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Discours / meetingAssemblée nationale (sur YouTube)· 21 septembre 2023 42 minFond programmatiqueEurope & internationalInstitutions & électionsEnvironnement & énergieSolidarités & famille

🔴 Discours du Roi Charles III devant le Parlement français

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:38InvitéFait
    « si le Royaume-Uni réclamait des royalties sur l'idée du Parlement, toutes les démocraties du monde lui seraient redevables. »
  • 4:58InvitéFait
    « c'est tout simplement qu'il veut acclimater en France le modèle britannique de monarchie constitutionnelle. »
  • 26:52InvitéFait
    « le gouvernement de Sir Winston Churchill avait proposé à la France une union politique indissoluble qui aurait permis aux deux peuples de continuer à se battre pour la justice et la liberté en tant qu'un seul pays. »

Temps de parole

  • Invité36 %
  • Présentateur28 %
  • Invité 222 %
  • Invité 313 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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1:01
Invité

Madame la Présidente de l'Assemblée nationale, Présidente du Sénat humain. Sire, Monsieur le Président du Sénat, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Mesdames et Messieurs les députés, Mesdames et Messieurs, Pour que la Présidente de l'Assemblée nationale prenne la parole dans l'hémicycle du Sénat, il faut un grand événement. Et c'est en effet un moment historique que nous vivons et un grand honneur que vous nous faites, Votre Majesté, qui connaît bien la France, mais qui y vient pour la première fois en tant que souverain du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. Cette visite se devait de comporter une dimension parlementaire.

Car il faut le reconnaître, si le Royaume-Uni réclamait des royalties sur l'idée du Parlement, toutes les démocraties du monde lui seraient redevables. En France, dès le siècle des Lumières, le partage du pouvoir entre exécutif et législatif fait l'admiration des esprits éclairés. Si Montesquieu théorise la séparation des pouvoirs, il en observe la pratique de l'autre côté de la Manche. Et c'est aussi à Londres que Voltaire fuise l'inspiration de ses lettres anglaises. Mirabeau, quant à lui, plusieurs fois victime de l'arbitraire royal, vénère tout particulièrement l'Abbéas corpus britannique.

Et c'est donc sous le titre d'observation d'un voyageur anglais qu'il publie sa critique des prisons d'État françaises. Dans ce livre, il crédite nos voisins, vos sujets, d'un plus grand respect des droits de l'homme que cette nation a si glorieusement appris. Allusion évidente à la Glorious Revolution de 1688. Lui-même publie son pamphlet un siècle plus tard, en 1788. Et si l'année suivante, la volonté, le même Mirabeau défie le roi du France en lui opposant la volonté du peuple incarné par la première Assemblée nationale, c'est tout simplement qu'il veut acclimater en France le modèle britannique de monarchie constitutionnelle.

Finalement, ce sont presque les Anglais qui firent la Révolution française. La famille régnante n'était pas d'accord et la France évolua vers un autre système, la République, née le 21 septembre, il y a 231 ans, jour pour jour. Ainsi ont toujours vécu nos deux peuples, s'observant, s'influençant, longtemps rivaux, mais depuis plus d'un siècle, toujours alliés pour défendre la démocratie et les droits de l'homme. Le calendrier mémoriel est là pour nous le rappeler. L'année prochaine, en 2024, nous célébrerons tout à la fois les 120 ans de l'entente cordiale et le 80e anniversaire du débarquement.

Nous nous reverrons donc, comme le chantait Véraline, pour continuer de sceller ce pacte d'amitié et ce long partenariat qui nous unit sur ce qui est essentiel. Aujourd'hui, la guerre est revenue sur le sol européen et dès lors que les valeurs les plus fondamentales se trouvent menacées par un usage illégal et illégitime de la force, nos deux pays se retrouvent une fois de plus du même côté, celui du droit international et du respect des droits de l'homme. Deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, deux membres de l'OTAN, deux démocraties d'influence capables de s'entendre. Cela compte dans un monde en proie aux tentatives de déstabilisation et de désinformation.

Enfin, en tant que femme, première présidente d'une assemblée parlementaire française, je voudrais saluer la mémoire de ces femmes qui, plutôt qu'en France, ont su faire évoluer les mentalités pour que soient reconnues les mêmes droits aux deux moitiés du genre humain. J'aurais donc une pensée pour ces suffragettes anglaises qui obtèrent gain de cause dès 1918. Et je veux croire que c'est en observant les femmes britanniques, leur engagement, leur civisme dans les épreuves de la guerre et du blitz que le général de Gaulle signa l'ordonnance du 21 avril 1944, qui rendit enfin les Françaises électrices et éligibles.

À Londres aussi, pendant la guerre, un jeune Français qui avait rejoint la France libre découvrit qu'on pouvait acheter en pharmacie des produits anticonceptionnels permettant aux femmes de contrôler leur natalité. Il s'appelait Lucien Neuwirth, futur député et futur sénateur, qui obtiendra en 1967 la légalisation de la pilule en France. Au moment où, dans le monde et jusque dans de grandes démocraties, les droits des femmes sont remis en question sur la base d'un discours nataliste agressif, il est bon de rappeler cet épisode qui est beaucoup plus qu'une anecdote. La liberté ne se segmente pas. On est libre ou on ne l'est pas. Et nous voulons l'être dans toutes les dimensions de la vie.

Sire, nos deux démocraties continueront d'avancer ainsi vers notre idéal commun de liberté et de respect de la personne humaine. Chacune à son pas, chacune à sa manière, mais toujours main dans la main quand il faut être ferme. Ainsi, je sais qu'ensemble, nous avancerons et ferons avancer le monde sur la préservation de l'environnement et de la biodiversité, cause pour laquelle nous savons votre investissement personnel depuis votre jeunesse. Sur cet enjeu majeur, sur cette grande question du millénaire, Marianne et Britannia resteront deux sœurs.

Comme le déclara Winston Churchill à la Chambre des communes, le Tout-Puissant dans son infinie sagesse n'a pas jugé bon de créer les Français à l'image des Anglais. Et il disait aussi, « La France et la Grande-Bretagne ont trouvé le chemin de la liberté par des voies bien différentes. Mais tant qu'elles feront cause commune, il sera bien dangereux de les provoquer et bien difficile de les abattre. » Il est impossible en quelques minutes de résumer des siècles de voisinage et de partenariats multiples. Mais je sais que nous nous comprenons pour continuer à faire ainsi cause commune.

Nos deux pays qui se sont mis d'accord pour restaurer et entretenir la tapisserie de Bayeux sauront donner une suite enthousiasmante à cette première bande dessinée de l'histoire. C'est tout le sens de votre visite. Et c'est pourquoi je suis fière et heureuse de vous dire, au nom de la représentation nationale, « Bienvenue en France ».

10:41
Présentateur

Madame la Présidente de l'Assemblée nationale, Monsieur le Secrétaire d'État aux Affaires étrangères, au Commonwealth et au Développement, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Mes chers collègues parlementaires, Sire, C'est un moment inédit que nous fait vivre Votre Majesté en nous faisant l'honneur de s'adresser, dans cet hémicycle du Sénat, à la représentation parlementaire française. Pour la première fois dans l'histoire multiséculaire de nos deux pays, un souverain britannique va prendre la parole devant le Parlement français, réuni dans sa composition bicamérale et dans sa diversité politique.

Vous me permettrez de souhaiter la bienvenue à la Présidente de l'Assemblée nationale et à vous tous, chers collègues députés qui siégez aujourd'hui parmi vos collègues sénateurs. J'ai le plaisir également de saluer les membres de la Chambre des Communes et de la Chambre des Lords qui se sont joints à nous ce matin. Vous avez tenu, Sire, à réserver au Parlement français le discours public que vous prononcerez dans votre visite d'État. C'est dire l'estime nouée entre la plus ancienne des nations parlementaires, le Royaume-Uni et le parlementarisme français. De l'Abeas corpus à la Charte des Droits, le Royaume-Uni a ouvert la voie au parlementarisme moderne.

Il faut avoir assisté comme château brillant aux séances du Parlement britannique pour s'exclamer dans les mémoires d'outre-tombe, je le cite, « La liberté contenue dans les limites de l'ordre semblait se débattre à Westminster ». Fin de citation, chapeau brillant. La démocratie parlementaire, et j'en suis persuadé le plus sûr antidote pour juguler les passions politiques. Et entre nos deux pays, c'est bien de passion dont il s'agit. Parfois ennemis, souvent alliés, longtemps concurrents, le Royaume-Uni et la France ont destin liés. Dans les heures sombres, le Royaume-Uni fut un refuge pour tous les Français contraints à l'exil.

Il fut même un temps, en juin 1940, où la capitale de la France s'était en quelque sorte transportée à Londres pour édifier ensemble une digue commune au totalitarisme et à l'empire de la brutalité. Dans l'adversité se réalisait, après bien des tumultes, la vision prophétique de Victor Hugo, qui a siégé ici, sur ses bancs. « L'Angleterre, toujours, sera sœur de la France » écrivait Victor Hugo. Aujourd'hui, alors que nous nous apprêtons à commémorer au printemps prochain le 80e anniversaire du débarquement en Normandie, le destin du Royaume-Uni demeure intimement lié au continent européen. Le Brexit sire n'y a rien changé. Votre nation est un acteur primordial de la sécurité en Europe.

Le Royaume-Uni et la France, deux nations de tradition militaire, dont l'une, la vôtre, n'a jamais été envahie, sauf par Guillaume le conquérant, français avant l'heure. Oui, le Royaume-Uni et la France se sont à de multiples reprises éprouvées, mais toujours respectées. Depuis l'entente cordiale, il y aura bientôt 120 ans, elles se tiennent côte à côte. Elles sont aujourd'hui fidèles à leur vocation, en se portant au secours de l'Ukraine, agressées et meurtries. Vous avez choisi, comme la reine Elisabeth II, lors de sa visite d'État en 2004, de vous rendre au Sénat.

Au-delà du respect porté à la reine, dont je tiens à saluer la mémoire, nous voulons y percevoir un hommage au territoire de la République que les souverains britanniques ont si assidûment parcouru et que le Sénat représente. un hommage à cette diversité de territoires et de paysages dont la préservation vous tient sire tellement à cœur et qui constitue l'une des grandes causes de notre temps. Les collectivités territoriales de nos pays, au travers notamment des communes, ont noué tant de relations entre elles. Elles sont le socle le plus solide de notre amitié. A travers les territoires se forge le génie d'une nation. Cette idée n'est pas mienne.

Elle provient du plus français des historiens britanniques. Théodore Zeldin dans l'histoire des passions françaises. Et concédons-le à notre fierté nationale. Il faut bien un historien britannique de grand talent pour réussir à décrypter les méandres des passions françaises. Sire, Sire, rares sont les pays européens qui, comme le Royaume-Uni et la France, ont préservé une même aspiration à considérer le monde dans sa globalité et tisser autant de liens de solidarité avec les pays les plus vulnérables. Avec un constat partagé. L'exacerbation des fractures nord-sud ne sert que les ambitions de puissance des gouvernants qui les attisent.

Le néocolonialisme est le fait d'États prédateurs et non des colonisateurs d'hier. La France et le Royaume-Uni disposent des ressorts nécessaires pour proposer un autre horizon. Des coopérations équilibrées, la sécurité, un développement qui soit durable et une attention particulière à la jeunesse de ces pays. Le moment me semble venu de rassembler les grandes familles du Commonwealth et de la francophonie pour qu'elles forgent une ambition et un langage commun. Ce que préfigurait avec humour le général de Gaulle qui se confiait à Winston Churchill et je le cite « Plus vous progressez en français et plus vous comprenez mon anglais ». Cette formule me va assez bien aussi pour mon anglais.

Sire, Sa Majesté la Reine Elisabeth avait déclaré en 1996 lors d'une autre visite d'État, celle du président Jacques Chirac à Londres et je la cite « S'il est vrai que nous ne conduisons pas du même côté de la route, il est tout aussi vrai que nous avançons dans la même direction ». De ce trait d'esprit qui nous paraît à nous, aux Français, si typiquement britanniques, « so british », nous distinguons une vérité essentielle. Nos chemins peuvent être différents, ils divergent même parfois, mais par une constante qui défie les règles de la logique et de la géographie, de Londres, ils nous ramènent toujours à Paris et de Paris à Londres.

» Merci s'incline le cartésianisme français devant l'humour et l'esprit britannique. Sire maintenant, à travers les parlementaires réunis, c'est la nation française toute entière qui vous écoute. Merci.

19:46
Invité

Monsieur le Président, Madame la Présidente, Mesdames les Sénatrices et Messieurs les Sénateurs, Mesdames et Messieurs les députés. Merci mille fois pour votre mot très émouvant. Je suis flatté d'avoir été invité par les présidents de vos deux chambres à parler ici dans cette illustre enceinte qui a été, d'une manière ou d'une autre, la chambre haute du Parlement français depuis 1799. Je suis bien conscient que ma visite précède la rentrée officielle des deux chambres de votre Parlement et je ne peux que vous présenter mes excuses d'avoir interrompu votre pause. C'est la raison pour laquelle je suis très touché par votre présence à tous aujourd'hui.

La longévité de votre démocratie est reflétée aussi dans la longue amitié que lient nos nations et nos peuples. Notre partenariat construit sur une expérience partagée demeure absolument vitale alors qu'ensemble nous confrontons les défis de ce monde. Tout simplement, le Royaume-Uni sera toujours un des alliés les plus proches et un des meilleurs amis de la France. Hier, mon épouse et moi-même avons commencé cette visite à la tombe du soldat inconnu. Là, nous avons commémoré tous ceux qui sont tombés pour défendre les libertés si chères à nos deux pays.

Au cœur de cette grande nation, nous avons rendu un hommage silencieux et solidaire debout, côte au côte avec vous comme nos pays se sont tenus côte au côte si souvent dans l'histoire. Je me suis rappelé que c'était en ce même lieu à l'Arc de Triomphe il y a 16 mois qu'avec cette générosité qui vous caractérise, vous aviez célébré le jubilé de platine de ma très chère mère, feu, la reine Elisabeth II. À cette occasion, le président Emmanuel Macron avait décrit feu, sa majesté comme étant le fil d'or qui liait nos nations. Quand ma mère est décédée l'année dernière, ma famille et moi avons été émus sans commune mesure par les hommages qui lui ont été rendus dans toute la France.

Ce matin, j'ai relu les très touchants mots de condoléances que vos excellences, président de l'Assemblée nationale et du Sénat, ont écrit à cette occasion. Vous avez décrit feu, sa majesté la reine, comme ayant incarné avec dignité la permanence de la démocratie britannique et qu'elle aimait la France, la France l'aimait. Je ne peux vous décrire ce que ces mots ont signifié pour moi et pour ma famille. Je peux seulement vous remercier et remercier le peuple de France pour la grande bonté que vous avez exprimée à notre égard et à celui de notre peuple à un moment de telle puissesse.

Dans la riche et complexe tapisserie de la relation entre la France et le Royaume-Uni, le fil d'or que représentait ma mère brillera pour toujours. Je souhaite qu'elle nous inspire à continuer de tisser des liens entre nos deux pays avec détermination, avec espoir et avec amour. Mesdames et messieurs, à la fois inspirées et encouragées par les exemples de ma grand-mère et de ma défunte mère, la France a fait une partie intégrante du tissu de ma propre vie. Pour eux, autant que je m'en souvienne, d'aussi loin que je m'en souvienne. D'ailleurs, j'ai été frappé lorsque je me suis rendu compte que c'était ma 35e visite officielle ici en France.

Et à chaque fois que je viens, je suis vraiment marqué, frappé par la chaleur de l'accueil dont je bénéficie à chaque fois et par toutes les bonnes choses que nous pouvons faire ensemble lorsque la France et le Royaume-Uni travaillent ensemble. Là, à l'occasion de ma première visite d'État en France, je reste plus que jamais convaincu du caractère indispensable de la relation entre nos deux pays. Aujourd'hui, nous sommes confrontés au plus grand défi de notre époque et nous continuons à travailler pour poursuivre les travaux de ceux qui nous ont précédés. Lorsque le général de Gaulle s'est adressé au peuple français depuis Londres en juin 1940, il a dit la chose suivante.

rappelez-vous la chose suivante, la France n'est pas seule, elle n'est pas isolée, elle peut faire bloc avec les Britanniques. De Gaulle avait raison de croire en notre alliance. Deux jours avant l'appel du 18 juin, le gouvernement de Sir Winston Churchill avait proposé à la France une union politique indissoluble qui aurait permis aux deux peuples de continuer à se battre pour la justice et la liberté en tant qu'un seul pays.

Et deux mois seulement après cette radiodiffusion historique, mon grand-père, le roi Georges VII, portant fièrement l'insigne rouge de la Légion d'honneur, a rejoint De Gaulle à Morvoldkamp à côté d'Aldershot afin de passer en revue 2500 soldats des forces françaises libres. La détermination commune qui a été exprimée ce jour-là a permis, nous a permis de traverser ces années difficiles, douloureuses de la guerre et nous ont mené ensemble vers la victoire. ...illustration de notre engagement envers la liberté et la démocratie reste d'actualité.

Aujourd'hui, nos forces armées s'entraînent ensemble au sein de la force expéditionnaire conjointe franco-britannique, se déploient ensemble avec les troupes de maintien de la paix de l'ONU et par le Conseil de sécurité de l'ONU, le G7 et l'OTAN, assument ensemble une responsabilité jointe pour la sécurité européenne et mondiale. aujourd'hui, plus de 80 ans depuis que nous nous sommes battus côte à côte pour la libération de l'Europe, nous faisons face encore une fois à une agression injustifiée sur notre continent. Notre détermination et notre alliance sont plus importantes que jamais. ensemble, nous nous tenons aux côtes du peuple ukrainien avec une solidarité résolue.

Ensemble, nous sommes inébranlables dans notre détermination que l'Ukraine triomphera et que nos libertés si chères l'emporteront. ces événements terribles ont une fois de plus montré combien tant de choses qui nous sont chères sont fragiles. Alors que nous faisons bloc face à l'agression militaire, nous devons ensemble œuvrer afin de protéger le monde de ce défi existentiel, le plus grand défi de tous, à savoir le réchauffement climatique, le changement climatique et la destruction catastrophique de la nature. Jacques Cousteau a dit si sagement pour la meilleure partie de l'histoire l'homme a dû combattre la nature pour survivre.

Dans ce siècle, il commence à comprendre que pour survivre il doit la protéger. Cette vision est encore plus pertinente en ce 21e siècle. Malgré l'ampleur et la sévérité du défi auquel notre planète est confrontée, il est encourageant de voir les mesures prises par nos gouvernements, nos citoyens et, de plus en plus, par le secteur privé. Je pense depuis longtemps que nos entreprises peuvent jouer un rôle essentiel en travaillant en partenariat et en harmonie avec nos gouvernements et nos populations et investir des milliards pour développer les solutions qui permettront une transition réussie vers un monde durable.

Avec le président Macron, je rencontrerai cet après-midi des chefs d'entreprises français et britanniques dans la collaboration, l'innovation et les investissements dans une croissance propre et la préservation de notre précieuse biodiversité font partie d'un leadership mondial essentiel. J'ai réfléchi aux opportunités que partagent les membres du Commonwealth et de l'Organisation internationale de la francophonie. J'espère vivement qu'il y aura des possibilités de collaboration futures, par exemple pour trouver une façon de renforcer la coopération en matière de développement durable.

Mesdames et Messieurs, nos deux gouvernements travaillent en partenariat afin de relever tant de défis à l'échelle mondiale. Et néanmoins, comme toujours, ce sont nos peuples qui sont le véritable moteur de notre relation. Notre amitié et nos liens chaleureux se renforcent à chaque nouveau contact entre nous. On le retrouve également dans cette joie que l'on retrouve à chaque fois dans la culture de l'autre. Et cela nous rappelle à chaque fois combien nous partageons de choses. Des millions d'entre nous se rendent dans nos pays respectifs chaque année. et c'est une joie que nous redécouvrons aujourd'hui après la pandémie.

Des dizaines de milliers de fans de rugby britanniques suivent actuellement leur équipe nationale partout en France et ils peuvent ainsi jouir du spectacle fantastique qu'est la coupe du monde de rugby. D'ailleurs, mon fils et ma belle-fille en font partie. Et même lorsque nos équipes nationales se font face sur le terrain, elles le font en faisant preuve d'admiration mutuelle et en portant le même respect aux règles du jeu. Et d'ailleurs, je dirais simplement pas de coups bas et que le meilleur gagne. Et bien entendu, il y a des centaines de milliers de nos concitoyens qui ont décidé de s'établir de façon permanente dans nos pays respectifs.

Cet échange tout à fait vivant entre nos peuples nous rend à la fois plus forts, plus heureux et plus prospères. Nos artistes continuent de s'inspirer les uns des autres comme ils l'ont toujours fait, mêlant l'ancien et le nouveau et créant des œuvres complexes et enrichissantes. Des inoubliables images de Londres et de Claude Monet et de bouillard londonien qui fascinaient tant les visiteurs français aux plus récentes représentations sur iPad de David Hockney des Pays-Saint-Changeant de Normandie. En passant par la collaboration nouveautrice entre le designer britannique Paul Smith et le musée Picasso à Paris, il existe une universitalité dans notre tradition artistique partagée.

En effet, en ce moment même, ma chère épouse célèbre cette collaboration artistique en lançant le premier prix littéraire franco-britannique qui récompense des œuvres de fiction contemporaine exceptionnel publié en français et en anglais à l'extraordinaire Bibliothèque nationale de France. Demain, mon épouse et moi-même nous rendrons à Bordeaux, la première ville jumelée avec une ville au Royaume-Uni, Bristol. C'était en 1947. Ce lien commun n'est qu'un lien parmi la grande quantité de connexions qui existent entre nos villes, nos villages, nos communautés, nos entreprises et nos établissements d'enseignement.

Ce sont nos peuples qui, grâce à toutes ces actions menées communément, qui écrivent chaque nouveau chapitre de notre histoire afin que nous puissions léguer aux prochaines générations un monde plus prospère, plus sûr. Et les jeunes doivent donc être au cœur de nos entreprises communes. Ce matin, je me réjouis donc de rejoindre des jeunes du 19e arrondissement de Paris et de Saint-Denis qui sont aidés dans leur insertion professionnelle par le biais d'initiatives associatives. En soutenant des jeunes, nous investissons dans notre avenir en investissement qui sera remboursé d'innombrables fois.

Monsieur le Président, Madame la Présidente, Mesdames les Sénatrices et Messieurs les Sénateurs, Mesdames et Messieurs les députés, il y a près de 120 ans, mon arrière-grand-père, le roi Édouard VII, s'est engagé au nom de l'héritage pour l'entente codiale et le lien entre nos deux pays. Ce lien fut sanctifié par les sacrifices incommensurables du siècle dernier et poli par chaque exemple de notre projet commun. Aujourd'hui, il est entre nos mains, après avoir été transmis avec fierté de père en fille, de mère en fils, tout comme il l'a été à travers les générations de ma propre famille.

Pendant le temps qui m'est accordé en tant que roi, je m'engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour renforcer la relation indispensable entre le Royaume-Uni et la France. Et aujourd'hui, je vous invite à vous joindre à moi dans cet effort. Ensemble, notre potentiel est illimité. C'est pourquoi nous devons chérir et entretenir notre entente codiale. Renouvelons-la pour les générations futures afin qu'elles deviennent, je le propose, également une entente pour la durabilité pour répondre plus efficacement à l'urgence mondiale en matière de climat et de biodiversité.

Un engagement les uns envers les autres et envers les valeurs que nous partageons si fièrement, un engagement inspiré par l'exemple du passé et encouragé à relever les immenses défis du monde qui nous entourent. En tant que voisins, amis, partenaires et alliés, il n'y a pas de défis que nous ne puissions relever comme nous l'avons fait si souvent par le passé. allons de l'avant avec espoir et courage et faisons-le ensemble. Merci.

39:05
Présentateur

Sire, des applaudissements qui nous feraient rêver, Madame la Présidente et moi-même, dans nos hémicycles respectifs.

40:47
Invité

Mais nous ne désespérons pas,

40:48
Présentateur

Monsieur le Président. Mesdames et Messieurs les parlementaires, Mesdames et Messieurs, merci de rester un instant à votre place pendant que la Présidente de l'Assemblée nationale et moi-même allons reconduire Sa Majesté en le remerciant de sa présence ce matin devant députés et sénateurs dans cet hémicycle. Merci, Sire. Merci.