Le député et le dealer - Reportage C dans l'air 24.10.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:50OuverteRéponse directe
Dans quel but et quel contexte ces drogues sont-elles consommées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34PrésentateurFait
« Andy Kerbrat a signé une pétition contre ce phénomène le jour de son arrestation »
- 0:42PrésentateurFait
« Un produit souvent utilisé pour le chemsex, une pratique qui mélange rapport sexuel et prise de stupéfiants. »
- 2:50PrésentateurFait
« Nous faisons partie des pays qui consommons le plus de drogue. »
- 7:03InvitéChiffre
« Le gramme de cocaïne, c'est 60 euros à peu près. »
- 7:08InvitéChiffre
« Là, vous en trouvez à 30, 40 euros. »
Temps de parole
- Invité30 %
- Présentateur19 %
- Invité 218 %
- Invité 311 %
- Invité 48 %
- Invité 54 %
- Invité 63 %
- Présentateur 23 %
≈ 1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L'Assemblée nationale secouée par un scandale de drogue. Le député Andy Kerbrat a été arrêté la semaine dernière lors d'une transaction dans le métro parisien. Il venait d'acheter de la drogue. Il reconnaît les faits dans un communiqué. J'assume entièrement ma responsabilité. Face à des problèmes personnels et des fragilités psychologiques, j'ai pu consommer des drogues de synthèse et je suis pleinement conscient de leur effet sur la santé. Le député insoumis révèle son addiction à la 3-MMC, une drogue de synthèse qui reproduit des effets de la cocaïne, de l'extasie et des amphétamines.
Un produit souvent utilisé pour le chemsex, une pratique qui mélange rapport sexuel et prise de stupéfiants. Andy Kerbrat a signé une pétition contre ce phénomène le jour de son arrestation et s'engageait publiquement contre le trafic de drogue.
Je le rappelle, la lutte contre la drogue, avant tout, avant de mettre des bleus dans la rue, c'est la police judiciaire, c'est le démantèlement des réseaux et des trafics humains.
Le fait divers devient un sujet médiatique et les politiques s'en mêlent. Les appels à sa démission se multiplient.
Je sais qu'à sa place, je quitterai l'Assemblée nationale. Manifestement, il ne fait pas ce choix-là pour l'instant et j'ai l'impression que tout le monde lui trouve des excuses. Ça fait aujourd'hui beaucoup de mal à notre institution quand des députés, des élus, des parlementaires, quels qu'ils soient, donnent cette image alors qu'ils devraient montrer l'exemple. Est-ce que les électeurs de M. Kerbrat savent qu'il est consommateur de drogue, savent que la semaine, il fait la loi de la République et que le week-end, il la défait à titre personnel ?
Devoir d'exemplarité pour certains opposants politiques. D'autres, à gauche, défendent tandis Kerbrat. Contre l'addiction qui le domine, pour l'instant, il engage un traitement. Je lui exprime mon soutien très amical dans cette lutte. Nous l'entourerons pour cela. Les députés doivent être le plus exemplaires possible. Après, vous savez, les députés, ce sont aussi des êtres humains, des hommes, des femmes, comme tout le monde.
Et qui peuvent être sanctionnés quand ils font des fautes et qu'ils sont pris en flagrant délit.
Ils peuvent effectivement être sanctionnés. D'ailleurs, il le sera sans aucun doute. Les débats vont plus loin. Faut-il s'attaquer plus durement aux consommateurs de drogue ou alors le considérer comme un malade ? Deux modèles politiques s'affrontent.
On ne peut plus dire que fumer un joint, un rail de coque, tout ça, c'est récréatif. Non, parce que le joint, ce rail de coque, il a le goût des larmes, il a le goût du sang. Au bout de la chaîne, il y a des jeunes, des enfants qui ont lard de coup de couteau, qu'on brûle vif. C'est ça, je veux responsabiliser les consommateurs parce que sans demande, il n'y a pas d'offre.
Oui, la consommation de drogue met en danger les personnes qui consomment, en premier lieu, les personnes qui consomment et d'autres personnes. C'est évident, raison pour laquelle nous devons changer de regard puisque la lutte contre la drogue est un échec en France. Nous faisons partie des pays qui consommons le plus de drogue. Ce n'est pas la première fois que le Parlement est entaché par des affaires de drogue. Un député renaissance se met en retrait en 2023. Emmanuel Pellerin est accusé d'avoir consommé de la cocaïne. Au Sénat, le centriste Joël Guerriot est accusé d'avoir drogué une collègue députée pour abuser d'elle. Il n'a toujours pas démissionné de son mandat.
L'enquête est toujours en cours. Pour des parlementaires, il ne faut pas être naïf.
On va faire chez tous les ministres, leurs cabinets, tous les parlementaires, tous les sénateurs, tous les députés, tous les maires, etc. Des tests sanguins pour savoir s'ils sont positifs. Ah mais je veux bien. Je dis juste que les politiques ne sont pas extérieures à la société. Qu'il y a des problèmes de drogue dans la société et donc elles existent aussi en politique.
Le député Andy Kerbrat a annoncé se mettre pour l'instant en retrait et entamer des soins pour son addiction à la drogue.
Clotilde Champérage, question téléspectateurs. Dans quel but et quel contexte ces drogues sont-elles consommées ? Entre parenthèses, divertissement, fête, sexe, travail, etc. C'est vrai que cette drogue 3MMC, on parle de chemsexe. Ça veut dire en français, c'est du sexe sous drogue, chimique ? Oui, sous drogue. Alors, cette drogue-là, elle est encore très peu présente en France. Ce n'est pas la majorité. Ce qui est le plus consommé, c'est le cannabis, ensuite c'est la cocaïne. Mais c'est vrai qu'il y a tous ces nouveaux produits de synthèse qui vont arriver, qui sont plus complexes à trouver, mais qui peuvent se trouver.
Celle-là, elle est associée vraiment au chemsexe, c'est-à-dire effectivement des pratiques sexuelles, où à plusieurs, sous emprise de stupéfiants... Toute la nuit, on... Voilà, et c'est pas productif. Je ne sais même pas si c'est récréatif, parce que quand on lit des témoignages de personnes addictes, on voit que finalement, la notion de plaisir sexuel est perdue, et c'est vraiment la drogue qui devient le compagnon de route. C'est-à-dire que c'est la drogue qui est recherchée, et pas tellement le rapport. Pierre Palmade, il y avait succombé, et à la fin, il y a une addiction qui fait qu'on... Pour avoir un rapport sexuel, on... Sans drogue, il n'y arrive plus. Il n'y arrive plus, oui.
C'est là où on voit que ce sont aussi des malades. C'est-à-dire qu'en fait, il ne faut pas tout mélanger. C'est-à-dire que d'un côté, il y a le statut, en l'occurrence pour ce député, son statut et sa parole. D'autant plus, comme vous le disiez très justement, et qu'il a été très dur vis-à-vis des filières de la drogue, etc. Il y a un côté tartuffe. Il y a un côté tartuffe. Mais bon. Voilà. Donc, il y a ce côté, effectivement, le statut, la parole, et le devoir, effectivement, d'exemplarité. Et d'un autre côté, il y a le malade. Et c'est tout le problème dans notre société française aujourd'hui, c'est qu'on n'arrive pas à parler sereinement de la drogue comme d'une maladie, une addiction.
Et c'est une addiction pour toutes les raisons que vous venez d'exposer, mais aussi comme un vrai problème d'ordre public. Parce que c'est un problème d'ordre public, comme on le voit et comme l'a dit le ministre de l'Intérieur. Laurent Valdiguier, on ne cesse de dire que la drogue fait des ravages et pourtant, de plus en plus de Français y succombent. Par quel miracle, par quelle technique, la drogue se diffuse-t-elle à ce point ? Puisqu'on ne cesse de dire à nos enfants, n'en prenez pas et ils en prennent. Donc, c'est quoi ? C'est la véhicule, une image cool, une image de performance. Quelles sont les techniques de marketing, presque, j'ai envie de dire, qui font que la drogue...
Si je savais ça, c'est vrai que les drogues de synthèse, c'est assez récent, c'est le milieu des années 2010, mais c'est une autre technique. L'héroïne, il faut le pavot d'Afghanistan, la cocaïne, il faut la coca, la feuille d'Amérique du Sud, le cannabis, il faut le chanvre, principalement du Maroc. Donc, là, c'est fait avec des produits chimiques. On ne sait pas trop où. Dans un laboratoire ? Dans des labos en Chine, en Pologne, aux Pays-Bas, enfin bon. Et puis, alors, surtout, c'est diffusé différemment. Et alors, c'est très facile d'en obtenir. C'est au moment de palmade, en trois clics sur Internet. On ne peut pas trop le dire, mais c'est vrai. Vous pouvez trouver...
C'est beaucoup moins cher que... Pas beaucoup, mais enfin, c'est moins cher que le gramme de cocaïne. Le gramme de cocaïne, c'est 60 euros à peu près. Là, vous en trouvez à 30, 40 euros. C'est d'envoi de boîte aux lettres demain matin, assez facilement. Quand je dis assez facilement, il n'y a pas besoin d'avoir des gros logiciels secrets sur Internet. Avec tout ordinateur, vous pouvez en commander facilement. Donc, c'est toute une économie différente. Et c'est toute une économie différente parce que le trafic de drogue depuis tant d'années a généré un... C'est une grande surface à ciel ouvert.
Donc, ça a des moyens de marketing, des moyens de distribution, des moyens de vente extrêmement sophistiqués. Mais c'est presque un paradoxe d'aller acheter ça et de se faire piquer à acheter ça dans le métro à un dealer mineur. Parce qu'en réalité, il y a tellement de moyens... Sur les réseaux sociaux. Sur les réseaux sociaux pour se faire livrer à domicile ou dans un endroit sécurisé. Clotilde Champerache, on parle d'un marque... J'ai exprès employé l'utilisation marketing. Comment on achète de la drogue ? On va sur les points de deal, et c'est un peu glauque, dans des quartiers malfamés. Ou est-ce que, sur son téléphone portable, la drogue vient à vous avec un visage souriant ?
Justement, alors, c'est les propos du ministre Rotailleau qui dit, s'il n'y avait pas de demande, il n'y aurait pas d'offre. C'est beaucoup plus complexe que ça. Il y a une offre qui vient chercher le consommateur. Alors, ça se grève sur un contexte social aussi, où il y a des gens qui ont besoin de prendre des substances parce qu'ils ne vont pas bien. Je pense que ça, il faut le comprendre. Il y a aussi la question du rapport au droit qui est en train de se perdre. On fait ce qu'on veut, et si c'est en infraction, pourquoi pas ? C'est ma liberté. Si j'ai envie de me faire du mal avec une drogue, je le fais parce que je l'ai décidé. Ce discours-là, il existe aussi.
Et puis, il y a tout le marketing. Alors, on peut toujours aller sur un point de deal, mais effectivement, souvent, c'est les fours dans les cités. Ce n'est pas forcément un endroit où on a envie d'aller. C'est là qu'on va toucher d'autres consommateurs. Il y a des centrales d'appel. Alors, en plus, parfois, certaines sont ciblées qu'aiment sexe, donc on sait exactement ce qu'on va trouver et éventuellement avec qui consommer. Et puis, il y a tout ce qui s'est fait en ligne, alors beaucoup par les applications téléphoniques. Et alors là, on est dans un déferlement où le consommateur, il est relancé, ce qu'on ne fait pas sur les points de deal. D'ailleurs, il va recevoir des offres.
Il y a des offres professionnelles, il y a des goodies. On fait un emballage sympathique. Alors, en détournant des noms de marques, Haribo, ça devient Haribo. Il y a une mise en scène. Quand le RSA tombe, les SMS arrivent en disant « Venez vous approvisionner. » On offre aussi, vous commandez de la cocaïne, on vous donne un cachet d'ecstasy pour goûter. Donc, on emprisonne la personne qui est déjà dans une logique d'addiction, on l'emprisonne dans un cercle vicieux où il va consommer. Donc là, c'est quand même l'offre qui crée une demande. Et puis, par ailleurs, la cocaïne, on n'a jamais autant planté de coca qu'à l'heure actuelle.
On a une masse de matières premières, ce qui explique aussi la baisse du prix et donc une consommation. Donc, il y a tout ça. Il y a une accessibilité en termes de prix, en termes de « on vient vous chercher, on vous livre à domicile, sur votre lieu de travail. » Il y a aussi les consommateurs-revendeurs qui vont proposer à leurs camarades, à leurs collègues, etc. Donc, ça se répand, c'est extrêmement capillaire. Donc, ça s'est rendant gentil,
on est vraiment très fragile. Donc, ça s'est rendant vainquil, on n'a pas peur de faire. Donc, le justification o le droit est un bon, on est un bon. Donc, on lui, on veut partir quelque chose près de la réaction. Donc, il y a tout ça. Il y a tout ce que ça s'est rendant. Il y a tout ça. Il y a tout ce qui est ennant, c'est ce qui déclar.