Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 7 septembre 2024 64 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEnvironnement & énergieEurope & internationalInstitutions & élections

Bardella s'installe, Marion Maréchal revient #cdanslair Archives 2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 31 %Attaque 46 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:56OuverteÉludée

    Elle a annoncé hier soir qu'elle serait tête de liste aux Européennes sous les couleurs de reconquête. C'était une surprise ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Elle dit Marion Maréchal, je le fais pour mes filles, pour le pays... Elle montre sa volonté de peser de nouveau ?

  • 4:39RelanceRéponse directe

    C'est quand même un risque pour Éric Zemmour. Pourquoi ?

  • 5:57ComplaisanteRéponse partielle

    Et il dit, le président de Reconquête, il dit, nous allons faire des européennes du 9 juin prochain un référendum sur l'immigration. C'est vraiment la stratégie.

  • 6:49OuverteRéponse partielle

    Bon, il y a cette annonce, mais mis à part ça, qui peut dire ce qu'il a fait depuis un an ?

  • 7:44OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a ce défi pour elle ? C'est-à-dire de montrer qu'on ne l'a pas surévaluée, que ce n'est pas que le fantasme de la droite ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:11Invité politiqueFait
    « En fait, je me permets juste une petite nuance, elle ne l'a même pas annoncé elle-même. »
  • 2:26Invité politiqueFait
    « Éric Zemmour, juste avant que Marion Maréchal aille à la télévision pour annoncer sa candidature, Éric Zemmour a tenu à l'annoncer lui-même sur Twitter et dans le Figaro. »
  • 3:13PrésentateurFait
    « Elle dit Marion Maréchal, je le fais pour mes filles, pour le pays, la perspective qu'elle puisse grandir dans un pays où le sujet du voile et de l'abaïa devient quotidien, un pays rythmé par les destructions et les émeutes. »
  • 4:52Invité politiqueChiffre
    « Il a fait 7,7 à la présidentielle. »
  • 5:02Invité politiqueChiffre
    « 5%, c'est la barre minimale. »
  • 5:42Invité politiqueFait
    « Et il a qualifié les européennes de présidentielles du pauvre. »
  • 6:10PrésentateurFait
    « Le président de Reconquête, il dit, nous allons faire des européennes du 9 juin prochain un référendum sur l'immigration. »
  • 6:40PrésentateurChiffre
    « Reconquête a totalement disparu des radars depuis ses 7% à la présidentielle. »
  • 8:27Invité politiqueFait
    « C'était avant même que Eric Zemmour se lance en politique et où Marion Maréchal s'était déjà retirée de la vie politique et en fait nourrissait, d'ailleurs plus ou moins de son plein gré, le fantasme du retour. »
  • 10:31Invité politiqueChiffre
    « Elle avait encore dans notre dernière mesure qui datait d'avant l'été, un quart des Français, c'est-à-dire quasiment le même score qu'avait à l'époque Jordan Bardella, qui a progressé depuis, qui avait une bonne image d'elle. »
  • 13:58Invité politiqueChiffre
    « Si une majorité de Français a toujours une opinion négative de Marine Le Pen, sa popularité grimpe à 37%, 10 points de plus en deux ans. »
  • 14:02Invité politiqueChiffre
    « 42% des sondés lui trouvent l'étoffe d'une présidente en hausse de 14 points, quand 35% la jugent compétente pour sortir la France des crises, 8 points de plus qu'en 2021. »
  • 18:17Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'on continue sur une ligne qui est la ligne, au fond, rassemblement populaire contre les élites qui ont complètement échoué à gérer le pays et on leur fait payer aux élections ? »
  • 18:39Invité politiqueFait
    « Jordan Bardella disant qu'il faut recréer l'UMP. »
  • 20:00Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen, 34%, deuxième personnalité préférée des Français, qui a progressé encore et surtout qui a maintenu son socle d'image après la présidentielle, ce qui est assez rare pour les candidats, quels qu'ils soient, après une présidentielle où on a été très exposé en général, on redescend plutôt dans l'atmosphère et on abîme un peu son socle électoral. »
  • 28:35PrésentateurFait
    « Il a déjà à peu près validé l'expression de grand remplacement. »
  • 37:53InvitéFait
    « Ce viticulteur essuie chaque année de lourdes pertes à cause de la sécheresse. »
  • 38:05Invité politiqueFait
    « Sans eau, pas de vie. Avec de l'eau, de la vie. Tout simplement. »
  • 38:37Invité politiqueFait
    « Ça fait 40 ans qu'on fait des efforts tous les ans. 40 ans qu'on supprime les matières actives. »
  • 38:41Locuteur 7Fait
    « 40 ans qu'on nous met des contraintes supplémentaires. »
  • 39:42Invité politiqueChiffre
    « Quand on demande est-ce que ça doit être une priorité d'action du gouvernement, il n'y a que 12% des électeurs de Marine Le Pen qui disent oui. »
  • 39:58Invité politiqueFait
    « L'électorat du Rassemblement national ne considère pas que l'écologie est une priorité. »
  • 41:58Invité politiqueFait
    « La taxe carbone était incroyable. »
  • 42:15Invité politiqueChiffre
    « Même si vous avez une aide non négligeable, 4 000 ou 5 000 euros. »
  • 43:05Invité politiqueFait
    « La France n'émet que très très peu de CO2 à l'échelle mondiale. »
  • 45:16Invité politiqueChiffre
    « Quand on pose la question sur est-ce qu'elle est capable de réformer le pays, elle a progressé de 12 points en 5 ans. »
  • 45:24Invité politiqueChiffre
    « Est-ce qu'elle a les qualités nécessaires pour être présidente de la République ? Elle a progressé de 16 points en 5 ans. »
  • 52:14Invité politiqueChiffre
    « Selon un sondage, 26% des interrogés jugeaient les filles dangereuses pour la démocratie contre 21% pour le RN. »
  • 56:15Invité politiqueChiffre
    « 57% des personnes interrogées ont dit qu'elle était d'extrême droite. »

Temps de parole

  • Marion Maréchal62 %
  • Présentateur30 %
  • Invité3 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. C'est une ascension et c'est l'ascension de l'héritier que surveille de très près toute la classe politique. Jordan Bardella, 27 ans, qui conduira la liste de rassemblement national aux européennes, gagne peu à peu en autorité, en autonomie avec une Marine Le Pen qui se fait très discrète depuis la dernière présidentielle. Depuis hier soir, il sait qu'il devra compter avec une autre Le Pen sur sa route, la nièce Marion, qui revient en politique pour conduire la campagne sous les couleurs du parti d'Éric Zemmour.

Sondage après sondage, la normalisation du rassemblement national s'installe avec des Français qui mettent Marine Le Pen au deuxième rang des personnalités préférées derrière Édouard Philippe et qui considèrent à 44% qu'elle peut apporter des solutions utiles au pays, selon un sondage publié en début de semaine dans Libération pour Via Voice. Mais il reste des sujets sur lesquels elle est hors des radars pour les Français, à commencer par celui essentiel de l'écologie où elle peine encore à convaincre. Bardella s'installe, Marion Maréchal revient. C'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir. Jérôme Jaffray, vous êtes politologue, chercheur associé au Cevipof.

Avec nous ce soir, Louis Ossalter, vous êtes journaliste politique à Marianne. Je rappelle votre livre, Marion Maréchal, le fantasme de la droite aux éditions du Rocher. Alix Bouillaguet est avec nous, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Enfin, Bernard Sananès, vous êtes politologue, président de l'Institut de sondage Elab. Dans votre tout dernier baromètre, d'ailleurs, Marine Le Pen et Jordan Bardella sont à leur plus haut niveau. Marine Le Pen à 34% de bonnes opinions et Jordan Bardella à 27%. Nous allons revenir dans le détail avec vous ce soir. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct.

Nous allons beaucoup parler de Marine Le Pen, de Jordan Bardella, mais je voudrais quand même parler du énième retour. Peut-être, je me tourne vers vous, Louis Ossalter, parce que vous avez écrit un livre sur Marion Maréchal Le Pen. Elle a annoncé hier soir qu'elle serait tête de liste aux Européennes sous les couleurs de reconquête. Le parti d'Éric Zemmour, c'était prévu, c'est une surprise ?

2:11
Marion Maréchal

En fait, je me permets juste une petite nuance, elle ne l'a même pas annoncé elle-même. C'est-à-dire qu'Éric Zemmour, juste avant que Marion Maréchal aille à la télévision pour annoncer sa candidature, Éric Zemmour a tenu à l'annoncer lui-même sur Twitter et dans le Figaro. Donc il y a eu cette espèce de concurrence entre les deux sur qui allait officialiser la candidature. C'est une mauvaise manière ? Ça montre qu'en fait, ça fait plusieurs mois qu'il y a des tensions au sein de reconquête sur l'identité de la tête de liste. Et le dilemme était uniquement entre Éric Zemmour et Marion Maréchal.

C'est-à-dire que soit Éric Zemmour choisissait d'y aller lui-même et de porter les couleurs de son propre parti, soit Marion Maréchal qui le voulait, c'est-à-dire qu'elle était très poussée par son clan, par ses proches, qui agissaient au sein de reconquête pour faire du lobbying pour sa candidature. Soit c'était Marion Maréchal qui allait prendre cette tête de liste. Ça a été tranché, il part en campagne assez tôt et on constate que c'est seulement quelques jours après que Jordan Mardella ait officialisé une candidature qui n'est pas du tout une surprise. Mais on remarquera que lui, c'est lui et lui seul qui l'a annoncé.

Ce n'est pas Marine Le Pen qui a donné une interview pour expliquer qu'il serait tête de liste européenne.

3:13
Présentateur

Alors elle dit Marion Maréchal, je le fais pour mes filles, pour le pays, la perspective qu'elle puisse grandir dans un pays où le sujet du voile et de l'abaïa devient quotidien, un pays rythmé par les destructions et les émeutes. C'est vrai qu'on a eu l'impression à un moment donné qu'elle prenait du champ avec la politique. Il y a eu cette association avec Éric Zemmour pendant la présidentielle. Pour le coup, elle montre sa volonté de peser de nouveau ?

3:39
Marion Maréchal

Oui, c'est un peu un deuxième retour en deux ans, même pas, puisqu'on se souvient de cette campagne présidentielle où Marion Maréchal choisit de rompre définitivement avec son retrait de la vie politique en participant à un meeting d'Éric Zemmour. Sauf qu'il y avait un gros problème de timing. Éric Zemmour commençait déjà à chuter dans les sondages après ses déclarations sur l'Ukraine et la Russie. C'était après le déclenchement de la guerre lancée par Vladimir Poutine. Et puis, il y a des choses qui jouent à un détail.

Mais vous voyez, quand Marion Maréchal a participé à ce meeting à Toulon pour officialiser son soutien à Éric Zemmour, il se trouve que Zemmour avait épuisé son temps de parole sur les chaînes de télévision et que ce meeting n'a pas été retransmis. Alors vous voyez, c'est des choses qui, dans une campagne présidentielle, se jouent à pas grand-chose, mais qui font parfois la différence entre le professionnalisme et l'amateurisme. Donc ce retour, compte tenu du score ensuite d'Éric Zemmour à la présidentielle, n'a pas été une réussite. C'est le moment qu'on puisse dire. Ça ne l'a pas spécialement aidé. Là, elle retente sa chance, j'allais dire.

Sauf que maintenant, c'est elle la tête d'affiche. En tout cas, c'est elle la tête de liste.

4:37
Présentateur

Jérôme Jaffray.

4:39
Marion Maréchal

Alors, c'est quand même un risque pour Éric Zemmour. Ah bon ? Pourquoi ? Il laisse passer une campagne nationale. Et ça n'est pas rien, une campagne nationale. Ce sera la seule d'ici 2027, accessoirement. Il la laisse passer. Il a fait 7,7 à la présidentielle. Il faut 5% pour avoir des élus au Parlement européen, aux prochaines élections européennes. Elle se joue à la proportionnelle. 5%, c'est la barre minimale. Donc, en dessous de 5%, c'est le désastre pour Reconquête, pour Marion Maréchal-Le Pen. Mais pour Éric Zemmour aussi, puisqu'à ce moment-là, son parti n'arrive même pas à avoir des élus dans un scrutin à la proportionnelle.

Et si, inversement, Marion Maréchal fait mieux que 7,7%, la pression pour qu'elle soit la candidate à la présidentielle de 2027 sera extrêmement grande. Un dernier mot pour compléter ce que l'éminent spécialiste de Marion Maréchal vient de nous dire. Éric Zemmour prend un risque, mais d'un autre côté, il a été journaliste très longtemps. Et c'est 10, comme vous le savez, comme nos téléspectateurs le savent. Et il a qualifié les européennes de présidentielles du pauvre. Ça n'encourage pas pour lui à y aller. Lui considère que c'est la seconde division qui est en train de mener les listes. Alors, on va en discuter pour Jordan Bardella. Bien sûr.

L'expression seconde division peut encore s'appliquer à lui. Mais seconde division, alors que lui, il est en première division. Donc, ça n'est plus son combat.

6:06
Présentateur

Et il dit, le président de Reconquête, il dit, nous allons faire des européennes du 9 juin prochain un référendum sur l'immigration. Oui, c'est vraiment la stratégie. Elle est un petit peu sur deux pieds. C'est un référendum sur l'immigration. Et puis, l'union des droites, ça, Reconquête poursuit un petit peu ce mouvement-là. Ce qui est intéressant pour Marion Maréchal, c'est que c'est aussi... Elle va avoir un rôle clé. C'est la dernière cartouche. Parce que c'est vrai qu'elle doit remettre à travers sa candidature, remettre aussi tout un parti sur les rails. Reconquête a totalement disparu des radars depuis ses 7% à la présidentielle.

Éric Zemmour a, je crois, fait sa rentrée, je ne sais pas, hier ou avant-hier. Il l'a fait ce week-end, je crois. Voilà, ce week-end. Bon, il y a cette annonce, mais mis à part ça, qui peut dire ce qu'il a fait depuis un an ? Sa grande interview dans le Figaro, il est toujours sur les mêmes thématiques, il n'y a pas eu d'enrichissement. Donc, si elle réussit, bon, c'est vrai qu'elle aura peut-être une carte à jouer et ça peut lui donner des idées. Si elle se plante, elle se plante personnellement, elle plante Éric Zemmour, elle plante le parti. Donc, c'est un sacré pari. Vous pensez que son arrière-pensée, c'est de faire une OPA sur le parti d'Éric Zemmour ?

Moi, je pense qu'elle n'en est pas encore là. Je pense qu'elle a le droit déjà à cœur de réussir à faire cette campagne. Il faut rappeler que sa dernière campagne, la vraie campagne, c'était les régionales, c'était il y a huit ans. Donc, faire une campagne sur son nom, si elle n'arrive pas à faire élire des députés européens, là, il y a danger. Pardon, je me tourne encore vers vous, le fantasme de la droite. Il y a l'idée dans le titre du livre que vous lui avez consacré qu'elle était surévaluée à un moment donné.

Marion Maréchal, et que cette fois-ci, si elle y va, alors il y a des gens qui nous regardent et qui se disent « ces journalistes sont fous, les européennes, c'est au mois de juin », sauf que ça se passe en ce moment et que ce qui se joue est éminemment politique. Mais est-ce qu'il y a ce défi pour elle ? C'est-à-dire de montrer qu'on ne l'a pas surévaluée, que ce n'est pas que le fantasme de la droite ?

8:16
Marion Maréchal

Oui, c'était exactement le sens du titre. Alors, je précise que j'ai publié ce livre en 2020. C'était avant même que Eric Zemmour se lance en politique et où Marion Maréchal s'était déjà retirée de la vie politique et en fait nourrissait, d'ailleurs plus ou moins de son plein gré, le fantasme du retour. Vous savez, comme il y a des gens qui se retirent de la scène politique. Marion Maréchal en étant partie assez brutalement après la défaite de sa tante à la présidentielle de 2017, elle a beaucoup déçu dans son parti en le quittant.

Et en même temps, il y avait cet acte qui était assez fort pour une jeune femme qui n'avait pas 30 ans de quitter déjà la vie politique, d'être déjà une retraitée de la politique pour aller faire autre chose et de lâcher au passage un siège à l'Assemblée nationale. Ça nourrissait effectivement une attente très très forte. Et on a vu à l'occasion de son retour en soutien d'Eric Zemmour pendant la présidentielle que effectivement, ça n'a pas apporté grand-chose à Eric Zemmour. En tout cas, dans le moment où elle l'a fait, qu'elle le soutienne publiquement à quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle.

Donc, il y a effectivement cette sorte de dimension presque de revanche, je dirais, ou en tout cas de volonté de dire qu'elle peut être un atout électoral en le faisant cette fois sur son nom puisqu'elle sera tue.

9:21
Présentateur

Juste à votre avis, est-ce que ça agace profondément sa tante ? Si on parle des affaires de famille, des Le Pen.

9:26
Marion Maréchal

Les relations sont compliquées et depuis longtemps. Oui. Notamment depuis que Marion Maréchal a quitté le parti. Contrairement à ce qu'on croit, quand Marion Maréchal a quitté le Rassemblement national, Marine Le Pen n'a pas dit « Ouf, bon, on est barra ». Parce que ça a mis un grand coup au moral de ses militants.

9:41
Présentateur

Elle était très populaire.

9:42
Marion Maréchal

Elle était populaire dans la base du Rassemblement national. C'était quand même la figure connue du Front national à l'époque avec Marine Le Pen. Jordan Mardella n'avait pas encore émergé. Et Marion Maréchal a acquis une notoriété en un temps absolument en record. C'est du jamais vu en politique sur la période récente. Donc, Marine Le Pen lui en a beaucoup voulu d'avoir donné quelque part ce coup de poignard au moment où elle venait de rater son débat, où c'était très compliqué de reconstruire son parti, où elle s'engueulait avec Florian Philippot. Enfin, vraiment, elle a traversé une très mauvaise passe. Et depuis, les relations sont très épisodiques, très compliquées.

Et puis, les entourages des deux femmes, évidemment, ne font qu'en rajouter à chaque fois dans la rivalité. Et en plus, maintenant, elles sont dans deux partis différents qui vont s'affronter quand même.

10:23
Présentateur

Et qui vont s'affronter. On va le commenter ce soir, Bernard. Est-ce qu'elle existe, Marion Maréchal, pour les Français ?

10:29
Marion Maréchal

Oui, tout à fait. Malgré sa prise de distance avec la vie politique, comme on l'a rappelé, elle avait encore dans notre dernière mesure qui datait d'avant l'été, un quart des Français, c'est-à-dire quasiment le même score qu'avait à l'époque Jordan Bardella, qui a progressé depuis, qui avait une bonne image d'elle. Et surtout, ce qui est intéressant de noter, c'est qu'elle est en quelque sorte à équidistance entre l'électorat de droite, l'électorat du Rassemblement national et l'électorat de reconquête. Elle est bien sûr très populaire chez l'électorat de reconquête. Huit électeurs qui ont voté Zemmour en 2022 ont une bonne image d'elle.

Mais plus de six électeurs sur dix qui ont voté Marine Le Pen également. Et l'électorat de droite a aussi une bonne image d'elle. Donc, elle est à cette équidistance. Mais pour autant, elle a des atouts dans cette bataille. Mais elle a une vraie différence avec le combat qu'a mené Éric Zemmour en 2022. Elle va être confrontée à la question du vote utile. Ça, c'est évident. Le Front national, le Rassemblement national a gagné, il ne faut pas l'oublier, deux fois les élections européennes. Aujourd'hui, les enquêtes valent ce qu'elles valent. Mais montrent qu'il n'y a pas pour l'instant photo entre une liste RN et une liste reconquête.

Et donc, elle va devoir se faire sa place pour montrer à quoi ça sert de voter pour reconquête et pour la liste qu'elle va conduire. Donc, ce n'est pas tout à fait la même bataille qu'Éric Zemmour, qui est entré dans la campagne très vite en challengeant, en tutoyant, le score que faisait Marine Le Pen, même si, dans certains sondages, dans ce Délab, il n'a jamais été devant... Petit rappel.

11:51
Présentateur

Non, mais c'est important.

11:52
Marion Maréchal

Un mécontrère. Il n'a jamais été devant Marine Le Pen. Mais en tout cas, c'est vrai que sa dynamique le mettait en position de challenger de Marine Le Pen. Là, finalement, pour Marion Maréchal-Le Pen, aujourd'hui, le vrai premier enjeu, c'est de faire plus qu'Éric Zemmour.

12:05
Présentateur

En tout cas, c'est un casting qui risque d'épisser la campagne des européennes à l'extrême droite. Jordan Bardella conduira la liste pour le Rassemblement national. Et Marion Maréchal pour reconquête d'Éric Zemmour, l'ascension de l'héritier de 27 ans, et le grand retour en politique de la nièce Le Pen, qui risque, on l'a bien compris, après ce que vous venez de nous expliquer, de tourner au duel. Théomane Val et Erwann Illion.

12:27
Marion Maréchal

C'est un face-à-face aux airs de repas de famille. La nièce de Marine Le Pen contre l'héritier désigné à la tête du RN. Marion Maréchal l'a annoncé hier soir. Elle défiera Jordan Bardella aux prochaines européennes à la tête des troupes de reconquête.

12:46
Éric Zemmour

Je tiens d'ailleurs à remercier Éric Zemmour pour sa confiance.

12:49
Marion Maréchal

Un retour et un discours déjà calqué sur la campagne du polémiste à la dernière présidentielle.

12:55
Éric Zemmour

Rassembler les électeurs de droite autour d'une grande bataille, et je pèse mes mots, qui est civilisationnel, qui est historique, qui est vitale, qui est celle de la défense de notre identité, notre culture, de nos valeurs, qui sont aujourd'hui menacées par la submersion migratoire et par l'islamisation.

13:11
Marion Maréchal

Huit ans que Marion Maréchal n'avait pas replongé dans le grand bain. Sa dernière campagne électorale, les régionales de 2015, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, sous les couleurs alors du Front National. Depuis, elle s'était mise en retrait, a lancé son école privée, et a abandonné le nom Le Pen, puis le parti, qu'elle s'apprête donc à défier. Le RN emmené une nouvelle fois par son président, Jordan Bardella, 27 ans, tête de liste, comme annoncé lundi dernier. Ce n'est pas seulement une élection européenne, c'est une élection de mi-mandat. C'est en fait l'unique occasion pour les Français de sanctionner le gouvernement et de préparer la prête Emmanuel Macron.

Le président du RN voit déjà au-delà de 2024, alors que les sondages de rentrée sont favorables à sa patronne. Si une majorité de Français a toujours une opinion négative de Marine Le Pen, sa popularité grimpe à 37%, 10 points de plus en deux ans. 42% des sondés lui trouvent l'étoffe d'une présidente en hausse de 14 points, quand 35% la jugent compétente pour sortir la France des crises, 8 points de plus qu'en 2021. Restée discrète tout l'été, Marine Le Pen fera sa rentrée ce week-end. Le terrain déjà bien préparé, par les débats lancés sur la baïa ou la laïcité. Quand elle a jusqu'ici laissé Jordan Bardella se charger.

Plus 150% d'atteintes à la laïcité dans nos établissements scolaires en un an, jamais le gouvernement n'aura pris à bras-le-corps les vrais problèmes de l'école. La montée de l'islamisme et de la violence n'a pas été endiguée. Pour Éric Zemmour et son parti, le jeu s'annonce donc serré pour les Européennes après des législatives manquées. Ce matin, le chef de file de reconquête a joué la proximité avec l'ERN façon Bardella.

14:54
Éric Zemmour

Il a des idées que je ne peux pas réprouver puisque ce sont souvent les miennes. Avant de tenter de s'en démarquer. Nous sommes évidemment contre l'immigration, évidemment contre l'islamisation du pays et de toute l'Europe. Nous sommes évidemment contre les woke, nous sommes à la pointe du combat contre les woke. Et nous sommes sur le plan économique les plus, je dirais, favorables à l'économie de marché, à la lutte contre la cistana. On n'est pas socialiste comme le parlera un ensemble national. Cette fois-ci, en tout cas, Éric Zemmour ne mènera pas la bataille.

15:25
Marion Maréchal

Il fera campagne pour Marion Maréchal tout en se préparant, dit-il, pour 2027. Alors qu'avant hier, ses ennuis judiciaires ont refait surface. La cour de cassation a annulé sa relaxe pour contestation de crimes contre l'humanité après ses propos sur Pétain, qui aurait sauvé des juifs français.

15:43
Éric Zemmour

Je pense donc que tout ça est une manœuvre politique pour qu'on puisse dire à la télévision « Zemmour a de nouveau un procès, alors que j'ai gagné les deux procès, je veux dire aux Français. »

15:52
Marion Maréchal

À neuf mois du scrutin, la liste reconquête menée par Marion Maréchal est aujourd'hui testée à moins de 7% dans les sondages. Celle du RN de Jordan Bardella arriverait en tête avec 25%.

16:05
Présentateur

Juste pour faire suite à ce qui vient d'être dit dans ce reportage, si on prend l'ordre d'arrivée sur les tout premiers sondages pour les européennes ?

16:13
Marion Maréchal

C'est l'ordre de départ.

16:15
Présentateur

D'accord, très bien.

16:16
Marion Maréchal

Oui, qui est souvent, Jérôme a raison de le rappeler.

16:18
Présentateur

Très juste, surtout après un an, plus de six mois des scrutins.

16:22
Marion Maréchal

Mais surtout pour le Rassemblement national, c'est vrai que pour les européennes, les sondages, il faut le dire, ont souvent surestimé le score final du Rassemblement national parce que le RN a un enjeu de mobilisation, notamment d'un électorat populaire, qui est assez à distance de ce scrutin. Mais pour l'instant, les enquêtes publiées, et là, nos confrères, donnent un léger avantage au RN devant la liste Renaissance.

16:43
Présentateur

Cette question de David en Haute-Savoie, quelles sont les différences d'idées entre Marion Maréchal et Jordan Bardella ? Est-ce qu'il y a un vrai clivage entre ces deux extrêmes droites ?

16:54
Marion Maréchal

Si vous voulez, Reconquête, Zemmour et Marion Maréchal, qui est intervenue sur TF1 hier, elle y allait fort.

17:04
Présentateur

Sur quoi elle y allait fort ?

17:05
Marion Maréchal

Elle y allait fort sur le discours de la France menacée, quasiment de disparition, l'islamisation envahit le pays, le grand remplacement est en marche. Voilà, c'est ces thèmes. Et alors que le RN dénonce l'immigration de masse, dénonce l'absence d'autorité dans le pays, mais n'emploie pas ce vocabulaire-là. Ne l'emploie plus, en tout cas. C'est un vocabulaire que Marine Le Pen et Jordan Bardella ne sont pas exactement à ce niveau-là. Ce qui fait une situation un peu curieuse, c'est-à-dire qu'Éric Zemmour et Marion Maréchal se situent en réalité sur l'échiquier politique à l'extrême-extrême droite par rapport au Rassemblement national, alors qu'Éric Zemmour réclame l'union des droits.

Et par ailleurs, déclare que son but, c'est de prendre la place de LR, des Républicains, et de profiter des Européennes pour tuer les Républicains. Donc vous voyez, on est dans une situation où il y a une différence entre l'idéologie et la stratégie. L'idéologie extrémisée ne pousse pas à une stratégie de rassemblement. Le Rassemblement national, lui, s'interroge en revanche, je dirais, pour Jordan Bardella et Marine Le Pen. Est-ce qu'on continue sur une ligne qui est la ligne, au fond, rassemblement populaire contre les élites qui ont complètement échoué à gérer le pays et on leur fait payer aux élections ? Ou bien une stratégie consistant à dire, là aussi, l'union des droites ?

Dans Le Figaro citait un propos de Jordan Bardella, pas public, mais il le citait entre guillemets, ce qui était audacieux. Jordan Bardella disant qu'il faut recréer l'UMP. L'UMP, c'est l'ancêtre des Républicains, c'est l'union de la droite, sous Sarkozy. Et vous aurez remarqué que Sarkozy, récemment, a tenu des propos assez aimables pour les amis d'Éric Zemmour. Bref, on est dans un jeu de recomposition qui intègre les Républicains dans notre raisonnement.

18:59
Présentateur

Alors, parlons de Jordan Bardella. Déjà, je me tourne vers vous. Est-ce qu'il est juste de parler d'ascension, en tout cas en termes d'opinion ? On a l'impression, depuis cette rentrée, qu'on ne voit que lui. Il y a des confidences qui sont savamment distillées de la part de l'entourage du président de la République, sur tout le bien qu'aurait pensé le président lors de cette rencontre, sur les capacités de Jordan Bardella, sur le fait qu'il ait bien préparé, cette rencontre avec le président de la République. Est-ce qu'il y a une ascension ? Est-ce qu'il est en train de s'installer dans le paysage politique ?

19:32
Marion Maréchal

Oui, en tout cas, dans les enquêtes d'opinion, on le voit. Mais ce serait faux, surtout, de penser qu'il s'installe contre ou en creux de l'image de Marine Le Pen. Ce qui est frappant, quand on regarde les enquêtes, c'est qu'il progresse dans l'opinion, mais que Marine Le Pen progresse également. Et ce qui est intéressant dans le baromètre que nous publions ce soir pour les échos, c'est de voir qu'il y a maintenant deux personnalités du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella, dans les cinq personnalités préférées des Français.

19:58
Présentateur

C'était inconcevable il y a encore quelques années.

19:59
Marion Maréchal

Complètement, complètement. Et donc Marine Le Pen, 34%, deuxième personnalité préférée des Français, qui a progressé encore et surtout qui a maintenu son socle d'image après la présidentielle, ce qui est assez rare pour les candidats, quels qu'ils soient, après une présidentielle où on a été très exposé en général, on redescend plutôt dans l'atmosphère et on abîme un peu son socle électoral. Ça n'a pas été le cas. Et Jordan Bardella progresse, on le voit, c'est significatif. Il a aussi un avantage par rapport à Marine Le Pen. Pour l'instant, comme il est encore un peu moins identifié, il clive un peu moins que la présidente du Rassemblement national.

En revanche, quand on compare, j'allais dire, territoire par territoire, catégorie socioprofessionnelle par catégorie socioprofessionnelle, Marine Le Pen reste devant, même si le président du RN arrive à compléter l'image de Marine Le Pen. Sur quels aspects ? Sur un segment qui est intéressant, parce que c'est une des grandes faiblesses du Rassemblement national, ce sont les grandes villes de province, les grandes métropoles de province, où le RN a toujours fait des scores plutôt qu'à la mise.

20:53
Présentateur

Je cite cette phrase de Stéphane Ravier, qui est sénateur RN des Bouches-du-Rhône. À propos de Jordan Bardella, il dit « Il envoie ce que le politiquement correct décrit comme des horreurs, et ça passe crème, toujours sur le même ton, le même volume, avec son côté gendre idéal. » C'est ça le style Bardella, le gendre idéal ? C'est à la fois une vraie mécanique intellectuelle, parce qu'il ne faut pas juste le juger sur le côté impeccable, le costume, le gendre idéal.

Je pense qu'il y a aussi une vraie réflexion, c'est quelqu'un qui est extrêmement travailleur, et c'est quelqu'un, et ça c'est suffisamment rare en politique pour le souligner, dont l'ascension a été faite par Marine Le Pen, qui a préparé sa succession dans le monde politique, il n'y en a pas. Nicolas Sarkozy n'a pas fait, François Hollande n'a pas fait, Emmanuel Macron ne fait pas. Marine Le Pen, elle s'y engage, et je lui prête en tout cas, elle, une certaine sincérité dans cette démarche, et la preuve en est qu'elle l'a aidée à toutes les étapes, parce que les marches du Rassemblement national, il les aggravit quand même 4 par 4.

Que ce soit, elle l'a imposée au départ dans son entourage, en dépit de ses proches qui le voyaient d'un mauvais œil, elle l'a encouragée et protégée pour qu'il prenne le porte-parole à, elle l'a encouragée pour qu'il soit aux Européennes, et souvent, on se souvient de ce qui s'était passé quand il a pris le parti. Louis Alliot, qui était quand même assez proche de Marine Le Pen, disait « mais il n'a pas assez d'expérience, il faut quelqu'un de plus matiné, qu'il puisse parler comme ça aux gens, et puis visser un peu ce parti ». Rien du tout, Marine Le Pen, elle a désigné Jordan Bardella.

Et ça, c'est quand même assez unique dans la vie politique, même si on n'est pas dupe, les tandems, c'est souvent provisoire, Ça ne dure jamais très longtemps. Est-ce que ça durera jusqu'à 2027 ? Parce que c'est vrai que quand on parle de l'ascension de Jordan Bardella, on se dit qu'il y a un moment donné où ça peut ne plus plaire à Marine Le Pen. Est-ce que c'est une spéculation ?

22:56
Marion Maréchal

C'est une spéculation à coup sûr, mais la politique est faite de spéculation. C'est ça qui fait notre bonheur et qui intéresse beaucoup de nos téléspectateurs. Il faut bien comprendre que Jordan Bardella a été pour Marine Le Pen un outil anti-Marion-Maréchal. C'est parce que Marion Maréchal quittait le Rassemblement national, qu'elle perdait la jeune génération que représentait, et la claque qu'elle a reçue, elle a donc sorti Jordan Bardella, me semble-t-il, pour précisément montrer qu'elle avait, et que c'est elle qui installait, et qu'il y avait l'équivalent de jeune génération, en plus une certaine proximité familiale existe entre les deux.

23:34
Présentateur

Parce que ?

23:35
Marion Maréchal

Parce que Jordan Bardella, de notoriété publique, vit avec une nièce de Marine Le Pen. Dans la famille Le Pen, il faut toujours... Je parle sous votre contrôle. Vous avez bien raison. Il faut toujours chercher... Vous avez bien raison. L'autre chose que je voudrais souligner en accompagnement de ce que dit Bernard Sananès, et qui s'est passé cet été, qui peut être extrêmement importante pour la suite des choses, c'est que le Rassemblement national re-rentre dans le champ républicain. C'est un changement absolument majeur.

Il y a eu le propos de Nicolas Sarkozy, que je citais, qui disait, Marine Le Pen, elle est tout à fait républicaine, il a déclaré ça à la télévision, je ne lui fais aucun procès là-dessus, etc. Et à partir du moment où Emmanuel Macron a convié tous les chefs de parti, et en plus l'Élysée a expliqué que Jordan Bardella était l'interlocuteur le plus sérieux et le plus travailleur de toute la bande...

24:28
Présentateur

Avec un brin de malice, on y reviendra.

24:29
Marion Maréchal

Oui, et qui se sont montrés, et que Jordan Bardella a eu l'habileté en plus, tout en étant très ferme, de se montrer extrêmement respectueux des institutions et du président. Ce qui ne déplaît pas à Emmanuel Macron par rapport au ton de la France insoumise. Alors est-ce que ça va tenir, je termine d'un mot, jusqu'en 2027 ? Ça me paraît naturel, si vous voulez, que ça tienne. Parce que Jordan Bardella, c'est la dernière campagne présidentielle possible de Marine Le Pen. Ce serait sa quatrième défaite si elle est battue d'affilée, excusez du peu. Et donc Jordan Bardella serait légitimement le successeur. Mais est-ce qu'en politique, on sait suffisamment faire preuve de patience ?

25:06
Présentateur

C'est ça la question. Est-il un homme pressé ? Quand vous lisez ce qu'il dit dans les déclarations qu'il a pu faire, je pense à une déclaration qu'il avait faite sur Vladimir Poutine, où il avait dit qu'il y avait une naïveté collective à l'égard des ambitions de Poutine, où là on s'était dit, il n'est pas du tout sur la ligne de Marine Le Pen. Quand vous lisez attentivement ces dernières déclarations, Bernard Saint-Nanas, est-ce que vous voyez arriver le syndrome de l'homme pressé ?

25:30
Marion Maréchal

C'est vrai que depuis quelques jours, on peut avoir l'ombre d'un doute. Jusqu'à présent, il avait pris soin de ne jamais finalement se démarquer. Il n'était pas dans LCL et moi, c'est moi. Il n'a pas joué ce registre-là, même s'il a pris des positions, vous l'avez dit, sur la question internationale diplomatique, qui n'étaient pas totalement alignées, c'est moins qu'on puisse dire, avec la candidate du Rassemblement national. Mais c'est vrai que dans l'interview de Figaro, c'est un petit peu différent. Je vais vous prendre deux citations qui sont, à mon avis, intéressantes et qui peuvent, sans faire de spéculation, mais quand même, mettre un peu, comme on dit, la puce à l'oreille.

Une répartition des rôles s'est installée. Ce duo est complémentaire. Un duo. Dans un duo, on est quasiment au même niveau. Deuxième phrase. Faire en sorte que le RN remporte ses élections européennes. C'est la dernière marche qui nous sépare du pouvoir. Il ne dit pas, c'est la dernière marche, avant de faire élire Marine Le Pen à la présidence de la République. Et c'est vrai que cette tonalité-là, de se mettre un peu au même niveau qu'elle, est un peu surprenant et peut laisser entendre...

26:27
Présentateur

Je rajoute une phrase. Il dit, ça c'est dans l'Express, il dit, notre seul ennemi désormais, c'est nous-mêmes. Si nous sommes bons, nous gagnerons la prochaine présidentielle.

26:36
Marion Maréchal

Oui, il y a une petite pique sur la question de crédibilité.

26:39
Présentateur

Voilà, c'est ça. Vous l'avez entendu aussi.

26:40
Marion Maréchal

Tout à fait. Une petite pique sur la crédibilité de Marine Le Pen. Et c'est vrai que dans la stratégie de Marine Le Pen, qui a pourtant bien réussi la première étape de dédiabolisation, la deuxième étape de normalisation, on voit bien que sur la crédibilisation, elle n'a pour l'instant que partiellement réussi.

26:55
Présentateur

Est-ce qu'il n'est pas très utile pour Marine Le Pen, malgré tout ? Parce que pendant des années, on a commenté ici même sur ce plateau des présidentielles, où on expliquait toujours qu'elle était seule. Est-ce que le fait qu'il y ait dans son entourage quelqu'un, visiblement de populaire, visiblement qui apparaît comme crédible, en tout cas aux yeux peut-être d'une partie, des macronistes, est-ce que ça peut l'aider justement à expliquer qu'elle a fait monter une génération et que désormais, elle n'est plus seule pour arriver éventuellement au pouvoir, ce qu'on lui reprochait à l'époque ?

27:22
Marion Maréchal

Oui, et c'est important aussi en termes de conquête d'un électorat nouveau. Parce que la parole de Jordan Mardella arrive à attirer l'attention de catégories qui ne vont pas spontanément vers Marine Le Pen. Et je pense en premier lieu à la bourgeoisie conservatrice, pour résumer. C'est-à-dire des gens qui sont de droite, qui ont voté avant pour le RPR, pour l'UMP, qui aimaient bien Nicolas Sarkozy, et qui ont pu être un peu déboussolés par la recomposition initiée par Emmanuel Macron, qui ont des idées à droite, notamment sur le plan identitaire, mais qui sur le plan économique, sont assez libéraux, beaucoup plus que les catégories populaires qui votent pour Marine Le Pen.

Et en fait, la parole de Jordan Mardella porte beaucoup plus dans ces milieux-là que la parole de Marine Le Pen. Pourquoi ? Un, parce qu'elle s'appelle Le Pen et qu'il y a la trace historique avec la part d'infamie, quelque part, que porte son nom aux yeux d'une grande partie de l'opinion publique. Et puis parce que si on voit un petit peu les idées qui sont développées, ce n'est pas exactement la même chose. Jordan Mardella, dans ses interviews, si on lit bien entre les lignes, développe un corpus idéologique qui, parfois, est un petit peu différent de la ligne portée par Marine Le Pen. C'est une ligne plus identitaire, qui se rapproche plus d'Éric Zemmour.

Il va plus loin que Marine Le Pen sur ces questions-là. Il a déjà à peu près validé l'expression de grand remplacement. Ça lui est déjà arrivé à Jordan Mardella.

28:35
Présentateur

Pardonnez-moi, parce que c'est son histoire aussi, il faut peut-être le rappeler.

28:38
Marion Maréchal

Oui, aussi, mais aussi, je pense, par conviction, parce que aussi son entourage porte beaucoup des idées, le pouce à porter ces idées-là. Et sur le plan économique, il développe un discours qui est moins socialisant, j'allais dire, que Marine Le Pen. C'est plus un discours libéral pour patron de PME.

28:53
Présentateur

Je disais, c'est son histoire. Quand on refait le parcours idéologique de Jordan Mardella, j'avais envie de vous poser cette question tout simple. Qui est Jordan Mardella ? Il se réclame souvent de ses origines modestes. Est-ce qu'on peut refaire un petit peu le parcours de Jordan Mardella ?

29:09
Marion Maréchal

Je l'emmenais en Seine-Saint-Denis, qui le raconte suffisamment pour qu'on le sache désormais. Un peu comme Gérald Bormannin. Effectivement, qui a grandi en bon lieu, qui l'utilise beaucoup dans son discours. Sur le plan des idées, pendant longtemps, quand on a demandé à Jordan Mardella qu'elle était ses idées, il répondait, c'est celle de Marine Le Pen. Ce qui dit beaucoup de, déjà, la fidélité, la loyauté de quelqu'un qui s'est construit uniquement, effectivement, grâce à sa patronne, Marine Le Pen. Ce qui dit aussi quelque chose de sa plasticité idéologique. Je reprends la question du téléspectateur qui demandait quelle est la différence d'idée entre Marion Maréchal et Jordan Mardella.

En fait, il y a une première différence, c'est que Marion Maréchal s'intéresse plus aux idées que Jordan Mardella. Jordan Mardella n'est pas un grand idéologue. Ce n'est pas quelqu'un qui va dévorer des ouvrages intellectuels pour aller forger son propre corpus. C'est un soldat du parti. Donc, sa ligne, comme il l'a beaucoup répondu, c'est le marinisme. Il essaye maintenant de théoriser des clivages un petit peu différents, notamment dans l'interview au Figaro. Mais ça reste un bon soldat. Là où Marion Maréchal, elle, quand elle était au Rassemblement National, avait déjà développé sa propre ligne en fonction de ses opinions.

Et elle développait une ligne libérale-conservatrice qui n'allait pas à Marine Le Pen. C'était la catho-conservatrice du RN. Et Marine Le Pen, ça ne lui plaisait pas que cette ligne fasse entendre une voix trop forte.

30:20
Présentateur

Est-ce qu'il a réussi, Jordan Mardella, à se faire accepter du système ? Là où Marine Le Pen reste la fille de Jean-Marie Le Pen. Oui, oui, pour le coup, oui. Quand on voit qu'Emmanuel Macron, effectivement, lui-même, en confidence de l'Élysée, estime qu'il a du talent, quand même, ce jeune Bardella, il porte bien, il a bien compris l'exercice, il était le seul à avoir compris ces échanges de Saint-Denis, avoir préparé.

Alors, oui, on n'est pas des anges, on sait que ce n'est pas innocent, on sait que l'idée, c'est aussi de se mettre la zizanie dans le couple, de se dire, tiens, si on commence à dire que Bardella est formidable, peut-être que les deux vont commencer à s'engueuler, que ça se passera mal, et puis qu'il y aura peut-être une friction entre eux. C'est arrivé souvent par le passé au RN, au Front National, par le passé, un dauphin qui, à un moment donné, prend ses aises. Et puis, l'envie aussi de la Macronie, c'est de dire, elle est vraiment nulle. Regardez, lui, il est super intelligent, super malin, il est vif.

Sous-entendu, elle, elle est toujours nulle, toujours pas assez crédible, elle ne tient pas le coup, elle va se planter. Donc, c'est une stratégie qui est valable. Mais, quand même, d'une manière générale, il y a quand même cette... Oui, il s'est installé à la table des grands.

31:41
Marion Maréchal

D'ailleurs, on dit tous, et je crois qu'on n'est pas dans le faux quand on le dit, c'est vrai que c'est intéressant et c'est très important de noter que, finalement, Emmanuel Macron a intégré, par les rencontres de Saint-Denis, le Rassemblement National et Jordan Bardella dans l'arc républicain. Mais on dit un peu moins que l'autre vraie surprise, c'est de voir que la gauche s'est assise à la même table que le président du Rassemblement National, autour du président de la République, sans protestation.

Je rappelle qu'il y a un an, je ne sais pas si vous vous en souvenez, c'est anecdotique, des députés PS refusaient de jouer un match de rugby à l'Assemblée Nationale avec des députés du Rassemblement National. Et là, dans la nuit de Saint-Denis, la gauche, on peut être d'accord ou pas, mais en tout cas, a participé à ces mêmes rencontres, certes, c'était à l'invitation du président de la République, sans s'émouvoir. Donc, il y a effectivement...

32:26
Présentateur

Il a été un des artisans, justement, de cette normalisation des relations avec le reste de la classe politique.

32:32
Marion Maréchal

Avec le monde politique, oui, sans doute. Alors qu'en plus, c'est autant plus intéressant de le noter, il n'est pas au Parlement. Et pendant longtemps, on s'est dit, il n'est pas au Parlement, tout va se passer au Parlement. Il y a 89 députés RN, Marine Le Pen est au Parlement, et donc, il va avoir du mal en tant que président de parti à exister. Il a réussi, par son impact dans l'opinion, par son impact médiatique aussi, il faut le dire, à compenser cela.

32:52
Présentateur

Vous avez des nouvelles de Marine Le Pen ? Non, mais sérieusement... Elle a marié une de ses filles cet été, donc c'était... Je dis ça avec un trait d'humour, parce que c'est vrai que sa stratégie politique, je parle sous votre contrôle, a l'air de gérer ses longues absences, considérant qu'au fond, elle n'a pas besoin d'intervenir dans le débat politique pour peser, c'est ça ?

33:14
Marion Maréchal

Elle va faire un discours à Hénard Beaumont ce dimanche, puis sa rentrée à Bocaire le week-end suivant. Mais un, déjà, oui, c'est vrai, elle prend toujours des longues vacances, donc l'été est une période de silence pour elle, ça c'est toujours constant. Et puis, plus généralement, en fait, Marine Le Pen considère que les événements jouent pour elle.

Si vous regardez l'été que nous avons eu, ça commence par des émeutes en banlieue d'une ampleur absolument inédite et assez étendue sur le territoire français, et ça se termine par une rentrée scolaire sous le signe 1 du pouvoir d'achat, qui est toujours un véritable sujet, notamment pour les plus modestes, et des débats sur l'école et la baïa, donc des débats qui ont une tonalité identitaire. Marine Le Pen n'a pas grand-chose à rajouter à la réalité du débat politique et des sujets qui en émergent. Donc elle considère qu'elle n'a pas besoin de prononcer les mots « immigration » et « identité » qu'elle est déjà associée à ça.

Même sur le pouvoir d'achat, il y a un réflexe de vote social pour le Rassemblement national et contre le système décrit par le Rassemblement national dans le sens du pouvoir d'achat et d'un vote social, en fait, pour une mesure sociale face à Emmanuel Macron. Donc elle se fait discrète parce qu'elle pense que, tout simplement, les événements vont en sa faveur et en faveur de son élection.

34:25
Présentateur

Il y a peut-être un événement qui ne joue pas en sa faveur. C'est les records de température, les records de chaleur d'un des étés les plus chauds de l'histoire. C'est encore à la une du monde aujourd'hui. Climat, l'été du basculement mondial. Et c'est le sujet sur lequel elle apparaît le moins crédible dans les sondages. L'écologie n'est pas le premier cheval de bataille de Marine Le Pen, mais face à l'urgence climatique, son parti doit trouver, en tout cas tenter de trouver des mots, une doctrine, un exercice délicat pour un parti qui veut ratisser large. Constance Meyer et Stéphane Lopez.

35:02
Invité

Au siège du Rassemblement national, des députés en pleine réunion de travail sur le nouveau cheval de bataille du parti, l'écologie.

35:11
Locuteur 2

Ils tapent sur le nucléaire aussi. Mais est-ce que les Allemands, ils sont prêts ? J'en sais rien. On dit que nos familles politiques

35:16
Invité

n'aiment pas trop l'écologie, mais en fait, ils s'y intéressent vachement. L'objectif de la rentrée, bâtir un livret de propositions, verdir le discours, sans oublier l'ADN du parti.

35:25
Marion Maréchal

Vous ne pouvez pas demander aux gens de prendre les transports en commun quand vous avez dans le même temps un rapport sur l'agression, les nombres d'agression des femmes dans les transports parisiens. La sécurité fait partie de l'écologie.

35:35
Invité

Les rapports des experts du GIEC sur le climat, souvent minimisés, servent aujourd'hui l'argumentaire du RN.

35:42
Marion Maréchal

Je crois que le GIEC, en réalité, c'est nous qui répondons le mieux. On a parlé du grand déménagement du monde. C'est le GIEC qui explique que c'est la première cause du réchauffement climatique. C'est nous qui sommes opposés en premier. Effectivement, on est différents de la gauche. Quand je vous dis que nous, on veut faire un référendum et poser la question aux Français, mais on pense que l'écologie ne passera que par ça, par le peuple. On ne pouvait pas l'imposer.

36:03
Invité

Se positionner en fervent défenseur du climat, un exercice d'équilibriste lorsque, sur le terrain, les positions climato-sceptiques sont parfois difficiles à gommer. Christophe Barthès, ancien agriculteur, est aujourd'hui député du Rassemblement national de l'Aude.

36:23
Locuteur 7

Il doit manquer à peu près un mètre, un mètre cinquante d'eau.

36:27
Invité

Le fleuve au pied de sa permanence a beau être particulièrement basse ces dernières années, il doute du réchauffement climatique.

36:34
Locuteur 7

On voit qu'il y a réchauffement, dérèglement climatique, je veux bien. Après, il reste à savoir s'il y a un impact de l'homme là-dessus. Moi, je pense que c'est dans le temps et c'est peut-être des cycles. Peut-être dans les années à venir, il pleuvra tous les jours, il fera froid.

36:49
Invité

Dans le doute, il a quand même embauché un chargé de mission pour étudier le fonctionnement des cours d'eau dans sa circonscription.

36:55
Locuteur 7

Le dossier, il est quand même épais. Ce rapport, il a pour mission de vous éclairer, monsieur le député, pour que vous puissiez poser les questions.

37:05
Invité

Si le député remet en cause la parole des experts du GIEC, il a pleinement confiance dans les analyses de son chargé de mission. Et vous, dans la vie, vous êtes chercheur ?

37:16
Marion Maréchal

Non, aujourd'hui, je suis jeune retraité, dire nous, et j'ai mon activité, j'ai été responsable commercial dans diverses entreprises. dont je n'ai pas étudié particulièrement. Mais je suis convaincu que j'en connais pas mal sur la rivière Rode par rapport à d'autres dans leur bureau.

37:35
Locuteur 7

Justement, je n'ai pas voulu le scientifique. J'ai voulu quelqu'un qui connaissait le terrain. Il vous l'a expliqué. Il a vécu depuis toujours à côté de la rivière.

37:43
Invité

La fracture entre le monde urbain et le monde rural, une faille que compte bien exploiter l'ERN dans sa doctrine environnementale pour séduire des électeurs. Ce viticulteur essuie chaque année de lourdes pertes à cause de la sécheresse. Il milite pour pouvoir irriguer toutes ses vignes.

37:59
Marion Maréchal

Celle-ci, bien sûr, elle a été complètement cramée par les rayons du soleil, malgré qu'elle soit à 5 mètres, celle-ci. Sans eau, pas de vie. Avec de l'eau, de la vie. Tout simplement.

38:10
Invité

La solution à ses yeux face au manque d'eau, construire des retenues collinaires. Une proposition soutenue par le Rassemblement national, mais rejetée par tous les partis de gauche. L'illustration même de ce qu'il appelle l'écologie punitive.

38:24
Marion Maréchal

Il faut gérer l'eau, il faut gérer les métiers qu'on fait, notamment dans l'agriculture. Il faut savoir ce qu'on met dans nos vignes ou nos champs, ou quoi qu'il en soit. Mais on a besoin de personnes pour nous expliquer ce qu'il faut faire. Surtout de gens qui ne savent pas comment ça se passe. Ça fait 40 ans qu'on fait des efforts tous les ans. 40 ans qu'on supprime les matières actives.

38:41
Locuteur 7

40 ans qu'on nous met des contraintes supplémentaires. Et 40 ans qu'on arrive à survivre à tout ça. C'est du bon sens. C'est du bon sens. Comme nous faisions avant. Tout ce qu'on fait les vieux avant, ce n'est pas des condamnés. Je ne vois pas pourquoi. On démolirait tout ce que les vieux avaient compris avant nous.

38:55
Invité

Une écologie façon RN pour essayer d'élargir la base électorale. Aux dernières élections législatives, le Rassemblement national a obtenu trois députés dans l'Aude. Une première dans cette terre, historiquement à gauche.

39:10
Présentateur

Bernard Sananès, c'est l'écologie du bon sens.

39:12
Marion Maréchal

Oui, c'est comme ça que ça a été conceptualisé. Alors, il y a eu différents concepts pour le Rassemblement national et l'écologie. Je parle sous votre contrôle. On verra si celui-là se stabilise dans la manière d'aborder le sujet. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que pour l'instant, en tout cas au moment où nous parlons, l'électorat du Rassemblement national ne considère pas que l'écologie est une priorité. Ça ne veut pas dire qu'il considère qu'il n'y a pas de problème écologique. Ce serait une erreur.

39:35
Présentateur

D'accord. Ce n'est pas une priorité.

39:37
Marion Maréchal

Ce n'est pas une priorité. Je vous donne un exemple. Quand on demande est-ce que ça doit être une priorité d'action du gouvernement, il n'y a que 12% des électeurs de Marine Le Pen qui disent oui. Il y a 30% des électeurs de Macron et 40% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon. Ça ne veut pas dire que ce sont des climato-sceptiques. Les climato-sceptiques, en France, ils ont beaucoup régressé. Ils sont 10 à 15% au total. Mais ce n'est pas une priorité. C'est un électorat qui pense, et il ne faut pas le juger, qui pense que la fin de mois les menace plus que la fin du monde.

Et que financer la transition écologique, c'est important, mais que de manière urgente, il vaudrait mieux financer la ristourne sur le carburant. Et donc, c'est un enjeu de priorisation. C'est cet électorat-là que cible le Rassemblement national et Marine Le Pen. Il cible un électorat rural, un électorat dans le périurbain, un électorat aussi qui est exaspéré par la question normative. Et ça, on le voit et ça remonte beaucoup. On l'a vu dans le reportage. On le voit beaucoup dans les enquêtes.

40:26
Présentateur

On ne va pas se laisser poser des règles par ceux qui sont dans les bureaux.

40:28
Marion Maréchal

Dans cette formulation qui avait été utilisée avant le Rassemblement national sur l'écologie punitive, il y a tout ce débat sur, j'allais dire, le dérèglement normatif de cet abus de normes qui est vraiment quelque chose que l'on ressent beaucoup depuis plusieurs mois dans les enquêtes.

40:43
Présentateur

Le fait qu'elle aille sur ces thèmes-là, jusqu'à présent, elle en faisait l'économie. C'est parce que la pression est devenue forte dans l'opinion. Je le disais en lançant ce reportage, il faut ratisser l'âge. C'est-à-dire qu'on ne peut plus aujourd'hui, même quand on est à le Rassemblement national, faire l'économie d'un discours sur ces questions écologiques.

40:59
Marion Maréchal

C'est une des contradictions importantes du Rassemblement national et ça va jouer beaucoup sur la prochaine présidentielle. Est-ce que la question écologique, la question environnementale est une question centrale ou pas ? Au Havre, Marine Le Pen a prononcé début mai un discours dans lequel elle s'est attaquée violemment aux écologistes. C'est-à-dire, le climat est une grande question, les écologistes sont un grand danger. Je résume ce qu'a dit Marine Le Pen en gros. Et alors, les zones, les ZFE, zones de forte émission, c'est-à-dire...

41:30
Présentateur

Zone de faible émission.

41:31
Marion Maréchal

Oui, zone de faible émission. On ne doit pas rentrer dans une antropole avec des véhicules qui dégagent beaucoup de pollution, ce qui pose évidemment un problème majeur à tous ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir des véhicules récents et qui ne polluent pas. Eux, c'est transformé ZFE en zone de forte exclusion. On voit bien le sens. Les véhicules thermiques, normalement, interdits à la vente à partir de 2035. C'est-à-dire, une situation pour les gens extrêmement pénible. La taxe carbone était incroyable. Tout ça, c'est-à-dire, on ne veut pas d'une écologie qui s'attaque aux citoyens, qui leur impose des normes. changer vos chaudières en pompes à chaleur coûts en moyenne 13 000 euros.

Même si vous avez une aide non négligeable, 4 000 ou 5 000 euros. Comme pour les véhicules électriques. Si vous restez 8 000 euros véhicules électriques, isolation des logements, vous avez des problèmes majeurs. Pour le Rassemblement national, il faut faire une écologie qui n'impose pas aux citoyens qui n'ont pas beaucoup de moyens des règles qui ne peuvent pas suivre. C'est une question majeure et c'est extrêmement délicat pour Emmanuel Macron, Mme Borne, qui doivent sortir et qui ont beaucoup de mal à sortir leur plan. Parce que si on prend des mesures qui impactent directement la vie des gens, c'est extrêmement dur à subir.

Si on explique en gros que les pavillons, ce n'est plus possible, que l'étalement urbain fait une situation dans laquelle on ne peut pas continuer, ce que Mme Wargon, quand elle était secrétaire d'État au logement, expliquait carrément, ça n'avait pas beaucoup plu comme secrétaire d'État au logement. On est donc dans une situation, le RN considère que c'est aux industriels de faire des efforts, que la France n'émet que très très peu de CO2 à l'échelle mondiale et que donc, il faut juste adapter nos modes de vie sans imposer aux citoyens des règles accessibles.

43:16
Présentateur

D'accord. Mais est-ce que ça veut dire qu'il n'y a pas de climato-scepticisme au sein du RN ?

43:22
Locuteur 4

Ils ont accepté l'idée ? Non, mais il y a un refus.

43:24
Présentateur

Mais il y a un refus de le considérer comme une urgence alors ? Oui. Ils ne disent pas qu'il n'y a pas de réchauffement climatique, ils ne vont surtout pas sur ces terrains-là. Mais c'est vrai qu'ils sont coincés, ils ont du mal à avoir un discours cohérent sur l'écologie parce qu'il y a effectivement, on en a parlé, l'électorat qui ne veut pas en clair d'une écologie punitive, donc... Des contraintes. Des contraignantes. Et puis d'autre part, Marine Le Pen, elle veut aussi peaufiner son image de probable, future, éventuelle, présidente, en responsabilité. Et elle sait que ça ne fait partie, pas de la priorité de son électorat, mais des Français, de la priorité des Français.

Alors, c'est vrai que là, ils vont faire, je crois, une convention écologique parce qu'ils sont obligés de prendre le train en marche. À ce stade, dans le programme, c'est vrai que, mis à part le localisme, c'est-à-dire le fait de ramener les industries, donc de dégager moins d'émissions de CO2 dans les transports, il n'y a quand même pas grand-chose parce qu'ils écartent les mesures punitives, ils dénoncent cette écologie punitive. Et s'ils se raccrochent tout le temps quand on dit vous n'êtes pas assez vert, ils disent, mais nous, on est pour le nucléaire qui est une énergie décarbonée et donc, c'est mieux que les centrales acharnées. Ils seront challengés, à votre avis, sur ce sujet-là ?

Ça peut être un point de faiblesse. C'est vrai que, dans les enquêtes d'opinion, je le disais tout à l'heure, c'est un des sujets sur lesquels elle apparaît moins crédible aux yeux des Français.

44:42
Marion Maréchal

Effectivement, elle est, dans les enquêtes, beaucoup plus crédible, on le sait, sur ses thèmes régaliens, sécurité et immigration. Elle a progressé sur des sujets économiques et sur un sujet très important pour son électorat qui est le sujet de la santé. On le voit bien, même si elle est encore minoritaire. En revanche, il y a deux faiblesses sur la crédibilité. C'est la question environnementale et la question internationale.

Question internationale qui est très importante pour un électorat qui lui manque encore, qui est un peu, aujourd'hui, son plafond de verre, qui est les retraités qui sont très attachés au statut de la France, à la dimension internationale qu'incarne, par exemple, à leurs yeux, Emmanuel Macron. Donc ça, ce sont aujourd'hui les deux faiblesses. Mais malgré ça, quand on pose la question sur est-ce qu'elle est capable de réformer le pays, elle a progressé de 12 points en 5 ans. Est-ce qu'elle a les qualités nécessaires pour être présidente de la République ? Elle a progressé de 16 points en 5 ans. Donc elle a progressé sur la crédibilité, elle a progressé sur la respectabilité sans se banaliser.

Quand on demande aux personnes qu'on interroge est-ce qu'elle veut changer les choses, elle reste à un niveau très haut. Elle aurait pu gagner en respectabilité, se normaliser et se banaliser. Or, elle n'est pas tombée dans cet écueil et ça, c'est un atout pour elle.

45:46
Présentateur

Louis Salter ?

45:47
Marion Maréchal

En fait, elle veut aussi en faire un clivage sur les modes de vie. C'est-à-dire qu'effectivement, il y a très peu de propositions sur l'environnement et l'écologie au Rassemblement National. Historiquement, c'est très pauvre et ça l'est toujours. C'est un positionnement défensif. Mais l'idée de Marine Le Pen, c'est que l'un des clivages qui vont structurer la vie politique, c'est sur les modes de vie.

C'est-à-dire, dans son électorat, qui habite beaucoup dans les zones périurbaines et dans la campagne, il y a énormément de gens qui se sentent attaqués par le mode de vie citadin et par les déclarations qu'on connaît sur le barbecue, sur la pollution, évidemment, la mise en place des zones à faible émission. Un autre facteur important, c'est des diagnostics de performance énergétique. C'est-à-dire que le gouvernement prévoit de réguler, d'interdire en fait l'allocation de certains logements si ce sont des passeurs thermiques. Et ça, en fait, Marine Le Pen compte l'attaquer en expliquant à ses électeurs que leur mode de vie est attaqué.

Et c'est vrai qu'elle répond à une angoisse profonde chez des gens qui ont acheté leur pavillon avec jardin. Ça leur va parfaitement et on voit à quel point le modèle pavillonneur, il est encore largement plébiscité par les Français et ceux qui habitent dans ces endroits-là en particulier. Donc elle va articuler ce clivage comme ça en disant on veut vous changer votre mode de vie, on attaque votre façon de vivre. Donc ça va au-delà des mesures sur l'environnement et le réchauffement climatique. Ça va vraiment, elle essaie de toucher quelque chose d'existentiel chez les gens, une angoisse existentielle dans leur vie quotidienne et la façon dont ils vivent. Juste d'un mot, si vous permettez.

Mais juste d'un mot, mode de vie, attaquer les modes de vie, ça renvoie aussi à l'immigration. C'est-à-dire que ça donne une cohérence idéologique d'ensemble, vos modes de vie, ce à quoi vous êtes attachés, la voiture, le pavillon, et l'immigration qui représente une mise en cause aussi des modes de vie. Donc il y a un ensemble de cohérences idéologiques qui fait que le RN, le Rassemblement National, reste le Rassemblement National.

47:30
Présentateur

En tout cas, face au sondage que vous venez de nous donner et cette progression sur toutes ces thématiques, certains adversaires politiques du Rassemblement National cherchent encore parfois les mots pour contrer sa progression. François Ruffin est de ceux qui considèrent que le procès en fascisme ne suffit plus pour discréditer le RN. L'élu de la Somme sillonne ses terres du Nord pour tenter de récupérer à gauche un électorat populaire qui se retrouve parfois, souvent même, dans les promesses de Marine Le Pen. L'assogé Labère, Emmanuel Bach et Christophe Roquet.

48:02
Marion Maréchal

L'heure de la rentrée a sonné très tôt pour François Ruffin. Dès 7h du matin, le député de la Somme est sur le terrain. Cette cuisine municipale de Dieppe est confrontée à une hausse des coûts sans précédent et pourtant, le prix de la cantine, lui, va baisser. Comment ça se fait que les coûts augmentent de 14% et que le prix des repas baisse ? Parce que la ville fait le choix de ne pas refacturer cette augmentation-là et de prendre même une charge plus importante sur son budget principal pour baisser les tarifs. Il y a une désinflation diépoise. L'assoumis, en quête de solutions pour lutter contre l'inflation, le sujet d'actualité qui concerne tous les Français.

Les gens vont dire que ce n'est pas juste des idées abstraites, c'est des choses concrètes et qui marchent. Si ça marche à Dieppe, pourquoi ça ne marcherait pas ailleurs ? Pourquoi il n'y aurait que les Dieppois qui auraient le droit à ça ? Pourquoi ça ne pourrait pas être pour tous les Français ? Porter ces initiatives au niveau national, c'est toute l'ambition de François Ruffin. Aux côtés du député local Sébastien Jumel et de Charlotte Leduc venu de Moselle, le trio veut montrer un projet politique plus positif.

Quand on est dans un pays hyper riche comme la France et qu'on a un tiers des Français qui disent que privés sur leur nourriture, qu'on a les associations de solidarité qui disent « Nous, on va mettre la clé sous la porte », ça ne marche pas. Donc, il faut que nous, on ait autre chose à proposer. Pour mettre en place votre choix politique, vous devez éventuellement prendre la place d'Emmanuel Macron à gauche. C'est bien l'objectif qu'on se fixe, on se fixe bien la conquête du pouvoir. Une patiente conquête du pouvoir qui passe aussi par un changement de style plutôt radical. En 2017, François Ruffin crée la polémique en portant un maillot de foot à l'Assemblée nationale.

Le maillot que je porte aujourd'hui, c'est celui de l'Olympique au Courtois. C'était le club de mon ami Antoine. Six ans plus tard, l'élu de la France insoumise a changé de tenue mais aussi de ton dans une famille politique plutôt habituée au coup d'éclat.

50:02
Éric Zemmour

Notre ton est en débat. Il doit y avoir une discussion autour de ça, autour de quel chemin on propose pour que les gens se reconnaissent dans notre parole. Et je pense qu'il y a une France qui est aujourd'hui alignée sur un certain nombre de propositions qu'on fait. Donc à partir de ce moment-là, je pense qu'on a besoin de crier moins fort. Maintenant, il faut que les gens aient confiance en nous.

50:20
Locuteur 7

François qui a vocation à être aussi celui qui s'immente tout ça, il doit être aussi dans une démarche où il rassemble

50:29
Marion Maréchal

l'ensemble de ce qui fait la richesse de la gauche. Une gauche pourtant désunie pour les européennes. Socialistes, communistes et écologistes souhaitent faire bande à part. Dans un couple et en particulier dans un couple à cinq, une infidélité ne doit pas nécessairement conduire au divorce. Pour François Ruffin, l'Union fait donc la force, surtout face à un rassemblement national qui prend de l'ampleur dans les territoires ruraux. À Côte-Sainte-Beuve, Marine Le Pen est arrivée en tête de la présidentielle alors Madame la maire se bat. Elle vient d'ouvrir cette maison multiservice avec coiffeur, esthéticienne et café.

50:59
Locuteur 2

C'est la meilleure arme contre le RN et vraiment on le voit quand moi je parcours une circonscription en Moselle, le RN c'est plus qu'une problématique, c'est une réalité déjà et clairement le vote RN c'est le vote de l'abandon et à partir du moment où on arrête d'abandonner les gens et on s'occupe d'eux et on crée du lien social et on crée de la vie dans les villages mais c'est comme ça qu'on lutte.

51:20
Marion Maréchal

Lutter certes mais encore faut-il convaincre des habitants qui ressentent de l'injustice.

51:26
Locuteur 3

Il y en a et je ne suis pas pour ne pas faire de social, attention, qui touchent parfois en aide sociale plus de 1000 euros.

51:33
Marion Maréchal

On peut avoir des comparaisons entre telle personne qui a des aides sociales, qui touche de la CAF, les petites retraites mais regardons l'immense différence entre nous tous et les hyper-hauts

51:47
Éric Zemmour

qui sont là-haut et qu'on ne voit même plus. Il n'y a pas de doute sur le fait qu'il y a une bagarre à mener pour que la France des bourgs, les frances périphériques elles se reconnaissent dans un discours de gauche et aujourd'hui ce n'est pas le cas. Ce n'est pas le cas massivement et là il y a du grain à moudre.

52:04
Marion Maréchal

Le Rassemblement National l'a compris plus tôt ça ? Pour l'instant oui. La bataille est en cours. Et elle s'annonce longue. Selon un sondage, 26% des interrogés jugeaient les filles dangereuses pour la démocratie contre 21% pour le RN.

52:22
Présentateur

Il y avait cette question qui nous est posée ce soir et qui fait écho à ce reportage par quels moyens contrer le Rassemblement National visiblement. Cet élu de la Somme François Ruffin se dit par un discours social est-ce qu'en tout cas ce n'est certainement pas en stigmatisant le RN en disant que c'est un parti fasciste ? Oui, il lui dit que c'est fini. On a vu que ça ne faisait pas ses preuves. Il est conscient du danger du Rassemblement National. On voit qu'il ratisse bien notamment les terres du RN.

Le problème c'est qu'il n'est pas du tout aligné avec LFI sur un certain nombre de thèmes qui pourraient faire écho aux électeurs du Rassemblement National sur l'immigration, sur la sécurité, sur la laïcité. Il n'est pas du tout au diapason de ses petits camarades. Donc il est obligé d'y aller mezzo voce c'est-à-dire de ne pas aller trop d'ailleurs sur ces sujets qui pourraient au contraire attirer les électeurs du RN. Et puis il n'est pas aussi aligné sur la méthode. On l'a vu sur le ton. Il dit c'est fini, on ne crie plus.

Si on met de côté la France insoumise, est-ce que vous considérez les uns et les autres que par exemple Emmanuel Macron a trouvé une façon de parler du RN aux électeurs du RN ou pas ? On a vu qu'il y avait eu un petit peu un débat avec la Première ministre sur ce sujet.

53:36
Marion Maréchal

Oui, alors Emmanuel Macron est effectivement pour ne pas le faire comme dans les années 90 avait-il dit, c'est-à-dire avec un discours moral. Il a toujours été convaincu de ça, que ça ne marchait pas. Et effectivement, c'était un désaccord avec Elisabeth Borne qui avec son parcours venu de la gauche était plus pour tenir un discours plus frontal et plus musclé. François Ruffin est plutôt d'accord du coup avec Emmanuel Macron sur ce plan-là. Mais c'est vrai, ce que disait Alix, il ne peut pas trop aller sur certains thèmes parce que, bon, il y a la France insoumise derrière et puis parce que, bon, lui, il veut rester de gauche et parler de sujets de gauche.

Or, il y a une différence entre venir parler à un électeur de Rassemblement national d'autres sujets que ses préoccupations et aller sur ces sujets à lui. Donc, si François Ruffin ne vient pas sur les sujets d'identité et d'immigration qui font partie des priorités des électeurs du Rassemblement national, qui considèrent qu'on peut les dévier du RN mais en leur parlant d'autres choses, j'ai quelques doutes sur cette stratégie parce qu'il y aura quand même des questions qui se posent sur ce sujet-là.

54:32
Présentateur

Juste un mot sur l'utilisation de l'expression extrême droite. Marine Le Pen, très régulièrement, dit, en gros, nous ne sommes pas un parti d'extrême droite. Vous avez tout à l'heure rappelé que le Rassemblement national était désormais invité à la table des discussions lorsque l'on recevait dans l'arc républicain, comme on dit souvent auprès du président de la République encore cette semaine. Extrême droite, est-ce qu'en France, aujourd'hui, dans le débat politique, est-ce que d'ailleurs ça trouve un écho chez les Français lorsqu'on dit l'URN est-il un parti d'extrême droite ? Est-ce que vous testez ce genre de données ?

55:04
Marion Maréchal

On demande aux gens de se positionner dans l'espace politique. Effectivement, ils se positionnent moins qu'avant sur l'extrême droite. Ils se positionnent partout à droite, parfois ni à gauche ni à droite. C'est souvent le cas d'une partie de l'électorat du RN. Et en tout cas, cette notion d'extrême droite telle qu'elle est brandie comme une stigmate rencontre un écho non négligeable dans une partie d'électorat de gauche, évidemment. Mais par exemple, chez les abstentionnistes, ça ne parle pas. Ça n'a pas beaucoup d'impact à l'inverse. Donc c'est vrai que les mots utilisés pour s'opposer au RN, Emmanuel Macron l'a trouvé en termes de posture.

Il a plutôt plaidé pour une posture optimiste, y compris avec le discours positif sur l'Europe qui réglait des solutions. Les autres parties ont du mal. La gauche, notamment, a eu du mal à revenir sur la question sociale. C'est très frappant après ce qui s'est passé dans ce pays sur les retraites qui ont montré l'opposition de 7 Français sur 10 à la réforme des retraites, que la gauche n'en soit pas sortie renforcée plus que quelques semaines. Jérôme Jaffray ? Pardon à Bernard Sananès, je vais citer le sondage de Via Voice que vous citiez en début de...

56:07
Présentateur

On l'a fait deux fois, c'est pas pour ça. Jérôme Jaffray, vous nous pardonnez. On a demandé

56:11
Marion Maréchal

dans Via Voice pour Libération aussi de classer politiquement Marine Le Pen. 57% des personnes interrogées ont dit qu'elle était d'extrême droite. C'est-à-dire que perdre cet argument en considérant qu'il est dépassé, vous aviez un téléspectateur qui posait la question comment contrer le rassemblement national. Mais si vous commencez par dire ah ben non, on abandonne le terme d'extrême droite alors qu'il est... que très peu effectivement d'électeurs se classent eux-mêmes à l'extrême droite, ce serait un échec politique. Mais c'est quoi ?

56:39
Présentateur

C'est quoi l'extrême droite ?

56:40
Marion Maréchal

Alors l'extrême droite précisément c'est proposer des solutions qui aboutissent à durcir la société, la rendre plus inégalitaire et aboutir à considérer qu'il y a plusieurs catégories de personnes qui vivent en France et qui n'ont pas les mêmes droits. C'est-à-dire la question de la préférence nationale qui est toujours dans le programme du rassemblement national. C'est-à-dire l'accès au logement et l'accès à l'emploi pour le rassemblement national dans le programme de Marine Le Pen de 2022 est réservé aux Français nés Français vivant en France et n'est pas autorisé pour les immigrés dans les mêmes conditions y compris d'ailleurs les immigrés en situation régulière.

Là, il y a matière à un débat de fond. Alors l'autre chose très importante m'a-t-il semblé c'est les inégalités. C'est ce que sortait votre reportage sur François Ruffin. Or, les inégalités elles sont vues en France de deux côtés. Soit ce que dit Ruffin regardez tout en haut regardez tout en haut c'est terrible etc. alors que la plupart des électeurs du rassemblement national disent mais regardez en dessous tous ceux qui ne travaillent pas et qui vivent des aides sociales et du travail au noir accessoirement en partie et qui éboutissent et qui vivent finalement aussi bien voire mieux que moi qui travaille et qui me lève tous les matins.

Et là, la gauche a toujours une extrême difficulté parce que ça voudrait dire quoi ? Ça voudrait dire s'attaquer aux aides sociales les réduire pour obliger les gens à accepter de travailler légalement on voit bien que pour la gauche ce ne serait pas possible d'aller jusque là.

58:12
Présentateur

Et nous revenons maintenant à vos questions. Une question d'Alain Marion Maréchal va devoir réexister en neuf mois est-ce suffisant ?

58:24
Marion Maréchal

C'est le temps d'une grossesse mais bon ça n'a rien à voir.

58:26
Présentateur

C'est bien essayé merci pour cette vanne C'est le temps

58:29
Marion Maréchal

d'une campagne. Alors plus sérieusement elle peut déjà compter sur un taux de notoriété important.

58:34
Présentateur

Oui, elle ne parle pas de nulle part.

58:35
Marion Maréchal

Voilà exactement elle n'est pas une inconnue au bataillon elle est un petit peu située politiquement. Moi je pense que le plus difficile ce sera sa relation avec Éric Zemmour c'est-à-dire comment on parlait de répartition des rôles entre Le Pen et Bardella la répartition des rôles entre Marion Maréchal et Zemmour elle n'est pas du tout trouvée pour l'instant et on l'a vu avec cette légère dissension sur la communication de la tête de l'ice Éric Zemmour a absolument voulu communiquer dessus alors que c'est Marion Maréchal qui est allée à la télévision pour l'annoncer donc il y a une très de répartition à trouver.

59:01
Présentateur

Quelles sont les relations actuelles entre Marion Maréchal et sa tante Marine Le Pen ? Alex Bouillagas. Je ne pense pas qu'elle soit mauvaise je pense qu'elle se parle il me semble même que Marine Le Pen qui a marié une de ses filles cet été il me semble que Marion était au mariage même avec son compagnon et ses deux enfants donc je pense que je pense qu'il ne parle pas politique sans doute mais que les relations sont plutôt bonnes. Et quand on l'interroge Marine Le Pen sur ce sujet elle dit toujours je l'ai élevée ?

Oui je pense qu'il y a une vraie tendresse même vis-à-vis de sa nièce et d'ailleurs on voit comment le Rassemblement National parle de cette nouvelle candidature en disant c'est une candidature de témoignage c'est ah elle fait beaucoup d'aller-retour elle ne sait pas trop où elle en est mais il... Ça veut dire quoi ? Ils hésitent à taper ? Ils hésitent à taper pour l'instant.

59:50
Marion Maréchal

Le Rassemblement National a un enjeu le Rassemblement National ne joue qu'un seul match et Jordan Bardella ne joue qu'un seul match c'est être devant la liste de la majorité présidentielle parce que sinon s'il n'était pas devant à la fin ce serait pour lui un échec pour rappeler que le RN a gagné deux fois les élections européennes donc il n'a surtout pas intérêt contrairement à 2022 à jouer le match avec la liste reconquête.

1:00:10
Présentateur

La différence c'est que la fois précédente il n'y avait pas la liste reconquête.

1:00:13
Marion Maréchal

Il n'y avait pas la liste reconquête pour l'instant dans les enquêtes d'opinion malgré la liste reconquête évidemment on est très loin du scrutin le RN est toujours devant.

1:00:19
Présentateur

Allez une question de Jean dans l'Essonne quelle est la différence entre Jordan Bardella et Marion Maréchal sur les questions d'immigration ?

1:00:25
Marion Maréchal

Dans le fond il n'y en a pas dans leur pensée profonde ils considèrent tous les deux qu'il y a un grand remplacement entre guillemets en revanche dans la campagne des européennes je pense qu'on va entendre des différences pourquoi ?

Parce que Marion Maréchal va aller très à droite comme on l'attend alors que Jordan Bardella suit la stratégie de Marine Le Pen c'est à dire la normalisation et il pense que les élections ne se gagnent pas à l'extrême mais au contraire en se recentrant donc il va laisser Marion Maréchal volontairement aller le plus à droite possible sur ces questions-là et lui modérer un petit peu son discours pour ne pas faire peur parce que c'est la stratégie du RN depuis des années.

1:00:55
Présentateur

L'URN est-il toujours anti-Union Européenne ?

1:00:59
Marion Maréchal

Ça a bougé. Il a un peu évolué comme sur beaucoup de sujets d'ailleurs. Il proposait il y a quelques années la sortie de l'Union Européenne et la sortie de l'euro ce qui était un peu la même chose. Maintenant c'est détricoter les traités et essayer de construire une majorité de droite et d'extrême droite au Parlement Européen pour faire évoluer les textes européens. Soit dit en passant quand je regarde la situation européenne on est très loin de cette hypothèse. Ce qui supposerait que les démocrates chrétiens allemands acceptent de s'allier à l'extrême droite au Parlement Européen c'est une hypothèse qui paraît totalement texte.

1:01:33
Présentateur

Ils n'ont jamais réussi à faire ce groupe unique des nationalistes au Parlement Européen.

1:01:38
Marion Maréchal

Et il y a aussi le problème italien. C'est-à-dire qu'en Italie il y a une différence entre Mélanie et Salvini et du coup chacun des deux groupes français possibles, les deux partis français Reconquête et RN s'allie tantôt avec l'un tantôt avec l'autre.

1:01:50
Présentateur

Daniel, dans le Morbihan, les Français ne sont-ils pas plus préoccupés par la hausse des prix que par l'immigration ?

1:01:55
Marion Maréchal

C'est très clair et c'est très net et c'est pour ça que quand on voit le début de campagne de Jordan Bardella et de Marion Maréchal on a l'impression que ça rejoue le même match, le même positionnement qu'en 2022 où on avait d'ailleurs à un moment même à l'intérieur du RN on se demandait si Marine Le Pen faisait bien de ne pas tant parler d'immigration que cela Marine Le Pen a fait campagne d'abord sur le thème du pouvoir d'achat il faut le rappeler or aujourd'hui le pouvoir d'achat notamment dans les milieux populaires j'allais dire pardonnez-moi l'expression écrase tout le reste tellement il est prégnant non pas que la question de l'immigration n'intervienne pas mais elle est évidemment loin derrière.

1:02:27
Présentateur

Des sondages chez nos voisins montrent-ils également une poussée de l'extrême droite pour les élections européennes ?

1:02:32
Marion Maréchal

Pour l'instant oui mais encore une fois les offres électorales ne sont pas partout stabilis.

1:02:35
Présentateur

Nathalie Angironde pourrait-on avoir un jour un second tour Jordan Bardella Gabriel Attal ? On en parlait tout à l'heure. On en parlait tout à l'heure c'est vrai qu'objectivement on se dit que c'est les deux valeurs montantes chacun dans leur partie qui ont d'ailleurs beaucoup de points en commun un arrondatoire une tête plutôt bien faite le sens de la synthèse après ils viennent de milieux très différents mais c'est la nouvelle garde.

1:02:57
Marion Maréchal

D'ailleurs Gabriel Attal enregistre la même progression que Jordan Bardella ce mois-ci dans notre baromètre et devient maintenant au même niveau dans les cinq premiers.

1:03:04
Présentateur

Merci à vous toutes on s'est projeté jusqu'à la présidentielle grâce à vous on n'est pas en retard merci encore pour cette émission il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de C'est à vous bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir.

1:03:16
Locuteur 1

Bonsoir Caroline des tout petits couverts d'hématomes retrouvés seuls dans la rue en plein hiver des chauves biberons défaillants des couches qui manquent des jouets achetés dans des brocantes des biscuits que les employés apportent elles-mêmes le matin autant de dysfonctionnements des crèches privées que pointe une enquête qui rappelle celle de Victor Castané sur les EHPAD les faux soyeurs est-on face à un nouveau scandale ? On pose la question ce soir à nos invités.

1:03:42
Présentateur

Merci à vous bonne émission demain vous retrouvez Axelle de Tarlet dès 17h30 pour un nouveau C'est dans l'air très belle soirée à vous et n'oubliez pas que vous pouvez nous retrouver quand vous le voulez en replay et en podcast dans l'air C'est dans l'air Merci à vous

1:03:52
Locuteur

d'avoir regardé cette vidéo !

Bardella s'installe, Marion Maréchal revient #cdanslair Archives 2023 — Marion Maréchal · Pourquijevote