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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 26 septembre 2019 16 minActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleImmigration & asileSécurité

AU REVOIR PRÉSIDENT | LE RABOT SOCIAL | L'OMBRE DU VOILE SUR L'ÉCOLE | ALLIANCE & LA FI

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Fait
    « Le gouvernement veut mettre fin à une disposition concernant les retraités : l'exonération totale de cotisations sociales sur l'emploi à domicile quand le bénéficiaire est âgé de plus de 70 ans. »
  • 4:40Chiffre
    « Bercy espérait ainsi grignoter 310 millions d'euros en 2020, puis 360 millions les années suivantes. »
  • 5:20Sibeth NdiayeFait
    « Le gouvernement souhaite limiter sérieusement un avantage fiscal dédié aux personnes âgées à partir de 70 ans. »
  • 6:00Gérald DarmaninFait
    « La mesure que nous prenons, je voudrais quand même insister, c’est une mesure de grande justice. C’est à dire que nous sommes plus forts, nous l’État, avec les faibles. Nous aidons les faibles. Nous aidons les personnes qui sont dépendantes. »
  • 9:40Fait
    « Le Conseil d’État l’a contredit dans un avis de décembre 2013. Les magistrats soulignent que les parents ne sont pas soumis aux exigences de neutralité religieuse s’appliquant aux enseignants. »
  • 10:20Fait
    « L’avis précise également que : “l’autorité compétente” peut “recommander” aux parents qui participent à des déplacements ou à des activités scolaires, “de s'abstenir de manifester leur appartenance ou leurs croyances religieuses”. »
  • 12:00Fait
    « Monsieur Mélenchon, je remarque, qu’il se sent un peu au-dessus des lois. Un peu dans ce sentiment d’impunité. »
  • 12:40Fait
    « Alors que le délibéré n’est même pas prononcé à son encontre, alors qu’il y a 3 chefs d’accusation extrêmement importants : acte d’intimidation, rébellion, provocation, notamment vis-à-vis des agents dépositaires de l’autorité publique notamment, il n’attend même pas le délibéré pour proférer des propos qui sont indignes d’un élu de la République. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

La disparition de Jacques Chirac, le gouvernement contraint de renoncer à un mauvais coup contre les retraités, une affiche électorale qui sème la discorde et Mélenchon contre les barbares, c’est dans le numéro 46 du P’tit coup de Bourbon. Que restera-t-il de Jacques Chirac dans les manuels d’histoire ? Certainement pas l’image d’un grand président.

Ses 12 ans de mandat furent synonymes d’immobilisme. Au point que Nicolas Sarkozy n’hésita pas un jour à le comparer aux rois fainéants. Et pourtant, les Français l’aimaient.

Parce qu’il fut sans doute le dernier président à aimer ce pays. Avant d’être remplacé par ces comptables dont François Mitterrand, peu avant sa mort, pronostiquait la venue. Chirac, c’était un temps où la politique était affaire de tripes.

Verbe haut et sabre au clair. Le grand Jacques avait choisi le gaullisme après avoir failli tomber à gauche. Dans le fond, il est toujours resté ce jeune lieutenant envoyé en Algérie, qui n’aimait rien tant que partager la vie de ses hommes et séduire les femmes.

De là, sans doute ce panache qu’il sut manifester par deux fois. En 1976, avec l’appel de Cochin lorsqu'il dénonça le parti de l’étranger en Valéry Giscard d’Estaing. Consacrant ainsi le divorce entre la droite bonapartiste et la droite orléaniste, déjà prête à vendre le pays au plus offrant.

Au moment de la seconde guerre du Golfe, ensuite. Refusant de se plier au diktat américain, il tint la France hors de ce naufrage qu’allait devenir l’invasion de l’Irak. Il y a la part d’ombre, bien sûr.

Facho Chirac quand il dissertait sur le bruit et les odeurs des logements qui abritaient les immigrés. Champion des casseroles à la mairie de Paris, encore, navigant entre les fausses factures du RPR, les marchés truqués et les emplois fictifs. Il y a Pasqua.

Il y a Pandraud. Il y a Tiberi… La liste est longue des affaires et des turpitudes. Et pourtant les Français l’aimaient.

Peut-être parce qu’ils se voyaient plus facilement dévorer une tête de veau arrosée de Corona avec cette grande gueule qu’ils ne se voient aujourd’hui dépiautant un homard avec le poudré François de Rugy. Chirac, c’était Poulidor, l’éternel second, qui réussit enfin à gagner le tour de France. Jamais il n’a été aussi populaire que lorsqu’il était brocardé tous les soirs par les Guignols, l’émission culte de Canal+ à l’époque ou cette chaîne fabriquait encore des programmes.

Mangez des pommes ! Abandonné de tous, trahi jour après jour par Sarkozy et Balladur. C’était le looser magnifique qui prend sa revanche sur les sachants de la caste.

Un costume trop grand pour lui, certainement. Au point que son meilleur discours restera l’éloge de François Mitterrand au lendemain de sa disparition. Qu’il l’aimait, ce président florentin qu’il avait tant combattu.

Et à qui il aurait aimé ressembler, peut-être justement parce qu’il y avait du De Gaulle en Mitterrand. Chirac aimait la France. Et la France s’aimait.

C’était un autre temps. Bien loin de ce gouffre amer dans lequel nous plongeons aujourd’hui, sans savoir où il mène. Vive la République !

Et vive la France ! Le gouvernement a-t-il encore un cap, hormis celui d’assurer sa survie ? La séquence burlesque de ce début de semaine incite à répondre par la négative.

L’histoire débute lundi. Le quotidien Les Échos révèle que le gouvernement veut mettre fin à une disposition concernant les retraités : l'exonération totale de cotisations sociales sur l'emploi à domicile quand le bénéficiaire est âgé de plus de 70 ans. Cet avantage, mis en place il y a 30 ans, serait désormais réservé aux seuls seniors en perte d’autonomie.

Bercy espérait ainsi grignoter 310 millions d'euros en 2020, puis 360 millions les années suivantes. Sur LCI, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye confirme. Le gouvernement souhaite limiter sérieusement un avantage fiscal dédié aux personnes âgées à partir de 70 ans.

Elles ont le droit à une exonération totale des cotisations patronales. Ce serait à partir de l’an prochain, sans doute, et réservé aux personnes handicapées ou en perte d’autonomie. Est-ce que vous confirmez cette intention du gouvernement ?

Oui, je vous le confirme tout à fait. Le même jour, Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, vante la suppression de l’exonération dans cette langue orwellienne qu’affectionne le macronisme. La mesure que nous prenons, je voudrais quand même insister, c’est une mesure de grande justice.

C’est à dire que nous sommes plus forts, nous l’État, avec les faibles. Nous aidons les faibles. Nous aidons les personnes qui sont dépendantes.

Aussitôt, dans les rangs de la majorité, on s’affole. En plein débat sur les retraites, cette mesure résonne comme une déclaration de guerre. Pas question de se retrouver une nouvelle fois confronté à un mouvement social.

Comme en décembre avec les Gilets jaunes. Le gouvernement avait alors renoncé à augmenter la CSG pour les retraités qui perçoivent moins de 2000 euros par mois. Et il avait dû abandonner la désindexation des petites retraites pour 2020.

Toute la journée de lundi, les présidents des groupes MoDem, Patrick Mignola, et La République En marche (LREM), Gilles Le Gendre, ont fait le siège de Matignon. Et le lendemain, lors des questions au gouvernement, le Premier ministre enclenche la marche arrière. J’ai fait le point, monsieur le député, avec la ministre du Travail ce matin.

Nous nous sommes convenus ensemble, ensemble, que cette décision aurait mérité une concertation beaucoup plus approfondie. Cette concertation, écoutez moi bien monsieur le député, cette concertation elle n’a pas eu lieu, en tout cas pas dans les conditions qui sont conformes à ce que je fixe comme objectif et ce que je veux suivre comme méthode, s’agissant de l’acte 2 du quinquennat. C’est la raison pour laquelle, monsieur le député.

C’est la raison pour laquelle monsieur le député, j’ai demandé à la ministre du Travail de renoncer à cette mesure. Pour le communiste Sébastien Jumel, cette volte-face témoigne du réveil du mouvement social. Le gouvernement est rattrapé par les questions sociales.

La question des retraites monte, la question du pouvoir d’achat revient devant la scène. La question des territoires abandonnés avec les trésoreries municipales fermées reviennent à nouveau dans les territoires ruraux. Donc ils essaient au fur et à mesure de leurs mauvaises nouvelles d’éteindre les incendies là où ils le (à supprimer) prennent.

Mais ça ne retire rien au fond. Ce gouvernement veut prendre l’argent aux plus pauvres pour le donner aux autres. Du côté de LR, on rappelle les annonces gouvernementales sur le grand âge.

Cette mesure, elle est d’autant plus incompréhensible que tout le monde parle de la loi sur le grand âge, à venir, qui est pour moi est une loi indispensable pour toutes nos personnes âgées. En prenant cette mesure, ce sont des milliers de retraités qui auraient été impactés, qui n’auraient sans doute, parfois pour certains, plus pu rester à domicile alors que tout le monde prône l’aide à domicile. Je suis très satisfait que le Premier ministre ait annoncé cette après-midi qu’il y renonçait.

Quant au chef du PS, il convient enfin qu’Emmanuel Macron n’est pas progressiste. On est là avec un président qui en réalité n’a pas de boussole, qui défile au fur et à mesure en fonction de ce que lui disent les sondages ou de ce qu’il croit penser de ce que pensent les français, et tout ça donne une politique brouillonne, incompréhensible, qui s’éloigne vraiment à grands pas du progressisme. La France insoumise, elle, dénonce la provocation d’un ministre.

Quand je l’ai lu hier je me suis dis que ça ne m’étonne pas, Édouard Philippe a dû avoir un hoquet en lisant ça dans Les Échos et se demander quel était celui de ses ministres qui avait fait la bêtise de faire ça, parce que c’est une provocation. Mais il serait bien surprenant qu’Édouard Philippe ne soit pas derrière ce ballon d’essai. Quand la porte-parole du gouvernement s’exprime sur le sujet, quand le ministre des Comptes publics lui emboîte le pas, il s’agit d’un plan de communication, pas d’une boulette.

Et ce genre de plan se décide à Matignon. Va-t-on encore se déchirer autour de la question du voile ? Alors que l’Assemblée se prépare à débattre de l’immigration, le 30 septembre, une affiche fait beaucoup parler dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

Il s’agit d’un document électoral de la FCPE, la première organisation de parents d’élèves, longtemps connue pour son intransigeance laïque. Les 11 et 12 octobre, se dérouleront les élections des représentants de parents d’élèves. Et la FCPE entend bien conserver ses positions.

Interrogé sur RTL, mardi matin, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a estimé que cette affiche était une erreur. La FCPE était plutôt synonyme de laïcité, donc c’est une sorte de renversement. À mon avis c’est juste une erreur, d’ailleurs une forme d’erreur d’appréciation de la part des responsables.

Je pense qu’ils vont sans doute corriger cette erreur. C’est d’autant plus regrettable qu’on est dans un moment où il faut être attentifs à ce qu’une campagne électorale, quelle qu’elle soit, en l’occurrence une campagne pour des élections de parents, ne cherche pas à flatter le communautarisme. Sans surprises, le Rassemblement national n’a pas manqué l’occasion d’en faire des caisses.

Je pense que la FCPE est un outil politique au service d’une propagande communautariste qui me déplaît fortement. La FCPE va devoir aujourd’hui affronter les élections dans les collèges, les lycées, les écoles, les élections de parents d’élèves, et donc cherche à faire parler d’elle en caressant un modèle communautariste. Mais les députés des autres groupes se montrent nettement plus mesurés.

Personne ne veut relancer la polémique. Sur le principe, cette affiche part d’un bon sentiment. Mais je pense qu’elle a deux défauts.

Un, c’est qu’elle ne parle que de femmes voilées et pas d’autres religions. Et que deux, on est en campagne électorale pour les fédérations de parents d’élèves et que visiblement son objectif est autre que l’objectif affiché. En troisième lieu, il y a un militantisme, un islamisme politique qui rôde et qui cherche à infiltrer par ce type de biais là, la société française.

Donc pour ces raisons là, l’affiche n’est pas bienvenue. Je considère, ayant été moi même adhérente FCPE à une époque, que sur l’école aujourd’hui il y a tellement de sujets. Tellement de sujets importants pour l’éducation de nos enfants.

Est-ce que c’est forcément celui là le plus important ? Est-ce que c’est forcément celui là qu’il faut mettre en avant ? Il faut faire attention vous savez.

Je crois beaucoup à la discussion point par point, cas par cas, école par école, sortie par sortie. Mais pas de communautarisme à tout va et partout. Pour nous la loi de 1905 elle n’interdit pas aux mamans voilées d’accompagner les sorties scolaires.

Au nom de quoi on oblige des femmes qui accompagnent des enfants en sortie scolaire. Ce n’est pas dans le milieu scolaire, non non, c’est un débat qui a été tranché depuis très très longtemps. En revanche, l’utilisation de l’image d’une femme voilée va crisper encore notre société.

C’est un débat tranché, dit Sonia Krimi. Ce n’est pas tout à fait vrai. Petit récapitulatif.

D’abord, il y a la loi du 17 mars 2004. Elle interdit les signes religieux ostentatoires à l’école, tant pour les enseignants que pour les élèves. En 2012, le ministre de l’Education de l’époque, Luc Chatel, a tenté d’étendre l’interdiction aux parents qui accompagnent les enfants lors des sorties scolaires.

Mais le Conseil d’État l’a contredit dans un avis de décembre 2013. Les magistrats soulignent que les parents ne sont pas soumis aux exigences de neutralité religieuse s’appliquant aux enseignants. Mais, l’avis précise également que : “l’autorité compétente” peut “recommander” aux parents qui participent à des déplacements ou à des activités scolaires, “de s'abstenir de manifester leur appartenance ou leurs croyances religieuses”.

En clair, la loi n’interdit pas aux mères, ou aux pères, d’arborer un signe religieux. Mais elle laisse la faculté aux chefs d’établissement ou aux enseignants de recommander, le mot est important, de ne pas en porter. C’est encore la règle aujourd’hui, même si le Sénat a tenté de la remettre en cause au printemps dernier.

Lors de la discussion de la loi Blanquer, “Pour une école de la confiance”, la Chambre haute a adopté un amendement étendant l’obligation de neutralité religieuse aux parents. Amendement finalement retoqué en Commission mixte paritaire. Bref, en l’état, la neutralité vestimentaire des parents n’est pas un point de crispation de la société.

Du coup, l’affiche de la FCPE apparaît en singulier décalage avec le réel. Et, malheureusement, la polémique est lancée. Se revendiquant de l’esprit Charlie, Laurent Bouvet, l’animateur du Printemps républicain a publié deux tweets caricaturant l’affiche de la FCPE.

Du coup, la FCPE a décidé de porter plainte pour “incitation à la haine“ contre Laurent Bouvet. Une réaction qui déplace le débat. Car ce n’est plus de l’application de la loi sur les signes religieux qu’il s’agit alors, mais de la liberté de brocarder les religions dans la République.

Pas sûr que l’opinion et les tribunaux suivent la FCPE sur ce terrain. Ils étaient une petite centaine de policiers du syndicat Alliance à s’être rassemblés sous les fenêtres du siège de la France Insoumise, ce mercredi. Une manifestation pour protester contre les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon lors d’un défilé, mardi.

Aucun policier n’acceptant de répondre aux journalistes, nous nous sommes tournés vers le porte-parole du syndicat. Les policiers, les gendarmes ont l’usage de la force. C’est prévu par le cadre réglementaire.

Surtout dans le cadre du maintien de l’ordre. Si il y a disproportion, s’il y a dérèglement, s’il y a dysfonctionnement, L’IGPN fait son travail. Et chez nous il n’y a pas d’impunité.

Parce que chez nous, c’est des sanctions administratives. Parfois des sanctions pénales. Et des sanctions tout au long de votre carrière.

Certes, l’IGPN est souvent saisie. Mais sur les quelques 200 plaintes enregistrées lors des manifestations de Gilets jaunes, aucune n’a débouché sur des sanctions pénales. Monsieur Mélenchon, je remarque, qu’il se sent un peu au-dessus des lois.

Un peu dans ce sentiment d’impunité. Parce que, alors que le délibéré n’est même pas prononcé à son encontre, alors qu’il y a 3 chefs d’accusation extrêmement importants : acte d’intimidation, rébellion, provocation, notamment vis-à-vis des agents dépositaires de l’autorité publique notamment, il n’attend même pas le délibéré pour proférer des propos qui sont indignes d’un élu de la République. On ne peut pas dire que les policiers sont des barbares.

Face aux policiers, une cinquantaine de Gilets jaunes ou de sympathisants de la France insoumise étaient venus porter la contradiction. Je suis gilet jaune et je soutiens monsieur Mélenchon. Parce que le mot barbare, c’est vrai que… Mais enfin bon, on ne parle jamais des blessés, on ne parle pas des morts, on ne parle pas des gens qui sont amputés, donc quand même, je pense qu’il y a deux poids deux mesures, même si je peux comprendre que les policiers soient choqués.

Mais j’aimerais bien qu’ils soient choqués aussi quand on leur demande des comptes sur leurs actes. Le jour où ils rendront des comptes sur leurs actes, après là on pourra discuter. Tandis que là, il y a deux poids deux mesures.

Malgré tout, quelques tentatives d’échanges s’établissent. Mais on n’arrive pas à se comprendre. Quant aux responsables de la France insoumise, ils avaient donné la consigne de déserter les locaux du mouvement afin d’éviter tout incident.