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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 28 mars 2025 10 min

Karima Delli, candidate au congrès Écologistes, est l'invitée de la matinale politique de Franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Karim Madelli. Bonjour. On va beaucoup parler d'écologie bien évidemment et du congrès en particulier mais deux questions de l'actualité pour commencer si vous voulez bien.

Hier c'était le réquisitoire dans le procès libien de Nicolas Sarkozi ancien président de la République. 300000 € d'amende 5 ans d'inéligibilité. C'est la lourde peine réclamée par le ministère public.

C'est quoi votre réaction pour cette nouvelle affaire pour Nicolas Sarkozy ? Ce n'est qu'un réquisitoire, je le rappelle. Bah, d'abord, c'est une première dans l'histoire politique française, vous voyez.

Et je crois que aujourd'hui euh j'entends euh la go la la droite et l'extrême droite monter au créneau là, mais il se à longueur de journée, il défendent la tolérance zéro pour la petite délinquence. Et lorsqu'il y a ce genre de jugement, on vient dire quoi ? On vient dire on vient critiquer la justice.

Moi, je crois que pour la droite et l'extrême droite, c'est assez marrant parce qu'ils sont sévères avec les petits gens mais ils sont cléments avec les puissants. C'est la raison pour laquelle nous allons voir ce qui va se passer. Mais si euh les peines encourues tombent, alors à ce moment-là, il faudra demander à cette République d'être exemplaire de demander à monsieur Sarkozy de rendre sa légion d'honneur.

Alors là, c'est pas un réquisitoire mais une condamnation pour Boem Saint-Sal condamné donc à 5 ans, le réquisitoire était de de 10 ans. Son avocat appelle le président algérien à l'humanité concernant l'écrivain, est-ce que vous diriez qu'il est pris en tenaille par les tensions qui n'ont jamais été aussi fortes entre la France et l'Algérie ? D'abord, je voudrais euh rappeler une chose qui est un principe très clair chez les écologistes.

Nous ne voulons pas euh d'écrivains en prison. Nous sommes attachés à la liberté d'expression notamment et aussi à la démocratie. C'est la raison pour laquelle je le dis de manière assez forte sur votre matin, sur votre antenne ce matin, c'est que le cas de Blem Sansal ne peut pas être instrumentalisé par les forces politiques.

C'est la raison pour laquelle je pense que dans le conflit qui aujourd'hui est entre la France et l'Algérie, j'appelle à beaucoup de prudence mais aussi de diplomatie. Nous ne sommes pas là pour faire du chantage. Nous sommes là véritablement pour libérer notamment Bourlem sans sal.

Et quand on parle de Bourlem sans sal, j'ai un petit clin d'œil parce qu'il ne faut pas les oublier aussi. les otages en Iran. Je parle bien sûr de Cécile Coler et de Jacques Paris qui eux aussi euh ont se félicitait il y a quelques jours de Olivier Grandau et ben on a encore de l'espoir que hop ils reviennent à la maison.

Alors on va parler des zones à faible émission euh qui ont subi euh un coup d'arrêt puisque une commission alors ce n'est pas le débat dans l'hémicycle mais une commission spéciale à distop aux zones à faible émission. Alors, je rappelle euh que c'est ça permet de de d'éviter à des véhicules très polluants d'entrer dans certaines agglomations. Euh ce coup d'arrêt, est-ce que c'est pas le début de la fin, je dirais pour les zones à faible mission ?

Et j'imagine que euh ça nous plaît pas du tout que cette commission a votée contre. Non. Alors, d'une part, ça ne plaît pas du tout et d'autre part, il ne faut pas mettre fin aux zones notamment ce qu'on appelle les zones à faible émission.

Pourquoi ? parce que ce sont des zones justement de santé publique. Aujourd'hui, la France a été condamnée deux fois parce qu'elle ne respecte pas les seuils de pollution par la directive européenne.

Ça nous coûte des millions en 2021 2022 millions de absolument des millions d'euros qui pourraient être mis sur une autre mobilité notamment pour les citoyens français. Ça c'est la première chose. La deuxième chose c'est le chiffre.

La pollution de l'air c'est 40000 morts chaque année en France. Alors qu'est-ce qu'on fait ? On ferme les yeux et on continue de vivre avec des pics de pollution.

On dira notre vie c'est de d'amener les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes à la maison. C'est pas le monde qu'on veut. C'est la raison pour laquelle moi je défends les les zones à faible émission parce que pour derrière c'est c'est des zones à forte à fort empoisonnement.

Vous voyez, ce sont des dioxydes forts, des dioxydes de carbone qu'on respire, ces particules fines et on peut pas se permettre. Donc qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui ? Et là, j'appelle monsieur Berérou ce matin sur votre sur votre antenne.

Monsieur Berou a été le haut commissaire au plan notamment qui n'a pas réussi à mettre en place des outils pour cette transition juste. Donc en tant que première en tant que premier ministre, je lui demande de ne pas détricoter la loi. Au contraire, le gouvernement doit se battre pour ces zones de faible émission et venir accompagner les plus pauvres.

C'est incroyable parce que les alternatives, on les connaît hein. Il faut aider les plus pauvres à avoir des véhicules moins chers. Mais est-ce que c'est pas ça le problème ?

Est-ce que c'est pas euh entre guillemets antisocial ? Est-ce que ça ne défavorise pas ceux qui ne peuvent pas par exemple changer de véhicule si on reste bien évidemment sur la voiture ? Mais est-ce que c'est pas le problème de de ces aides feu ?

C'est que ça n'a pas été assez préparé. Est-ce qu'il y a pas eu un manque de pédagogie ? C'est toujours les mêmes qui trinquent.

L'écologie punitive, vous connaissez le refrain. Oui, mais il y a il y a pas d'écologie dans l'inaction, vous voyez. Et là, on est dans l'inaction.

C'est-à-dire qu' on a le double effet qui se coule, c'est-à-dire les pauvres qui vivent dans des zones notamment où la pollution explose et c'est eux qui sont malade. Donc on est quand même en train de rêver. Donc moi ce que je demande c'est qu'il y ait une batterie notamment de solution, plus de transport en commun, plus notamment d'aide pour aider les plus pauvres à avoir accès notamment à des véhicules euh moins polluants et ouvrir le marché de l'électrique.

Ouvrons le marché de l'électrique. C'est quand même incroyable que aujourd'hui on n' pas de marché de l'occasion. Ce sont les collectivités, les entreprises qui devraient acheter de l'électrique pour que demain on les mette sur le marché de l'occasion et ensuite il y a l'industrie euh l'industrie automobile.

Moi je suis désolé, on a aidé à coup de milliard cette industrie hein. Aujourd'hui, ils sont pas capables de faire une petite voiture électrique, ils font des gros SUV. Je ne suis pas d'accord.

La volonté politique, quand on l'a, on est capable de le faire. Et derrière c'est aussi bah de l'emploi, c'est aussi de se réconcilier avec nos territoires et qu'on arrête de dire que ce sont des zones dont on n pas besoin. Ce n'est pas vrai.

Aujourd'hui, moi je me félicite que dans des dans des villes que ce soit Stravousbourg et cetera, derrière les ZFE, c'est un problème de mobilité aujourd'hui. Il faut que les gens prennent beaucoup plus les transports au commun, les trains et cetera, mais il faut les rendre accessibles. Comment se fait-il qu'un prix par exemple aujourd'hui un billet de de train soit plus cher qu'un billet d'avion ?

On marche sur la tête. Faisons ce qu'on appelle le ticket climat. Moi, je pousse le ticket climat.

Qu'est-ce que c'est ? C'est un abonnement de 29 € pour tous les Français et tous les Françaises pour prendre tous les ter, tous les bus, tous les métros, quelle que soit la ville où vous habitez. Ça marche en Allemagne, ça marche en Autriche.

Là, les Portugais vont le faire. Alors, qu'est-ce qu'on attend ? Il suffit de s'organiser.

Alors justement, vous vous ventez les mérites de l'écologie politique avec des reculs au niveau du gouvernement. On le voit sur les zones artificialisation netes, sur les nicotnoïdes. Euh c'est là-dessus que vous voulez euh prendre la tête du parti des écologistes anciennement Europe et collégie les verts.

Je viens donc au congrès qui se fait en plusieurs phases. On va pas raconter tout ça mais euh vous contestez clairement euh les statuts qui ont été pourtant votés l'an dernier par une forte majorité près de 70 % des adhérents. Qu'est-ce que vous reprochez à ces nouveaux statuts qui d'ailleurs ne vous empêchent pas de participer à l'éventuelle élection pour vous au poste de secrétaire national à la place de Marine Tondelier ?

Qu'est-ce que vous reprochez à ces statut ? Al, il y a plusieurs choses. Tout d'abord, ce congrès, c'est un congrès qui est fondamental pour l'écologie et pour la gauche.

On est dans un moment de bouleversement, c'est-à-dire, on voit une montée notamment des climatosceptiques, des gens qui voudraient balayer l'ensemble des normes environnementales et aussi un monde de bouleversement dans le monde avec les guerres. On voit ce qui se passe en Europe, on voit ce qui se passe euh en France. Moi je le dis très simplement, l'écologie doit redevenir au centre.

C'est moi je n'ai rien contre Marine Taudelier. Mais vous consid que le votre parti rien contre Marine Taudelier qui est une amie. Moi, je considère, c'est très bien qu'elle soit médiatisée.

Moi, je veux qu'on médiatise l'écologie politique. Je veux faire de l'écologie du quotidien des gens. Je veux que les gens puissent se déplacer, puissent manger notamment des des choses de qualité.

Je veux véritablement faire en sorte que demain tout le monde vive dans des lieux sains. C'est-à-dire que je veux repartir des territoires. Il faut véritablement montrer à quel point justement l'écologie se fait au quotidien.

C'est pour ça que moi je porte l'écologie populaire. On est dans un moment où aujourd'hui l'écologie n'est pas la punition. Ce n'est pas vrai, c'est la solution.

Mais nous avons perdu beaucoup trop de temps. C'est la raison pour laquelle moi je considère qu'il est temps de se mettre au travail et par exemple pour 2027, nous devrions déjà avec nos partenaires de l'Union de la gauche et des écologistes commencer à travailler euh ce programme d'idée et pas faire cette guerre des égos qui n'intéresse personne. Alors euh par honnêteté intellectuelle, la majorité sortante conteste que ces statuts verrouillent le parti.

Ça c'est dit. Il y a trois candidats. Ça verrouille mais c'est surtout c'est que tous les 3 jours, vous voyez, on change les règles.

Il y a quelque chose qui peut pas marcher. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que je serai sur la ligne de départ et j'irai me battre pour convaincre un maximum les militants et les militantes, mais aussi mes élus. Parce que les élus de d'Europe écologie, les verts, ils ont du talent.

Alors, ils font des choses extraordinaires sur les territoires. Moi, je suis très fière qu'on est des maires mais je suis aussi très fière qu'on est des gens dans des collectivités locales, dans des agglomérations et qui ne sont pas sur le devant de la scène. C'est eux qu'il faut porter de main parce que c'est ensemble qu'on arrive à montrer cette société écolo qui est sympa mais qui change la vie des gens.

Alors, très rapidement donc il y a trois autres candidats. Marine Tondelier sortante, Florentin Lissier qui adjoint à la mairie de Paris et Harmony Le serf Meier qui est adjointe à la mairie de Bordeaux et se pose la question à vous quatre des alliances. Vous Madelli, vous dites quoi ceux qui disent on ne doit plus faire alliance par exemple avec les insoumis dans le cadre des prochaines municipales qui seront très importante pour les écologistes ?

Vous vous répondez quoi ? Alors qu'on aime ou qu'on aime pas Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc fera toujours du Mélenchon. On va pas le changer.

Vous voyez là, moi mon but c'est pas de faire de l'union pour faire de l'union. On a fait l'union, moi j'ai un objectif, c'est l'union pour gagner en 2027. C'est ça ma priorité parce qu'en face de nous, on a justement le parti de l'abstention mais aussi on a l'extrême droite.

Donc maintenant, il faut arrêter de tergiverser. Nous sommes plus forts ensemble. Donc il faut se mettre au travail.

Et se mettre au travail c'est travailler sur un vrai programme de 2027. Et bien merci beaucoup Karina. Merci à vous.

Okay.