Mot d'ouverture par Romuald Ribault et Corinne Lepage
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:00Corinne LepageChiffre
« on est sur une base de réduction de 90 % de nos émissions de gaz effet de serre en 2040 »
- 13:00Corinne LepageFait
« à Marseille, c'est un premier cas que j'ai vu, mais je pense qu'il y en a d'autres. Il y a un système de limitation du nombre de data qui a été mis en place pour justement aller vers un usage plus sobre de l'eau. »
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Euh donc bah merci à tous euh de nous avoir rejoint ce matin. On n pas peu fier cette année de vous rassembler bah dans ce lieu quand même très sympathique euh parce qu'on a vu un peu plus grand cette année. Cette année c'est la 10e édition de Widou Green président. déjà euh 10 ans qu'on qu'on essaie de tenir ce rythme et de d'organiser ce moment annuel de réflexion autour de de notre sujet qui est qui bah qui est cher qui est le la responsabilité numérique qui inclut le numérique responsable.
Et donc ben j'ai quelques minutes euh le temps de vous faire venir pour vous parler de la git pour ceux qui connaîtraient pas encore. Je pense que il y en a pas beaucoup mais voilà la git c'est la la première association euh engagée dans le numérique responsable. Elle est née en 2011 donc on va bientôt fêter nos 15 ans et l'année prochaine février ce sera notre petit anniversaire.
Euh et euh depuis peu euh comme vous avez pu le voir sur les affiches à l'entrée, al peut-être ça va un petit peu échappé mais pour nous c'est un moment fort, c'est que depuis juillet, nous sommes association reconnue d'intérêt général. Et donc bah ça c'est quand même une belle fierté d'avoir bah d'avoir ce statut parce que la gite c'est exactement ça. C'est l'intérêt général, c'est la raison d'être de la gite.
Euh au départ en 2011 euh notre volonté était vraiment de sensibiliser sur ce sujet euh et de partager les bonnes pratiques. Et puis bah d'année en année, l'association euh a gonflé. On est autour deune soixantaine de membres aujourd'hui, tous engagés dans une démarche de numérique responsable représentant l'ensemble de la chaîne des services numériques.
Donc très en amont, on a des bureaux d'études sur les data center et puis on remonte la chaîne des data centers, des hébergeurs, des fabricants, des distributeurs, des éditeurs de logiciel, des éditeurs de solutions, des agences web, des consultants numériques responsables, des consultants RSE, des énergéticiens. Donc vraiment on rassemble toute la chaîne de valeur des services numériques et c'est ce qui nous permet bah de de répondre à notre mission de manière très concrète à travers nos livrables puisque notre façon de fonctionner c'est de lancer un sujet et puis bah de demander aux membres de réfléchir mener des réflexions chacun avec son angle sur le sujet que qui qui est levé et qui aboutit à délivraable. Donc voilà, la git concrètement c'est bah des adhérents très engagés.
D'ailleurs quand on leur demande, on a fait une enquête, quand on leur demande pourquoi ils ont rejoint Laagite, la première réponse pour participer au bien commun. Donc vraiment euh on est fier de ça parce que on est cet outil qui permet de de livrer de délivrer du du bien commun euh à travers bah nos livrames, nos livres blancs, nos infographies, nos vidéos et puis le baromètre que j'ai la chance de de piloter depuis quelques années et qui euh tous les 2 ans euh a vocation de mesurer la maturité des entreprises sur le sujet euh du numérique responsable. Donc encore une fois euh merci d'être là pour notre 10e édition.
Euh cette année euh on a souhaité aborder le sujet au moment du Toutia. On se pose aussi beaucoup de questions. Est-ce que finalement cette vague de l'IA euh va écraser aussi toute la les bonnes volontés numériques responsables qui ont pu émerger ces dernières années ?
On souhaitait bah aborder ce cette problématique avec une auteur sur la gestion des risques, la responsabilité, la souveraineté, notre indépendance en terme d'infrastructure numérique. C'est un sujet vraiment important à l'heure des Tougafam et je vais pas en parler plus parce que notre marine Corine Leage qui bah nous suit depuis des années et qui nous a jamais fait défaut euh elle a toujours été là nos nos événements Widow Grinity. Elle est encore là cette année.
C'est l'occasion pour moi de d'aller remercier très sincèrement. Euh c'est beaucoup de fierté que qu'on a de pouvoir être accompagné de Corine, avoir son éclairage et bah je crois que c'est un sujet de prédilection qui qui lui voilà. Exactement.
Merci Fabienne. Et et donc bah sans plus tarder, je vous demande de l'applaudir. Donc Corine Lepage, la marine de la git, être fist de l'environnement et qui va introduire notre journée que j'espère très riche. constructive et interactive.
Bonjour à toutes et à tous. Excusez-moi pour la très mauvaise qualité de ma voix, mais je fais ce que je peux avec ce que j'ai. Voilà.
Mais je suis pas covidée, ne vous inquiétez pas. Ce n'est que du rhume. Voilà.
Merci Romuald euh et merci à votre association de m'avoir invité une fois encore pour m'exprimer cette année devant vous. C'est toujours un plaisir et euh le l'intelligence artificielle est vraiment un sujet croissant. C'est un sujet croissant et on est qu'au début de l'histoire.
Et euh à titre d'introduction, je me référerais à un document que vous avez peut-être lu les uns ou les autres qui a quelques mois maintenant qui est le rapport du World Forum, c'est-à-dire d'Avos pour c'est bon pour le début de l'année 2025 puisque Davos c'est toujours au début de l'année. Et il y a un rapport qui est très intéressant. Il y en a deux cette année.
Il y en a un qui concerne le coût de l'inaction, je passe dessus, et un autre qui concerne les risques planétaires. Les risques planétaires, ils sont évalués en 202527 et en 2035. 202527, le risque numéro 1 qui est pas très éloigné de notre sujet, c'est la désinformation.
Risque numéro 1 au niveau planétaire avant les guerres. avant les catastrophes climatiques qui viennent en de et en 3. Pourquoi ?
Ben parce que la désinformation c'est je dirais le poison violent du système démocratique. Si on n'est pas d'accord sur les faits, le système démocratique ne peut pas fonctionner. système démocratique, il débat des opinions, pas des faits.
Or, et je reviendrai là-dessus tout à l'heure à propos de LIA, euh aujourd'hui, malheureusement, nous sommes entrés dans l'air d'une contestation des faits. vrai pour le climat mais c'est vrai pour beaucoup d'autres choses avec des relancs complotistes et des situations extrêmement graves dans lesquelles par exemple le platisme c'est-à-dire les gens qui sont persé que la terre est plate faut le faire quand même. Chez nous en France il y en a une petite 10 % c'est déjà beaucoup.
Aux États-Unis, c'est 18 %. Mais comme vous avez des algorithmes qui tournent en permanence pour parler du platisme, le risque est que dans 10 ans, le platisme soit considéré comme la thèse dominante. Donc ce sujet de la désinformation est un sujet extrêmement important. 2035, les quatre premiers sujets de préoccupation, ils sont environnementaux.
C'est le risque climatique, l'effondrement d'un écosystème, la pénurie de ressources, la pollution chimique. En 5, on retrouve la désinformation et en 6 les effets négatifs de l'IA. Considéré par le forum de Davos qui sont quand même pas des gauchot et chevelés, hein.
C'est le Boston Consulting Group qui a fait le rapport. C'est pas des gens qui passent pour particulièrement exciter quand même. C'est euh un des risques majeurs auquel l'humanité est confrontée.
Dans cette salle, j'ai le plaisir de m'adresser à des gens qui depuis des années réfléchissent à la manière dont le digital peut être utilisé de manière responsable. Et au fil des années, puisque Romual me fait l'amitié de m'inviter très régulièrement, j'ai pu échanger avec des gens dont j'ai vu les efforts qu'il faisaient sur les datas, sur les réseaux, sur la pédagogie. J'aime pas trop le mot pédagogie parce qu'on n'est pas des enfants, mais enfin disons de la de l'information sur l'utilisation du digital et donc vous êtes des gens qui êtes vraiment investis.
Sauf que là, on change de degré et de nature surtout avec l'intelligence artificielle et c'est ce dont je voudrais vous parler en quelques minutes. Pour moi, avec Lia, il y a trois grands sujets. Le premier sujet, je sais que votre président va vous en reparler tout à l'heure.
Euh c'est et c'est le sujet qui est le plus évoqué, hein, au regard de l'IA, mais à mon avis, c'est pas le plus grave. Il est très grave, mais il y a plus grave. euh parce que l'autre il met en cause l'humanité elle-même.
Donc c'est encore plus grave que les ressources. Alors euh ce sujet dont je dis qu'il est pas le plus grave, c'est le problème énergétique euh parce que la consommation énergétique liée à l'intelligence artificielle est en flambé et alors j'ai pas les derniers chiffres mais on est au-delà des 10 % de consommation d'électricité dans les années qui viennent pour l'intelligence artificielle d'où le fait par exemple aux États-Unis de remettre en service des centrales comme TMI comme My Allen pour pouvoir alimenter en électricité des euh datas. Or, sur ce sujet euh de la consommation, l'encadrement législatif européen est à mes yeux très insuffisant puisqu'on est en réalité, d'après les données que j'ai pu trouver sur les datas en particulier à des niveaux 8 fois plus élevés que ce qu'on avait prévu initialement.
Donc c'est vraiment très très important. Euh donc on n' pas de règles suffisantes et on n pas de cohérence entre notre stratégie énergétique. Je rappelle que on est sur une base de réduction de 90 % de nos émissions de gaz effet de serre en 2040.
Négociation entre 65 et 72 % en 2035, 55 % en 2030, c'estàdire demain matin. Euh et comment on fait ça ? donc de réduire nos émissions de gaz à effet de serre à ce niveau-là avec une électrification qui se fait certes mais à son rythme et qui prévoit de tripler la capacité des centres de données de l'Union européenne en 5 ans.
Donc là il y a un truc qui marche pas, c'est pas cohérent. Il y a pas que l'énergie, il y a l'eau aussi. Euh on va aller faire des batailles locales pour la consommation de l'eau.
Ainsi à Marseille, c'est un premier cas que j'ai vu, mais je pense qu'il y en a d'autres. Il y a un système de limitation du nombre de data qui a été mis en place pour justement aller vers un usage plus sobre de l'eau. Sujet de l'eau, c'est un sujet croissant très franchement en quantité et en qualité.
Euh c'est pas directement votre sujet, mais la question de la qualité de l'eau, quand on voit le nombre de de puits et de zones d'alimentation en eau qu'on qu'on ferme chaque année parce que c'est plus consommable, c'est plus potable du fait des pesticides, du fait d'épiphases, du fait de tout ce que vous voulez. Alors euh les machines, je suis pas sûr que l'épipace se pose un très gros problème, mais on a mon propos était de dire qu'il n'y a pas qu'un problème de quantité, il y a aussi un problème de qualité. Et puis 3è point les matériaux parce que c'est très gentil de voir démultiplier l'intelligence artificielle mais quid euh quid matériaux nécessaires.
Alors je sais bien que on prône l'économie circulaire, la réutilisation des matériaux et cetera et cetera, mais enfin est-ce que ça sera au niveau d'une explosion des des utilisations ? quand j'entendais, je lisais ce matin, je crois que c'est dans les échos, que Chat GPT envisageait de permettre à ses utilisateurs de faire leurs achats via chat GPT. Alors, d'abord, c'est un sacré problème pour le reste du commerce, mais en plus vous imaginez ce que ça fait en terme de consommation.
Donc voilà, là on a un problème majeur, quelque chose de totalement incohérent. problème majeur, mais il y en a deux autres dont je voudrais vous parler qui à mon avis c'est encore beaucoup plus embêtant. Je voudrais vous parler du risque au niveau des individus et du risque au niveau collectif.
Le risque au niveau des individus, il est assez clair pour moi. C'est un abétissement complet. Un abétissement complet.
À partir du moment où vous ne faites plus aucun effort pour réfléchir, où tout le système est fait pour détruire votre esprit critique, on va devenir des imbéciles au sens latin, étymologique du terme des faibles d'esprit. des faibles d'esprit, on va perdre le sens du raisonnement, le sens de la critique et ça nous conduit directement au point que j'évoquerai dans mon num point numéro 3. Donc on a vraiment un problème individuel.
Je dirais que pour les vieux de ma génération, on s'en sort assez bien parce que nous on a été élevé avec le livre, pas avec l'image. Donc on a un sens critique assez développé tout simplement parce que on a fait des explications de texte quand on était petit et donc on sait regarder un texte et se poser les bonnes questions sur la génération en dessous. Je dirais celle de mes enfants, les gens qui ont entre 40 et 50 ans, ça va encore à peu près.
Bien qu'il soit déjà dans la civilisation de l'image, on pense pas du tout pareil quand on est dans la civilisation de l'image et quand on est dans la civilisation de l'écrit. C'est-à-dire que c'est l'œil d'abord. C'est la sensation d'abord avant l'esprit critique.
Mais enfin, je dirais qu'il y a encore une éducation qui tient debout. sur les jeunes et très jeunes générations, j'ai beaucoup beaucoup plus de doute. Il y a heureusement, j'allais dire beaucoup de basgar qui sont menés aujourd'hui pour faire que les petits n'aillent ne soient pas addictes des écrans.
Et quand on voit qu'à l'école, les instituteurs et institutrices ou maîtres et maîtresses d'école disent qu'ils sont obligé de changer d'activité toutes les 10 minutes parce que la capacité d'attention des gosses au bout de 10 minutes, je parle des petits en primaire, il y en a plus. Donc il faut changer, faire autre chose pour reconquérir l'attention des enfants. Et ça c'est dû à quoi ? d aux tablettes, c'est-à-dire cette addiction de changer tout le temps, d'avoir des images extrêmement rapides et il est clair que on a pour le moment que l'effet des tablettes et du digital, j'allais dire classique, on a encore rien vu avec chat GPT.
Donc on a un problème individuel sur le sens du raisonnement mais je dirais que tous nos système sont remis en cause. Toute notre organisation professionnelle quand chat GPT vous dit qu'il va faire les activités de conseil. Je vais encore un grand papier dans les échos ce matin sur ce sujet-là.
Ben, c'est toutes les professions col blanc, si je puis dire, qui sont menacées très clairement, plus seulement les les coles bleue. Euh comment est-ce qu'on fait de l'éducation quand les enfants vont demander à Chat GPT de répondre au devoir et que il va être extrêmement difficile pour les enseignants de eux pouvoir relever ce qui est du gamin et ce qui est euh de l'intelligence artificielle. Alors dans le temps, il y avait le même problème avec les parents.
Disaient est-ce que c'est bien le gamin ou est-ce que c'est papa maman euh qui a fait le problème de math ou la rédaction. Mais bon, comme un adulte et un enfant ça écrit pas exactement de la même manière, on pouvait encore à peu près s'y retrouver. Là, ça va devenir très difficile parce que la question, elle va être posée par un enfant avec ses mots d'enfant et la réponse, elle sera adaptée.
Donc, comment on pense l'enseignement dans un système pareil ? Je pourrais comme ça continuer très longtemps. Je citerai un autre sujet qui est essentiel, sujet des droits d'auteur.
Aujourd'hui, la question du droit d'auteur est remise en cause parce que précisément les écrivains disent "Mais comment on fait pour n'être pas pillé ?" Euh les éditeurs disent "Comment je peux être sûr que c'est bien la plume de monsieur madame Tartempion et pas de Chat GPTI qui m'a livré son bouquin ? Je veux dire par là, on est on n'est pas du tout prêt à avoir revu tout notre système d'organisation sociale pour répondre à ce tsunami qui est en train de nous tomber dessus.
Donc le risque individuel, je dis individuel, c'est mini collectif. Quand je parle des professions, il est très grave. Mais il y en a qui me paraît encore plus en kikquinant, si je puis dire, c'est le risque collectif.
Alors, je l'ai dit à à Romual, j'ai été très impressionné par un bouquin et ce que je vais vous dire est largement tiré de ce livre qui s'appelle Cyberpong qui est une réflexion d'une sociologue sur ce qui se passe aux États-Unis et sur l'alliance entre une pensée libertarienne d'extrême droite et l'utilisation de toutes les technologies. de la silicone vallée, je dirais que c'est pas tout à fait nouveau. Nous avons connu cela déjà si je puis dire avec le scandale Cambridge Analytica il y a quelques années.
C'est-à-dire que ça a commencé en fait avec le Brexit cette affaire là. Ça a continué avec Trump aux États-Unis et euh j'entendais ce matin euh que la le tribunal de première instance des Pays-Bas vient de rendre une décision concernant MTA pour interdire à MTA d'utiliser les algorithmes pour Telegram et pour Facebook et obliger MTA à publier les informations dans l'ordre chronologique. Alors, c'est fait bien sûr pour des soucis de liberté individuelle, mais surtout pour éviter que cet usage des algorithmes pèse dans les prochaines élections aux Pays-Bas qui vont être très chaudes comme dans tous les pays européens d'ailleurs.
Et on a eu la même chose en Pologne et on a la même chose partout. Donc ce que décrit madame Mala puisque c'est elle dont il s'agit, elle dit en fait on est en face d'une espèce de vals à trois temps. Le premier temps, c'est celui qu'on a vécu dans lequel on dont on est en train de sortir pour les États-Unis dont nous nous sommes toujours dedans, je pense, c'est l'air de la politique post vérité. post politique post vérité, c'est-à-dire que c'est l'air des fake news euh dont il devient de plus en plus difficile d'établir qu'il s'agit bien de fake news.
Et ça ça a été tout le travail effectivement de Cambridge Analytica qui à partir des listes électorales qu'ils ont pu dresser ont pu faire une espèce d'analyse métaanalyse de la position politique des gens et de s'adresser avec des fake news à ceux dont la position n'était pas déterminée. C'était pas la peine d'aller convaincre des gens convaincus et d'aller convaincre des gens qui de toute façon ne le seraient pas. Donc ils ont visé la catégorie intermédiaire et ça a marché forcé de constater.
Ça c'est la première étape. Alors la seconde c'est ce qui se passe aux États-Unis actuellement c'est ce qu'elle appelle la politique poste droit. C'est un poste légal décomplexé qui neutralise les contrepouvoirs.
Nous nous étions tous habitués à avoir dans les États-Unis un système démocratique de pouvoir et contrepouvoir dans lesquels en particulier le juge euh jouer un rôle extrêmement important. Bah forcz de constater que ça marche pas terrible, ça marche pas très bien. D'abord la Cour suprême est trumpiste, ce qui n'arrange rien.
Mais de manière plus générale, les décisions, elles tardent à venir, elles font l'objet d'appel, donc ça marche pas. Et donc effectivement, on est dans un système dans lequel le pouvoir exécutif s'empare de l'appareil d'État. Elle écrit "Il faut empêcher les militants de militer, les juges de juger, les journalistes de rapporter les faits.
C'est un cocktail explosif de l'alliance entre postérité et postégal." Et c'est vrai. Et puis le troisème temps, c'est su de la politique postétat.
C'est-à-dire qu'il n'y a plus de distinction. C'est vraiment un risque majeur, hein, ce que je suis en train de décrire. Et vous vous jouez, vous allez jouer un rôle très important pour éviter ça.
Euh c'est celui de la politique post état, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de distinction entre le pouvoir politique et la puissance technologique. On a un état minimal dans son architecture. C'est tout ce qu'a fait Dog.
C'est la destruction des agences d'État, c'est la suppression de toute une série de financements et un renforcement d'un système de contrôle total de la population. On a les deux. Ce qui paraît complètement aberrant parce que on analyse enfin on n pas l'habitude de lier état minimal et contrôle maximal.
C'est quand même de ça dont il s'agit. C'est très gentil. Merci beaucoup.
Voilà. Et donc euh on a un système dans lequel le réel euh le le réel est externalisé et l'humanité est capturée dans des systèmes clos. Il y a l'humanité qui est scindée en deux entre ceux qui codent l'avenir et ceux qui vont subir une popérisation existentielle non par manque mais par saturation.
À force d'avoir des infos, des infos, des infos, on est sidéré, on comprend plus rien et euh donc on rentre dans un système d'abétissement généralisé, d'incapacité de réagir parce que c'est surtout cela dont il s'agit. cet Occident Cyberpom parce que c'est vraiment chez nous que ça se passe hein. C'est un monde où les ingénieurs ont remplacé les penseurs, où l'empire se refait une santé à coup d'algorithme, d'armes hypersoniques et de mines de terre rare.
Et c'est ce que veut faire l'Amérique aujourd'hui en seant en se musclant à l'égard de la Chine. C'est une logique de puissance autoréférentielle qui vit la seule reproduction d'elle-même euh dans un dépassement perpétuel de la technique performative. Euh et c'est en cela que Trump euh est le miroir d'une nouvelle frontière où il y a plus de limite et dans aucun domaine.
Le fait de vouloir aller sur Mars, le fait de vouloir transformer le corps humain pour l'augmenter et en faire essayer de viser à la vie éternelle, ce qui est complètement une aberration totale. Le corps humain a pas été fait pour ça et je pense qu'il ne le sera jamais. Euh ça rejoint cette logique d'hyperpuissance euh et de suppression des frontières euh auxquelles euh nous étions euh nous étions habitués, dans lequel nous étions confrontés.
C'est ce qu'elle appelle un fascisme simulacre dont elle dit qu'il ne détruit pas les institutions. Il dévitalise, il ne réprime pas directement, il abaisse les îot de résistance. Et ce n'est pas tant que les États-Unis ne seraient plus une démocratie, mais l'idée plutôt que la démocratie n'a plus aucun intérêt parce que les gens ne la demandent plus.
Et euh c'est ça le le très très grand risque. Euh c'est une une espèce de fascisme en transition qui si on ne l'arrête pas va effectivement supprimer complètement le le système démocratique. Donc je voulais attirer votre attention là-dessus parce que ça ce n'est pas possible sans l'intelligence artificielle.
C'est l'intelligence artificielle qui permet par le lien qu'elle crée entre ce pouvoir politique exacerbé et euh les nouvelles technologies de pouvoir prendre possession non seulement de l'esprit des gens mais des institutions en réalité. Je terminerai en disant que tout cela, l'évolution de tout cela va dépendre de nous. On n'est pas obligé d'accepter ça.
Simplement euh le simple pékin que je suis n'a pas la compétence, la capacité pour s'opposer à tout cela. Donc vous qui êtes au cœur de ce système digital, qui avez la conscience et depuis longtemps de l'importance de ce que vous faites pour l'évolution des sociétés, vous avez une responsabilité particulière, c'est celle d'aider tous ceux qui ne veulent pas tomber dans ce système à ne pas y tomber, c'est-à-dire à faire à utiliser l'intelligence artificielle qui présente des intérêts indéniables, pas jeter le bébé avec l'eau du l'intelligence artificielle, elle va nous permettre très probablement euh de d'améliorer considérablement nos connaissances par l'utilisation des données, euh de pouvoir gérer beaucoup mieux nos ressources. Il y a beaucoup de choses à faire, mais pas gérer les esprits.
Gérer les ressources, oui, gérer les esprits, non. Et donc ce à quoi nous devons tous nous atteler, me semble-t-il, euh c'est de nous opposer à tout cela. Ça veut dire qu'on a besoin d'une régulation très sérieuse de l'intelligence artificielle.
Et la première dont je parlais des Pays-Bas tout à l'heure est fort intéressante parce que la réponse de MTA, c'est de dire ben euh nous on va faire appel parce que c'est pas aux États de déterminer ces règles-là, c'est à la Commission européenne. Ça veut dire que la Commission européenne, il va peut-être falloir qu'elle se bouge un peu sur le sujet, ce qu'elle n'apparaît pas prête à faire parce que évidemment les États-Unis veulent pas, mais c'est pas parce qu'ils veulent pas qu'il faut pas le faire. Voilà.
Donc euh on est en face d'un quelque chose de très nouveau euh qui demande beaucoup de réflexion, qui demande la prise de hauteur, qui demande à voir comment techniquement on peut faire les choses pour éviter de tomber dans ce travers quand même très menaçant. Et je suis sûre que vos travaux d'aujourd'hui vous permettront de progresser dans cette foie.
Corinne Lepage