Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
ChroniqueLe Monde (sur YouTube)· 27 juillet 2018 6 minActualité / polémiqueInstitutions & électionsJustice

L’affaire Benalla résumée en 5 minutes

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Fait
    « Le 2 mai, j’ai pris cette sanction de suspension et de rétrogradation, avec une lettre d’avertissement valant notification de licenciement en cas de nouveau comportement fautif. »
  • 3:00Fait
    « A mon niveau, je n’avais pas assez d’éléments pour justifier un recours à l’article 40. »
  • 4:00Fait
    « Les éléments dont je disposais le 2 mai, donc le lendemain, m’ont conduit à cette sanction, que j’ai considérée comme adaptée, proportionnée à un comportement individuel fautif. »
  • 5:00Fait
    « Le seul responsable de cette affaire c’est moi et moi seul. S’ils veulent un responsable, il est devant vous. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Le 1er mai 2018, à Paris, des affrontements éclatent entre des manifestants et les forces de l’ordre, en marge des défilés pour la fête du travail. Sur ces images amateur publiées sur les réseaux sociaux, on voit un homme molester une femme puis un homme. Deux mois et demi plus tard, le 18 juillet, son identité est révélée : il s’appelle Alexandre Benalla.

Et le problème, c’est qu’il n’avait rien à faire là. En réalité, Alexandre Benalla est chargé de mission, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron. Il n’a donc aucune raison de participer aux activités des CRS.

Et encore moins d’être violent avec des manifestants. C’est de là que vient le scandale. Alors comment ce qui ressemblait au départ à une bavure policière est devenu une affaire d’Etat ?

Dans un premier temps, ce qui est reproché à l’Elysée, ce sont les faibles sanctions prises contre Benalla. En effet, lorsque l’Elysée prend connaissance de la vidéo, rapidement après les faits, la punition est fixée à deux semaines de suspension Par ailleurs, il est convenu qu’après cette suspension, Alexandre Benalla ne se chargera plus de la sécurité des déplacements d’Emmanuel Macron. Or, de nombreuses photos prouvent le contraire.

Sur ces clichés pris le 13 juillet à Giverny ou lors du 14 juillet on le voit présent lors de déplacements du président. Deuxième problème : la justice n’a pas été saisie. Effectivement, lorsque l’Elysée décide le 2 mai de suspendre Alexandre Benalla, l’affaire reste en interne.

La justice n’est pas prévenue. Or, l’article 40 du code de procédure pénale précise que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République ». A cela, voilà ce que répond le directeur de cabinet du président : Le 2 mai, j’ai pris cette sanction de suspension et de rétrogradation, avec une lettre d’avertissement valant notification de licenciement en cas de nouveau comportement fautif.

A mon niveau, je n’avais pas assez d’éléments pour justifier un recours à l’article 40. Reste qu’en tenant la justice à l’écart, l’Elysée est suspecté d’avoir voulu dissimuler l’affaire. Troisième problème : le flou autour des fonctions d’Alexandre Benalla.

Officiellement, il est « chargé de mission auprès du cabinet du président de la République ». Pourtant, lors des manifestations du 1er mai, il est équipé d’un casque de CRS, d’un talkie walkie et surtout d’un brassard de police. Le port de ce brassard, sans être policier, est illégal.

Alexandre Benalla est par ailleurs détenteur d’un passeport diplomatique, d’un badge H d’accès à l’hémicycle de l'Assemblée nationale et d’un port d’arme temporaire délivré par la préfecture. Tous ces papiers sont peu compatibles avec sa fonction officielle d’adjoint au cabinet de la présidence. Dernier problème : la façon dont la crise a été gérée Lorsque l’affaire éclate, le 18 juillet, la justice s’empare immédiatement du dossier.

Deux jours plus tard, le 20 juillet, l’Elysée annonce la procédure de licenciement d’Alexandre Benalla deux jours plus tard, Mais la polémique enfle sur la façon dont l'Elysée a géré la sanction au moment des faits avant sa révélation. Et tout le monde se renvoie la balle. Le ministre de l’intérieur charge le préfet de police : Le 2 mai, je m’étais assuré que le cabinet du président de la République et la préfecture de police avaient été destinataire de l'information.

Le préfet, lui, rejette la faute sur l’Elysée : Je me suis tourné vers le ministère de l’intérieur qui m’a dit qu’il était déjà informé et qu'il traitait ça avec l’Elysée. Et le 24 juillet, l’Elysée finit par justifier le choix de la sanction contre Alexandre Benalla : Les éléments dont je disposais le 2 mai, donc le lendemain, m’ont conduit à cette sanction, que j’ai considérée comme adaptée, proportionnée à un comportement individuel fautif. Il n’empêche, la chaîne de commandement donne l’impression d’être dépassée par les évènements.

Une impression renforcée par le silence prolongé d’Emmanuel Macron. Finalement, le 24 juillet, le président de la République sort de son silence et fait une déclaration devant des collaborateurs : Le seul responsable de cette affaire c’est moi et moi seul. S’ils veulent un responsable, il est devant vous.

Qu’ils viennent le chercher. Le problème, c’est que selon la Constitution, le président ne peut être convoqué « devant aucune juridiction ou autorité administrative française ». Cependant, ce texte est sujet à interprétation et certains constitutionnalistes avancent que le président peut être entendu par les commissions d’enquête parlementaire.

Pour l’heure, le seul coupable désigné pour endosser la responsabilité de l’affaire, c’est Alexandre Benalla lui-même.