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interviewLCP (sur YouTube)· 19 avril 2026 17 min

L'Europe contaminée par les polluants éternels | Ici l'Europe - 18/04/26

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci de nous rejoindre à Bruxelles au Parlement européen. Nous respirons, buvons et ingérons quotidiennement des micro particules nocifes pour notre santé. Il s'agit des pifacces ou polluants éternels, utilisés pour leur propriétés antadhésives, leur résistance à l'eau ou à la chaleur.

Les Pifaces sont en fait omniprésents dans les produits que nous utilisons, les cosmétiques, les ustensiles de cuisine en passant par les vêtements. 10000 substances de ce type sont recensées. Elles mettent énormément de temps à se décomposer, ne sont pas recyclables, d'où leur non courant de polluant éternel.

Et en mars dernier, un rapport de l'Agence européenne des produits chimiques a alerté sur leur dangerosité pour notre santé. Des polluants éternels à l'origine de cancer et de problèmes de reproduction. Alors que 100000 sites industriels en Europe rejettent ses pifacces, ce rapport préconise une interdiction large de ces substances.

Mais l'industrie de la santé, de la tech, de l'énergie redoute une interdiction totale et menace de délocaliser faute d'alternative crédible. La Commission européenne privilégie une restriction progressive d'épiface débutant par les produits de consommation courante avec une loi attendue pour 2027. Si rien n'est fait en tout cas, la dépollution des polluants éternels pourrait coûter aux États européens jusqu'à 1700 milliards d'euros d'ici 2050.

Alors pour en débattre justement aujourd'hui avec nous deux eurodéputés, Benoît Cassar, bonjour. Euh vous êtes belge, membre du groupe RUW au centre de l'hémicycle, agriculteur de profession et avec vous aujourd'hui Marie Toussin. Bonjour.

Député euh européenne française écologiste. Euh Marie Toussin l'épiface, c'est l'un des problèmes de santé publique peut-être le plus grave de notre siècle. Oui, c'est très certainement la bombe sanitaire en tout cas de notre siècle.

Alors ça a des effets à la fois sur la santé. On estime à autour de 16 millions d'Européennes d'Européens aujourd'hui touchés dans leur santé à cause de ces polluants. Plusieurs dizaines de milliers de morts aussi.

Alors, c'est estimé évidemment de décès prématurés et des polluants qui sont éternels qu'on retrouve partout jusqu'au sommet de l'Himalaya parce que et bien ça circule à travers la pluie, les nuages et c'est notamment du fait de la du déploiement de ces micro-organismes extrêmement polluants pipas polluant éternel que l'on a dépassé l'une des limites planétaires qui est celle de l'eau potable qui n'est plus désormais potable en terme d'eau de pluie nulle part autour de la planète. Donc c'est absolument indispensable de bah d'en sortir tout simplement et justement avec des territoires en Europe aussi qui sont contaminés par ces polluants éternels, notamment en France dans certains villages des Ardenes où l'an dernier, il a été découvert une forte contamination de l'eau du robinet et on va regarder la réaction à l'époque des habitants. Les gens sont inquiets.

Tout le monde se dit "Oh là là, est-ce que je peux laver mes légumes ? Est-ce que je peux me brosser les dents avec l'eau ? Est-ce que je Qu'est-ce que je dois faire ?" A priori, cette pollution dure depuis de très nombreuses années.

Euh on parle d'une vingtaine d'années. Euh on se rend compte à la lecture de tout ce qui est études scientifiques sur le sujet, que les conséquences sur la santé sont nombreuses, surtout euh au fil des années, au fil de l'accumulation de l'intoxication. Euh on parle aussi bien euh de de fausses couches, de malformation, de maladies autoimmunes.

Benoît Cassard, dans ce village de la Meuse, les bouts industriels de l'usine voisine ont été utilisés en agriculture. Euh vous qui êtes agriculteur, vous avez sûrement aussi beaucoup entendu parler de contamination similaire notamment en Belgique. Effectivement, il y a en 2023, il y a eu une contamination des eaux consommées par les habitants qui venaent d'une industrie en Flandre et la la transmission des informations a duré un certain temps.

Il y a eu un peu de mauvaise communication dans le chef de certains nos dirigeants à l'époque et ça a traîné et puis après quelques mois c'est sorti dans la presse et les habitants se sont rendus compte qu'ils ont pendant un certain lapse de temps euh ingurgé de de la de l'eau qui n'était pas conforme à la réglementation. Suite à cela, des mesures ont été prises pour dépolluer l'eau notamment avec du carbone actif et puis du charbon actif pardon et puis par la suite tout s'est régulé et tout s'est remis en place correctement mais évidemment c'est un problème grave l'épipel on doit trouver des solutions que ce soit au niveau européen ou au niveau national ou régional pour la surveillance Marie Toussin. Cette contamination polluant éternelle dure des années et touche les populations.

Le rapport de l'Agence européenne des produits chimiques est alarmiste mais peut-être un peu tardif. Évidemment. Alors évidemment mais je je veux revenir sur l'une des choses qu'a dit monsieur Cassar parce qu'il dit tout est revenu à la normale.

Je ne sais pas ce que c'est la normale aujourd'hui. La normale c'est la contamination par les polluants qu'on appelle éternel. C'est pour une raison ça reste pas en vigueur quelques années, c'est plusieurs siècles.

Et en réalité on ne sait pas même avec les les traités de enfin les procédés de traitement de l'eau, on ne sait pas les exterminer complètement. Et les péphases sont aussi dans nos aliments qu'on mange. Donc c'est pas seulement l'eau du robinet, mais c'est aussi ce qu'on mange.

Ils sont dans les dans les produits du quotidien et ils sont aussi dans les sols, ce qui est bien plus long à décontaminer et on ne sait pas encore une fois euh comment faire. Après, vous posez la question pourquoi est-ce qu'on réagit si tard ? Qu'est-ce qui se passe ?

Alors, d'abord, l'Agence européenne des produits chimiques réagit maintenant parce qu'il a été saisi en 2023 par six pays européens, 5 de l'Union européenne plus la Norvège, mais aussi la Suède, l'Allemagne, les Pays-Ball, Danemark pour dire "Mais attendez, on a un problème sanitaire et environnemental majeur, il faudrait aller vers l'interdiction." Et donc l'Agence européenne s'est saisie du sujet et nous répond aujourd'hui, "Mais on sait que ces polluants éternels sont toxiques depuis les années 50 60. En tout cas, les industries qui les produisent, BASF, bailleurs les géants de la chimie le savent depuis des décennies.

Mais comme sur d'autres sujets, comme sur la miande, comme sur le chlore desconne, comme sur tant d'autres sujets, les études ont été cachées, elles ont été gardées par les industriels eux-mêmes qui ont plutôt produit industriel en Europe d'ailleurs qui sont concernés par cette pollution et cetteutilisation de piface. C'est énorme et on continue à avoir là sur l'étude qui a été menée la consultation par l'Agence européenne des produits chimiques en 2023 plusieurs milliers et des milliers de documents des industries de la chimie pour prétendre que ces produits ne sont pas ou peu nocifs. On est face à un lobbying massif.

Alors Benoît Cassard, depuis janvier, l'Union européenne a limité à 0,1 microgramitre le seuil d'une vingtaine de péface dans l'eau de P. Les eurodéputés ont aussi voté pour des seuils de piface dans les emballages alimentaires, les jouets à partir de 2030. Est-ce que la prise de conscience est suffisante est suffisamment rapide ? la la prise de conscience est beaucoup plus ancienne que cela puisque dès euh 2004, la conférence de Stockholm, la convention de Stockholm a établi une liste des polluants les plus toxiques et les plus résistants et que depuis déjà cette époque 2006 avec la mise en place de la réglementation rich, ces produits ont été interdits et progressivement on va dans le bon sens puisque plus tard, on a vu que dans d'autres secteurs spécifiques comme l'alimentation station ou l'eau consommée par les consommateurs, les normes se sont resserrées.

Mais il faut la tendance est bonne, la prise de conscience est là mais il ne faut pas croire que c'est simple et je n'aime pas les caricatures. Je crois qu'en politique faut être nuancé et savoir qu'il y a des conséquences importantes de l'interdiction des Pifaces. Par exemple, si on prend des domaines comme l'énergie renouvelable auquel madame Toussin est très sensible, mais dans les panneaux solaires ou dans les pompes à chaleur qui sont des alternatives très intéressantes à une époque où l'énergie fossile euh sera réfie et devient très cher, bien on a la nécessité d'utiliser des Pifaces.

Donc, il y a toujours des avantages, des inconvénients. Forcément, il faut essayer de trouver des solutions de rechange, d'évoluer, mais c'est pas aussi simple qu'un claquement de doigts. Marie-tous ça, une réponse.

Ce serait trop simple d'interdire dès demain généralement tous les les tous les polluants éternels pour notre économie. Alors, il y a trois types de péface, donc c'est une famille de 10 à 12000 produits. Il y a trois types de PF. l'épée fa non essentiell, j'y reviendrai, l'épéface substituable et les PFC essentielles.

Je veux profiter de ce moment pour saluer le travail remarquable d'une association qui s'appelle notre affaire à tous qui a fait un très gros rapport sur la métropole de Lyon sur ses produits, leurs usages. On peut en discuter évidemment, il y a un débat politique et avec la participation encore une fois des lobby de la chimie, mais ce qu'on considère c'est que tous les PFC non essentiels peuvent être interdits à la consommation mais aussi à la production sur ces fameux milliers de sites contaminés aujourd'hui dans l'industrie que les produits substituables doivent l'être le plus vite possible. Et au fond quand on regarde les seuls produits vraiment essentiels pour lesquels il y a besoin de piface ce sont les produits issus de la la médecine.

Et attention quand je dis essentiel ça veut pas dire que dans 5 ans ou dans 10 ans, ils le seront toujours. On a un besoin d' médicaments et cetera c'est ce que disent les pharmac et d'aller très vite sur les produits de substitution. Et là je pose une question et je partage aussi avec monsieur Cassard.

Aujourd'hui, on a des pays comme la Chine qui investissent énormément pour trouver des produits de substitution. Quant euh aux entreprises plutôt européennes ou américaines, elles sont plutôt en train de freiner des cas de fer et de dépenser plus d'argent pour empêcher d'en sortir que d'argent dans les produits de substitution. Donc, on a un risque de perdre de compétition. interdiction totale sauf sauf effectivement fr je suis content que madame tout ça à bord la Chine parce que justement on voit que aujourd'hui cette réglementation dont je vous ai parlé qui existe déjà chez nous qui existe aussi aux États-Unis et au Japon n'existe pas dans des pays avec qui on fait des accords commerciaux comme l'Inde, la Chine ou le Brésil.

Donc là, à un moment donné, l'enjeu, il est de dire aussi si on interdit chez nous tout de suite et que à la place on importe des produits où ces normes n'existent pas, comme on le voit aujourd'hui en Belgique par an, il arrive un milliard de colis de Chine, on sait plus comment on va s'en sortir par rapport à cela. Il y a aucun contrôle ou quasi pas de contrôle sur ce produit. Je suis pas condur de commerce mais c'est vraiment un bel exemple parce que à un moment donné si on ve aller trop vite de manière trop butale chez nous on met à terre notre économie et ça on ne peut pas le faire non plus parce que derrière notre économie aussi la santé des consommateurs.

Il y a aussi la possibilité d'évoluer vers un meilleur environnement. Donc c'est bien d'être leader, c'est très bien d'être leader, mais il faut d'abord le faire respecter à ceux qui approvisionnent le marché, avoir le moyen de le faire, trouver des produits de substitution et tout ça doit se faire de manière cohérente. Si on perd cette cohérence là, c'est du suicide économique.

Je suis admiratif devant l'idéal des des verres, mais à un moment donné un peu de réalisme économique est nécessaire aussi. Marie Toussin, votre C'est pour ça que je parlais de compétitivité parce que le réalisme c'est aussi de voir que comme sur l'énergie euh renouvelable, comme sur les voitures électriques, la Chine a pris les devant et donc la question qui se pose à l'économie européenne aujourd'hui, c'est souhaitons-nous être derrière à nous accrocher à des technologies du passé ou aller plutôt de l'avant ? Mais on est d'accord avec monsieur Cassard sur le fait qu'il ne faut pas soumettre soumettre les travailleurs ou les agriculteurs agricultrices européennes à une concurrence déloyale.

Ça c'est important. Par contre, on n'est pas d'accord sur la conclusion. Nous ce qu'on dit c'est il faut avoir des ambitions élevées et faire en sorte que les autres aient eux aussi des ambitions à élevées.

On dit pas comme les autres font n'importe quoi et de l'esclavage et des produits polluants et n'importe quoi, alors il faut qu'on ait le même modèle économique que les autres. Je pense qu'au contraire au contraire oui mais c'est si on tire l'argument si on va en bas du tobogan, c'est là où on arrive. Nous ce qu'on dit au contraire c'est faisons de l'Europe pionnière de la transition écologique du de la bienveillance sur ces citoyennes et ses citoyens.

Encore une fois c'est notre santé et comme ça on entraînera le reste du monde avec nous. Benoît Cassar, la dépollution, elle est compliquée techniquement, très coûteuse selon le rapport de l'Agence européenne justement des produits chimiques. Elle s'élèverait au minimum si on légifère dès maintenant à 300 milliards d'euros.

C'est quand même déjà deux fois le budget annuel de l'Union européenne. Et si on ne fait rien à 100 à 1700 milliards, alors est-ce qu'on trouve l'argent ? Est-ce qu'il faut taxer les pollueurs ?

Ex. Mais le problème c'est qu'on doit faire les choses dans l'ordre. La première chose, c'est d'arrêter la source en trouvant des moyens autres de production de en trouvant des des méthode de substitution et puis progressivement des polluer.

Mais si on fait tout en même temps tout de suite, qui a les moyens ? C'est plus facile de dire le pollueur payeur. Je peux partager la philosophie mais aujourd'hui si on bombarde de nouveau les entreprises, les citoyens de taxe à un moment donné où le pouvoir d'achat c'est compliqué pour les citoyens et les entreprises sont dans une concurrence mondiale de plus en plus compliquée avec un dumping chinois avec des taxes en Amérique, on tue le système.

Donc il faut faire les choses de manière réaliste. Marie Toussin, est-ce qu'il faut appliquer le principe du polluer payer ? C'est-à-dire taxer les industriels qui ne respectent pas les normes de PF ou est-ce qu'il faut les laisser investir dans les alternatives à ces polluants éternelles ?

Voilà. Ouais. Je suis assez surprise de ce que dit monsieur Cassard parce qu'on a cosigné ensemble une question écrite pour justement dire que les collectivités payent extrêmement cher le coût de la dépollution et que c'était pas nécessairement à elle de le faire.

Donc je je suis assez surprise mais effectivement deux choses. Premièrement et ça revient à la question précédente. Charité bien ordonnée commence par soi-même et deuxième chose il y a une responsabilité et la responsabilité elle doit s'appliquer.

On peut pas dire à longueur de journée il faut être responsable de ces actes en parlant des individus et dire mais les entreprises ne doivent pas être responsables de leurs actes. Il y a des industriels qui ont eu connaissance des dommages des effets nocifs des polluants éternels depuis les années 60. Encore une fois, ça a été démontré par Robert Bilot dans un grand procès qui s'est tenu aux États-Unis, qui a fait l'objet d'un film qui a popularisé le sujet des PFC Dark Waters en 2017.

Grâce à ce procès, on a obtenu des informations, ils savent depuis plus de 50 ans. Et donc, à un moment, ils sont responsables d'avoir continué à développer les produits, de les avoir développé en proportion et aussi en nombre de produits concernés et à un moment ils doivent payer pour ce qu'ils ont fait, pour les les choix technologiques qu'ils ont opéré. Je comprends que c'est difficile, que ça va effectivement poser des questions économiques, qu'il faut l'organiser.

Mais vous savez, moi je suis juriste, je suis très pour l'application de la responsabilité, très en faveur de l'application pollueur payeur. La réalité c'est qu'on devrait passer par des taxes, on devrait passer devant des tribunaux. Mais là, les sommes seraient tellement colossales qu'effectivement ça mettrait à bas l'économie.

Donc en tant que politique, on doit trouver des chemins pour en sortir en préservant les emplois et en assumant devrait à l'intérêt général. D'ailleurs, Benoît Cassar, est-ce que le problème n'est pas aussi dans le sein de cet hémicycle ? On voit bien quand même qu'il y a une opération du Parti populaire européen en accord avec une droite plus radicale pour détricoter toutes les normes justement environnementale protectrice le pacte vert à destination en particulier des industriels au nom de la compétitivité.

Je crois que dans le mandat précédent dans lequel je n'étais pas, on a pris des options radicalement vertes qui se sont révélées inapplicable sur le terrain. Une une loi qui n'est pas applicable n'est pas bonne. Des idéaux, c'est très bien.

Des réglementations pour les atteintes, c'est très bien. Mais si elles sont inapplicables, elles n'aboutissent pas, elles ne servent à rien au bout du compte, à part à perdre son temps. Donc aujourd'hui, on doit retrouver un équilibre entre les objectifs tout à fait nobles du mandat précédent avec une mise en application qui est réaliste, qui tient compte des aspects environnementaux, économiques et sociaux.

Simpez fou avec ce type d'argumentaire, c'est qu'en fait le réalisme, c'est que le dérèglement climatique est en train de mettre à bas l'économie. Il y a l'un des prix des jeunes économistes qui a montré que c'était plusieurs mil enfin que c'était des centaines de fois le PIB euh du monde. Enfin voilà, que ça coûtait un pognon de dingue.

Mais le réalisme ce serait de laisser faire et de laisser continuer le dérèglement climatique. Les Péface, on dit 2000 milliards 2000 milliards, c'est gigantesque pour le coût économique de la pollution. Et on nous dit le réalisme ce serait de continuer dans l'épéeface.

Excusez-moi, mais quels que soient les angles par lesquels on le prend, la logique ce serait de respecter les limites planétaires, de revenir au respect de la nature. Ça veut pas dire retourner à la bougie. Ça veut dire essayer de trouver un chemin pour protéger tout le monde dont les acteurs économiques.

Sinon, qui va payer le coût de toutes les catastrophes actuelles ? On est d'accord qu'il faut trouver un chemin et on finira sur ces mots. Merci.

On recherchera un chemin à l'avenir. Merci d'avoir participé à ce débat. Merci à vous dit de nous avoir suivi sur France 24 et les chaînes parlementaires.

C'est