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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 25 février 2026 7 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Négociations commerciales : "C'est beaucoup plus tendu que d'habitude", selon le patron du lobby agroalimentaire

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 70 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:58InvitéFait
    « Trois quarts des produits agricoles et agroalimentaires passent dans les circuits de la grande distribution. »
  • 6:45InvitéChiffre
    « On est à peu près hier j'ai annoncé 75, 72, 75% d'accords. »

Temps de parole

  • Invité75 %
  • Présentateur25 %

5,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h21, plus que 5 jours avant la fin des négociations commerciales, industrielles de l'agroalimentaire et grande distribution vont-ils réussir à s'entendre ? Ces discussions annuelles sont très importantes parce qu'elles déterminent in fine les prix des produits qui sont mis en rayon dans les supermarchés et elles sont visiblement très conflictuelles cette année. Bonjour Jean-François Loiseau. Bonjour. Vous êtes le président de l'ANIA, c'est la principale association des industries alimentaires. Vous représentez 23 000 entreprises, la quasi-totalité, et vous êtes aussi président de la coopérative céréalière Axe Céréale.

Alors ces négociations elles durent 3 mois, décembre, janvier, février. C'est rarement un long fleuve tranquille mais là c'est vraiment plus tendu que d'habitude ?

0:46
Invité

C'est beaucoup plus tendu que d'habitude. Merci de me donner l'occasion d'en dire quelques mots parce qu'il y a une tension très forte si vous voulez entre quelques très gros acheteurs de la distribution et je le précise tout de suite, nous avons besoin de la distribution. Trois quarts des produits agricoles et agroalimentaires passent dans les circuits de la grande distribution. Donc quelques acteurs de la grande distribution, à peu près 23 000 entreprises et puis vous avez 500 000 agriculteurs. Donc la pyramide elle est simple. On voit bien qui donne le ton et cette pression elle est infernale. Ce n'est pas une pièce de théâtre.

Moi j'ai entendu et j'ai lu un de vos collègues, un journaliste, par cette station qui a dit que c'était une pièce de théâtre. Ce n'est pas une pièce de théâtre parce qu'à la fin, il y a des morts sur le plan professionnel.

1:24
Présentateur

Et j'ai l'impression qu'il y a quand même souvent des crises avec, j'ai retrouvé même en 2011, il y avait Lactalis et Ricard qui avaient boycotté Leclerc, ça avait duré près d'un an. 2018, un nouveau boycott. L'an dernier, je voyais déjà les distributeurs qui vous reprochaient d'être trop gourmands. C'est quand même régulier. L'exception c'est finalement quand ça se passe bien, non ?

1:40
Invité

Oui. En fait, depuis 2009, parce que je pense qu'il faut qu'on retourne aux racines du mal, entre guillemets. En fait, en 2009, il y a eu la loi de modernisation de l'économie, la fameuse LME qui a été mise en place. Et si vous voulez, il a été quasiment confié, le gouvernement, et depuis d'ailleurs tous les gouvernements, ont confié à la grande distribution le sujet du pouvoir d'achat et de l'inflation. Bon. A l'époque, il y avait une grande partie du panier du consommateur qui était concerné par les produits alimentaires. Aujourd'hui, c'est 12%. 12% de produits alimentaires représentent, je dirais, les achats moyens du consommateur.

Donc, on ne peut pas demander à l'alimentaire de régler le sujet du pouvoir d'achat et de l'inflation. Le pouvoir d'achat, ce sont des salaires bruts et des salaires nets. Ça, c'est le rôle de l'État. Ce sont des dépenses à diminuer fondement. Et le sujet de l'inflation, ce n'est pas un sujet qui va concerner 12% des produits alimentaires. Donc, les entreprises, elles sont déréférenciées. Ça veut dire qu'on ne les met plus en rayon. On les sort. Et aujourd'hui, la grande distribution sort non seulement les grandes entreprises, les très grandes, mais même les petites et moyennes entreprises.

2:47
Présentateur

Il va y avoir de la casse au sein des PME, c'est ça ?

2:48
Invité

Et donc, il va y avoir de la casse au sein des PME. Et en fait, la difficulté dans ces 23 000 entreprises que j'ai l'honneur de représenter. Bon, vous avez des entreprises, de très belles entreprises françaises, de grande taille. Et je pense qu'il faut en être fier. Vous avez ce qu'on appelle des filiales d'entreprises internationales, des multinationales. Et vous avez un tissu qui irrigue quasiment tous les départements d'entreprises, de 5-6 salariés à 50 ou 100 salariés.

3:14
Présentateur

Oui, elles sont en position de soublette, j'imagine, pendant les négociations. Par rapport aux grosses.

3:19
Invité

Alors, elles sont souvent en position de soublette.

3:20
Présentateur

Parce qu'est-ce qu'il faut dire, juste, c'est important de le préciser, les négociations se font entreprise par entreprise.

3:24
Invité

Ah oui, oui, oui, c'est pas dans une salle où tout le monde vote aux enchères. On n'est pas la salle des ventes de chez Dros. Donc, c'est entreprise par entreprise. Dans ce qu'on dit, ces fameux box, et d'ailleurs, nous avons souhaité mettre en place une charte qui a été validée par les ministres, par le gouvernement au mois d'avril dernier, qui a été mise en place dès le 1er décembre, qui, en fait, dans cette charte, qui stipulait que les uns et les autres devaient se respecter. Et je vais prendre un exemple. Vous aviez, jusqu'à l'année dernière, certaines enseignes qui convoquaient des PME, ou des grandes entreprises, jusqu'à 20 fois.

20 fois pour négocier, 20 fois pour obtenir des prix bas, sans savoir si l'entreprise, avec des sujets de hausse de salaire, hausse de taxes, mise aux normes, des sujets de décarbonation, innovation, jusqu'à 20 fois. Donc, on a dit stop, non. Respectez quand même les entreprises.

4:14
Présentateur

Mais les distributeurs disent, en tout cas ciblent davantage quand même les multinationales et les grosses entreprises, en disant, elles ont quand même beaucoup gagné d'argent ces dernières années, l'énergie a baissé, le pétrole a baissé, le transport a baissé, donc elles peuvent se permettre de faire un effort.

4:27
Invité

Non, c'est faux. Depuis 15 ans, depuis la fameuse LME de 2009, alors à force de dire 15 ans, ça va faire maintenant 17 ans, le sujet du pouvoir d'achat en France s'est fait sur l'autel de l'alimentaire. Alors, les grandes entreprises, elles résistent, elles ont des négociations, d'ailleurs je le dis au passage, moins défavorables dans les autres pays d'Europe, il n'y a pas besoin d'aller très loin, en Allemagne, en Espagne, en Belgique, ça se passe dans des conditions...

4:52
Présentateur

Et comment ils font ? Pourquoi ça se passe mal en France et bien ailleurs ?

4:54
Invité

Parce que tout le monde se respecte, il y a de la distribution féroce aussi, mais tout le monde se respecte. Et à un moment donné, la grande distribution sait qu'elle doit s'arrêter si elle ne veut pas casser l'économie amont, l'économie agricole, parce qu'il faut protéger le revenu des agriculteurs. Ça, c'est la loi Egalim. Ça, c'est la loi Egalim, et nous respectons la loi Egalim. Et d'ailleurs, j'en profite pour le dire, au effort, moi je demande au ministre du pouvoir d'achat, Serge Papin, de déclencher des contrôles, de demander à la DGCCRF de pratiquer les contrôles.

Et nous verrons bien si ce sont les industriels, même de grande taille, ou la distribution qui ne respecte pas les lois Egalim. Il a ce pouvoir, jusqu'à dimanche, il doit mettre en place les contrôles.

5:40
Présentateur

Comment la grande distribution contourne la loi Egalim, selon vous ?

5:43
Invité

Mais aujourd'hui, il y a un sujet qui est malheureusement émortifère, et d'ailleurs, Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture, l'a très bien dit, c'est qu'en fait, les acteurs de la grande distribution emmènent les entreprises négociées en dehors de la France. en Belgique, à Amsterdam, à Bruxelles, à Madrid, ou dans d'autres pays d'Europe. Et dans ces pays-là, il n'y a pas la loi Egalim comme en France, donc ils arrivent à contourner en disant, mais nous ne sommes pas concernés, ici nous sommes à Madrid, donc nous allons appliquer la loi espagnole.

Ce qui fait que quand l'entreprise revient en France, elle dit aux agriculteurs, je suis désolé, je me suis fait écraser sur le prix de la matière première école. Donc c'est nous qui devons payer la matière première, et nous le faisons. Donc il faut revenir à un principe simple, production agricole en France, transformation en France, consommation en France, loi en France.

6:32
Présentateur

Jean-François Loiseau, il nous reste quelques secondes, juste pour finir, on est à combien d'accords à peu près ? Il nous reste 5 jours, c'est jusqu'à dimanche ?

6:38
Invité

On est à peu près, hier j'ai annoncé 75, 72, 75% d'accords. On ne sera pas à 100% dimanche ? Non, il n'y en aura pas, de toute façon. Le gros problème, je le dis, ce sont des arrêts de prise de commande, donc des usines qui peuvent fermer.

6:53
Présentateur

Merci beaucoup Jean-François Loiseau, président de l'ANIA, la principale association des industriels alimentaires.

Négociations commerciales : "C'est beaucoup plus tendu que d'habitude", selon le patron du lobby agroalimentaire · Pourquijevote