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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 17 juin 2025 26 min

"La stratégie du patronat, c'est de concéder quelques miettes pour graver dans le marbre les 64 ans"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Donc il ne faut pas stresser avec ça. Aurélie Herbemont, restez avec nous sur France Info. Il est 8h33 Sophi Binet.

La secrétaire générale de la CGT et l'invité de Jérôme Chapuy Salia Braclia. [Musique] Bonjour Sophie Binet. Bonjour.

Bonjour. Il faut que ça se termine ce soir", a déclaré ce matin euh Marie-Lise Léon, la patronne de la CFDT, à propos du conclave sur les retraites. La CFDT qui n'exclut pas de signer un accord, même s'il n'y a pas de concession sur l'âge de départ légal à la retraite, c'est-à-dire les 64 ans.

Pour vous, ce serait quoi une trahison ? Ben en tout cas, ça serait en décalage avec euh ce que nous demandent les salariés, les Françaises et les Français qui sont toujours une écrasante majorité à vouloir l'abrogation des 64 ans parce que cette réforme nous a volé 2 ans de vie et qu'elle fait des ravages. Sauf que c'est pas là ce qui va se ce qui va être dans le résultat de cet accord s'il aboutit ce soir.

Il y a eu des négociations pendant 6 mois que vous avez quitté précipitamment vous aussi au mois de mars. Vous le regrettez là aujourd'hui ou pas ? Non.

On a la confirmation que le patronat et le gouvernement se sont alliés pour exclure la question centrale des discussions à savoir les 64 ans. C'est ça le problème. Et là aujourd'hui, je suis encore très inquiète et j'alerte parce que comme le patronat refuse toujours de passer à la caisse, ce qu'il veut faire, c'est faire payer l'addition au retraités.

Et aujourd'hui, le patronat veut imposer de nouveaux reculs. Il veut désindexer les pensions des retraités, ce qui se traduirait par une forte baisse des pensions des retraités dès 2026 et gravé dans le marbre dans la durée. Parce que aujourd'hui, dans ce que le patronat propose, il propose de déconnecter le montant de la pension des des retraités de l'augmentation des prix et de l'inflation et de faire en sorte que chaque année la pension des retraités arrête d'augmenter en suivant l'inflation.

Ça ça voudrait dire les retraités les plus aisés. C'est ce que propose la CPME. Non non, c'est pour tous les retraités.

Ce serait pour tous les retraités à part ceux qui sont au minimum vieillesse et ça voudrait dire une forte baisse de pouvoir d'achat des retraités en 2026 mais surtout pour les années suivantes. C'est extrêmement dangereux. On va prendre le temps de rentrer dans le détail de ce qui se discute en ce moment, mais encore une fois sur le principe.

S'il y a un accord ce soir entre les partenaires sociaux, même sans la CGT, certains diront que c'est une victoire de la démocratie sociale. Bah, tout dépend du contenu. Si cet accord il contient des reculs comme ce que veut imposer le patronat à savoir la désindexation de la pension des retraités à savoir la mise en place d'un étage de capitalisation ce que porte toujours le patronat et à savoir aussi la mise en place il a décidé de l'abandonner là pendant ses pendant ses négociations le patronat sur la je suis pas si s je suis pas si sû il le renvoie à des discussions dans le futur qui seraient prévu dès aujourd'hui.

La question S, c'est que ça pose c'est ça pose la question du rôle des des syndicats, des partenaires sociaux, de la démocratie sociale. Encore une fois, c'est déjà arrivé dans l'histoire ces 25 dernières années que la CFDT signe des accords sur les retraites. Encore une fois, ce serait une trahison, oui ou non ?

C'est pas à moi de juger de ce que font les autres organisations syndicales. Ce que je peux dire, c'est que depuis 2 ans, nous sommes unis pour dire que les 64 ans, ça ne va pas et que ça doit être supprimé et que euh à une écrasante majorité, c'est ce que souhaitent les Françaises et les Français et les salariés. Donc c'est pour ça que c'est la feuille de route de la CGT.

Et ce que je note aussi, c'est que il y a une écrasante majorité de parlementaires qui souhaitent l'abrogation de cette réforme et des 64 ans, qu'ils l'ont voté d'ailleurs euh il y a 10 jours et donc ça passe à l'Assemblée, mais ça passe pas, vous le savez, au Sénat qui est à majorité de droite. Oui, mais c'est toujours l'Assemblée qui a le dernier mot. Donc, on a eu pour la première fois l'Assemblée nationale à voter et elle a voté l'abrogation de la réforme, l'abrogation des 64 ans.

Ça c'est un rapport de force qui est intéressant. Donc nous v stréque nous qu'il faut s'appuyer sur les députés laisser les députés faire ce qu'ils ont à faire à savoir abroger cette réform. Ouais sauf qu'elle conclave et justement le but c'est qu'il y ait pas d'intervention des politiques.

La CFDT a joué le jeu est resté jusqu'au bout de ces négociations et donc il y a pas de bouger effectivement sur les 64 ans mais le patronat fait quelques concessions. On y va ensemble par exemple sur la pénibilité. Il propose de revoir le compte professionnel de prévention pour que celui-ci prenne en compte la manipulation de charges lourdes, les postures pénibles ou les vibrations mécanique.

Et ça passerait donc par l'acquisation l'acquisition de de points d'usure pour les personnes concernant pour les personnes concernées et donc ce serait des formations qui seront proposées, des aides à la reconversion. Là vous voyez pas une amélioration ? Ben en fait le problème c'est que il faut le diable est toujours dans les détails et là en l'occurrence il n'y aurait plus de départ anticipé lié à ces critères et surtout ces quelques mesures sur lesquelles le patronat commence à bouger elles seraient financées par d'autres reculs et donc par exemple par la remise en cause du dispositif carrière longue qui permet à celles et ceux qui ont commencé à travailler très tôt de partir avant 64 ans et ça le patronat veut le resserrer.

Ça ça s'appelle une négociation sur les départs anticipés. Le patronat dit bah ce pourra être acté, ça pourra être possible euh si ces salariés en question euh euh ne pour une incapacité. Donc en fait le problème c'est que les départs anticipés sont possibles seulement une fois que l'atteinte sur la santé est là et très grave et que de fait les salariés ne peuvent plus travailler.

C'est l'inverse du principe de réparation de compenser le fait qu'on a eu 20 30 40 années de travail pénible en permettant de partir plus tôt. Là les départs anticipés seraient seulement pour les salariés qui seraient malades. C'est un problème.

Mais quand la CPME dit il faut insister sur la prévention, nous on va dire aux entreprises que si vous ne faites pas suffisamment de prévention, vous pouvez avoir des pénalités sous la forme d'une hausse des cotisation accident du travail et maladie professionnelle. Il y a une pression quelque part qui est qui qui est mise sur les entreprises. Là-dessus aussi, vous dites c'est pas suffisant.

Oui, là-dessus, encore une fois, il faut regarder les détails et le niveau des des sanctions et de pénalités. Il y a déjà des pénalités pour les entreprises qui ont beaucoup d'accidents de travail et aujourd'hui on constate que ces pénalités sont totalement insuffisantes puisque la France a le record européen en terme d'accident de travail et de mort au travail. Sur les sur la question des femmes, le patronat se dit favorable à ce que celles qui ont eu des enfants voient leurs pensions calculer sur une base plus favorable.

C'estàd que sur leurs 25 meilleures années de rémunération, ça pourrait être sur les 23 ou 24 meilleures années. Là encore, est-ce que c'est un progrès oui ou non ? Bah, encore une fois, c'est en échange d'un recul, c'est-à-dire que euh en échange, le patronat demande de supprimer la bonification pour les mères de famille qui euh, si elles ont toutes leurs animités à 63 ans euh pourraient partir avec une majoration de pension et ça le patronat veut le supprimer.

Ce qu'on comprend, c'est que pour vous, c'est euh c'est tout ou rien. C'est euh voilà, si on il y a pas de recul sur l'âge légal, il y a pas de bon accord, tout serait à jeter. Bah ce qui est sûr, c'est que la stratégie du patronat, c'est de concéder quelques miettes pour graver dans le marbre les 64 ans.

Et pire, puisque ce qu'il veut aussi mettre en place avec cet accord, c'est un système de pilotage automatique qui permettent de reculer progressivement l'âge de départ en retraite dès qu'il y aurait des des besoins de financement sans faire de nouvelles réformes. certain nombre de pays européens parce qu'on nous rappelle qu'aujourd'hui la France euh voilà avec les 64 ans sera à peu près dans la moyenne des pays européens mais des pays européens qui vont à 67 70 ans et qui suivent l'espérance de vie par exemple c'est ce qui a été mis en place en Suède avec un résultat catastrophique puisque en Suède le montant des pensions des Suédois c'est s'est effondré depuis 20 ans et l'introduction de ce système. Il y a le premier ministre François Baou qui veut mettre de l'huile dans les rouages.

Il propose une prime pour maintenir les salariés les plus âgés dans l'emploi. Écoutez-le. L'idée que un salarié qui aurait atteint ses droits à la retraite, s'il décide de rester au travail, on peut lui verser une partie de sa retraite en plus de son salaire.

Je suis persuadé que tout le monde a à y gagner. Il y a une prime et il y a en même temps des économies puisqueon ne verse pas la retraite. Alors, qu'est-ce que vous en pensez ?

Une partie de la retraite pendant que le salarié qui est un peu plus âgé continue à travailler. Ben, en fait, c'est complètement à côté du sujet. C'est faire comme si il y a des salariés seiors qui choisissaient de partir avant l'âge légal de de départ en retraite.

C'est faux. Le problème c'est que les seniors se font licencier par dizaines de milliers à partir de 55 voire de 50 ans. Et donc le la solution elle est à chercher du côté de sanction en direction des entreprises.

C'est pas les seigneurs, ils veulent rester, ils veulent continuer jusqu'à l'âge de départ en retraite. Le problème c'est qu'ils ne peuvent pas et qu'ils sont poussés vers la sortie par euh les les employeurs. On a on a un sujet quand même de méthode euh dont on parle depuis euh ce matin parce que euh vous nous parlez de vos revendications mais concrètement vous n'êtes pas à la table des des discussions.

Est-ce que vous vous dites pas parfois les choses se seraient passées différemment s'il y a quelques semaines, quelques mois, vous n'aviez pas décidé de de partir ? Est-ce que n' pas de regret ? Malheureusement, je n'ai pas de regret parce que euh ce qui apparaît très clairement aujourd'hui, c'est ce que nous avons dit il y a 2 mois, à savoir que le patronat, le gouvernement se sont mis d'accord pour que le sujet central soit exclu des discussions.

Mais les choses ne se seraient pas passé différemment si vous aviez été à la table de Je pense pas beaucoup euh parce que de fait la négociation est totalement verrouillée avec le sujet central qui ne peut pas être négocié à savoir l'âge de des parents mais ça pose la question de votre influence, de votre pouvoir de discussion. Et ben malheureusement comme on le sait, c'est d'ailleurs pour ça que pour nous le terme dialogue social est assez mal choisi. C'est pas comme si on dialoguait entre amis autour d'une table.

Il y a une notion, c'est le rapport de force. Et avec ces discussions, le gouvernement a mis le patronat dans un rapport de force extrêmement favorable puisqu'il lui a dit "Si n'aboutit pas, la réforme sera maintenue." Donc le patronat n'a aucun intérêt à revenir sur les 64.

Mais parce que le gouvernement a mis en avant la nécessité que les les comptes soient à l'équilibre. Oui. Non mais ça nous nous n'avons pas de problème avec ça.

Nous avons des propositions pour dégager de nouvelles ressources pour le système de retraite, notamment l'égalité salariale et professionnel qui permettrait de faire rentrer beaucoup d'argent, notamment le fait d'élargir l'assiette des cotisations et de soumettre à cotisation les primes, l'épargne salarial et l'intéressement. Le fait de soumettre aussi à cotisation les dividendes. Voilà les pistes que la CGT met sur la table et qui n'ont pas du tout été discuté.

Patron où le patronat ne cesse de le répéter. les cotisations sociales sont selon eux trop élevées. Oui, on a un patronat qui passe son temps à pleurnicher alors que la France est le pays européen qui distribue le plus de dividendes.

Donc on voit que de l'argent il y en a. Le problème c'est qu'il ne part pas dans les bonnes poches. Le patronat pour financer le système a d'autres propositions que les vôtres.

Évidemment, euh il propose par exemple l'alignement de la CSG des retraités les plus aisés sur celle des actifs et une désindexation partielle des pension des retraités les plus aisées. C'est ce que je disais tout à l'heure par rapport à l'inflation. Ça, c'est un pas que vous ne saluez pas.

Ah, c'est une ligne rouge. C'est très inquiétant. Ça fait partie de des choses très inquiétantes dans ces discussions, c'est que comme le patronat ne veut pas payer, il veut euh faire passer les retraités à la caisse et euh dans ces discussions, il veut acter une baisse massive dans la durée des pensions de retraite. que le conseil d'orientation des retraites nous indique justement que dans les prochaines années, le niveau de la pension des retraités va décrocher par rapport au revenus des actifs que les retraités vont s'apauvrir dans les prochaines années avec si avec des propositions comme celles du patronat, ça ferait encore reculer le niveau de vie des retraités, ça serait dramatique.

Sophie Binet, vous voyez Jérôme, on parlait tout à l'heure, votre position, elle est un peu compliquée ce matin effectivement puisque vous avez quitté la table des négociations. Comment ne pas apparaître pour comme la contrôleuse des travaux finis alors que vous avez pas participé à grand-chose ? Est-ce que vous misez sur les politiques maintenant ?

C'est-à-dire qu'une fois que l'accord sera scellé entre partenaires sociaux, est-ce que vous demandez au Parti socialistes notamment de rajouter son grain de selle ? Ce que nous demandons, c'est euh aux députés, à l'Assemblée nationale, de faire ce pourquoi ils ont été élus, à savoir abroger la réforme des retraites. C'est d'ailleurs ce qu'ils ont dit au gouvernement et au patronat le 5 juin dernier en votant euh à une très large majorité euh un vœu demandant l'abrogation de cette réforme des retraites.

Maintenant, ils doivent se donner les moyens d'abroger cette réforme qui fait beaucoup de mal. C'est la seule issue possible. Il a une dernière question sur les retraites et puisqu'on parle des politiques à droite, on entend des voix comme celle de David Lisner ou Édouard Philippe parler de la capitalisation euh de de la retraite par capitalisation et même Marlise Léon d'ailleurs de la CFDT disait il y a quelques jours dans le Figaro sur cette retraite par capitalisation, nous n'avons pas de tabou.

Quelle est votre réponse sur ce sujet ? C'est très dangereux la capitalisation parce que euh d'abord ça coûte très cher donc ça voudrait dire cotiser plus pour euh mettre notre argent en bourse. Ensuite, il n'y a aucune solidarité dans la capitalisation et il n'y a aucune garantie de récupérer sa mise.

On l'a vu il y a quelques semaines avec les retraités américains qui ont vu leurs pensions partir en fumée à cause des folies de Donald Trump sur les tarifs doués. Seulement de capitalisation. On reste dans le régime par répartition.

On peut pas se payer le luxe d'avoir une partie de notre pension qui ne serait plus garantie. C'est ça le problème. Donc la répartition, c'est un système qui fonctionne très bien.

Il faut cotiser plus pour avoir davantage de retraite par répartition. Je vois pas en quoi le fait de cotiser plus pour avoir une retraite par capitalisation serait la solution enfin si ça serait la solution pour les banquiers et les assureurs qui veulent spéculer sur notre argent. Voilà l'enjeu en fait.

Nos retraites c'est un marché qui intéresse de nombreux acteurs privés à commencer par le patronat. C'est la raison pour laquelle ils veulent mettre un étage de capitalisation. On ne laissera pas faire.

Sophie Binet, secrétaire général de la CGT. On vous retrouve juste après le fil info. Il est 8h46, Maurine Junior.

Il faut absolument cesser cette escalade qui peut devenir hors de contrôle, affirme sur France info le porte-parole du qu d'ors 5e nuit de tension entre Israël et l'Iran. De fortes explosions entendu à Tel Aviv et Jérusalem ce matin après des tirs de missiles iraniens. Le président américain a quitté en avance la réunion du G7.

Il assure que son départ n'a rien à voir avec un possible cesser le feu. C'est bien plus important que cela, dit-il sur son réseau social. Donald Trump convoque un conseil de sécurité nationale à Washington.

Un nouvel accident mortel. Une femme de 38 ans a été tuée à Reinsce la semaine dernière par un airbag défectueux de la marque Takata. Information de la cellule d'Investigation de Radiofance.

Le constructeur n'avait pas envoyé de courrier pour lui demander d'arrêter de conduire son véhicule. Ces airbags ont déjà fait une vingtaine de morts en France. La Fédération française du bâtiment salue une grande victoire mais ce mifie des entourloupes.

Réaction à l'annonce du gouvernement sur MAP Prime Renove. Finalement l'exécutif maintient le dispositif pour les travaux isolés de rénovation. Et puis les voyageurs de retour, le trafic dans les aéroports parisiens en mai dernier a dépassé celui de mai 2019, c'est-à-dire avant la période Covid.

France info le 830 France info Jérôme Chapui, Salia Braia et Sophie Vinet la secrétaire générale de la CGT. On a une question sur Renault. Renault dont le patron Lucas Demmeo est parti un peu précipitamment après 5 ans de services.

Il a démissionné soudainement. Qu'est-ce que vous retenez ? Le redressement de l'entreprise ou son départ précipité ?

Bah ce qu'on retient c'est que il a fait beaucoup de bien aux actionnaires, beaucoup moins aux salariés. En 5 ans, il a supprimé 8000 emplois directs à Renault et des milliers d'emplois indirects. Il a fermé de très nombreuses fonderies, par exemple, de façon très violente.

Euh la société avéronaise de métallurgie, la fonderie du Poitou, MBF dans le Jura et cetera. Donc c'est un bilan catastrophique pour les salariés, pour l'industrie française. On entend beaucoup un bon patron de Renault.

Bah pour les actionnaires, oui, pour les salariés beaucoup moins et donc on ne va pas le pleurer. Par contre, je suis quand même très choqué par la façon dont il part. Ça montre son absence totale d'attachement à la périnité de l'entreprise et il y a une forme d'irresponsabilité qui est choquante.

Il va chez Kering pour information Locado. Qu'est-ce que vous géant du luxe ? Voilà, le géant du luxe effectivement, qu'est-ce que vous demandez à à son ou sa successeur ?

Est-ce que vous avez un profil particulier en tête à suggérer ? Et ben le profil, c'est un industriel qui se donne comme priorité le made in France et la défense de notre industrie. On sait que Renault depuis des années ne cesse de délocaliser sa production en prétextant de la question environnementale pour mieux envoyer les véhicules être fabriqués partout dans le monde à part en France.

La CGT porte depuis des années une proposition d'un petit véhicule électrique produit en France qui serait qui pourrait être vendu autour de 15000 € pour les ménages. C'est ce que fait Nissan au Japon. Et bien ce que nous demandons au futur patron de Renault, c'est de mettre ce véhicule en chantier et de s'engager à construire un petit véhicule populaire en France électrique.

Sophie Binet, impossible de ne pas vous parler du budget pour l'année prochaine qui est en préparation actuellement. Euh, est-ce que vous êtes consulté à ce sujet par le gouvernement, par le premier ministre ? Non, parce que il il le premier ministre a tenu une conférence de presse en avril dernier où il a dit qu'il allait le faire, qu'il allait réfléchir avec tout le monde, avec vous, notamment partenaires sociaux.

Oui, ben nous n'avons absolument pas été consultés sur ce qui est en train d'être travaillé aujourd'hui. Alors, sur l'orientation générale, est-ce que vous êtes parce que l'idée, on l'entend, c'est de de d'agir assez largement sur les dépenses, 40 milliards d'euros d'économie, pas sur les recettes là-dessus. Vous êtes déjà vous n'êtes pas d'accord.

Oui, c'est ça. Le problème est là. Le problème en France, c'est un manque de recette.

C'est d'ailleurs les rapports de la Cour des comptes qui l'ont montré. Depuis le Septenaat d'Emmanuel Macron, les impôts pour les plus riches ont baissé chaque année de 73 milliards. Donc, on perd chaque année 73 milliards de recettes à cause des cadeaux qui ont été faits pour les entreprises et pour les ménages les plus aisés.

C'est là-dessus qu'il faut travailler. Vous dites que le problème c'est le niveau des recettes, mais les macronistes vous répondront. toujours ce chiffre hein que en France on on prélève 57 % de la richesse nationale et c'est à peu près 10 points de plus que la moyenne européenne.

Ça veut dire qu'on peut on doit prélever encore plus. Ça veut dire qu'on doit prélever de façon plus juste parce que aujourd'hui la TVA par exemple n'a jamais été aussi élevée alors que c'est un impôt extrêmement injuste et on sait que les plus riches payent de moins en moins d'impôts notamment sur le patrimoine. Le problème c'est que aujourd'hui en France on vit dans un pays de rentier.

On vit mieux de sa rente de son patrimoine que de son travail. Il n'y a plus d'ascenseur social. Le problème quand vous dites que la TVA n'a jamais été aussi élevée, il est arrivé qu'elle soit là que son taux soit plus élevé.

C'est le c'est le le rendement de la TV. Ouais. Maintenant est plus important largement que celui de l'impôt sur le revenu.

Donc vous n'êtes pas sur l'idée de la TVA sociale proposée par Emmanuel par Emmanuel Macron à savoir une partie de la TVA qui finance notre notre sécurité sociale. C'est déjà un peu le cas aujourd'hui mais que ce soit beaucoup plus important. Non, ça serait une TVA antisociale parce que ça serait faire baisser le pouvoir d'achat de tous les travailleurs et les travailleuses pour financer de nouveaux cadeaux pour le patronat.

Ça serait un scandale. Le Sénat, majorité de droite, a rejeté la proposition écologiste qui avait été votée à l'Assemblée nationale. La taxe appelée euh Zucman.

Elle prévoit un impôt minimal de 2 % sur le patrimoine de ceux qui euh qui gagnent plus de 100 millions d'euros et permettrait donc de générer 20 milliards d'euros de recettes. Les sénateurs ont expliqué leur choix parce que cela en fait en disant cela enverrait un signal négatif aux investisseurs. Cet argument là vous le recevez absolument pas.

Non, je trouve que c'est scandaleux. La taxe Zucman, c'est une mesure de bon sens. Mettre à contribution les 1800 personnes les plus riches de France, ça permettrait de faire entrer chaque année 20 milliards d'euros, c'est-à-dire l'équivalent du budget de l'enseignement supérieur et de la recherche avec un risque de les inciter à quitter le territoire.

C'est le le touour. Toujours le même chantage avec les plus riches qui menacent de quitter le pays si on les met à contribution parce qu'on entend il faut préciser qu'on entend certains certaines voix qui sont favorables à cette taxe Zucman mais qui disent que ça ne peut se faire au minimum qu'à l'échelle européenne et a priori même à l'échelle mondiale. Bah d'abord ce qui serait bien ce serait que la France défende ça au niveau européen or elle ne le fait pas et ensuite cet argument est toujours employé pour du coup justifier que on ne fasse rien.

Ce que toutes les études démontrent, c'est que en réalité la fuite des plus riches, elle est très marginale quand il y a des changements de niveau d'imposition et puis je les appelle aussi à un minimum de patriotisme. On vit dans le même pays, oui ou non ? C'est important que quand on a des moyens, on contribue au financement des services publics et à la justice sociale.

Mais on pose la question parce que faut aussi être pragmatique quand on parle d'impôts. Vous dites il y a à peu près 1800 personnes concernées. C'est ce que disent les promoteurs de cette taxe qui disent aussi ça rapporterait 20 milliards d'euros.

Mais sur les 1800 personnes concernées, s'il y en a 300 qui partent, ce serait déjà des milliards qui partiraient. Oui, ben c'est pas grave. On aurait déjà récupéré des milliards avec les 1500 personnes restantes.

Et puis encore une fois, je je veux redire une chose toute simple. On parle de personnes qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine. Ça sert à quoi d'avoir plus de 100 millions d'euros de patrimoine ?

Il y a des niveaux de richesse qui sont aujourd'hui totalement indécents, qui sont extrêmement dangereux pour le climat parce qu'on sait que plus on est riche, plus on pollue et qui sont catastrophiques pour notre justice sociale et notre cohésion sociale. C'est très important justement d'envoyer un message fort en disant que nous sommes toutes et tous des citoyens et des citoyennes égaux devant l'impôt. Or aujourd'hui, plus on est riche, moins on paye d'impôts.

On lit les le gouvernement va miser sur les dépenses, va se concentrer sur les dépenses et parmi ces dépenses, il y a le nombre de fonctionnaires Sophie Binet pour faire des économies. La baisse du nombre de fonctionnaires, leur nombre, il faut le dire, a augmenté de 178000 entre 2017 et 2022 et de de 63000 en 2023. Clairement, y a-t-il trop de trop de fonctionnaires ?

Bah, aller le demander dans un hôpital, dans une école ou dans une dans une université. Au contraire, on a des secteurs entiers qui sont sous-dotés et en grande difficulté. Notamment, il y a des milliers d'élèves qui n'ont pas d'enseignants ou d'enseignantes en face d'eux parce que des milliers d'enseignants ne sont pas remplacés à cause des suppressions de postes décidées sous l'air de Nicolas Sarkozi.

Il y a besoin de plus de recrutement dans un certain nombre de secteurs clés. Il y a besoin de plus de moyens. Une réorganisation à faire, pas plus forcément de fonctionnaires, mais plus une réorganisation.

C'est ce que dit Éric Lombard, le ministre de l'économie. D'accord. Bien, ce que je lui demande à monsieur Lombard, c'est de me dire où est-ce qu'il y a trop de fonctionnaires ?

Et là, j'attends toujours la réponse en fait parce que on nous a dit pendant longtemps qu'il y avait trop de fonctionnaires à Ber fonctionnaires aux impôts. Mais en fait, avoir des fonctionnaires aux impôts, c'est justement pouvoir traquer la fraude et l'optimisation fiscale. Et aujourd'hui, ce que nous disent les fonctionnaires de Beris, c'est qu'ils n'ont plus les moyens de s'attaquer à ceux qui fraudent l'impôt.

Donc, c'est un gros problème aussi pour les finances publiques. Euh, Sophie Minet, euh, on parle beaucoup évidemment depuis vendredi de cette guerre entre Israël et l'Iran. au salon du bourget qui a lieu depuis le le début de de la semaine près de Paris, cinq stands d'industriels israéliens ont été recouvert par des panneaux à cause de la présence d'armes offensives.

C'est ce que dit le gouvernement français, le gouvernement israélien conteste. Décision donc de de François Baïou. Est-ce que vous l'approuvez ?

Oui, c'était indispensable. Le problème, c'est que le gouvernement devrait euh faire de même et interdire immédiatement toute exportation d'armes en direction de Benjamin Netahu et de ce régime qui est en train de commettre un génocide à Gaza et de mettre à feu et à sang toute la région. J'ai une question sur le là encore le rôle des syndicats.

Est-ce que c'est le rôle de militant, de syndicat de de s'impliquer d'intervenir comme ça dans le débat lors d'un conflit qui n'est pas sur le sol français ? Les organisations euh syndicales sont internationalistes. Nous sommes regroupés au sein de la confédération syndicale internationale, la Confédération européenne des syndicats et donc nous portons de façon identitaire les valeurs de paix, de justice internationale, de droit international.

C'est pour ça que nous avons des positions sur le conflit au proche- Orient. Et puis par ailleurs, quand on est travailleur et travailleuse, on est concerné par ce conflit. par exemple euh les dockers et les portuaires de fausse qui ont fait cette action en refusant de charger des armes, c'est leur éthique professionnelle qui était en jeu.

C'est le sens de leur travail. On leur demandait de charger des armes pour aller assassiner des milliers de civils à Gaza. Bah, ça c'est pas possible.

Euh, une toute dernière question sur un tout autre sujet, mais on va voir ça dans quelques instants avec la la météo sur France info. Il fait chaud, il fait très chaud. Il pourrait même y avoir une canicule d'ici la fin de la semaine.

On parlait ce matin sur France Info de cette grève à l'appel de la CGT à Gor depuis quelques jours. Les éboueurs réclament par exemple de travailler en short. Euh les conditions de travail euh ça fait des années maintenant qu'on parle de la canicule ne sont toujours pas adaptées euh notamment au travail à l'extérieur.

Oui, je confirme. Euh et euh c'estes fortes chaleurs et cette absence d'adaptation est responsable chaque année euh de dizaines de morts. Mais le code du travail a évolué pourtant euh de façon beaucoup trop marginale.

Ce que nous demandons, c'est qu'il y ait des températures maximum au-delà desquelles il soit interdit de travailler en extérieur et de faire des travaux physiques parce qu'on sait mesurer l'impact sur la santé des fortes chaleurs, y compris par exemple ramasser les ordures. Euh et bien il faut adapter euh le travail pour euh effectivement adapter euh les tenues, pouvoir décaler les horaires, pouvoir alléger euh les journées, euh permettre en gros de prendre des mesures qui permettent d'atténuer la pénibilité de ce travail parce que sinon chaque année, nous avons des dizaines de morts à cause des fortes chaleurs dans le secteur agricole ou dans le secteur de la construction par exemple, ça n'est pas acceptable. Merci Sophie Binet secrétaire général de la CGT.

Vous étiez l'invité de France info ce matin. Dans un instant, Renault Délia Braakilia pour les informer. [Musique] pour donner aux parents plus de contrôle sur les applications que leurs