DÉTRUIRE LE JOURNALISME ET LA JUSTICE : L'OBJECTIF DES PRO-SARKOZY
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Peut-être que l'affaire Sarkozy ne vous intéresse pas, mais elle vous concerne quand même. Et on va essayer d'expliquer pourquoi dans cette vidéo. Un ancien président de la République condamné à 5 ans de prison ferme, c'est du jamais vu en France dans l'histoire récente.
De quoi créer une véritable tornade politique et médiatique. À peine sortie du tribunal, cette image de Carla Bruni qui arrache la bonnette du micro de Médiapart. Vous voyez une injustice ?
Puis les mots de l'ancien chef de l'État qui réagit d'une rage froide à sa condamnation. Ce qui s'est passé aujourd'hui dans cette salle du tribunal correctionnel de Paris et d'une gravité extrême pour l'état de droit, pour la confiance qu'on peut avoir pour la justice. La haine n'a donc décidément aucune limite.
Le début d'une offensive médiatique sans précédent contre la justice accusée ici par Nicolas SarkoZi. Nicolas Sarkozy a une a une phrase très juste. Ce n'est pas lui qui a été humilié, c'est la France qui a été humiliée.
Et en effet, on peut questionner l'état de droit. Vous pourrez demain aller en prison sans preuve mais pour une intention. C'est une sorte de coup d'état judiciaire contre la séparation des pouvoirs et contre médiia part.
Le média est devenu l'ennemi numéro 1 ces derniers jours. Tout est bon pour décrédibiliser les journalistes à l'origine de l'affaire Sarkozy Kaddafi. Si quelqu'un devait être condamné, ce sont les journalistes de médient.
L'attaque est digne du trumpisme aux États-Unis. grand soutien Nicolas Sarkozy qui était un excellent président qui est un homme droit, qui est un homme digne. Elle ne concerne plus uniquement les médias d'extrême droite mais aussi des médias considérés comme plus centristes qui vont eux aussi participer à cette tentative massive de décrédibilisation de la justice et de réhabilitation d'un homme politique pourtant multicondamné.
Le résultat est sans appel. En plus de la profusion de fausses informations, le débat médiatique et politique n'a pas du tout tourné autour du fond du procès. Au grand désarrois de ceux qui ont pourtant documenté cette affaire en détail.
On a Nicolas Sarkozy qui veut faire à croire qu'il est une victime dans cette histoire. Pardon mais il y a des vraies victimes dans cette histoire qui ont été reconnues par le tribunal. Ce sont les familles de victimes de l'attentat contre le décidiste du ta.
C'est 170 morts. C'est plus que le Bataclan. ces personnes qui elles ont suivi au jour le jour le procès.
Alors, plus que jamais, il nous a parut indispensable de faire le point sur cette séquence qui va bien au-delà de la seule personne de Nicolas Sarkozy et qui pourrait bien être un véritable test démocratique. Nous allons revenir sur les faits, rien que les faits. Que risque réellement Nicolas Sarkozy ?
Va-t-il aller en prison ? Combien de temps ? Quels sont ses recours concernant l'affaire en elle-même ?
De quoi les détracteurs de la justice parlent-ils ? Pourquoi disent-ils que Mediapart a produit de faux documents ? Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il été condamné exactement ?
Enfin, il nous semble essentiel, comme toujours à Blast, de tenter de prendre du recul. Alors, nous allons essayer de comprendre pourquoi l'affaire SarkoZi marque un tournant démocratique. Quelles pourraient être les conséquences sur la société tout entière de ces attaques répétées à l'endroit de la justice ?
Et d'ailleurs, quelles sont les positions des principaux responsables politiques ? N'est-il pas étonnant, par exemple, de voir Marine Le Pen soutenir Bexs et ongles Nicolas Sarkozy ? C'est à toutes ces questions que l'on va répondre aujourd'hui dans cette émission pour Blast.
Avant toute chose, revenons sur la décision judiciaire en elle-même et sur les aspects juridiques un peu compliqués mais nécessaires pour comprendre exactement quel va être le destin de l'ancien chef de l'État. Le 25 septembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Nicolas Sarkozi. Peine principale, 5 ans de prison ferme avec exécution provisoire et mandat de dépôt à effet différé.
Ce qui veut dire en gros qu'il sera incarcéré même s'il fait appel. L'infraction retenue est l'association de malfaiteurs lié au dossier du financement libien présumé de 2007. Il a en revanche été relaxé des chefs de corruption passive et de financement illégal de campagne.
Des peines complémentaires ont été prononcées, 100000 € d'amende et 5 ans d'inéligibilité. Ces avocats ont annoncé un appel, mais celui-ci n'empêche pas le début d'exécution de la peine. Alors, une fois qu'on a dit tout ça, Nicolas Sarkozy peut-il encore échapper à la prison ?
La réponse est non. L'ancien président devrait être détenu dans un quartier dédié comme il en existe à la prison de la santé à Paris en raison de son statut d'ancien chef d'État. Il aura droit au même nombre de parloirs et d'appels téléphoniques que les autres détenus, mais il ne partagera pas sa cellule.
Est-ce que Nicolas Sarkozy a encore des recours ? La réponse est oui. Il n'est pas dit qu'il fasse 5 ans de prison.
Il peut encore sortir juste après son emprisonnement. Une fois détenu, il va pouvoir déposer une demande de libération conditionnelle, possible sans seuil minimal de détention puisqu'il a plus de 70 ans, mais uniquement si le juge de l'application des peines estime que sa réinsertion est garantie. À défaut, il pourrait bénéficier de permission de sortir ponctuelles pour motifs familiaux ou professionnels ou encore d'une suspension de peine pour raison médical si son état de santé est jugé incompatible avec la détention.
C'est ce qui s'était passé avec Patrick Balcani par exemple. [Musique] Autrement dit, il ne peut pas éviter son entrée en prison mais plusieurs voies juridiques existent pour réduire ou aménager la durée de son incarcération. Alors qu'est-ce qu'il va se passer là concrètement ?
La prochaine échéance est d'abord celle du 13 octobre. À ce moment-là, l'ancien président sera convoqué devant un magistrat national financier pour connaître les modalités de son incarcération. On lui communiquera alors la date, l'heure et le lieu où il sera incarcéré.
Selon la loi, Nicolas Sarkozi aura maximum un mois avant d'être incarcéré à partir de cette date. Donc logiquement, il devrait être en prison avant le 13 novembre. Selon l'article 148 aliné 2 du code de procédure pénale, l'examen de sa demande devra se faire dans un délai de 2 mois.
Donc, il aura 2 mois maximum à partir du moment où il fait sa demande, probablement le jour même pour dire s'il reste en prison ou non. Et là, il est carrément possible qu'il sorte et qu'il soit chez lui en attendant la procédure en appel puisque oui, il a bien fait appel. Alors, quand sera ce jugement en appel qui pourrait annuler carrément les 50 prisons fermes ?
Théoriquement dans 4 mois maximum selon la loi. Donc le 25 janvier 2026 maximum. En parallèle de l'affaire libyenne, il ne faut pas oublier que Nicolas Sarkozy doit encore affronter les ultimes développements du dossier Big Malion.
Le 8 octobre, la Cour de cassation examinera son pourvoi. Dans cette procédure, l'ancien chef de l'État a aussi été condamné à 1 an de prison cette fois-ci dont 6 mois fermes aménageable. Concrètement, si la condamnation est confirmée, il devra déposer une demande d'aménagement de peine comme le bracelet électronique, la libération conditionnelle et cetera dans les semaines ou les mois à venir.
Une démarche qui interviendra en même temps que la gestion de sa condamnation dans l'affaire libienne. Alors, pourquoi réalisons-nous cette vidéo ? car le degré de fake news dans l'espace médiatique et politique a, disons-le, rarement atteint ce niveau dans l'histoire récente.
Sitôt la peine prononcé, nous avons entendu absolument tout et n'importe quoi et pas uniquement dans les médias conservateurs. Il est condamné à nouveau sur quelque chose d'imaginaire. Médiia part évidemment puisque c'est ce médiia euh qui a euh révélé cette pseudo à faire les bienes avec des prises de position parfois inattendu en tant que française que citoyenne je ne comprends pas ce qui se passe avec Nicolas Sarkozi 70 ans, ancien président de la République.
On vient de dire qu'il n'avait pas eu d'enrichissement personnel. On vient de démontrer que l'article de départ de Média Part était faux. euh que l'enquête est partie donc d'info et et on le condonne à 5 ans alors que on a des jeunes qui tabassent un policier qui sont relâchés euh que des des des mecs sous Qutf condamnés jusqu'à 11 fois qui agressent des femmes sont relâchées.
Je comprends pas, je comprends pas cette justice. Et cela continue au moment où nous tournons cette vidéo. Voilà la une du JDD partagée par Nicolas Sarkozy lui-même.
à l'intérieur un entretien fleuve où il déroule sa défense sans contradiction. Pour comprendre le niveau, je pense qu'il suffit d'écouter le directeur du journal. Nicolas Sarkozy a été très chaleureux.
Il a tout de suite dit "Je me bat pas pour moi, j'irai en prison s'ils veulent que j'aille en prison." On lui a posé une question "Mais vous rendez compte ? La prison, c'est quand même quelque chose de terrible.
C'est pas grave. Je vais visiter des enfants qui ont qui sont atteints du cancer dans une semaine. Je connais des gens qui ont des maladies.
Moi ce qui m'arrive, c'est pas grave." cette manière de de dézoomer par rapport à son problème à lui alors que nous on venait pour ça et de dire par contre il s'est passé des choses sur le plan de l'état de droit et du droit très grave et je vais vous expliquer lesquels. Sur BFM TV comme dans de très nombreux médias, on relaisse cette phrase : "La présidente du tribunal ayant condamné Nicolas SarkoZi avait participé à une manifestation contre lui." Le principe est clair.
Il faut répandre à tout prix l'idée que cette décision de justice est un juste, biaisé, partial, motivé par des grifes personnelles, bref à l'opposé d'une réelle décision de justice. Sauf que par exemple, ce que se garde bien de préciser ici BFM TV, c'est que la juge en question avait manifesté en 2011 au côté de toute sa profession qui manifestait non pas contre Nicolas Sarkozy lui-même, mais contre la réforme de la justice menée par son gouvernement à l'époque et contre ses propos antijuge dans les médias. De plus, rappelons qu'il est parfaitement légal pour un magistrat d'avoir des engagements syndicaux.
BFMTV, toujours ou encore européen, relaculent pour demander l'acquitement de l'ancien chef de l'État. Toutes les pétitions dénoncent bien sûr là aussi une justice partiale et tout cela ne sort pas de nulle part. Dans la bouche des politiques de droite, d'extrême droite, parfois même du centre, mais aussi dans bon nombre de médias, la technique argumentative est rodée.
Les arguments pour défendre Nicolas Sarkozy sont les mêmes à peu près partout. Retenez-les bien, ce sont quasiment toujours les mêmes lignes qui sont utilisées. Premièrement, son âge.
Il a 70 ans. Je ne comprends pas ce qui se passe avec Nicolas Sarkozi, 70 ans. Rappelons que l'âge est une donnée qui est prise en compte par la justice.
C'est précisément son âge qui fait que Nicolas Sarkozy a par exemple pu se débarrasser de son bracelet électronique. Car rappelez-vous dans la troisème affaire où il a été condamné par la justice et ce de manière définitive, l'affaire dite des écoutes, il n'avait porté son bracelet que quelques mois après son admission en libération conditionnelle lié à son âge. Justement, deuxième argument, le fait que ce soit un ex-président et donc que ce serait très choquant qu'il soit justiciable comme les autres.
Pour cet argument, on vous laissera apprécier vous-même. Sur le plan humain, c'est c'est terrifiant quoi. Un ancien président de la République, il va se retrouver dans une cellule de 10 m² seul euh 22h/ 24 avec 1 heure de promenade, je crois minim par jour.
Euh vous imaginez ? Pour la dignité de notre pays, la dignité de la fonction, un tel acharchadement n'a pas de sens. C'est vrai que ça a été un sacré choc parce qu'en effet le nom d'un ancien président de la République très respecté d'ailleurs a été associé à celui du mot malfaiteur.
Troisièmement, les défenseurs de Nicolas Sarkozy ont beaucoup mis en avant le fait qu'il ne s'est pas enrichi personnellement. Le tribunal n'a trouvé aucune preuve de délit, aucune trace d'enrichissement personnel et pourtant la décision a été prise par les magistrats de l'envoyer en prison pour 5 ans. Alors certes, mais ce n'est pas ce dont il était accusé.
Ce n'est pas le sujet. Depuis le début, il est accusé d'avoir financé illégalement sa campagne avec de l'argent d'un dictateur pour lui-même devenir président en contournant la loi française dans les règles de la campagne. Personne n'a jamais dit qu'il avait construit une piscine avec de l'argent libien. 4e argument et pas des moindres.
Mediapart aurait produit un faux document. Quand Media Part documents, même s'il se révèle faux, tout le monde trouve ça merveilleux. Mais Diapart joue un rôle extrêmement nocif toxique aujourd'hui dans la presse française.
Méia part c'est une officine de propagande, cruauté et d'une violence inouie. Cet argument, il est important à analyser parce qu'on l'a entendu absolument partout. Les magistrats ont effectivement écarté la note publiée par Mediapart en 2012 et qui est à l'origine de l'affaire.
Selon le tribunal, aucun élément n'a permis de corroborer le contenu de la note qui apparaissait déjà fragile. Il apparaît désormais que le plus probable et que ce document soit un faux. Comme nous l'avons écrit dans le compte-rendu du procès à Blast.
Cela relève de l'appréciation personnelle prudente de trois juges qui n'étant pas certains de l'authenticité d'un document accablant préfèrent l'écarter. Ceci étant, ce qui peut apparaître à certains pour un excès de prudence permet ensuite de placer assez haut la barre de l'authenticité et des fondements du jugement. Le tribunal a considéré qu'il ne peut être tenu compte des informations contenues dans ces articles ou ouvrages que si elles sont corroborées par d'autres éléments recueillis en procédure, ne souhaitant fonder sa motivation que sur des éléments exemples de toute parti vérifiable et incontestable.
En ce qui concerne ce même document de Mediapart, il faut aussi souligner que la justice, après plusieurs années d'enquête et à trois reprises jusqu'en cassation a considéré qu'il ne s'agissait pas d'un faux. La justice française a dit que ce document n'était pas un faux. Pendant 4 ans, la justice a enquêté sur ce document à la demande de Nicolas Sarkozy.
Nous avons été relaxés de faux et usage de faux en première instance en appel et devant la Cour de cassation. C'est si vrai que Nicolas Sarkozy comme Brisortefeu ont dû verser de l'argent à Mediaapart à cause de leurs plaintes dont ils ont été débouté. Alors pourquoi cette déclaration du tribunal ?
Voici les explications de Fabrice Arfi. Ça fait des années que Media Part dit qu'il y a probablement une erreur dans le document, une erreur de date. Pourquoi ?
Parce que Kaddafi quand il est arrivé au pouvoir, c'était un fou de la Révolution française. Il a voulu faire son termidor, c'est-à-dire son calendrier révolutionnaire. entre 69 et 2007, il a fait changer quatre fois de calendrier rendant complètement folle son administration qui quand il fallait convertir en calendrier chrétien euh les dates du calendrier imposé par Kaddafi, faisait souvent des erreurs dans les dans la dans la datation concernant les les événements qui sont décrits dans les documents officiels.
Mais une erreur dans un document, ça n'en fait pas un faux. C'est pour ça que ce sentiment de la présidente qui dit probablement faux, elle ne l'ad qu'à une chose, à cette erreur de date. Sauf que c'est définitivement jugonque quiconque dit que ce document est faux va à l'encontre de ce qu'on appelle en droit français l'autorité de la chose jugée.
C'est si vrai que Nicolas Sarkozy a dû nous verser de l'argent quand il a perdu. J'ai toujours à mon bureau la copie du chèque de Nicolas Sarkozi, la copie du chèque de Bris Ortefeu parce qu'il a été définitivement débouté. argent que je n'ai pas encaissé. 5e argument, la justice serait idéologisée partiale.
Ce serait une vengeance des juges. Ça pose la question de l'idéologie des juges. On a l'impression d'un coup d'état des juges.
Finalement, des juges qui essayent de supplanter les politiques. C'est quand même ce que fait la justice aujourd'hui. Aller très loin.
La volonté de vengeance, pardonnez-moi, mais elle est affichée. Et ce dernier argument mérite un chapitre entier de notre émission. [Musique] Alors, comment fait-on pour savoir qui dit vrai ?
Comment réagir face à cette offensive médiatique et politique assez inédite contre la justice ? Et bien, en vérifiant les faits tout simplement. Pour les plus motivés, Blast a publié sur son site les 380 pages de ce jugement, brut, sans commentaire.
Il s'agit de la copie de travail des magistrats. Elle a été remise aux avocats à la suite du prononcé du jugement et plusieurs médias y ont eu accès. Don Blaste.
L'affaire SarkoZ Libi concerne des soupçons de financement illégal de la campagne présidentielle de 2007 par le régime de Moamar Kaddafi. Une information judiciaire a été ouverte en 2013 par des juges d'instruction français et Nicolas Sarkozy a été mise en examen en 2018 pour corruption passive, financement illégal de campagne et recell détournement de fonds publics libyens. Les enquêteurs se sont appuyés sur des témoignages d'anciens dignitaires libiens, des notes de service de renseignement et des flux financiers suspects.
Le procès s'est tenu de janvier à juin 2025. Les accusations porttaient sur la réception supposée de plusieurs millions d'euros en liquide entre 2006 et 2007 pour financer sa campagne. Nicolas Sarkozi a toujours nié, dénonçant un complot et des témoignages qu'il jugeait peu crédibles.
Le 25 septembre 2025, il a été donc condamné à 5 prison ferme pour association de malfaiteurs. Ses avocats ont donc annoncé qu'il ferait appel et il reste donc présumé innocent. Pour comprendre l'affaire dans son intégralité avec beaucoup plus de détails, on vous conseille vivement le visionnage de ce documentaire réalisé par Yanni Cargat.
Contrairement à ce qui a pu être dit, il s'agit avant tout d'un film assez sobre qui aligne les faits les uns après les autres sans rien auître et qui ne vous dit pas quoi penser particulièrement. Pour comprendre cette affaire, il faut commencer par remonter assez loin en arrière. On va comprendre que de l'argent a été mis sur la table. [Musique] Mais d'où venait cet argent ?
Où sont les documents bancaires ? Où sont les virements ? Il n'y a pas un document, pas une photo, pas un compte, pas une preuve.
Il n'y a que la haine, la boue, la médiocrité, la malveillance et la calobnie. Vous pouvez aussi regarder cette vidéo blast où l'on revient en détail pendant 1 heure sur cette affaire. Il y a aussi celle-ci qui explique le déroulé du procès ou encore cette vidéo de Mediaapart qui décrypte la défense de SarkoZi à sa sortie de prison.
Il y a 380 pages de jugement. Une chose qu'on ne peut pas dire, c'est qu'il n'y a pas de preuve et que les juges auraient juste condamné comme ça sans raison comme cela a été impliqué sur de nombreux plateaux de télévision. Eveline Sirmarin, magistrate honoraire et ancienne présidente du syndicat de la magistrature qui est reçue par BFM TV l'explique très bien.
On vous laissera au passage apprécier le titre de l'émission qui dit beaucoup de la manière dont le débat est cadré. Je me situe pas sur le le plan des sentiments, du bien et du mal si vous voulez. Le débat n'est pas là.
Le débat, il est sur effectivement l'état de droit, la culpabilité et la peine et notamment l'association de malfaiteurs. Alors, on peut discuter éternellement de Il y a pas de preuve. Oui, il est vrai dans les infractions euh financières, ce sont des infractions dissimulées, occultes et euh on n'a pas euh une facture de monsieur Kaddafi euh donnant euh 5 ou 50 millions d'euros à monsieur Sarkozi, mais il y a une preuve qui s'est construite tout au long de l'instruction, tout au long euh du procès et cette preuve euh c'est notamment tout un faisceau, si vous voulez de preuves matérielles, des témoignages euh des euh de gens tout à fait proches du régime qui me libien euh des carnets dans l'ancien ministre du pétrole qui sont totalement considérés comme euh vrais écrit en expliquant que il y a eu à peu près 6 millions d'euros données.
Il y a eu des relevés d'identité bancaires de monsieur Gayant, de monsieur Hortfeu qui ont été retrouvés chez des intermédiaires libyens. On peut pas dire qu'il y a pas de preuve. Enfin, revenons sur l'exécution provisoire qui fait tant parler.
En gros, comme nous l'avons expliqué au début de cette émission, même si Nicolas Sarkozy fait appel, il fera de la prison quoi qu'il arrive. Et ça, ça a été décrit comme très injuste jusque dans la bouche de l'ancien premier ministre. François Bairou a en effet déclaré si on adopte la généralisation du principe de l'exécution provisoire, cela veut dire qu'il n'y a plus d'appel possible, venant ainsi se ranger au côté de toute la droite et l'extrême droite.
Seulement, faut-il le rappeler, ce qu'il subit aujourd'hui, c'est en partie le résultat de la politique qu'il a lui-même mené. Cette portée symbolique s'explique aussi par le discours qu'il a porté en tant que ministre de l'intérieur puis président de la République. Il faut le rappeler.
C'était quand même euh le tenant du discours sécuritaire qui aujourd'hui domine à la fois le débat public et qui a influencé notre droit pénal, son évolution en tous les cas. Et c'est monsieur Tolérance Zé, c'est monsieur Pen Planché. C'est celui aussi qui a fustigé la justice laxiste au lieu de l'assumer pleinement a préféré, il faut aussi le rappeler en sortant du tribunal, il a eu un discours assez agressif à nouveau vis-à-vis y compris de la de la justice.
L'exécution provisoire, c'est un débat en soi, un débat que l'on est en droit de mener collectivement. Ceux qui se positionnent contre le fait de faire de la prison avant même un procès en appel ont des arguments tout à fait recevables et on ne répondra pas à cette question aujourd'hui. Ce que l'on peut noter en revanche, c'est que ceux qui aujourd'hui défendent le plus ardemment l'ancien chef de l'État sont très souvent les mêmes personnes qui ont défendu ces mêmes exécutions provisoires lorsqu'elles concernaient par exemple des personnes plus précaires.
En l'état, cette exécution provisoire est parfaitement légale et régulièrement appliquée. Il n'y a absolument rien d'inhabituel si ce n'est qu'elle s'applique à un ancien chef d'état. Donc si on résume, les juges ont respecté la loi et il est faux de dire qu'il n'y a pas de preuve dans ce dossier.
Mais alors pourquoi assistons-nous à ce broui médiatico politique et où cela nous mène-t-il ? Tout ce que je viens d'énumérer plutôt a mené à des menaces inouies à l'encontre des juges qui ont condamné Nicolas Sarkozi, en particulier la présidente du tribunal. Mais ce sont des menaces de mort très clairement, des menaces de violence et des menaces de s'en prendre au fond physiquement à à notre collègue qui a qui a précidé l'audience.
Donc on a voulu alerter parce que la situation est évidemment grave, elle est dangereuse pour pour notre collègue. Et puis il y a des précédents, alors des précédents, les magistrats sont menacés habituellement par le crime organisé, par la grande délinquence qui cible les magistrats qui sont en première ligne pour lutter contre cette ce haut du spectre de la criminalité. Ce qui est plus récent, ce sont les magistrats menacés dans les affaires touchants des personnalités politiques.
Ça a été le cas dans l'affaire des assistants du Rassemblement national. C'est le cas aujourd'hui. Et ce qu'on craint, c'est que au fond la justice ne puisse plus passer de façon sereine.
Ce dimanche, le président de la République a dû prendre la parole pour condamner ses attaques faites contre les magistrats. Mais ce niveau de pression effectué sur les magistrats doit évidemment nous alerter. Et c'est pour cette raison que je vous disais au tout début de cette vidéo que cette séquence nous concerne toutes et tous.
Ce qui se passe dans notre pays aujourd'hui est grave. C'est une véritable dérive dans notre démocratie. concevait qu'une magistrate qui a statué dans une collégialité trois magistrats à l'issue des débats dont tout le monde a salué la qualité même les avocats de Nicolas Sarkozy et que après un délibéré qui a été rendu minutieusement avec un jugement de 400 pages et où j'ai le document de travail à cette issue et bien aujourd'hui cette magistrate fait l'objet de menace de mort.
On a dit qu'une décision de justice était une atteinte à l'état de droit. Non, ce qui est une atteinte à l'état de droit, ce sont des menaces contre les juges. C'est inacceptable et ça devrait être un électrochoc dans notre pays.
Comment les juges vont-ils réagir au prochain procès ? Celui de Marine Le Pen par exemple ou de Nicolas Sarkozy en appelle, s'ils savent qu'une décision défavorable au prévenu peut les amener à être sous protection policière pour avoir simplement fait leur travail. Et ça, le Rassemblement national l'a bien compris.
Les représentants du parti se sont jetés sur cette actualité pour enfoncer le clou, apporter un soutien inconditionnel à Nicolas Sarkozy et décrédibiliser la justice un maximum avant le procès en appel de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires. Rappelez-vous, elle avait utilisé exactement la même rhtorique que Nicolas Sarkozy, mais aussi la même rhtorique que Donald Trump. On avait consacré une très longue émission à cette affaire.
L'extrême droite était en ordre de bataille pour saper la crédibilité de la justice. Est-ce qu'on respecte la présomption d'innocence dans notre pays ? Puisque voilà, on va avoir une personne présumée innocente en prison et et par là, est-ce que est-ce que il y a pas une atteinte à à l'état de droit ?
Dans cette affaire, il y a moi quelque chose qui me qui me dérange, une sorte de mécanique qui donne un sentiment de déjà vu d'ailleurs par le passé sur l'affaire Fillon, sur l'affaire de Marine Le Pen, bien que les affaires n'aient strictement rien à voir sur le fond, hein. C'est une espèce de mécanique qui voit une sorte d'association de malfaisants entre médias parc, le part national financier et un certain nombre de magistrats engagés politiquement. Ça cause des dommages irréparables.
Quand vous privez Marine Le Pet de pouvoir être candidate à l'élection présidentielle avant, évidemment, ça cause un dommage irréparable. C'est pour ça que je vous disais que mieux que soit avant la présidentielle. Et oui, le plus tôt sera le mieux.
Mais euh pareil pour Nicolas Sarkozi, Marine Le Pen innocente ne représente aucun danger pour la société. Nicolas Sarkozi ne représente aucun danger pour la société et on voit bien que là on est dans une forme de vent d'état judiciaire contre l'opposition qui n'a rien à voir enfin qui n'a rien à voir avec la justice et c'est bien ça qu'il faut retenir politiquement. Cette séquence c'était l'occasion de faire accepter au grand public la remise en cause de la justice.
Pas d'une décision de justice pas de cette décision de justice en particulier non de la justice en général. l'émancipation est allé trop loin et maintenant la justice des juges est un état dans l'état. C'est cette casse que je considère comme néfaste pour la démocratie et une réflexion collective devait être menée pour que la justice en France rentre dans son lit.
Et entendre des propos pareils, c'est inhabituel dans un état de droit. Ça aurait été impensable à vrai dire il y a quelques temps. Ce qui s'est passé ces dernières heures, ces derniers jours après le rendu du délibéré est proprement insupportable et inadmissible.
À qui la faute ? Ça a été rappelé, permettez-moi quand même de le souligner, ça a été rappelé par le président de la République, ça a été rappelé par le gardé des saut, ça a été rappelé par le Conseil supérieur de la magistrature. On est en train de marcher sur la tête quand on vient critiquer avec violence et menace de mort un tribunal, c'est l'état de droit qui est menacé.
Et souvenons-nous, l'état de droit, c'est le socle de la démocratie. Cette démocratie est en danger aujourd'hui ? Oui.
Oui. Oui. Dès lors que l'on s'en prend de façon euh aussi véhéémante, aussi violente euh à la justice, que l'on ne soit pas d'accord avec une décision, c'est arrivé combien de fois dans le passé ?
Et ça arrivera encore. Les décisions sont critiquables. C'est le débat public, on est là pour s'en parler.
Mais dès lors qu'on franchit ce pas là, on va trop loin. Deuxième élément qui doit nous interpeller la manière dont a été traité Media Part. Si la justice a évidemment été mise sous pression, ce média a aussi subi un nombre incalculable d'attaques, y compris judiciaire.
Et d'ailleurs, c'est bien le micro de Mediaapart que Carla Bruni prend pour cible en sortant du tribunal. Un geste patianodin pour la journaliste Pauline Bock qui écrit dans Arrêt sur image dans ce simple geste et surtout dans ce sourire poli presque indifférent un mépris gigantesque. Le dédin de Carla Brun Sarkozy n'a pas besoin de mots via Mediaappart.
C'est toute l'indépendance de la presse que piétine l'ancienne première dame. C'est un crachat au visage de la liberté de la presse mais un crachat chic. Voyez-vous.
La journaliste explique que tout ça est le symptôme d'une dérive plus large sur laquelle une grande partie des médias a préféré fermer les yeux lorsqu'ils n'y participaient pas directement. En effet, on peut constater que les attaques sont de plus en plus féroces et violentes envers les journalistes qui enquêtent et ces attaques viennent parfois aussi d'autres médias. La mise en cause de confrères qui n'ont pas été pris en flagrant d'élit de mensonges depuis plus d'une décennie d'enquête sur cette affaire pose de vraies questions de protection de la parole journalistique par certains journalistes eux-mêmes.
D'ailleurs, on sent que Fabrice Arfi commençait à être fatigué de la manière dont le débat public a été cadré. Dans cette séquence, au lendemain de la condamnation, dans la matinale de France Interre, le journaliste qui est à l'origine de l'affaire y exprime sa stupéfaction. Mais je suis sidéré par le climat de conversation publique et médiatique autour du jugement.
C'està-dire qu'on a quand même un homme, un ancien président, si on parle de Nicolas Sarkozi qui a été condamné désormais trois fois dont une fois définitivement pour corruption, une autre fois dans l'affaire Big Malion. Ça c'est le financement de sa campagne de 2012 en première instance et en appel pour financement illégal de campagne et qui vient d'être condamné pour association de malfaiteurs dans l'affaire gigantesque des financements libiens. Et la question qu'on se pose, c'est s'il y a un problème des juges avec la politique.
On pourrait peut-être se demander si Nicolas Sarkozy n'a pas un problème lui avec le code pénal. Et tout le succès de cette offensive médiatique et politique, c'est bien celui-ci. Au lieu de décrire l'affaire, au lieu de parler de ses conséquences, du problème de la probité en politique, quasiment l'intégralité de la séquence médiatique a tourné autour de cette question.
S'agissait-il d'une vengeance individuelle de quelques juges ou non ? Rappelons-le, la dérive antidémocratique est celle-ci : réussir à imposer la confusion. C'était toute la stratégie de Steve Banon, ancien bras droit de Donald Trump qui avait assumé sa stratégie médiatique pour faire gagner l'extrême droite aux États-Unis.
Flat the zone with shit inondé la zone de merde. Est-ce que les juges étaient biaisés ? Au fond, la plupart des gens n'en savent rien.
Les défenseurs de Nicolas Sarkozy n'ont pas réussi à imposer leur narratif à tout le monde. Beaucoup de Français se disent que ça commence quand même à faire beaucoup de passages devant les tribunaux pour cet ancien président. En revanche, les pourfondeurs de la décision ont obtenu une victoire immense, celle d'avoir réussi à cadrer le débat sur des aspects anecdotique voire absurde et d'avoir jeté le doute sur la justice.
Les juges, ils ne jugent pas des politiques, ils jugent des personnes qui sont soupçonnées d'avoir commis un délit. Il se trouve que ces personnes sont parfois des politiques et c'est souvent le cas. Il se trouve dans la délinquence en col blanc et les atteintes à la probité qui concerne la rencontre du pouvoir et de l'argent.
Donc c'est vrai que ça concerne assez peu les nécessiteux ce genre de délit. Et bien quand les mises en cause sont condamnées, eux ils ont contrairement à toutes celles et tous ceux qui nous écoutent, ils peuvent aller aux 20h d'une grande chaîne, ils peuvent imprimer des éléments de langage, prendre la main sur le récit pour faire à croire que le problème dans ce dossier, ce sont les juges et pas les faits. Et ça, ça c'est un moment trumpien de bascule dans lequel nous sommes en train de vivre vraiment sur l'hôtel des affaires qui sont mais bien sûr, c'est Trumpien.
Nous avons produit cette émission aujourd'hui pour cette raison. Même si l'affaire SarkoZi ne vous passionne pas, elle vous concerne quand même parce que son traitement marque un tournant majeur dans l'éruption de fake news sur une décision de justice, sur l'inconséquence de bon nombre de journalistes qui ne semblent pas s'être interrogé une seconde sur l'effet de leur cadrage. À la fin, peu importe ce qu'il se passe pour l'ancien président, au fond, c'est même pas le sujet.
Cet épisode laissera des traces sur la manière dont les juges sont désormais mis sous pression, sur la porosité des responsables politiques, jadis centristes à cette pression. Et c'est la deuxième fois après l'affaire Le Pen qu'on atteint ce niveau de pression récemment que des politiques salient aussi nombreux et nombreuses pour défendre une idée. Les politiques ne devraient pas être justiciables au même titre que les autres.
Et cette idée, elle est fondatrice de tout régime autoritaire ou fasciste qui se respecte. C'est la fin de cette émission. J'espère sincèrement qu'elle vous a plu.
Cette semaine, mes collègues de rhinocéros reviendront plus en profondeur sur la question du traitement médiatique et j'espère que cette vidéo aura répondu à certaines de vos interrogations. Je vous rappelle que nous sommes un média indépendant. C'est précisément ça qui nous permet de traiter l'information différemment et vous l'aurez compris, il est plus que nécessaire de soutenir le journalisme indépendant.
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Moi je le dis parce que je le pense, il faut que les peines soient exécutées. La non exécution des peines, c'est l'impunité. Nul ne doit pouvoir être libéré de sa peine avant d'en avoir accompli au moins les de tiers. [Musique] [Applaudissements] [Musique]
Nicolas Sarkozy