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Conférence de presseLCI (sur YouTube)· 10 juillet 2025 13 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseÉconomie & entreprises

Munitions, armement : la France est-elle prête face aux menaces du monde ?|LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer que la France ait envoyé des navires sans stock de munitions suffisant ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les conséquences des économies sur la défense depuis 20 ans ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Sommes-nous en économie de guerre comme l'a revendiqué Emmanuel Macron ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    La France a-t-elle les moyens de passer en économie de guerre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Officier de marine (cité)Fait
    « On nous demandait de faire la police de l'air sans missile aérien. Si quelque chose s'était passé au hasard avec les Russes, on aurait été dans la panade. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Venons-en à cet aveuidérant de la part de notre ministre des armées jusqu'ici. C'était un secret de polichinel mais sa révélation au grand jour en dit long sur l'état de notre défense. Pendant des années, la France a envoyé des navires de guerre en mission, parfois sans stock de munition suffisant.

Regardez ce que nous dit à cet officier de la marine en mer Baltique. On nous demandait de faire la police de l'air sans missile aérien. Si quelque chose s'était passé au hasard avec les Russes, on aurait été dans la panade.

Fin de citation. Et écoutons Sébastien Lecornu, le ministre des armées, qui était qui intervenait lors d'une audition au Sénat. Non, on peut le dire, pendant des années, certains chefs de l'État, chef des armées, certains ministres de la défense avant moi accepter que le Charles de Gaulle ou certaines frégates, je pense que maintenant il faut le dire, faut assumer les choses, partez en mission avec des sous munition loin de la cible normalement prévue pour assurer la défense ou la mission.

Bon, ça moi je le tolère pas et c'est l'instruction que j'ai reçu depuis 3 ans et j'essaie de le mettre en œuvre. Allons plus loin avec nos invités. Accueillons ce soir le colonel Michel Goya.

Bonsoir. Bonsoir Marieine. Consultant militaire pour LCI Galag Fenwick.

Bonsoir. Bonsoir. Marine.

Grand reporter spécialiste des relations internationales et Sylvie Berman, bonsoir. Exambassadeur de France en Ukraine et en Chine. En Russie, pardon.

Je pense tellement à la guerre en Ukraine. Vous étiez en Russie également en Chine et également au Royaume-Uni. Merci à vous d'être avec nous ce soir, colonel.

Première question, c'est quand même si déron Sébastien le cornu. Euh oui, pas mais pas pour euh pas pour les spécialistes pas pour les professionnels la chose. Oui, bien sûr.

Mais comment dire euh il faut bien comprendre qu'on a fait des économies sur tout et on a fait des économies sur des choses sur les petites choses, sur les munitions, sur les radars derrière les gros équipements, les les navires ou les chars ou les avions rafales par exemple. Bien, il faut bien comprendre que ces enguer de radar enfin pour les ce qu'on appelle rendre bon de guerre, c'est être capable d'aller au combat complet complètement équipé. Mais comme on a fait des économies surtout en fait, on n'est pas capable d'équiper tous nos matériels majeurs en même temps de tout ce qu'ils auraient besoin pour faire la guerre.

Pourquoi ? parce qu'on a considéré que euh bah on aurait pas besoin euh pas besoin qu'il ne seraient jamais tous engagés en même temps euh que au maximum on enverit quelques navires ou quelques euh quelques avions ou quelques bataillons quelques groupements tactiques quelque part et on se concentrait sur la manière d'équiper ces ces éléments. Donc à force de faire des économies comme ça, notamment des munitions, mais on se retrouve dans une situation où maintenant ben le roi est un peu nu effectivement et on se dit que notamment quand il faut aider un pays comme l'Ukraine, ben on regarde ce qu'on a en stock, ben on a pas grand-chose tout simplement et j'y reviens toujours pour faire des petites économies et je termine là-dessus.

Euh alors c'est euh moi je je fustige des au moins 20 ans, je veux dire c'est l'inconséquence, la première inconséquence qui consistait à diviser notre effort de défense par 2 à peu près de 3 % du PIB à peu près 1,5 et ont diminué. Ce qui a fait contribuer à des à diviser par quatre en réalité nos capacités de projection. On divise par de l'effort, on divise par qu les capacités réelles.

Euh ça c'est premièrement et pire des inconséquences, c'est d'avoir imaginé que ça durerait éternellement euh et d'avoir jamais anticipé que peut-être effectuement un moment il faudrait peut-être remonter en puissance, être capable très vite de faire à quelque chose de de plus de plus grand, de de plus menaçant avec des stocks, avec des capacités de surproduction et cetera et cetera. Donc tout ce qu'on est obligé de faire maintenant euh dans l'urgence. Cet aveu interroge sur notre capacité à basculer dans une économie de guerre.

Brandon Waret, bonsoir, vous nous avez rejoint. Sommes-nous réellement en économie de guerre comme l'avait revendiqué Emmanuel Macron et qu'est-ce que ça veut dire ? Bonsoir Mariine.

Et bien, il suffit de regarder du côté des chiffres. Alors, si on s'arrête sur quelques grands exemples, notamment la production d'OBU. Regardez, entre 2012 et 2017, on en produisait en France 500 par an.

Alors, multiplication x 2 au à la veille de la guerre en Ukraine 1000 par an et regardez au 31 décembre 2024 c'est une production de 3000 au butus par an. Alors, autre exemple assez éloquent également du côté de la poudre. Alors, depuis 2007, la production était à l'arrêt.

Poudre essentielle notamment pour les munitions. Regardez l'objectif fixé par Sébastien Lecnu, le ministre des armées pour cette année 2025, 1200 tonnes par an. Alors, il y a d'autres exemples où on a une hausse de la production, notamment du côté des canons César.

On en produisait deux par an en 2021 et puis fin 2023, 6 par mois. Alors deux par mois en 2021 et regardez la production, l'objectif 2025, c'est 12 canons César par mois. Production en hausse également importante du côté notamment des des missiles mistrales. 10 par mois en 2021.

En 2023, c'est trois fois plus. Et regardez, fin 2024, hein, pour l'instant ce sont les chiffres hein, qui sont à notre disposition, 40 par mois pour ces missiles mistrales. Il y a également une progression assez importante du côté des rafales.

Avant le début de la guerre en Ukraine. Là, nous sommes en janvier 2022, un pour la production, donc un rafale par mois. Et regardez, aujourd'hui, c'est c'est trois par mois.

Alors, est-ce que ces chiffres montrent que nous sommes en économie de guerre ? Sans doute pas. Il faudra sans doute produire beaucoup plus pour parler d'économie de guerre dans les prochaines semaines, les prochains mois ou les prochaines années.

Merci beaucoup Brandon Waret. On voit grâce à vous chiffre à l'appui que la France n'est pas prête. Sylvie Berman, parole on le sait bien sûr mais on le sait depuis le début de la guerre en Ukraine.

Ça a été un choc stratégique et on a dit dès le début qu'on avait pas de munition et qu'on éétait pas prêt pour pour la guerre. On avait en fait une armée qui était une armée de corps expéditionnaire. C'est on était capable de faire des opérations de maintien de la paix.

On l'a fait dans le cadre de l'ONU au Liban par exemple. qu'on a fait dans le cadre des Nations- Unies dans les Balcans et puis dans le cadre de l'Union européenne également dans les Balans et en Afrique, mais on avait pas des capacités effectivement pour ni aider un pays comme l'Ukraine ni intervenir par nous-mêmes. La guerre mais j'aime bien la manière dont Emmanuel Shiva qui est le patron de la direction générale de de l'armement lui répond à votre question qui est de dire la chose suivante.

Bien évidemment que non, la France n'est pas en économie de guerre. Et d'ailleurs, il faut revenir à la définition classique de ce qu'est une économie de guerre. Vous savez par exemple combien de pourcentage de son PIB l'Ukraine consacre à son effort de guerre ? 33,5 %.

Nous, on vise les 3,5 %. On estime que l'économie économie de guerre, voilà. Exactement.

Euh une économie est en économie de guerre quand elle est, je crois, entre on peut dire au-dessus de de 10 % voire 15 %. même la Russie aujourd'hui est à 8 %. En revanche, ce qu'on voit et c'était le sens de l'exposé de de Warren me semble-t-il, c'est euh une France qui augmente la cadence.

Euh madame l'ambassadeur parlait effectivement du conflit euh euh enfin de l'agression de l'Ukraine par la Russie comme un moment révélateur. Avant cela, il y en a eu un autre, c'est la crise du Covid. Oui. qui a montré l'extrême importance de retrouver de la souveraineté sur des matériaux critiques, l'extrême importance de relocaliser certaines de nos industries.

Et pour ce qui est de la guerre, par exemple, on parle beaucoup du site de Bergerac où Eurenko se remet à faire de la poudre afin que nous ne soyons plus dépendants pour notre approvisionnement en matière de poudre explosive des Allemands ou ou des Suédois. Et puis il y a une autre problématique et c'est celle qui revient le plus souvent sur cette question de de l'économie de guerre, c'est la main d'œuvre. C'est-à-dire que vous avez toute une base industrielle et technologique de défense.

Vous avez besoin de savoir-faire extrêmement précis qui ont été perdus. Soit parce que le savoir-faire n'existe plus, soit parce qu'il n'était pas suffisamment rémunéré. Ça ça veut dire qu'il faut donner de la visibilité aux industriels afin qu'ils puissent remplir leur carnet de commande et proposer des emplois intéressant avec des salaires qui le sont tout autant.

Donc je vais terminer par justement ce que disait Emmanuel Shiva qui disait "Nous ne sommes pas en économie de guerre. En revanche, notre économie est en train de se mettre, si vous voulez en ordre de marche afin de d'être en mesure de mieux réagir en cas de crise. Donc ça c'est le premier seuil à franchir avant peut-être un jour et je laisserai mes camar de plateau.

Il y a beaucoup de critères pour décrire ce qu'est une vraie économie de guerre. le rationnement, de passer de l'abondance à la pénurie, l'inflation, les les salaires, l'État qui fait de la planification, qui décide lui-même des prix. Euh et concrètement, vous donner un exemple, un seul, Hermes euh qui cesse de faire des foulards et qui fait des uniformes.

On peut parler de d'autres grands industriels qui devraient non plus faire euh des méganes, mais euh des chars, des armes et et des drones aussi. Donc, on est quand même loin de cela. Mais on voit qu'il y a une montée en puissance.

Colonel, justement pour rebondir sur ce concept de montée en puissance, est-ce que nous avons les les moyens de passer en économie de guerre ? Alors oui, d'abord je pense qu'effectivement cette expression elle est pas bonne. C'est pas euh Qu'est-ce qui se passera si on est en guerre ?

Comment on appellera ? On appellera ça l'économie de superger. Euh non.

Euh mais pour remonter en puissance, ben je vous donne un exemple. Euh pourquoi la Pologne d'un seul coup euh achète euh je ne sais plus combien de chars de bataille euh sud-coréen d'un seul coup ? Hop, ils ont besoin alors là eux pour le coup parce qu'on a quand même oublié mais c'est que au départ il faut quand même faire un peu sortir le carnet de chèque euh et que il faut commencer par faire des commandes si on veut vraiment stimuler et faire monter en puissance la la production.

Euh mais et donc la Pologne veut veut des chars de bataille tout de suite rapidement. regarde qui peut en fournir. Mais vous avez le Corée du Sud qui dit "Ben nous, on peut." Et pourquoi vous pouvez ?

Ben parce que nous, on a maintenu une capacité de surproduction. Euh nous euh là où on peut produire 100 chars euh nos usines en fait peuvent très vite en produire 200 parce qu'il y a la chaîne de production est plus large parce qu'il y a des ouvriers qui sont prévus et cetera. Là, on vient d'inventer euh eux eux sont pour le coup véritablement en économie de préguerre la Corée du Sud hein.

Ils sont en tension permanente, ils sont doivent être prêts à très vite à monter en puissance. Donc ils ont anticipé tout ça. Euh donc ça ça suppose un financement hein de l'État hein de euh mais eux à l'instant santé ils sont ils sont prêts et quand on de on a besoin de quelque chose ils peuvent produire et exporter et pour le coup financièrement ils vont s s'y retrouver.

Euh mais par exemple, on a mis en place euh très récemment euh une réserve industrielle de la défense euh c'est-à-dire que on fait appel à des gens qui ont l'expertise qui sont peut-être partis 3000 effectivement 3000 réservistes de la défense ou des retraités enfin des gens qui ont l'expertise industrielle euh précise sur des domaines précis. Bon euh la la BITD à la base de défense, c'est 200000 personnes quoi. Euh en fait c'est pas 3000 réservistes qu'il faudrait pour euh d'un seul coup faire face à des capacités de remontée en puissance, c'est 30000 euh qui viendrai renforcer.

De la même façon, il faut faire il faut modifier la législation, il faut être capable de passer en 24 et cetera. Si vous voulez, on est la grosse difficulté, c'est qu'on est descendu, on est devenu de l'artisanat, on fait de l'artisanat de luxe dans l'industrie de défense française. Alors, le bon côté, c'est qu'on le fait à peu près dans tous les domaines, mais maintenant en fait, il faut passer, il faut repasser à l'industrie de la vraie industrie avec la production en série, en masse.

Tout ce que décrivait euh Brandon, en fait, c'est toujours de l'artisanat quand vous fabriquez euh euh allez même un trois avions euh par mois pendant Seconde Guerre mondiale, on a fabriqué des centaines et des milliers des Américains ont fabriqué des des centaines par jour par jour. Euh donc on n plus du tout dans la même euh plus du tout dans la même dimension en réalité.