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Conférence de presseRassemblement National (sur YouTube)· 8 mars 2012 11 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Point presse de Marine Le Pen sur la journée de la femme

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:13PrésentateurChiffre
    « actuellement fixée à 18 720 euros par an, sera rehaussée à 30 000 euros par an »
  • 6:00PrésentateurChiffre
    « Aujourd'hui, 64 départements français disposent de moins de 10 places d'accueil collective pour 100 enfants. »
  • 6:06PrésentateurChiffre
    « le coût d'une place de crèche est de 20 000 euros par an environ, tout compris »
  • 6:27PrésentateurChiffre
    « elles ont qu'elles a touché 500 000 euros de subvention publique de l'État l'année dernière »
  • 6:55PrésentateurFait
    « accélérée sous Nicolas Sarkozy, du fait de l'absurde règle du 1 sur 2 »
  • 7:21PrésentateurPromesse
    « retrouver un taux de scolarisation des enfants de 2 ans de 1 tiers »
  • 8:34PrésentateurPromesse
    « Je ferai faire un audit national sur la réalité du mariage forcé. »
  • 8:47PrésentateurFait
    « le mariage forcé ne figure pas dans notre code pénal. »
  • 9:09PrésentateurChiffre
    « Six mois de prison avec sursis. »

Temps de parole

  • Présentateur99 %

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Présentateur

Mesdames, Messieurs, cette journée de la femme, dont on espère toujours qu'elle n'est pas la seule de l'année, il ne faudrait pas que les 364 autres soient la journée des hommes, me permet de leur lancer un appel solennel. Quand l'essentiel est en jeu, les femmes savent toujours prendre leurs responsabilités et s'engager. Elles ont le sens de l'avenir parce qu'elles ont le souci des générations futures. Elles l'ont montré d'ailleurs au cours de notre histoire, je pense à Geneviève, Blanche, Anne, Jeanne, bien sûr. Aussi, face à la crise très grave que connaît aujourd'hui notre pays, je lance avec confiance cet appel solennel aux femmes de France.

Majoritaires dans le corps électoral, elles ont, sinon dans leurs mains, du moins avec leur bulletin de vote, la possibilité d'éviter à la France l'austérité avec son cortège de chômage, de misère et de précarité pour de longues décennies. Parce qu'elles ont cette proximité avec le quotidien qui leur permet de ne pas se perdre dans de grandes considérations aussi idéologiques qu'abstraites. Elles savent combien le pouvoir d'achat des Français est entamé. Combien il est dur aujourd'hui d'élever des enfants correctement. Combien il est difficile de leur offrir un peu plus que l'essentiel.

Combien il est angoissant de voir notre pays livré à la violence et à la drogue et nos petits au milieu de tout cela. C'est pourquoi demain comme hier, aucun changement ne peut se faire sans les femmes. Ne cédons pas d'ailleurs à la facilité d'opposer les femmes aux hommes comme le font trop de féministes autoproclamées. Les femmes n'ont pas une quelconque revanche historique à prendre sur les hommes. Elles ont à s'épanouir dans la société française du XXIe siècle sans s'enfermer dans des combats d'un autre temps. Car les intérêts des femmes rejoignent naturellement ceux des hommes. Ainsi l'égalité salariale est une nécessité impérative pour que les salaires ne soient pas tirés vers le bas.

Mais c'est aussi un impératif de justice. Tant il est vrai que l'on doit être payé au mérite. Et les objectifs loisables en ce sens qui ont déjà été fixés par la loi doivent aujourd'hui être accompagnés d'un renforcement des sanctions. Puisque dans ce domaine, la situation depuis des années, que ce soit sous les gouvernements de droite ou les gouvernements de gauche, cette situation ne s'est pas améliorée. La lutte des sexes ne profite qu'aux dominants. Nicolas Sarkozy, François Hollande ou Laurence Parizeau appartiennent au même camp. Celui qui veut faire porter sur les peuples les conséquences de la crise qu'ils ont eux-mêmes provoquées.

Que Laurence Parizeau soit une femme ne l'empêche nullement d'approuver les politiques ultra-libérales des candidats de l'UMP et du PS. Alors oui, je le dis, lorsque nous aurons restauré nos monnaies nationales pour assurer la prospérité de nos pays et les arracher au piège de l'euro, alors je choisirai notamment les figures de Jeanne d'Arc, de l'âme de Gouges et de Camille Claudel pour figurer sur nos billets. Fini cet anonymat technocratique qui cherche à faire oublier aux Français et aux autres leur gloire nationale, qu'elle soit masculine ou féminine.

Donnons un sens à nos moyens de paiement qui dépassent leurs seules valeurs monétaires, qui sont aussi des symboles, certes, mais des symboles de fierté nationale. Et puis j'entends aider concrètement les femmes de France dans le rétablissement de leur dignité. Que les Français sachent que je ne laisserai jamais leur dignité de femme bafouée par quelque pression que ce soit. Aussi, mon projet prévoit de donner la priorité à plusieurs axes. Sur le front de la justice sociale d'abord, action en matière de pension de réversion et de pension alimentaire.

Ainsi, dans le secteur privé, le plafond à partir duquel est accordé la pension de réversion au conjoint de la personne décédée, actuellement fixée à 18 720 euros par an, sera rehaussée à 30 000 euros par an, afin de renforcer l'égalité avec la situation des fonctionnaires. En matière de pension alimentaire, le droit existe, mais il n'est pas appliqué. Et les mauvais payeurs doivent effectivement être sanctionnés, les sanctions renforcées. Il est particulièrement anormal de laisser les femmes dans une situation de famille monoparentale, dans la détresse, et la femme que je suis divorcée connaît évidemment ce type de problématique.

En matière de garde des jeunes enfants, les parents et les femmes en particulier se sentent souvent aujourd'hui aussi abandonnées. Et je veux être la présidente des crèches pour tous. Il est temps ainsi de mettre en place une véritable loi SRU pour les crèches, l'équivalent de la loi qui oblige les communes à avoir 20% de logements sociaux, mais appliquées aux crèches. Je veux que les crèches soient une priorité, qu'elles deviennent d'ailleurs la priorité des collectivités locales, communes et départements en premier lieu.

J'imposerai par cette loi SRU pour les crèches, dans chaque commune de plus de 3 500 habitants, un minimum légal de nombre de places en structure d'accueil collective et auprès d'assistantes maternelles en fonction du nombre d'enfants de moins de 3 ans. Les amendes sont progressives selon le nombre de places manquantes. L'objectif est d'obliger les collectivités à faire de l'accueil de la petite enfance une priorité de leur action au détriment des dépenses inutiles sur lesquelles il faut faire des économies, dépenses de communication, subventions aux associations communautaristes, dépenses de personnel, dépenses... gaspillage même, parfois.

Cette mesure permettra de mettre fin à une terrible injustice. Aujourd'hui, 64 départements français disposent de moins de 10 places d'accueil collective pour 100 enfants. Alors c'est vrai que le coût d'une place de crèche est de 20 000 euros par an environ, tout compris, et bien c'est une dépense prioritaire, légitime et utile, bien davantage, encore une fois, que toutes les économies qu'on peut faire.

Il est préférable, comme je l'ai dit ce matin, de subventionner les associations qui développent les crèches plutôt que les associations communautaristes et antirépublicaines type SOS Racisme, dont je rappelle quand même qu'elles ont qu'elles a touché 500 000 euros de subvention publique de l'État l'année dernière. Ça fait quand même 25 places de crèche, déjà un début. L'autre question majeure à régler en parallèle concerne l'école maternelle. Relativement stable, des années 70 aux années 2000, aux alentours d'un tiers, le taux de scolarisation des enfants de 2 ans est tombé depuis quelques années à 15%, soit 2 fois moins.

Et en cause, il y a la destruction progressive de l'école maternelle, accélérée sous Nicolas Sarkozy, du fait de l'absurde règle du 1 sur 2, cette règle qui veut qu'on ne remplace pas un départ sur 2 à la retraite. Je ferai aussi de l'école maternelle une priorité de l'action gouvernementale en matière d'éducation avec l'école primaire, parce que l'école maternelle est une fierté pour la France et il est fou, je le crois, de vouloir la détruire. Avec la suppression de l'absurde règle du 1 sur 2, je fixe un objectif officiel en 2017, retrouver un taux de scolarisation des enfants de 2 ans de 1 tiers.

Ma boussole, c'est bien d'assurer leur dignité aux femmes ou de leur rendre quand elles sont en danger. C'est bien, je l'ai dit, de pouvoir donner la possibilité aux femmes de ne pas travailler et de pouvoir se concentrer sur l'éducation des enfants lorsqu'elles le veulent, mais il est bien aussi de pouvoir leur permettre d'avoir le choix de travailler lorsqu'elles le veulent. Et l'absence de place de crèche, l'absence de place de maternelle, est évidemment un frein important au travail des femmes qui le désirent.

Quand je vous parlais tout à l'heure de femmes en danger, je ne vous cache pas que je m'étonne du fait que personne ne parle, personne, aujourd'hui de cette offense à la République que constitue le mariage forcé. Je m'indigne qu'on en parle si peu dans la classe politique française et qu'aucune association féministe ne mette ce sujet qui en englobe un plus vaste sur le devant de la scène. D'abord, dans le domaine du mariage forcé, il faut rétablir la transparence sur un phénomène sans chiffre. Je ferai faire un audit national sur la réalité du mariage forcé. Je veux savoir qui est concerné, l'ampleur numérique du phénomène.

Plus inadmissible encore, le mariage forcé ne figure pas dans notre code pénal. Il n'est pas une infraction pénale. Pour saisir la justice, la victime doit donc invoquer les violences subies et non pas le caractère forcé de son mariage. Je vous rappelle qu'en octobre dernier, trois frères originaires de Tunisie, soupçonnés d'avoir voulu marier de force leur soeur de 18 ans, ont ainsi été mis en examen par le tribunal correctionnel de Lyon pour enlèvement, séquestration et violences physiques. Ils ont été condamnés à six mois de prison avec sursis. Six mois de prison avec sursis. Terrorisée, la jeune femme victime n'avait même pas osé venir témoigner devant le tribunal.

Je ne veux plus que cette situation puisse se reproduire dans notre France du XXIe siècle. Et de manière générale, je suis la seule qui ose dénoncer la régression des droits des femmes liées au développement du communautarisme et du fondamentalisme, voile, excision, mariage forcé, pression morale, restriction des libertés individuelles des femmes. Ainsi, l'instruction que j'ai proposée dans la Constitution, la République ne reconnaît aucune communauté, sera probablement la plus grande avancée en matière de défense du droit des femmes depuis des décennies. Je veux que chaque femme de France ait une dignité, une dignité de femme et de citoyenne de la République française.

On le sait, je suis la seule femme en mesure d'accéder au second tour de l'élection présidentielle. La seule qui puisse prendre à bras le corps ces problématiques qui sont tout le reste du temps complètement délaissées par la classe politique. La seule qui puisse faire changer les choses, qui puisse bousculer les nouveaux archaïsmes, les archaïsmes qui sont de retour et le laisser faire. Et je demande aujourd'hui, tout particulièrement, aux femmes de France de m'aider. Je vous remercie et je suis à votre disposition pour répondre à vos questions. Merci.

10:47
Locuteur

Merci. Merci. Merci.