Michel Barnier déclenche le 49.3 - Reportage C dans l'air 02.12.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui va se passer à partir de maintenant?
- 7:00FerméeRéponse directe
Vous voulez dire qu'il y a une responsabilité partagée?
- 8:00OuverteRéponse directe
Ce n'est pas un problème de méthode?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30C.RouxFait
« le RN, fort de ses 124 députés, votera la censure du gouvernement Barnier. »
- 1:30M.BarnierFait
« C'est maintenant à vous, députés, parlementaires de la nation, de décider si notre pays se dote de textes financiers responsables, indispensables et utiles à nos concitoyens, ou alors si nous entrons en territoire inconnu. »
- 2:30M.Le PenPromesse
« Nous avons donc déposé un amendement sur le renoncement à la désindexation des retraites, à charge pour le gouvernement de l'accepter ou non. »
- 3:30J.BardellaFait
« Le RN actionnera le mécanisme du vote de la censure, sauf miracle de dernière minute, si M. Barnier revoyait sa copie d'ici 15h, mais j'ai peu d'espoir qu'il soit touché par la grâce. »
- 4:30M.PanotPromesse
« Face à cet énième déni de démocratie, nous allons censurer le gouvernement. »
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C'est le budget qui va être plus problématique. - C.Roux: Ces dernières heures, les discussions semblaient avoir repris entre le RN et M.Barnier avec une dernière concession sur le déremboursement des médicaments, l'une des lignes rouges de M.Le Pen.
En début d'après-midi, le couperet est tombé. Le RN, fort de ses 124 députés, votera la censure du gouvernement Barnier. - Il est un peu plus de 15h.
Après des semaines de débats, de négociations, d'ultimatums, à l'Assemblée nationale, le Premier ministre s'apprête à utiliser le 49-3 pour faire adopter son texte sur le budget de la Sécurité sociale. - M.Barnier: Je crois que nous sommes parvenus désormais à un moment de vérité qui met chacun devant ses responsabilités.
C'est maintenant à vous, députés, parlementaires de la nation, de décider si notre pays se dote de textes financiers responsables, indispensables et utiles à nos concitoyens, ou alors si nous entrons en territoire inconnu. - Etaient-ce ses derniers moments de Premier ministre? M.Barnier va-t-il tomber?
Quelques minutes plus tôt, juste avant d'entrer dans l'Hémicycle, M.Le Pen pose encore une nouvelle condition. - M.Le Pen: Nous avons donc déposé un amendement sur le renoncement à la désindexation des retraites, à charge pour le gouvernement de l'accepter ou non. - Ca dure depuis des jours et ce matin encore, à la radio, à la télévision, les troupes RN fredonnent la même petite musique: Matignon doit céder, sinon, ce sera la censure, à moins d'un miracle, disent-ils. - J.Bardella: Le RN actionnera le mécanisme du vote de la censure, sauf miracle de dernière minute, si M.Barnier revoyait sa copie d'ici 15h, mais j'ai peu d'espoir qu'il soit touché par la grâce. - S.Chenu: Je crois au miracle de façon spontanée.
On peut y croire, bien sûr. - La porte-parole du gouvernement prévient: l'exécutif a déjà fait beaucoup de concessions. - M.Bregeon: Nous avons fait beaucoup de compromis pour préserver les Français de la hausse éventuelle de taxes sur l'électricité, pour préserver des entreprises une hausse de charges...
Hier encore, au Sénat, des accords ont été trouvés, notamment pour assurer aux Français qu'il n'y ait pas de hausse des taxes sur le gaz. Pour dialoguer et trouver des chemins de compromis, il faut être deux. - Le ton monte dans les médias, mais en coulisses, les échanges continuent.
Au téléphone ce matin, M.Le Pen et M.Barnier discutent encore.
A 13h, la nouvelle vient de Matignon: suite aux demandes de M.Le Pen, pas de déremboursement des médicaments en 2025. La décision du Premier ministre est prise.
Il reçoit ses troupes pour les prévenir. Dans quelques minutes, il activera donc le 49-3. Dans les couloirs de l'Assemblée, la tension monte. - G.Attal: Notre pays a besoin de stabilité et les Français ont besoin de stabilité dans ce contexte.
Je le redis ici comme je l'ai dit la semaine dernière comme je l'ai redit, ce matin, j'appelle chacune et chacun à être à la hauteur de ce moment. - Mais sans surprise, la gauche annonce qu'elle censurera le gouvernement. - M.Panot: Face à cet énième déni de démocratie, nous allons censurer le gouvernement.
M.Barnier restera dans l'histoire comme le Premier ministre qui aura eu le mandat le moins long comme Premier ministre de la Ve République. - Finalement, pour M.Le Pen, c'est décidé: le RN votera aussi la motion de censure. - C.Roux: Nous étions en train de discuter avec P.Dessertine pour savoir si les marchés avaient déjà réagi.
On va en parler dans un instant. Je voudrais qu'on reste sur la partie politique avec cette question. ...
Qu'est-ce qui va se passer à partir de maintenant? - C.Barbier: Les partis qui souhaitaient la motion de censure avaient 24 heures pour la déposer.
Y.Braun-Pivet a donné le top départ à 14h50: en quelques minutes, c'était fait. 48 heures après, on peut voter cette motion de censure. - C.Roux: On se retrouve mercredi. - C.Barbier: La conférence des présidents de l'Assemblée peut considérer qu'on attend jeudi matin, sans accord.
En 62, quand le gouvernement Pompidou a été renversé, c'était à 4h45 du matin. On ne sera pas obligé de prendre ce même dépôt. Normalement, il va y avoir un discours de chaque président de groupe.
Il va dire pourquoi il vote ou non la motion de censure. Chacun va s'emparer de ce droit de parole. Ce sera testamentaire pour ceux du socle commun.
Il faudra aussi que les autres assument. Barnier est renversé, et après? Que proposent-ils?
Il va falloir qu'ils expliquent pourquoi ce n'est pas si inquiétant que ça de priver la France de budget pour la Sécurité sociale. Puis on mettra au vote. Ne votent que ceux qui sont favorables à la censure, qui veulent renverser le gouvernement.
Dès qu'on a atteint 289, et on a un stock de 311 signataires garantis, quand le vote est terminé, on fait les comptes et on sera au-dessus. Le gouvernement Barnier tombe. La CMP, la commission mixte paritaire, disparaît. - C.Roux: Le soir même, M.Barnier est un Premier ministre démissionnaire.
La balle repart du côté de l'Elysée. - C.Barbier: Du président de la République.
Il a plusieurs solutions. Celle qu'il va utiliser tout de suite, c'est de demander à M.Barnier d'expédier les affaires courantes.
On sait que ça peut durer un certain temps depuis cet été! Ensuite, il peut renommer M.Barnier.
De Gaulle l'avait fait avec Pompidou dans une manoeuvre de provocation. Il avait gagné parce qu'il avait pu dissoudre. Il avait fait une razzia sur les législatives.
Les tenants de la censure avaient été déjugés par le peuple dans des législatives. Le chef d'entre eux était P.Reynaud, le dernier président du Conseil de la IIIe République, qui a passé le témoin au maréchal Pétain en juin 40.
Vous voyez le changement d'époque. Les Français, en 62, ont dit: "On veut tout le gaullisme, rien que le gaullisme." Il n'y a pas de dissolution possible cette fois-ci.
Je ne suis pas sûr que les Français aient envie d'avoir tout le macronisme et rien que le macronisme. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Deux noms circulent: Lecornu et Retailleau. - N.Saint-Cricq: Et d'autres.
On pourrait croire que c'est le dernier métier que vous avez envie de faire dans la vie. F.Bayrou en a envie.
Il y a S.Lecornu. On a parlé de G.Darmanin.
On a aussi parlé de R.Lescure. LFI continue de camper sur L.Castets.
Les socialistes ne savent pas vraiment. - C.Roux: Pour être sûre de bien comprendre...
On va repartir, à partir de mercredi, dans le jeu de "qui à Matignon?" - N.Saint-Cricq: Oui.
L'Elysée dit pour l'instant...
Renommer M.Barnier serait une provocation. L'hypothèse d'une renommination est absurde.
Pour revenir sur le reportage, certes, M.Le Pen donne officiellement l'impression de couper la tête de M.Barnier, mais la tête a été coupée par tout le monde, par petits morceaux, depuis le début.
G.Attal...
Il y a une fureur noire de l'Elysée par rapport à ce socle commun qui n'en est pas un. Chacun a savonné un petit morceau de la planche, certains plus que d'autres. Il n'a eu comme soutien qu'Horizons, le parti d'E.Philippe. - C.Roux: Vous voulez dire qu'il y a une responsabilité partagée? - N.Saint-Cricq: Oui.
Tout le monde va dire que c'est affreux. Il fallait y penser avant. Ce n'est pas pour défendre M.Barnier.
On parle du RN, mais comme vous le disiez, il suffirait que les socialistes disent que le non-déremboursement, les tarifs de l'électricité...
Quand on les entendait aujourd'hui à la sortie de l'Assemblée, c'était: "On avait décidé de les censurer. On continue." Tout ce cirque et cette agitation à laquelle on a assisté n'a rien changé.
Je pense que M.Barnier y croyait. Qu'il ait mal en ne les recevant pas assez... - C.Roux: Ce n'est pas un problème de méthode?
Il n'y a pas un échec de la méthode Barnier? - N.Saint-Cricq: Forcément, puisque ça ne marche pas.
Michel Barnier