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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 24 janvier 2024 27 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieEurope & international

Poursuite de la mobilisation des agriculteurs, revendications... Le "8h30 franceinfo" d'Arnaud Rousseau

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    Bonjour Arne Rousseau, c'est vous qui avez annoncé hier le drame survenu à Pamier en Ariège où l'une de vos adhérentes, une agricultrice trentenaire, a perdu la vie.

  • 0:13OuverteRéponse directe

    On a appris hier soir que sa fille, âgée de 12 ans, a succombé à ses blessures. C'est un drame qui s'ajoute au drame ?

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Le président de la République, le Premier Ministre, est-ce qu'ils se sont manifestés auprès de vous après le drame ?

  • 1:20OuverteRéponse directe

    Et est-ce que ça change quelque chose sur les modalités du mouvement qui a tendance à se durcir ?

  • 1:55RelanceRéponse directe

    Je reviens quand même sur les modalités, est-ce que ça change quelque chose ? Parce que ça pose aussi beaucoup de questions sur la sécurité des manifestants. Quel message vous faites passer vous ?

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Les décisions politiques sont attendues en fin de semaine. Reste qu'au ministère de l'Intérieur Gérald Darmanin dit il n'est pas question d'évacuer les points de blocage.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:34Invité politiqueChiffre
    « On a perdu 100 000 agriculteurs entre 2010 et 2020. On est moins de 400 000. »
  • 10:14Invité politiqueChiffre
    « Il y en a près de 6 à 7 % aujourd'hui qui ne sont pas payés. »
  • 10:33Invité politiqueFait
    « Et quand vous avez purgé un régime de retraite, vous n'avez pas le reste. »
  • 12:00Invité politiqueFait
    « Ce qui se passe sur le lait en ce moment n'est pas tolérable. »
  • 14:21Invité politiqueFait
    « Quand on demande aux agriculteurs, très concrètement au niveau européen, de mettre, dès cette année, 4% de leurs terres en jachère »
  • 19:42Invité politiqueChiffre
    « La consommation en France de viande bovine c'est environ 1 500 000 tonnes et on importe 25% de ces quantités. »

Temps de parole

  • Arnaud Rousseau69 %
  • Invité13 %
  • Présentateur11 %
  • Présentateur 27 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Arne Rousseau, c'est vous qui avez annoncé hier le drame survenu à Pamier en Ariège où l'une de vos adhérentes, une agricultrice trentenaire, a perdu la vie. On a appris hier soir que sa fille, âgée de 12 ans, a succombé à ses blessures. C'est un drame qui s'ajoute au drame ?

0:20
Arnaud Rousseau

Oui bien sûr, évidemment vous imaginez que quand on a appris ça très tôt hier matin, c'était la consternation et que ce drame évidemment il nous a tous très profondément heurtés et je pense à la famille en ce moment et à l'ensemble de leurs collègues de l'Ariège. Ce drame il est survenu dans des conditions qui devront être éclaircies mais en fait cette famille dormait là au moment où est arrivé cet accident et donc voilà c'est pour nous tous terrible.

0:46
Présentateur

Le président de la République, le Premier Ministre, est-ce qu'ils se sont manifestés auprès de vous après le drame ?

0:51
Arnaud Rousseau

Écoutez j'ai reçu un message mais encore une fois le sujet c'est pas envers moi, c'est envers le monde agricole, envers les proches évidemment. Envers l'ensemble des agriculteurs qui sont mobilisés, ce que subit cette famille c'est absolument terrible. Voilà maintenant notre engagement c'est de faire en sorte qu'on trouve des solutions pour l'agriculture, c'est ce qu'elle était venue demander. C'est ça que voulait dire sa présence à cet endroit là et donc vous imaginez que le degré de détermination est total.

1:20
Invité

Et est-ce que ça change quelque chose sur les modalités du mouvement qui a tendance à se durcir ?

1:25
Arnaud Rousseau

Oui je l'ai dit et nous avons des retours depuis hier soir, tous les départements vont rentrer en action avec des actions plus ou moins longues en fonction des territoires. L'objectif c'est pas d'emmerder les français, l'objectif c'est d'obtenir des résultats rapides parce que ce métier ça fait 20 ans qu'on lui en met sur le dos. Et les agriculteurs aujourd'hui ils se sentent atteints dans leur liberté d'entreprendre, dans la manière de faire leur métier au quotidien sur leurs exploitations et ils n'en peuvent plus. Et donc le cumul administratif, les contrôles, le normatif, tout ça c'est plus tenable.

1:55
Invité

Je reviens quand même sur les modalités, est-ce que ça change quelque chose ? Parce que ça pose aussi beaucoup de questions sur la sécurité des manifestants. Quel message vous faites passer vous ?

2:04
Arnaud Rousseau

Bon d'abord on a fait passer depuis hier matin un message d'absolue sécurisation des sites en lien avec les préfectures puisque nos manifestations sont déclarées et je remercie l'ensemble des services préfectoraux qui s'activent pour sécuriser ces sites. On a aussi dit qu'il ne fallait pas de violence parce que vous savez elle est parfois pas très loin et donc là en responsabilité à l'FNSOA nous avons dit très clairement que si nous étions déterminés, si nous voulions des actions concrètes, la violence n'était pas une réponse à ce qui se passe en ce moment.

On l'a dit très clairement donc voilà sécurisation, responsabilité mais encore une fois tout ça ça ne tiendra que si rapidement on a des réponses très concrètes parce que les agriculteurs ne sont pas devant plus des gens à qui il faut jouer.

2:45
Présentateur

Les décisions politiques sont attendues en fin de semaine. Reste qu'au ministère de l'Intérieur Gérald Darmanin dit il n'est pas question d'évacuer les points de blocage. Vous entendez les écologistes qui s'étonnent d'un deux poids deux mesures qui eux dès qu'ils agissent, qu'ils font des manifestations, des points de blocage où ils sont évacués dans la seconde ?

3:03
Arnaud Rousseau

Non mais nous on n'est pas là pour faire de la politique. Nous on est là pour défendre notre métier et par ailleurs je suis conscient que personne n'a intérêt à l'escalade. Voilà donc j'appelle tout le monde à la responsabilité. Pour autant on a des choses à dire qui sont encore une fois anciennes que l'on dit depuis longtemps et moi je m'étonne tout d'un coup de cet accès de compréhension de l'opinion publique parce qu'au mois de novembre déjà, mais c'est plus ancien, on retournait de manière pacifique les panneaux d'entrée des agglomérations et des villages pour dire on marche sur la tête.

Donc ça fait plusieurs semaines, plusieurs mois qu'on explique ça et on a l'impression qu'il y a une forme de surdité. Et puis tout d'un coup voilà on est bloqué et tout le monde se dit ah bah oui effectivement moi je remercie les français qui nous soutiennent.

3:45
Invité

Vous vous étonnez mais vous le comprenez comment, vous l'expliquez comment cette compréhension de l'opinion publique ?

3:51
Arnaud Rousseau

Je comprends parce que je pense que chacun s'interroge sur qu'est-ce qu'il aura dans son assiette demain. On importe un tiers de notre alimentation. On a perdu 100 000 agriculteurs entre 2010 et 2020. On est moins de 400 000. Le sujet de la souveraineté alimentaire, de comment on se nourrit demain, c'est un sujet qui à mon avis interpelle les français.

4:08
Présentateur

Mais vous parlez de surdité, surdité de l'opinion publique, surdité aussi du gouvernement parce qu'hier Marc Fénault s'est déplacé en Ariège là où il y a eu l'accident. Les agriculteurs ne voulaient pas de sa présence. Ils ont dit dans la journée on n'a pas envie de le voir. Il y a une colère contre lui, contre le ministre Marc Fénault ?

4:23
Arnaud Rousseau

Non mais évidemment, quand vous avez ce type de drame, la communication politique, ce n'est pas le moment.

4:30
Invité

Mais le fait d'aller sur place pour manifester la sympathie du gouvernement et donc des français, ce n'est pas forcément de la communication politique ?

4:37
Arnaud Rousseau

Non mais enfin, encore une fois, il y est allé, il a, je crois, échangé, enfin c'est pas quoi, je crois, il a échangé avec les responsables professionnels de ce département dans un échange très court parce que le cœur n'était pas à discuter des sujets techniques de revendication. Voilà, donc on a demandé, je suis allé voir lundi avec mon collègue des jeunes agriculteurs au nom de notre syndicat, le Premier ministre, on lui a dit qu'il fallait aller sur le terrain. Il faut aller sur le terrain. Bon, le ministre, il va après ce drame, il a dit qu'il irait. Donc voilà, moi, encore une fois, je laisse organiser ces déplacements.

Les agriculteurs, ils ont besoin de comprendre que leur message est reçu 5 sur 5. C'est ce que j'ai vu hier à l'Assemblée dans la prise de parole. Maintenant, encore une fois, il faudra des résultats très concrets.

5:21
Présentateur

On entend bien ce que vous dites ce matin, Rene Rousseau. Vous parlez des revendications des agriculteurs. Votre mission, c'est d'alerter les pouvoirs publics. Reste qu'il y a des partis politiques qui commentent, qui parlent de ce que vous faites, de vos actions, et même du drame qui a eu lieu hier. En l'occurrence, Jordan Bardella, le RN, demande des comptes au gouvernement parce que les occupants de la voiture qui a percuté le tas de foin hier, qui a provoqué la mort de cette agricultrice, faisaient l'objet d'une OQTF. Jordan Bardella demande des comptes au gouvernement. Est-ce que c'est bien le moment ?

5:57
Arnaud Rousseau

Écoutez, Jordan Bardella est un responsable politique. Il est tout à fait fondé à demander des comptes au gouvernement. Je crois que c'est son rôle. Mais pardonnez-moi, pour ce qui me concerne, et l'ensemble du conseil d'administration de la FSEA, nous, on a été mandatés pour défendre les agriculteurs sur des revendications professionnelles d'un syndicat agricole. Donc, nous, on va parler d'agriculture, parce que c'est ça, je crois, qu'attendent les agriculteurs. Pour ce qui est du politique, vous savez, les agriculteurs, ils n'attendent pas qu'on leur donne des consignes. La FNSEA ne leur donne jamais. Statutairement, elle a bien fait le distinguo.

Donc, les agriculteurs, ils voteront ce qu'ils ont envie aux élections européennes. Les hommes politiques font leur métier. Pour ce qui nous concerne, nous, dans le moment dans lequel on est, on porte des revendications claires, qu'on communiquera en fin de journée, qui sont assez longues. Et ce qu'on veut, encore une fois, c'est des réponses précises.

6:40
Invité

Vos revendications, les réponses éventuelles du gouvernement, on va en parler avec vous, Arnaud Rousseau, dans une minute. Le président de la FNSEA est notre invité jusqu'à 9h sur France Info. On vous retrouve juste après le fil Info, 8h40, Sophie Echenne.

6:52
Présentateur

Les agriculteurs poursuivent leurs actions aujourd'hui, avec des blocages en ce moment, un peu partout en France, au sud de Toulouse, dans le Rhône, l'Oise, en Bretagne. L'objectif n'est pas d'emmerder les Français, dit sur France Info le président de la FNSEA, Arthur Arnaud Rousseau. L'objectif, c'est d'obtenir des résultats rapides, car les agriculteurs se sentent atteints dans leur liberté de faire leur métier au quotidien. Le projet de loi visant à faire inscrire l'IVG, l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution, arrive à l'Assemblée cet après-midi. Si l'adoption du texte semble probable, c'est au Sénat que ça risque de coincer.

Hier, son président, Gérard Larcher, a dit son opposition sur France Info, estimant que l'IVG n'était pas menacée en France. Les Etats-Unis ont mené deux nouvelles frappes sur les outils au Yémen. Cette nuit, les Américains disent avoir visé au sol des missiles anti-navires dirigés vers la mer Rouge. L'Algérie est éliminée de la Cannes, la Coupe d'Afrique des Nations. Les FNSEA ont perdu hier soir contre la Mauritanie, qualifiée, elle, en huitième de finale pour la toute première fois de son histoire. France Info Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Saliabrakia.

Toujours avec le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, vous disiez juste avant le fil Info que vous aviez préparé une liste de revendications que vous alliez publier ce soir. Combien de revendications ?

8:05
Arnaud Rousseau

D'abord, on va réunir ce matin le conseil d'administration de la FNSEA, puis ensuite l'ensemble de nos représentants territoriaux, parce que ce qui est important pour nous, c'est que nos revendications, elles collent à ce que les agriculteurs attendent. Donc c'est les raisons pour lesquelles on a besoin d'un peu de temps et qu'on travaille depuis ce week-end pour faire remonter. Ensuite, ce soir, on communiquera, il y en aura un peu plus d'une quarantaine qui sont encore une fois le fruit de l'histoire, de la sédimentation, de l'accumulation de ce qu'on subit. Elles ont en gros trois thématiques, tout ce qui relève de la dignité du métier. Il faut qu'on change d'état d'esprit.

L'agriculteur, vous savez, c'est quelqu'un qui a envie de faire son métier, qui est plein de bon sens et qui ne veut pas qu'en permanence, on le flique. Donc tout ce qui est autour de la dignité, de la reconnaissance du métier, on aura un deuxième grand thématique autour du juste revenu. C'est tout le sujet des prix. On est en pleine négociation en ce moment. Qu'est-ce qu'on est capable de dire de la protection de la matière première agricole ? Qu'est-ce qu'on est capable de dire sur la protection des moyens de production ? La question de l'eau, la question des produits phytosanitaires, les investissements sur la recherche et l'innovation.

Et puis la troisième grande thématique, ce sera autour de l'exercice du métier. Sur les contrôles, sur le suivi, sur la suradministration, sur les normes permanentes. Donc tout ça sera décliné de manière très précise. On aura aussi un timing parce qu'il y a des choses dont on a besoin tout de suite, mais il y a aussi des choses du cadre européen et on sait très bien que ce ne sera pas trois jours qui suffisent.

9:19
Invité

Alors justement, les choses dont vous avez besoin tout de suite. Votre homologue de la coordination rurale nous disait tout à l'heure qu'après son rendez-vous avec Gabrielle Attal hier, elle avait reçu des promesses qui, disait-elle, pourraient être annoncées par le gouvernement dès vendredi concernant la trésorerie, des aides à la trésorerie des exploitations agricoles. Est-ce que vous avez reçu les mêmes engagements ? Est-ce que vous pouvez nous confirmer que vendredi, on peut s'attendre à des annonces sur ce point-là ?

9:40
Arnaud Rousseau

Écoutez, nous avons vu le Premier ministre lundi soir. Il nous a dit qu'il souhaitait prendre quelques jours pour pouvoir aller en profondeur. Évidemment, il attend aussi ce que sont nos demandes. Donc, tout le monde travaille. Je ne sais pas si ce sera vendredi. C'est ce que j'entends. Mais encore une fois, ce qui nous intéresse, ce n'est pas de savoir si c'est vendredi matin, après-midi...

9:59
Invité

Non, mais sur la trésorerie, parce que vous parliez... Évidemment, évidemment.

10:02
Arnaud Rousseau

Et puis, il y a les urgences aussi. Bien sûr. Les urgences, elles concernent tout le sujet sanitaire. Les urgences, elles concernent les agriculteurs qui ne sont pas payés de leur compensation de la politique agricole commune qui aurait dû être versée au 15 octobre. Il y en a près de 6 à 7 % aujourd'hui qui ne sont pas payés. Donc ça, ce n'est pas tenable. Parce qu'ils n'ont pas rempli les bons formulaires.

10:20
Invité

Qu'est-ce qui s'est passé ?

10:21
Arnaud Rousseau

Pas du tout. C'est, par exemple, des gens qui ont purgé un régime de retraite parce qu'ils ont travaillé une ou deux années au début de leur carrière dans un hôpital, par exemple. Aujourd'hui, ils ont une retraite de 100 euros par mois ou 50 euros par mois de leurs deux premières années d'activité professionnelle. Et quand vous avez purgé un régime de retraite, vous n'avez pas le reste. Donc tout ça, c'est de l'administratif. Vous voyez, ça, c'est très concret.

10:44
Présentateur

Et Arnaud Rousseau, c'est ce qui se passe en ce moment. Les négociations commerciales sur le papier, les lois EGALIM sont censées assurer, garantir un bon prix aux agriculteurs, aux éleveurs. Est-ce que dans la réalité, c'est le cas ? Comment ça se passe en ce moment, les négociations ?

10:59
Arnaud Rousseau

Là aussi, on a fait des lois EGALIM pour protéger la matière première agricole. Tout le monde comprend qu'on ne peut pas produire sur une ferme en dessous de ses coûts de production. Sinon, ça ne dure pas. Eh bien, on explique d'un côté qu'il faut des prix bas. Et j'entends le sujet de pouvoir d'achat des Français. On est évidemment nous-mêmes concernés. Mais de l'autre, ça se traduit par des importations. Là, on est dans le moment de la fin des négociations d'ici qu'un jour. Une première partie a été finie. Moi, je dis à Bruno Le Maire, ce n'est pas des contrôles. Il faut passer tout le monde au peigne fin. Il faut regarder chez tout le monde si on respecte la loi.

Et j'appelle vraiment en responsabilité l'ensemble des représentants de la grande distribution à ne pas jouer sur ce sujet. Le moment n'est pas du tout à des négociations difficiles. Vous dites qu'il faut arrêter les marges.

11:39
Présentateur

Il faut arrêter les marges, c'est ça ?

11:41
Arnaud Rousseau

Moi, je me concentre sur la matière première agricole. Voyez-vous ? Après, ce qui se passe, c'est autre chose. Et il n'y a pas que de la matière première agricole dans un produit. Il y a aussi sa transformation. Le kilo de sucre, le kilo de farine, le litre de lait, il est aussi passé par une industrie. Et c'est aussi une des raisons pour lesquelles il faut qu'on regarde en filière. Mais on a besoin que le producteur soit amélioré. Ce qui se passe sur le lait en ce moment n'est pas tolérable. On ne peut pas payer des producteurs laitiers avec des écarts importants entre différentes entreprises.

Donc, on a besoin que sur le lait, notamment chez le leader de la production laitière française, on est désavancé. Est-ce que ce leader, l'Actalis, est-ce que ce leader a des négociations difficiles ? Je ne sais pas. À mon niveau, je ne sais pas. En revanche, j'appelle tout le monde à la responsabilité parce que ça, on ne le sera pas passé.

12:24
Présentateur

Vous demandez de l'aide à Bruno Le Maire, clairement, qui met de pression ?

12:27
Arnaud Rousseau

Non, mais Bruno Le Maire, il est ministre de l'économie. Moi, je ne suis pas son conseiller. Voilà, je dis juste... Mais pourquoi vous dites qu'il tient un double discours ? Mais parce que quand vous expliquez que vous voulez défendre la matière première agricole, mais que de l'autre côté, vous expliquez qu'on veut juguler l'inflation et que les prix soient bas, il y a un moment, il y a une quadrature du sec qui n'est pas possible. Voilà.

12:45
Invité

Mais comment on en sort ça ? Parce que là, pour le coup, hier, on avait quelqu'un sur France Info qui nous disait producteurs et consommateurs sont main dans la main. On voit bien, avec ce que vous venez de dire, que ce n'est pas le cas.

12:52
Arnaud Rousseau

Bien, comment on fait ? On respecte la loi. Puisque dans le cadre des lois Egalim, il a été écrit en dur dans la loi qu'on ne peut pas attaquer la matière première agricole. C'est dans la loi. Donc, moi, je demande juste...

13:04
Présentateur

Elle n'est pas respectée, cette loi, aujourd'hui ?

13:05
Arnaud Rousseau

Bien non, elle n'est pas respectée. Clairement pas respectée. Il y a des contrats, par exemple, qui doivent être mis en place. Il y a des gens qui disent très clairement aujourd'hui dans les négociations, la matière première agricole, ce n'est pas notre problème. Voilà. Donc, on a besoin d'avancer. Et là, encore une fois, les négociations ne sont pas terminées pour les grandes entreprises, mais les grandes entreprises font ce qu'elles veulent. Moi, ce qui m'intéresse, c'est comment on s'assure. J'ai pris l'exemple du lait, mais il y en a d'autres. Vous pourrez parler de la viande bovine.

Donc, on s'assure que le prix payé aux producteurs respecte les ratios, le prix interprofessionnel défini sur les coûts de production.

13:35
Invité

Arnaud Rousseau, parmi les sujets de colère, il y a aussi la question des normes européennes, les normes écologiques. Vous demandez une pause environnementale. Est-ce que ce mouvement est un mouvement contre l'écologie ?

13:47
Arnaud Rousseau

Non. D'abord, la pause environnementale, elle a été portée par le président de la République lui-même. Voilà. Lui-même avait parlé

13:54
Présentateur

de la pause environnementale.

13:54
Arnaud Rousseau

Il y a un discours. Il y a déjà plusieurs mois. Il y a déjà plusieurs mois.

13:58
Présentateur

Mais il avait suscité un tollé, en éclairant cela.

14:01
Arnaud Rousseau

Voilà. Moi, ce que j'explique, c'est qu'aujourd'hui, opposer agriculture et environnement, c'est stérile. Mais pour accompagner les transitions, pour pouvoir décarboner demain, si on n'a pas les moyens de le faire, on ne le fera pas. Donc, la question, c'est le rythme, c'est la faisabilité. Quand on demande aux agriculteurs, très concrètement au niveau européen, de mettre, dès cette année, 4% de leurs terres en jachère, alors même que l'Ukraine importe massivement alors même que l'année dernière, on a importé deux fois plus de céréales que l'année d'avant, les gens se disent, on marche sur la tête.

14:30
Invité

Mais ça, c'est un point important parce qu'on rappelle les objectifs qui sont fixés par l'Europe à l'horizon 2030, pas pour cette année, mais moins 50% pour les pesticides, moins 30% pour les engrais, 25% d'agriculture bio en Europe. Est-ce que ces objectifs à l'horizon 2030, ils sont atteignables ?

14:44
Arnaud Rousseau

Mais la réponse est non dans le moment dans lequel on est. Prenons l'agriculture biologique. Elle représente aujourd'hui à peu près 10% des surfaces françaises cultivées, 15% des agriculteurs. En ce moment, il y a une crise terrible dans l'agriculture biologique. Les agriculteurs, ils ne s'en sortent pas. Nous, ce qu'on veut, c'est sauver les entreprises. Pourquoi ils ne s'en sortent pas ? Parce que la baisse de consommation des produits en agriculture biologique n'est pas au rendez-vous. On en importe un tiers des produits d'agriculture biologique qui est consommé. Donc vous voyez qu'il y a l'importation, il y a la production.

Et le marché, je suis désolé, est quand même à prendre en compte. Et donc dire qu'on sera à 25% dans 6 ans alors qu'on se bat pour conserver les entreprises en agriculture biologique, je crois qu'il faut être cohérent.

15:24
Invité

Mais qu'est-ce que vous répondez aux écologistes qui vous disent que si on repousse sans cesse les échéances, ces objectifs, on n'y arrivera jamais ?

15:31
Arnaud Rousseau

Non mais, moi je suis agriculteur sur la ferme de mes parents, de mes grands-parents, de mes arrière-grands-parents. Donc la durée, ça nous dit quelque chose. Voilà. Donc on est conscient. Vous savez, le changement climatique, les adulteurs le voient. Bon, donc on a envie de faire ça. Simplement, ça ne peut pas être incantatoire. Quand vous expliquez à un éleveur qui a arrêté l'élevage qu'il faudra continuer à réimplanter des prairies, ce n'est pas possible. Quand vous expliquez à un producteur de volaille ou à un producteur de porc qui a une taille d'une exploitation familiale en France qui va être en concurrence avec une exploitation chinoise ou ukrainienne, ça n'est pas possible.

16:06
Présentateur

Mais dans ces cas-là, est-ce qu'il faut verser dans le protectionnisme ? Obliger les collectivités, par exemple, les collectivités publiques, toutes les commandes publiques à se fournir chez les agriculteurs français. Vous demandez cela dans les annonces qui vont être faites par Gabriel Attal ?

16:20
Arnaud Rousseau

Mais là encore, c'est dans la loi. Vous voyez, la loi prévoit que c'est 50%.

16:25
Présentateur

Mais ce n'est pas forcément fait.

16:26
Arnaud Rousseau

L'État ne respecte pas le propre cadre qui s'est imposé. Voilà, mais tout le monde le sait. Donc on doit pouvoir avancer. Moi, il faut aussi redonner des perspectives. Parce que la colère qui s'exprime là, elle doit aussi permettre d'aller de l'avant avec une forme d'énergie demain. Mais là, dans le moment dans lequel on est, qui est un moment de ras-le-bol total, il faut qu'on ait des réponses. Et l'Europe a une part de responsabilité. L'Europe, c'est aussi notre avenir. Je le dis, parce qu'il faut rester équilibré. C'est la politique agricole commune, c'est un certain nombre d'air de sécurité. Donc on a besoin de protéger ça, mais il faut qu'il y ait de la cohérence.

Et moi, j'entends le monde de l'écologie dire qu'il faut que ça aille plus vite. Mais il y a une réalité de la vie de nos territoires. Donc l'agriculteur, il ne se dit pas tous les matins je vais me lever pour massacrer l'endroit où je vis depuis que je suis né. C'est un décalage complet qu'on vit aujourd'hui. L'agriculteur, il dit, moi, je veux bien continuer les transitions, je veux bien regarder le sujet des décarbonations, mais encore faut-il que j'ai les moyens de vivre. Or au moment où on se parle, c'est difficile pour un certain nombre de nos collègues. Et puis, je veux le dire aussi, il faut arrêter avec cette image de l'agriculteur qui forcément doit être un pauvre.

Si on veut attirer demain des talents alors qu'on est des métiers où on bosse 60 heures par semaine ou on gagne mal de notre vie, il va falloir qu'on donne des perspectives parce que le vrai sujet demain, c'est qu'est-ce qu'on a encore une fois dans nos assiettes en France.

17:43
Invité

Arnaud Rousseau, le président de la FNSA est avec nous jusqu'à 9h. On laisse passer le fil info. On vous retrouve dans une minute 8h51. Sophie Echen.

17:50
Présentateur

Donald Trump se rapproche un peu plus de l'investiture républicaine avec sa victoire à la primaire du New Hampshire hier contre Nikki Haley. Suite à cela, Joe Biden a prévenu notre démocratie, nos libertés individuelles, notre économie, tout est en jeu. C'est ce qu'a dit l'actuel président américain. Le mouvement de colère des agriculteurs continue de prendre de l'ampleur en France avec des actions dans tous les départements français d'ici demain. Le degré de détermination est total, dit sur France Info le président de la FNSA, Arnaud Rousseau. Il appelle chacun à la responsabilité afin d'éviter toute escalade.

En déplacement dans le Pas-de-Calais hier, le ministre de la transition écologique. Christophe Béchut a évoqué la possibilité du rachat par l'État de certaines maisons très endommagées après les deux crues records dans le département. Par ailleurs, les communes impactées qui n'avaient pas été classées en catastrophe naturelle le seront aujourd'hui. Vous planifiez peut-être déjà vos vacances de Pâques ou vos ponts du mois de mai. Bonne nouvelle, la vente des billets de train pour le printemps est ouverte depuis ce matin pour la période allant du 25 mars au 22 mai. France Info Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Braclia

18:55
Invité

Arnaud Rousseau président de la FNSE il y a une question qui revient régulièrement dans cette crise agricole que nous traversons notamment posée par le Rassemblement National est-ce qu'il faut sortir des accords de libre-échange ?

19:05
Arnaud Rousseau

En tous les cas il faut de la réciprocité c'est-à-dire qu'on ne peut pas tolérer que quelque part on ait des normes parmi les plus élevées des standards de la planète et qu'on importe des produits qui viennent du reste du monde.

19:16
Invité

Et qui n'applique pas nos normes ? Et qui n'applique pas nos normes.

19:19
Arnaud Rousseau

Parce qu'on entend beaucoup ça il faut nous donner des exemples précis. Je vais vous donner un exemple très précis. Le Mercosur prévoit l'importation donc c'est l'accord de libre-échange avec les pays d'Argentine, Brésil cet accord prévoit il n'est pas signé au moment où on se parle et vous avez compris qu'on y est très hostile prévoit d'importer 99 000 tonnes de viande bovine en Europe. La consommation en France de viande bovine c'est environ 1 500 000 tonnes et on importe 25% de ces quantités. Alors qu'on saurait faire plus pour peu qu'on soit payé et notre élevage est essentiellement à l'herbe.

Au Brésil vous pouvez utiliser des hormones vous pouvez aller voir un élevage brésilien de feedlots c'est entre 3 000 et 5 000 animaux. Il y a des sujets de déforestation pas partout mais il y a des sujets de déforestation. Et vous voyez bien que quand on dit ça et qu'on nous demande d'être d'accord pour importer de la viande bovine ça c'est un accord qui n'est pas signé mais actuellement est-ce qu'il y a des... C'est un accord qui nous plane au-dessus de la tête et dans lequel pour le moment à part la France il n'y a pas grand monde qui a envie de se battre.

20:14
Présentateur

Donc il faut des closets en roi à chaque fois.

20:16
Arnaud Rousseau

Je dis en tous les cas qu'il faut qu'on puisse continuer à commercer parce que là aussi restons lucides quand on boit un café le matin à 7h-ci ce ne sera pas une production française demain. Donc on n'est pas en train de dire qu'il faut fermer les frontières. On dit simplement qu'on ne peut pas avoir des standards élevés et considérer que pour le reste ce n'est pas un sujet.

20:33
Présentateur

Surtout que vous aussi en fait vous bénéficiez de ces accords de libre-échange.

20:36
Arnaud Rousseau

Mais on continue à commercer. On exporte des céréales on exporte des vins et spiritueux on exporte des produits laitiers transformés donc le sujet n'est pas de se refermer ce soir. Le sujet c'est simplement de dire que par exemple quand on interdit une molécule chimique en France et bien ça veut dire qu'elle est dangereuse et elle est dangereuse pour un Allemand elle est dangereuse pour un Belge ou elle est dangereuse

20:55
Invité

Mais est-ce qu'aujourd'hui il y a des produits qui sont importés en France et qui ne respectent pas les normes environnementales que respectent les agriculteurs français ?

21:03
Arnaud Rousseau

Bien sûr. De la viande je vous ai dit de la viande Parce que là vous nous parliez

21:07
Invité

d'un accord

21:07
Arnaud Rousseau

encore une fois avec le Mercosur qui n'est pas signé Mais pardonnez-moi il y a déjà de la viande brésilienne qui rentre en France avant cet accord vous voyez ça c'est très conscient mais je vous donne un autre exemple sur les légumes ou sur les fruits la cerise qui est en train de se paupériser dans le sillon rhodanien avec des gens qui arrachent leurs cerisiers parce qu'il y a un petit insecte qui s'appelle la drosophie Suzuki qui vient rendre les cerises impropres à la consommation on avait un produit qui permettait de les contrôler par exemple qui ne sont pas les mêmes mais je peux vous en donner longtemps des exemples comme ça

21:40
Présentateur

Arnaud Rousseau il y a un autre sujet qui touche le quotidien des agriculteurs c'est le gazole non routier le bouclier tarifaire c'est fini c'est ce qu'a dit le gouvernement la fiscalité repart à la hausse sur le gazole non routier vous avez demandé vous au gouvernement d'y renoncer

21:54
Arnaud Rousseau

On a demandé en tous les cas une simplification vous savez quand il y a une négociation au mois de juin dont tout le monde parle l'idée c'était évidemment de protéger puisque cette niche qui représente une niche fiscale qui représentait à l'époque un peu plus de 1,4 milliard nous y tenons beaucoup pour un sujet simple c'est que c'est un sujet de compétitivité de nos exploitations et Bruno Le Maire au moment de la discussion souhaitait l'arrêter complètement nous on voulait donner aussi un signe que la décarbonation est là les compensations ne conviennent pas au moment où on se parle on a besoin de quoi là aussi je voudrais être très concret aujourd'hui quand vous êtes un agriculteur et que vous achetez vous appelez votre marchand de fioul pour vous faire livrer sur votre ferme vous payez le prix donc en ce moment de l'ordre de 1 euro d'ailleurs les prix du pétrole baissent et c'est une bonne chose et vous avez plusieurs mois après la possibilité de demander le remboursement d'une taxe qui représente de l'ordre de 15 centimes du litre et près de 35 à 40% des agriculteurs ne demandent pas ce remboursement parce que c'est des papiers c'est un logiciel c'est pas toujours accessible c'est compliqué et bien là très concrètement ce qu'on demande c'est que dès qu'on achète son carburant son GNR on puisse avoir tout de suite une remise sur la facture ce qui évite de faire des déclarations supplémentaires et puis on a besoin effectivement que cette niche elle soit conservée

23:08
Invité

il nous reste un tout petit peu de temps pour évoquer notamment la question de l'eau puisque vous faites désormais face à des périodes de sécheresse plus longue plus fréquente le gouvernement a communiqué sur la mise en place d'un fonds hydraulique est-ce que ça va dans le bon sens

23:17
Arnaud Rousseau

oui vous savez il n'y aura pas d'agriculture sans eau voilà donc il faut la stocker quand elle est en quantité importante et je peux vous dire que depuis quelques mois je pense notamment à nos collègues du Pas-de-Calais de l'eau il y en a ça passe par les méga-bassines non

23:31
Présentateur

de l'eau il y en a et qui détruit

23:33
Arnaud Rousseau

de l'eau il y en a et encore une fois les bassines sont le modèle quand on est dans le marais-pois de vin mais il y a des endroits où il y a autre chose parce qu'il y a du collinaire des réserves collinaires on aura besoin de stocker l'eau on a des projets par exemple dans la Vienne aujourd'hui des projets qui ont une autorisation de permis de construire un permis qui est purgé et les gens là-bas sur les Luluclin disent encore on n'arrive pas à s'en sortir parce qu'on nous demande des papiers des papiers et si d'ici quelques mois on n'a pas résolu la totalité des problèmes notre permis tombera et bien moi je dis c'est pas possible ça fait 12 ans qu'ils sont en route est-ce qu'à un moment on peut stocker de l'eau on l'a fait dans les années 60 de manière apaisée si la Seine coule à Paris c'est parce qu'il y a des grands lacs qui permettent de relarguer de l'eau toute l'année donc c'est une question de bon sens

24:14
Invité

Arnaud Rousseau il y a une question qui revient souvent depuis le début de cette crise la FNSEA c'est le premier syndicat agricole et vous vous êtes l'un des dirigeants du groupe Avril géant de l'agroalimentaire 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires et on entend des critiques sur le fait que la FNSEA n'est pas forcément la mieux placée pour défendre le monde paysan dans toute sa diversité

24:33
Arnaud Rousseau

écoutez d'abord moi s'il y a des gens qui sont mieux placés que moi pour être efficaces j'ai pas de problème parce que dans le moment d'alcooliennet d'abord je voudrais dire que tous les agriculteurs ne sont pas syndiqués et tout le monde attend des résultats et donc moi les querelles de boutiques en ce moment ne m'intéressent pas trop je voudrais dire qu'à la FNSEA on a toutes les productions tous les profils et moi je suis céréalier du bassin parisien mais ma prédécesseur Christiane Lambert est éleveuse de porcs Jean-Michel Lemaiteyer est éleveur de lait mon...

24:59
Invité

Bernard Belin était aussi comme vous

25:01
Arnaud Rousseau

Xavier Belin Xavier Belin pardon au groupe Avril absolument vous savez pourquoi peu de gens le savent parce que le groupe Avril en fait il sera toujours présidé par quelqu'un de la FNSEA parce que ce sont ses statuts parce que ce groupe a été construit par des agriculteurs il y a 40 ans et que son modèle économique c'est de ne pas verser dividendes et de réinvestir tout au profit du monde agricole donc on peut critiquer le groupe Avril moi je demande quand même que les gens que ça intéresse aillent voir ce qu'est ce modèle économique et je vous le dis parce que le modèle du groupe Avril c'est les huiles et protéines c'est ça le coeur de métier sur les huiles et sur les protéines cette filière elle a permis notamment d'être performante et redonner du prix donc on peut critiquer mais moi je vous le dis si aujourd'hui

25:40
Présentateur

vous connaissez pas forcément le quotidien des petits paysans

25:42
Arnaud Rousseau

qui gagnent 500 euros

25:44
Présentateur

par mois

25:44
Arnaud Rousseau

je peux vous dire que je suis sur le terrain tout le temps et que je vois bien qu'on voudrait opposer le nord au sud l'éleveur au céréalier la montagne à la plaine je le sais moi je vais sur le terrain je discute avec tout le monde après si vous voulez je suis aussi quelqu'un de très assumé je vous ai expliqué moi j'habite sur ma ferme depuis que je suis né je suis ce que je suis je suis fier de mes parents de mes grands-parents qui m'ont transmis ça et je ne me cache jamais voilà donc je ne fais pas la leçon j'essaie d'avancer nous portons collectivement parce qu'il y a un conseil d'administration à la FNSOA une ambition et après ceux qui s'y retrouvent nous accompagnent ceux qui ne s'y retrouvent pas peuvent aller ailleurs en tous les cas dans le moment dans lequel on est les querelles de boutique ne me semblent pas à la hauteur des enjeux

26:25
Invité

Arnaud Rousseau le président de la FNSOA a été l'invité du 830 France Info merci d'avoir été avec nous merci d'avoir regardé cette vidéo