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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 3 avril 2017 65 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Le printemps de Mélenchon #cdanslair 03-04-2017

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 28 %Attaque 45 %Défensif 27 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:03OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il se passe quelque chose dans l'opinion autour de Jean-Luc Mélenchon ?

  • 3:02RelanceRéponse directe

    Quand on regarde sur les deux derniers mois, est-ce que c'est un candidat qui est clairement en dynamique, Jean-Luc Mélenchon ?

  • 3:50OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'elle est folle, cette hypothèse d'un Jean-Luc Mélenchon qui passerait devant un François Fillon ?

  • 7:39OuverteRéponse directe

    Mais ça paraît sérieux de le présenter comme ça ?

  • 9:39OuverteRéponse directe

    Ces meetings, comme hier à Châteauroux, en plein cœur de la France, une salle comble...

  • 14:14OuverteRéponse directe

    À quel candidat Jean-Luc Mélenchon pourrait-il prendre des voix pour mieux se positionner au premier tour ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47PrésentateurFait
    « Il affirme qu'il sent monter la vague et même qu'il est prêt à gouverner. »
  • 10:05PrésentateurPromesse
    « s'il faut gouverner, nous serons prêts »
  • 11:09Invité politiqueChiffre
    « 15% d'intention de vote devant Benoît Hamon, derrière François Fillon. »
  • 13:47Invité politiqueChiffre
    « 44% des Français considèrent que Jean-Luc Mélenchon représente le mieux les idées et les valeurs de la gauche. »
  • 17:25IntervenantFait
    « La retraite à 60 ans, maintien des 35 heures, un taux à 90% pour l'impôt sur le revenu. »
  • 17:49IntervenantChiffre
    « 700 euros par personne, ça va coûter une fortune. Les 130 milliards du coût total du revenu universel. »
  • 17:57IntervenantChiffre
    « Benoît Hamon a découpé son revenu universel, c'est devenu un revenu décent pour les jeunes. Ça faisait un coût quand même de 35 milliards d'euros. »
  • 23:51IntervenantFait
    « il veut la sixième semaine de congé payé, le retour à 60 ans. »
  • 24:48IntervenantFait
    « cette constituante va établir une nouvelle constitution et ensuite, il la laisse appliquer, la constitution. Lui, il s'en va. »
  • 26:54InvitéPromesse
    « Je renégocie les traités. Si ça ne marche pas, je sors de l'Europe avec d'autres alliés, on ne sait pas lesquels. »
  • 31:51IntervenantFait
    « il se décrit comme une figure rassurante, comme un homme moins impétueux. »
  • 33:20IntervenantPromesse
    « Nous chasserons ces agences et les petits prétentieux qui l'occupent. »
  • 33:43IntervenantFait
    « Nous voici de retour le peuple des révolutions et des rébellions en France. »
  • 36:22IntervenantFait
    « En 2011 il était dans le fracas le bruit et la fureur parce qu'il rentrait dans le système. »
  • 37:53IntervenantFait
    « Le meeting de Marseille quand il dit contrairement à ce que veut son électorat qu'il accueille à bras ouverts les immigrés et là une partie de l'électorat ouvrier s'en va chez Marine Le Pen. »
  • 41:06IntervenantChiffre
    « Il est celui qui a le plus de patrimoine des 11 candidats. »
  • 41:15IntervenantFait
    « Moi j'ai accumulé donc j'ai gagné ma vie et bien il a été pendant très longtemps un élu important de la république. »
  • 43:27IntervenantFait
    « Il a torpillé le débat de France 2 c'est lui le premier qui a dit bon enfin ce débat ça ne m'intéresse pas je n'ai pas envie d'y aller. »
  • 48:22Locuteur non identifiéFait
    « Marine Le Pen cible la nouvelle génération. »
  • 53:20IntervenantFait
    « Si il termine la campagne troisième ou quatrième mais en tout cas largement devant Benoît Hamon qui est le candidat du parti socialiste ça va poser des questions pour l'avenir. »
  • 55:12IntervenantFait
    « Il est en train d'avoir la peau du parti socialiste. »
  • 1:01:56IntervenantFait
    « Sur le conflit syrien il a plutôt suivi l'exemple de Poutine. »

Temps de parole

  • Intervenant58 %
  • Présentateur21 %
  • Invité12 %
  • Jean-Luc Mélenchon3 %
  • Auditeur3 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il se voit déjà troisième sur le podium. Jean-Luc Mélenchon a le vent dans le dos. Le leader de la France insoumise siphonne jour après jour les voix de gauche de son camarade Benoît Hamon et plie le match dans les sondages. Une dynamique qui l'oblige à arrondir les angles, à se montrer rassembleur, ce qui n'était pas franchement son fond de commerce lors de la dernière présidentielle. Le premier débat lui a permis clairement de se distinguer. Le deuxième lui permettra-t-il de décoller ? Lui, veut-il croire ?

Il affirme qu'il sent monter la vague et même qu'il est prêt à gouverner. Alors jusqu'où peut-il aller ? Ses talents de tribun peuvent-ils lui permettre de séduire au-delà de son camp ? Son pari de devancer François Fillon est-il fou ? Le printemps de Mélenchon, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Roland Quairol. Vous êtes politologue, directeur du Centre d'études et d'analyse de CETAM, directeur de recherche associé au laboratoire politique de Sciences Po. Citons ce soir votre dernier ouvrage qui s'intitule « Les raisons de la colère » publié chez Grasset. Karl Meus, vous êtes rédacteur en chef au Figaro Magazine.

En une cette semaine, la grande manœuvre, comment Hollande pousse secrètement Macron. Citons votre dernier ouvrage sur François Hollande, le président du temps perdu, publié aux éditions Stock. François Spressoz, vous êtes journaliste, éditorialiste au journal Le Monde qui titre en une aujourd'hui « La bataille du vote utile » se durcit à gauche. Nous y reviendrons enfin. Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Vous enseignez également à Sciences Po Paris. Libération vous consacre aujourd'hui son portrait intitulé « Sondez un sondeur ». Enfin, rappelons votre dernier ouvrage publié chez Robert Laffont. Plus rien à faire, plus rien à foutre.

La vraie crise de la démocratie. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce « C'est dans l'air en direct ». Je vais commencer par vous, Brice Tinturier, une fois n'est pas coutume, avec un sondage, avec les sondages. Est-ce qu'il se passe quelque chose dans l'opinion autour de Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce que c'est un moment, Mélenchon ? Est-ce que c'est plus que ça ?

2:18
Intervenant

Il se passe incontestablement quelque chose. Autant pour les autres candidats, la réalité est assez stable. Quand on regarde depuis trois semaines l'évolution des intentions de vote, c'est assez stable, sauf dans l'espace des gauches, sauf entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Et là, très clairement, on a un Mélenchon maintenant dans la zone des 15% d'intention de vote, un Benoît Hamon nettement distancé, 10, 11%, moins selon certains. En tous les cas, un écart, et c'est historique, qui est important, qui est fort et qui est en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Donc il le doit à beaucoup de raisons, mais il y a un vrai moment Mélenchon.

Je pense que ce n'est pas simplement un petit moment dans la campagne conjoncturelle. Ça traduit des rapports de force politique, ça traduit des flux, ça traduit un état de l'opinion, et puis un positionnement aussi un peu différent du Mélenchon d'aujourd'hui par rapport à celui de 2012.

3:02
Présentateur

Comme j'ai bien retenu la leçon, vous nous avez toujours expliqué que ce qui est important, ce sont les dynamiques. Quand on regarde sur les deux derniers mois, est-ce que c'est un candidat qui est clairement en dynamique, Jean-Luc Mélenchon ?

3:14
Intervenant

Oui, je crois. On a clairement, semaine après semaine, une érosion quasi-continue de Benoît Hamon, et une montée tout aussi quasi-continue de Jean-Luc Mélenchon. Alors la question, c'est une dynamique, normalement c'est un mouvement qui va toujours dans le même sens, et qui s'amplifie. C'est-à-dire que non seulement il pousse, mais il s'amplifie. Là, on a quelque chose un peu de cette nature, mais ça peut malgré tout, à un moment donné, se stabiliser. Donc on ne sait pas très bien si ça va se stabiliser à 15, à 16, à 17. En tous les cas, la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon, ça c'est un fait qui me paraît indiscutable.

3:47
Présentateur

Je retiens ce que vous venez de dire. Ça va se stabiliser, on y reviendra, parce que lui, il dit clairement que son objectif, c'est de passer devant François Fillon. Eh bien, il arrive dans cette campagne, du coup, qu'on se mette à imaginer même des hypothèses comme celle-ci, Roland Quairol. Est-ce qu'elle est folle, cette hypothèse d'un Jean-Luc Mélenchon qui passerait devant un François Fillon ?

4:05
Intervenant

C'est-à-dire qu'on est dans une campagne où les choses ont beaucoup bougé, et elles ont bougé plus tard que d'habitude. Donc on peut se dire que ça pourrait continuer. Rappelez-vous quand il y a eu les primaires de la gauche. On testait à l'époque, les sondeurs testaient une hypothèse, par exemple, Hamon ou Valls pour le Parti Socialiste, et une hypothèse Mélenchon qui était déjà candidat depuis un bon moment. Mélenchon faisait dans les 15, et l'autre faisait, le Socialiste faisait dans les 10 ou un peu moins de 10, 8-9. Et puis il y a eu la primaire, et ça a donné un coup de booster à Hamon. Ils se sont croisés. Mélenchon est redescendu vers les 10, et c'est Hamon qui est monté vers les 15.

Et on a eu un recroisement des courbes, ce qui est relativement rare. Une fois que les courbes se sont croisées, c'est très dur de les faire se recroiser dans une présidentielle. Et là, c'est arrivé. C'est maintenant Mélenchon qui a dépassé, chez certains, même nettement les 15, alors que ce pauvre Benoît Hamon est retourné aux 8 ou 9, où il était à l'origine, avant d'être vraiment candidat. Donc voilà, c'est plus qu'un moment. C'est quelque chose qui est important, qui a changé les lignes. Et ça, imaginer un redémarrage pour que les courbes repartent, c'est d'autant plus inimaginable que nous n'avons pas été étonnés, les uns et les autres, par tous ces mouvements.

Nous avons tous analysé les campagnes, et nous avons dit, à partir d'un moment, « Elle patine, la campagne de Hamon. Elle patine, ça va pas, il n'y arrive pas, il continue la primaire, il n'arrive pas à changer de dimension. » On le voyait ne pas y arriver. Et on voyait, au contraire, que Mélenchon profitait de ce patinage, et que lui, il était de meilleur en meilleur, sur la forme, et de plus en plus cohérent aussi. Donc il y a une logique, en plus, pour expliquer ces dynamiques.

5:59
Invité

Françoise Fresseuse. Moi, je pense qu'il y a deux éléments très intéressants sur le personnage de Mélenchon. D'abord, il y a le personnage en lui-même.

6:06
Présentateur

Sans voir parler.

6:07
Invité

Il adore les élections présidentielles, et c'est un très bon tribun. Julien Drey disait aujourd'hui, dans Libération, « C'est un showman. » C'est exactement ça. C'est le moment Mélenchon, il adore ça. Alors, il a complètement changé de personnage. C'est plus du tout l'homme énervé, l'homme agressif. C'est le pédagogue. Il a 65 ans, il dit « Maintenant, mon âge, c'est un atout. » C'est presque un homme expérimenté dans cette campagne. Et moi, ce qui m'avait frappé, c'est qu'au débat télévisé, la veille, il avait fait un grand meeting qui avait très bien réussi, mais le débat télévisé l'a pratiquement installé dans la cour des grands parce qu'il n'était pas ridicule.

Il maîtrisait parfaitement son verbe. Il l'expliquait. Il était très pédagogue. On se disait, après tout, il est dans la cour des grands.

6:48
Présentateur

Et ça, vous pensez que les gens qui le regardaient à ce moment-là l'ont découvert ?

6:51
Invité

Oui, je pense. En tout cas, ils ont découvert cet aspect qu'il n'avait pas du tout avant. C'était quelqu'un qui peut expliquer, qui peut parler très clairement, très posément, qui a un très beau verbe aussi. Ça, il ne faut pas l'oublier. C'est quand même une capacité à maîtriser la langue française, à employer des beaux mots, à faire de la poésie. Et ça, je pense que c'est quelque chose qui l'a beaucoup servi. Et puis, il y a l'élément objectif qui se passe au Parti Socialiste, c'est-à-dire la difficulté, l'impossibilité pour Benoît Hamon de faire tenir son parti debout. Il a penché trop vers la gauche après la primaire.

Et dans ce match-là, Mélenchon avait une longueur d'avance et il est en train de manger petit à petit Benoît Hamon. Donc voilà, il y a deux éléments. Il y a la transfiguration de Mélenchon et il y a l'affaiblissement historique du Parti Socialiste.

7:39
Présentateur

Ce qui est compliqué, et on reviendra tout à l'heure sur la comparaison avec la précédente campagne où il y avait eu aussi un moment, une petite dynamique. Mélenchon, mais quand on est à 15, Carl Méhus, quand on est dans ces niveaux-là, c'est normal que lui dise maintenant mon prochain objectif, c'est François Fillon. Mais ça paraît sérieux de le présenter comme ça ? Alors je sais que vous n'êtes pas sondeur, je ne me suis pas trompé. On pourra donner ensuite la parole à Brice Seinturil.

8:07
Intervenant

Il a déjà été en 2012 à ce niveau-là. Les sondages l'avaient placé à 16 à un moment. Et puis il était redescendu parce qu'en 2012 notamment, il n'y avait pas eu le débat. Il n'y avait pas eu de débat de premier tour. Quand vous demandiez, c'est ce débat-là qui l'a fait connaître. Parce qu'au fond, les gens l'avaient vu en 2012, mais ils l'avaient un peu oublié. Et puis tout le monde ne l'avait pas vu. C'est assez rare que, même si on parle de vous, vous avez 11,5 millions de téléspectateurs, comme il y a eu au débat de TF1, qui peuvent vous regarder. Et au fond, ce qu'a fait Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il est apparu authentique.

Ce qui est important aujourd'hui, les gens, les électeurs, réclament une authenticité, au moins dans ce que disent les gens, au moins veulent voir apparaître ça, même si ce n'est pas complètement vrai. Et deux, je trouve qu'il a attaqué Fillon de manière assez habile. C'est-à-dire qu'il n'a pas attaqué directement sur les affaires, sur... Ce n'est pas bien ce que ça fait. Il a dit, mais attendez, vous avez tous autour là des pudeurs de gazelles.

9:08
Présentateur

Magnifique.

9:09
Intervenant

Magnifique réparti, qui lui permettait d'attaquer François Fillon, mais sans l'attaquer vraiment. Mais en disant, vous voyez, moi je ne suis pas comme lui. Et c'est vraiment, je pense, cet élément-là, plus l'authenticité, qu'il l'a fait progresser. Et c'est là où, d'ailleurs, il y a un paradoxe. C'est que ce débat de TF1 le fait énormément progresser en intention de vote et auprès de la Soffresse en popularité. Mais il ne veut pas du prochain débat de France Télévisions.

9:33
Présentateur

Et on y reviendra sur cet aspect du troisième débat, pour savoir ce qu'il craint en réalité. Ces meetings, on l'a bien compris, vous l'avez dit tout à l'heure, Françoise, comme hier à Châteauroux, en plein cœur de la France, une salle comble, avec des militants, parfois même des curieux, qui dehors doivent se contenter des écrans géants. Le candidat Mélenchon, sans monter la vague, comme il dit, il se fixe l'objectif de rattraper François Fillon, se voit même maintenant comme une figure rassurante. Alors maintenant, il propose d'aller plus loin, hier dans le JDD, il affirme, s'il faut gouverner, nous serons prêts, preuve que ces ambitions ne s'arrêtent pas. Au premier tour, Damien Fleurette.

10:16
Jean-Luc Mélenchon

Le sourire de plus en plus large de Jean-Luc Mélenchon, qui devant 3000 personnes, se lance avec gourmandise dans un one-man show politique.

10:27
Locuteur non identifié

Je vous en prie, que ceux qui le peuvent, s'assouent.

10:32
Intervenant

Ah oui, c'est là qu'il y en a le plus de goût. C'est terrible, c'est que c'est long.

10:39
Jean-Luc Mélenchon

D'habitude, le candidat de la France Insoumise ne parle jamais des sondages, mais hier à Châteauroux, il fait une exception.

10:47
Intervenant

Il est vrai que depuis plusieurs jours, les horoscopes nous sont favorables. Si profonde que soit aujourd'hui l'apparente domination des maîtres du monde et des puissants de l'argent, il n'empêche, il y a nous et alors le printemps viendra.

11:05
Jean-Luc Mélenchon

Les horoscopes, comme il dit, le rapprochent du trio de tête. 15% d'intention de vote devant Benoît Hamon, derrière François Fillon. A l'extérieur de la salle, dans les longues files d'attente, les militants veulent y croire.

11:20
Auditeur

J'espère qu'il va nous révolutionner un petit peu tout ça, parce que vraiment, il y a du travail à faire.

11:26
Intervenant

Pourvu que ça continue et que ça s'amplifie surtout.

11:29
Jean-Luc Mélenchon

Un peu plus tôt, à quelques kilomètres de Châteauroux, les Insoumis entretiennent la dynamique Mélenchon sur le terrain.

11:37
Locuteur non identifié

Le camion des Insoumis est aujourd'hui dans votre ville et s'installe sur votre marché.

11:42
Jean-Luc Mélenchon

Des mini-conférences prévues dans une vingtaine de villes d'ici le premier tour de la présidentielle. Ce jour-là, il est question de spéculation immobilière.

11:51
Locuteur non identifié

Quand on s'arrête le matin comme ça sur des marchés, les gens sont contents de voir que des militants ou des dirigeants politiques s'intéressent à eux et à ce qu'ils ont à dire.

12:01
Jean-Luc Mélenchon

Pendant ce temps, l'équipe peaufine le propos du candidat. Manuel Bompard, le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, discute avec des représentants de la Fédération des infirmiers libéraux.

12:13
Intervenant

Là, par exemple, j'ai noté un chiffre sur que l'Indre est le troisième département le plus victime de la désertification médicale. Je vais sans doute avoir le temps de le transmettre. Après, on verra si Jean-Luc Mélenchon a le temps ou pas d'intégrer l'élément dans son discours.

12:27
Jean-Luc Mélenchon

D'après les Insoumis, la percée de Jean-Luc Mélenchon s'explique par ce travail de terrain. Mais le dernier débat télévisé...

12:34
Intervenant

J'admirais vos pudeurs de gazelle. Mais il faut bien qu'il y ait un débat au PS.

12:38
Jean-Luc Mélenchon

Et la prestation remarquée du candidat y est aussi pour beaucoup. Tout comme la marche pour la 6e République qu'il a organisée il y a deux semaines. Une démonstration de force face à un Benoît Hamon en perte de vitesse dans les sondages.

12:52
Intervenant

Jean-Luc Mélenchon, quand je vais le voir, j'ai l'impression de ressortir plus intelligent. Vous voyez, avec Hamon, ça ne marche pas. Avec Hamon, j'ai presque envie de lui dire, non, là, tu as oublié quelque chose. Ton revenu diversel, 700 balles par mois pour tout le monde, on va tous crever avec ça.

13:08
Invité

Benoît Hamon, il a été partie prenante d'une politique gouvernementale qui s'est attaquée beaucoup au monde du travail. Et aussi, pour moi, la démocratie et qui a développé une politique sécuritaire. Donc Mélenchon n'en est pas partie prenante.

13:26
Jean-Luc Mélenchon

Et le candidat n'oublie pas de se positionner dans un livre sur ce qui est devenu un thème inévitable de la campagne, l'intégrité en politique.

13:37
Locuteur non identifié

La vertu est une ardente obligation dans l'espace public. Au moment où nos sociétés se remplissent de haine, la vertu est le lion qui nous maintiendra debout et ensemble.

13:47
Jean-Luc Mélenchon

D'après un sondage publié hier par le journal du dimanche, 44% des Français considèrent que Jean-Luc Mélenchon représente le mieux. Les idées et les valeurs de la gauche arrivent ensuite, loin derrière, Benoît Hamon, puis Emmanuel Macron.

14:05
Présentateur

Et on voyait cette expression, Roland Quairol, l'ardente obligation qui lui permet de faire un petit clin au général.

14:11
Intervenant

Absolument, même si le général ne parlait pas de ça.

14:13
Présentateur

Non, il ne parlait pas de ça. Allez, à quel candidat Jean-Luc Mélenchon pourrait-il prendre des voies pour mieux se positionner au premier tour ? Brice Tenturier.

14:20
Intervenant

Il peut continuer à en prendre à Benoît Hamon, c'est ce qu'il a fait jusqu'à maintenant, principalement. Et la fluidité qu'on notait, ce que notait Roland Quairol tout à l'heure, c'est-à-dire que les courbes se sont croisées puis recroisées, ça montre bien qu'on est presque à l'intérieur d'une même famille politique, comme au temps des primaires, où la fluidité est très grande. Et pourquoi ? Parce que le positionnement de Benoît Hamon est un positionnement relativement proche de celui de Jean-Luc Mélenchon. Donc les échanges, là, sont extrêmement puissants.

Et comme vous avez, contrairement à 2012, Benoît Hamon, qui n'est pas perçu comme étant susceptible de gagner l'élection présidentielle, ça ouvre un boulevard à Jean-Luc Mélenchon. Donc c'est cette fluidité, c'est là-dessus que Mélenchon peut d'abord prendre. Après, il recape des petits bouts. C'est très faible, mais il y en a quand même un petit peu d'électeurs du Front National. Mais principalement, ce sont des électeurs de gauche, ce sont des électeurs de Benoît Hamon.

15:08
Présentateur

Dans son interview au journal du dimanche hier, il dit qu'il est rejoint par des proches de François Fillon, qui viennent justement sur les questions de probité, etc. Donc c'est ce que vous ne voyez pas dans les sondages. Roland Quairol, sur cet aspect-là, quand vous entendez Jean-Luc Mélenchon, pardon d'y revenir, mais j'imagine que c'est un tasse de gens qui nous regardent, dire « Je passerai devant François Fillon ». Il est à combien de points derrière François ? Encore une fois, on ne fait pas la course des petits chevaux, mais on essaie de voir comment...

15:37
Intervenant

Eux, il la font forcément, oui. Il est à peu près à 2-3 points. Il y a même eu un premier sondage qu'il a mis devant François Fillon, un sondage de Scan Research, le terrain, qui n'a pas l'habitude de publier des sondages électoraux, mais qui fait beaucoup de sondages toute l'année. Donc voilà, c'est en tout cas une indication qu'ils ne sont pas bien loin. Et que, évidemment, quand on est quatrième, qu'est-ce qu'on veut ? Dépasser le troisième. Et ça n'est pas complètement exclu. Cela dit, pendant ce temps-là, Fillon, lui aussi, peut reprendre des points ailleurs. Donc ce n'est pas un match à deux, c'est un match à onze, et chacun peut ici grappiller, ici ou là.

Mais c'est vrai qu'il n'est pas bien loin.

16:19
Présentateur

Karl Meus, pendant ce reportage, tout à l'heure, on ne travaillait pas de secret, mais vous disiez que c'est important ce qu'on a entendu sur le revenu universel. Ce monsieur qui disait, ce qui est important, c'est que quand je vais à un meeting de Mélenchon, je ressors et je suis plus intelligent. Quand je vais voir Benoît Hamon, j'ai envie de lui dire, ben non, ton revenu universel, ça ne marche pas. Ça, ça a joué plutôt dans la faveur de Jean-Luc Mélenchon.

16:37
Intervenant

Oui, alors qu'au fond, à la sortie de la primaire, on s'était tous dit, et Benoît Hamon le premier, j'ai trouvé le Graal avec ce revenu universel. C'est ça qui m'a permis de gagner. Tous les débats ont tourné autour de ça. J'ai réussi à convaincre une partie de l'électorat de gauche avec des idées neuves. Et il est parti dans cette idée, je vais continuer à parler du revenu universel. Ça va être la proposition phare. Et ce que dit cet électeur, c'est très intéressant, parce que Jean-Luc Mélenchon n'a jamais adhéré à cette idée de revenu universel. Il fait beaucoup de dépenses. Il y a un moment, vous disiez, certains électeurs de Fillon peuvent être tentés par Jean-Luc Mélenchon.

Il faut juste leur donner le programme.

17:15
Invité

C'est lui qui le dit, c'est Jean-Luc Mélenchon.

17:18
Intervenant

Il y a des oiseaux qui volent, il y a des poissons qui volent, mais ce n'est pas la majorité de l'espèce. Donc là, c'est pareil, il suffit de donner le programme de Jean-Luc Mélenchon. La retraite à 60 ans, maintien des 35 heures, un taux à 90% pour l'impôt sur le revenu. Je pense que ces électeurs-là de droite vont revenir facilement. Mais ce qui est intéressant, c'est de voir qu'une partie de l'électorat de gauche, qui était séduite par Jean-Luc Mélenchon, n'a pas du tout adhéré à cette idée du revenu universel. Mais pourquoi ? Comme il dit, 700 euros par personne, ça va coûter une fortune. Les 130 milliards du coût total du revenu universel.

Alors on le sait que depuis, Benoît Hamon a découpé son revenu universel, c'est devenu un revenu décent pour les jeunes. Ça faisait un coût quand même de 35 milliards d'euros. Il y a un moment, les gens se posent des questions assez basiques, et de dire très bien, ça va coûter dans un milliard, mais vous les trouvez où ?

18:13
Invité

Je crois qu'il y a aussi un débat d'ailleurs qui a agité la gauche, c'est la valeur travail. Quel prix vous attribuez au travail ? Est-ce que vous pensez que c'est la valeur qui va intégrer à la société ? Est-ce que le travail est le facteur intégration de la société ? Où est-ce que c'est ? Finalement, et on voit bien, les Verts ont constamment été sur cette thématique-là. Mélenchon, lui, il est plutôt dans la gauche traditionnelle en disant « je défends la gauche syndicale qui a toujours défendu le travail ». Et donc je pense que là, il y a une coupure entre les deux. Ceux-ci dit, se sont quand même beaucoup rapprochés, notamment sur l'écologie, Mélenchon et Hamon.

Et moi, je pense que ce qui se joue en ce moment, c'est qui prend la tête de la gauche contestatrice, radicale, et que là, on a l'impression que c'est Mélenchon qui est en train de plier le match par rapport à Hamon. Après, le problème, c'est qu'on voit bien que du coup, comme il y a une dynamique Mélenchon, Mélenchon dit « je peux gouverner ». Et est-ce qu'il peut crédibiliser suffisamment son projet de rupture révolutionnaire pour dire « c'est un projet de gouvernement » ? Je pense que c'est là qu'il risque de plafonner à un moment, parce que c'est quand même un projet de rupture assez violent, ce qu'il propose.

19:23
Intervenant

Roland Carole. Oui, ce débat sur revenu universel ou pas, etc., c'est un débat assez fondamental, parce qu'il renvoie, comme vous l'avez cité le sondage du journal du dimanche, aux valeurs de la gauche. La valeur principale de la gauche sur le social, c'est la justice sociale. C'est la redistribution des revenus. Alors que le principe du revenu universel, c'est que tout le monde a droit à une aide identique. C'est donc tellement nouveau que la gauche n'en a jamais voulu pour cette raison-là, parce que c'est tourner le dos à l'idée d'une redistribution de justice sociale. C'est la raison pour laquelle la CGT ou la FO sont très contre cette idée de revenu universel.

Et donc Mélenchon, il représente de ce point de vue la gauche la plus classique, la gauche sociale, la gauche syndicale, qui ne veut pas entendre parler d'un truc qui ne peut être admis que par les bobos. C'est en tout cas ce qu'ils disent tout le temps. Et de ce point de vue, Hamon, je pense, s'est trompé de campagne. Il a fait sa campagne des primaires très bien. C'était l'idée nouvelle. Ça a bien séduit. Persone a beaucoup réfléchi, d'ailleurs. C'était juste l'idée plus qu'autre chose. Et puis ils sont devenus, c'est du réalité, de ce que pensent les électeurs de gauche.

Les électeurs de gauche, ils sont restés de ce point de vue, beaucoup plus gauche classique, que Benoît Hamon, il aurait dû, après les primaires, faire une campagne, essayant de rassembler les socialistes. Il ne les a même pas, il ne leur a même pas donné rendez-vous. Il est allé voir les écolos, et il a essayé désespérément d'aller voir Jean-Luc, Jean-Luc, Jean-Luc, aide-moi.

21:02
Présentateur

Oui, avec le succès qu'on sait.

21:03
Intervenant

Et bien voilà, c'est donc terrible. Et puis ça correspond bien en même temps à deux types de personnages. Quand vous voyez Benoît Hamon, vous avez le sentiment de voir un étudiant monter en graine. Il a gardé le côté jeune. Alors que Mélenchon, c'est un prof. Si vous allez dans un meeting ou si vous le regardez à la télé, il a plein de notes, dont il se sépare, il va sur le devant de la scène et il fait cours. Et il donne un cours avec des exemples, des chiffres, des citations.

21:30
Présentateur

Et les gens adorent ça. Mais oui, parce que nous, on nous avait expliqué, on s'était dit les uns et les autres, ce sera la présidentielle du renouveau. Il fallait du renouveau, il fallait de la jeunesse, il fallait casser les codes. Et là, il nous dit, il nous dit, je suis maintenant une figure rassurante. Est-ce qu'il rassure les Français, Jean-Luc Mélenchon ?

21:50
Intervenant

Alors, une fois qu'on a dit qu'aucun candidat à l'élection présidentielle ne rassure les Français. Il faut quand même l'avoir à l'esprit, qu'ils ont tous un pourcentage supérieur d'inquiétude dans ce qu'il génère que de réassurance. Malgré tout, Jean-Luc Mélenchon, sur une partie de l'espace politique et à gauche, oui, il rassure parce qu'il donne le sentiment d'être solide, d'être authentique, de maîtriser ses thèmes, de ne pas avoir changé de thème, ce qui est important. Il y a eu un moment en 2012 où il fallait qu'il apparaisse dans le système, qu'il s'impose. Ce moment, il est passé, il est dans le paysage.

Donc maintenant, il fait campagne de manière beaucoup plus apaisée et avec des thèmes. Ce que les Français en général, et ceux de gauche aussi, nous disent dans les enquêtes, ce n'est pas qu'ils ne veulent plus de travail, c'est qu'ils considèrent que le travail est dévalorisé parce qu'il n'est pas assez payé ou parce qu'il est trop précarisé. Donc il ne demande pas un revenu universel pour se substituer la question du travail ou même l'accompagner. Il demande beaucoup plus, ce que Jean-Luc Mélenchon propose d'ailleurs et quelques autres, beaucoup plus qu'on valorise davantage le travail en le payant mieux, ce qui n'est pas du tout la même chose.

Puis l'autre point que je crois très important, c'est que le véritable concurrent de Benoît Hamon, c'est Jean-Luc Mélenchon. Or Benoît Hamon n'a pas critiqué, Jean-Luc Mélenchon critique beaucoup Emmanuel Macron, mais il a fait comme si, en termes de choix de concurrent, finalement, il pouvait s'entendre avec Jean-Luc Mélenchon et c'est Jean-Luc Mélenchon qui l'a roulé dans la farine. Pardonnez-moi l'expression, mais on a bien le sentiment que là, il y avait un vieux matou qui a bien compris comment ça allait fonctionner, qui sur les thèmes et sur la posture a fait les bons choix et du coup, on a aujourd'hui ce jeu de substitution.

Alors que sur certains thèmes, il aurait pu y avoir une vraie controverse entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, une vraie critique de l'un par rapport à l'autre. Il n'a pas voulu le jouer, Benoît Hamon, et bien, je crois qu'il en fait les frais aujourd'hui.

23:35
Présentateur

Et Carl Mayut ?

23:36
Intervenant

Oui, ils ont passé un accord de non-agression, mais il s'est retourné contre Benoît Hamon. Dans ces cas-là, il vaut mieux être le fort. Quand on dit, je comprends que Jean-Luc Mélenchon dise qu'aujourd'hui, il est une figure rassurante. Oui. Il faut quand même voir maintenant, dans le fond, il y a le programme, on l'a rappelé tout à l'heure, il veut la sixième semaine de congé payé, le retour à 60 ans.

23:55
Présentateur

Voilà, ce sont des choses financièrement,

23:57
Intervenant

le retour à 60 ans, ça coûte cher. Mais ça, ça peut rassurer les électeurs classiques qui veulent tout ça. Oui, ça peut inquiéter tous ceux qui veulent payer la paix. C'est pour ça qu'il ne sera pas président. Et le deuxième aspect, c'est quand il parle de constituante et de sixième république, là, on plonge dans l'aventure totale. D'abord parce que...

24:17
Présentateur

Alors précisez là-dessus, parce que ça, c'est un des axes majeurs de sa campagne. S'il y a un thème qui est ressorti de cette campagne de 2017, c'est cette idée du débat, c'est cette idée de constituante et de réforme des instituts.

24:28
Intervenant

Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat à la présentielle qui ne veut pas rester présent dans la République. Je résume, je caricature un peu. S'il est élu, il convoque une constituante. Ce n'est absolument pas prévu par la Constitution. Donc on ne sait pas, il ne nous a pas expliqué comment il faisait. Bon, on imagine que c'est l'élection législative qui se transformera en constituante. Et là, il dit, cette constituante va établir une nouvelle constitution et ensuite, il la laisse appliquer, la constitution. Lui, il s'en va. Donc vous allez... En fait, il dit aux Français, vous votez pour moi pour changer de république et ensuite, ça se fera sans moi.

C'est en ça où, à mon avis, ce n'est pas rassurant et où il peut avoir un plan contre à 16-17 parce que, pour le coup, c'est l'aventure totale.

25:08
Présentateur

Alors, c'est intéressant ce que vous êtes en train de dire parce que, sur le programme, vous avez expliqué les uns les autres qu'il n'y avait pas de quoi rassembler. C'est segmentant, comme disent les gens du marketing. mais, malgré tout, il y a des gens qui ne sont pas issus forcément du premier cercle de la France insoumise qui sont séduits par le personnage, par la dynamique, par l'histoire. Est-ce que ça suffit, François Spressoz, d'être un tribun, d'emballer les foules, de faire le prof, comme disait tout à l'heure Roland Quairol, pour créer une petite histoire dans cette présidentielle ? Je pense qu'il a

25:40
Invité

complètement compris que les partis étaient un peu dépassés et que, maintenant, c'était le rapport au peuple qui comptait. Il est très comme Marine Le Pen, là-dessus. Alors, je sais qu'il déteste quand on fait des comparaisons Marine Le Pen-Mélenchon, mais ils ont quand même le même ressort de dire le peuple, c'est moi, je parle au nom du peuple. Et donc, c'est pour ça qu'il a tellement mis en avance la 6e République, la Constituante, c'est-à-dire le peuple va prendre le pouvoir. Et d'une certaine façon, il est très dans 1789. C'est on n'en peut plus, l'abolition des privilèges, les riches doivent payer et on fait une Constituante.

Sauf qu'après, moi, je partage l'avis de Karl Méhuz, c'est l'aventure. Parce qu'après la Constituante, vous avez la terreur, vous avez tout ce que vous voulez, mais quand vous mettez le doigt dans le processus révolutionnaire, vous ne savez pas où ça se fait.

26:23
Présentateur

On pourrait vous rétorquer qu'Emmanuel Macron, c'est l'aventure aussi avec une recomposition des majorités.

26:28
Invité

Il a perçu le fait qu'il ne faisait plus campagne avec le Front de Gauche, avec les communistes. Dans le cas de partisans, c'est Mélenchon et le peuple. Et là, il a capté cette espèce d'exaspération d'une partie des Français sur le système. Après, comment est-ce qu'il arrive à casser le plafond de verre et à rassurer ? Il commence à dire « Mais si, je peux gouverner et tout, mais il n'y a pas que la Constituante, il y a aussi l'Europe. » C'est-à-dire qu'il a un plan A, un plan B. Le plan A, c'est « Je renégocie les traités. Si ça ne marche pas, je sors de l'Europe avec d'autres alliés, on ne sait pas lesquels.

» Donc, il y a tout un projet assez aventureux et je ne sais pas comment il va arriver à essayer de rassurer sur cette espèce de projet qui est quand même une rupture totale avec ce qu'on connaît aujourd'hui.

27:11
Présentateur

Sans lâcher avec la France insoumise et avec ceux qui l'ont soutenu. C'est ça l'équation difficile pour passer de 15 à 18, 19 ? Est-ce que c'est ça son sujet ?

27:21
Intervenant

L'équation difficile, c'est qu'aujourd'hui, il a pris sur d'autres forces au sein de l'espace des gauches. Souvenez-vous, en 1995, on avait une Arlette Laguillet à 5 %, on avait un Olivier Besancenot à 5 %. Aujourd'hui, ils sont entre 0,5 et 1 % cette extrême gauche-là. Donc, il a su fédérer cet espace-là. Il a su fédérer un espace d'UPS déçu par le quinquennat. Quand vous additionnez ensuite cet ensemble-là, il est relativement stable depuis le début. Donc, c'est à l'intérieur. On est à 25, 26, 27 %. Donc, c'est à l'intérieur de cet espace-là qu'il prend beaucoup. Et du coup, ça indique aussi une limite.

C'est-à-dire qu'il peut prendre à l'intérieur de cet espace le vrai rendez-vous pour Jean-Luc Mélenchon, c'est d'aller au-delà de l'espace naturel des gauches qui sont dans ce positionnement. Et là, c'est difficile parce que là, effectivement, son projet, son programme, il a quand même du mal à convaincre sur le fond, sur des aspects économiques, sur des aspects politiques, sur des aspects de constitution. Donc, il capitalise beaucoup sur sa personnalité, sur l'authenticité, sur ce qui est tout à fait différent de 2012, sur la sympathie qu'il est capable aujourd'hui de générer. Mais il y a une limite quand même à cette expansion, je crois, qui renvoie aux enjeux programmatiques.

28:28
Présentateur

Il y a un plafond de verre, Roland Quairolles, c'est comme ça que ça s'appelle.

28:30
Intervenant

Non ? Et puis, il est beaucoup plus bas que pour beaucoup d'autres.

28:33
Présentateur

Il est à combien ?

28:36
Intervenant

18 ?

28:37
Présentateur

D'accord. 20 ? Maximum. D'accord.

28:40
Intervenant

Mais ce que je veux dire, c'est qu'on aurait tort de prendre le programme de Jean-Luc Mélenchon comme un programme de gouvernement. Et le disséquer, ce n'est pas un programme de gouvernement. C'est un problème pour réveiller les vieilles valeurs de la gauche et leur en ajouter des écologistes. c'est quelque chose pour rassembler à gauche du Parti Socialiste le maximum de gens sur des choses qui leur fassent plaisir et qui leur donnent envie d'en être. Si on commence à dire combien de milliards, combien de milliards, mais ce n'est pas son problème réellement.

Il est bien forcé de se prêter au jeu puisque les journalistes désormais ne peuvent plus entendre une mesure sans dire combien ça coûte. Donc ils sont bien forcés de répondre. Mais ce n'est pas le problème. Le problème, c'est de réveiller des sentiments, des envies chez des électeurs qui disent lui au moins il y va. Et c'est lui, ce n'est pas les partis. Il n'y a plus un seul drapeau rouge dans ces meetings. Il a interdit aux communistes qui pendant ce temps-là font les tracts. Parce que c'est lui le candidat. Il ne veut pas être un allié des partis politiques, même celui qui fait sa campagne. Les communistes ils n'arrêtent pas de bosser. Ils font des affaires.

Ils collent, ils tractent, ils machin... Et il leur a dit venez bien sûr applaudissez-moi mais vous n'avez pas le droit d'apparaître avec vos drapeaux et avec le nom du parti. Ça donne une campagne complètement différente de celle qu'on lui avait déjà connue. Il a pris sa liberté et il l'a pris par rapport à toute la gauche. Il parle à l'électorat.

30:06
Présentateur

Alors c'est par toute petite touche que Jean-Luc Mélenchon a adouci et on l'a bien compris depuis le début de cette émission les contours de son image. Quelques confidences dans la presse féminine sur son régime au quinoa, une participation à l'émission Ambition intime, une rondeur nouvelle avec les journalistes. En 2017, le candidat de la France insoumise a une ambition nouvelle rassemblée au-delà de son camp pour faire mieux que ses 11% en 2012. Sur le fond aussi, il a changé parfois quelques lignes de son programme mais les fondamentaux restent les mêmes. Thomas Jarion, Michael Spitzberg détaillent cette métamorphose.

30:42
Intervenant

Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas. Celui de notre temps, de notre époque, c'est l'heure des caractères et cette salle est remplie de mauvaises têtes. Voilà ce qu'est le parti de gauche. Un tribun, un cogneur qui veut ressusciter l'extrême gauche. En 2012, les Français apprennent à connaître le style et le ton de Jean-Luc Mélenchon, passé maître dans l'art des petites phrases. Lui qui qualifiait François Hollande de capitaine de pédalo et Marine Le Pen de semi-démente.

Aujourd'hui, il est impossible de faire de la politique sans petite phrase parce que dès qu'une phrase dépasse sujet, verbe, complément, le journaliste repose la question une deuxième fois pour avoir un format plus court. Par conséquent, il faut parler au niveau auquel on est interrogé. Sa stratégie anti-média, anti-système est alors payante dans les sondages. Il y a 5 ans, il est monté jusqu'à 16% d'intention de vote à quelques jours du premier tour. Finalement, déception dans les urnes, il tombe à 11,1%. En 2017, l'ascension est la même alors pour ne pas connaître la même désillusion, Jean-Luc Mélenchon tente de donner une autre image de lui.

En une du JDD, il se décrit comme une figure rassurante, comme un homme moins impétueux. Peut-être qu'avec les années, il y a aussi une certaine sagesse qui prend le pas. Il y a aussi plus d'humour, vous remarquerez. C'est ce qu'a toujours été Jean-Luc en privé, d'ailleurs, soit dit en passant. Mais simplement, cette fois-ci, il utilise... Vous savez, nous, on utilise toujours les moyens pour être les plus efficaces et mieux se faire entendre. Et manifestement, dans la période, c'est ce moyen-là qu'il faut utiliser. Et je vous le répète, Jean-Luc Mélenchon, comme nous tous, nous sommes aussi le reflet de la société dans laquelle nous vivons.

et on ne fait pas la même campagne quand il y a eu le Bataclan, quand il y a eu Nice, quand il y a eu Charlie. Voilà, c'est aussi des périodes qui commandent d'être autrement. Jean-Luc Mélenchon apaisé et cela se voit sur ses affiches de campagne. Le rouge et le visage fermés en 2012, le ciel bleu et un léger sourire en 2017. L'homme dit avoir mûri, comme son programme. Il y a 5 ans, l'union de l'extrême-gauche était nouvelle et fragile. Jean-Luc Mélenchon

32:49
Jean-Luc Mélenchon

a dû faire des concessions, notamment sur les questions écologiques.

32:52
Locuteur non identifié

En 2012, sur la question du nucléaire, il y avait des désaccords avec les partenaires, je pense notamment les débats avec le Parti communiste qui d'ailleurs évolue en interne. Là, on assume, il faut sortir du nucléaire.

33:04
Intervenant

Mais sa ligne directrice n'a pas changé. Il continue d'appeler à une sixième république et il se pose toujours en adversaire de la finance. Aujourd'hui, contre les bénéfices grandissants des actionnaires, il y a 5 ans, contre le pouvoir des agences de notation. « Cela ne se fera pas. Nous chasserons ces agences et les petits prétentieux qui l'occupent. »

33:24
Auditeur

« La guerre est déclarée ? »

33:26
Intervenant

« C'est ceux qui ont déclaré la guerre au pays et ça va chauffer pour eux, oui. Ici et ailleurs dans le pays, vous le verrez. » Et puis il y a sa marque de fabrique, elle aussi inchangée. Les grands meetings en plein air devant des dizaines de milliers de personnes. Place de la Bastille en 2012. « Nous voici de retour le peuple des révolutions et des rébellions en France. » Place de la République en mars dernier.

33:53
Locuteur non identifié

« Il y a besoin

33:58
Intervenant

de sentir notre force. Elle est notre liberté. Elle est le feu qui brûle en nous et ne s'atteindra jamais. » C'est sur Internet que sa stratégie pour mobiliser les citoyens s'est renforcée. En 2012, il lançait une web-série dont le titre semble avoir fait des émules. Des reportages sur la campagne qui rassemblent 60 000 internautes en moyenne. Cinq ans plus tard, le style est plus direct. Jean-Luc Mélenchon est devenu un youtubeur. « Alors ce sera le 19e épisode. On a encore gagné des abonnés. On est super contents parce que ça donne de l'énergie. » Le choix est payant. La France Insoumise compte plus de 200 000 abonnés.

34:43
Jean-Luc Mélenchon

C'est la chaîne politique

34:43
Intervenant

numéro un en France.

34:46
Présentateur

Et nous reprenons notre discussion avec cette question. Jean-Luc Mélenchon peut-il connaître le même sort qu'en 2012 une campagne haletante et un score décevant ? Roland Quairol.

34:55
Intervenant

« Tout peut arriver. Tout peut arriver. Il peut tout à coup se mettre à décevoir cela même qu'il avait enthousiasmé. Cela dit, à mon avis, il a beaucoup appris. Le changement de personnage est réel. la boutonnière est repassée du rouge au bleu. Et tout va avec. Et je pense que maintenant, il contrôle beaucoup mieux son discours. Donc l'idée qu'il se crache au milieu d'un saut de l'ange me paraît tout de même un risque beaucoup plus limité parce qu'il avait terminé sa campagne de façon tonitruante et politiquement exagérée en 2012. Vous vous rappelez Marseille, les propos sur l'immigration qui avait changé.

Il avait montré en quoi, c'était d'ailleurs plein de bonne volonté, en quoi l'immigration était une chance pour la France. À un moment où il y avait aussi des gens de son propre électorat qui disaient certes, mais ils pourraient en même temps nous parler de la politique de l'Imma. Donc il avait fait une campagne extrêmement tonitruante, assez dure contre les autres et en même temps politiquement risqué. Je pense qu'il est en train de faire le contraire. Il est en train de comprendre que son côté « je suis moins impétueux » dire ça de soi-même c'est quand même très rigolo, non ? Il vante la marchandise.

Je crois qu'il a décidé de l'être jusqu'au bout et je pense que de ce point de vue il prend moins de risques.

36:19
Présentateur

Brice Saint-Turier.

36:20
Intervenant

Il y a aussi une très grande différence c'est qu'en 2011 il était dans le fracas le bruit et la fureur parce qu'il rentrait dans le système. Donc il devait se tailler sa part. Aujourd'hui il est devenu un personnage il y a une certaine familiarité donc il n'a plus besoin d'avoir recours à ce type d'aspérité. Et puis l'énorme différence qui le protège un peu par rapport à 2011 une retombée brutale c'est qu'il y avait un candidat François Hollande à l'époque qui pouvait l'emporter et un vote utile qui faisait que la gauche avait voté pour François Hollande. Là ce n'est pas le cas.

Et donc on voit mal pourquoi tout à coup les électeurs qui aujourd'hui sont sur Jean-Luc Mélenchon repartiraient brutalement et fortement par exemple sur Benoît Hamon. Donc il est dans une position à la fois personnelle et politique je crois beaucoup plus solide qu'en 2011. Je ne sais pas s'il finira à 15 à 16 à 17 mais en tous les cas l'idée qu'il retombe comme ça de 3 ou 4 points je ne vois vraiment pas pourquoi il est au contraire dans quelque chose d'assez solidement planté maintenant.

37:14
Présentateur

Le vote utile à gauche c'est le vote Jean-Luc Mélenchon ?

37:17
Intervenant

Oui à l'inverse de 2012 où les deux éléments qui ont marqué la décrue pour cette partie de la gauche pour cette partie de la gauche ça veut dire que même la plus petite partie parce que plus de 50% des électeurs socialistes de 2012 votent déjà Macron.

Oui mais ça c'est la limite de l'expansion de Jean-Luc Mélenchon mais c'est aussi le vote utile par rapport à Benoît Hamon ce qui lui assure une relative robustesse et même par rapport à Benoît Hamon la différence par rapport à 2012 c'est que François Hollande il y a deux éléments qui marquent la chute de Mélenchon c'est le meeting de Marseille quand il dit contrairement à ce que veut son électorat qu'il accueille à bras ouverts les immigrés et là une partie de l'électorat ouvrier s'en va chez Marine Le Pen et c'est qu'il a un François Hollande qui regarde attentivement les courbes des sondages et quand il voit que Jean-Luc Mélenchon commence à le talonner il sort les 75% la taxe à 75% sur TF1 et là il reprend mais pourquoi il peut le faire ?

parce qu'il a solidifié son électorat de centre-gauche par son positionnement parce qu'il est lui-même et parce que comme le rappelait Bristin Turi il peut gagner Benoît Hamon il ne peut pas aujourd'hui sortir une mesure plus à gauche que ce qu'il ne fait déjà parce qu'il est déjà sur un positionnement très à gauche donc il ne gagnerait rien là-dessus

38:35
Présentateur

quel est l'adversaire principal pardonnez-moi vous vouliez intervenir vous allez pouvoir donner votre réponse François François François on se souvient c'est intéressant de revoir ces images il avait des mots très durs contre le Front National en 2012 et cette fois-ci alors il continue de cibler le Front National est-ce que ce sont juste les mots qui ont changé

38:52
Invité

ou la stratégie ?

je pense que ce qui s'est passé en 2012 sa très forte désillusion c'est qu'il pensait vraiment être en concurrence frontale avec Marine Le Pen il pensait très sincèrement récupérer l'électorat de Marine Le Pen avec son grand discours de Marseille d'ouverture et il s'est rendu compte après l'élection qu'au fond il l'avait au contraire perdue et qu'elle elle avait réussi à cristalliser à la fois si vous voulez une révolte sociale et un refus de l'immigration et que cette cristallisation servait Marine Le Pen dans cette campagne-là on voit bien que si son vrai succès ce serait de récupérer l'électorat le péniste là il joue sur l'électorat Hamon mais le vrai succès pour lui et ce qui lui ouvrirait sans doute un boulevard c'est de récupérer une grande partie de l'électorat de Marine Le Pen et ça reste difficile quand on voit peut-être que Bristin Thurier donnera plus de détails mais quand vous regardez l'électorat ouvrier-employé elle domine quand même très nettement par rapport à Mélenchon et là ça reste quand même aussi un frein à son expansion

39:52
Présentateur

Qui sont les électeurs tiens de Jean-Luc Mélenchon il n'y a pas forcément de profil type mais l'électorat populaire nous disait François Spresso ils ne sont pas chez lui ils sont chez Marine Le Pen

40:02
Intervenant

sociologiquement l'électorat de Jean-Luc Mélenchon sont principalement des employés des professions intermédiaires c'est-à-dire l'électorat classique plutôt du parti socialiste ou d'une partie du parti socialiste et l'électorat populaire il est parti dans l'abstention ou chez Marine Le Pen depuis longtemps la domination de Marine Le Pen sur les ouvriers par rapport à Jean-Luc Mélenchon elle est massive elle n'est pas simplement devant lui elle est massivement devant lui sur l'électorat très populaire donc il est sur une autre catégorie d'électeurs qu'il séduit alors là pour le coup oui mais il n'a jamais réellement reconquis l'électorat populaire

40:35
Présentateur

alors ce qui est étonnant c'est qu'on a l'impression qu'en ce moment ça arrive parfois dans une campagne présidente tout passe tout glisse y compris par exemple certaines révélations sur son patrimoine on sait que dans une période où les gens sont un petit peu crispés sur le sujet c'est passé assez tranquillement le patrimoine de Jean-Luc Mélenchon alors là il sort un livre qui s'appelle De la vertu où il insiste sur la nécessité justement de défendre des valeurs de probité dans la manière de faire de la politique le moment Mélenchon c'est aussi un moment très tranquille pour lui à la veille d'un débat c'est intéressant

41:06
Intervenant

il est celui qui a le plus de patrimoine des 11 candidats qui lui dit qui lui crue qui lui crue et bien c'est lui et puis alors il a une façon de l'expliquer qui est assez tranquille qui est qu'est-ce que vous voulez moi j'ai accumulé donc j'ai gagné ma vie et bien il a été pendant très longtemps un élu important de la république il a pu mettre de côté et il a mis de côté comment font les gens qui dans les classes moyennes mettent de côté en achetant de la pierre donc il est propriétaire de son appartement il est propriétaire de sa résidence secondaire ça en fait comme ça doit pas être mal en plus il a choisi et il assume et qu'est-ce que vous voulez qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse d'autre mais c'est la réalité cela dit il n'a en effet pas de placement pas d'action vous me direz aucun candidat c'est assez ahurissant de tous ces gens qui chantent l'entreprise et qui préfèrent quand même compter sur la pierre mais c'est vrai que tout ça est passé comme une lettre à la poste

41:57
Présentateur

Brice-Saint-Térier parce qu'il n'y a pas eu

42:00
Intervenant

non plus de rupture fondamentale par rapport à ça il ne donne pas le sentiment même s'il a accumulé un patrimoine immobilier d'être un homme d'argent d'être un homme attiré par l'argent donc on note oui les français notent qu'il a ce patrimoine mais ça glisse ce n'est pas un enjeu pourquoi il y a ce moment vous l'avez rappelé aussi c'est qu'il n'est pas attaqué par ses concurrents

42:21
Locuteur non identifié

par personne

42:21
Intervenant

celui qui devrait l'attaquer c'est Benoît Hamon mais ils ont passé un pacte de non-agression on l'a rappelé il a passé tout le début de la campagne a essayé de trouver un accord et faute d'accord dire au moins on ne s'attaque pas oui mais on ne s'attaque pas mais quand les électeurs partent chez Mélenchon Marine Le Pen n'a aucun intérêt à l'attaquer elle est en tête dans les sondages ou en deuxième position ce n'est pas son sujet Emmanuel Macron évidemment non plus François Fillon ce n'est pas son problème ça pourrait l'être dans la mesure où finalement François Fillon il voudrait mieux que Benoît Hamon soit devant Jean-Luc Mélenchon parce qu'à ce moment-là ça créait des problèmes pour Emmanuel Macron enfin le sujet n'étant pas là voilà personne ne l'attaque aujourd'hui peut-être les petits candidats demain mais bon ça sera déjà trop tard le deuxième élément c'est que je pense Jean-Luc Mélenchon est apparu comme au fond le plus anti-système des candidats qui se réclamaient comme anti-système parce que lui d'abord il a créé sa chaîne YouTube son contact direct avec les électeurs pour parler à ses électeurs il ne s'adresse pas comme font les autres par notre intermédiaire non il l'est directement sur sa chaîne il a ses réseaux et ça ça marche et le deuxième élément c'est qu'il a torpillé le débat de France 2 c'est lui le premier qui a dit bon enfin ce débat ça ne m'intéresse pas je n'ai pas envie d'y aller je préfère autre chose je préfère faire mes meetings et donc de nouveau m'adresser directement aux électeurs plutôt que de passer par le système médiatique

43:40
Présentateur

justement pourquoi est-ce qu'il refuse ce débat Françoise Presseau il prend un risque réellement on vient d'expliquer qu'il est attaqué par personne

43:48
Invité

c'est quand même une innovation un débat à 11 on ne sait pas ce que ça peut donner et j'ai l'impression qu'ils ont le sentiment que s'ils se plantent ils n'ont pas le temps après de récupérer ou de voilà donc il y a une sorte d'angoisse à la fin en se disant finalement et je pense qu'il y a aussi le raisonnement de Mélenchon qui se dit qu'est-ce qui me profite le plus finalement je préfère faire un meeting qu'aller à ce débat

44:09
Présentateur

faire un meeting ou parler sur sa chaîne YouTube

44:11
Intervenant

il fait peut-être plaisir aux autres candidats parce qu'il leur rend service parce qu'ils n'avaient peut-être pas les uns et les autres réalisé que c'était juste avant le premier tour et du coup quand il a mis en avant le problème de la date je pense qu'il y en a 4 ou 5 qui se sont dit il n'a pas tort

44:25
Présentateur

et on rappelle que ce fameux débat est prévu le 20 avril et que le premier tour de la présidentielle est le 23 avril alors vous évoquiez à l'instant son initiative sur les réseaux sociaux et souvent sur ce plateau Brice Saint-Toyer on dit tiens est-ce que le clic c'est aussi du vote on le saura bientôt en tout cas Jean-Luc Mélenchon a vraiment l'intention de séduire d'aller chercher les jeunes tous ceux qui hésitent à voter comme il le dit les abstentionnistes alors on les appelle les primo-votants ils représentent environ 3 millions de nouveaux électeurs soit 7% de l'ensemble du corps électoral naturellement ils sont courtisés pas seulement par Jean-Luc Mélenchon mais par tous les candidats aujourd'hui si l'on en croit les sondages ils se tournent ces jeunes-là en priorité vers Marine Le Pen ça n'a pas toujours été le cas Léa Barako Alexandre Moncaillot Dans les années 80 il est l'idole des jeunes français du moins en politique Georges Marchais secrétaire général du parti communiste

45:28
Auditeur

en 1981 24% des moins de 25 ans ont voté pour lui au premier tour de l'élection présidentielle alors pas besoin d'en rajouter

45:37
Présentateur

pas comme ses adversaires dit-il qui tentent de séduire cet électorat très prisé

45:44
Locuteur non identifié

Le président de la république connaît le verlan Jacques Lang s'habille sans cravate

45:51
Intervenant

à l'époque

46:10
Locuteur non identifié

un jeune qui vote Le Pen ce n'est pas fréquent 35 ans plus tard changement radical selon un récent sondage c'est le Front National que les 18-24 ans préfèrent 29% d'entre eux pourraient voter FN le 23 avril prochain

46:29
Auditeur

comme Océane 18 ans

46:32
Locuteur non identifié

c'est son premier meeting

46:35
Auditeur

Marine Le Pen pour moi c'est la candidate qui se rapproche le plus des attentes et des préoccupations des français c'est la candidate du peuple et voilà je sais d'emblée que je vais voter pour elle donc pour moi c'était me conforter dans mon fait que de venir ici aujourd'hui Océane fait partie des 3 millions de jeunes qui vont voter pour la première fois dans 3 semaines c'est une primo votante comme on les appelle son choix elle l'affiche même fièrement ça y est vous êtes équipé là ? oui c'est bon super ce vote ne plaît pas beaucoup à ses parents mais peu importe les têtes d'affiches du parti elles comme le maire des Nimbomont

47:19
Locuteur non identifié

Steve Briouat chouchoutent ses précieux électeurs

47:23
Présentateur

malheureusement dans ma famille je pense que je serai la seule à voter Marine mais voilà

47:28
Intervenant

vous êtes une précurseur oui voilà

47:29
Présentateur

c'est ça oui exactement vous pouvez voter l'exacte

47:31
Intervenant

il y a des jeunes et moi à mon époque j'étais déjà ça à l'époque quand j'étais primo votant j'étais j'ai voté pour le Front National alors que mes parents étaient plutôt de gauche et maintenant ils votent Front National il y a 20 ans en arrière lorsque l'on s'engageait pour le Front National c'était assez difficile beaucoup de jeunes de mon époque étaient engagés contre le Front National ça a changé parce que c'est la tête du Front National a changé aussi avant c'était Jean-Marie Le Pen donc il y avait plus peut-être de prise pour avoir des appréhensions par contre avec Marine c'est une femme jeune dynamique et beaucoup de jeunes peuvent s'identifier en elle

48:13
Locuteur non identifié

à Bordeaux justement pour l'universitaire de 89 000 étudiants Marine Le Pen cible la nouvelle génération

48:24
Invité

leur liberté d'expression de décision se limite-t-elle à des commentaires sur la grande voie démocratique de la jeunesse sur leur avenir

48:42
Présentateur

à la tribune la candidate du Front fustige l'immigration dont les jeunes français dit-elle sont les premières victimes

48:52
Locuteur non identifié

elle promet des aides pour le permis de conduire ou encore le logement étudiant

48:58
Auditeur

c'est vrai que durant son meeting elle a beaucoup parlé des jeunes avec ce qu'elle veut faire notamment pour les jeunes qui ont des idées des brillantes idées des choix d'avenir quand elle veut aussi qu'on ne soit pas contraint de quitter notre pays que ce soit pour aller étudier ou pour travailler après aussi par rapport à l'emploi quand elle veut enlever les charges pour les entreprises qui embauchent les moins de 21 ans ça me touche directement donc ça m'a convaincue aussi voilà tout ce qu'elle a dit durant son discours c'est ce que je pensais déjà d'elle et ça m'a confortée dans mon choix

49:28
Présentateur

un FN qui attire même si chez les 18-25 ans le premier parti reste celui de l'abstention elle pourrait atteindre chez les jeunes plus de 50% Bristan Thurier

49:46
Intervenant

oui le fait que les jeunes soient abstentionnés ça c'est une vieille loi qui ne se dément pas mais ce qui se passe chez les primo-votants qui est un échantillon important de la population que nous suivons dans la grande enquête vous savez électorale qu'on fait avec le Cévipof c'est que justement ils votent ceux qui vont donc aller voter plus que la moyenne pour Marine Le Pen et également plus que la moyenne et encore plus pour Jean-Luc Mélenchon c'est à dire que l'écart entre les français qui votent pour Mélenchon et les primo-votants qui votent pour Mélenchon est de 4 points environ il est de 2 points par exemple pour Marine Le Pen donc on voit bien

50:19
Présentateur

et ça raconte quoi ça ?

50:20
Intervenant

et bien ça nous raconte que ces 18-24 ans et ces primo-votants sont encore plus attirés par ceux qui contestent le système et qui leur parlent différemment que ceux qui sont à l'intérieur du système et d'un certain point de vue Emmanuel Macron ne draine pas ces électorats-là c'est Marine Le Pen prioritairement et Jean-Luc Mélenchon de manière plus récente et ça c'est intéressant on s'interrogeait sur sa dynamique il est un des rares qui aujourd'hui commence à attirer les 18-24 ans c'est une force c'est peut-être une faiblesse aussi parce qu'encore faut-il qu'ils aillent vraiment voter jusqu'au bout mais incontestablement il arrive à drainer quelque chose dans la jeunesse dans une partie de la jeunesse de ce pays Roland Quairol oui il faut limiter l'importance de tout ça ils ne sont pas très nombreux les 18-24 ans

51:05
Présentateur

7% de l'ensemble du corps électoral c'est ça

51:07
Intervenant

et la plupart ne vont pas aller voter mais c'est sur ceux qui vont voter oui sur ceux qui vont voter j'entends bien mais ça fait très peu de gens quand même et ça fait des écarts pas énormes quand on dit 2 points par rapport à la moyenne 4 points par rapport à la moyenne c'est pas des univers

51:23
Présentateur

ils ne sont pas à part de l'ensemble du corps électoral c'est ça que vous voulez nous dire

51:26
Intervenant

ils sont un peu plus comme ça et je ne sais pas si ça va vous surprendre à mon avis non mais depuis qu'il y a des élections c'est pas dans les partis centristes qu'on a le plus de gens qui sont les jeunes en général ce qui attire les jeunes c'est ceux qui entendent bouger un peu le système que ce soit à sa gauche ou à sa droite l'extrême droite comme l'extrême gauche ont rarement fait recette parmi le 4ème âge

51:50
Présentateur

on n'est pas surpris en effet voilà allez cette question à duel Mélenchon-Le Pen a-t-il été envisagé par les instituts de sondage est-ce que vous avez envisagé non

51:59
Intervenant

non parce qu'aujourd'hui ça n'a pas de sens compte tenu des rapports de force que nous mesurons au premier tour et là on serait typiquement dans la fabrication de quelque chose d'artificiel qui ensuite est commenté crée des effets donc si demain Jean-Luc Mélenchon est à 20% ou 21% ou 22% là oui on fera ce type de duel dans nos intentions de vote

52:20
Présentateur

est-ce qu'il est toujours considéré avec un peu de condescendance du côté du parti socialiste si on met de côté l'aspect de l'électorat des jeunes en 2012 on me souvient ici même sur Spleto certains commentaient disaient ben oui mais le problème c'est qu'il n'est pas pris au sérieux Jean-Luc Mélenchon avec les scores qu'il est en train de faire est-ce que le regard est en train de changer

52:43
Intervenant

il va forcément un peu changer alors il n'a jamais été pris au sérieux par François Hollande d'ailleurs c'est une des raisons et Jean-Luc Mélenchon l'a dit de son départ au-delà des clivages idéologiques c'était qu'il en avait marre qu'à chaque congrès il ne dépasse pas les 10% ou qu'il soit tout juste à la barre des 10% alors qu'il avait l'impression d'avoir fait quand même du boulot donc il disait que tout ça n'était peut-être pas très démocratique donc il est parti et François Hollande ne l'a pas plus pris au sérieux là le problème c'est que si il termine la campagne troisième ou quatrième mais en tout cas largement devant Benoît Hamon qui est le candidat du parti socialiste ça va poser des questions pour l'avenir parce que ça veut dire que son mouvement son rassemblement est nettement supérieur domine le parti socialiste qui va a priori exploser entre Manuel Valls et Benoît Hamon et d'autres chapelles donc ce que disait François Espresso la bataille qui se joue au-delà de la possibilité d'arriver au second tour c'est la mainmise sur cette partie de la gauche pour le quinquennat qui va venir et être dans l'opposition une opposition

53:45
Présentateur

il ne donne pas le sentiment de jouer ça Jean-Luc Mélenchon

53:48
Intervenant

il ne donne pas cette impression

53:49
Présentateur

peut-être que c'est le cas

53:51
Intervenant

sa dernière campagne présidentielle il l'a dit c'est sa dernière campagne présidentielle mais derrière c'est le mouvement qui est enclenché

53:57
Présentateur

avec cette notion je ne sais plus qui le disait tout à l'heure autour de la table c'est vous je crois Roland Quairol il disait qu'il n'y avait plus de drapeau rouge est-ce qu'il est seul il veut être seul c'est ce que vous nous avez expliqué mais est-ce qu'il est entouré est-ce qu'il a des poids lourds autour de lui Jean-Luc Mélenchon on le voit effectivement en général évidemment seul sur la tribune il n'y a pas le plan de ses premiers rangs avec les cassiques parce qu'il n'y en a pas

54:19
Invité

il a quand même une garde rapprochée avec lequel il est quand même assez collectif c'est quelqu'un qui aime bien échanger voilà moi je voulais juste revenir sur le parti socialiste moi il me semble quand même très important de redire que Jean-Luc Mélenchon a quitté le parti socialiste en estimant qu'il aurait un jour la peau du parti socialiste et je pense que là il est en train de réussir son coup et qu'il y arrive et en plus ce qui est très intéressant c'est que la première confrontation Mélenchon-Hollande c'est au moment du congrès de Brest où Hollande devient premier secrétaire et Mélenchon est son concurrent et Hollande le méprise un peu il ne lui donne pas le score que Mélenchon voulait et donc il y a une sorte de mépris à ce moment là c'est tout à fait vrai et Mélenchon l'a gardé comme un ressentiment et le fait qu'il arrive à dominer Hamon au moment où Hollande ne peut plus se présenter pour lui c'est déjà un énorme satisfaction il est en train d'avoir la peau du parti socialiste alors après ce qui est très intéressant aussi c'est qu'il a 65 ans il dit c'est sa dernière campagne qu'est-ce qu'il fait après de ce qu'il a créé est-ce que ça arrive avec la France insoumise c'est-à-dire tous les candidats qu'il va présenter aux législatives est-ce qu'il arrive à monter un groupe à l'Assemblée nationale qui soit un groupe de gauche radical mais on ne sait pas trop donc c'est ça aussi qui est très intéressant dans l'aventure Mélenchon tout ça pourquoi faire

55:39
Présentateur

Bristin Torrier très vite

55:40
Intervenant

je pense que c'est lui souvenez-vous qui avait dit que Benoît Hamon était dans un casse-noix avec Macron d'un côté et lui-même de l'autre côté c'était à la fois juste et on sentait la jubilation qu'il avait à énoncer ce théorème donc il veut la peau de la social-démocratie comme il l'a dit et répété et puis tout le monde est très révérencieux quand même avec Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui

55:59
Jean-Luc Mélenchon

en ce moment

55:59
Intervenant

mais oui pour des raisons politiques ses concurrents n'ont pas intérêt à l'attaquer ou ont fait l'erreur de ne pas l'attaquer en termes médiatiques aussi tout le monde salue le bonhomme qui dans le débat est finalement bien je pense qu'il fait peur à certains par son verbe et par sa capacité de répartie où il vous crucifie de manière très efficace et tout ça crée un espèce de halo d'espace où finalement il y a presque sa majesté Mélenchon qui est là et qui déroule ses idées son personnage il a construit un personnage il ne l'était pas en 2012 en 2012 il rentrait dans le système dans le fracas et le tumulte là il a construit son personnage et il le déroule

56:38
Présentateur

une dernière question juste sur Macron Emmanuel Macron n'a pas intérêt à un moment donné à montrer les dents vis-à-vis de de Jean-Luc Mélenchon non ? parce qu'il est en tête et parce qu'on ne regarde pas celui qui...

56:48
Intervenant

et parce que Mélenchon où voulez-vous exactement que ça aille ?

il veut la peau du PS je suis d'accord avec François c'est son seul objectif mettons qu'il l'est il ne va pas aller participer à la reconstruction du PS ce sont c'est ou Valls ou Hamon qui prendra ce qui reste et qui en fera une moitié de parti socialiste lui il va se retrouver avec sa France insoumise dont je ne pense pas que les scores électoraux dans les législatives peuvent lui garantir beaucoup d'élus avec le mode de scrutin ça repose sur lui avec le mode de scrutin des législatives donc refaire un parti à partir de la France insoumise comment en sont en pleine campagne qui marche bien les relations entre les communistes et les gens du parti de gauche pas très bonnes donc il aura peut-être fait un beau score bravo Jean-Luc comme dirait Hamon mais les ennuis commencent après

57:38
Présentateur

et bien nous passons maintenant à vos questions où Mélenchon trouve-t-il l'argent pour financer sa campagne Karl Meus ?

57:50
Intervenant

il a les dons

57:53
Présentateur

comme tous les autres candidats

57:54
Intervenant

comme tous les autres candidats et un emprunt

57:56
Présentateur

parce qu'il fait de très beaux meetings ça donne le sentiment d'avoir de beaux moyens et quelque chose de très organisé

58:03
Intervenant

il sait qu'il sera remboursé de sa frais de campagne parce qu'il dépassera 5% donc il suffit d'emprunter et les banques prêtent à des candidats dont on est sûr qu'ils feront 5%

58:11
Présentateur

la cote de Mélenchon sera-t-elle aussi haute pour les législatives ? c'est ce que vous nous disiez à l'instant ça va être la grande

58:18
Intervenant

question posée c'est très compliqué parce que il y a un candidat qui aura été élu et qui aura lui droit à une espèce de surcote on voit à peu près 5 points d'habitude imaginez que ce soit Macron ça va faire encore plus de voix qui vont manquer pour ceux qui vont vouloir être candidats à sa gauche et puis voilà regarder circonscription par circonscription est-ce qu'il va en laisser quelques-uns aux communistes il a l'air de vouloir continuer jusqu'au bout la bataille avec eux c'est une élection où il va y avoir énormément d'abstention si on suit les lois classiques du genre et avec beaucoup d'abstention 12,5% des inscrits au second tour il faut les faire même pour le Mélenchonien

59:06
Présentateur

pourquoi Mélenchon ? pardon je vous en prie

59:08
Intervenant

il faut faire 24 ou 25% de suffrage exprimé au second tour ce qui veut dire qu'il y aura énormément de duels et très peu de triangulaires et des duels avec un candidat front de gauche il n'y aura pas tant que ça face à un candidat alors je vous assure

59:19
Présentateur

qu'on va très vite parce qu'on enjambe et le premier tour et le deuxième tour et nous voilà maintenant en législative alors on reprend un pas lent avec cette question pourquoi Mélenchon n'appelle-t-il pas clairement Hamon à se rallier pour lui Françoise Fresseau ? c'est vrai qu'on a beaucoup entendu Benoît Hamon tendre la main proposer un rassemblement des gauches de ces gauches-là de cette gauche-là pas beaucoup Mélenchon parce qu'au fond

59:40
Invité

il n'en a pas besoin ça se fait naturellement le mouvement est en train il est en train de vider de sa substance Hamon donc il n'a pas besoin de demander à Hamon de se retirer peut-être qu'il le fera en fin de campagne mais pour le moment comme il a la dynamique il n'en a pas besoin

59:53
Intervenant

et puis l'autre ne viendra de toute façon pas

59:54
Invité

absolument

59:55
Présentateur

est-ce qu'il peut descendre encore alors c'est compliqué ces questions-là pardon Brice Saint-Turier mais dans la structure du vote de Benoît Hamon est-ce qu'il y a encore des gens qui sont susceptibles de partir vers Jean-Luc Mélenchon c'est-à-dire que cette campagne est tellement douloureuse pour le candidat de la primaire on se dit

1:00:14
Intervenant

Benoît Hamon à peu près à 10% suivant les différents instituts qu'il puisse descendre jusqu'à 8% oui c'est possible en dessous ça m'étonnerait

1:00:22
Présentateur

il y a cette question Benoît Hamon peut-il encore remonter

1:00:24
Intervenant

on a dit ça un jour avec Gaston Defer il a réussi à faire pire il y avait une question

1:00:30
Présentateur

qui est passée très vite Benoît Hamon peut-il encore remonter dans les sondages

1:00:33
Intervenant

c'est plus compliqué parce que il faut s'interroger ensuite sur qu'est-ce qui pourrait faire remonter Benoît Hamon

1:00:39
Présentateur

un bon débat

1:00:40
Intervenant

oui peut-être un bon débat mais ces déplacements-là ils ne sont pas si évidents à obtenir je trouve qu'il y a plus de logique de démontage de Mélenchon sur l'électorat de Benoît Hamon que l'inverse

1:00:52
Présentateur

aujourd'hui dans ce moment de la campagne on ne peut plus sortir de propositions qui vont faire polémiques c'est trop tard pour renverser la table oui vous considérez que c'est trop tard pour tout le monde

1:01:03
Intervenant

le seul qui pourrait essayer c'est Hamon parce que tout ce qu'il a en magasin ne marche pas

1:01:08
Présentateur

de qui est-il entouré pas de tête d'affiche pas de grand nom on l'a dit tout à l'heure vous nous disiez qu'il n'y avait pas

1:01:13
Invité

il a Coquerel il a Corbière c'est son équipe c'est à la fois collectif et puis c'est Mélenchon c'est lui

1:01:21
Présentateur

quelle est la position de Mélenchon vis-à-vis de Poutine se sont-ils déjà rencontrés ? alors est-ce qu'il y a eu une rencontre Mélenchon-Poutine pas de souvenirs d'images

1:01:32
Intervenant

je ne saurais dire je ne crois pas mais enfin il a il a une espèce de sympathie pour la Russie

1:01:39
Présentateur

qui l'assume

1:01:40
Intervenant

qui l'assume et dont il prétend que c'est la tradition de la République et avant la République de la France et visiblement le personnage de Poutine n'enlève rien à cette sympathie qu'il a pour la Russie parce que sur le conflit syrien il a plutôt suivi l'exemple de Poutine et puis il a une lecture historique des frontières des rapports de force et c'est un des rares candidats qui évoque la question de la guerre dans ses discours on l'avait vu au moment du débat et du coup sur la Crimée sur un certain nombre de points durs avec la Russie il est plutôt sur une position de préservation de la situation existante plutôt que ça l'avait opposé d'ailleurs à Benoît Hamon plutôt que faisons valoir le droit international notamment sur

1:02:24
Présentateur

figure rassurante

1:02:26
Intervenant

vieille gauche française et figure qui considère qu'on ne joue pas avec ces questions là sans regarder très très près qu'il y a un risque de guerre il est quand même très attentif à cette dimension de la guerre

1:02:39
Présentateur

les indéniables talons d'orateurs de Jean-Luc Mélenchon n'ont-ils pas tendance à faire oublier le fond de son discours c'est ce que vous nous disiez tout à l'heure Carl Meuse

1:02:47
Intervenant

c'est qu'il y a un moment il faut quand même s'intéresser au fond on est dans une campagne présidentielle il y a des propositions et donc ça ça va ressortir si ça ressort ça va faire en sorte qu'une partie des électeurs de droite qui auraient pu être tentés par sa verbe reviennent peut-être soit au bercail soit dans l'extension mais peut-être qu'il faudrait

1:03:02
Présentateur

qu'il y ait des adversaires qui pointent ces aspects-là de son discours et pour l'instant vous nous avez bien expliqué les uns les autres que ça n'intéressait personne

1:03:09
Invité

et d'ailleurs excusez-moi mais c'était étonnant au débat télévisé où toutes les propositions les plus extraordinaires et extravagantes passaient parce qu'il n'y avait pas de contradicteurs et quand on regarde le projet de Mélenchon on s'aperçoit que c'est une rupture totale et que c'est vraiment l'aventure donc effectivement il y a quand même ce contraste-là

1:03:24
Intervenant

il y a même une scène incroyable dans ce débat-là à la fin du débat on a vu Emmanuel Macron qui s'est précipité pour saluer Jean-Luc Mélenchon ils sont tous les deux totalement à l'opposé l'un de l'autre sur leur proposition et bien voilà ils se sont quand même salués avec Benoît Hamon après aussi

1:03:42
Présentateur

alors très vite Jean-Luc Mélenchon est-il toujours un grand admirateur de Hugo Chavez

1:03:46
Intervenant

il le dit moins il faut dire que c'est un peu plus dur dans l'actualité d'en dire toujours autant de bien mais moi je crois qu'en effet c'est de ce côté-là ces personnages autoritaires et se voulant des représentants du peuple Chavez-Poutine que son cœur penche plus tôt

1:04:04
Présentateur

alors j'ai vu passer très vite une question tout à l'heure sur Emmanuel Macron est-ce qu'il peut prendre des voix à Emmanuel Macron

1:04:10
Intervenant

pour l'instant non pour l'instant non c'est pas vraiment ce qu'on voit sauf sur un petit segment de jeunes mais c'est pas cet électorat-là qu'il va rechercher

1:04:18
Présentateur

Merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h30 on se retrouve demain 17h50 pour à nouveau C'est dans l'air tout de suite c'est à vous très belle soirée sur France 5

Le printemps de Mélenchon #cdanslair 03-04-2017 — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote