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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 25 septembre 2020 19 minAutoproduitActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesCulture, médias & sport

#RDLS122 - Covid-19 : Macron dépassé / cadeaux fiscaux / créolisation

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Locuteur 1Fait
    « Problématique parce que la plupart d'entre nous, nous sommes de bonne volonté et nous sommes disposés à respecter la discipline sanitaire même si on entend parfaitement bien les arguments d'un tas de gens qui nous disent : "Mais tout ça tourne à la comédie". »
  • 4:00Locuteur 1Fait
    « Pourquoi le fait on ? Pour éviter au maximum que des gens tombent malades parce que cette maladie peut déclencher des formes graves, et que ces formes graves ensuite, elles donnent lieu à des hospitalisations et dans des services de réanimation. »
  • 6:00Locuteur 1Fait
    « C'est le prototype de mesures mal pensées. Pourquoi c'est mal pensé ? Parce que, d'abord pourquoi confine-t-on, pourquoi réduit-on les contacts ? Pas pour stopper la contagion, ce n'est pas possible, tant qu'on n'a pas de vaccin. »
  • 8:00Locuteur 1Fait
    « Donc là, faut pas raconter d'histoires, quelques jours avant on savait donc qu'on allait vers une nouvelle interdiction, fermeture des restaurants et des bars. »
  • 10:00Locuteur 1Fait
    « Ceux qui ont fait des stocks inutiles, pareil, ils se retrouvent avec de la trésorerie à sortir, de l'argent à sortir et donc ça les poussent dans le vide et c'est ce qui va se passer à Marseille. »
  • 12:00Locuteur 1Chiffre
    « 20 milliards par an que M. Macron a mis dans la loi ordinaire donc ça n'apparaît même plus comme un phénomène exceptionnel. Qui c'est qui avait fait cette trouvaille ? M. Hollande, le grand génie de l'économie, donc 20 milliards par an sont donnés comme ça, des impôts qui ne sont pas payés, donc on appauvri l'État volontairement. »
  • 14:00Locuteur 1Chiffre
    « 100 000 emplois, pas un million comme disait M. Gattaz. Vous avez déjà oublié vous, mais moi j'oublie pas, qui faisait le clown partout avec son gros badge "un million d'emplois", tout ça ? Menteur ! »
  • 16:00Locuteur 1Fait
    « Le montant de l'investissement baisse, ils disent "l'État doit massivement investir". Ah ben, il ne peut pas massivement investir, vu que vous lui retirez tous ses moyens en supprimant les impôts de tous les cotés. »
  • 18:00Locuteur 1Chiffre
    « La seule chose qui a augmentée et qui est restée constante dans cette augmentation, ce sont les dividendes. C'est-à-dire la part, la rémunération, comme ils disent, du capital, il n'y a que ça qui a augmenté, les salaires ont diminué, l'investissement a diminué, l'emploi a diminué. »
  • 20:00Locuteur 1Chiffre
    « 20 milliards par an, qu'est-ce qu'ils ont produit au total, 100 000 emplois, pas un million comme disait M. Gattaz. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Allez, c'est la 122ème Revue de la semaine. Générique ! [Musique] Bon, d'abord je vous parle de cette gestion du Covid-19 que, je dois dire, je trouve de plus en plus problématique.

Problématique parce que la plupart d'entre nous, nous sommes de bonne volonté et nous sommes disposés à respecter la discipline sanitaire même si on entend parfaitement bien les arguments d'un tas de gens qui nous disent : "Mais tout ça tourne à la comédie". D'autres sont beaucoup plus critiques, bon, on l'entend aussi parce que, moi je sais pas comment vous réagissez vous, mais moi j'essaye de regarder, de lire à peu près ce que tout le monde dit, les différents points de vue. Mais dans ma responsabilité, je peux pas prendre le risque d'avoir une parole trop hors du cadre, parce qu'il s'agit de la santé publique, que la règle de base c'est quand même la discipline sanitaire et qu'il faut s'inscrire responsablement là dedans.

Mais en même temps, les Français on les connaît quoi ! Ils font comme ils l'entendent, mais la majorité je pense, raisonne un peu comme moi, quoi qu'on pense en nous même. On raisonne en se disant "on va respecter la discipline", mais dans tout ça il y a une limite, c'est que gérer une société, ce n'est pas, ça ne peut pas se passer comme le croit M.

Macron, comme une start-up. Bon, moi je n'ai jamais vécu dans une start-up, mais enfin, on suppose que c'est une très petite entreprise pleine d'audace où on peut décider une chose le matin pour le soir etc. Ce n'est pas d'ailleurs un modèle qui est généralisable, qui est viable, vous le savez aussi bien que moi.

Mais un pays de plus de 65 millions d'habitants ça ne se mène pas comme ça au coup de sifflet. Et je suis très étonné de voir Mr Castex, le nouveau Premier Ministre, se comporter de cette manière parce que je m'attendais de la part d'un élu venu de Prades, à plus de sens des réalités humaines. Bon, pourquoi je vous dis ça ?

Parce que la décision qui a été prise pour Marseille, qui a été tout d'un coup comme ça, interdiction des bars et des restaurants pendant 15 jours, C'est le prototype de mesures mal pensées. Pourquoi c'est mal pensé ? Parce que, d'abord pourquoi confine-t-on, pourquoi réduit-on les contacts ?

Pas pour stopper la contagion, ce n'est pas possible, tant qu'on n'a pas de vaccin, tant qu'il n'y a pas une capacité de résistance au virus répandue dans la population, celui-ci continue à circuler, voilà. Donc pourquoi le fait on ? Pour éviter au maximum que des gens tombent malades parce que cette maladie peut déclencher des formes graves, et que ces formes graves ensuite, elles donnent lieu à des hospitalisations et dans des services de réanimation avec deux conséquences : 1.

Est-ce qu'il y a assez de places pour accueillir tout le monde ? Et 2. pendant qu'on accueille les uns, qui n'accueille-t-on pas parmi les autres ?

C'est ce qui s'est passé la dernière fois, c'est-à-dire : pour pouvoir accueillir des gens malades du Covid on a suspendu les interventions chirurgicales, suspendu la pratique de tel ou tel traitement, notamment dans le domaine du cancer pour les gens qui étaient soignés du cancer et qui à ce moment là avaient besoin d'interventions plus lourdes, d'accord ? Donc voilà pour quoi on fait tout ça, on repère dans les tableaux quand la contagion semble se généraliser et que cette généralisation se fait de plus en plus rapidement, d'accord ? Donc c'est pas quelque chose qui arrive du jour au lendemain, on voit la tendance se mettre en place et on a des calculs qui permettent de prévoir les pics et les décrues.

Donc là, faut pas raconter d'histoires, quelques jours avant on savait donc qu'on allait vers une nouvelle interdiction, fermeture des restaurants et des bars. Ça valait la peine de prévenir les gens quand même ! Parce que, dans la vie concrète, qu'est-ce qui se passe ?

Les gens qui font de la restauration ou qui font du bar, pareil, ils ne commandent pas le matin pour le soir, ils commandent des choses, ils font des stocks, les stocks sont périssables quand il s'agit de nourriture. Et quand vous faites des stocks que vous n'écoulez pas, ben normalement vous réduisez les stocks ou vous attendez qu'ils se vident, mais si vous prévoyez qu'il va y avoir de la consommation vous reconstituez des stocks. Ça c'est la bonne gestion quotidienne de ce type d'établissement.

Hors là on les prévient du jour au lendemain, ça veut dire que tout ce qu'il y a dans les frigos vous pouvez le jeter ou le donner gratuitement à qui vous voulez mais ça ne sera pas commercialisé. Ceux qui ont fait des stocks inutiles, pareil, ils se retrouvent avec de la trésorerie à sortir, de l'argent à sortir et donc ça les poussent dans le vide et c'est ce qui va se passer à Marseille. C'est pour ça qu'il y a eu autant de gens qui sont allés déposer symboliquement les clés devant le tribunal de commerce pour dire : "bon ben pour nous c'est fini".

J'espère qu'ils sont pas aussi nombreux pour qui c'est fini, mais la préoccupation qu'exprime tous ces commerçants, elle est très importante et puis ça nous intéresse tous, les restaurants, les bars c'est la vie quoi, la vie ! Voilà, comme elle est aujourd'hui, comme elle se déroule autour de nous, on n'a pas vocation à avoir des villes avec des rues vides, tous les magasins fermés et les rideaux de fer tout le long. La ville, ça a toujours été ce lieu de contacts, d'échanges sous toutes les formes.

Des bistrots et des tavernes il y en a depuis je sais pas quand, mais il y a très longtemps quoi, ça a toujours existé et puis en France ça joue un rôle singulier dans la façon avec laquelle les gens se socialisent, c'est comme ça. D'ailleurs quand vous allez à l'étranger souvent vous êtes surpris les Français parce que vous ne trouvez pas de bistrot, ou il n'y a pas de café, alors ça vous paraît très bizarre, il n'y a que des restaurants mais pas de café. Bon, alors bref c'est du sérieux et ça, ce n'est pas une bonne façon de gérer la société.

Alors, bon sang, moi j'en étais à leur dire il faut planifier dans l'industrie et dans la production, alors il faudrait déjà au moins planifier les décisions. Moi je suis consterné, je suis pas d'accord avec cette manière de mener le pays parce que vous savez comment ça va se finir, vous le savez comme moi. Déjà, ordres et contre-ordres ça fait que plus personne aujourd'hui ne sait ce qui est vrai à propos des masques, d'accord ?

Toutes les positions existent et il est très difficile de trancher entre elles. Moi je choisi la discipline parce que je me dis, je prends pas de risques pour moi même si je me mets un masque, et sans doute, peut-être que ça évite que des gouttelettes se répandent et que je rende malades d'autres gens si moi même je devenais malade, voilà. Mais il y a des tas de gens qui disent : "ben, écoute, tout ça tient pas debout, on te dit de mettre le masque jusqu'au moment où tu te mets à manger, et puis après, quand pour manger il faut bien enlever le masque, que t'étais au restaurant qu'est-ce que ça donne ? " De même là on nous dit "on ferme les bistrots et les restaurants" mais on continue d'aller à l'école et au boulot." "Quelle est la logique de tout ça ? " C'est ça que se disent les gens, donc comme ça paraît incohérent c'est pas crédible.

Le principe de l'autorité dans une démocratie et dans un peuple adulte, c'est que les décisions sont légitimes parce qu'elles sont rationnelles, d'abord parce qu'elles sont décidées par la loi, puis après parce qu'elles sont rationnelles. Enfin les gens ne sont pas des numéros quoi, c'est pas des gosses à qui on dit "fais ci, fais pas ça" non ! Donc il faut que l'autorité soit légitime et pour qu'elle soit légitime, il faut qu'elle soit comprise et que ces décisions soient rationnelles On explique aux gens : voilà pourquoi on prend telle décision, voilà quel résultat on en attend.

Et puis, il n'y a pas de mal, si c'est pas la bonne décision ou si les résultats ne sont pas, ben c'est la vie, on continue, on cherche autre chose, mais on ne mène pas le pays à la baguette. C'est de la bêtise de faire ça. Et vous allez voir que, petit à petit vous allez avoir des phénomènes de plus en plus massifs de gens qui n'obéissent plus aux consignes sanitaires.

Voilà le résultat auquel on va aboutir, donc je ne suis pas du tout content. Alors après pour le reste, dans l'industrie et pour ce qui est de l'activité économique, alors là, on patauge dans l'irresponsabilité. Rien n'est planifié, rien n'est organisé.

Ils ont décidé le saupoudrage de tous les cotés, ça recommence les dons gratuits sans contrepartie aux grandes entreprises avec le prétendu "plan de relance", et là, ils suppriment dans la prochaine loi de finance ce qu'ils appellent les "impôts de production". Je suppose que c'est pour faire peur et dégoûtant "impôts de production". Alors j'ai vu à la télévision, à France 2, vous savez, c'est la chaîne gouvernementale, faut aller voir ça pour rigoler.

C'est "oui, le gouvernement fait tout ce qu'il faut et bravo c'est formidable", alors des fois, on pose des questions insolentes. "Fait-il vraiment ce qu'il faut ? " Et aussitôt apparait un expert sorti de je sais pas où, qui a la banane et qui dit : "Oui, oui, tout est au point, ça marche".

Bon, bref, je regarde pas souvent la télé mais j'ai pas supporté là, j'ai essayé de regarder un journal télévisé, ho là là, j'ai laissé tomber la télé gouvernementale. Je comprends mieux maintenant pourquoi je suis un opposant, je ne supporte pas le coté béni-oui-oui quoi, ça m'exaspère. Bon alors bref, j'ai regardé ça et on parlait des "impôts de production" et voilà qu'apparaît un gugusse dans son usine qui dit : "Ah ben oui parce que nous on paye plus d'impôts que partout ailleurs, alors donc c'est normal qu'on les baisse." Le gars se pose pas une seconde, une seconde, la question de savoir qui va payer à la place de cette entreprise, l'impôt.

Parce que le monsieur en question, il est bien content quand il va au boulot dans son usine qui est soi-disant trop taxée, il est bien content de passer sur le machin avec du goudron dessus, ça s'appelle une route, et elle ne se fabrique pas tout seule, c'est la commune qui l'a mis en place quand c'est la voirie communale ou c'est le département quand c'est la voirie départementale ou c'est l'État. Alors, qui c'est qui va payer ? Parce que les impôts en question, ils allaient aux collectivités locales, donc c'est tous les autres.

Mais ça ne lui effleure pas l'esprit, et la speakerine, là, qui parle pendant l'émission pareil, rien ! Elle n'a rien à dire sur le sujet, ça ne la concerne pas. Alors ça c'est la route, et puis après vous avez un truc qui est assez curieux hein, ça fonctionne bien, vous mettez une prise et aussitôt il y a de l'électricité, formidable non ?

Bon alors qui est-ce qui amène l'électricité jusque là, qui est-ce qui éclaire la rue, qui est-ce qui ramasse vos ordures, qui les traite ensuite ? Qui fait tout ça, qui fait tout ça ? Eh bien l'argent que tout le monde donne pour payer tout ça.

Donc voilà des gens qui décident que, n'importe quoi qu'ils payent, c'est trop. Et en plus maintenant, on leur donne de l'argent, alors ça s'appelle un "crédit impôt compétitivité emploi", c'est pas beau ça ? Alors, 20 milliards par an que M.

Macron a mis dans la loi ordinaire donc ça n'apparaît même plus comme un phénomène exceptionnel. Qui c'est qui avait fait cette trouvaille ? M.

Hollande, le grand génie de l'économie, donc 20 milliards par an sont donnés comme ça, des impôts qui ne sont pas payés, donc on appauvri l'État volontairement. Et ces 20 milliards par an, qu'est-ce qu'ils ont produit au total, 100 000 emplois, pas un million comme disait M. Gattaz.

Vous avez déjà oublié vous, mais moi j'oublie pas, qui faisait le clown partout avec son gros badge "un million d'emplois", tout ça ? Menteur ! 100 000 et ça veut dire que ça nous a couté 900 000 euros par emploi, d'accord ?

Donnez-moi 20 milliards par an, vous allez voir moi si je vous fais pas du travail avec, hein. C'est lamentable de voir ça, lamentable ! Et là, à nouveau avec leurs soi-disant impôts de production qu'ils vont supprimer aux collectivités locales encore 20 milliards.

Alors, tout ça c'est pour relancer, donner des moyens etc. non seulement alors, compétitivité, oilou ! ils investissent dans rien.

Le montant de l'investissement baisse, ils disent "l'État doit massivement investir". Ah ben, il ne peut pas massivement investir, vu que vous lui retirez tous ses moyens en supprimant les impôts de tous les cotés. Alors qu'est ce que ça veut dire, à la fois l'état doit massivement investir et 5 minutes après, pleurer parce qu'on ne veut pas payer ?

Bon alors, là ça va être encore des sommes gigantesques qui vont être données sans contreparties, sans garanties. Ils font ce qu'ils veulent, donc je vous ai dit, ce n'est pas dans les machines, y a pas d'investissement, au contraire l'investissement a baissé, c'est pas dans l'emploi, il y a de plus en plus de chômeurs, mais par contre, la seule chose qui a augmentée et qui est restée constante dans cette augmentation, ce sont les dividendes. C'est-à-dire la part, la rémunération, comme ils disent, du capital, il n'y a que ça qui a augmenté, les salaires ont diminué, l'investissement a diminué, l'emploi a diminué, le commerce a diminué, les ventes à l'étranger ont diminué, mais les profits sont restés constants et même à un niveau de plus en plus élevé.

Voilà, ça c'est le modèle de gestion libérale. Ils vous disent "oui, c'est pour la compétitivité", il n'y a rien qui marche, il n'y a rien qui ne se passe comme prévu. Sauf que c'est vous qui payez de plus en plus pour compenser ce qui leur est fait cadeau.

Et quand vous ne payez plus ou quand on pense qu'on n'arrive plus à presser assez le citron et ben ils détruisent des services publics. Et vous vous retrouvez avec des hôpitaux où on n'a pas ouvert de lits supplémentaires depuis la première vague du Covid-19, où on n'a pas embauché des gens et donc, comme on craint qu'ils soient saturés, et bien on ferme les bars à Marseille et les restaurants et on va le faire encore ailleurs, c'est ça que va décider Macron bientôt. Et tout ça se tient, c'est une seule et même chose, nous parlons de la même chose quand nous parlons de la suppression des soi-disant impôts de production, quand nous parlons des entreprises qui ferment alors qu'elles ont reçu de l'argent de l'État, et quand on dit, il y a pas assez de lits à l'hôpital et que c'est une bêtise de fermer les commerces et les restaurants dans Marseille et ailleurs, voilà, c'est une seule et même chose.

Donc c'est la raison pour laquelle, voyez moi ça m'endurcit plutôt qu'autre chose de voir ça, il faut rompre avec tout ça, là, dans 18 mois, on a une élection présidentielle et vous savez comme moi que c'est l'élection clé. Tout le reste, bon, ça concerne des aspects de la vie mais ça touche pas le fondamental qui est la règle du jeu, la façon avec la quelle tout ça fonctionne et au profit de qui, donc je pense que pendant ces 18 mois, il faut qu'on arrive à convaincre une majorité de nos concitoyens, que la tâche la plus urgente, celle qui passe avant toutes les autres, c'est d'en finir avec ce dogmatisme libéral pour le libre échange, la main invisible du marché, toutes ces salades qui nous ont conduit au point de misère et de destruction dans lequel nous voilà rendu aujourd'hui. Bon là, mon deuxième point, je me fais de la pub pour moi même.

Pendant mon discours sur la République que j'ai fait à l'occasion de la cérémonie gentille d'ouverture de la fondation "La Boétie", j'ai fait le tour des questions qui touchent à la république, moins une que je traiterai à un autre moment, qui est la question de la république sociale, pourquoi, comment on est arrivé à l'idée d'une république sociale, parce que ça aussi, ça a une histoire. J'ai évoqué une question nouvelle et j'ai parlé de créolisation, alors aussitôt sont sorti de la boîte tous ceux qui, à la seule idée qu'on mélange quoi que se soit, ils sont malades. Alors pour ceux d'entre vous qui sont des lettrés, qui ont du temps pour lire des choses bizarres, il y a un livre de Wilhelm Reich que peut-être vous avez lu ou il y a longtemps, moi je l'ai lu, il y a tellement longtemps, j'étais étudiant, j'avais que ça à faire, j'ai envie de dire : j'étais payé pour ça, je n'étais pas payé mais bon.

Et dans Wilhelm Reich, ça s'appelle "La Psychologie de masse du fascisme", bon, c'est connoté hein ! Et alors, il étudie, il se prend la tête pour essayer de comprendre comment les gens ont pu devenir racistes. Parce que lui, c'est un type tranquille quoi, il ne comprend pas, alors il fait des recherches de psy, et dedans il dit : Ah ben oui finalement c'est un ressort assez profond que chacun d'entre nous a à l'esprit, c'est que, même quand on a fait sa vie et que tout ce que vous voulez, on n'arrive pas à se faire à l'idée que nos parents, bah ils faisaient comme tout le monde pour avoir des enfants.

Alors, Wilhelm Reich dit : "Alors ça les choque tellement que bon, tout ce qui évoque le mélange les met dans un état terrible". Quand vous dites créolisation, alors là, il y en a, ils s'évanouissent avant même que vous ayez fini de dire le mot parce que pour eux, c'est un abominable mélange. Alors aussitôt on commence à dire "mais Mélenchon il veut que tout le monde se mélange".

Mais moi je ne veux rien du tout, la créolisation ce n'est pas un projet, ce n'est pas un faire part, ce n'est pas un programme, c'est juste un fait qui se déroule tout seul, ça se fait tout seul les amis, comme ça. Et ce n'est pas que les relations entre les personnes pour avoir des enfants, c'est aussi une relation culturelle, bon ben voilà quoi. Le plat préféré des français, vous savez ce que c'est ?

C'est le couscous ! Bon, c'est pas mon plat préféré à moi, mais c'est le plat préféré des français, alors pour le coup, ça c'est ce qu'on appelle la créolisation. C'est-à-dire, c'est inattendu, des gens arrivent, ils amènent leur cuisine, leur manière de parler, des fois leur manière de rire, leur manière de se saluer, que sais-je encore, de la poésie, de la musique, tout ce que vous voulez.

Et puis dedans, on sait pas pourquoi, ceci, cela est retenu et ensuite se propage dans la population générale, donc c'est ça que j'explique, que j'ai voulu expliquer ce soir là. Mais comme ça m'a bien fait rire de voir les réactions, il y en a, ils sont vraiment impayables quoi ! On croirait que, c'est vraiment : on appuie sur le bouton et ils démarrent hein.

Bref, vous avez compris ce que j'essaye de vous dire, mais si vous n'avez pas compris, j'ai écrit une tribune que le Nouvel Observateur a bien voulu publier sur son site. Et qui résume, très bien d'ailleurs, le titre qu'ils ont choisi c'est de dire : "la créolisation ce n'est ni un projet ni un programme, c'est un fait". C'est dans mon texte que ça se trouve, mais j'aimerais bien que vous le lisiez et puis si ça vous dit de me donner votre avis, faut pas hésiter hein !

Alors il va aussi être publié sur tous mes outils de communications, et puis, vous trouverez la référence en bas, à la fin de cette vidéo. Bon, les amis, on essaye de tenir 20 minutes maintenant, alors je vous dis au revoir et à la semaine prochaine et j'espère qu'on se retrouve tous en bonne santé la semaine prochaine. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -