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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 5 juin 2026 55 minComplaisantDivertissementAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Stella Dupont, députée "non inscrite" du Maine-et-Loire | Politiques, à table !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la première qualité de ce boeuf de race Rouge des Prés ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous l'aimez comment, la viande rouge saignante, voire bleue ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Pour vous, l'échalote d'Anjou est-elle reconnaissable au goût ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    L'échalote d'Anjou a une IGP, est-ce important face à la concurrence ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    La viande rouge a mauvaise presse, pourquoi selon vous ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes flexitarienne ou viandarde ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:30Stella DupontFait
    « Ce sont de belles et grosses vaches, avec une belle robe d'ailleurs, qui sont blanches, et on dit rouge des Prés car leur robe est tachetée, non pas de rouge vif, mais de taches qui tendent vers le rouge et le roux. »
  • 4:30Stella DupontFait
    « La viande en particulier est donc très rouge, très goûtée également. »
  • 5:30Stella DupontFait
    « L'échalote d'Anjou est goûtée, elle a une teinte assez rosée. Elle peut être sucrée également notamment dans les sauces. »
  • 7:30Stella DupontFait
    « Ce n'est pas une échalote. Et c'est vrai qu'on est très attentifs parce que le contexte international a tendance à niveler par le bas et par les coûts bas des produits de qualité et l'échalote d'Anjou est un bon exemple. »
  • 9:30Stella DupontFait
    « Moi, je pense que je milite plutôt pour qu'on gaspille moins. Plutôt qu'on mange moins, je pense que notre agriculture et l'élevage de façon générale, et toutes les productions, pâtissent surtout d'un gaspillage alimentaire. »
  • 13:00Stella DupontFait
    « On continue à produire du lait bio et puis des volailles fermières également. »
  • 18:00Stella DupontFait
    « La vigne peut être un frein, voire un rempart à l'avancée du feu et des incendies. »
  • 19:30Stella DupontChiffre
    « Il y a une baisse de la consommation en France et dans de nombreux pays également. »
  • 25:00Stella DupontFait
    « Un soda est plus sucré dans les Outre-mer qu'en métropole. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Générique --- --- Bonjour à tous et bienvenue dans Politiques à Table, l'émission qui nourrit les corps et les esprits. Venez découvrir notre cuisine, fusion entre politique et gastronomie. Aujourd'hui, nous accueillons à notre table Stella Dupont.

Bonjour. -Bonjour. -Bonjour Jean-Pierre Montanay. -Bonjour. -Stella Dupont, fille d'agriculteur du Maine-et-Loire.

Vous avez grandi au milieu des sillons avant de tracer le vôtre en politique. Militante socialiste, vous labourez patiemment le terrain local. Conseillère générale puis maire de Chalonnes-sur-Loire pendant dix ans.

Vous quittez la ferme communale en 2017 pour les grandes parcelles du Palais Bourbon, investie par le tout nouveau parti d'un certain Emmanuel Macron La République En Marche. Vous êtes élu députée du Maine-et-Loire, vous êtes vite classée à l'aile gauche du parti, voire même frondeuse, notamment des lois asile-immigration. Réélue en 2022 et en 2024, vous quittez le groupe macroniste, vous préférez siéger chez les non-inscrits.

Femme de conviction, femme de terroir, comme le menu que vous avez choisi pour aujourd'hui. Jean-Pierre ? -Un boeuf de race rouge des Prés d'Anjou, avec des pommes de terre au four et une sauce aux échalotes d'Anjou.

Et en dessert, un café gourmand avec un crémet d'Anjou. -Dans Le dessous des plats, on s'intéresse à la vigne. Une vraie protection contre les feux qui ravagent certaines régions.

Sauf qu'on en arrache de plus en plus, le point avec notre reportage dans l'Aude. -Ensuite, la bataille du sucre bouleverse la pâtisserie. Comment faire des gâteaux sans glucose ?

Réponse à suivre. -Et maintenant, je vous propose de nous ouvrir l'appétit avec Cuisine et confidences. Jingle -Stella Dupont, vous faites très fort avec votre menu, boeuf d'Anjou, échalote d'Anjou, en dessert pomme d'Anjou, crémet d'Anjou, chapeau !

On connaît ici l'appétit des députés pour valoriser leur terroir, mais avec vous, bingo ! Quatre citations, le grand Chelem ! D'abord, à votre crédit, et ce n'est pas anodin, vous êtes née à Angers, capitale historique de l'Anjou, mais cela ne suffit pas à expliquer complètement cet engouement !

J'allais dire cette course à l'échalote où tout est bon pour gagner. Justement l'échalote, parlons-en, car c'est la clé de tout ça. J'ai compris, vous êtes en service commandé, mandatée par la confrérie des amis de l'échalote d'Anjou dont vous êtes membre.

Et oui, un club huppé du bulbe avec tout le folklore, son grand maître, des capes tout droit sorties du film "Les Visiteurs", ses concours de lancers d'échalotes et le "must" avec ses cérémonies d'intronisation. Et ce jour-là, vous n'avez pas oublié ce pacte pour la vie, jurer fidélité à l'échalote et tout faire pour parler d'elle et celle de l'Anjou. Mission accomplie, Elsa, aujourd'hui, PàT, l'occasion était trop belle pour ne pas la rater.

Maintenant, le plus dur commence, nous convaincre que c'est la Rolls des échalotes et que ce boeuf d'Anjou, c'est le roi de la côte de boeuf. Alors d'abord, pour vous, quelle est la première qualité de ce boeuf de race rouge des Prés ? -Rouge des Prés.

Alors, non pas qu'elle soit née et produite en Anjou et dans les pays de la Loire en particulier, mais que c'est vraiment une vache, un boeuf qui a de grandes qualités bouchères, déjà, pour l'élevage, c'est-à-dire que ce sont de belles et grosses vaches, avec une belle robe d'ailleurs, qui sont blanches, et on dit rouge des Prés car leur robe est tachetée, non pas de rouge vif, mais de taches qui tendent vers le rouge et le roux. Ce sont des bêtes gentilles tranquilles, c'est toujours bien pour les éleveurs, mais la viande en particulier est donc très rouge, très goûtée également. Et elle fait, oui, le bonheur des papilles, de ceux qui la connaissent.

Parce qu'elle mérite d'être davantage connue, cette Rouge des Prés. -Vous l'aimez comment, la viande rouge saignante, voire bleue ? Les amateurs disent que c'est comme ça que ça se mange. -Oui, bleue, effectivement, viande bleue. -Rouge ou bleue ? -Bleue, pour la Rouge des Prés. -Rouge des Prés bleue, on va goûter, on va remercier le Bourbon. -Je veux spoiler quelque chose Elsa, parce que...

Non, on n'a pas réussi à trouver cette fameuse Rouge des Prés, notre boucher, notre restaurant, alors là on a valorisé un peu votre terroir, mais on ne va pas aller jusqu'au bout, c'est pas de la Rouge des Prés. Pourquoi on n'arrive pas à en trouver ? -Je pense qu'il faut développer davantage la commercialisation, la production et la commercialisation, puisque la Rouge des Prés se vend très bien, mais elle se vend effectivement dans des circuits avertis.

En production directe, en circuit court, chez nos restaurateurs, bien entendu. Mais il me semble que ça me titille de savoir que la brasserie Bourbon, à côté, n'a pas trouvé la Rouge des Prés. J'entends bien.

Allez voir Jean-Pierre pour nous en servir prochainement. -Goûtez quand même ce pavé de boeuf. Dites-nous ce que vous en pensez.

Le boeuf, c'est votre viande préférée ? -Oui, j'aime beaucoup le boeuf. J'aime beaucoup la viande de façon générale, même si c'est vrai que la production, la consommation de viande est parfois décriée.

Moi, je pense que je milite plutôt pour qu'on gaspille moins. Plutôt qu'on mange moins, je pense que notre agriculture et l'élevage de façon générale, et toutes les productions, pâtissent surtout d'un gaspillage alimentaire. -Alors, je vous laisse la goûter, mais effectivement, la viande rouge a un peu mauvaise presse.

On sait même que dans la stratégie de l'alimentation, le gouvernement recommande une consommation limitée de viande hors volaille. Pourquoi elle a mauvaise presse ? Elle est même parfois dite dangereuse pour la santé, la viande rouge. -Dangereuse pour la santé, bon, ça... -C'est quand on en consomme une certaine quantité. -Voilà, c'est ça.

Je pense qu'il faut être modéré dans tout ce qu'on consomme, avoir un régime alimentaire équilibré. La viande rouge, ce sont les vaches et effectivement l'impact sur leur...

La méthanisation, et c'est ça qui pose problème et sur la qualité de l'air et les pollutions éventuelles. Mais je pense qu'en agronomie, il faut penser que dans des terres agricoles comme le Maine-et-Loire, par exemple, assez pauvre, il y a beaucoup de pâturage, d'où des élevages bovins importants, mais pas que, ovin, caprin aussi. Mais on a besoin effectivement des déjections animales pour enrichir les sols et faire en sorte qu'on ait des cultures qui produisent de façon satisfaisante. -Vous êtes flexitarienne ? -Non. -Ah non ? -Non, non, non, je mange... -Viandarde plutôt ? -Oui, oui, viandarde, effectivement. -Parce qu'ici, sur ce plateau, depuis que c'est devenu très politique, on en parle de plus, vous êtes peu nombreux à assumer de manger de la viande.

Donc vous assumez ? -Oui, bien sûr, moi je suis une paysanne...

Les bonnes choses, les bons produits, c'est dans mon ADN. Je pense qu'il faut vraiment être sobre dans nos consommations, mais sobre dans les quantités plutôt. Et le fait de dire qu'on en laisse dans son assiette, là par exemple, le pavé est conséquent dans l'assiette.

Quand j'étais maire à Chalonnes-sur-Loire, on a beaucoup travaillé sur le gaspillage alimentaire et à adapter les portions pour les enfants, pour les aînés, de façon à ce qu'on ait de la qualité, un coût maîtrisé aussi, des produits locaux, des produits bio. Mais tout ça, soyons sobres et évitons de jeter. -Sur cette race Rouge des Prés, c'est la fierté de l'Anjou.

C'est une viande AOP, Appellation d'Origine Protégée. C'est très important. En même temps, on voit qu'on n'en trouve pas partout. -C'est vrai qu'en Anjou, on a tendance à garder pour nous notre qualité, notre qualité de vie également, la douceur angevine, mais les producteurs et éleveurs font un travail remarquable pourtant, et je pense que développer et promouvoir cette race exceptionnelle, je vous l'ai dit, en qualité bouchère, mais en qualité gustative également...

Je pense qu'il faut s'y atteler avec la profession et les organisations professionnelles en la matière. -Pour le coup, pour l'échalote, on a une vraie échalote d'Anjou. Est-ce qu'à l'aveugle, comme ça, vous reconnaissez le goût de l'échalote d'Anjou ?

Ou elles se ressemblent toutes ? Il y a les échalotes grises qui sont souvent les plus appréciées des puristes. Mais vous reconnaissez au goût une échalote d'Anjou ? -Crue, c'est de mon point de vue assez facile. -Oui, cuit, c'est un peu plus compliqué peut-être. -Mais voilà, sa forme et de la vraie échalote est différente de ce qu'on appelle les échalions, qui sont des croisements. -L'échalion, c'est plus long.

On l'appelle la cuisse de poulet, je crois même. Non, parce qu'il est un peu... -Oui, c'est ça, il est très allongé.

L'échalote d'Anjou est goûtée, elle a une teinte assez rosée. Elle peut être sucrée également notamment dans les sauces. C'est pour ça qu'elle se marie bien et en salade crue et dans toutes les préparations de tarte, de sauce, etc. -Et l'échalote d'Anjou a une IGP, une Indication Géographique Protégée.

C'est important. Il y a beaucoup de concurrence, de l'échalote des Pays-Bas. "Ce n'est pas une échalote." -Voilà, c'est ça.

Ce n'est pas une échalote. Et c'est vrai qu'on est très attentifs parce que le contexte international a tendance à niveler par le bas et par les coûts bas des produits de qualité et l'échalote d'Anjou est un bon exemple. Effectivement, un échalion, ce n'est pas une échalote, ça n'a pas le même goût, pas le même coût de production.

Ce n'est pas le même produit. On bataille, et la profession et les producteurs d'échalotes, de la coopérative Fleuron d'Anjou en particulier, bataillent pour justement valoriser et reconnaître pleinement. Et les producteurs ont bataillé pour avoir cette reconnaissance d'AOP, qui est difficile à obtenir, il a fallu plusieurs années, et on a bataillé encore récemment par rapport à l'échalion des Pays-Bas, puisque la nomenclature européenne de ces échalions limite... -Les autorise. -Oui, c'est ça, on n'a pas de clarté suffisante à l'échelle européenne, et on bataille pour éclaircir... -Vous faites partie de la confrérie, on l'a dit.

Les amis de l'échalote. Là, je disais tout à l'heure en rigolant, vous êtes en service commandé. Mais quand on rentre dans cette confrérie, on s'engage quand même à faire la promo dès qu'on peut en parler.

C'est ça le but, non ? -C'est vrai, mais on est surtout convaincus. On est surtout, avant tout, convaincus par et adeptes des bons produits du terroir.

Les échalotes, moi-même, dans ma jeunesse, je les ai ramassées dans les champs, je viens du monde agricole, je connais vraiment les qualités, l'exigence liées à de tels produits. Donc, être dans une telle confrérie, comme dans les confréries vineuses, c'est apprendre à apprécier, à connaître et effectivement à promouvoir les produits en lesquels on croit, tout simplement. -Que ce soit l'échalote ou la race Rouge des Prés, l'important c'est la provenance.

Vous avez le sentiment que chez le consommateur, on regarde assez d'où viennent les produits ? C'est facile à faire ? -Alors toute la lisibilité de l'étiquetage est très importante de façon à aider le consommateur à bien choisir.

Le fait d'être acculturé aux différences entre les produits c'est aussi très important. Je pense qu'on...

La gastronomie française, c'est une image internationale pour notre pays, mais comme tout, ça ne va pas de soi. Il faut la préserver, l'entretenir, la soutenir, la développer, et ça passe immanquablement par la qualité des matières premières. Je pense qu'il est très important que les consommateurs, que les professions, communiquent, valorisent, expliquent, de faire preuve de pédagogie pour expliquer justement les différences.

Et sur le volet animal, des viandes, c'est vrai que la nature de l'élevage a aussi un impact très important sur ce qu'on a dans l'assiette ensuite. La lisibilité, l'étiquetage, c'est fondamental. Les origines françaises, européennes ou internationales.

Et puis, la manière dont c'est produit, l'agriculture biologique aussi, qui a un impact sur le produit et sur l'environnement. Ce sont des choses qu'il faut valoriser, je crois. -Vous avez grandi dans une ferme.

Une partie de votre famille a repris cette ferme. Qu'est-ce qu'on cultive chez les Dupont ? -On continue à produire du lait bio et puis des volailles fermières également.

Ce sont mes soeurs qui ont repris l'exploitation. -C'est l'avenir, la volaille. On parlait du boeuf en déclin, la volaille, ça monte. -J'étais sur l'exploitation quand on s'est mis à produire nous-mêmes les volailles pour les commercialiser nous-mêmes, rendez-vous compte, mes parents avaient décidé de faire un bâtiment pour diversifier leur production par rapport au lait, et ils se rendaient compte qu'ils produisaient une volaille qu'ils ne voulaient pas manger.

Quand on a un poulet élevé en à peine 40 jours, vous savez, entre sa naissance de poussin et ce qu'on a dans l'assiette, en termes de valeur, ça ne nous correspondait pas. Et alors qu'on avait des emprunts sur le dos, etc., on a décidé quand même de prendre le taureau par les cornes et puis de changer totalement et de revenir à ce qui nous correspond, c'est-à-dire des volailles élevées de façon artisanale à la ferme, avec les céréales de la ferme également.

Et du côté du lait, c'est pareil, on est sur du séchage de fourrage, donc on cultive beaucoup d'herbes qu'on sèche et qu'on donne aux bêtes. -Stella Dupont, vous défendez très bien votre terroir, vous êtes gourmande, vous parlez très bien d'alimentation. C'est parfait pour notre émission.

Mais la dernière qualité, c'est d'assurer au fourneau. Est-ce que vous êtes une bonne cuisinière ? Fille de paysan, vous avez sans doute traîné dans les robes de votre maman qui faisait du lapin, du poulet.

Ca a dû vous conditionner, vous inspirer. -Effectivement, ça m'inspire. J'aime vraiment les bonnes choses.

J'aime la cuisine simple, familiale, paysanne. Mais j'avoue, je considère que je ne suis pas une grande cuisinière parce que moi, j'ai besoin d'une recette pour faire quelque chose de bon. -Il faut vous guider. -Voilà, pour me guider, et même plus que ça, j'ai tendance à suivre à la lettre. -Au gramme près, quoi. -C'est ça.

Alors que ma maman, elle est capable de nous faire des plats formidables, avec rien du tout, déjà. C'est toujours...

Ca m'interpelle toujours. Et puis, oui, sans recette, tout ce qu'elle nous fait, c'est toujours délicieux. J'estime que je sais cuisiner, j'aime cuisiner, mais j'ai un maître en la matière. -N'ayez pas de complexe, parce que les grands chefs, ils suivent à la lettre leurs recettes, au gramme près, c'est affiché dans la cuisine pour ceux qui travaillent avec eux.

Donc ça, ce n'est pas du tout un défaut. Après, oui, savoir faire quelque chose avec trois bouts de ficelle dans son frigo, c'est tout un art. Mais ne soyez pas culpabilisée si vous suivez les recettes au gramme près.

C'est plutôt bon signe. -Quel est le plat référence dans votre famille ? -Le plat de référence, forcément, on aime beaucoup les volailles.

On aime l'oie de Noël en particulier avec ses châtaignes, sa purée de pommes de terre, céleri...

On est amateurs de légumes. Mes parents ont un grand jardin et ils fournissent la grande famille qui est la mienne. Et on aime, oui, les plats simples, c'est volaille, mais boeuf également, je vous ai dit.

Personnellement, j'adore le boeuf, la Rouge des Prés en particulier, mais d'autres races également. -Vous qui aimez la Rouge des Prés, on va passer aux trois choses à savoir pour cuisiner cette Rouge des Prés, Jean-Pierre. -Avant même de la cuisiner et surtout de la trouver, parce que ce n'est pas facile, cette race a été constituée à partir de 1830 par Olivier de Rouget, un agronome et homme politique, par croisement d'une race locale rustique, la Mancelle, avec des taureaux de race Durame d'origine britannique réputés pour leur qualité bouchère.

Le lien au terroir est très important. 80 % des animaux Rouge des Prés sont en Pays-de-Loire. La race a obtenu son AOC en 2004, et en 2011, une AOP européenne pour Maine-Anjou.

Pour qu'il n'y ait pas de confusion dans les prairies, on dit "race Rouge des Prés", tandis que dans l'assiette on parle de l'AOP Maine-Anjou. C'est pour les puristes et pour Madame Dupont. Elle est d'un rouge vif, on l'a dit.

Cette viande fait l'unanimité auprès des viandards, mais aussi des gourmets grâce à son aspect persillé, c'est sa marque de fabrique, mais aussi grâce à sa tendreté, sa jutosité comme on dit, l'intensité de ses saveurs et son moelleux, c'est vraiment une des Rolls de la viande. Certains éleveurs, c'est le troisième point, pour doper encore son goût, la font maturer, c'est-à-dire vieillir, c'est encore meilleur. Et avec un tel produit, le slogan "manger de la viande de qualité mais moins souvent" prend tout son sens.

Comme on l'a cuisinée, je vous conseille de la déguster brute, comme la côte de boeuf en cocotte. D'abord saisie, puis enfournée, couvercle fermé pendant 15 minutes pour une cuisson saignante. Laisser hors du four cinq minutes avant de la découper.

Et on se régale, bien entendu. -C'est comme ça que vous la cuisinez ? -Oui, je l'aime sous de nombreuses formes, mais le rôti de boeuf en particulier, bien saisi, ou la côte de boeuf bleue, bien sûr. -Jamais trop cuite, oui. -Pour accompagner cette fabuleuse assiette, vous nous avez apporté deux vins.

On va commencer par ce vin blanc, Domaine Patrick Baudouin. Vin d'Anjou, évidemment, puisque le vin aussi est d'Anjou, Jean-Pierre. Vous avez choisi ce vin blanc.

Vous connaissez ce domaine ? -Oui, le domaine Patrick Baudouin, situé à Chaudefonds-sur-Layon. Alors, on peut mettre un rouge avec la viande également.

On en parlera. -On présentera le rouge. -Mais c'est vrai que c'est le cépage chenin, "ch'nin" comme on dit chez nous, cépage majeur de l'Anjou.

Patrick Baudouin, c'est un vigneron d'expérience qui a été l'un des promoteurs et des précurseurs même de la viticulture en agriculture biologique. et qui nous propose des vins travaillés et vraiment de grande qualité. -Vous avez votre petit badge. -Oui, mon petit badge, puisque... -Il y a aussi des confréries. -Voilà.

Le chenin, c'est particulier quand même, et j'insiste sur...

Le chenin, c'est le cépage. Donc, ce n'est pas une appellation contrairement à l'Anjou, aux Savennières, etc. Et c'était la première fois là aussi et Patrick Baudoin notamment a beaucoup travaillé avec la profession pour valoriser et se démarquer sur la base d'un cépage et non plus d'une appellation, ce qui était une nouveauté qui visait à adapter et à s'adapter à l'évolution de la consommation et à mieux être connue et reconnue par les consommateurs. -Et en un mot, ce rouge Château de Plaisance qui accompagne peut-être davantage le boeuf, dites-nous tout. -Alors ça, ça vient du domaine de Plaisance.

C'est Vanessa Cherruau, qui est une jeune vigneronne. On a pas mal de vigneronnes également en Anjou. Ca se féminise de plus en plus. -Tout à fait.

Une jeune vigneronne qui travaille très bien, située à Rochefort-sur-Loire. C'est un vin de garde qui a vieilli et en amphore et en fût, sauf erreur de ma part. Et vous verrez que c'est structuré, c'est solide.

Et très équilibré également. Donc oui, on a la chance d'avoir une grande variété en Anjou, vous me l'avez fait remarquer. L'Anjou est une terre très agricole.

On a une diversité de cultures très très importantes. Du vin, aux fruits et aux légumes, on trouve son bonheur en Anjou. -Le vin, on en boit avec modération.

A table, un bon repas, c'est inévitablement avec un verre de vin pour vous ? -Ah oui, bien entendu. Oui, je suis amatrice de vin.

Quand on est né à Angers et qu'on a vécu à Chaudefonds-sur-Layon, dans mon village de naissance, on tombe dedans quand on est petit. Mais avec modération, bien entendu. Ca ne veut pas dire qu'on boit tout et n'importe quoi.

La qualité est essentielle. -La cuisine est souvent politique. Vous vous assumez de manger de la viande rouge, de prendre du pinard, pour le coup, un petit morceau de fromage.

Vous assumez ce patriotisme culinaire qui, pour certains, est du nationalisme déplacé ? -Oui. Non, je ne vois pas les choses comme ça.

Notre gastronomie, c'est aussi une part de notre identité, de ce que l'on est. C'est aussi la convivialité autour d'une table. Donc, je ne conçois pas la vie sans une bonne assiette et un bon vin. -Allez, après avoir bien mangé, un peu bu, on va se creuser les méninges avec les quiz.

Jingle -On a déjà évoqué la course à l'échalote, mais d'autres légumes ont donné naissance à des expressions très courantes en français. Sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou fausses ? L'expression "quel navet" pour qualifier un film vient du fait que le navet n'a pas de saveur.

Vrai ou faux ? -Un navet, ça a de la saveur ! Donc je dirais faux. -Faux, c'est plus subtil que ça.

Vous trouvez que ça a de la saveur, d'autres non, mais c'est une question de goût. Ce légume était peu coûteux, donc peu estimé. Et dès le XIIIe siècle, le mot navet entre dans le langage figuré pour désigner une chose sans valeur.

Donc un navet au cinéma, c'est un film qui ne compte pas. "En avoir dans le chou", c'est-à-dire avoir une tête bien faite, vient du fait que le chou est dense et que sa forme rappelle celle du crâne. -Pourquoi pas ? -Alors, c'est faux.

L'image des feuilles de chou qui se superposent évoque l'idée d'un esprit livresque. D'où tête de chou, une tête de chou un peu cultivée parce qu'elle a pu lire et consulter des livres. C, à l'image d'un artichaut que l'on déguste feuille par feuille, le coeur d'artichaut tombe facilement amoureux en donnant facilement un peu de son coeur à chaque feuille.

Vrai ou faux ? -Le coeur d'artichaut, c'est quelque chose de très doux, quand on a enlevé les piquants dessus. -C'est plutôt l'image, je répète, à l'image d'un artichaut que l'on déguste feuille par feuille.

Le coeur d'artichaut tombe facilement amoureux en donnant facilement un peu de son coeur à chaque feuille. -Oui, c'est vrai. Allez, allons-y pour le vrai. -Je vous ai bien aidé, c'est vrai.

Lors des hivers rigoureux, le haricot était le dernier légume à résister au froid. S'il gelait, cela signifiait qu'il n'y aurait rien d'autre à manger. Est-ce que c'est faux ou vrai ?

D'où l'expression... -"La fin des haricots", mais c'est faux.

Les haricots, on ne les laisse pas au champ. C'est les poireaux. Ca ne gèle pas. -Là aussi...

L'expression "la fin des haricots" vient de ces hivers rigoureux où le haricot était le dernier légume à résister au froid. C'est vrai ou c'est faux ? -Pour moi, ce n'est pas le dernier légume.

Même quand il est en champ. S'il est sec à la maison, oui, c'est vrai. -Faux.

L'expression apparaît fin XIXe, dans les internats, c'était l'aliment le plus souvent servi. Quand il n'était plus là, cela voulait dire qu'on avait épuisé toutes les ressources. Donc, c'était la fin. -La fin des haricots. -Trois sur quatre. -Sur ce quiz.

Deuxième quiz. Née à Angers, vous êtes forcément incollable sur les spécialités culinaires de l'Anjou. Pareil, ces affirmations sont-elles vraies ou fausses.

Le pâté aux prunes est une préparation de charcuterie à base de viande de porc, de veau et de prune. -C'est faux, c'est l'un de mes desserts préférés. Et je le réussis très bien. -C'est une tourte sucrée fourrée aux prunes.

Les galipettes sont des champignons typiques de la région. -Non, mais je ne sais plus ce que c'est. -C'est vrai, c'est des champignons en général farcis.

Ensuite, en Anjou, le cul de veau désigne le quasi de veau. -Alors, le cul de veau, je n'ai jamais entendu. Donc, peut-être, oui. -Eh bien, c'est vrai, tout à fait.

Le cul de veau est cuisiné avec du vin blanc et de la crème. Dernière question, les bugnes lyonnaises s'appellent chez vous les bottereaux ? -Alors, ça, j'adore ça aussi.

Donc, je connais bien, mais je ne connais pas les bungles lyonnaises. -C'est un peu des beignets. -Bon, alors, ça semble s'en rapprocher.

Alors, je dirais vrai. -Eh bien, c'est vrai. Exactement.

Six sur huit. Très bien. -Au Mardi Gras.

Oui, c'est un bon score. -Très bon score. On va poursuivre cette émission, vu que vous avez passé l'épreuve des quiz, avec la Brève de comptoir.

Jingle On vous a demandé de nous livrer une anecdote liée à un repas. Vous avez choisi une histoire très politique. C'était en 2017. -Effectivement, en septembre 2017, donc jeune élue députée...

En Marche m'avait sollicité pour que je sois leur candidate. Alors j'étais candidate pour les socialistes et j'avais longuement hésité. Et après le premier tour, avec Emmanuel Macron au second tour face à Marine Le Pen, j'avais décidé de jouer et d'aller vers cette logique de concorde nationale que proposait Emmanuel Macron.

Donc, j'étais nouvelle députée, mais pas macroniste, sans connaître les cadres du macronisme. Et, premier déjeuner de travail, on se retrouve tous les nouveaux députés, donc on était 300, dons, très grande assemblée, avec le gouvernement, et première rencontre, si vous voulez. Et j'arrive... je crois que c'était à Aubervilliers, donc une très grande salle, et j'arrive et on me demande de tirer au sort un numéro, donc je prends ce numéro et je vais à la table avec ce numéro et je me retrouve seule pendant longtemps.

Et je trouve ça bizarre. Et puis finalement, eh bien, je vois tous les cadres du macronisme arriver. En fait, j'avais pioché le numéro où je me retrouvais aux côtés d'Edouard Philippe, de Richard Ferrand, de Gilles Bouillet, qui était le directeur de cabinet d'Edouard Philippe, enfin bref.

Je me retrouve au coeur de la macronie et dans ce premier échange tout à fait intéressant avec Edouard Philippe, je me suis rendue compte d'entrée de jeu que j'avais des différences notoires avec lui et qu'on avait notamment parlé de la suppression des emplois aidés et je l'alertais en lui disant qu'on avait besoin d'outils pour mettre le pied à l'étrier à des jeunes ou à des gens cabossés par la vie pour retourner vers l'emploi. Donc oui, ça avait été un premier repas déjà assez musclé. Et il m'a dit une chose intéressante, que je n'ai jamais oubliée, même quand je n'ai pas voté conformément à ce que mon groupe proposait, c'est qu'on ne devait pas imposer un vote à un député, on devait le convaincre.

Et j'ai gardé cela en tête et je cherche à être toujours convaincue par mes votes. -Vous n'êtes pas toujours convaincue. Et se retrouver à cette table avec justement tous les cadres, ça vous a fait quoi ? -Eh bien, de la surprise, bien entendu, parce que, comme je vous l'ai dit, je ne m'y attendais pas, mais une opportunité à saisir pour entrer tout de suite dans le coeur de la politique et de ce que sera un tel mandat devant nous. -On a dégusté du vin, on va continuer à en parler puisqu'on va parler des vignes dans Le dessous des plats.

Jingle Et on se souvient des incendies qui ont ravagé le département de l'Aude en août dernier. Les viticulteurs proposent une solution, utiliser les vignes comme pare-feu naturel. Explications Marion Becker et Périne Ruffin. -Ca c'était mon hangar, oui.

Hangar, atelier. Donc avec tout le matériel agricole, en fait là il y avait un tracteur quasiment neuf. Tout a cramé, c'était tellement chaud que ça a fait fondre les poutres en fer. -L'été dernier, l'incendie est arrivé jusqu'aux portes de Durban-Corbière.

Christian Gaillard et son fils ont perdu leur matériel, mais aussi leur récolte. Ils n'ont pas pu vendanger le raisin, souillé par la fumée. Les deux vignerons ont même perdu entièrement certaines parcelles.

Sur d'autres, il faudra arracher une partie des pieds. -Cette souche-là n'a pas brûlé, mais la température est tellement élevée que la souche a été échaudée jusqu'à même quasiment brûler parce que les sarments sont secs. On n'est pas sûr que ça puisse repartir normalement, en tout cas pour l'année d'après, même l'année suivante.

On n'aura certainement pas la possibilité d'avoir une récolte normale. -Ici, c'est la vigne qui a arrêté le feu. Elle l'a empêchée d'atteindre le village.

Elle l'a protégée. -Sans la vigne, on peut mettre un coef deux ou trois sur le feu, en termes de nombre d'hectares. Ca aurait été catastrophique.

Encore une fois, c'est la vigne seule, sans moyens. C'est la seule culture pérenne qui permet d'arrêter le feu. -Alors pour lui, l'avenir passe par la vigne, il va replanter. -On espère sur les nouveaux cépages, avoir de l'eau.

Parce qu'on compte aussi sur les pouvoirs publics pour nous amener de l'eau, pour pouvoir irriguer un peu. Pourquoi pas faire des retenues collinaires. Il ne pleut pas beaucoup, mais le jour où il pleut, si on peut retenir l'eau au lieu de la laisser partir en mer, pourquoi pas.

Donc on se tourne vers l'avenir. On se dit que la viticulture, elle a encore un avenir dans les Corbières. -Pour faire rempart au feu, pour l'économie de son territoire, Christian Gaillard appelle l'Etat à aider la viticulture des Corbières à se relever. -Stella Dupont, est-ce que la vigne a un rôle à jouer dans la lutte contre les incendies ? -Alors, c'est vrai qu'on est loin des terres d'Anjou et le contexte hydrique est un peu différent, même si on a connu en 2022 nous aussi, de grands incendies.

Et effectivement, la vigne peut être un frein, voire un rempart à l'avancée du feu et des incendies. Donc, je trouve que l'idée suggérée par la profession dans ce secteur est judicieuse, intéressante, puisque face au changement climatique, il nous faut révolutionner aussi nos pratiques et chercher des solutions parfois simples, comme celle-ci, par exemple. Encore faut-il que le terroir soit adapté, bien entendu. -Sauf que la vigne, on en arrache plus qu'on en plante.

On subventionne les agriculteurs pour arracher les vignes. Il y a une baisse de la production nécessaire en France par la baisse de la consommation ? -Oui, il y a une baisse de la consommation en France et dans de nombreux pays également. -Surtout le rouge en France. -Oui, surtout le rouge. -Moins le blanc. -Tout à fait, tout à fait.

Et puis une consommation aussi qui change vite. Des souhaits de consommateurs qui changent vite. Et c'est vrai que je pense que les vignerons qui sont en capacité, compte tenu de leurs cépages, de leurs appellations, de changer et d'adapter leurs produits finis à l'évolution de la consommation, comme le font très bien les vignerons en Anjou, ont un avantage considérable par rapport à des vignobles très spécialisés.

Je pense aux Bordelais, avec surtout leur rouge, même s'ils ne font pas que du rouge, mais qui sont très marqués par les rouges et qui ont planté énormément. Et vous savez, moi je vous ai dit que je venais du lait, et de l'élevage donc moins de la vigne pourtant je suis dans une région viticole et c'est un grand monsieur de la viticulture nationale et locale qui s'appelle Pierre Aguilas qui m'a expliqué il y a 20 ans la viticulture et ce qu'il fallait connaître et j'ai découvert à l'époque ce qu'il me disait, il était inquiet parce que le Bordelais plantait beaucoup, beaucoup et il se disait, ça va se retourner et on risque d'être en difficulté demain, tous, car ce qui n'est pas vendu dans le Bordelais se percute partout sur tous les vignobles français. Elsa, avant l'économie du vin, une question technique, parce que ça paraît intuitif pour ceux qui connaissent bien la vigne, mais pourquoi les vignes protègent du feu ?

Par son bon entretient, par ses rangées qui empêchent la progression du feu, elles font un rempart au feu, techniquement ? -Alors techniquement, si vous regardez de la vigne, même en été, elles sont vertes. Les vignes ont des racines extrêmement profondes, elles vont chercher l'eau très profondément et du coup, on garde un feuillage vert alors que d'autres végétations peuvent être tout à fait sèches en été.

Elles produisent plus d'humidité et du coup, elles constituent un frein naturel au feu, tout simplement. Même si elles brûlent aussi, on l'a vu malheureusement. -Sur la crise viticole, on pourra parler aussi des exportations qui sont en difficulté, mais sur la consommation en France, on consomme de moins en moins de vin.

Finalement, n'est-ce pas aussi une bonne nouvelle, peut-être, d'avoir une consommation plus modérée de vin ? Et est-ce qu'il faut s'adapter ? On remet par exemple en question la bouteille de 75 centilitres, qui est vraiment un repas à table.

Comment faire pour s'adapter ? Vous, vous déplorez cette baisse de la consommation ? Ou finalement, peut-être qu'on avait tendance à trop lever le coude ? -Alors...

Je pense que le vin doit être bu avec modération et aimer le vin ne veut pas dire alcoolisme, sauf que l'alcoolisme ça existe et il ne faut pas se voiler la face et donc il faut prévenir et s'y attaquer. Mais être dans la modération, dans la qualité également de ce qu'on produit, de ce qu'on est en capacité de vendre et de ce qu'on consomme, c'est une des clés, je pense. Et il me semble que c'est surtout sur ces aspects-là qu'il nous faut travailler.

Il nous faut travailler aussi, comme je vous l'ai dit, à nous adapter aux évolutions de la consommation. En ce moment, la jeunesse est plus tentée par de la bière, par exemple, même s'il ne faut pas généraliser, que par le vin. Et des vins très alcoolisés, par exemple, aujourd'hui, peuvent être moins attractifs pour des jeunes, ou des moins jeunes d'ailleurs.

La société, il y a des moments où on mange plus salé, moins salé, plus sucré, etc. Et en ce moment, il y a cette tendance, que me rapportent les vignerons, d'une envie d'un peu moins d'alcool... -Même de vin sans alcool !

Est-ce que l'avenir de la vigne ne passe pas par le vin désalcoolisé ou sans alcool ? Il y a une nuance. Le résultat est à peu près le même, mais est-ce que ce n'est pas ça le... -Alors, je pense que...

Je ne suis pas contre à ce que les vignerons aillent sur ce chemin-là. D'ailleurs, dans ma commune, à Chalonnes-sur-Loire, j'ai un industriel, l'un des leaders nationaux, qui s'appelle Bucher Vaslin, qui fabrique les machines qui permettent de désalcooliser, y compris sur de petites quantités, donc y compris pour des vignerons lambda, pas que pour des grandes coopératives. Donc je pense que c'est intéressant d'explorer cet aspect-là.

Après, ce ne sera pas la solution à tout non plus. Ce qu'on boit aujourd'hui est différent d'un vin alcoolisé. Donc c'est...

Ce sera, je pense, quelque chose de différent. Mais il ne faut pas d'oeillère, il faut essayer de s'adapter aux attentes du consommateur, tout simplement. -Et c'est une filière qui est très sensible à la crise internationale puisqu'elle exporte aussi beaucoup.

On voit qu'avec les Etats-Unis, la Chine, c'est de plus en plus compliqué d'exporter dans ces pays. -Oui, on a toutes les guerres douanières qui existent et qui sont sans cesse...

Monsieur Trump qui, sans cesse, utilise cette arme douanière, donc c'est compliqué pour la France et tant qu'on sera dans ce schéma international, on a peu de prises, les vignerons, les vignobles français ont peu de prises là-dessus, donc moi je pense qu'il faut continuer et rester solide sur nos fondamentaux, sur la qualité des vins, sur la lisibilité et aussi ce qu'on a fait sur Fan de Chenin et sur ce fameux chenin, ce cépage, permet de vendre des vins...

Une large palette de vins, y compris à l'international, se rattacher à une région, la Loire par exemple, je suis une ligérienne, et nos vins de Loire à l'international, c'est quelque chose aussi qui parle aux consommateurs américains, japonais, etc. Donc nos vignerons aujourd'hui doivent être de bons commerçants, De bons producteurs avant tout, de bons éleveurs de vin, mais aussi de bons commerçants pour avoir cette agilité qui est absolument nécessaire dans un monde qui bouge beaucoup plus vite qu'hier. -En parlant d'agilité, on a vu le vin sans alcool qui peut être une des solutions, mais est-ce que vous voyez dans votre coin, dans votre terroir, des viticulteurs qui changent complètement de culture après avoir arraché leur vigne, et se lancent dans des choses complètement différentes ? -Pas à ma connaissance.

Non, non. On a la particularité... -Un plan gouvernemental a été lancé avec 230 millions d'euros pour essayer de relancer d'autres cultures.

Je sais pas...

Des cultures de fruits à coque, etc. -Alors à la marge, ça peut exister. Mais je n'en ai pas connaissance en Anjou.

Je sais que ça existe ailleurs et plus au sud en particulier. Mais l'Anjou est une terre de température modérée et les sols et le sol schisteux, l'Anjou noir fait qu'on a quand même un potentiel en termes de vins très intéressant. Donc, voilà. une réduction éventuellement de la voilure, ça s'envisage, une adaptation des cépages aussi, des vins produits également, à l'image des deux vignerons que j'ai présentés là, mais j'aurais pu en présenter des dizaines et des dizaines.

Il y a cette agilité qu'il faut avoir, je pense que c'est la clé. Le soutien de l'Etat aussi est nécessaire pour ajuster et soutenir quand on a ces décisions douanières qui, comme ça, assomment une filière. Bien entendu que beaucoup ne peuvent pas s'en sortir sans ce soutien, sans des prêts à taux zéro, sans des aides financières pour des arrachages.

Après, je pense que l'arrachage n'est pas la solution magique non plus. L'équilibre qu'il nous faut arriver à trouver et qu'une partie de la profession demande, c'est justement de réussir à planifier les choses parce qu'il ne s'agit pas d'arracher un jour, d'être indemnisé pour arracher et le lendemain d'être indemnisé pour planter. C'est ce qu'on a vu par le passé.

Donc non, les choses sont plus complexes que ça et on doit travailler main dans la main. Etats et professions et filières doivent travailler main dans la main pour justement réussir à faire en sorte que cette économie, j'ai parlé de gastronomie quand je parle de nos vins, mais c'est une part de notre économie exportatrice très importante. Donc ce sont des emplois partout dans nos campagnes et on a besoin justement de soutenir cette filière porteuse d'avenir aujourd'hui et demain, malgré les évolutions de consommation qui ont prévalu hier.

Le vin qu'on buvait il y a 20 ans, ce n'est pas celui qu'on boit aujourd'hui et ce n'est certainement pas celui qu'on boira demain. -Je vous propose à présent de parler de sucre dans Les pieds dans le plat. Jingle -C'est une tendance de fond qui se confirme.

Le sucre n'a plus la cote chez les pâtissiers. Gâteaux désucrés, utilisation de produits alternatifs. Comment les cadors de la pâtisserie pour nous régaler font toujours plus avec moins de sucre ?

Réponse avec ce reportage de Maïté Frémont et d'Eva Billion. -Dont cet atelier de pâtisserie, dernière touche avant l'envoi en salle. D'abord pour les flancs avec leur couche de caramel un peu particulier.

Et puis les tartes au citron qui s'habillent de meringue. Rien d'extraordinaire, à un détail près. -La particularité de nos pâtisseries, c'est qu'elles sont faites sans sucre blanc.

Vous voyez, c'est du sucre de fruits. C'est assez fin. En termes de texture, c'est un mélange entre du sucre glace et du sucre semoule.

La particularité, c'est qu'il a un pouvoir sucrant deux fois plus élevé. -Faire des gâteaux sans sucre, cocasse, pas tant. Cette poudre blanche est issue de fruits, des pommes et du raisin du sud de la France. -Il se dissout hyper bien, donc très pratique à utiliser en pâtisserie. -Pour Dorian, 25 ans, aux millions de followers sur les réseaux sociaux, plus question de travailler le sucre blanc, trop nocif pour la santé. -On est bien. -Ce jour-là, avec les viennoiseries de la veille, il cuisine un bostock et dans sa crème anglaise, son fameux sucre de fruits. -A la sortie du four, on va ajouter du caramel au sucre de fruits, ça c'est paradoxal mais du caramel.

Et on va rajouter des petites pépites de chocolat. -Alors le fructose, à l'indice glycémique bas, est-il une alternative au glucose ? Son prix au kilo reste tout de même neuf fois plus élevé. -Allez au soleil ! -Aujourd'hui en France, nous consommons 35 kilos de sucre par an et par personne.

Bien trop selon l'Organisation Mondiale de la Santé. -Bonjour ! -Dans la vie quotidienne, on mange tellement de mauvais sucre que s'il y a des alternatives, et si on peut faire ça, pourquoi pas ? -Le sucre a aujourd'hui un pouvoir addictif sur le cerveau.

Certains scientifiques vont même le classer comme une drogue dure. -Vous faites partie de cette clientèle qui traque ce nouveau genre de pâtisserie où il y a moins de sucre, pâtisserie désucrée, fruits, fructose ? C'est quelque chose qui vous obsède peut-être pas, mais qui, en tous les cas, que vous recherchez ? -Bien, notre santé, forcément j'y suis attachée, et les excès de sel, de sucre, bien entendu qu'il faut l'avoir en tête et être vigilant.

Mais un peu comme les viandes, c'est-à-dire que c'est l'équilibre de ce qu'on mange, la modération, si on mange des pâtisseries matin, midi et soir, ce n'est pas la même chose que si on en mange plus occasionnellement. Donc moi, je suis attachée au bon, toujours, et vous l'avez remarqué, assez traditionnelle dans ce que je mange. Donc que les pâtissiers essaient de mettre moins de sucre, on le constate, et donc c'est une bonne chose puisque la qualité est toujours au rendez-vous, mais supprimer le sucre, j'avoue que je ne crois pas avoir déjà... -Supprimer le sucre, ce n'est pas la question, c'est impossible, sans sucre, mais par exemple, quand vous repensez aux gâteaux de votre maman ou grand-mère, vous, vous ne mettez pas moins de sucre qu'elles ?

Vous ne voyez pas déjà une évolution à l'échelle de votre foyer ? -Si, bien sûr, je pense qu'on consomme moins de sucre parce qu'on est attentif aux messages en matière de santé pour nous, pour nos enfants, pour nos petits-enfants. Je suis une mamie heureuse, donc je fais attention à tout cela.

Et du coup, que la profession, les pâtissiers, s'y attèlent, eux aussi, on l'a vu dans la charcuterie, avec le sel également, c'est une bonne chose pour notre santé. Après, il faut trouver les bons équilibres pour rester sur des produits de qualité, gustativement, il me semble. -Mais parfois, dans certaines recettes, on s'aperçoit qu'on peut enlever un tiers du sucre sans problème, ou alors peut-être mettre un peu de miel à la place du sucre blanc, ou utiliser d'autres formes. -Le sucre roux. -Exactement.

Ca, vous le faites déjà quand vous cuisinez ? -Oui. -Et à l'Assemblée nationale, il y a plusieurs initiatives pour réduire le sucre, dans les produits pour les nourrissons.

Il y a eu aussi des initiatives pour faire qu'en Outre-mer, les produits ne soient pas plus sucrés que dans l'Hexagone. C'est important. On s'est beaucoup attaqué au gras pendant longtemps.

Mais le sucre aussi est dangereux et peut être comme une drogue. -Tout à fait, qui est addictif et donc des politiques en matière de santé pour les tout-petits, c'est très important de limiter la consommation de sucre et même de la supprimer. Pendant les trois premières années de la vie d'un enfant, il faut vraiment être très prudent quand on est parent sur le sucre à donner à nos enfants puisque sinon ça développe des jeunes très addicts au sucre.

Et c'est vrai qu'en Outre-mer, je ne connais pas bien les Outre-mer et je n'ai jamais eu la chance d'y aller pour ma part, mais j'ai découvert en discutant avec les collègues qu'un soda est plus sucré dans les Outre-mer qu'en métropole. Ca paraît complètement dingue. Bon, ce sont des habitudes gustatives peut-être, mais les enjeux d'obésité, de santé publique sont telles qu'on doit corriger cela et être sur des produits...

On peut se faire plaisir en mangeant du sucre, en buvant un soda sucré, mais tout ça avec modération, personnellement, mais aussi il faut que le produit ne soit pas déraisonnable dans sa conteneur en sucre. -La mamie gâteau que vous êtes a du mal à résister à ne pas faire plaisir aux petits-enfants. Alors comment vous faites ?

Sachant que le sucre, les enfants adorent ? Qu'est-ce que vous avez trouvé pour remplacer...

Du Nutella de temps en temps ou alors plutôt de l'épeautre ? -Alors, je vous ai dit que je venais d'une ferme où on produit du lait. Moi-même, je fabriquais le beurre à la ferme et je le vendais chez les habitants de mon secteur, de mon village et des alentours quand j'étais plus jeune.

Donc on est amateurs de beurre et de beurre fermier, de bon beurre. Et immanquablement, ma petite fille, quand je lui propose une tartine de beurre, ça lui va bien. -C'est du gras ? -C'est du gras, mais avec modération là aussi, et c'est du bon gras, tout à fait.

On en a besoin également. -Il n'y a pas d'addiction au beurre alors qu'au sucre, si. -Il faut faire attention justement, oui, dans la composition, sinon, c'est un peu facile de dire aux parents, "pas de gâteau industriel", "pas trop de sucre", etc.

Mais pour cuisiner, il faut avoir le temps, il faut parfois avoir les moyens. Donc il faut revoir la composition de certains produits ? -Oui, je pense.

Et puis de varier, c'est-à-dire que du sucre, je reviens à ma petite-fille, elle adore les fruits. Donc là aussi, c'est une teneur en sucre, naturellement, mais qui est bonne pour la santé. Donc il faut essayer de s'adapter et d'être vigilant et attentif à la santé de toutes et tous, et des plus jeunes en particulier.

Ne pas interdire, ça je ne suis pas favorable, mais prévenir, éduquer, qu'on contribue tous. On apprend et on transmet ces bons usages de l'alimentation, des vins, etc. De tout ce dont on a parlé ensemble. -On a parlé du sucre, on va voir s'il y en a beaucoup dans votre dessert.

On passe au Péché mignon. Jingle -Avec une date historique pour notre péché mignon, ça fait cinq ans que cette émission existe, et bien vous êtes la première à nous demander un café gourmand. Pourtant c'est devenu un peu banal maintenant, la plupart des restaurants en font.

Donc café gourmand, bonne idée, avec un petit crumble de pommes d'Anjou et un crémet d'Anjou, un dessert emblématique. encore une fois du Maine-et-Loire, un régal des dieux. Ce n'est pas moi qui le dis, mais le célèbre gastronome Curnonsky en 1921.

Précisons qu'il est né à Angers, donc pas forcément très objectif. On va vous demander de le goûter, parce que qu'est-ce que c'est qu'un crémet d'Anjou ? Il y a plusieurs interprétations ? -Oui... -C'est un dessert qui date de 1890, Elsa.

Donc ça fait un bail. -Oui, oui, ça fait un bail. Mais tous les pâtissiers ne sont pas... ne réussissent pas le crémet d'Anjou.

Moi-même, d'ailleurs, je l'achète, je le consomme au restaurant, mais je n'arrive pas à faire un bon crémet d'Anjou. C'est difficile, parce qu'il faut à la fois de la chantilly, donc de la crème qu'on monte en chantilly, mais aussi avec l'incorporation de blancs en neige. -Parce que c'est censé se tenir, normalement. -Voilà, ça se tient.

Donc là, ce qu'on a là, bon, c'est... -Donc le crémet, ça serait la partie blanche de ce dessert.

En dessous, c'est des pommes. Ca n'a rien à voir avec le crémet ? -Voilà, c'est ça.

Donc le crémet, mais ça n'a pas l'apparence d'un crémet. Et le goût ? -Est-ce que c'est bon ?

On va remercier Le Bourbon. -Oui, le chef a revisité le crémet. C'est très bon, c'est très frais. -C'est très bon avec les pommes, ça se marie très bien. -On parlait de sucre, ce n'est pas trop sucré, donc c'est bien équilibré, donc c'est bon.

Mais effectivement, c'est une revisite, ce n'est pas le crémet classique. Et pour ce qui est du crumble que j'ai déjà goûté, avec des pommes d'Anjou, je vous ai dit qu'on produisait de tout en Anjou. Donc là, c'est très bon également.

Et c'est vrai qu'on a une diversité. On a parlé du pâté aux prunes, qui est l'un de mes desserts préférés, mais qui n'est pas de saison. Donc, je ne l'ai pas mis.

Mais je ne savais pas que choisir. D'où l'idée du café gourmand. -Et vous faites du chocolat, le Quernons d'Ardoise.

Je vous le propose aussi avec votre café. -Ah oui, ça, c'est le "must". -Alors café gourmand, c'est ce que vous préférez justement ?

Je trouve que c'est soit on en a trop et on se dit : "J'aurais mieux fait de prendre un dessert". Soit c'est un peu trois trucs surgelés. Vous, vous aimez bien cet équilibre à la fin du repas d'avoir trois, quatre petits desserts pour accompagner le café ? -Oui, moi, je trouve que c'est...

Oui, j'aime bien, effectivement. J'aime bien aussi varier les plaisirs. Donc, voilà, quand on a plusieurs desserts.

Et puis, pour peu que je sois dans une région que je ne connais pas, ça permet de découvrir différentes spécialités. Donc, je trouve que c'est intéressant. Et le Quernon d'Ardoise, c'est une spécialité de chocolat. de l'Anjou, puisque ce que je n'ai pas dit, c'est que c'est aussi une terre ardoisière.

L'Anjou a longtemps produit des ardoises qu'on met sur nos toitures, tout simplement, à Trélazé en particulier, au coeur de ma circonscription. Et ce Quernon, c'est un hommage à nos ardoisiers. Donc c'est bleu, comme les ardoises, avec un feuilleté noisette à l'intérieur.

Et oui, c'est vraiment délicieux. Je vous invite à le consommer avec votre café. -Le café gourmand, ça rebondit un peu sur la problématique d'avant, sur moins de sucre.

On peut commander aussi, un café gourmand pour la table. Et puis comme ça, chacun a sa panna cotta, sa mousse. C'est une façon aussi de manger moins de sucre. -Oui, et de finir de façon légère, sucrée, sans trop. -Mais vous avez besoin de finir sur une note sucrée, un repas ?

Vous avez forcément besoin, ou alors un peu de fromage, ça vous suffit ? -Alors moi, je préfère le salé au sucré. Et le sucré, j'aime bien le prendre en décalé, en définitive.

Donc, quand je peux, une heure après ou une heure et demie après un déjeuner, ça me va bien de prendre le dessert. -Le crumble est délicieux aussi. -Oui, tout à fait. -Et votre Madeleine de Proust, le dessert de votre enfance, de votre grand-mère, que vous aimez par temps en temps un peu de régressif, manger ? -Oui, eh bien, j'adore les crêpes.

Parce qu'on les fait en famille et que c'est toujours un moment de convivialité. -Ne me dites pas que c'est de l'Anjou, les Bretons seront furieux. -J'adore les crêpes que je fais moi-même, sucrées, cette fois-ci.

Et puis, ma Madeleine de Proust, c'est un gâteau très simple qui est le gâteau au yaourt. Premier gâteau que j'ai su faire, certainement, avec ma maman et... -Avec le pot de yaourt qui sert de... -Voilà, mes enfants, ma petite fille qui...

Ma fille est très bonne cuisinière et ma petite-fille qui s'y attelle aussi. -On achète, le gâteau yaourt tous, Elsa. -Bien sûr, bien sûr.

On va finir en chanson. On l'a dit, c'est sur la question de l'immigration que vous avez rompue avec Emmanuel Macron. C'est un peu votre choix de chansons.

On écoute et vous nous racontez. -Je suis née ce matin Je m'appelle Mercy Au milieu de la mer Entre deux pays Mercy -"Mercy" de Madame Monsieur. -Oui, tout à fait.

C'est vrai que les questions migratoires occupent beaucoup de notre actualité, mais souvent de façon déraisonnable et instrumentalisée, alors que ce sont avant tout des enjeux d'humanité. Quand on voit ces naufragés qui partent de rien, qui ont traversé une partie de nos continents pour arriver jusqu'à nous et qui se trouvent refoulés ou accueillis dans des conditions qui sont indignes d'un pays comme la France. Ce sont des choses qui me révoltent.

Donc en termes humanitaires, les conventions internationales imposent qu'on accueille dignement. Et en termes également de besoin de notre pays, c'est-à-dire que non seulement on a toujours été un pays d'immigration, d'accueil, on a aujourd'hui vraiment une partie des partis politiques et des hommes et des femmes politiques qui instrumentent cette question pour, dans l'imaginaire français, laisser à penser qu'un étranger, c'est forcément un danger, c'est forcément un délinquant, c'est forcément un musulman intégriste, et ce mélange est totalement déraisonnable et ne correspond pas à la réalité des gens que je rencontre tous les jours, partout en France. On a des étrangers formidables qui ont envie d'être chez nous, qui ont des compétences, qui ont une culture aussi extrêmement riche, et on les traite souvent comme...

Enfin, parfois, parce que...

On sait aussi accueillir, il faut trouver le bon équilibre dans le propos. Mais quand on n'y est pas, quand on n'est pas au niveau, on ne les accueille pas bien. Et l'image de la France en pâtit aujourd'hui.

Et c'est un problème parce qu'on sait que la démographie est en baisse. Et demain, on aura aussi besoin d'attirer des talents, des hommes et des femmes. -"Mercy" de Madame Monsieur qu'on entend.

Et merci à vous deux. A très vite pour un nouveau numéro de Politiques à Table. -Je suis tous ces enfants que la mer a pris. ---