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ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 28 septembre 2023 10 minAutoproduitActualité / polémiqueJusticeSécurité

LIBERTÉS FONDAMENTALES : UN GLISSEMENT SANS PRÉCÉDENT SIGNÉ MACRON

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 95 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15inconnuFait
    « Macron nous fait la guerre, et sa police aussi ! »
  • 0:30inconnuPromesse
    « Tant que je serai là, la liberté de manifester et l'état de droit seront préservés. »
  • 1:00inconnuFait
    « 37 heures que Ariane est en garde à vue. 37 heures, c'est énorme, c'est absolument inadmissible. »
  • 2:00inconnuFait
    « Ariane Lavrilleux est une journaliste, elle vient de faire 39 heures de garde à vue pour avoir publié des informations sur une opération militaire secrète entre l'Egypte et la France. »
  • 8:00inconnuFait
    « Darmanin avait déclaré « L'un de mes premiers gestes, en tant que ministre de l'Intérieur, ça a été de ne pas garder dans la police nationale un agent qui avait porté un écusson qui rappelait le 3ème Reich ». »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Macron nous fait la guerre, et sa police aussi ! Police aussi ! Tant que je serai là, la liberté de manifester et l'état de droit seront préservés.

Gérald Darmanin apporte son soutien sans faille dans une lettre envoyée aux 30 000 forces de l'ordre qui seront mobilisées aujourd'hui, jour de manifestation contre les violences policières. Les vœux que je veux aujourd'hui pour les titres, les radios, les chaînes que vous représentez sont des vœux de vitalité, de prospérité. Ça fait exactement 37 heures que Ariane est en garde à vue. 37 heures, c'est énorme, c'est absolument inadmissible.

Cette liberté de la presse que nous chérissons dans notre pays depuis 230 ans est aujourd'hui sans doute plus importante encore que naguère. Je considère avoir été traitée comme une délinquante. La liberté de la presse aujourd'hui n'est plus seulement attaquée par les dictatures notoires.

Tous les pays européens regardent la France éhontément. Mais qu'est-ce qui se passe en France ? Qu'est-ce qui se passe sur la question de la liberté d'informer ?

Pourquoi l'atteinte au secret des sources ? Quand on se replonge dans les vieux tweets d'Emmanuel Macron, on redécouvre des déclarations absolument admirables. Le 3 mai 2020, par exemple, il écrivait "La liberté de la presse est garante de la vie démocratique.

L'accès à une information libre et transparente, permettant le débat, est clé en cette période. Je salue les journalistes qui, de par le monde, assurent ce travail essentiel dans des conditions parfois difficiles." C'était magnifique.

C'est magnifique ma chérie ! Quelques mois plus tard, le 27 novembre 2020, le chef de l'État déclarait "Je crois en nos libertés, dont je suis le garant". Il précisait "Je n'ai jamais cessé de défendre la liberté d'expression et la liberté de la presse et tous ceux qui les incarnent".

Puis il promettait "Je n'accepterai jamais que ces libertés puissent être reniées". Dans la même série de tweets, il s'engageait aussi à défendre la liberté de manifester car, expliquait-il, "Quelles que soient les circonstances, chaque citoyen doit pouvoir exprimer ses convictions et revendications à l'abri de toute violence et de toute pression". Et tout ça était bouleversant, mais comme toujours avec ce président qui entretient un rapport quelque peu élastique avec la vérité, On se demandait s'il fallait le croire sur parole ou s'il n'était pas encore une fois en train de raconter n'importe quoi.

Moi je pense que la question elle est vite répondue. Et la semaine dernière nous avons eu la réponse à ces angoissantes questions. D'abord la journaliste Ariane Lavrilleux qui travaille pour le précieux site Disclose a été placée en garde à vue.

Ariane Lavrilleux est une journaliste, elle vient de faire 39 heures de garde à vue pour avoir publié des informations sur une opération militaire secrète entre l'Egypte et la France, 39 heures de garde à vue pour avoir fait son travail. En France, les menaces sur la liberté d'informer nous préoccupent à quelques jours de l'ouverture d'États généraux de l'information voulus par le président de la République. Cette très rigoureuse enquêtrice a commis l'impardonnable crime d'avoir régulièrement rappelé dans ses articles que la France d'Emmanuel Macron, drapée dans ses grands principes démocratiques et républicains, vend des armes à certains des pires tyrans de la planète, comme le président de la République égyptienne, et d'avoir révélé qu'une mission de renseignement française en Égypte, entamée en février 2016, avait permis aux autorités égyptiennes de mener des attaques aériennes contre des civils, soupçonnés de se livrer à de la contrebande.

Après 40 heures de garde à vue, Ariane Lavrilleux a finalement été relâchée. Puis elle a été convoquée au tribunal de grande instance de Paris, où elle devait être présentée le 25 septembre à un juge de la détention et des libertés. Quelques heures plus tard, le 21 septembre, ce sont trois journalistes du quotidien Libération qui ont été convoqués par la police judiciaire pour avoir publié une série d'articles sur la mort d'Amine Leknoun, tué par un policier de la BAC de Tourcoing au mois d'août 2022.

Tout cela nous apporte un premier élément de réponse aux graves questions que nous nous posions tout à l'heure. Quand Emmanuel Macron proclame qu'il ne cessera jamais de défendre la liberté de la presse et qu'il n'acceptera jamais qu'elle puisse être reniée, cela se traduit concrètement par des poursuites contre les journalistes qui osent faire leur travail et qui poussent même l'effronterie jusqu'à enquêter sur les ventes d'armes de la France à des dictateurs ou sur certains agissements de la police française. Mais qu'en est-il de la liberté d'expression et de la liberté de manifester pour exprimer ses convictions et revendications à l'abri de toute pression, dont Emmanuel Macron assure aussi être le garant.

La semaine dernière toujours, un collectif antifasciste de Poitiers a confectionné, pour appeler à la manifestation nationale du samedi 23 septembre contre le racisme et les violences policières et pour la défense des libertés publiques, une affiche sur laquelle figurait un serpent frappé d'une croix gammée et portant un chapeau haut de forme sur lequel apparaissait l'emblème de la police nationale. Immédiatement, Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur d'Emmanuel Macron, a dénoncé, je cite, "la diffusion de cette affiche ignominieuse" et il a demandé au préfet de la Vienne d'engager des poursuites. Ce préfet a donc saisi le procureur de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale.

Il demande d'une part que les auteurs de l'affiche, qui selon lui insultent gravement la police nationale en l'associant à la croix gammée, emblème du parti nazi allemand, soit poursuivi pour injure publique. Et il demande d'autre part qu'il soit également poursuivi, je cite encore, pour « exhibition d'insignes ou emblèmes rappelant ceux d'organisations responsables de crimes contre l'humanité ». Le problème est qu'il peut arriver que le ministère de l'Intérieur fasse preuve de beaucoup plus de souplesse et de beaucoup plus de tolérance.

Au mois de juin 2020 par exemple, l'hebdomadaire Marianne avait révélé qu'un CRS qui avait arboré sur son casque un blason à l'effigie d'une division de la Waffen-SS, venait d'être promu brigadier-chef. Quelques mois plus tard, en décembre 2020, Gérald Darmanin, qui venait tout juste d'être nommé ministre de l'Intérieur, avait soutenu, devant la Commission des lois de l'Assemblée nationale, que ce fonctionnaire avait finalement été renvoyé de la police. Darmanin avait déclaré « L'un de mes premiers gestes, en tant que ministre de l'Intérieur, ça a été de ne pas garder dans la police nationale un agent qui avait porté un écusson qui rappelait le 3ème Reich, ça me paraissait la moindre des choses.

Mais comme l'avait également révélé Marianne, ce n'était pas exact. En réalité, le nouveau ministre de l'Intérieur avait seulement bloqué l'avancement de ce fonctionnaire amateur d'insigne nazi. Par conséquent, un policier peut tout à fait exhiber sur son casque un insigne d'une organisation responsable de crimes contre l'humanité sans que des poursuites soient engagées contre lui, et sans qu'aucun préfet ne considère qu'il insulte gravement l'institution policière.

C'est marrant que c'est toujours les nazis qui ont le mauvais rôle. Nous sommes en 1955, Herr Bramard, on peut avoir une deuxième chance ? Merci.

Gérald Darmanin prétend, lorsqu'il demande que les auteurs d'une affiche qu'il juge ignominieuse soient poursuivis, qu'il s'agit de sanctionner une représentation associant la police aux nazis. Mais cette explication n'est pas très convaincante, puisqu'il lui arrive, comme on vient de le voir, de se montrer beaucoup plus tolérant avec de tels rapprochements lorsqu'il se contente, par exemple, en guise de sanctions, de bloquer l'avancement d'un fonctionnaire qui avait porté un écusson SS. Au cas où vous ne l'auriez pas vu, derrière le nazi, il y a aussi un homme.

La véritable intention du ministre, lorsqu'il demande au préfet de la Vienne de saisir la justice, est peut-être plutôt d'intimider quiconque appelle à manifester contre le racisme, contre les violences policières et pour la défense des libertés publiques. C'est peut-être la raison pour laquelle il a très tranquillement présenté la mobilisation du 23 septembre comme une manifestation anti-police. Sans bien réaliser semble-t-il que cet amalgame, qui suggère assez nettement que dans son esprit les mots police et violences policières sont synonymes, est absolument dévastateur pour l'institution policière et qu'il nuit très gravement à l'image des fonctionnaires que Darmanin prétend défendre.

Reprenons, quand Emmanuel Macron déclare qu'il n'a jamais cessé de défendre la liberté d'expression et la liberté de la presse et tous ceux qui les incarnent, et promet qu'il n'acceptera jamais que ces libertés puissent être reniées, cela se traduit concrètement par une multiplication des pressions policières et judiciaires exercées contre des journalistes dont le seul crime est d'exercer leur métier, et par des poursuites contre les auteurs d'une affiche qui a déplu au ministre de l'Intérieur. Et quand Emmanuel Macron s'engage à défendre la liberté de manifester, et se dit profondément convaincu que quelles que soient les circonstances, chaque citoyen doit pouvoir exprimer ses convictions et revendications à l'abri de toute violence et de toute pression. Cela se traduit encore en septembre 2023, après l'épouvantable répression du mouvement des Gilets jaunes et de la mobilisation contre la réforme des retraites, par les manipulations de son ministre de l'Intérieur qui présente très sérieusement une manifestation dénonçant les manquements de certains policiers, comme une attaque en règle contre l'institution policière en général.

Darmanin exerce ainsi, avec la bénédiction du chef de l'État, une gigantesque pression sur les citoyens participant à cette manifestation. Mais cela n'empêchera bien sûr pas Emmanuel Macron de continuer à raconter avec des trémolos dans la voix que chaque citoyen doit pouvoir exprimer ses convictions et ses revendications à l'abri de toute pression. Il y a fort à parier cependant que ces bobards ne trompent plus personne.

Car désormais tout le monde ou presque a parfaitement compris que les libertés publiques en France en 2023 sont à peu près dans le même état que le pouvoir d'achat. Après 6 années d'impostures être tromperie macroniste, il n'en reste vraiment plus grand chose. Ce qui m'est arrivé à moi, ça peut nous arriver à tous.

C'est-à-dire que si on ne protège pas les sources, c'est la fin du journalisme. Si les gens qui ont le pouvoir de poser les questions ne le font pas, la démocratie meurt dans la pénombre. J'ai appris ce soir que le juge a décidé de verser à la procédure la quasi-totalité des pièces qui ont été saisies à mon appartement, des notes manuscrites, des mails, des documents de travail.

C'est une décision absolument scandaleuse, qui est très inquiétante pour la presse, pour les journalistes et puis vous tous qui nous informez au quotidien sur des affaires sensibles qui touchent à la responsabilité de l'État.