l'année dernière, c'est-à-dire que la Russie avait décidé il y a plus d'un an de nous faire du chantage au gaz pour essayer de nous affaiblir. »
  • 10:44InvitéFait
    « J'ai plaidé avec beaucoup de députés européens, avec une majorité de députés européens depuis février pour un embargo sur le gaz russe. »
  • 11:07InvitéChiffre
    « C'est quand même fois dix en un an. »
  • 12:00InvitéFait
    « On a pris des engagements sur la neutralité carbone en 2050 parce que la planète brûle. »
  • 15:40InvitéFait
    « Elle n'a pas de prix, mais elle a un coût. »
  • 16:59InvitéChiffre
    « Si on mettait bout à bout les dépenses de défense de tous les Européens des 27, nous serions la deuxième armée du monde. »
  • 17:19InvitéChiffre
    « Il y a 3 milliards d'euros d'équipements militaires envoyés à l'Ukraine qui ont été financés par l'Union européenne. »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 29 %
  • Invité 37 %
  • Invité 44 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Et avec nous ce matin dans le studio de France Info, Nathalie Loiseau, bonjour, on va commencer par évoquer ensemble cette page qui se tourne dans l'histoire du Royaume-Uni, dans l'histoire de l'Europe tout entière même on pourrait dire. Charles III va être proclamé roi officiellement ce matin et hier soir il a prononcé son tout premier discours, discours très attendu, où il s'est engagé, écoutez-le, à servir son peuple tout le reste de sa vie.

0:22
Invité

Comme la reine elle-même l'a fait avec un dévouement inémanlable, je m'engage moi aussi solennellement pendant le temps que Dieu m'accorde à défendre les principes constitutionnels au cœur de notre nation. Et où que vous viviez au Royaume-Uni, ou dans les royaumes et territoires à travers le monde, et quels que soient vos origines ou vos croyances, je m'efforcerai de vous servir avec loyauté, respect et amour.

0:59
Présentateur

Alors Nathalie Loiseau, qu'est-ce que vous attendez du nouveau roi d'Angleterre ? Qu'est-ce que ça peut changer dans la relation entre le Royaume-Uni et l'Europe ?

1:07
Invité

Le roi d'Angleterre c'est une institution, plus qu'une personne, mais c'est vrai que si on se retourne sur l'héritage d'Elisabeth II, ça a été une grande amie de la France, ça a été une grande européenne, ça a été aussi l'incarnation d'une page d'histoire très longue, et quand on pensait à elle, on était quelque part forcé de penser à la deuxième guerre mondiale, à un certain nombre d'événements qu'elle avait traversés, et qu'elle incarnait elle-même par sa seule présence. Et ce n'est plus le cas avec le Royaume-Uni ?

Là on arrive, j'allais dire on entre au XXIe siècle, je suis quand même très frappée qu'en une semaine, Mikhail Gorbatchev et Elisabeth II nous aient quittés, et quelque part, une page d'histoire s'est tournée.

1:52
Présentateur

Une page d'histoire, ça veut dire qu'on est dans une forme d'incertitude plus grande ?

1:56
Invité

Alors, je dirais que ce qui fait sûrement une grande partie de l'attachement des Britanniques à la monarchie, c'est cette idée de permanence, et donc de certitude, dans tous les moments troublés. Souvenez-vous Elisabeth II, au moment du Covid, quand elle avait fait cette intervention, à la fois très simple et très touchante, où elle avait dit « nous nous retrouverons », il y avait ce côté permanent, et cette permanence, elle reste à l'évidence, mais dans un monde nouveau, pour lequel Charles III incarne une grande sensibilité à l'environnement, qui est à l'évidence de notre époque, et puis en même temps, il a ce côté très traditionnel des monarques britanniques.

C'est un double changement, unique même dans l'histoire du Royaume-Uni, puisqu'il n'y a pas qu'un nouveau roi qui est installé aujourd'hui, il y a aussi une nouvelle Premier ministre qui a été nommée il y a quelques jours, un nouveau gouvernement. C'est sans doute ce qui amène à cette question du saut dans l'inconnu, parce que sans faire offense ni à l'un ni à l'autre, Charles III, c'est le roi le plus âgé à accéder au trône, et l'Istrasse arrive dans un contexte d'instabilité totale au 10 Downing Street. Ce n'est pas un saut dans l'inconnu malgré tout pour vous ?

Elle va avoir un mandat difficile, parce qu'il y a la guerre en Ukraine, parce qu'il y a une crise, une inflation au Royaume-Uni qui est beaucoup plus forte qu'en Europe continentale. C'est sur elle que pèse cette responsabilité ? C'est sur elle que pèse cette responsabilité. Elle a fait une campagne sur des thèmes très satchériens qui sont en fait assez éloignés des préoccupations quotidiennes des Britanniques d'aujourd'hui. Quand elle dit que l'essentiel c'est de baisser les impôts, je pense que pour la plupart des Britanniques, l'essentiel c'est leur facture d'énergie d'aujourd'hui.

Donc elle va devoir en quelque sorte asseoir sa légitimité puisqu'elle n'est pas issue d'une élection générale mais d'un changement de leadership au sein du parti conservateur. Mais elle a aussi l'opportunité, si elle l'a saisi, de tourner la page des années Johnson où le précédent Premier ministre a passé son temps à exister par rapport au Brexit, par rapport à une forme d'hostilité marquée à l'Union Européenne. Si elle en a le souhait, si elle en a, j'allais dire, la volonté politique, elle peut faire autre chose. Mais tout est dans le si justement

4:14
Présentateur

parce qu'on n'a pas le sentiment, effectivement, en tout cas au premier abord, parce que finalement son entrée en fonction a été un peu éclipsée évidemment par la disparition d'Elisabeth II, mais qu'elle ait une grande affection, une grande envie de retisser des liens très forts avec l'Union Européenne.

4:29
Invité

Du côté européen, la main est tendue. Il va y avoir un sommet à Prague au début octobre qui va notamment concerner la question de la proposition d'Emmanuel Macron, la communauté politique européenne. Ça veut dire tout simplement qu'on n'a pas besoin d'être dans l'Union Européenne pour avoir des enjeux communs, des défis communs à partager. Et les Britanniques sont invités, l'Istress est invité. Et vous souhaitez qu'elles viennent ? Ah ben évidemment, quand on invite quelqu'un, c'est plutôt pour les voir venir.

Et je crois que compte tenu de ce qu'on a à affronter ensemble, en particulier la guerre en Ukraine, mais aussi la crise de l'énergie qui touche tout le monde, le Brexit était une mauvaise idée. Il n'y avait pas plus mauvais moment pour quitter l'Union Européenne pour le Royaume-Uni qu'à un moment où il y a autant de crises. Si elle veut ramener le Royaume-Uni plus près de ses alliés naturels et de ses voisins, elle peut le faire. Est-ce qu'elle va le faire ? C'est entre ses mains.

5:28
Présentateur

Est-ce que vous avez justement une idée de la manière dont cette idée de communauté politique européenne pourrait être accueillie par le Royaume-Uni ? Est-ce que vous savez si ça va être un oui ? Un oui peut-être ?

5:38
Invité

Alors moi, j'ai été très frappée. Je co-préside l'Assemblée parlementaire euro-britannique. C'est-à-dire que plusieurs fois par an, des députés et des... l'ordre britannique et des députés européens se rencontrent pour faire des propositions au gouvernement de part et d'autre. Nous nous rencontrons bientôt au mois de novembre. Ce sont mes partenaires britanniques qui m'ont demandé que l'on travaille sur la communauté politique européenne. Ça, c'est très intéressant. D'abord parce qu'ils ont la liberté des parlementaires. Ils font ce qu'ils veulent. Et ça les intéresse. Ça les interpelle. Parce que regardez la guerre en Ukraine.

Le Royaume-Uni a un engagement irréprochable aux côtés de l'Ukraine. Très significatif. Mais c'est assez compliqué de se coordonner entre Européens et Britanniques puisqu'ils ne sont plus dans l'Union européenne. On aurait pu le faire. Boris Johnson avait refusé qu'il y ait un accord sur la politique étrangère et la défense. Tout le monde s'aperçoit aujourd'hui que malgré les bonnes volontés, on perd du temps, on perd de l'énergie. Il faut qu'on tourne cette page. Vous lui demandez de saisir cette main tendue, l'Istrass. Il y a un petit débat aussi sur l'acceptation, sur le fait d'inviter la Turquie à siéger au sein de cette communauté politique européenne.

Est-ce que vous, vous y êtes favorable ? Est-ce que la Turquie doit y être ? Alors, ce sera à la Turquie de faire un choix. Moi, mon sentiment, c'est que ça fait des années que la Turquie tourne le dos à l'Union européenne. Elle est toujours officiellement candidate, mais les négociations d'adhésion sont suspendues. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le régime politique d'Ankara s'est terriblement éloigné de nos valeurs. C'est un des pays où il y a le plus de journalistes en prison. C'est un des pays où les violations des droits de l'homme sur le continent européen sont les plus fortes.

J'ai un peu de mal à me dire, au moment où Recep Tayyip Erdogan a des propos souvent très agressifs et menaçants vis-à-vis de la Grèce, par exemple, qu'il ait envie de rejoindre la communauté politique européenne. Nous verrons bien. Si c'est le cas, dans cette période troublée, mieux vaut serrer les rangs que se diviser.

7:38
Présentateur

Alors, justement, on parlait de la période troublée, on va parler de la crise énergétique. Dans un instant, Nathalie Loiseau, restez avec nous. On se retrouve juste après le fil info, ce qu'il faut retenir de l'actualité de ce samedi matin à 8h40. C'est avec Sophie Allemand.

7:50
Invité

Une visite surprise de la chef de la diplomatie allemande à Kiev ce matin. L'Ukraine qui dénonce des exactions russes sur son personnel au sein de la centrale nucléaire de Zaporizhia, évoquant des tortures, meurtres et enlèvements. Alors que l'AEA alerte sur les risques dans la plus grande centrale d'Europe depuis hier. Le courant est complètement coupé dans la ville où elle se trouve. Energodar, l'agence internationale de l'énergie atomique, réclame l'arrêt des bombardements dans cette zone. Au Royaume-Uni, les premiers pas du roi Charles III officiellement proclamés roi à 11h au palais Saint-James à Londres.

Hier pour la première fois depuis 70 ans, Lynn God Save the King et non the Queen a retenti dans la cathédrale Saint-Paul. Après la mort d'un homme de 24 ans à Nice mercredi qui avait refusé d'obtempérer, le policier auteur du tir mortel sur l'automobiliste est mis en examen pour violence volontaire avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner. En tennis, Carlos Alcaraz, quatrième Andrade Dial, se qualifie pour la première finale de l'US Open. Il a battu l'américain, Frances Tiafo, en 5-7 cette nuit. L'espagnol de 19 ans retrouvera donc le norvégien Kasper Rud demain en finale du Grand Chelem. France Info

9:04
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info, Néhila Latrousse, Céline Aslo.

9:10
Présentateur

Avec toujours ce matin, dans le studio de France Info, Nathalie Loiseau, députée européenne du parti Horizon, ancienne ministre chargée des Affaires Européennes. Alors on parlait il y a un instant du Royaume-Uni. Il y a un défi commun en tout cas qui relie le Royaume-Uni et l'ensemble des pays de l'Union Européenne, c'est la crise énergétique évidemment, l'inflation et l'explosion de la facture. Et hier, les ministres européens de l'énergie étaient réunis, ils proposent de plafonner le prix du gaz payé à la Russie. Est-ce que c'est pas un peu hypocrite comme solution ? C'est-à-dire qu'on dit oui au gaz, mais enfin au prix qui nous arrange.

9:40
Invité

Alors, à moyen terme, il faut sortir des énergies fossiles. Et quelque part, cette crise nous le rappelle et de ce point de vue-là, seulement de ce point de vue-là, elle est salutaire. Elle nous montre que nous sommes à la merci des aléas du prix du gaz. J'ai une... Voudrais-moi vous poser une question. Est-ce que vous savez quand le prix du gaz a commencé à augmenter et quand la Russie a commencé à baisser ses livraisons de gaz à l'Europe, les deux étant liés ? Vous allez nous le rappeler, peut-être c'est plus simple. Pas au moment des sanctions, pas même au début de la guerre d'Ukraine.

En juillet de l'année dernière, c'est-à-dire que la Russie avait décidé il y a plus d'un an de nous faire du chantage au gaz pour essayer de nous affaiblir, pour essayer de nous diviser parce que la Russie avait l'intention d'agresser l'Ukraine. Rester tributaire de ses risques de chantage n'est pas raisonnable à moyen terme.

10:32
Présentateur

Pourquoi il n'arrive que maintenant ce plafonnement alors si la hausse des prix avait commencé ?

10:36
Invité

On se souvient tous de la dépendance de certains pays européens à commencer par l'Allemagne au gaz russe. Et moi j'ai plaidé avec beaucoup de députés européens, avec une majorité de députés européens depuis février pour un embargo sur le gaz russe. Les Allemands ont dit attendez nous ne sommes pas prêts. Aujourd'hui les réserves des pays européens sont pleines et permettent de passer cet hiver dans des conditions décentes. Mais il est indispensable de penser à nos compatriotes, aux ménages qui sont terriblement impactés par une explosion des factures de gaz. C'est quand même fois dix en un an.

Nathalie Loiseau, sauf que vous évoquez le chantage de Vladimir Poutine, il va plus loin en disant si vous plafonnez les prix du gaz, non seulement je vous coupe le gaz mais je vous coupe aussi le pétrole, le fuel, le charbon. Est-ce que c'est un risque que nous sommes prêts à prendre ? Sur le pétrole, nous avons déjà décidé d'arrêter nos importations de pétrole russe. Il y a des exceptions pour certains pays européens qui sont un peu plus dépendants. pour la Hongrie en particulier. Ceci étant, ça montre bien que Vladimir Poutine mène une guerre à l'Ukraine et a une attitude confrontationale vis-à-vis de l'Europe. Mais est-ce qu'il faut prendre ce risque-là ?

Ce n'est pas notre guerre, ça ne nous intéresse pas, mais regardez ce que fait la Russie depuis des années. Je dirais aussi qu'à moyen terme, on a besoin de sortir des énergies fossiles tout court parce qu'on a pris des engagements sur la neutralité carbone en 2050 parce que la planète brûle, parce qu'on sort d'un été de canicule et de feux de forêt qui nous a fait voir que ce n'est même plus un changement climatique qu'on vit, c'est un choc climatique. Si ce qui se passe aujourd'hui nous convainc d'accélérer la transition écologique, tant mieux. Ça, c'est à moyen, voire à long terme.

Oui, mais si on ne met pas les bouchées doubles, triples, quadruples tout de suite, on ne les atteindra jamais, ces objectifs. Vous avez dû entendre le leader communiste hier appeler les mairies notamment à ne pas payer les factures énergétiques, ne pas payer les factures d'électricité si elles sont trop importantes. Non, mais ça, ça n'est pas une solution. J'allais dire, c'est malheureusement simpliste. Ce qu'il faut faire et ce que propose l'Europe, alors, vous avez vu, il y a eu une réunion des ministres européens de l'énergie hier. Ils ont demandé à la Commission européenne d'affiner ces propositions et de revenir la semaine prochaine pour que des décisions puissent être prises.

Plafonnement du prix du gaz sur le marché de gros, plafonnement du prix de l'électricité, sobriété énergétique, sobriété avec des objectifs contraignants. Avec des objectifs forts qui ne sont pas

13:12
Présentateur

non plus irréalistes. Mais tout le monde va les prendre ces objectifs contraignants ? Est-ce qu'on va tous être d'accord pour mettre des objectifs chiffrés même s'il fait très froid cet hiver, même s'il faut faire des arbres étranges ?

13:23
Invité

Alors, qu'est-ce qu'on préfère ? Organiser nous-mêmes une sobriété ou se retrouver face à des pénuries ou des rationnements forcés ? On sait bien que quand il y a un enjeu, si chacun prend sa part, on peut le surmonter et je suis convaincue, contrairement aux prophètes de malheur ou à ceux qui essayent d'agiter des peurs pour nous faire dire « bon, après tout, est-ce qu'il ne faut pas lever les sanctions vis-à-vis de la Russie ? » Je suis convaincue qu'on peut y arriver. En venant, je regardais par exemple les panneaux publicitaires vidéo.

Alors, ça m'a fait non pas sourire, mais ça m'a fait rappeler que mon fils, il y a des années, quand il avait 10 ans, avait écrit une belle pétition qu'il avait mise sur un site de pétition et qu'il y avait eu des dizaines de milliers de signatures qu'il avait envoyées à une certaine Elisabeth Borne, présidente de la RATP, en lui demandant d'arrêter les panneaux vidéo publicitaires. Il faut les interdire ? Est-ce qu'on a besoin de ça ? Est-ce qu'il faut réfléchir les uns et les autres ? Est-ce que c'est indispensable en période de rareté énergétique ? Je ne crois pas. Et est-ce que c'est indispensable de maintenir les illuminations de Noël ?

La mairie de Lille se demande est-ce qu'il ne faut pas réduire la voilure ? Est-ce que ça fait partie des choix qu'il faut faire ? D'abord, il faut le faire en concertation. Il faut que tout le monde se pose les questions. Qu'est-ce qu'on veut ? Comment on le veut ? En sachant qu'il y a des priorités. Pourquoi pas renoncer aux illuminations de Noël ? L'objectif, regardez dans les priorités. Je pense que tout le monde va se mettre d'accord. Les hôpitaux, pas question qu'il manque le moins de moments d'électricité pour les hôpitaux.

On peut, dans chaque localité, je ne crois pas qu'il faille faire des grandes interdictions nationales, mais que chacun, au niveau local, se réunisse, se concerte, les particuliers, les entreprises, les autorités publiques, et qu'on trouve les meilleures solutions. Et c'est parfaitement faisable. Si on parle aujourd'hui de sobriété énergétique, c'est que, quelque part, on a eu une ébriété énergétique. On le sait tous, il y a eu un moment où on avait, collectivement, une espèce de surabondance

15:19
Présentateur

de consommation énergétique. Alors, de leur côté, les ministres européens des Finances ont donné leur accord hier à une nouvelle tranche d'aide. 5 milliards d'euros pour l'Ukraine. Est-ce qu'on est dans le quoi qu'il en coûte pour reprendre une expression de la crise sanitaire, là, qu'on pourrait consacrer à la guerre en Ukraine ? La liberté a un prix.

15:39
Invité

Ou bien, elle n'a pas de prix, mais elle a un coût. Et ce qui se passe aujourd'hui en Ukraine, le combat que mène le peuple ukrainien, et pas seulement les soldats ukrainiens, c'est pour son indépendance et sa liberté, mais c'est aussi pour les nôtres. Parce que ce qui se passe en Ukraine, c'est-à-dire la violation de la souveraineté, la violation de l'indépendance d'un pays, le déni de démocratie, ce que reproche Vladimir Poutine à l'Ukraine, au fond, c'est une seule chose depuis 2014, c'est qu'ils aient fait un vrai choix démocratique, un vrai choix indépendant. On ne peut pas laisser gagner Vladimir Poutine. Donc on ne peut pas laisser tomber l'Ukraine.

S'il faut de nouvelles aides, on procurera de nouvelles aides ? Heureusement, nous ne sommes pas seuls. Les Etats-Unis aident massivement l'Ukraine. Je le disais tout à l'heure, le Royaume-Uni aussi. En réalité, toutes les démocraties savent qu'à travers l'Ukraine, c'est le modèle démocratique qui est attaqué. Et nous avons le devoir de le défendre. Et au vu de ce qui se passe sur le terrain en ce moment en Ukraine, nous avons une vraie chance de réussir. Nathalie Loiseau, je rappelle que vous êtes présidente de la sous-commission sécurité et défense au Parlement européen. Il y a eu cette alerte du diplomate en chef de l'Union européenne il y a quelques jours, Joseph Borrell.

Nos stocks militaires s'épuisent. Il appelle à des achats groupés d'armes au niveau européen. Vous y êtes favorable ? Il faut acheter des armes ensemble désormais ? Bien sûr. On a un paradoxe en Europe. Si on mettait bout à bout les dépenses de défense de tous les Européens des 27, nous serions la deuxième armée du monde. Est-ce que nous sommes la deuxième armée du monde ? Pas du tout. Parce que nos dépenses sont fragmentées, elles ne sont pas harmonisées. On a je ne sais combien de modèles de chars, d'avions de chasse, etc. En réalité, aujourd'hui, on gaspille de l'argent. Et c'est vrai qu'en aidant l'Ukraine, et tant mieux si nous le faisons.

Il y a 3 milliards d'euros d'équipements militaires envoyés à l'Ukraine qui ont été financés par l'Union européenne et c'est très bien. Mais en le faisant, certains pays, je pense à la Slovaquie, je pense aux Etats-Baltes, ont vidé leurs stocks. Il faut les aider à les reconstituer et autant les reconstituer ensemble, ça va aussi aller dans le sens de notre souveraineté stratégique et on sait qu'aujourd'hui,

17:41
Présentateur

elle est plus importante que jamais. D'avantage de concertation. Merci beaucoup Nathalie Loiseau d'être venue ce matin sur le plateau de France Info, députée européenne, partie Horizon, ancienne ministre chargée des Affaires européennes. Merci à vous, Naila Latrousse.