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AutreFrance Culture — Le Temps du débat (sur Site radio)· 25 décembre 2025 38 minContradictoireMixteEnvironnement & énergieInstitutions & élections

JOP d’hiver 2030 dans les Alpes françaises : pourquoi tant de critiques ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 33:57InvitéFait
    « Les Jeux olympiques se moquent comme de leur première chemise de la transition de la montagne. »

Temps de parole

  • Invité28 %
  • Présentateur24 %
  • Invité 224 %
  • Invité 321 %

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0:02
Présentateur

France Culture, question du soir, Antoine Dulster La ferveur olympique se serait-elle déjà essoufflée ? C'était promis, après l'immense succès populaire des Jeux de Paris 2024 qui avaient surpris jusqu'à leurs adversaires, on allait enfin pouvoir renouer avec l'optimisme et l'enthousiasme des grands projets sportifs. Un an et demi plus tard, cet élan olympique semble avoir du mal à trouver le chemin des Alpes françaises qui se prépare à une nouvelle édition des Jeux d'hiver pour 2030. Les critiques des défenseurs de l'environnement de la montagne se font déjà entendre. Il y a urgence, nous disent-ils, à mettre en œuvre la transition.

Cet argumentaire rejoint d'autres critiques déplorant un manque de démocratie et de transparence dans l'organisation de ces Jeux. Ce débat prend une tournure politique alors que la loi olympique indispensable à l'organisation de ces Jeux est en ce moment même entre les mains des députés. Les Jeux olympiques d'hiver 2030 ont-ils été bien préparés ? Comment expliquer tant de critiques ? Nous en débattons avec trois invités. Guillaume Desmurs, bonsoir.

1:06
Invité

Bonsoir.

1:07
Présentateur

Vous êtes journaliste, vous avez publié Le Crépuscule des Jeux, paru en février 2025 aux éditions Paulsen. Eric Monin, bonsoir. Bonsoir à vous. Merci d'être avec nous à distance. Vous êtes ambassadeur de l'université Marie et Louis Pasteur, membre de la commission éducative du CIO, ancien ambassadeur de Paris 2024 et auteur de Deux Chamonix à Beijing, un siècle d'olympisme en hiver aux éditions Desiris. Et Benoît Thomasson, bonsoir. Bonsoir. Merci à vous aussi d'être avec nous à distance. Vous êtes directeur général des services de la mairie de la Clusa. Merci à tous les trois d'être au micro de Questions du Soin.

1:43
Invité

Je voulais vous faire découvrir en avant-première ce qui va être notre site olympique pour le ski nordique. Les équipements qu'on va mettre là pourront nous servir ensuite sur la durée, pour pouvoir accompagner nos jeunes qui pourront ensuite, après les Jeux olympiques, pratiquer le ski nordique ici. Là on voit l'année 2030, ça va être une année charnière, parce qu'on voit déjà en montagne, les impacts du dérèglement climatique, le manque de neige et en 2000. Le projet de loi qui nous est présenté aujourd'hui s'inscrit dans un climat que nous devons regarder avec gravité et qualifié sans détour, un climat de déni.

Faut-il vous rappeler que dans ce type de zone, il est interdit de prélever quoi que ce soit en nature, en termes de faune ou de flore. Et vous, vous allez y installer je ne sais quoi au motif de Jeux olympiques. Nous ne sommes pas du tout opposés au sport. Par contre, ce dont nous ne voulons pas, c'est du sport business.

2:54
Présentateur

Voilà un florilège par notre réalisatrice Margot Page, des opposants à l'organisation des JO d'hiver 2030, des manifestants mais aussi des parlementaires, la sénatrice écologiste Mathilde Olivier, la députée insoumise Elisa Martin et le député LR Laurent Wauquiez que vous aurez reconnu. Guillaume Desmurs, c'est avec vous, si vous le voulez bien, que je souhaiterais commencer cette émission. Des oppositions donc qui se font entendre de plus en plus bruyamment, alors que la préparation de cet événement entre dans le dur, c'est-à-dire dans le temps législatif. Y a-t-il un problème de rythme autour de ces Jeux olympiques à venir ? Le train est-il parti trop tôt ?

3:35
Invité

Oui, on peut dire que le train est parti trop tôt. Il est parti avec la moitié des passagers et puis la moitié du matériel. Pour le dire autrement, ce sont des Jeux olympiques qui ont été construits de façon très opaque. Entre Laurent Wauquiez qui était à l'époque président de la région Aura et Renaud Muselier, président de la région PACA, ça s'est décidé entre eux, y compris qui va avoir quelles épreuves. Ça s'est décidé dans un coup de fil de dix minutes, je le rappelle, même Laurent Wauquiez dans une interview. Donc ils ne s'en cachent même pas.

Donc c'est des JO qui sont partis très très vite, qui ont été gagnés, puisque l'attribution a été officielle en juillet 2024, sans combattre, puisqu'il n'y avait pas d'autres candidatures. Et c'est des JO, je le précise, qui aujourd'hui encore n'ont produit aucun document officiel. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il n'existe aucun document officiel émanant de la candidature qui détaille ce qui va se passer. Où ? Comment ? Quelles épreuves ? La liste des sites d'épreuve n'est toujours pas publiée. Et surtout, combien ça va coûter ? Donc on est aujourd'hui dans le flou le plus total. Et les opposants, je le précise, et j'en fais partie, ne sont pas contre les JO.

On a grandi dans les montagnes, on aime le sport. Les JO, c'est un événement qui est assez extraordinaire.

4:51
Présentateur

Qui marque l'esprit public en France. Il y a eu des grands précédents, Grenoble en 68, Albertville en 92.

4:55
Invité

Bien sûr, qui marque l'esprit, qui marque une époque aussi. Les opposants ne sont pas contre les JO, ils sont contre la façon dont ces JO-là se construisent et se financent.

5:05
Présentateur

Éric Monin, ces perturbations relèvent-elles de l'exercice de style classique, somme toute, des opposants aux grands projets sportifs ? Est-ce que la ferveur olympique peut avoir raison de ces discussions, comme c'était le cas à Paris 2024 ? Beaucoup de critiques en amont, et puis finalement des JO qui se passent très bien.

5:25
Invité

Merci tout d'abord de votre invitation. Simplement, ce que je voudrais dire, c'est que quelle chance d'avoir des personnes qui puissent peut-être aussi, pas forcément s'élever, mais être dans une logique, pas contestataire, ce n'est pas mes termes, mais de pouvoir demander des explications. Pourquoi ? Parce qu'en fait, nous sommes dans un état démocratique, et je crois que c'est une véritable chance, il faut le dire ça quand même, nous ne sommes pas dans un état autoritaire ou dictatorial, donc c'est une chance de pouvoir s'exprimer.

5:51
Présentateur

Donc la critique est bénéfique à l'organisation des JO, c'est ce que vous dites ?

5:54
Invité

Je crois que moi, que tout le monde a le droit de s'exprimer, ça c'est la première chose. La deuxième chose, je voudrais dire que le système olympique international a totalement changé. Nous ne sommes plus du tout dans le même système opérationnel. Je vais peut-être un petit peu développer, si j'ai un petit peu de temps. C'est-à-dire qu'avant, il y avait des villes candidates. Des villes candidates, et c'était sept ans avant, elles pouvaient déposer des dossiers, etc. Aujourd'hui, tout le système a changé. Nous sommes dans ce qu'on appelle le dialogue informel, où des villes vont demander, vont proposer.

Moi, par exemple, je rentre d'Inde, là je suis rentré samedi d'Inde, où en fait l'Inde aujourd'hui est dans le dialogue informel, avec le CEO, pour tout simplement solliciter l'organisation des Jeux de 2036. Rien n'est fait, mais ils sont dans un dialogue informel. C'est ce qui s'est passé, en fait, pour Paris, pardon, pour Alpes 2030. Et après, donc, en fait, il y a eu ce qu'on appelle un avis consultatif qui a été favorable du CNOSF. Moi, je vous le dis, je siège au CNOSF.

Le 19 juillet 2023, il y a eu une confirmation de l'État, avec tout simplement une lettre d'attention en 2023 qui a été rendue avec des documents, notamment qui ont été réalisés pour Alpes 2030, avec notamment une étude de faisabilité du CEO sur les Jeux de la Pays d'Hiver. Donc, en fait, il y avait d'autres candidatures, pas candidatures, mais dialogues informels avec la Suède et avec la Suisse. Et en fait, c'est la France, le 24 juillet 2024, à la 142e session du CEO, qui s'est vue attribuer les Jeux. Donc, en fait, il y a tout un protocole.

Et effectivement, tout ça a changé, notamment avec ce qu'on appelle l'agenda 2020 du CEO, où, en fait, c'est une remise en cause, en quelque sorte, des candidatures comme on l'a vu par le passé. Donc, oui, tout le système a changé au niveau international, et Alpes 2030 s'inscrit dans cette logique-là de dialogue informel pour passer après à un dialogue ciblé. C'est un peu technique, mais simplement, c'est pour vous expliquer que tout ça n'est pas quelque chose de coutimieux, comme on pouvait le voir par le passé.

7:48
Présentateur

Alors, Benoît Thomasson, comment se profile de votre côté la préparation de ces Jeux Olympiques 2030 à la Clusa ? Êtes-vous confiant, y compris avec ces oppositions qui font un peu de bruit dernièrement ?

8:01
Invité

Alors, déjà, merci, effectivement, de nous inviter et de donner la parole aussi aux collectivités hautes. Et on a saisi l'opportunité, parce que c'est important pour nous de vous dire qu'on est en responsabilité et le défi est grand. Le défi est grand parce qu'il reste 4 ans, que dans 4 ans, on sera à la veille des Jeux Olympiques et qu'on a quelques aménagements à réaliser, notamment en matière de mobilité. Et surtout, un grand défi, comme vous l'avez souligné, c'est celui d'emporter les populations dans un enthousiasme olympique, en tout cas dans un travail de communication et de transmission des informations.

Et on ne peut pas nier qu'aujourd'hui, pour l'instant, l'information n'a pas été développée à son paroxysme, ça c'est certain. Enfin, à la Clusa, nous avons déjà travaillé avec la jeunesse de la Clusa. On a fait, il y a bientôt un an, une réunion avec les jeunes de la Clusa pour comprendre ce que représentait pour eux l'accueil des JO, ce qu'ils en attendaient, quelles étaient leurs lignes rouges. Des choses très intéressantes sont ressorties et deux axes principaux. Le premier élément, c'est que ce soit un esprit de fête et un esprit qui engage le rêve, en fait, le rêve olympique, le rêve sportif.

Et un deuxième esprit, un deuxième point, pardon, la responsabilité, celle de faire que ces JO soient l'opportunité d'emmener la Clusa dans une évolution, évidemment, et de préservation des espaces naturels, puisque pour nous, les compétitions de ski de fond auront lieu sur le site magique, et on ne peut pas dire autre chose, des confins, un site qui ne devra pas, et ne sera pas mis à la sauce JO. C'est bien les JO qui s'adapteront au site des confins et pas l'inverse. Edgar Gros-Piron, le président du COJOP, l'a rappelé quand il était présent sur site début décembre.

Et c'est vraiment dans cet état d'esprit-là que nous sommes, c'est-à-dire la responsabilité, l'engagement énorme de tous les acteurs de la Clusa et au premier chef de nos élus, et puis aussi la responsabilité par rapport au patrimoine naturel qui nous entoure tous les jours.

10:02
Présentateur

Alors, Guillaume Desmurs, Benoît Thomasson évoque la consultation des habitants de la Clusa il y a quelques instants. Vous évoquez, vous, un manque de consultation populaire et qui risque d'avoir des conséquences juridiques importantes puisque la France doit justifier ce manque de consultation devant une instance de l'ONU, en vertu d'une convention qui oblige justement ce type de consultation. Où en est-on ?

10:30
Invité

Alors, déjà, il faut faire la différence entre information et concertation. Informer, ce n'est pas tout à fait demander leur avis à la population. Et puis après, il faut l'écouter, l'avis. C'est-à-dire qu'il faut avoir une gouvernance qui puisse intégrer l'avis qui remonte. Ça, ça n'existe pas dans le COJO, par exemple. Le COJO n'a pas organisé aucune réunion ni d'information ni de concertation. Concernant la légalité, puisqu'il s'agit de l'égalité, c'est-à-dire de respect à la fois des conventions internationales, celle d'Aurus, et donc une plainte a été déposée et reçue par l'ONU.

11:06
Présentateur

Peut-être quelques mots sur cette convention d'Aurus. C'est un traité de 1998 qui est censé garantir l'information et la participation du public en matière d'environnement et qui a donc été ratifié par la France en 2002, qui donc impose ce type de consultation.

11:19
Invité

Voilà, de consultation en amont de l'événement qui puisse conduire peut-être à son annulation si tel est le souhait de la population. La France n'a pas respecté. C'est un groupe d'associations qui a porté plainte en disant la France n'a pas respecté cette convention. Et puis, il y a d'autres plaintes qui ont été déposées également au tribunal administratif de Marseille et de Lyon pour dénoncer. Et elles ont été reçues. Elles sont donc en ce moment étudiées par la justice pour dénoncer l'illégalité en fait de cette démarche de l'absence de concertation. Donc là, on parle de respect des lois françaises.

11:53
Présentateur

Alors, Benoît Thomasson, alors sans se projeter dans une annulation des JO réellement, on voit tout de même que, alors sans parler forcément des Jeux Olympiques, mais une conflictualité existe bien autour de l'usage de la montagne aujourd'hui. Je voudrais faire une incise dans le développement de cette émission puisqu'une ZAD a emporté un combat justement sur la commune de Laclusa. Il s'agissait d'un conflit d'usage concernant les retenues d'eau pour de la neige artificielle. Alors, la justice a donné raison aux défenseurs de l'environnement et ça montre bien la sensibilité de ces enjeux autour de l'avenir de la montagne. Comment gérer cette conflictualité localement ?

Benoît Thomasson, pardonnez-moi.

12:37
Invité

Alors, gérer cette conflictualité localement, c'est d'abord communiquer en amont, c'est présenter nos projets, recueillir évidemment l'avis de la population et puis faire les choses de manière approfondie en travaillant. La décision de justice s'est notamment appuyée sur l'insuffisance de l'étude d'impact environnemental. Cela veut dire qu'au moment où les études ont été réalisées, elles ne l'avaient pas été de manière assez approfondie. Donc, ça veut aussi dire faire les choses de manière plus approfondie en respectant toutes les règles liées notamment aux codes de l'environnement, à la dérogation aux espèces protégées.

Alors, pardonnez-moi, c'est un peu technique, mais l'aspect principal sur le conflit d'usage, c'est de travailler sur les sujets et notamment les sujets qui fâchent. Par exemple, la question de l'eau, qui fâche en tout cas les sujets essentiels, qui fâchent parce qu'il y a eu une ZAD et parce qu'il y a eu des sujets conflictuels effectivement à la Clusa, mais on a dépassé tout cela. On organise des réunions publiques, on fait intervenir des experts, on fait intervenir un certain nombre de personnes qui sont à même de transmettre et de donner de l'information, donner des connaissances.

Beaucoup de choses ont été dites lors de la mobilisation contre la retenue de la Colombière, notamment qu'il y aurait une réserve d'eau de 5 millions de mètres cubes sous la Clusa. Après investigation, on en a trouvé 18 000, ce qui est bien loin des 5 millions. Et malheureusement, ça a aussi emporté des choses. Donc l'importance de la transparence de l'information et de partir sur des bases. Et je pense que c'est nécessaire à tout débat public d'ailleurs. Et moi, en tant que fonctionnaire territorial, j'y suis très attaché. C'est le point de départ, c'est qu'il faut que l'on soit d'accord sur les données d'entrée, sur les données du débat.

Et pour cela, la collectivité publique a un rôle essentiel qui est celui de transmettre, de partager les informations. C'est ce qu'on s'attache à faire depuis plus de deux ans maintenant, avec des réunions publiques organisées par nos élus qui mettent en avant l'ensemble des sujets clés. Alors il y a des sujets plus intéressants médiatiquement et des sujets un peu moins intéressants quand on développe des services à la population avec une maison des habitants et des animations socioculturelles. Ça fait moins rêver que quand on met une ZAD avec des protestataires qui montent des cabanes dans les arbres pour protéger des armes. Mais ce sont deux sujets absolument essentiels.

Chacun défend ses causes. On est en démocratie. Ils ont chacun le droit de le faire. L'important et le rôle de la collectivité, c'est d'abord et avant tout, je pense, de partager l'information pour que tout le monde parte sur un pied d'égalité en la matière.

15:07
Présentateur

Alors venons-en, si vous le voulez bien, aux enjeux financiers de ces Jeux olympiques d'hiver 2030 puisque c'est l'un des nœuds du problème qui nous amène d'ailleurs à reparler de Paris 2024 puisque la Cour des comptes dressait le bilan de ces Jeux récemment. 6,65 milliards d'euros pour les dépenses de l'État et des collectivités pour l'organisation de ces Jeux olympiques et moins de 300 millions d'euros de recettes fiscales générées. Guillaume Desmurs, vous, vous évoquez un budget de ces JO qui sera en constante augmentation. Où en est-on ? Que savons-nous aujourd'hui sur ces chiffres ?

15:40
Invité

Ce budget, ce n'est pas moi qui l'évoque, c'est l'inspection des finances. Un rapport de mars 2025 qui a fuité. Heureusement, parce que sinon, on n'a aucune information. C'est le quatrième rapport d'inspection des finances qui ont été demandé par les trois premiers ministres successifs. Ils sont restés confidentiels. Celui-ci a fuité. Et qu'est-ce qu'il nous indique ? Il nous indique que, malgré ce que nous dit le Cojo, on ne dépassera pas les 2 milliards. Ils en sont revenus depuis.

le budget devrait, en tout cas, selon l'estimation de l'inspection des finances, le budget du Cojo, c'est-à-dire juste le comité d'organisation, atteindre 2,2 milliards et avec un investissement de l'État, donc de l'argent public, à hauteur de quasiment 750 millions d'euros. Alors qu'avant, il était annoncé à 425. Donc, ça augmente de partout. Le budget de la Solideo, qui est l'autre organisme qui est chargé de livrer les infrastructures pérennes, on ne le connaît pas encore. Et puis, il y a un troisième budget dont on parle peu, c'est celui de la mobilisation des services de l'État, notamment la sécurité.

16:46
Présentateur

Ça a coûté plus cher que prévu, notamment à Paris en 2024.

16:49
Invité

Voilà.

16:49
Présentateur

Pour la sécurisation, notamment.

16:51
Invité

Exactement. Il y a la sécurité, il y a aussi tous les fonctionnaires, y compris les services hospitaliers qui seront mis à disposition. Tout ça, c'est un coût. Et ce budget-là, on l'oublie souvent. Donc, en réalité, ces JO, ils ne vont pas coûter 2 milliards ni 2,2. Ils vont coûter le Cojo, 2,2.

17:06
Présentateur

Le Cojo, pour préciser quand même, c'est le comité d'organisation

17:08
Invité

des Jeux Olympiques. Les Jeux Olympiques et Paralympiques. Le Cojo 2030 sont véritables noms. Aujourd'hui, on ne connaît pas la liste des sites officiels. Par exemple, la question est est-ce qu'il y aura des épreuves à Val-d'Isère ou pas ? Ça aura un impact sur le coût. Ce qui est important, c'est qu'on ne connaît toujours pas le budget de ces Jeux Olympiques. D'ailleurs, c'est l'une des raisons pour laquelle le président du département de la Savoie, Hervé Guémard, s'est retiré, assez agacé qu'il a envoyé au Cojo.

Disons, le département de la Savoie se retire des réunions de préparation des Jeux 2030, notamment en disant, et je le cite, la Savoie, le département de la Savoie n'est pas la variable d'ajustement budgétaire. Aujourd'hui, il n'y a pas de maquette...

17:53
Présentateur

Ça peut être un mouvement d'humeur mais qui ne préjuge pas de ce qui sera finalement la participation du département in fine.

18:00
Invité

Sauf qu'aujourd'hui, Hervé Guémard nous dit qu'il n'y a pas de maquette budgétaire. Il ne sait pas où il va. Les collectivités non plus ne savent pas combien ça va leur coûter. La Clusa aujourd'hui, et M. Thomasson pourra peut-être me contredire, mais comme tous les autres sites potentiellement olympiques, puisque la liste n'est pas encore officielle, ne savent pas exactement combien vont coûter les installations aux finances publiques. Et le cœur du débat sur le budget, c'est ça, c'est combien ça va coûter d'argent public. Argent public dont on a besoin, notamment pour la transition, mais dans un contexte aussi assez tendu sur le plan budgétaire budgétaire dans la France.

18:35
Présentateur

Éric Monin, ces investissements très lourds sont toujours nécessaires dans une logique de grands événements sportifs. Est-ce que les acteurs locaux s'y retrouvent ? Est-ce que c'est quelque chose de finalement assez classique ?

18:50
Invité

Déjà, je voudrais revenir sur quelque chose qui a été dit par M. Benoît Thomasson, et c'est absolument vrai, c'est un peu l'adage du comité internationale olympique, c'est que les jeux s'adaptent à l'autre et l'autre ne s'adaptent pas aux jeux. Voilà, ça c'est une priorité. Pourquoi ? Parce que comme ça a été dit, on a un célèbre économiste qui s'appelle Vladimir Andreef, c'est que les jeux, par le passé, ont toujours été extrêmement déficitaires. Avant cette émission, j'ai fait quelques recherches et notamment, il y a une étude qui a été menée par Alexander Budzer, également Flevberg d'Oxford, qui nous dit que globalement, Tokyo, c'est les plus chers jeux avec 33,4 milliards de dépenses.

Après, nous avons Rio, 23 milliards. Après Londres, nous avons 16. Et pour les jeux olympiques d'hiver, c'est Souchi qui trône en premier avec environ un peu moins de 30 milliards de dépenses. Après Beijing, 8,7 milliards. Donc oui, les jeux, par le passé, c'est ce que dit Vladimir Andreef, c'est que lui, il va même parler d'un concept le vainqueur maudit. Le vainqueur est maudit. Voilà. Parce que tout ça entraîne des dépenses incroyables. Par contre, comme ça a été souligné, il y a quelque chose qui est très important à dire quand même, je crois à l'antenne, c'est que les jeux de Paris 2024 ont pour le coup, eux, créé un excédent d'environ à peu près 30 millions d'euros.

Et là, pas plus tard que cette semaine, est sorti notamment quelque chose qui est très intéressant. C'est sorti sous l'égide du Credoc et notamment à la demande du Haut Commissariat à la stratégie au plan, qui est une donnée fondamentale qui doit être prise en compte. C'est qu'effectivement, comme ça a été rappelé, la dépense publique sur les jeux de Paris 2024, c'est environ à peu près de 7 milliards de dépenses publiques. Mais le Credoc et le Haut Commissariat à la stratégie et au plan nous rappellent que le coût, en fait, doit être divisé par deux. Pourquoi ?

Parce qu'il y a une donnée fondamentale qui doit être prise en compte, notamment quelque chose qui est impalpable, qui est compliqué à mesurer, la satisfaction des volontaires, l'amélioration des transports francilien, pour le coup, l'amélioration de l'accessibilité pour les personnes en situation de handicap ou plus généralement, la fierté et l'image de la France. Et tout ça, d'après le Credoc, d'après le Haut Commissariat de la stratégie et au plan, est mesuré à environ à peu près, je dirais, 3 milliards d'euros, 2,8 milliards d'euros. Donc en fait, aujourd'hui, il y a une donnée fondamentale. Ce qui compte, ce n'est pas en fait le tangible.

Ce qui compte, c'est l'intangibilité, quelque chose d'immatériel.

21:21
Présentateur

Un élan populaire comparable à ce qui a eu lieu pendant Paris 2024,

21:25
Invité

par exemple. Voilà, c'est ça. Quelque chose où ça entraîne.

21:27
Présentateur

Mais ça a quand même

21:27
Invité

un coût. Ça a un coût, mais comme nous le rappelle le Credoc cette semaine et le Haut Commissariat, tout ça, en fait, doit être comptabilisé dans les dépenses publiques. Donc effectivement, comme ça a été rappelé, il y a à peu près 7 milliards, mais en fait, cette dernière annonce, 2,8, allez, à peu près la moitié, doit être considérée comme une fierté nationale, comme une image positive et qui va nous ramener en fait du tourisme et plein plein d'autres choses. Donc en fait, ce que je voudrais essayer de vous dire, c'est qu'il y a une nécessité à aller peut-être au-delà d'un budget comptable, mais également quelque chose d'immatériel qui doit être pris en compte.

22:04
Présentateur

Benoît Thomasson, alors de quels moyens avez-vous besoin du côté de la Clusa pour l'organisation de ces Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver 2030 ? Quels aménagements, des routes, des lieux d'hébergement, quels sont vos besoins réellement ?

22:18
Invité

Alors, les besoins, on les a déterminés et on a, comme l'a dit l'interlocuteur précédent, on a travaillé avec Solidéo, avec le COJOP et on travaille en étroite collaboration de manière quasi quotidienne parce que nous avons, et les élus, avaient déterminé un projet pour la Clusa qui préexistait au projet Olympique et on a adapté le projet Olympique à ces projets-là. et de ce fait, en matière financière, pour nous, il était inenvisageable d'accueillir les JO et que ça devienne un gouffre financier. Nos élus l'ont posé dès le départ, dès le début des discussions et nous ne dévions pas de ce cap. Nous savons où nous allons aujourd'hui.

Alors, on est en train de discuter, les éléments financiers, effectivement, comme l'a dit M. Desmurs, ne sont pas encore communiqués, validés, délibérés. Néanmoins, nous avons des discussions et des échanges. On n'en est pas encore à l'ère de la communication parce que tout n'est pas figé. On a des interlocuteurs fiables. On a le département de la Haute-Savoie qui s'est récemment positionné en responsabilité autour des collectivités hautes dans les Aravies.

Et donc, nous avons trois grands projets phares qui concentrent, qui projettent des choses sur la mobilité, l'accueil notamment de véhicules de navettes de bus à la Clusa comme on les accueille au mieux pour favoriser la mobilité évidemment dans le contexte olympique mais de manière beaucoup plus large pour l'accès à la Clusa en hiver, en été, en transport en commun notamment depuis Annecy. On travaille également sur l'aménagement du plateau des confins mais principalement sur l'extension d'un chalet d'accueil. Le chalet d'accueil du ski nordique aujourd'hui à la Clusa il est restreint, il est contraint. On veut l'agrandir sans faire quelque chose de démesuré.

On ne veut pas faire de surinvestissement et pourquoi on veut faire cela ? Parce que demain cela va nous permettre aussi d'accueillir les jeunes, les collégiens, des classes et j'ai envie de dire pas que des classes de neige mais des classes de montagne qui viendront à la fois en hiver apprendre, pratiquer tant que cela sera possible les sports de neige donc le ski de fond sur le plateau des confins mais aussi l'été et j'ai envie de dire en toute saison parce que venir à la Clusa en toute saison et découvrir les combes des Aravies en toute saison c'est quelque chose d'extraordinaire.

On voit la flore, on voit la faune et on voit aussi le patrimoine pastoral, les agriculteurs travailler à cet endroit avec leurs bêtes pour faire perdurer des productions notamment la production du reblochon. Voilà. Et puis au centre du village on va construire un gymnase, un gymnase, un pôle sportif on appelle cela à la Clusa un pôle indoor qui permettra à la fois en phase olympique d'être le camp de base pour les volontaires et on sait qu'on a besoin de beaucoup de bénévoles, beaucoup de volontaires pour accueillir tout le monde.

On chiffre cela à 700-800 bénévoles donc il faut pouvoir les accueillir dans de bonnes conditions mais surtout en post-JO être en capacité de proposer à la fois à nos associations locales, à nos jeunes des infrastructures sportives pour s'entraîner, pour aller chercher le haut niveau ou la pratique sportive. Aujourd'hui on a 17 athlètes de la Clusa qui sont dans de nombreuses équipes de France différentes, dans des pratiques différentes.

C'est une chance énorme et aujourd'hui nos jeunes ils n'ont pas les infrastructures pour s'entraîner comme ils le pourraient ou comme ils le devraient et en tout cas comme ils en ont besoin et ce pôle indoor va aussi proposer d'autres activités avec donc un aspect plutôt service public, gymnase, salle d'entraînement et un aspect plutôt pôle commercial, diversification de l'activité pour emmener la Clusa dans des transitions, tout cela au centre du village en consommant le moins d'espace possible.

25:58
Présentateur

Alors j'aimerais qu'on évoque si vous voulez bien la loi olympique qui est en examen à l'Assemblée nationale en ce moment dont l'examen sera repris à la rentrée. Cette loi comporte dans sa version à l'étude de nombreuses dispositions dérogatoires aux droits communs dans les domaines de l'urbanisme, de la fiscalité ou de la sécurité. Il s'agit d'une nécessité pour ne pas prendre de retard dans la préparation des Jeux à préciser Marina Ferrari, ministre des Sports. Guillaume Desmurs, ce principe dérogatoire aux droits communs dans tous les domaines.

C'est peut-être une technique qu'on pourrait qualifier de rouleau compresseur pour aller plus vite mais en fait c'est une loi qui est comparable à celle des JO de Paris 2024.

26:40
Invité

Et de tous les JO et j'aimerais revenir sur ce qu'a dit l'un des interlocuteurs, le CIO impose sa loi et là on en a un très bon exemple. Le CIO a conditionné la tenue des JO 2030 dans les Alpes françaises à deux conditions. La première, c'est la signature d'une lettre de garantie par l'État. Ça a été fait le 2 octobre 2024 par Michel Barnier. Une lettre qui dit, on peut la lire d'ailleurs, qui dit l'État s'engage à organiser coûte que coûte ces JO et à assumer tous les dépassements de budget. C'est-à-dire que le CIO qui est un organisme international défiscalisé qui n'est surveillé par aucun organisme ni d'un point de vue éthique ni budgétaire, organisme indépendant qui est basé à Lausanne.

Cet organisme défiscalisé international impose aux États ce genre de choses en échange du droit d'utiliser la marque déposée Jeux Olympiques. La deuxième condition qu'a imposée le CIO à la France, c'est le vote d'une loi olympique. Une loi olympique qui dit, vous l'avez résumé, dérogation en code de l'urbanisme pour aller beaucoup plus vite et puis de la défiscalisation, c'est-à-dire on ne va pas payer d'impôts pour les partenaires et pour les organismes impliqués. Bon, ça s'appelle des dérogations. Ce sont des dérogations imposées par le CIO. Le CIO impose sa loi à la France et la France obéit. Je trouve ça très curieux.

Alors, ok, ça a déjà eu lieu au JO de 2024 à Paris et c'est le cas dans les autres éditions. Cela dit, on a le droit aussi, nous sommes dans une démocratie, on l'a rappelé au début, on a le droit de dire qu'on n'est pas d'accord.

28:19
Présentateur

Alors, Benoît Thomasson, en quelques mots si vous voulez bien, parce que malheureusement, le temps file dans cette émission. Est-ce que ces dérogations constituent une demande des acteurs locaux pour aller plus vite justement dans la préparation ? Alors,

28:31
Invité

ce qu'il faut savoir surtout, c'est que ces dérogations, ce ne sera néanmoins pas le Far West. On n'entre pas dans une anarchie quelconque. On a simplement, par exemple, en matière d'urbanisme et pour être rapide, un raccourcissement des procédures urbanistiques en cas de recours avec une seule instance d'appel qui sera le Conseil d'État. Ça, c'est pour faciliter la possibilité de prendre une décision de justice. Ça veut dire qu'on s'en remet quand même à la justice, à l'État de droit, néanmoins, avec des procédures accélérées. Au lieu d'être dans une première instance, un appel et une cassation, on aura une première instance puis une cassation. C'est l'exemple que je peux vous donner.

Le droit s'applique. Le code de l'environnement est toujours applicable. Le code de l'urbanisme est toujours applicable. Les règlements d'urbanisme seront toujours à respecter. En revanche, il y aura une seule instance d'appel pour que les projets puissent sortir. C'est dans 4 ans. Et dans 4 ans, il faut que tout soit prêt. S'il y a des autorisations d'urbanisme à obtenir, il faut que nous puissions les obtenir ou les délivrer, évidemment, en tant qu'autorité de délivrance des autorisations d'urbanisme.

Néanmoins, il faut aussi que les personnes qui seraient opposées puissent formuler des recours et que la justice ait le temps de se prononcer et que les organisateurs puissent éventuellement avoir le temps de se retourner également. Donc on reste tout de même, et je tiens à le dire, dans un état de droit.

29:46
Présentateur

Un état de droit. Malgré tout, des questions apparaissent notamment sur le plan environnemental et c'est l'un des sous-dossiers de ce grand dossier que j'aimerais vraiment évoquer avec vous trois en détail, si vous le voulez bien, avec une empreinte carbone importante de ces jeux, alors même que la fonte des glaciers s'accélère, la disparition du permafrost également, le recours systématique à la neige artificielle dans les stations de plus en plus. Éric Monin, est-il, est-ce que l'organisation de ces jeux correspond à l'urgence climatique aujourd'hui ? Est-ce qu'il n'y a pas peut-être un décalage ?

30:24
Invité

Alors déjà, ce que je voudrais dire, c'est que par rapport à ce qui vient d'être dit par les différentes personnes qui sont intervenues, c'est qu'en fait, le CIO, le Comité d'Intérieur Olympique a été créé à Paris en 1894, lui, il évoque ces règles, après, c'est aux nations de candidater ou ne pas candidater, voilà, donc on accède, on accepte, on n'accepte pas, c'est un peu ça la logique.

Alors ce que je voudrais dire, maintenant, par rapport à votre question, c'est que, je crois, moi, il me semble que Paris 1024, je reviens, je vais faire le lien avec Alpes 2030, c'est que Paris 1024 a été un véritable laboratoire expérimental et bien d'un mieux vivre ensemble, de mieux, comment dire, comprendre ces sociétés de demain, je vais vous prendre un exemple. Vous savez qu'avant Paris 1024, tous les grands événements mondiaux étaient principalement, comment dire, avaient recours systématiquement à des groupes électrogènes qui fonctionnaient aux énergies fossiles pour éclairer un stade ou des sites de compétition.

Je vous rappelle quand même que les Alpes, depuis une dizaine d'années, ont accueilli 94 chépins du monde ou coupes du monde dans 11 des 15 disciplines. Il faut imaginer qu'à chaque fois, à chaque fois avant Paris 1024, tout ça était orchestré à travers des groupes électrogènes à l'énergie fossile. Grâce à Paris 1024, il y a eu une expérimentation, je dirais à ciel ouvert en quelque sorte, où tous les sites olympiques ont été raccordés au réseau public électrique et notamment tous les sites avec de l'énergie donc renouvelable.

Et je crois qu'en fait, il me semble que pour Alpes 2030, nous allons assister à un véritable laboratoire expérimental, il me semble, en allant vers un nouveau modèle, en essayant de comprendre la montagne de demain. Ce laboratoire expérimental doit être une véritable, à mon avis, force pour se concentrer sur peut-être son attractivité, sur son inclusion, sur son accessibilité. Et je crois que Paris 1024, si j'ai fait encore ce lien, a réussi à combiner trois choses, trois concepts. L'excellence sportive, on l'a vu avec des énormes champions, tels que Teddy Riner, avec un patrimoine incroyable et qui a engendré un tourisme. Donc en fait, excellence, patrimoine, tourisme.

Mais je crois que les mots clés, à mon avis, les concepts clés qui doivent gouverner, notamment Alpes 2030, eh bien, ça a été rappelé, et je vais dans ce sens-là, c'est cette sobriété financière, c'est cette sobriété écologique, l'inclusion et la jeunesse. Et je crois que c'est ça, en fait, qu'il faut aller. Et je crois qu'en fait, c'est un peu une chance. Alors pardonnez-moi de vous interrompre, vraiment,

33:15
Présentateur

Éric Monin, il faut qu'on avance. Je voulais vraiment entendre Benoît Thomasson sur cette question de la transition de la montagne, parce qu'on parle souvent de fuite en avant dans la façon dont les sports d'hiver aujourd'hui continuent, leur emprise sur les montagnes. Est-ce qu'à la Clusa, c'est une question que l'on se pose, cette question de la durabilité, aujourd'hui, de ce type d'activité dans les montagnes pour les prochaines décennies ? Alors, l'activité ski,

33:40
Invité

de toute façon, est une activité économique importante pour tout l'écosystème montagnard, notamment à la Clusa. Moi, je parle pour le site de la Clusa et on sait qu'aujourd'hui, on est en train d'inventer un nouveau modèle. On travaille aux transitions et les jeux sont un formidable accélérateur de ces transitions à la Clusa dans notre état d'esprit. Je vous ai parlé des investissements qu'on souhaitait réaliser. On a mis en place un certain nombre de choses alors qu'ils ne font pas les gros titres mais qui sont néanmoins des ajustements, des adaptations.

On travaille avec notre office de tourisme, avec notre exploitant de domaine skiable pour justement poser des investissements petit à petit, poser des jalons, avec la mairie de la Clusa, bien sûr, pour poser des jalons de transition et de responsabilité. On va rénover un espace aquatique pour mettre moins d'eau, utiliser une énergie renouvelable, faire en sorte de consommer moins d'énergie. On va transformer notre patinoire l'été en grange pour les plus petits sans glace pour éviter de consommer de manière inconsidérée.

on va faire en sorte que notre domaine de montagne soit protégé, respecté et qu'on puisse apporter des activités pardon, je vais très vite, j'ai compris, on puisse apporter des activités dans les espaces déjà aménagés et qu'on laisse la place à la nature là où elle n'est pas touchée et là où elle est préservée.

35:02
Présentateur

Guillaume Desmurs, quel avenir à la fois pour les Jeux olympiques d'hiver et aussi pour la montagne ? J'aimerais qu'on parle peut-être de la façon où ces montagnes aujourd'hui peuvent vivre en 1963, donc quand même quelques décennies en arrière, le parc national de la Vanoise a été créé pour sauver des espèces animales, en l'occurrence les bouctins, ça a marché, donc ça montre peut-être que d'autres usages, même une sanctuarisation des montagnes sont possibles. Quel avenir à la fois pour les montagnes et les géos d'hiver ?

35:30
Invité

Alors d'abord, merci pour votre question, il m'est extrêmement difficile de reprendre la parole après avoir entendu autant de mensonges, autant de fables, autant de contes de fées et autant de mots et d'idées creuses marketing. Je suis désolé mais tout ce que je viens d'entendre me rend triste. Ça n'est absolument pas la direction que prennent les Jeux olympiques. Les Jeux olympiques se moquent comme de leur première chemise de la transition de la montagne. Les Jeux olympiques, c'est une marque déposée par le CIO dont il autorise les pays à l'utiliser avec des conditions très strictes. La transition de la montagne n'est pas à l'ordre du jour des Jeux olympiques, soyons très clairs.

Le cojo, on parle souvent, Edgar Gropiron qui est le président du comité d'organisation en parle souvent mais il nous a même dit qu'il avait une vision pour la montagne il y a quelques mois on l'attend toujours. Il n'y a pas de vision, il n'y a pas de stratégie de long terme. ça n'est pas le sujet du cojo. Le cojo il est là pour organiser des épreuves sportives. Donc il faut arrêter d'attendre des Jeux olympiques de la transition. Il n'y a même pas de stratégie de transition.

36:42
Présentateur

Au-delà des Jeux olympiques justement, sur ce que j'évoquais par exemple la création de parcs nationaux.

36:45
Invité

Alors la création des parcs nationaux c'était extrêmement important celui du Vercors, celui de la Vanoise. Aujourd'hui l'enjeu c'est quoi ? L'enjeu c'est notre capacité à habiter en montagne. Aujourd'hui vous avez une commune comme la Clusa comme la plupart des stations de ski d'ailleurs qui perd 1% d'habitants par an depuis 10 ans. Ce sont des communes qui sont extrêmement riches d'un point de vue économique et moi j'en viens j'ai grandi dans une commune des Trois-Vallées qui s'appelle la Vallée des Bellevilles avec trois stations internationales Val Thorens, Les Menures, Saint-Martin de Belleville. Toutes ces communes perdent des habitants depuis 10 ans.

Ces communes font face en 85 à 90% de résidences secondaires. Elles font face à des enjeux liés au nouveau régime climatique qui sont existentiels. Nous devons travailler urgemment pour permettre aux habitants de la montagne de continuer à habiter et à travailler à grandir à s'éduquer à travailler et à faire du sport dans ces montagnes. Les Jeux Olympiques n'ont pas au programme

37:42
Présentateur

la transition de la montagne. Le débat continuera sur cette antenne en tout cas prochainement pour comprendre tous les enjeux tous les tenants et aboutissants de ce dossier extraordinairement. complexe grand merci à tous les trois Guillaume Desmurs Benoît Tomasson Eric Monin d'avoir pris part à ce débat. Merci d'avoir été au micro de Questions du Soir. Et merci à toute l'équipe de Questions du Soir. Cette émission a été préparée par Louise Morfoy c'est Louise Cognard à la réalisation Margot Page à la technique aujourd'hui Marais-Claire Oumabadi. Sous-titrage Société Radio-Canada