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Conférence de presseLe Média (sur YouTube)· 18 novembre 2020 7 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéJusticeNumérique

TOUS MOBILISÉS CONTRE MACRON POUR SAUVER LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 90 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Chiffre
    « L’article 24 du texte cristallise toutes les critiques. Il prévoit un an de prison et 45 000 euros d'amende contre toute personne qui diffuserait le visage ou tout autre élément d'identification d'un policier en opération. »
  • 5:00Fait
    « La Commission nationale consultative des droits de l’homme, institution d’Etat, a dit elle-même que cette loi était manifestement disproportionnée »
  • 9:00Fait
    « Geneviève Legay, Alexandre Benalla, Cédric Chouviat, autant d’affaires où la version, et parfois les mensonges des autorités ont été mis à mal par les vidéos des journalistes et des vidéastes amateurs. »
  • 11:00Fait
    « Si demain on enlève ça, des affaires Chouviat, il n’y en aura plus, où la police est vraiment inculpée, elle est vraiment responsable de la mort de mon fils, à 100% »
  • 13:00Fait
    « Au nom de la protection des forces de l’ordre, les journalistes craignent surtout de se voir museler pour contenter les syndicats de policiers les plus réactionnaires »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Liberté de filmer la violence policière. Liberté de filmer la violence policière. Ce mardi, les principales organisations syndicales de journalistes s’étaient données rendez-vous sous les fenêtres de l’Assemblée nationale pour dénoncer le projet de loi sur la sécurité globale.

De nombreux gilets jaunes étaient également présents pour marquer les deux ans du mouvement. La journée est historique, pourquoi ? Non pas parce que c’est les deux ans des gilets jaunes, même s’il y a un anniversaire à fêter.

C’est vrai, il y a des gilets jaunes qui sont là. La journée est historique, pourquoi ? On disait souvent que la profession est difficile à rassembler, éclatée, et aujourd’hui, on voit que la profession est au rendez-vous.

La profession de journaliste s’unit, se rassemble contre une proposition de loi qui est fortement attentatoire aux libertés fondamentales : La liberté de la presse, la liberté d’informer et d’être informé. Et donc, nous voulons peser contre cette proposition de loi. Alors que l’examen du projet de loi commence dans l'hémicycle, l’article 24 du texte cristallise toutes les critiques.

Il prévoit un an de prison et 45 000 euros d'amende contre toute personne qui diffuserait le visage ou tout autre élément d'identification d'un policier en opération. Syndicalistes, ONG, associations, tous dénoncent une loi dangereuse pour la liberté de la presse. Je crois que c’est une forme de désaveu et même de capitulation, en fait, face à la menace.

Et je crois que quand on travaille bien, quand on travaille avec éthique avec morale, avec déontologie, on est pour la transparence et on n’a rien contre les images, même si parfois elles sont volées. Bien au contraire, ces deux dernières années, on a eu la démonstration que justement les smartphones, les captures d’images sur la voie publique étaient plus que nécessaires pour aider l’opinion publique à comprendre ce qui se passait sur le terrain. Puisque malheureusement on ne peut pas compter sur nos institutions pour faire la lumière sur ces tristes événements.

Je voudrais parler aussi d’un autre aspect de cette loi, qui sont les articles 21 et 22. Puisqu’à côté du fait que cette proposition de loi va entraver très largement le fait de pouvoir filmer la police, elle va en revanche donner la possibilité à la police de nous filmer dans à peu près tous les contextes. Et sous couvert de donner un cadre juridique pour notamment l’utilisation de drones équipés de caméras, elle va autoriser leur emploi dans pratiquement tous les contextes.

Cette loi, elle n’a pas d’utilité. Pourquoi l’article 24 n'a-t-il pas d’utilité ? Tout simplement parce que dans le droit pénal français, vous avez déjà plusieurs dispositions qui sont là pour protéger les policiers.

Oui bien sûr, il faut protéger les policiers contre les éventuelles agressions dont ils pourraient être victimes. La première remarque là-dessus, c’est que nous attendons toujours du ministère de l’Intérieur et des syndicats de police qui sont les promoteurs de ce texte, des indications sur la réalité des agressions des fonctionnaires de police, sur internet, puis qui seraient agressés à leur domicile. On attend toujours les chiffres, ils n’arrivent pas.

Les policiers ne veulent pas être filmés parce qu’ils ne veulent pas être sous le regard des journalistes et du contrôle citoyen. L’ONU, l’ONU hier a rappelé que cette loi ne pouvait pas être passée. L’ONU, c’est-à-dire la communauté des nations a indiqué que cette loi était illégale, avant même qu’elle ne soit passée parce qu’elle est contraire aux traités internationaux.

Elle est contraire à la communauté internationale. La Commission nationale consultative des droits de l’homme, institution d’Etat, a dit elle-même que cette loi était manifestement disproportionnée et qu'elle ne permettrait pas de régler les atteintes aux fonctionnaires de police, sans porter une atteinte manifestement disproportionnée à la liberté d’information. Vous avez toutes les associations des droits de l’homme, tous les syndicats de journalistes, toutes les associations professionnelles de journalistes qui sont là réunies aujourd’hui pour que cette loi ne passe pas.

Geneviève Legay, Alexandre Benalla, Cédric Chouviat, autant d’affaires où la version, et parfois les mensonges des autorités ont été mis à mal par les vidéos des journalistes et des vidéastes amateurs. Le père de Cédric Chouviat, est là, il arbore le visage de son fils, tué par la police lors d’un simple contrôle routier. Il est venu dire pourquoi cette loi consacre l’impunité policière.

S’il n’y avait pas eu de vidéo, de témoignages, de gens que les juges sont allés rechercher, s’il n’y avait pas eu tout ça, s’il n’y avait pas eu d’appel à témoins, on n’en serait pas là aujourd'hui. On est proche de la victoire, Monsieur Darmanin peut faire ce qu’il veut. Il y a des vidéos, il y a tout ce qu’il faut et aujourd’hui c’est grâce à ça : Grâce à la vidéo, grâce aux témoignages qu’on a pu en arriver là.

Donc, si demain on enlève ça, des affaires Chouviat, il n’y en aura plus, où la police est vraiment inculpée, elle est vraiment responsable de la mort de mon fils, à 100%, il n’y a pas de passe droit, il n’y a rien. Là, ils sont au pied du mur, ils vont être obligés de reconnaître. Donc, aujourd'hui, si on enlève ça, n'importe qui va se faire tuer demain.

Il n’y aura pas de preuve, il n’y aura pas de témoin, il n’y aura rien et ils feront comme d’habitude : “Il a été agressif, il a été ceci, il a été violent.” C’est ce qu’on nous a dit pendant 48 heures, avant l’appel à témoin. Et quand l’appel à témoin a fonctionné, qu’il y a eu des images, des vidéos, là il y a eu silence.

Au nom de la protection des forces de l’ordre, les journalistes craignent surtout de se voir museler pour contenter les syndicats de policiers les plus réactionnaires, De manière préventive si la loi passe avec cet article 24, le journaliste pourra être arrêté, mis en garde-à-vue, son matériel confisqué, de manière préventive. Il va y avoir aussi une autocensure dans les rédactions et ça ce n’est pas possible. En France, ce n’est pas possible.

Dans la patrie des droits de l’homme, au pays des Lumières, ce n’est pas possible que les rédactions s'autocensurent. Si les forces de l'ordre, l'Etat, ont la main sur les images, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est eux qui vont faire la propagande, les images de demain.

Ça veut dire que c’est eux qui vont diffuser sur les télévisions leurs images, leur vision des choses ? Ce n’est pas possible. C'est le travail du journaliste de décrypter, d'analyser toutes les données.

Cette loi est complètement liberticide dans plein d’aspects. La nuit tombe et la manifestation gagne en ampleur. Plus tard dans la soirée, des heurts vont éclater sur le boulevard Saint-Germain.

Des journalistes y seront violentés et menacés par la police parce qu’ils faisaient leur travail. Une photographe sera interpellée. Un avant-goût du nouveau schéma du maintien de l’ordre.

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