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InterviewC à vous (sur YouTube)· 27 septembre 2022 8 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesBudget & impôtsTravail & emploi

La France dans la spirale infernale de la dette ? - Gabriel Attal - C à vous - 27/09/2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Ce sont des dépenses qui ne m'ont pas rapporté autant que vous le souhaitez, parce que c'était votre formule, je crois.

  • 0:18RelanceRéponse directe

    C'est surtout des dépenses qui coûtent, non ?

  • 0:43FerméeRéponse directe

    Vous avez annoncé que le quoi qu'il en coûte, c'est fini.

  • 2:13OuverteRéponse directe

    Mais le remboursement de la dette, deuxième poste de dépense derrière l'éducation, on a l'impression, alors que Bruno Le Maire dit qu'on est à l'euro près, qu'on est dans une spirale infernale de la dette.

  • 3:33RelanceRéponse partielle

    Elle est crédible, votre trajectoire, mais elle est très incertaine parce qu'on ne sait pas ce que sera la croissance l'an prochain.

  • 3:40RelanceRéponse partielle

    Vous estimez qu'elle sera à 1%. Aucun institut ne le prévoit de cette façon.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « On a fait le quoi qu'il en coûte pour soutenir nos entreprises, soutenir notre économie, soutenir les emplois. »
  • 0:30Invité politiqueChiffre
    « Ce que disent aujourd'hui toutes les analyses économiques, toutes les études économiques, le prix Nobel d'économie, Paul Krugman, c'est que si on n'avait pas fait le quoi qu'il en coûte, on aurait 10 points de dette en plus. »
  • 0:46Invité politiqueChiffre
    « Le déficit, c'était en 2020, près de 9%, 8,9 pour être précis. »
  • 0:50Invité politiqueChiffre
    « En 2021, c'était 6,5%. »
  • 0:53Invité politiqueChiffre
    « Cette année, on est à 5%. »
  • 0:58Invité politiquePromesse
    « Donc le déficit, il baisse, et il va continuer à baisser jusqu'en 2027, où on prévoit de le ramener sous les 3%. »
  • 1:04Invité politiqueFait
    « Mais elle augmente de manière contenue. Elle augmente moins vite que l'inflation. »
  • 2:00Invité politiqueFait
    « C'est qu'on veut que la progression de nos dépenses aille moins vite que la progression de nos recettes. »
  • 2:32Invité politiqueFait
    « La dette, elle ne nous coûte plus cher. »
  • 5:23Invité politiqueChiffre
    « L'an prochain, c'est 20 milliards d'euros qu'on va capter auprès d'énergéticiens. »
  • 6:35Invité politiqueChiffre
    « Il y a 3 ans, nos impôts de production en France étaient 7 fois supérieurs à ceux de l'Allemagne. »
  • 7:04Invité politiqueChiffre
    « On a passé l'impôt sur les sociétés de 33% en 2017 à 25% en 2022. »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « Si on a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans, le taux d'emploi le plus haut depuis 50 ans. »

Temps de parole

  • Gabriel Attal82 %
  • Présentateur9 %
  • Invité9 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Un État qui dépense toujours plus, qui s'endette dans l'incapacité de renverser la logique dépensière, ça c'est l'analyse de Nicolas Béthou ce matin dans l'Opinion, sans pour autant garantir une protection efficace aux Français. Ce sont des dépenses qui ne m'ont pas rapporté autant que vous le souhaitez, parce que c'était votre formule, je crois. Il y a des dépenses qui rapportent et des économies qui coûtent. C'est surtout des dépenses qui coûtent, non ?

0:19
Gabriel Attal

Je crois profondément. D'ailleurs, c'est ce qu'on a vu pendant la crise Covid. On a fait le quoi qu'il en coûte pour soutenir nos entreprises, soutenir notre économie, soutenir les emplois. Ça a coûté de l'argent. Ce que disent aujourd'hui toutes les analyses économiques, toutes les études économiques, le prix Nobel d'économie, Paul Krugman, c'est que si on n'avait pas fait le quoi qu'il en coûte, on aurait 10 points de dette en plus, parce qu'il aurait fallu financer l'assurance chômage de tous ceux qui auraient perdu leur emploi et l'accompagnement de toutes les boîtes qui auraient fait faillite. Donc là, c'est le quoi qu'il en coûte.

Vous avez annoncé que le quoi qu'il en coûte, c'est fini. Oui, bien sûr, c'est fini. Le déficit, c'était en 2020, près de 9%, 8,9 pour être précis. En 2021, c'était 6,5%. Cette année, on est à 5%. Donc le déficit, il baisse, et il va continuer à baisser jusqu'en 2027, où on prévoit de le ramener sous les 3%. Parce que c'est vrai, et vous l'avez rappelé, la dépense publique augmente. Mais elle augmente de manière contenue. Elle augmente moins vite que l'inflation. Ça paraît très technique comme ça, mais en gros, ce que ça veut dire, c'est que la part de notre dépense publique, dans notre richesse, elle baisse. Elle baisse d'un point entre cette année et l'année prochaine.

Elle va continuer à baisser. Il y a un choix, il pourrait y avoir un choix. C'est un peu celui qui a été fait après la crise 2008-2010, qui est celui de faire un budget d'austérité après la crise, en disant, brutalement, on va ramener l'équilibre dans nos dépenses publiques. Mais la rigueur, c'est devenu tabou. Mais ce n'est pas que c'est tabou, c'est qu'on a vu les limites et l'impasse de cette politique économique, de faire de l'austérité en période de crise.

1:38
Présentateur

Ce n'est pas parce que vous craignez des mouvements sociaux, un hiver houleux.

1:40
Gabriel Attal

C'est que derrière, on a vu l'impact que ça a eu sur notre économie, en termes de destruction de valeurs, l'impact que ça a eu aussi sur le pouvoir d'achat des Français et les augmentations d'impôts qu'il y a eu ensuite. Donc, moi, je crois que notre stratégie, qui consiste à dire, oui, qu'on continue à dépenser, mais qu'on le fait de manière maîtrisée et raisonnable, ou en gros, la règle qu'on se fixe, c'est quoi ? C'est qu'on veut que la progression de nos dépenses aille moins vite que la progression de nos recettes. Et c'est ça le chemin sur lequel on est en train de revenir.

Parce que la réalité, c'est qu'on a des recettes qui ont fortement augmenté, parce que l'activité économique se déploie, aussi parce qu'on soutient notre économie.

2:13
Présentateur

Mais le remboursement de la dette, deuxième poste de dépense derrière l'éducation, on a l'impression, alors que Bruno Le Maire dit qu'on est à l'euro près, qu'on est dans une spirale infernale de la dette.

2:24
Gabriel Attal

Et c'est pour ça qu'on est sortis du quoi qu'il en coûte. Et c'est pour ça qu'on a une trajectoire de réduction de nos déficits. Encore une fois, il a baissé ces dernières années. Il va continuer à baisser. La dette, elle ne nous coûte plus cher. Pourquoi ? Parce que les taux d'intérêt augmentent. Et c'est le cas partout dans le monde. Et l'inflation. Et l'inflation, puisqu'une partie de nos obligations sont indexées sur l'inflation. Mais ça nous rappelle quoi ? Ça nous rappelle l'importance de maîtriser la progression de notre dépense. Ça ne veut pas dire qu'on va couper brutalement.

Ça veut dire que si on a un rythme maîtrisé de progression qui, grosso modo, est équivalent à celui de nos recettes, on tient une réduction du déficit public et in fine, une stabilisation de notre dette. On a un calendrier. Hier, on a présenté le budget 2023. On a aussi présenté la loi de programmation des finances publiques. Ça veut dire qu'on a dit très concrètement quel serait le budget, ministère par ministère, dans les années qui viennent. Justement pour montrer qu'on a une trajectoire qui est crédible. Et je peux vous dire, j'ai fait, au début de l'été, toutes les réunions de discussion et de négociation avec mes collègues ministres sur leur budget pour l'année 2023.

Je peux vous dire qu'ils ne sont pas très nombreux à être ressortis du bureau en étant satisfaits. Parce que la réalité, c'est qu'il y a beaucoup de besoins dans tous les ministères, qu'ils ont une augmentation mais que ça ne couvre pas l'intégralité des besoins et donc tout le monde fait des efforts.

3:33
Invité

Elle est crédible, votre trajectoire, mais elle est très incertaine parce qu'on ne sait pas ce que sera la croissance l'an prochain. Vous estimez qu'elle sera à 1%. Aucun institut ne le prévoit de cette façon. L'inflation aussi, c'est beaucoup d'inconnus. Vous avez vu ces organismes internationaux qui prévoient une récession généralisée l'an prochain. Donc vous pouvez être dans un déficit beaucoup plus lourd que ce qui est inscrit dans le projet de budget.

3:58
Gabriel Attal

Ce qui est certain, c'est que personne n'a de boule de cristal. Encore plus quand on est soumis à des aléas comme la guerre au cœur de l'Europe, l'inflation... La possibilité d'une nouvelle épidémie. Bien sûr. Mais moi, ce que je constate, c'est que pour la croissance de cette année, 2022, tous les prévisionnistes nous disaient « Vous ne tiendrez pas l'objectif que vous vous êtes fixé. Votre objectif de 2,5% n'est pas crédible. » Les prévisionnistes disaient « Vous allez faire au mieux 2,3%. » Non seulement on a tenu notre objectif déjà, mais on va le dépasser puisqu'on va faire 2,7%. On a une économie qui résiste.

Mais c'est tous les Français qui nous regardent, qui travaillent tous les jours, les entrepreneurs qui continuent à investir, les Français qui continuent à consommer. C'est ça la réalité aujourd'hui de notre économie. Et donc oui, on a une prévision qui est volontariste, qui n'est pas hors sol. Vous avez une fourchette haute, une fourchette basse des prévisions. Les fourchettes basses des prévisions, elles prennent une hypothèse qui est qu'on ait une pénurie assez forte sur les produits énergétiques cet hiver. Ce qui n'est pas notre hypothèse, aussi parce qu'on agit beaucoup pour garantir l'approvisionnement pour notre économie.

4:54
Présentateur

Ce budget qui ne prévoit pas de taxes sur les super profits, à rappeler Patrick, c'est définitivement intérêt comme idée ou ça pourrait faire l'objet de négociations

5:01
Gabriel Attal

pendant la discussion du budget justement ? Nous, ce qu'on veut faire, ce qu'on fait d'ailleurs, c'est capter la rente indue. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous avez des entreprises énergétiques qui aujourd'hui, du fait de l'inflation des prix de l'électricité et du gaz sur le marché, font des profits et profitent directement de cette inflation. Et là, nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut capter ces profits. C'est ce qu'on fait. L'an prochain, c'est 20 milliards d'euros qu'on va capter auprès d'énergéticiens.

Et ce qu'on dit, c'est qu'on est prêt à étendre ce mécanisme pour que ça concerne potentiellement d'autres activités énergétiques qui aujourd'hui ne sont pas touchées par ce mécanisme. Le commerce maritime. Comment ? Je parle de l'énergie là. Donc vous avez d'autres producteurs d'énergie, vous avez des activités de raffinage aussi qui peuvent être touchées. C'est ça qu'on fait. Après, vous avez une autre proposition qui est celle qui est portée par la NUPES qui consiste à dire, on crée une taxe, une surtaxe pour toutes les grandes entreprises ou les entreprises de taille intermédiaire qui ont fait beaucoup de profits ces dernières années. C'est vrai que nous, on est en désaccord avec ça.

5:58
Invité

On est en désaccord avec ça parce que pour beaucoup... Plus de 20% par rapport à ce qu'ils avaient fait dans les années précédentes.

6:03
Gabriel Attal

Il y a 5 ans. Et nous, on n'est pas d'accord avec ça parce que la réalité, c'est qu'en 5 ans, vous avez des entreprises qui potentiellement, oui, ont fait des profits, des bénéfices parce qu'elles ont investi, parce qu'elles ont innové. Ce n'est pas une raison pour dire qu'on va les surtaxer. Et que la réalité, c'est que si on est redevenu depuis 3 ans le pays le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers, ce n'est pas moi qui le dis, c'est les baromètres internationaux.

C'est précisément parce qu'on a aujourd'hui un message en France qui est qu'on n'alourdit pas la fiscalité sur le travail, sur les entreprises pour permettre à l'activité économique de se développer, pour être plus accueillant pour les investissements. Il y a 3 ans, nos impôts de production en France étaient 7 fois supérieurs à ceux de l'Allemagne. Quand vous êtes un groupe que vous voulez vous implanter en Europe, vous regardez deux pays, il y en a un où les impôts sont 7 fois plus élevés que dans l'autre. C'est pour ça qu'on baisse les impôts de production, qu'on baisse la fiscalité sur les entreprises.

Et on dégage plus de recettes de l'impôt sur les sociétés auprès des entreprises depuis qu'on a baissé les taux

6:53
Invité

parce que l'activité se développe. La France est devenue le pays le plus attractif ou l'un des pays les plus attractifs avec des niveaux d'imposition des entreprises qui étaient élevés.

7:02
Gabriel Attal

On a commencé à baisser, je vous rappelle, on a passé l'impôt sur les sociétés de 33% en 2017 à 25% en 2022. On a baissé les impôts de production, on est la première majorité à le faire depuis 20 ou 30 ans. Mais ce que disait Patrick,

7:14
Présentateur

c'est que la France était attractive alors que les impôts sur les sociétés étaient plus élevés.

7:17
Gabriel Attal

Je pense que c'est aussi lié à la trajectoire qu'on a engagée puisque les impôts sur les entreprises, on a commencé à les baisser dès 2017. Je peux vous dire, quand vous échangez avec des chefs d'entreprise, ils vous le disent. Ils vous disent que ça leur permet de dégager des moyens pour investir, pour embaucher. Si on a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans, le taux d'emploi le plus haut depuis 50 ans, ça ne tombe pas du ciel. Ce n'est pas la part magie. C'est parce qu'aussi, on redonne des marges de manœuvre à notre économie pour fonctionner.

Moi, ce que je dis simplement, c'est n'allons pas casser ça avec une taxe qui concernerait toutes les grandes entreprises et qui enverrait un message qui est que la France renoue avec, entre guillemets, ses réflexes un peu pavloviens. Dès qu'il y a un problème, on crée une taxe supplémentaire. Parce qu'à la fin, vous avez beau augmenter les taxes, si l'activité se réduit, vous percevez moins pour les finances publiques.

La France dans la spirale infernale de la dette ? - Gabriel Attal - C à vous - 27/09/2022 — Gabriel Attal · Pourquijevote