Les allocutions d'Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky après leur rencontre à l'Élysée
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:02OuverteRéponse directe
Quelle est la différence entre l'accord signé en France et ceux avec l'Allemagne ou le Royaume-Uni ?
- 23:49OuverteRéponse directe
Quel message tirez-vous de la mort d'Alexei Navalny pour l'Europe et l'Occident ?
- 30:03FerméeRéponse directe
Quand comptez-vous vous rendre en Ukraine ?
- 30:33OuverteRéponse directe
Les Européens doivent-ils faire plus face au blocage américain ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:41PrésentateurChiffre
« La France s'est engagée à apporter jusqu'à 3 milliards d'euros d'aide militaire supplémentaire pour l'Ukraine en 2024. »
- 23:18PrésentateurFait
« Nous nous engageons sur des accords qui sont concrets et c'est ça que je veux que vous reteniez. »
- 25:22PrésentateurFait
« La Russie est rentrée dans une nouvelle phase et nous devons être lucides sur ce sujet. »
- 28:34InvitéFait
« Poutine est un assassin. »
Temps de parole
- Présentateur59 %
- Invité politique20 %
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- Invité 26 %
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- Invité 32 %
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Bien. Monsieur le Président, cher Volodymyr, messieurs les ministres, messieurs les ambassadeurs, mesdames et messieurs, en vos grades et qualités, je suis très heureux, cher Volodymyr, de te recevoir à nouveau aujourd'hui à Paris. C'est la 3e fois depuis le début du conflit et de l'agression russe contre ton pays. Cela fait de nombreuses fois parce que je n'oublie pas ta 1re visite dans ces lieux. Tu étais alors candidat dans l'entre-deux-tours en Ukraine et c'était la 1re fois que nous nous voyons.
En te recevant aujourd'hui, c'est à travers toi, tout le peuple ukrainien, que nous voulons d'abord exprimer notre admiration et surtout notre détermination à continuer de soutenir l'Ukraine dans la durée. Cette détermination est aussi forte qu'au 1er jour et je veux ici te dire que notre engagement à vos côtés ne faiblira pas. C'est aussi le sens de l'accord bilatéral de sécurité que nous venons à l'instant de signer. Il vient concrétiser un engagement que nous avions pris avec tous les pays du G7 au sommet de l'OTAN à Vilnius en juillet dernier.
Il inscrit non seulement notre soutien dans la durée, mais aussi dans une démarche et une logique collective, puisque le Royaume-Uni et l'Allemagne ont déjà conclu un accord comparable et qu'à terme, tous les autres pays du G7 et 25 autres pays feront de même. Alors que nous allons dans quelques jours entrer dans la 3e année de cette guerre que seule la Russie a voulu. Je n'oublie pas, cher Volodymyr, nos échanges aux 1res heures de cette funeste journée du 24 février 2022. Et je veux avoir une pensée pour tous les Ukrainiens, pour tous ceux que la guerre a arrachés à leur maison, à leur famille, pour ceux qui se battent sur le front, à Avdivka en particulier, et ailleurs.
Les Ukrainiens, aujourd'hui, se battent non seulement pour leur liberté, mais pour la sécurité européenne, pour la solidité des démocraties libérales et la défense du droit international. Cher Volodymyr, nous sommes déterminés à vos côtés à faire échec à la guerre d'agression de la Russie. Le courage de la résistance ukrainienne, le sursaut d'unité que votre juste combat a suscité ont déjà conduit à une série de défaites stratégiques de la Russie. Il y a 2 ans, la Russie nous expliquait mener une opération spéciale qui allait se conclure en quelques semaines. Elle en est réduite à vider ses prisons pour remplacer les pertes colossales qu'elle subit sur le front.
On nous expliquait que la Russie avait un avenir certain. Beaucoup de jeunes russes ont préféré la liberté à la guerre et se retrouvent à Belgrade, Bilissi, Istanbul ou Paris. La Russie a perdu ses talents. Elle préfère financer une guerre inutile, injuste et cruelle, plutôt que les services de base pour sa propre population, ou plutôt que de subventionner le prix des oeufs pour les bas salaires. La Russie était revenue depuis les années 90 autour des différents formats internationaux. Elle a perdu cette place et sa crédibilité sur la scène internationale. Elle l'a perdue parce qu'elle n'y est plus invitée.
Elle l'a perdue parce que l'Ukraine rejoindra l'Union européenne et, je l'espère aussi, l'OTAN. Elle a perdu stratégiquement, elle pour qui l'accès aux mers est si décisif, en poussant la Finlande et la Suède à rejoindre l'OTAN et se faisant affaire de la mer Baltique, une mer aujourd'hui où les alliés ont une place prépondérante. Elle a perdu stratégiquement enfin parce qu'elle met au goulag ses esprits libres, qu'elle les y condamne à mort, à l'instar de M. Navalny, dont je salue la mémoire et l'engagement. Et je pense ce soir à son épouse, à sa famille, lui qui dément le déclin du courage contre lequel nous mettait si justement en garde Solzhenitsyn. Oui, la mort de M.
Navalny dit la faiblesse du Kremlin et la peur de tout opposant. Les faits sont têtus, mais il faut toujours les rappeler. Il y a un agressé, l'Ukraine, et un agresseur, la Russie. Et si cette agression vise principalement l'Ukraine, elle fait de nombreuses autres victimes, l'ordre et le droit international, la stabilité du monde, la planète entière, par les déséquilibres que cette agression a créés, en particulier sur le plan alimentaire. La Russie, malgré ses revers, s'est lancée dans une fuite en avant durant ces deux dernières années.
Et elle a, tout particulièrement, ces derniers mois, accumulé et durci toutes les postures agressives, pas simplement face à l'Ukraine, mais contre nous tous. Aujourd'hui, c'est une nouvelle phase qui s'ouvre. La Russie de Vladimir Poutine est devenue un acteur méthodique de la déstabilisation du monde qui n'hésite pas à menacer son environnement, mais aussi plus directement nos intérêts. La Russie est devenue une puissance impérialiste qui nie la souveraineté de l'Ukraine, de son droit, de sa capacité à faire ses choix, à choisir ses alliances, bref, à exister. Et au fond, ce que cherche la Russie, c'est un ordre fondé sur la force.
Ce que défend l'Ukraine et nous avec elle est le respect des principes fondamentaux du droit international. La Russie est devenue une puissance révisionniste de manière croissante ces dernières années. Les propos tenus encore récemment montrent que cet appétit de réécrire l'histoire n'a plus de limites. Il n'y a pas que les pays qu'elle a récemment envahis, comme l'Ukraine ou la Géorgie, qui ont des raisons de s'inquiéter. La Russie bâtit actuellement devrais-je dire plutôt le régime du Kremlin, car je ne veux pas ici y engager tout un peuple, mais simplement quelques décideurs qui ont décidé précisément de changer pour le pire le destin de leur propre nation.
Le régime du Kremlin bâtit actuellement un récit fantasmé pour remettre en cause les frontières héritées de l'Union soviétique en reniant sa propre parole et ses propres engagements, notamment ce prix à Al-Mahata en 1991, ce qui est une menace pour l'Europe, le Caucase, l'Asie centrale. Elle doit savoir que le monde la regarde, que chacun est en droit de se demander quel nouveau bout tronqué et truqué d'histoire elle invoquera pour poursuivre son agenda, quel nouveau pays sera sa proie, quel autre pays demain sera tenté de l'imiter. La Russie a aussi ces dernières années accumulé des interférences dans les élections.
Je n'oublie pas que moi-même, lors de la campagne électorale de 2016-2017, j'avais subi des attaques très directes de la Russie. J'avais eu l'occasion de m'en expliquer lors de notre première rencontre avec Vladimir Poutine. Ces derniers mois, partout en Europe, ces manœuvres de désinformation, de manipulation de l'information, mais les attaques sur le plan cyber se sont profondément multipliées, systématisées et intensifiées. La Russie, en effet, a franchi plusieurs seuils sur ce plan à l'égard des démocraties européennes durant les dernières semaines et les derniers mois. C'est ce qui nous a conduits avec l'Allemagne et la Pologne à révéler et attribuer plusieurs de ces attaques.
Nous continuerons de faire de même. Ce changement de posture marque très clairement une volonté d'agression à notre endroit. Enfin, la Russie a multiplié aussi les zones de confrontation et de déstabilisation en Afrique comme au Proche et Moyen-Orient. Il n'est pas jusqu'à l'espace où ne se posent de graves questions. Je reste ici prudent, mais les inquiétudes exprimées par certains ces derniers jours sur le possible déploiement par la Russie d'armes nucléaires dans l'espace ne fait que compléter ce tableau.
Ces faits, s'ils étaient confirmés, seraient si graves, si illégaux, si déstabilisants pour le monde et préoccupants pour les citoyens que la Russie doit sans tarder donner des explications. Les institutions internationales doivent très clairement s'en saisir. Tout ceci montre clairement que si ces dernières années, la Russie, sur plusieurs de ses points, avait une forme de continuité, impérialisme, révision de l'histoire, déstabilisation de nos démocraties, l'intensification de ces agressions, le changement de nature et les seuils franchis font qu'il est temps aujourd'hui de le dire, ce changement de posture de la Russie exige un sursaut collectif.
Un message clair venu d'Europe, celui que nous ne laisserons pas faire, mais aussi très clairement un signal de la communauté internationale car ces agressions touchent la stabilité toute entière de la planète et concernent tous les pays qui ont des responsabilités diplomatiques éminentes. Que les choses soient claires, la France n'est pas en guerre ni contre la Russie ni contre le peuple russe. La France a d'ailleurs tout fait pour empêcher la guerre en Ukraine. Mais nous sommes décidés à faire échec à la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine et à toutes les agressions dont la Russie pourrait se rendre coupable.
Si la Russie pense qu'elle peut affaiblir notre détermination, miser sur telle ou telle élection ou bien sur notre lassitude, alors elle se trompe. Devant toi, cher Volodymyr, je veux ici redire que la France continuera de soutenir l'Ukraine dans la durée. C'est le sens, je le disais dès le début de mon propos, de l'accord que nous avons conclu pour une durée de 10 ans et qui restera valide tant que l'Ukraine n'aura pas rejoint l'OTAN. Dans le cadre de cet accord, la France s'est engagée à apporter jusqu'à 3 milliards d'euros d'aide militaire supplémentaire pour l'Ukraine en 2024 après les 1,7 milliards d'euros de 2022 et les 2,1 milliards d'euros de 2023.
Cette aide a pour objectif de continuer de fournir à l'Ukraine les moyens de défendre dans la durée sa souveraineté et son intégrité territoriale. La France s'engage aussi à poursuivre le soutien qu'elle apporte à l'Ukraine sur tous les plans, fourniture de matériel militaire, coopération entre industries de défense avec le développement de coproduction, formation, renseignement, aide civile, etc. En aidant nos partenaires ukrainiens à se défendre, nous investissons pour la sécurité de l'Europe, le renforcement de la base industrielle, technologique et de défense européenne.
Tout cela représente déjà beaucoup, mais nous sommes déterminés à faire encore davantage, y compris en bousculant les habitudes, le confort de certaines certitudes. Je souhaite en particulier que la France et l'Union européenne continuent de s'adapter au contexte nouveau qui est le nôtre. Cela supposera un effort résolu de réarmement en termes de doctrine et de moyens. Il s'agit là d'un nouveau test pour l'Union européenne, mais l'issue de la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine sera décisive pour nos intérêts, nos valeurs, notre sécurité et notre modèle de société.
Dès le sommet de Versailles en mars 2022, convoqué sous présidence française de l'Union européenne, nous avons montré notre capacité ensemble à changer de paradigme. Aider l'Ukraine à défendre sa souveraineté va de pair avec notre propre souveraineté et notre autonomie stratégique. Et notre endurance, notre détermination seront encore éprouvées, mais nous trouverons l'énergie et les ressources pour continuer de nous transformer.
C'est aussi la raison pour laquelle je veux ici redire mon soutien à la proposition de la Première ministre estonienne Kayakalas d'émettre des financements nécessaires dans la durée pour notre soutien à l'Ukraine et à la mobilisation de notre base industrielle européenne. Oui, l'Europe doit investir davantage, encore à une autre échelle et dans la durée. Voilà ce que je voulais dire aujourd'hui, M. le Président, cher Volodymyr. Notre soutien est bien déterminé jusqu'au bout. Notre volonté à vos côtés de faire et la conviction que, non seulement en ce faisant, nous défendons l'Ukraine, mais nous défendons aussi ceux qui nous lient sur un même continent au service des mêmes valeurs.
Vous saurez trouver la France à vos côtés aujourd'hui comme demain. Et je veux vous remercier une nouvelle fois d'être à Paris aujourd'hui avec notre soutien pour aujourd'hui, demain et aussi longtemps que nécessaire. Je vous remercie.
Je tiens
te remercie, Emmanuel. Je tiens te remercie. En effet, nous avons eu beaucoup de rencontres et je suis persuadé que tu me comprends même à nous.
En effet,
nous avons eu beaucoup de rencontres importantes,
trois des plus importantes
puisqu'elles se sont déroulées lors de ce défi, lors de cette tragédie, l'occupation de nos territoires par la Russie, nos gens et nos territoires. Tu as parlé des valeurs et tu as tout à fait raison. Je tiens à souligner que ces rencontres étaient puissantes, importantes, mais cette rencontre aujourd'hui est particulière.
L'esprit de cette rencontre
est des plus puissants
comparativement
à toutes les autres. Et je tiens à te remercier d'être entré aussi profondément dans ces questions
et de cette compréhension de quoi il s'agit,
que c'est une guerre terrible
qui fait couler beaucoup de sang.
Et je tiens à te remercier pour le travail que tu effectues, toi et ton équipe, en tant qu'un seul organisme puissant au nom de l'unité de l'Europe.
Nous le ressentons et je te remercie beaucoup pour cette rencontre, pour nos accords. Chers journalistes,
chers présents, mesdames et messieurs,
notre travail, nos accords
inspirent toujours.
L'Ukraine et la France savent ensemble donner une impulsion apportée de l'aide et donner des forces
à nos peuples et à notre Europe. Nous avons préparé et signé un accord ambitieux et concret, un accord sur la sécurité. Ils ne pourront pas parler ouvertement de tous les aspects, de tous les détails. Mais c'est ce qui assure dans cette guerre que Poutine a déclenchée contre l'Ukraine et contre les gens, tout simplement, contre tout ce qui est vivant, contre l'Europe,
ce qui n'a pas d'avenir.
Ceux qui ont l'avenir,
c'est nos peuples,
c'est notre sécurité commune, c'est la paix juste que nous méritons tous en Europe. Notre coopération en matière militaire ne pourra que croître, et tu l'as déjà évoqué, 3 milliards d'euros cette année, c'est un résultat conséquent et je tiens à te remercier personnellement.
Deuxième point, la France a très clairement et sur le principe soutien, l'entrée à l'avenir de l'Ukraine à l'OTAN et je veux te remercier personnellement, Manuel, pour ce soutien puissant accordé à l'Ukraine
sur sa voie vers l'Union européenne. La poursuite pour parler quant à l'entrée de l'Ukraine est devenue possible grâce à ton leadership.
Troisième point, les sanctions contre la Russie
et les politiques russes en matière des crimes de guerre commis, ce sont des priorités.
De plus,
nous menons vers un nouvel niveau la coopération en domaine de sécurité cyber, la lutte contre les informations, la protection des infrastructures critiques et la lutte contre le crime organisé.
Tous ces éléments témoignent
de la valeur de la force de nos États en matière de protection des vies humaines. Nous avons déjà parlé et nous continuerons à en parler de ce qui se passe sur le champ de bataille, des besoins de nos militaires et de nos possibilités. Très régulièrement et de manière très concrète, nous procédons à des échanges de nos visions sur cette guerre et je suis reconnaissant à la France, à M. le Président, de tout ce soutien fort et ciblé que nous recevons. Aujourd'hui, c'est un autre paquet de défense, justement celui dont nous avons besoin, les missiles, les canons, les systèmes César, le renforcement des systèmes de défense antiaérienne.
Il s'agit des réponses dignes de cette pression que Poutine augmente sur nos forces et la France aujourd'hui nous aide beaucoup. Je te remercie beaucoup. j'apprécie également notre coopération en matière de production de défense, y compris la localisation et la production commune et le transfert à l'Ukraine des technologies innovantes. En particulier, nous avons parlé de la production commune des drones et des systèmes de lutte radioélectronique. Nous pouvons travailler ensemble pour le bien commun de nos peuples. autre chose qu'il faut souligner, c'est absolument une question de principe. Tous les jours, nous sommes confrontés à des crimes politiques commis par Poutine.
Poutine est devenu un des plus sanguinaires dictateurs dans l'histoire européenne et malheureusement, son chemin n'est pas terminé. Nous allons continuer avec tous ceux qui ont la possibilité de le traduire devant la justice et j'appelle tous les leaders du monde de ne pas se taire, de ne pas laisser faire et de rester de côté. Aussi bien ceux qui sont au pouvoir que ceux qui sont dans l'opposition, un assassin doit être puni. Nous devons être tous ensemble, tous ceux qui connaissent la valeur de la vie pour atteindre les résultats justes. Je te remercie Emmanuel de ton invitation. Je tiens également à remercier les Français de votre soutien.
Incontestablement, vous avez fait beaucoup pour les
Ukrainiens, pour les personnes déplacées et je vous suis reconnaissant pour ce soutien. Gloire à l'Ukraine.
Nous allons maintenant répondre aux questions.
bonsoir, bonsoir, je m'ai une question aux deux présidents, Ukraine Form. Aujourd'hui,
nous avons eu une journée très fructueuse pour l'Ukraine, un peu plus tôt, l'accord identique avait été signé avec l'Allemagne. Ce qui m'intéresse c'est de savoir quelle est la différence entre l'accord signé en Allemagne et aujourd'hui en France et l'accord signé en Grande-Bretagne. Qu'est-ce qu'il y a de particulier qui a été proposé par la France à l'Ukraine ? Ce qui n'existe pas dans les accords avec d'autres partenaires excepté les Césars, bien évidemment. Pour l'instant, nous n'avons pas eu beaucoup de ce genre d'accords et chaque accord est en effet de nature à renforcer l'Ukraine. Donc ça renforce nos militaires, ça renforce la protection de nos civils.
Je pense que comparer ces accords c'est très difficile pour chacun de ces pays, ces leaders de sécurité dans le monde, leaders dans la protection et la défense de l'Ukraine. Chaque accord a ses priorités, ses détails. Je pense que vous pourrez en prendre connaissance puisqu'il s'agit des accords et des documents ouverts. C'est important pour nous que tout le monde puisse les consulter, les peuples de nos pays.
et ce qui est très important c'est que ce soit la Russie qui puisse le voir, que la Russie sache que l'Ukraine n'est pas seule, qu'il y a des pays importants à travers le monde avec une économie puissante, avec les valeurs réelles, communes, qu'ils n'abandonnent pas l'Ukraine, qui économiquement n'est pas aussi puissante comme ces pays respectés à travers le monde, mais qui lutte fortement et qui nous aident à nous battre pour notre liberté et nos valeurs communes. Vous verrez les priorités bien sûr dans cet accord. Il y a beaucoup de choses à dire et beaucoup des choses pour lesquelles nous devons être reconnaissants.
Et parfaitement à ce qu'a dit le Président. D'abord, ces accords qui viendront, comme je le disais tout à l'heure, se complètent et c'est dans cette complémentarité qu'il y a l'utilité pour l'Ukraine. Ensuite, ces accords, nous les avons voulus au sommet de Vilnius pour dire qu'il y a maintenant un chemin vers l'OTAN mais on ne peut pas en quelque sorte laisser un vide.
Et donc, ces accords ont pour vocation de donner une visibilité sur l'engagement militaire avec des chiffres mais derrière aussi le détail de capacité et vous l'avez dit que ce soit des canons, des obus, des missiles, de la formation, des formations, d'autres actions dans tout le spectre qui sont utiles aux besoins qui ont été exprimés par l'Ukraine et ses armées. Puis enfin, c'est surtout que nous avons appris de l'histoire. L'Ukraine, par le passé, avait eu des accords mais ils étaient trop vagues. Ils étaient en quelque sorte insuffisamment engageants pour les Etats. Là, nous nous engageons sur des accords qui sont concrets et c'est ça que je veux que vous reteniez.
C'est-à-dire, ce n'est pas un accord de principe comme ce qui a pu exister par le passé qui, on l'a bien vu, en 2014 d'abord puis en 2022, n'avait pas donné d'effet. Là, ce sont des accords où on s'engage sur des moyens précis, sur des chiffres et qui apportent des garanties réelles à l'armée ukrainienne pour pouvoir mener sa défense et la reconquête de ces territoires conquis. Voilà.
Bonsoir. Valérie Leroux de l'agence France Presse. Je voudrais revenir sur la mort de l'opposant Alexei Navalny et vous demander à tous les deux quel message vous y voyez pour l'Europe, pour l'Occident. Est-ce le signe que Vladimir Poutine se sent tout puissant et est-il à vos yeux responsable de sa mort ? Et dans le prolongement de cette question pour M. Macron, de plus en plus de responsables européens s'inquiètent d'une possible offensive russe demain, après-demain, au-delà de l'Ukraine. Quelle est votre analyse et une guerre avec la Russie est-elle possible ?
La mort soudaine d'Alexei Navalny que nous avons apprise aujourd'hui nous a tous bouleversés. Je l'évoquais tout à l'heure dans mon propos et elle rappelle de la plus tragique des manières la réalité du régime du Kremlin et son durcissement. Il l'emprisonne, ce n'est pas nouveau. Ces derniers mois, il avait encore durci la posture à l'égard d'opposants mais aussi d'associations, d'ONG, de fondations. Je pense à Memorial, par exemple, qui, pendant toutes ces dernières années, même aux heures les plus difficiles, avaient toujours pu opérer et qui se retrouvent aujourd'hui dans une situation des plus dangereuses.
Et je veux, en cet instant, vraiment à nouveau adresser toutes mes condoléances à la famille et aux proches d'Alexei Navalny. Je pense que cela dit, ce que je vous exprimais tout à l'heure, c'est que, oui, la Russie est rentrée dans une nouvelle phase et nous devons être lucides sur ce sujet. Une phase d'agression à l'égard des pays européens par des actions de désinformation mais aussi d'attaque cyber à une échelle et avec des franchissements de seuil qui en changent la nature et de durcissement dans son pays à quelques semaines d'une échéance électorale où, au fond, une forme d'impunité s'est installée. Tuer un opposant, ils le font. Interdire les autres candidats, ils le font.
Je vois cela comme un révélateur. Évidemment, nous demandons à la Russie de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame en tout état de cause. Cet événement tragique ne fera que renforcer notre mobilisation sur le sort des prisonniers politiques. Et je pense aussi à tous ceux qui, aujourd'hui, courent encore des risques. Je pense en particulier à Vladimir Karamurza, dont la santé déjà dégradée suite à deux tentatives d'empoisonnement en 2015 et 2017, ne cesse de décliner depuis son incarcération en avril 2023, faute de soins médicaux, et à tant d'autres en posant emprisonnés pour leur conviction et leur courage. Je pense aussi, j'évoquais l'ONG mémoriale, à M.
Oleg Orlov, qui encourt trois ans de prison ferme pour avoir dénoncé les crimes du régime russe dans sa guerre d'agression en Ukraine. Très clairement, les conditions de déroulement de la campagne présidentielle, notamment le nombre très faible de candidats habilités à concourir, ne font que confirmer la dégradation à l'oeuvre depuis des années et le changement de nature que j'évoquais. Dans ce contexte, en effet, plusieurs dirigeants européens se sont exprimés pour dire la possibilité d'une agression russe à leur rencontre. Je n'aurai pas ici des mots qui visent à inquiéter ou à nourrir des scénarios. Ça n'a jamais été mon approche. Mais je vais être clair avec vous.
Le régime du Kremlin a agressé il y a deux ans l'Ukraine, pays européen. Le régime du Kremlin a intensifié et durci ces agressions contre notre pays sur le plan de la désinformation et sur le plan cyber. Et ce sont des formes de conflictualité. Et donc, très clairement, il y a besoin d'un sursaut européen, mais plus largement de nos alliés, de nos partenaires et de la communauté internationale. C'est le sens même de mon propos. Si on voit les choses advenir, si on voit une nouvelle phase s'ouvrir, nous devons avoir la lucidité d'ouvrir une phase de réflexion stratégique et opérationnelle nouvelle. C'est ce que souhaite la France.
Beaucoup pour la question. Les événements d'aujourd'hui démontrent que Poutine est un assassin. Ce n'est pas une question de rhétorique et ne pas juste un signe. Il est clair que c'est un assassin. Il n'y a plus de secrets. c'est juste un constat, un signe. C'est un signe très clair qu'on doit transmettre aux dirigeants, aux autres dirigeants. Nous constatons qu'un assassin va redevenir président, encore une fois, et les gens qui vont voter pour lui, ils doivent comprendre qu'ils vont voter pour un assassin, qu'ils vont choisir un président assassin.
Les personnes qui ont un lien économique avec cette personne-là doivent avoir conscience qu'ils gagnent de l'argent, un argent criminel, parce qu'ils ont des contrats avec un assassin. Et ces dirigeants qui féliciteront le président, le nouveau président élu, ils devront savoir qu'ils ont légitimé un assassin. Donc, voilà, un signe tout simple et tout clair. Je pense même que ce n'est pas un signal, un signe, c'est juste un constat. Bonjour, Nina Kolemitz. J'ai une question pour le président Macron. Vous avez annoncé votre visite à l'Ukraine en février. Quand est-ce que nous pouvons vous attendre chez nous ?
Je suis là avant la mi-mars dans votre pays, aux côtés du président du peuple ukrainien. Donc, vous pouvez m'attendre dans les prochaines semaines, à coup sûr. Bonsoir, Philippe Ricard pour le journal Le Monde. On voit donc ces accords bilatéraux de sécurité signés en Allemagne, en France, bien sûr, par le Royaume-Uni aussi il y a quelques semaines, se multiplier de nouvelles livraisons d'armes. Je voulais juste savoir, M. Zelensky, et c'est aussi une question pour M. Macron, est-ce que les Européens ne vont-ils pas devoir faire plus encore dans les prochains mois, notamment si le blocage persiste au Congrès américain sur les aides militaires américaines ?
Est-ce que vous attendez encore davantage de la France et de l'Allemagne ? Est-ce que la France et l'Allemagne, la France notamment, seraient prêtes à le faire ? Et aussi, dans l'hypothèse, une victoire de M. Trump aux élections présidentielles américaines d'ici à la fin de l'année. Et puis, peut-être une question connexe, quand comptez-vous, M. Zelensky, signer un accord de sécurité bilatérale avec les États-Unis dans ce contexte ? Est-ce que ça serait bien pour vous avant le sommet de Washington de l'OTAN ou avant les élections ? Est-ce que vous pouvez nous expliquer vos souhaits ? Merci.
Sur votre question, pour ce qui nous concerne, nous affichons à travers ces différents accords et nous donnons de la visibilité sur notre aide bilatérale militaire, en plus, évidemment, de tout ce qui est fait sur le plan civil, humanitaire et économique et en plus de tout ce qui a été fait. C'est une manière de donner de la visibilité indépendamment de tout, si je puis dire. Ces accords bilatéraux sont complétés au niveau européen par l'accord que nous avons conclu au dernier sommet, les 50 milliards d'euros de dons et prêts que nous avons sécurisés au niveau européen et qui viennent là aussi donner une visibilité et un soutien.
Et, je l'ai dit, nous nous mettons et nous devons nous mettre en capacité d'adapter cet effort aux besoins en termes d'intensité et de délai. Aujourd'hui, nous ne pouvons que nous féliciter de la posture américaine et j'espère que le Congrès débloquera les sommes supplémentaires, mais que de la posture américaine depuis le début de la guerre qui est aux côtés de l'Ukraine et aux côtés de ses alliés européens. Mais cette guerre se passe sur le sol de l'Europe et donc les Européens doivent aussi être en capacité de porter les efforts pour que l'objectif qui est le nôtre, c'est-à-dire que la Russie en aucun cas ne puisse gagner, soit atteinte.
Et donc, nous nous adapterons à tous les scénarios parce que l'avenir de l'Europe ne peut pas être contingent à l'élection américaine. C'est l'idée que je me fais de la souveraineté et de l'autonomie stratégique. Ce ne sont pas des mots, ce sont des actes. Ce sont ces actes que nous prenons.
Je voudrais ajouter que ces trois premiers accords ont donné plus de confiance en moi. Je suis sûre que je ne suis pas seule parce que l'Ukraine protège nos valeurs communes. je suis persuadé que la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne sont avec nous, ensemble avec nous, avec des choses concrètes. Et c'est très important en temps de guerre, lorsque vous avez des déficits concrets, lorsque vous perdez des personnes concrètes qui nous sont chères. Alors, il est très important d'avoir des choses concrètes avec nos partenaires. Alors, je voudrais dire que ce n'est pas une alternative aux Etats-Unis.
Nous sommes tous ensemble et cette alliance entre les Etats-Unis, l'Europe, la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, cette union nous est nécessaire pour vaincre la fédération de Russie qui est venue chez nous avec une guerre que nous n'avons pas provoquée. Et ces accords, je suis persuadé, vont donner une impulsion aux Etats-Unis de prioriser l'aide à l'Ukraine plutôt que le processus électoral. Je suis persuadé que le Président est de notre côté et le soutien de Chambson est de nos côtés. Maintenant, ils ont des questions internes et on aimerait qu'ils trouvent une réponse à leurs questions et leurs problèmes.
Très bien. Je crois que cette question peut concluer notre conférence de presse. Merci beaucoup, Mesdames et Messieurs. Merci.
Merci.