La ministre chargée des comptes publics invitée de RMC
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, vous êtes la ministre des comptes publics. C'est le retour de la TVA sociale. En fait, c'est le retour d'un débat, je pense que les Français attendent.
Comment quand on travaille en France, on gagne plus ? Comment ça fait plus sur la feuille de paye, comment ça fait plus à la fin du mois ? Et c'est un débat essentiel parce que ce qu'on a vu hier, et je pense que les Français le savent, la moitié de nos dépenses aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle notre modèle social.
C'est des choses qui font notre fierté. C'est notre modèle de retraite, c'est notre santé, c'est la politique familiale. Le seul problème, c'est que il y a 80 ans, comme le dit le président, c'était financé par une population très nombreuse et très jeune.
Aujourd'hui, on est de moins en moins nombreux à travailler par rapport à la population parce que les gens vivent plus longtemps et c'est une bonne nouvelle, mais du coup, on finance de moins en moins nombreux des dépenses de plus en plus grandes. Et donc la clé, c'est quoi ? Comment on fait que le travail paye plus ?
Comment on fait pour que les chefs d'entreprise, il y en a qui nous écoutent ce matin, il voi les charges, ça les désincite à embaucher et donc ça veut dire qu'on a du chômage, ça veut dire qu'on a des entreprises qui ne grandissent pas assez. Il y a pas de solution magique, c'est clair. Mais il y a un débat qu'on peut ouvrir.
Comment évidemment on doit maîtriser la dépense parce que le but c'est pas d'avoir des impôts et des impôts face à des dépenses qui sont pas contrôlées, mais surtout comment on réparti l'effort et la TVA. Mais il y a plein d'autres solutions. Vous avez vu beaucoup de propositions ces derniers jours en disant comment réparti mieux les forts ?
Il y a des gens qui vous disent peut-être qu'il faut regarder les successions, les gros héritages. Il y a des gens qui vous disent peut-être qu'il faut regarder la taxation d'un certain nombre de biens immobiliers. Moi ce que je veux ce que je veux surtout c'est que nous ayons le débat.
Est-ce qu'on veut garder le système exactement comme aujourd'hui avec tous les inconvénients et les avantages que ça ou est-ce qu'on est prêt à changer le système ? Et ce qu'a dit le président, c'est que c'est aux partenaires sociaux, c'est aux parlementaires. Nous, on n pas de solution magique mais on sait que si on fait pas ce débat en fait, si on s'interdit tous les débats à la fin mon chin, ce que je veux quand même comprendre, c'est que vous dites le travail ne paye pas assez, donc vous actez le fait qu'il va falloir baisser les charges patronales, salarial pour quoi ?
Rapprocher le bruit du net. Exactement. Et surtout, vous savez, aujourd'hui, si vous êtes un jeune au SMIC, c'est votre premier job.
Si on veut que vous ayez 100 € de plus à la fin du mois, ça coûte plus de 200 € à votre patron. Bah, on a quand même un problème, c'est que les gens ils vont être augmentés, les patrons, ils sont prêts à augmenter. Mais si quand ils mettent de l'argent, ça fait aussi peu à la fin.
Et en plus, vous avez des aides sociales qui parfois quand vous êtes augmenté diminuent et donc les gens ne s'y retrouvent pas. Ça vous coûte de de vous mettre àer ? Tout le système en France fait que quand vous avez 1 € de plus sur la feuille de paye, il y a plus d'euros à la fin du mois mais il y en a pas assez.
Donc notre enjeu c'est est-ce qu'à la fin on veut que tout ça repose sur les travailleurs français qui on aura le bol et je pense qu'on peut le dire et la vous savez quoi on va on va les écouter les travaill dire savez il y a des solutions qui font payer les entreprises étrangères qui importent est-ce qu'on veut faire payer les entreprises chinoises étrangères du bout du monde qui nous vendent plein de choses où est-ce qu'on veut faire travailler les jeunes travailleurs français je pense c'est un débat qui se pose il y a pas de solution magique moi je suis quand même surprise pardon qu'on en soit toujours à débattre enfin c'est dire j'ai reçu hier à ce même micro le patron de Darti Fnac, il dit "Mais en fait on en est encore à débattre quand on voit que nos commerces sont en train de crever." Il il dit "Je vous êtes encore à aller à Roissie attendre les colis en disant il va falloir les taxer davantage." Apoline, moi je suis mise budget depuis 4 mois.
J'ai annoncé qu'on allait faire avec les Européens une redevance forfaitaire sur tous les petits colis parce que ça effectivement quand quand je parle cette semaine à mon homologue polonais, j'ai eu la semaine dernière mon homologue néerlandais, j'aurai dans les prochains jours mon homologue allemand. On fait une réunion européenne, on y va. Là, vous me dites mais c'est en en ce moment qui sont en train de fermer les commerces 2026, on serait le pays et on est aujourd'hui en train d'accélérer massivement le calendrier.
Sinon, ce qui était prévu c'était 2028, c'est dans trop longtemps. Deuxème sujet, vous me dites on débat. Oui, on débat.
Pourquoi ? Parce que si on veut faire des grands choix aujourd'hui, si on pense que on impose et on va, ça ne marche pas. On a pas de majorité absolue.
On a un pays fragmenté, on a des partenaires sociaux qui veulent aller sur le sujet. On autorise le débat, on ouvre le débat et on va trouver des solutions. Et pendant ce temps-là, je crois effectivement les chefs d'entreprise, ils attendent, ils attendent ces solutions.
Il y a Lucas qui nous appelle de Chaumon en Haut Marne. Bonjour Lucas. Bonjour.
Vous êtes chef d'entreprise dans le médical. La ministre du budget vous écoute. Alors euh bonjour Pauline.
Bonjour madame ministre. Bonjour. Donc moi je vous appelle en fait juste j'ai écouté le débat d'hier.
Enfin bon euh moi ce que je regrette c'est qu'on on est encore on va encore taxer. On va encore taxer. Euh je travaille dans le médical sur des sur un implant nous qui enfin sur des implants qui sont remboursés par la sécurité sociale vous allez décider là de baisser le prix des tarifs.
Les voitures sont taxées. On nous taxe l'IS. On nous taxe surtout.
On on est en permanence en train d'avoir une une nouvelle taxe qui sort. Euh même pour se mettre à jour maintenant pour être au courant de tout ce qui sort comme nouvelle taxe, c'est ça devient infernal. Et on a quand même une grosse crise du travail où nous on a pris le parti de d'augmenter les salaires.
On l'a fait, les salariés sont revenus vers nous en nous disant "Bah voilà, en fait bah c'était pas si avantageux que ça parce que ben ils sautent de tranches." Ça c'est la première chose. La deuxième chose c'est que ils veulent travailler moins.
On a une grosse crise du travail aujourd'hui où les gens veulent du 60, du 80 % mais payer à 100 % en fait. Il est là le problème aujourd'hui. Et puis on a un gros souci aussi.
Moi, je travaille à l'hôpital où il y a que des administratifs. En fait, on n' pas de courage politique en France de se dire en fait plutôt que de taxer les entreprises, les gens de se dire en fait bah il faut réduire nos charges. Monsieur Luc écoutez monsieur Lucas, je voudrais je voudrais que la ministre puisse puisse vous répondre précisément aussi là-dessus.
Depuis 4 mois que je suis ministre du budget, cher monsieur, c'est exactement pour vous répondre que je travaille. On veut pas augmenter les impôts sur les classes moyennes et les classes populaires. On veut baisser les impôts sur les TPE PME.
Comment on va faire ? Ben, on va réduire la dépense. On va réduire la dépense.
On va faire le ménage dans notre organisation. J'ai annoncé un/ers des opérateurs et des agences supprimer, fusionner, on fait le ménage. On va réduire la dépense sur les choses qui sont pas des priorités.
Il faut qu'on se dise la vérité. Il y a des choses qui étaient des priorités. Il y a plein de choses dans ce que dit Lucas.
Mais il aussi cette question des soignants. Vous avez commencé cette interview à Méine Monchalin en disant tout ce qui fait notre fierté, le modèle social, tout ce qui fait notre fierté. Vous avez cité notamment le rapport aux soins, les services publics, ça fait encore votre fierté ?
Ce qui fait notre fierté, c'est que aujourd'hui franchement vous trouvez que ça vous trouvez que c'est c'est ça fonctionne bien. D'abord, moi ce que je veux dire, c'est qu'on est un des rares pays où quand on a une maladie grave dans notre pays, indépendamment de notre revenu, on est très bien soigné. On n' pas une médecine à deux vitesses et ça je pense c'est un acquis et les Français le veulent.
Il y a des choses maintenant que les Français voi aussi, c'est qu'il y a des déserts médicaux et que parfois il y a des gaspillages. Et donc nous, on a avec le premier ministre, il avait dit la vérité permet d'agir. Ce que dit le chef d'entreprise que je remercie pour son témoignage, il résume en 3 minutes notre feuille de route.
On veut libérer la capacité des chefs d'entreprise à embaucher, à investir, à grandir. Mais quand il augment quand il augment salarié, ces salariés lui dis j'yperd que on doit un rendre le système plus lisible. Le président de la République hier a dit "Je veux faire le versement social unique, la solidarité à la source." À tout moment, vous devez savoir comment marche le système et vous devez de manière prévisible savoir que si votre patron vous augmente, vous avez plus à la fin du mois et vous savez combien.
Et aujourd'hui, notre système, il est trop complexe, ça ne marche pas comme ça. Mais vraiment ma feuille de route, celle du premier ministre, celle de tout ce gouvernement, c'est de dire "On arrête d'augmenter les impôts, nous sommes les champions du monde des impôts." Pardon, mais une augmentation de la TVA, c'est une augmentation des impôts à la fin. s'il y a moins de charge.
Notre but c'est pas de remplir les caisses avec la TVA. Notre but c'est et je dis pas que ça sera la TVA, je dis qu'à la fin il faut qu'on arrive à ce que le travail paye plus, que les entreprises puissent plus embaucher que la croissance entendre autre chose. Quand Emmanuel Macron dit il faudra taxer plus la consommation, ça veut dire la TVA.
Vous avez d'autres moyens de taxer plus la consommation vous ? C'est un sujet mais ce que je dis c'est qu'à la fin le but c'est pas de remplir les caisses de l'État pour payer encore plus de dépenses avec la TVR. Est-ce que la solution c'est taxer d'avantage les produits qui viennent d'ailleurs ?
Et c'est évidemment taxer davantage les produits qui viennent d'ailleurs, c'est évidemment taxer les industriels qui produisent d'ailleurs. Et que la fameuse si on baisse les charges d'un côté et que certains impôts augmentent pour qu'à la fin le même argent mais que c'est réparti différemment et que ça nous permet de faire contribuer ce qui importe dans notre pays, je pense c'est un débat qui mérite d'être ouvert. Je dis aujourd'hui, c'est pas le gouvernement tout seul dans son coin qui de manière autoritaire va dire c'est comme ça, on a besoin des entreprises, des chefs d'entrepris. sentiment que ça donne c'est que Emmanuel Macron dit "Je souhaite".
Vous vous dites "On verra, on ouvre le débat." Je vous dis on discute et on décide. Et on décide quand ?
Au budget et on décide comment ? Par le compromis. On décide comment ?
En associant les français. Il n aura donc pas de référendum sur le budget, sur les finances publiques. Le président l'a dit, le budget c'est le travail des parlementaires.
La constitution permet de faire des référendum sur les résait dit le premier ministre, le président. Oui mais le premier ministre il dit si j'ai un plan le premier ministre dit si j'ai un plan et qu'il y a des réformes qui sont difficiles et des réformes qui demandent que les Français dans leur ensemble puiss donner leur avis, ça peut être une solution. Ce que dit le président c'est la même chose.
Il dit le budget c'est le métier des parlementaires. Moi je parle toute la journée avec au parlementaires parce qu'à la fin on veut quoi ? On veut éviter la censure, on veut éviter le blocage et sur tous les sujets.
On n'est pas en train de se dire on fait du blabla, on a 2 ans pour agir. Les Français 2027, ils voteront à la présidentielle. D'ici là, nous avons une responsabilité.
Poser sur la table les sujets, décider, trouver des consensus et nous mettre dans une mode collectif où soit on regarde les trains passés, soit on agit. Et donc tous ces sujets, un par un, les petits colis qui arrivent de l'étranger, on trouve une solution. Le travail qui paye plus, on trouve une solution.
Mais on trouve une solution pas tout seul. On trouve une solution avec les Français. Et je pense que les Français d'ailleurs dans leur vote il y a quelques mois, ils nous ont dit voilà le Parlement il doit nous représenter et s'il nous représente il est fragmenté.
On doit trouver des compromis, on doit trouver des majorités et c'est notre boulot. Et en attendant et en attendant et en attendant Lucas il galère on attend non il Oui. Moi ce que je vous dis c'est que la galère ce serait que je vous dise il y a rien à faire, il y a pas rien à faire et il y a du courage à avoir de la méthode et des compromis et c'est ça qui nous Merci Monchalin ministre des comptes publics d'être venu répondre à mes questions et à celle de Lucas.
Merci à Lucas bien sûr pour son témoignage. Il est 7h52. [Musique]
Amélie de Montchalin