Allocution d'Édouard Philippe et intégralité du plan de déconfinement
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Mesdames et Messieurs, ce matin, lors du Conseil de défense, le président de la République l'a confirmé. Au vu des résultats sanitaires enregistrés ces derniers jours, la levée progressive du confinement peut être engagée ce lundi 11 mai. C'est une nouvelle étape dans la lutte contre l'épidémie. C'est une bonne nouvelle pour la France, pour les Français. Nous allons débuter lundi prochain un processus très progressif, au minimum sur plusieurs semaines, qui va permettre au pays de sortir doucement, mais sûrement, du confinement que nous connaissons en France, comme d'ailleurs dans une très grande partie des pays du monde, depuis le 17 mars.
L'esprit dans lequel nous travaillons, vous le connaissez. Nous cherchons en permanence le bon équilibre entre l'indispensable reprise de la vie normale, familiale, économique, culturelle, sanitaire et sociale, et l'indispensable respect de toutes les précautions qui empêchent l'épidémie de repartir et qui donc protègent les Français. C'est un équilibre qu'il nous faut tenir. Ce n'est pas une des priorités qui doit prévaloir sur l'autre. C'est un équilibre et c'est donc un chemin de crête. Notre méthode, vous la connaissez également. J'ai demandé à M.
Jean Castex, qui est à la fois un haut fonctionnaire et le maire d'une commune qui se trouve dans les Pyrénées-Orientales, d'élaborer une stratégie très concrète en associant tous les acteurs, les collectivités territoriales, les partenaires sociaux, les scientifiques. Son rapport définitif a été validé ce matin par le président de la République en Conseil de défense. Il sera rendu public dans les jours qui viennent. Il est fondé sur une stratégie que j'ai présentée dès le 28 avril dernier à l'Assemblée nationale. D'abord parce qu'il était nécessaire de prendre l'avis du Parlement.
Ensuite, parce que présenter tôt cette stratégie permettait de la confronter aux réalités de terrain et aussi de laisser aux acteurs locaux le temps de se préparer au déconfinement. Nous y sommes. Il y a aujourd'hui une bonne nouvelle et une moins bonne nouvelle. La bonne nouvelle, c'est que nous sommes en mesure de valider le déconfinement sur l'ensemble du territoire métropolitain. La moins bonne nouvelle, c'est que certains départements ont des résultats moins bons qu'espérés. La carte de France que va vous présenter le ministre de la Santé dans quelques instants est très claire. Le pays est divisé en deux. Dans la majeure partie du pays, nous avons réussi à freiner la vague épidémique.
Nous avons retrouvé des marges de manœuvre à l'hôpital et nous sommes prêts pour les tests. C'est ce qu'on appelle les départements verts. S'ils se maintiennent en vert les trois prochaines semaines, nous pourrons au tout début du mois de juin envisager une nouvelle étape de déconfinement avec peut-être l'ouverture des lycées, l'ouverture des cafés, des restaurants. Bien sûr, dans la mesure et dans cette mesure où les conditions sanitaires le permettraient. Dans d'autres départements, le virus circule encore activement, où l'hôpital reste encore en forte tension. C'est ce qu'on appelle les départements rouges. Le déconfinement y est possible avec certaines restrictions.
Pas d'ouverture des collèges, pas d'ouverture des parcs et jardins. Dans ces départements rouges, il faut faire mention de deux situations particulières. Maillotte et la région Île-de-France. A Maillotte, le nombre de cas est faible, mais il est en augmentation. En Île-de-France, le nombre de cas baisse sûrement, lentement, mais il reste élevé, plus élevé que ce que nous espérions. Voilà pourquoi, dans ces deux territoires, nous allons devoir faire preuve d'une vigilance particulière. A Maillotte, nous avons décidé de retarder le déconfinement pour nous donner tous les moyens de maîtriser l'épidémie.
En Île-de-France, compte tenu de la tendance qui reste bien orientée, nous pouvons déconfiner. Mais le fait qu'il reste du virus en circulation, que cette région, évidemment, est très dense, très peuplée, que les échanges y sont nombreux, ce fait nous impose une discipline renforcée. Les ministres vont détailler cette discipline. Je veux, pour ma part, insister sur deux points. Dans cette épidémie, nous faisons tout pour protéger les plus vulnérables. Les personnes âgées, les personnes malades de pathologies comme l'obésité, le diabète, les insuffisances respiratoires. Nous l'avons dit, le président de la République l'a précisé, et nous ne reviendrons pas là-dessus.
Il n'y aura pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables après le 11 mai, même en Île-de-France. Mais je veux dire à toutes les personnes qui se savent vulnérables, soit à raison de leur âge, soit à raison des pathologies que je viens d'indiquer, soit parce qu'ils sont âgés et en plus souffrent de ces pathologies, continuez, pour votre sécurité et pour celle des autres, continuez à observer dans toute la mesure du possible, de façon volontaire, les règles de prudence très strictes qui ressemblent à celle des deux derniers mois. Nous faisons confiance aux personnes qui se savent vulnérables pour se protéger.
Il ne s'agit pas d'ordonner, il s'agit de leur dire, de vous dire, qu'il vous revient d'être prudent lorsque vous sortez ou lorsque vous recevez chez vous votre famille ou vos amis. Prenez les précautions qui sont nécessaires pour faire en sorte de vous protéger et de protéger les autres. Le deuxième point important en Île-de-France sur lequel je veux insister concerne les transports et notamment les transports en commun. Ils sont essentiels et ils ne seront pas fermés. Ils n'ont d'ailleurs jamais fermé, mais nous allons au moins les trois premières semaines imposer des règles très strictes pour éviter qu'ils ne se transforment en vecteurs de diffusion de l'épidémie.
Je n'exclus pas d'ailleurs que nous décidions de mesures supplémentaires si les mesures de distanciation physique n'étaient pas suffisamment respectées et si la situation ne s'améliorait pas. Je vous l'ai dit à plusieurs reprises, l'objectif, pas seulement celui du gouvernement, l'objectif de tous les Français, c'est de faire en sorte que nous puissions vivre avec ce virus. Apprendre à nous en protéger parce que aussi longtemps que nous n'aurons ni vaccin, ni traitement, ni immunité collective, la seule façon de vivre et de nous en protéger en respectant scrupuleusement l'ensemble des mesures de distanciation physique, d'hygiène, de protection qui sont en permanence rappelées.
Je vais maintenant passer la parole aux membres du gouvernement qui m'entourent et qui sont en première ligne dans la préparation et la mise en oeuvre de notre stratégie pour qu'ils puissent, chacun dans leur domaine, préciser un certain nombre d'éléments. Je vais commencer par M. le ministre des Solidarités et de la Santé.
M. le Premier ministre, il y a quelques jours, j'ai présenté les premières cartes de la France avant la levée du confinement. Ces cartes, ce sont des outils qui nous ont guidés et qui continueront de nous guider au cours des prochaines semaines parce qu'elles sont le reflet de la circulation du virus sur le territoire, également le reflet du niveau de saturation des services de réanimation dans nos hôpitaux. Ces cartes, elles ont pu soulever des inquiétudes, des espoirs, mais aussi parfois des incompréhensions selon la couleur verte, orange ou rouge.
Aussi, je le précise bien, si votre département est en rouge, ce n'est ni une punition ni une mauvaise note, ce n'est qu'un état des lieux de la situation virale sur un territoire donné qui tient compte de données multiples, je le disais. Le premier indicateur, c'est celui de la circulation active du virus. Les chiffres dont nous disposons sont issus d'un recueil de données robuste, fiable, quotidien. Ils proviennent de presque 700 services d'urgence et permettent de comptabiliser environ 90% des passages aux urgences. Ils sont publiés quotidiennement et font une moyenne des informations recueillies sur les 7 jours précédents.
Nous constatons et vous constatez depuis les premières cartes que la pression épidémique a baissé. Mais cette baisse cache en réalité des disparités, des différences parfois importantes selon les territoires. Si l'on affine et que l'on regarde territoire par territoire, la situation est la suivante. Je la rappelle envers les départements dans lesquels moins de 6% des patients adressés aux urgences viennent pour une suspicion de maladie au coronavirus. En orange, lorsque ce sont 6 à 10% des patients. Et en rouge, c'est lorsque plus de 10% des patients qui vont aux urgences d'un hôpital, ils vont pour une suspicion de maladie à coronavirus.
Comme vous pouvez le constater, si la circulation du virus semble faible sur une très large partie du territoire, elle demeure encore active dans certains départements des Hauts-de-France, du Grand-Est, de Bourgogne-Franche-Comté, dans la Sarthe et le Loire-et-Cher, et elle atteint un niveau bien plus élevé en Ile-de-France, et une circulation active est également enregistrée à Mayotte. J'en viens maintenant à la seconde carte, celle que vous connaissez aussi, qui est relative aux capacités sanitaires. Entre janvier et mars, nous avons augmenté notre capacité de réanimation pour atteindre le chiffre sans précédent dans notre histoire sanitaire de 10 500 lits.
Notre objectif, désormais, est de revenir à notre capacité habituelle, c'est-à-dire 5000 lits de réanimation, pour pouvoir prendre à nouveau en charge des malades qui ont besoin, dans la pratique quotidienne de la médecine et de la chirurgie, de ces lits de réanimation, et puis pour permettre aux professionnels de santé de retrouver un fonctionnement normal, et puis, c'est bien la moindre des choses, un peu de répit. Il faut bien comprendre que les tensions sur les capacités en réanimation, du fait de l'épidémie, restent encore fortes dans certains territoires, compte tenu de l'afflux important de patients graves dans les services de réa de nos hôpitaux ces dernières semaines.
C'est le cas dans les régions qui ont été le plus touchées, l'Ile-de-France, le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté, et à minima, dans les Hauts-de-France, le Centre-Val-de-Loire, l'Auvergne-Rhône-Alpes et Mayotte. Dans le reste du territoire, la situation est revenue sinon à la normale, en tout cas dans des eaux bien plus acceptables. Là aussi, les résultats qui sont affichés sont une moyenne sur les 7 derniers jours.
Les seuils utilisés pour cette deuxième carte, vous les avez sur la carte, en vert, lorsque le taux d'occupation des lits de réanimation par des malades du coronavirus est inférieur à 60%, en orange, lorsque c'est 60 à 80%, et lorsque plus de 80% des lits de réanimation sont occupés par des malades atteints du coronavirus, la carte apparaît alors en rouge. Comme vous pouvez le constater, la situation est assez nette, avec au fond trois diagonales distinctes dans l'hexagone. La première diagonale, en vert, va de la Seine-Maritime aux Alpes-Maritimes, avec des capacités hospitalières qui ne sont pas ou plus menacées par un afflux important de patients atteints de formes sévères.
La seconde diagonale, celle qui t'affiche en orange, va du Pas-de-Calais à la Haute-Savoie, avec des services de réanimation davantage mis en tension par l'hospitalisation persistante de patients atteints de formes graves de coronavirus. La troisième diagonale, enfin, celle qui est en rouge, qui comprend essentiellement les départements des régions Grand Est, Ile-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, c'est cette diagonale dans laquelle la situation des services de réanimation reste l'objet d'une attention toute particulière. S'agissant maintenant de la troisième carte que vous allez découvrir aujourd'hui, c'est celle de nos capacités en matière de tests virologiques.
En janvier 2020, le premier test PCR à la recherche du virus Covid-19 a été réalisé. Depuis, nous n'avons cessé d'augmenter jour après jour, semaine après semaine, nos capacités diagnostiques en ville, à l'hôpital, dans les laboratoires départementaux vétérinaires, de gendarmerie, afin de pouvoir diagnostiquer de nouvelles infections. Un effort de montée en charge et de renforcement des équipements très importants a été réalisé pour armer notre pays en tests. Ces dernières semaines, tout a été fait pour être en capacité de dépister les personnes vulnérables, mais aussi l'ensemble des personnes symptomatiques et les cas contacts. La France est prête pour tester massivement.
La capacité de dépistage est dès aujourd'hui au niveau des besoins estimés. Vous voyez, la carte est pour le moins limpide. Pourtant, parfois, de la théorie à la pratique, il peut y avoir des écarts. C'est pourquoi j'invite les Français, qui se seraient vus prescrire un test PCR et qui rencontrerait des difficultés de toute nature dans la réalisation de ce test, à contacter le numéro vert 0800 130 000, le numéro que vous connaissez, afin de nous permettre de résoudre sans délai les problèmes éventuels. Comme vous pouvez le constater, les territoires seront, dans leur totalité, en capacité de tester largement.
J'en termine donc par une carte qui fait la synthèse des différents indicateurs et qui se présente comme une photographie, comme un panorama de la situation des territoires français à compter du 11 mai. Cette carte articule les trois indicateurs de pression épidémique, de tension sanitaire et de capacité en matière de test. Vous le voyez, quatre régions, tous les départements de quatre régions restent en rouge. L'Île-de-France, les Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est. Pourquoi des régions et pas des départements ?
Parce que nous faisons le choix de tenir compte comme indicateur prioritaire du niveau de tension, de saturation des réanimations des hôpitaux et que cet indicateur, nous l'avons vu lors de la vague épidémique, dans les régions touchées, se conçoit à l'échelle régionale. En particulier, et le Premier ministre l'a dit, la situation en Île-de-France nécessite la plus grande des vigilances. Nous appelons les entreprises à recourir au maximum au télétravail. Nous invitons les habitants de l'Île-de-France à limiter leurs déplacements au strict nécessaire et l'ensemble de la population à appliquer encore plus scrupuleusement les gestes barrières.
Quant aux personnes vulnérables, s'il vous plaît, limiter au strict minimum vos sorties et contacts avec toute autre personne. Je le redis, en Île-de-France, nous devons faire preuve d'une extrême vigilance. Je sais les difficultés que chacun a traversées ces dernières semaines et je sais combien tout le monde souhaite pouvoir reprendre une vie un peu plus normale, mais nous voulons à tout prix éviter une reprise de l'épidémie qui viendrait alourdir encore la situation de ces territoires. Ce sont donc des mesures de précaution essentielles en cette période que nous devons respecter tous ensemble, collectivement. Voilà où nous en sommes.
Les éléments que je viens de vous présenter sont fiables. Ils sont solides. Mais je le rappelle, et chacun doit le garder à l'esprit, l'épidémie est évolutive et la vérité d'un jour peut ne pas être celle du lendemain. J'en appelle donc à ce qui ne fera jamais l'objet d'aucune attestation, d'aucune justification et d'aucune règle, c'est bien l'esprit de responsabilité de chacun pour le bien de tous. Voici pour les cartes et les indicateurs. Semaine après semaine, vous l'avez dit, monsieur le Premier ministre, le virus a reculé et nous pouvons donc enclencher une levée progressive du confinement dans tout le pays. Mais le virus n'a pas disparu. Nous ne devons pas relâcher notre vigilance.
Dans les prochaines semaines, gestes barrières et distanciation physique demeureront au cœur de la lutte contre l'épidémie, peut-être même plus importants encore, puisque la vie éducative, économique, sociale va reprendre peu à peu son cours. Je veux vous expliquer comment réagir en chaque situation. Si vous présentez des symptômes évocateurs d'une infection au Covid-19, une fièvre, de la toux, une gêne respiratoire, la perte du goût parfois ou encore de l'odorat, il faut agir. N'attendez pas que cela passe.
Contactez immédiatement votre médecin ou si votre médecin ne vous répond pas, contactez un médecin de garde et si vous n'en trouvez pas, en définitive, contactez le 15 pour qu'il vous oriente vers un médecin disponible. Il vous posera alors des questions et vous prescrira, s'il estime nécessaire, un test de dépistage. Parfois, il vous orientera à l'hôpital, parfois dans un laboratoire de ville, parfois dans un drive test qui seront organisés par des laboratoires et parfois même chez vous, via une équipe mobile. Ce test est remboursé à 100% par l'assurance maladie, vous n'aurez rien à payer.
En attendant le résultat du test, votre médecin vous demandera de rester chez vous, en isolement, afin de ne prendre aucun risque, ni pour vous, ni pour votre entourage. Si le test se révèle être positif, il vous suivra tout au long de votre maladie. Il alertera également l'assurance maladie, qui vous contactera, afin de commencer avec vous une enquête, visant à identifier les personnes que vous auriez pu contaminer autour de vous, sans le savoir évidemment, et de manière à ce qu'on puisse appeler ces personnes qu'on va désigner cas contact. Votre isolement, si vous êtes malade, durera jusqu'à deux jours après la guérison des symptômes, c'est-à-dire en moyenne pendant huit à dix jours.
Évidemment, si vos symptômes s'aggravent, si vous avez des difficultés pour respirer, si vous avez des difficultés pour vous alimenter, pour vous déplacer chez vous, n'attendez pas, appelez votre médecin, et si nécessaire, bien sûr, contactez le 15. Comment ça va se passer en pratique pour l'isolement ? D'abord, si vous partagez votre logement, votre médecin vous conseillera, et vous conseillera de rester dans une pièce spécifique, en évitant les contacts avec les autres occupants du domicile.
Il vous demandera aussi d'aérer régulièrement votre domicile, de vous laver les mains fréquemment, d'éviter au maximum de toucher les objets qui peuvent être touchés par les autres personnes qui vivent avec vous, de désinfecter quotidiennement les surfaces fréquemment touchées, comme les poignées de porte, les téléphones mobiles. Si vous êtes en présence de votre conjoint, par exemple, votre médecin vous conseillera de porter en permanence un masque. Il est fortement déconseillé de recevoir des visites, sauf les visites indispensables, comme les aidants à domicile.
Vous pourrez aller chercher des masques en pharmacie, sans prescription préalable, et ils seront pris en charge à 100% par l'assurance maladie. Si votre test est négatif, votre médecin réévaluera avec vous la situation en fonction de vos symptômes. Je vais maintenant vous dire comment cela se passe si vous n'êtes qu'à contact d'une personne malade. Le plus souvent, ce n'est pas vous qui appellerez, mais vous serez directement contacté par l'assurance maladie ou par quelqu'un qui travaille à l'agence régionale de santé et qui aura été informé que vous avez potentiellement été en contact avec une personne malade.
Si le risque est avéré, mettons par exemple si vous avez partagé un déjeuner avec une personne malade sans respecter les règles de distanciation, vous serez invité à rester chez vous en isolement. Comme pour une personne malade, vous devrez alors éviter les contacts avec votre entourage. On vous conseillera de prendre votre température au moins deux fois par jour. Si vous pouvez télétravailler, très bien. Par contre, si vous ne le pouvez pas, un arrêt de travail vous sera adressé. Sept jours, sept jours après le dernier contact avec la personne malade, vous serez à votre tour testé par PCR dans les mêmes conditions qu'une personne malade. Sept jours, pourquoi ?
Parce que c'est le bon moment pour débusquer le virus quand on a été cas contact. Avant, ça peut être trop tôt pour tomber sur le virus. Et ce, même en l'absence de symptômes. Si votre test revient négatif, votre médecin pourra sous condition vous proposer dans certains cas d'alléger votre isolement, mais celui-ci devra durer en moyenne encore sept jours supplémentaires parce qu'un test négatif n'exclut pas totalement la maladie. Que vous soyez malade ou que vous soyez cas contact, si vous êtes en isolement, n'hésitez jamais à signaler les difficultés que vous pourriez rencontrer dans votre quotidien auprès de votre médecin ou de l'assurance maladie quand elle vous appelle.
Des cellules territoriales d'appui sont constituées partout, en lien avec les préfets, pour vous venir en aide. Enfin, si en général l'isolement est possible à domicile, votre médecin pourra vous proposer, selon votre situation, d'effectuer cet isolement hors de votre domicile, comme par exemple dans un hôtel. Et là encore, les besoins seront pourvus par des équipes, des cellules d'appui territoriales. Lundi, les conditions seront donc réunies qui permettront à tous les soignants du pays, en ville comme à l'hôpital, de reprendre une activité progressivement normale. Pourquoi ?
Parce que des équipements de protection, et notamment des masques, vont être distribués en plus grande quantité, 100 millions de masques distribués sur la semaine du 11 à destination des soignants, des personnes malades et fragiles. Le confinement a amené des personnes, nous l'avons déjà dit, et ici même, à repousser des dépistages, des vaccinations, et parfois un traitement pour une maladie chronique. Il ne faut pas créer une crise sur la crise. Il est vital que chacun aille se faire soigner quand il a besoin de soins. J'appelle chacun de nos concitoyens à reprendre le chemin des cabinets médicaux, des hôpitaux publics ou privés, pour recevoir les soins dont il a besoin.
Dans cette période, je souhaite que les soins réalisables à distance se maintiennent, afin de limiter vos déplacements. Durant la crise, une autre façon de se faire soigner s'est développée massivement. Vous le savez, la télémédecine est entrée dans le quotidien des Français. Chaque semaine, plus d'un million d'actes de télémédecine sont désormais réalisés dans notre pays. Je rappelle ici que pour les personnes vulnérables du fait de leur état de santé, nous conseillons toujours de favoriser le télétravail et que la mise en activité partielle s'applique depuis le 1er mai pour vous. Nous avons fait le choix de lever le confinement strict pour tous les Français à compter du 11 mai.
Mais je renouvelle ici mes conseils en direction des plus fragiles d'entre nous, parce que malades, parce que âgés, parce que porteurs de certains handicaps vulnérables, en somme. Soyez vigilants. Ne prenez pas de risques avec votre santé. Limitez au strict minimum les contacts physiques avec votre entourage. N'hésitez pas à porter un masque pour toutes vos sorties. Bien que vos petits-enfants ou que vos enfants, demain, aient envie naturellement de revenir vous voir, et bien qu'ils le puissent, il vous appartient de limiter ces visites et de garder la distanciation physique indispensable, ainsi que les gestes barrières, dont le port du masque grand public lorsqu'ils sont en votre présence.
N'hésitez pas à contacter votre médecin traitant. Il évaluera avec vous votre état de santé et vous conseillera sur toute mesure utile pour vous protéger. Cette consultation destinée au public vulnérable sera prise en charge également à 100% par l'assurance maladie. Et je vous rappelle que si vous ressentez le besoin de parler, parce que l'isolement peut être lourd, le numéro vert national, je le redis, 0800 130 000, peut aussi vous mettre en relation avec le service La Croix-Rouge chez vous. Enfin, toujours s'agissant de nos aînés, vivant en EHPAD cette fois, nous ne pouvons pas prévoir un assouplissement supplémentaire dès le 11 mai.
Nous devons continuer à tout faire pour protéger les personnes âgées vulnérables. Les visites des proches pourront se poursuivre, si la situation de l'établissement le permet, dans les mêmes conditions qu'aujourd'hui. Pour faire face à cette situation difficile, le gouvernement accompagne tous les EHPAD et débloque 475 millions d'euros de crédits supplémentaires. Et comme pour les soignants, nous annonçons que tous les personnels de tous les EHPAD de France et quel que soit leur statut, percevront une prime pour valoriser leur engagement sans faille pendant cette crise. Cette prime sera de 1 500 euros dans les 33 départements où l'épidémie aura été la plus forte et de 1 000 euros ailleurs.
Cette prime sera versée dans les prochaines semaines. Elle sera défiscalisée. Il en sera de même dans les établissements accueillant des personnes en situation de handicap lorsque l'assurance maladie contribue à leur financement, en lien avec la secrétaire d'Etat chargée du handicap, Sophie Cluzel. Dans le reste du secteur médico-social et dans le secteur social, en lien cette fois avec le ministre du Logement, Julien Denormandie, une prime sera annoncée également et détaillée très prochainement.
Merci, monsieur le ministre de la Santé. Je vais passer la parole désormais au monsieur le ministre de l'Éducation nationale, car une des questions qui se posent dans le cadre de ce déconfinement, c'est évidemment les conditions dans lesquelles l'école va reprendre. Monsieur le ministre.
Merci, monsieur le Premier ministre. Comme chacun sait, il a été décidé le déconfinement scolaire à partir du 11 mai. Cela concerne d'abord les écoles primaires et puis à partir du 18 mai, les collèges pour les départements verts. Cette décision, vous le savez, obéit à un impératif pédagogique et à un impératif social. Nous considérons que les enfants ne doivent pas rester sans contact physiquement avec l'école pour le mois de mars et le mois de septembre. Et c'est particulièrement vrai pour les plus jeunes. Notre préoccupation, elle est d'abord sociale. Nous devons lutter contre le décrochage scolaire.
Nous devons tout simplement faire en sorte que chaque enfant de France puisse bénéficier de l'école. Or, tous les enfants ne bénéficient pas de la même façon de l'enseignement à distance tel qu'il a été mis sur pied. Sur la base des recommandations du Conseil scientifique, nous avons élaboré un protocole sanitaire très strict. Il a été travaillé avec les associations d'élus. Il est aujourd'hui bien connu. Il est sur le site de l'éducation nationale. Et il nous permet de savoir quel est le cadre sanitaire permettant d'assurer une garantie quant au respect des gestes barrières, quant à la présence de l'ensemble des dispositions nécessaires pour toutes les écoles de France.
C'est un protocole exigeant. Nous en avons tous conscience. Et je veux remercier les maires en particulier, mais aussi de l'ensemble des personnels, des collectivités locales, de l'éducation nationale, qui contribuent aujourd'hui encore à préparer les écoles pour que tout ceci soit possible. Lundi 11 mai, donc, ce seront d'abord tous les professeurs des écoles qui rentreront. Alors, il y aura une pré-rentrée. Cette pré-rentrée, selon le contexte local, permettra un temps d'échange pour pouvoir poursuivre le lendemain la rentrée des classes. Parfois, la pré-rentrée durera aussi le mardi 12 mai, parce que la taille de l'école ou les circonstances locales le justifient.
Nous allons évidemment, vous le savez, ne pas accueillir les élèves tous en même temps. Il y a d'abord des niveaux qui seront privilégiés. C'est la grande section, le CP, le CM2 en particulier. Mais une grande latitude est laissée localement. Et puis, il y a les publics qui ont été définis comme prioritaires. C'est d'abord les élèves en situation de handicap. C'est aussi les enfants de personnel soignant ou indispensables à la reprise ou sans solution de garde. Cette deuxième catégorie, nous en avons déjà l'expérience, puisque nous avons accueilli 30 000 enfants de soignants pendant la période de confinement.
Et puis, en troisième lieu, ce sont aussi tout simplement les enfants identifiés comme décrocheurs ou en voie de décrochage. Nous les estimons à environ 4 % aujourd'hui. Et il y a tout un travail qui va être fait pour les ramener vers l'école. Les parents doivent être informés personnellement cette semaine des modalités de reprise par l'école. L'école travaille en elle-même en lien très étroit avec la mairie. Bien entendu, cette rentrée n'est pas une rentrée ordinaire. Ce n'est d'ailleurs même pas une rentrée, c'est une reprise. Et chacun comprend bien que tout ceci doit être progressif. Chaque enfant se trouve dans 4 situations possibles.
À certains moments, il peut être à l'école, en petits groupes, avec ses camarades. Vous le savez, ces groupes ne dépassent pas 15 à l'école élémentaire et 10 à l'école maternelle. À d'autres moments, il peut être en études quand les locaux le permettent et qu'il y a des moyens de surveillance. En troisième lieu, il peut se retrouver dans des locaux périscolaires. Ceci existe lorsqu'un travail entre l'éducation nationale et la mairie permet d'avoir ces activités de sport, de santé, de culture ou de civisme.
Et puis, en quatrième lieu, ils peuvent être à la maison dans le cadre de l'enseignement à distance, à plein temps, quand les parents ont préféré les garder à la maison ou à temps partiel s'ils passent une partie du temps à l'école et l'autre partie du temps à la maison. Ce système, évidemment, se règle localement puisque chaque situation est particulière. Et nous allons être particulièrement attentifs aux élèves décrocheurs pour qu'ils arrivent le plus possible à l'école ou qu'ils puissent bénéficier pleinement de l'enseignement à distance.
Je veux saluer l'engagement des directeurs et des directrices d'école qui, en ce moment même, avec l'ensemble des personnels, font un travail remarquable dans ce sens. Nous avons les premières remontées de ce qui est aujourd'hui attendu pour la semaine prochaine en ayant à l'esprit qu'une partie des professeurs reste chez eux du fait, par exemple, de problèmes de santé ou de problèmes de santé d'un proche et qu'une partie des élèves reste chez eux pour des problèmes de santé ou parce que la famille a choisi qu'ils restent chez eux. Et dans ce contexte, nous avons pu travailler avec les communes pour que le maximum d'écoles puisse ouvrir.
Et aujourd'hui, nos remontées nous permettent de voir qu'entre 87 et 90% des communes ont préparé la rentrée pour la semaine prochaine. Nous travaillons encore avec les 10% restants. Ce travail devrait permettre des ouvertures, d'ailleurs, au cours de la semaine suivante. Nous avons ainsi 80 à 85% des 50 500 écoles de France qui ont déclaré ouvrir la semaine prochaine. Une bonne partie, donc, des écoles seront ouvertes la semaine prochaine. Ça ne signifie pas que tous les élèves y vont. C'est même, comme je l'ai dit, progressivement que cela se passera, notamment à partir du 12 mai.
Pour la semaine prochaine, nous aurons donc un peu plus d'un million d'élèves, normalement, qui reviendront dans leur classe. Et il y aura pour les accueillir environ 130 000 professeurs. Les autres professeurs du primaire et du secondaire continueront à assurer l'accompagnement pédagogique à distance. Nous en avons maintenant une bonne expérience depuis deux mois, avec de bonnes satisfactions, je crois, de la part des familles, même si nous pouvons encore améliorer le dispositif, ce que nous allons faire. De même, 12 000 personnels médicaux et sociaux de l'éducation nationale sont mobilisés la semaine prochaine pour accompagner les professeurs et les élèves.
Nous faisons particulièrement attention à la dimension psychologique de ce retour. Nous savons bien que les élèves, comme les adultes, d'ailleurs, ont pu connaître certains traumatismes du fait de la période de confinement. Le déconfinement va aussi servir à cela, c'est-à-dire un accueil du dialogue et la possibilité de définir un mois de mai et un mois de juin qui ne seront pas des mois de mai habituels et des mois de juin habituels, mais qui seront des mois utiles sur le plan pédagogique, éducatif, pour que les enfants puissent se retrouver et pour qu'on puisse bien définir la consolidation de leur savoir et aussi la suite de leur scolarité.
Merci. Merci, monsieur le ministre de l'Éducation nationale. J'ajoute à ce que vous venez d'indiquer que dans les départements verts, les collèges pourront commencer à fonctionner à partir du 18 mai, comme nous nous y étions engagés. Merci beaucoup. Je vais passer la parole à madame la ministre en charge des transitions, qui va nous dire un mot d'un sujet qui est évidemment au cœur des préoccupations de ceux qui doivent se déplacer, la question des transports. Madame la ministre, vous avez la parole.
Merci, monsieur le Premier ministre. L'objectif du gouvernement en matière de transport est de permettre à ceux qui le doivent de se déplacer en assurant la protection des usagers et des personnels des transports, c'est-à-dire pour cette première étape du déconfinement jusqu'à fin mai, en appliquant les gestes barrières et les règles de distanciation physique. S'agissant des transports en commun en milieu urbain, l'objectif est d'augmenter l'offre le plus vite possible et de maîtriser très fortement la demande pour faciliter le respect de la distanciation physique.
C'est tout le sens des concertations menées ces dernières semaines par les collectivités en charge des transports avec l'appui des préfets. Dès le 11 mai, l'offre de transports de proximité, c'est-à-dire les métros, les bus, les RER, les TER, augmentera nettement avec un minimum de 50 % des capacités habituelles et un objectif d'offre normale d'ici début juin. Concernant l'Île-de-France, nous visons une augmentation plus importante encore. Par exemple, la RATP passera son offre de 30 % aujourd'hui à plus de 75 % dès lundi prochain. Afin d'assurer la meilleure protection possible des usagers, l'objectif est que la fréquentation, qui est aujourd'hui de 6 %, reste limitée à 15 %.
Pour limiter cette fréquentation et donc la demande, le télétravail, pour tous ceux qui le peuvent, restera la règle. Il est demandé aux employeurs d'étaler les horaires d'arrivée et de départ des salariés pour limiter l'affluence aux heures de pointe. Je voudrais saluer à cet égard l'adoption en Ile-de-France d'une charte visant à faire appliquer ces règles et le gouvernement encourage toutes les démarches allant dans ce sens. Par ailleurs, le Premier ministre avait indiqué que si les collectivités en charge des transports le demandaient, nous étions prêts à réserver les transports en commun à certaines heures, à certaines populations.
Cette demande a été formulée par la présidente d'Ile-de-France Mobilité, Valérie Pécresse. L'accès aux transports en commun en Ile-de-France sera donc réservé aux heures de pointe, aux personnes détenant une attestation de leur employeur ou ayant un motif impérieux pour se déplacer, que ce soit un motif de santé, convocation de justice ou pour accompagner des enfants. Bien sûr, une tolérance sera prévue pour les premiers jours.
Enfin, les collectivités en charge des transports et les opérateurs devront prendre les dispositions permettant de limiter la fréquentation dans les gares et à bord des véhicules, par exemple en régulant les entrées, voire le cas échéant, en fermant certaines gares ou certaines stations en cas de surfréquentation. Les forces de l'ordre leur apporteront leur concours selon des modalités que le ministre de l'Intérieur vous présentera dans un instant. Nous voulons également limiter au maximum le trafic automobile et les risques de bouchons qui pourraient générer des pics de pollution et des blocages des axes routiers.
Le covoiturage et les mobilités alternatives à la voiture sont donc encouragées. C'est notamment le sens du plan vélo que nous avons présenté pour favoriser sa pratique pendant le déconfinement. Les déplacements interrégionaux continueront pour leur part d'être très fortement limités pendant cette première période de déconfinement. A la différence des transports en commun en milieu urbain, l'offre sera volontairement réduite. Pour les TGV et intercités, nous passerons de 7% de l'offre aujourd'hui à 20 à 30% de l'offre le 11 mai pour atteindre au maximum 40% de l'offre habituelle fin mai.
Les réservations seront obligatoires avec des modalités adaptées selon le type de train et l'occupation des trains sera plafonnée à 50% du total des places. Pour favoriser l'application des gestes barrières dans les transports et la protection de tous, le port d'un masque grand public sera obligatoire pour les usagers de 11 ans et plus et les personnels en contact avec le public, y compris dans les gares. En lien avec les collectivités locales, l'Etat mettra à disposition des masques dans les premiers jours du déconfinement pour les distribuer en appoint aux personnes qui n'auraient pas pu s'en procurer.
L'absence de port de masque pourra faire l'objet d'une verbalisation, donc une amende de 135 euros. Monsieur le ministre de l'Intérieur y reviendra, tout comme l'accès à un TGV sans réservation ou l'utilisation des transports en commun en Ile-de-France aux heures de pointe en dehors des motifs prévus. Les opérateurs mettront à disposition du gel hydroalcoolique. Ils prendront des dispositions pour assurer la distanciation physique, par exemple la condamnation de sièges ou le marquage au sol. Et par ailleurs, les trains, les métros, les tramways, les bus seront désinfectés au moins une fois par jour.
Donc, c'est comme le Premier ministre l'a dit, un défi considérable d'assurer un bon fonctionnement des transports en commun dans ce contexte. Comme depuis le début de cette crise sanitaire inédite, il faudra être capable de nous adapter en fonction de l'évolution de la situation, en gardant à l'esprit que c'est notre mobilisation à tous qui permettra de réussir cette nouvelle étape.
Merci, Madame la Ministre. Je vais passer la parole à M. le ministre de l'Intérieur pour qu'il revienne sur un certain nombre de points qui doivent faire l'objet de précisions. M. le ministre, vous avez la parole.
Merci, M. le Premier ministre. Vous l'avez rappelé, à partir de lundi, la liberté de circulation sera rétablie et il sera possible de sortir librement dans la rue sans attestation, quel que soit le département où l'on habite, à l'exception de Mayotte. Cependant, une chose reste sûre, le virus ne se déplace pas tout seul et nous devons donc continuer à lutter au maximum contre la circulation du virus. C'est l'esprit des mesures présentées à l'instant par Elisabeth Borne et qui s'appliqueront dans les transports en commun.
Les infractions à ces règles continueront à être sanctionnées, suivant le régime de contravention spécifique à l'état d'urgence sanitaire que vient de rappeler la ministre en charge des Transports, 135 euros. Dans les transports publics, les collectivités et les entreprises seront en première ligne pour faire respecter les règles sanitaires. Le projet de loi, en cours de discussion au Parlement, permettra ainsi à leurs agents assermentés de sanctionner ces infractions. Au besoin et en renfort, le ministère de l'Intérieur interviendra avec jusqu'à 20 000 policiers et gendarmes mobilisés en fonction des plans de circulation et de transport arrêtés avec les autorités organisatrices.
Ces policiers et gendarmes pourront également évidemment verbaliser. Concernant les trajets plus longs, la nécessité de limiter la circulation du virus nous impose de fixer une limite à 100 km pour les déplacements, sauf motif professionnel ou familial impérieux. Pour rappel, un motif professionnel, c'est par exemple avoir un métier qui exige la mobilité, chauffeur routier. Quant au motif familial impérieux, il peut s'agir d'un deuil ou de l'aide à une personne vulnérable. Ces 100 km seront calculés à vol d'oiseau à partir du lieu de résidence habituel. Je veux préciser toutefois que cette limite ne s'applique que si l'on quitte son département de résidence.
Parcourir plus de 100 km au sein de son département de résidence reste possible sans restriction. Pour permettre le contrôle de la règle des 100 km, une nouvelle attestation sera publiée. La voici. Elle est simple. Elle sera disponible en version papier comme en fermat numérique sur le site du ministère de l'Intérieur. Des contrôles seront organisés dans les gares, les aérogares ou sur certains tronçons d'autoroutes ou de routes à grande circulation. Ils pourront l'être aussi à l'arrivée des destinations touristiques. Par exemple, lors d'un contrôle en voiture, deux cas de figure possibles.
Soit c'est un trajet de plus de 100 km hors de son département de résidence et vous devrez fournir cette attestation remplie. Soit c'est un trajet de moins de 100 km et un simple justificatif de domicile sera suffisant. Vous êtes en voiture, l'attestation d'assurance ou une facture, un chéquier par exemple. Là encore, nous comptons sur le civisme et la responsabilité des Français. Mais les contrevenants seront sanctionnés. Le montant de l'amende ne change pas. 135 euros susceptibles d'augmenter en cas de récidive. Le 11 mai sera également l'occasion de reprises de notre vie sociale dans le respect d'un certain nombre de règles.
Pourront rouvrir les lieux culturels de proximité, bibliothèques, médiathèques, musées, dont la fréquentation n'entraîne pas de mouvements importants de population. Les préfets en arrêteront la liste et des systèmes de régulation pourront être mis en place. Les cinémas, les salles de spectacles et de fêtes ainsi que les lieux de sport couverts resteront fermés. En matière sportive, seule sera autorisée la pratique sportive individuelle en extérieur. Bruno Le Maire précisera quant à lui les règles qui s'appliqueront aux activités commerciales. De façon générale, les rassemblements devront rester limités à des groupes de 10 personnes maximum dans le respect des règles de distantation physique.
A compter du 2 juin, un nouveau seuil pourra être réexaminé. Mais, en tout état de cause, d'ici le mois de septembre, aucun événement regroupant en plus de 5 000 participants ne pourra être organisé. Beaucoup de questions sont également posées concernant les plages, lacs et les centres nautiques. La règle générale reste la fermeture. Mais le préfet pourra autoriser l'accès aux plages, aux lacs et aux centres nautiques sur demande des maires. Les maires devront alors présenter un dispositif et des aménagements suffisants pour garantir la distanciation physique. Cette décision est une nouvelle preuve de l'importance que nous accordons au dialogue permanent entre maire et préfet.
Concernant les cultes, nous sommes pleinement conscients des efforts consentis par les croyants. Nous avons reçu plusieurs propositions pour concilier pratiques religieuses et distanciation physique. Comme je l'ai indiqué le 22 avril au pasteur Clavey Roli, représentant de la conférence des responsables de culte en France. Et comme annoncé par le Premier ministre au Sénat ce lundi, nous allons travailler avec l'ensemble des responsables cultuels aux conditions d'une reprise des cérémonies religieuses d'ici la fin du mois. J'en viens maintenant aux frontières.
Comme vous le savez, depuis le début de la crise sanitaire, la fermeture des frontières est la règle et l'autorisation de passer l'exception. Nous avons toujours besoin de cette mesure de protection. Cela n'a donc pas vocation à changer immédiatement. Concernant les entrées et sorties de l'espace européen, un assouplissement progressif et ordonné des règles de circulation viendra en temps voulu quand la situation sanitaire le permettra. Et il sera décidé, évidemment, avec l'ensemble des Etats concernés. Mais les frontières restent donc fermées jusqu'à nouvel ordre.
Pour ce qui est de nos frontières nationales et notamment celles que nous partageons avec nos voisins européens, nous avons décidé de prolonger les restrictions mises en place jusqu'au 15 juin au moins. La libre circulation des travailleurs transfrontaliers sera, elle, préservée, comme c'est le cas depuis le début de la crise sanitaire. En outre, le projet de loi de prorogation de l'état d'urgence sanitaire actuellement débattu au Parlement rend possible des mesures de quatorzaine voire d'isolement pour toute personne française ou étrangère entrant en France, y compris en provenance de l'intérieur de l'espace européen.
A ce stade, compte tenu de l'évolution de l'épidémie en Europe et au regard de l'alignement des mesures sanitaires entre pays européens, ces mesures ne seront pas appliquées à l'intérieur de l'espace européen sauf outre-mer et si nous le décidons en Corse. Cette situation exige néanmoins que soit maintenue une étroite coordination en matière de contrôle aux frontières extérieures de l'Union.
Enfin, nous avons décidé de rendre possible certaines dérogations supplémentaires pour permettre de franchir la frontière entre la France et un pays de l'Union européenne, par exemple pour tous les déplacements concernant la gare de la visite ou la poursuite de la scolarité d'un enfant, comme pour les ressortissants de l'espace européen qui justifient d'un motif économique impérieux et sont munis d'un contrat de travail, en particulier les travailleurs saisonniers agricoles. Mesdames et messieurs, la bonne mise en oeuvre de ces règles repose sur la responsabilité de chacun. Déconfiner, c'est ne pas baisser la garde, c'est une liberté progressivement retrouvée.
L'immense majorité de nos concitoyens le savent. Le très faible taux de verbalisation depuis le début du confinement, moins de 6% le prouvent. Notre cynisme collectif, c'est notre réussite collective. Le travail continu, les forces de l'ordre seront à pied d'oeuvre, de même que les préfets et sous-préfets, pour adapter, aux côtés des maires, territoire par territoire, notre stratégie de déconfinement. C'est ensemble que nous vaincrons ce virus et nous sommes tous mobilisés autour d'un objectif commun, réussir le déconfinement.
Merci, M. le ministre de l'Intérieur. Je vais passer la parole à M. le ministre de l'Economie et des Finances pour qu'il évoque les questions relatives au commerce et à la reprise de l'activité en général, ainsi que les questions relatives à l'approvisionnement en masse. M. le ministre.
Merci, M. le Premier ministre. Mesdames, Messieurs, un des enjeux majeurs du 11 mai, c'est évidemment la reprise d'activité. Nous avons perdu au cours des trois derniers mois beaucoup de croissance et beaucoup d'emplois. Nous devons donc relancer l'activité économique et la relancer dans des conditions de sécurité sanitaire maximales pour les salariés. Mais l'économie française doit redémarrer. Par conséquent, le 11 mai, tous les commerces fermés depuis le 15 mars rouvriront, à l'exception des lieux de convivialité comme les cafés, les bars, restaurants, ou comme le Premier ministre l'a indiqué, nous fixerons la date de réouverture à la fin du mois de mai.
Vous me permettrez d'avoir évidemment un mot de soutien pour tous les restaurateurs, pour tous les acteurs du secteur du tourisme, de l'événementiel, de la culture, du sport, qui aujourd'hui traversent des moments particulièrement difficiles. Le 11 mai prochain, par conséquent, ce sont 400 000 entreprises qui vont rouvrir. 400 000 entreprises qui représentent 875 000 emplois. Ce sont 77 000 salons de coiffure. Ce sont 33 000 commerces d'habillement. Ce sont 15 000 fleuristes, 3 300 libraires qui vont rouvrir. C'est la vie sociale et économique qui va pouvoir redémarrer.
S'agissant des centres commerciaux de plus de 40 000 m2, comme cela a été indiqué par le ministre de l'Intérieur, ils pourront rouvrir en accord avec les préfets, sauf en Ile-de-France, où nous estimons que les risques sanitaires qui viennent d'être signalés par le Premier ministre et par le ministre de la Santé nous amènent à reporter leur ouverture. S'agissant des secteurs qui tournaient au ralenti, il faut évidemment profiter de ce 11 mai pour relancer aussi et accélérer la reprise d'activité. Nous avons vu dans certains secteurs comme le bâtiment et les travaux publics des secteurs à l'arrêt à 80, 85 ou 90 %. Il faut accélérer la reprise.
Nous pouvons, par exemple, nous fixer comme objectif pour le secteur des travaux publics une quasi-reprise complète d'activité d'ici la fin du mois. Et je me réjouis de voir que dans certaines industries, l'industrie automobile par exemple, les usines se remettent à tourner et les salariés ont repris le chemin du travail. Je veux également insister sur le fait qu'à la demande du président de la République et du Premier ministre, comme nous l'avons fait depuis le premier jour, l'Etat sera aux côtés des entrepreneurs, des entrepreneurs indépendants, des très petites entreprises, des PME, des ETI, des très grandes entreprises stratégiques.
L'Etat est présent depuis le début et l'Etat continuera d'être présent. Nous maintiendrons, par exemple, le fonds de solidarité pour tous les bénéficiaires jusqu'à la fin du mois de mai. Cela veut dire qu'un fleuriste, un libraire, un coiffeur qui va rouvrir le 11 mai pourra continuer à bénéficier du fonds de solidarité jusqu'à la fin du mois de mai, tout simplement parce que son chiffre d'affaires est amputé des 11 premiers jours et qu'il sera nécessairement un peu moins élevé qu'en période normale.
Je veux confirmer également, comme l'a déjà indiqué le ministre de l'Action et des Comptes publics, que les charges sociales patronales des mois de mars, avril, mai seront totalement supprimées pour tous les secteurs qui avaient été contraints à une fermeture administrative. leurs charges seront totalement supprimées. Cette reprise de l'activité, elle suppose évidemment de disposer des équipements nécessaires pour la sécurité sanitaire des salariés et donc une disponibilité des masques.
Au-delà des masques pour les soignants qui relèvent de la responsabilité du ministère de la Santé, les Français peuvent se procurer des masques textiles, réutilisables et lavables, des masques à usage unique ou des masques en tissu qui sont fabriqués par chacun sur la base des recommandations AFNOR qui sont disponibles sur Internet. Nous avons voulu que les canaux de distribution soient les plus larges possibles.
Au-delà des masques fournis par l'État et par les collectivités locales, en particulier les mairies qui se sont pleinement mobilisés, nous voulons les en remercier, les grands circuits de distribution seront mobilisés, la grande distribution, les pharmaciens, les buralistes et par ailleurs, pour les TPE, des plateformes de e-commerce sont mises en place. Je vous confirme également que la TVA sera bien à 5,5 pour tous les masques industriels et artisanaux qui répondent à ces normes AFNOR. Vous le voyez, je crois que les conditions sont réunies pour que le 11 mai prochain, l'activité économique redémarre dans notre pays.
Nous traversons, le Premier ministre a eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, une situation économique qui est d'une gravité sans précédent dans notre histoire récente, qui a un impact sur les entrepreneurs, sur les salariés, sur l'emploi, qui crée des inquiétudes profondes dans la société française. Je pense que c'est en redémarrant notre économie et en relançant cette activité que nous apporterons une partie de la réponse à ces inquiétudes.
Merci, M. le ministre de l'Économie et des Finances. La dernière intervention pour présenter ce plan de déconfinement est celle de Mme la ministre du Travail. Vous avez la parole.
Merci, M. le Premier ministre. La reprise d'activité, elle est essentielle pour notre économie, mais aussi pour l'avenir de nos emplois. Les entreprises et les salariés veulent ce retour à l'activité, mais ce n'est pas sans inquiétude. Et c'est pour cela qu'elle doit se faire dans des conditions sanitaires qui sont pleinement sécurisées pour les salariés. La santé des salariés n'a jamais été et ne sera jamais une variable d'ajustement. C'est pourquoi le gouvernement a rendu public dimanche dernier un protocole national de déconfinement pour les entreprises et les associations, quelle que soit leur taille, quel que soit leur secteur d'activité.
Ce protocole définit évidemment la mise en place des gestes barrières, de la distanciation physique, mais définit aussi les règles sur des sujets clés comme l'espace nécessaire par personne, la gestion des flux, l'usage des masques, les tests ou les protocoles de nettoyage. Le dialogue social est un élément essentiel pour la mise en œuvre de ce protocole. L'association des représentants du personnel et des représentants syndicaux et l'information et l'association de tous les salariés permettra de décliner ces mesures dans l'entreprise en tenant compte de la réalité de son activité.
Au protocole national de déconfinement qui est accessible sur le site du ministère du Travail, s'ajoutent des guides métiers ou des guides sectoriels qui sont co-élaborés avec les professionnels et soumis à la consultation des partenaires sociaux. Ils sont validés par le ministère du Travail et le ministère de la Santé. 54 guides sont d'ores et déjà disponibles sur le site du ministère du Travail. Il y en aura plus de 60 d'ici dimanche, dont celui évidemment très attendu du commerce non alimentaire et de celui sur la coiffure. Pour réussir ce déconfinement, l'ensemble du gouvernement est pleinement mobilisé.
Mais nous comptons aussi sur la responsabilité de chaque entreprise, en particulier pour continuer à recourir au télétravail au maximum de ce qui est possible et tout particulièrement en Ile-de-France où c'est crucial. Nous allons à ce titre publier dans les 24 heures un guide concerté avec les partenaires sociaux pour accompagner les entreprises qui jusqu'ici n'étaient pas habituées au télétravail et qui n'avaient pas mis en place d'accord des chartes et ne savent pas toujours comment organiser le travail.
Nous appelons également les entreprises à recourir autant que possible aux horaires décalés pour limiter le nombre de personnes simultanées dans les transports mais aussi sur le lieu de travail. Le dialogue social, je l'ai dit, on ne le répétera pas assez, est essentiel pour organiser cette reprise du travail car il va falloir discuter les évolutions de l'organisation du travail et la mise en œuvre de ces conditions de santé et de sécurité. Enfin, à la date du 11 mai, il y aura aussi la possibilité pour les centres de formation d'apprentis et les centres de formation continue de rouvrir progressivement.
Ils seront capables dès lundi d'accueillir leurs équipes puis les apprentis et les stagiaires en formation continue qu'ils soient salariés, indépendants ou demandeurs d'emploi à condition, bien sûr, de respecter pleinement le protocole de déconfinement. Avec les ministres de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de l'Agriculture, nous avons travaillé pour rendre cette ouverture possible de la semaine prochaine. Et pour accompagner cette reprise, nous publierons également un guide métier spécifique destiné aux établissements de formation et d'apprentissage.
La réussite du déconfinement dépend de tous, le gouvernement, les entreprises, les salariés, les partenaires sociaux, l'ensemble des citoyens. Ensemble, nous pouvons réussir ce déconfinement et nous en sommes convaincus, concilier le retour de l'activité économique et de l'activité de formation avec la santé des salariés et la santé des Français.
Merci beaucoup, madame la ministre du Travail. Nous sommes le 7 mai. Il nous reste trois jours, un peu plus de trois jours, pour arriver au 11 mai et pour continuer à nous préparer. Lundi prochain sera le premier jour d'une phase nouvelle, d'un redémarrage de notre vie sociale. Ce ne sera pas une vie totalement normale. L'ensemble des membres du gouvernement qui s'est exprimé aujourd'hui l'a dit clairement, mais ce sera le début de cette nouvelle phase. Elle demandera de la part de chacun des Françaises et des Français de la discipline et de la responsabilité. Le 11 mai, bien entendu, mais aussi le 12, le 13.
Et tous les jours suivants, c'est dans la durée que nous réussirons à maîtriser la circulation du virus et l'épidémie. Je suis confiant sur le fait que nous saurons faire preuve collectivement de cette discipline et de cette responsabilité. Le déconfinement progressif ne doit pas être le signe ou la marque du relâchement de notre vigilance. Nous allons aborder les jours et les semaines qui viennent avec pragmatisme, en continuant tout au long du mois de mai à adapter notre plan au retour du terrain, à poursuivre le dialogue avec les élus locaux, à apprendre d'éventuelles difficultés qui se feraient sentir.
Je voudrais remercier très chaleureusement tous ceux qui contribuent à préparer cette journée du 11 mai et cette phase qui va débuter lundi prochain. Les maires, bien entendu, puisque nous les avons placés au cœur des opérations de déconfinement, les préfets, les entreprises, l'ensemble des élus locaux, les agences régionales de santé, les fonctionnaires de l'État, tous ceux qui, à leur place, en fonction de leurs responsabilités, contribuent à nous préparer et à permettre ce déconfinement. Dans trois semaines, à la fin du mois de mai, nous saurons précisément où nous en sommes. Nous saurons si, oui ou non, nous avons réussi à contenir l'épidémie.
Nous saurons tout cela au rythme des contaminations et des entrées à l'hôpital et en réanimation, que nous allons évidemment surveiller avec une immense attention. Si ces chiffres restent bas, nous pourrons nous en féliciter et passer à une nouvelle phase, élargissant nos espaces de liberté dans de nombreux domaines particulièrement importants pour l'été qui vient. Si ce n'est pas le cas, nous en tirerons les conséquences et nous nous adapterons. Je souhaite évidemment, à tout prix, éviter cette hypothèse, mais il ne serait pas sérieux et il ne serait pas raisonnable de ne pas l'évoquer.
Lundi, je pense que beaucoup de Françaises et de Français seront heureux de retrouver un peu de la liberté qui leur a tant manqué pendant ces longues semaines de déconfinement, un peu de l'espace qui leur a manqué, un peu de la nature qui leur a manqué lorsqu'ils étaient confinés dans des appartements des grands centres urbains. Je pense que beaucoup de nos concitoyens auront à cœur d'utiliser cette liberté tout en ayant conscience de la nécessité de faire preuve d'une grande vigilance.
L'ensemble des mesures qui ont été présentées et qui seront rappelées dans le plan que j'évoquais tout à l'heure et qui, je le répète, sera publié, sont des mesures qui parfois sont très directives, parfois appellent, dans l'hypothèse où elles ne seraient pas respectées, des sanctions. Mais comme j'ai eu l'occasion de le dire plusieurs fois, beaucoup plus que la règle, beaucoup plus que la possibilité de sanctionner le non-respect à cette règle, c'est l'esprit de la règle qui compte. C'est le fait que nous devons en permanence préserver l'équilibre que j'évoquais au tout début de cette intervention entre la sécurité sanitaire qui est importante, qui est décisive, et la reprise de notre vie.
Cet équilibre, il ne peut être atteint, il ne peut être respecté que si nous nous faisons confiance les uns les autres. Pas simplement l'ensemble des concitoyens dans le gouvernement ou dans telle ou telle autorité publique. les uns les autres, entre nous, si nous avons tous compris ce dont il s'agissait. Et je veux dire qu'en la matière, j'ai confiance. Je vous remercie et nous allons évidemment maintenant répondre à toutes les questions qui nous sont posées par l'intermédiaire de deux journalistes présents avec nous cet après-midi.
Bonjour, monsieur le Premier ministre. Nathalie Moret pour les quotidiens du groupe EBRAS, qui sont les quotidiens de l'Est de la France. Avant de répercuter les questions de mes confrères, j'ai une première question. A partir de lundi, la France sera divisée entre les départements vert et rouge. Les Français étaient très impatients de découvrir cette nouvelle carte. On a compris que le risque était différent selon qu'on habitait dans un département vert et rouge. En clair, selon si on habite à Toulouse ou à Mulhouse. Mais en termes de contraintes, ça reste finalement assez limité à l'ouverture des parcs et jardins et des collèges.
Alors, pour bien vous comprendre, est-ce qu'il y aura à partir de lundi une France à deux vitesses ou pas ?
Non, d'abord, il n'y a qu'une seule France et il ne faut jamais imaginer qu'il y aura une France à deux vitesses. Et partout, la prudence s'impose. Partout, les gestes barrières, la distanciation physique, partout, la vigilance s'impose. Qu'on soit dans un département vert ou dans un département rouge, nous ne pouvons pas faire les malins avec le virus et nous devons être extrêmement concentrés. Ce qui est vrai, c'est que dans les départements verts, la situation est objectivement meilleure. Souvent parce que le système hospitalier est plus disponible, a été moins sollicité et peut donc mieux répondre dans l'hypothèse où les choses s'aggraveraient.
Cela veut dire que dans les départements rouges, il faut faire, c'est vrai, encore plus attention. d'où le fait de décaler l'ouverture des collèges, d'où le fait de limiter au maximum les lieux de sociabilité. Mais la distinction entre vert et rouge qui existe et qui existera dès le lundi 11 mai aura peut-être vocation à s'accentuer à partir du mois de juin. Comme je l'ai indiqué, dans les départements qui resteront vert, c'est-à-dire qui, pendant trois semaines, auront permis de constater que nous maîtrisons la circulation du virus. On pourra aller plus loin le 2 juin. Dans ceux qui ne seront pas passés au vert, il ne sera pas possible d'aller aussi loin.
Donc vous voyez que cet instrument qui permet une différenciation aujourd'hui est appelé, évidemment, à s'accroître. un dernier élément sur la distinction entre les départements verts et les départements rouges. J'ai indiqué que lorsque des doutes se posaient sur telle ou telle mesure, lorsque les maires et les préfets discutent très localement de la façon dont ils peuvent interpréter ou dont ils doivent mettre en oeuvre une règle, le fait d'être dans un département rouge ou dans un département vert est évidemment une aide précieuse. plus de prudence lorsqu'on hésite dans les départements rouges que dans les départements verts.
Voilà à quoi sert cette distinction et je répète pour bien conclure que dans deux territoires déjà classés en rouge, le département de Mayotte et la région Île-de-France, c'est une vigilance encore accrue qu'il convient de respecter.
Bonjour, Julien Gasparuto, journaliste à France Télévisions. Pour poursuivre un petit peu la question qui vient d'être posée pour relayer également une question de mes confrères de BFM, est-ce que vous renvoyez au 2 juin, la date du 2 juin sur cette carte, est-ce que la carte sera réactualisée d'ici là au quotidiennement et est-ce qu'en fonction de l'évolution de l'épidémie, vous pourriez durcir les critères dans certains départements ou certaines régions et à l'inverse les assouplir dans d'autres départements ou régions ?
Je vais parler et évidemment le ministre des Solidarités et de la Santé pourra compléter ce que je vais indiquer mais la première chose que je veux dire très clairement, c'est que l'ensemble des indicateurs que le ministre de la Santé vous a présentés seront suivis quotidiennement et que nous avons souhaité qu'ils puissent être rendus publics, connus, compris par l'ensemble de nos concitoyens. Nous allons suivre quotidiennement les critères que nous avons évoqués. Et bien entendu, si tout reste vert, pas de sujet. Si on reste rouge, même en s'améliorant un peu, mais sans aller en deçà des seuils qui permettent de classer en vert, là encore, nous verrons.
Ensuite, il y a des mesures qui, si on basculait du rouge au vert, demandent du temps. Je vais parler de façon hypothétique. Il faut toujours se méfier quand on parle de façon hypothétique. Imaginez que dans tel département, dans quatre jours, on bascule en vert. Nous ne serions pas prêts dans un département qui basculerait en vert le 15 ou le 16 mai à recommencer la scolarité des enfants du collège le lundi suivant.
Nous allons donc être prudents, constater le caractère durable des améliorations lorsque nous le constatons et procéder par des périodes de trois semaines, comme je l'ai indiqué, de façon, là encore, à donner de la visibilité, de la prévisibilité, de la précision aux indicateurs que nous donnent. Je ne sais pas si M. le ministre de la Santé veut compléter ce que je viens de dire.
Vous avez tout dit, M. le Président ministre. Peut-être juste que rappeler que les indicateurs de suivi épidémiques sont glissants sur sept jours. C'est-à-dire qu'on ne fait pas au jour donné, on regarde sur les sept derniers jours. Donc l'évolution s'envoie consolidée, mais pas forcément accélérée. Et dire qu'on fait du travail, presque du travail à façon, c'est-à-dire qu'on regarde territoire par territoire. Vous avez un territoire dans lequel un indicateur peut vous paraître vert ou à la limite d'être vert, mais vous voyez qu'il est bordé par des territoires dans lesquels le virus circule activement.
Puis vous avez des territoires qui peuvent être des départements de résidence pour des gens qui vont travailler dans un département dans lequel le virus circule activement. C'est pour ça que je suis extrêmement vigilant quand je présente les cartes en expliquant bien qu'il s'agit d'une photographie à un moment donné qui tient compte des réalités de chaque territoire. Il ne faut pas se contenter de regarder les chiffres à l'état brut parce que sinon, ça ne rend pas compte de la réalité des territoires. Et puis, un indicateur qui sera important à partir de lundi, mais on ne le rendra pas nécessairement quotidien, il faut que ça fasse sens.
On regardera en transparence, de toute façon, on l'a toujours fait, on envoie nos données, on les publie sur Internet, sur le site du gouvernement. Ce sera le nombre de tests qui reviendra positif par territoire. Ça, ce sera quelque chose qui sera extrêmement important comme indicateur. Ce sera un indicateur fin. Aujourd'hui, on a un indicateur de circulation active du virus qui repose sur les entrées et les admissions aux urgences. On sait que cet indicateur, il est précoce, bien plus précoce que le nombre d'hospitalisations, etc.
Mais quand demain, on bénéficiera d'un indicateur qui est combien de tests positifs sont réalisés territoire par territoire, là, ce sera important pour nous de pouvoir le suivre. Puis, ce sera aussi une occasion de vérifier qu'on est en mesure effectivement de réaliser tous les tests qu'on doit faire dans les territoires. Et peut-être même, peut-être même que si la circulation du virus n'est plus si active que ça dans les courants de la semaine prochaine ou de la semaine suivante, qui sait ? Eh bien, peut-être que le nombre de tests que nous réaliserons sera d'autant réduit que le nombre de personnes à tester sera réduit.
Donc, toutes ces données, il faudra à chaque fois les expliquer, les inscrire dans un contexte. Les données brutes ne sont jamais très simples à appréhender. Une question maintenant qui a été posée par de très nombreux médias, le Huffington, le groupe TF1, LCI, BFM, l'AFP et RFI, pour n'en citer que quelques-uns. Elles concernent le plan de reconfinement qui a été évoqué par Jean Castex devant les sénateurs. Est-ce que c'est un scénario que vous envisagez ? Sur quels critères et à partir de quand cette décision pourrait être prise ?
C'est évidemment quelque chose que nous envisageons. Nous avons intérêt à tout envisager, en tout cas, tout ce que nous pouvons envisager. donc nous avons toujours indiqué que nous préférerions éviter dans toute la mesure du possible d'avoir à en arriver là, mais que dans l'hypothèse où il n'y aurait pas d'autres solutions, nous ne pouvions l'écarter d'emblée. Voilà ce que je peux dire.
Ensuite, le moment du déclenchement de cette mesure dépendrait de la rapidité de circulation du virus, de beaucoup de facteurs, et je ne peux pas les présenter tous ici, mais tout ce que nous allons faire, tout ce que nous faisons a pour objet d'éviter cette extrémité qui serait évidemment très dommageable pour notre pays, très démoralisante pour l'ensemble des Français, très dangereuse, je crois, à la fois pour l'État sanitaire et pour l'État du pays. Nous devons être vigilants dans la phase qui commence lundi pour éviter d'avoir le cas échéant à reconfiner.
MRTL, pouvez-vous nous donner des précisions sur les déplacements au-delà de 100 km ? Si on a bien compris, il s'agira d'une simple déclaration sur l'honneur. Et par ailleurs, est-ce que dans les motifs impérieux, vous avez évoqué le deuil et l'aide à une personne vulnérable ? Est-ce que le fait d'envoyer ses enfants en garde chez ses grands-parents au-delà de 100 km parce que l'école et la crèche restent fermés, est-ce que ça fait partie des motifs impérieux ?
D'abord, je voudrais indiquer que, conformément à ce que le ministre de la Santé et moi-même avons dit, même si nous faisons confiance à la responsabilité de chacun de nos concitoyens pour appliquer les gestes barrières et les bons comportements, nous voulons indiquer que, pour les personnes les plus âgées, pour les personnes les plus vulnérables, la limitation, dans toute la mesure du possible, la très grande limitation des contacts est évidemment une mesure à respecter. Je le dis, alors, vraiment pas de gaieté de cœur. Je veux le rappeler, c'est absolument indispensable en Ile-de-France et c'est utile absolument partout. Comprenons, là encore, l'esprit de la règle.
Nous voulons éviter que le virus circule rapidement et pour éviter qu'il circule rapidement, il faut que les brassages de population, les déplacements massifs de population d'une partie à l'autre du territoire soient rendus quasi impossibles, en tout cas limités au maximum. C'est pour ça que nous faisons ça. Ce n'est pas pour ennuyer les Français. On aimerait tous pouvoir retrouver notre liberté complète de mouvements, de circulation, de rencontres, de découvertes, de voyages. Mais nous voulons éviter des propagations trop rapides, des brassages trop massifs de population. Donc cette règle des 100 km.
Dans le cas d'un déplacement professionnel indispensable, je prends un exemple, cela peut arriver, un procès qui se tient dans une ville, un avocat qui doit aller plaider. C'est évidemment indispensable s'il doit aller au-delà de 100 km. Cela peut arriver, cela m'est arrivé dans une autre vie, de pouvoir réaliser un type de déplacement qui est un motif impérieux professionnel. Le ministre de l'Intérieur a dit le décès d'un proche est évidemment un motif impérieux. Chacun peut le comprendre. L'assistance à un parent vulnérable ou à un enfant vulnérable relève à l'évidence de ces motifs impérieux.
La simple visite pour se faire plaisir, le déplacement dans une résidence secondaire, tout cela me semble en revanche ne pas relever du motif impérieux. Et donc il faut, dans toute la mesure du possible, se l'interdire.
Un mot sur l'accès dans les transports en commun qui devra donc se faire avec une attestation employeur. Est-ce que ça concerne... en Ile-de-France, pour l'instant ? Est-ce que c'est envisageable que ce soit le cas dans d'autres métropoles, y compris avant le 2 juin ?
En fait, nous voulons nous mettre à la disposition des autorités organisatrices de transports, c'est-à-dire des collectivités territoriales, pour la plus large part, qui sont en charge de l'organisation des transports publics. Si, pour organiser les transports publics dans telle agglomération ou dans telle métropole, l'autorité locale en charge de l'organisation nous dit, aidez-moi et organisons ensemble un système dans lequel, pour accéder aux transports publics à certaines heures, il faut avoir une attestation de l'employeur. Alors nous nous mettrons à la disposition des autorités organisatrices et nous mettrons en place ce système.
C'est ce qui est arrivé en Ile-de-France, à la demande de la présidente de l'autorité organisatrice de transport, la présidente du conseil régional Valérie Pécresse, nous a demandé de mettre en oeuvre ce système et nous avons dit, conformément à ce que nous avions indiqué, que nous nous mettions à sa disposition et que nous allions l'imposer.
Une question sur la reprise de l'école. Vous avez choisi le principe du volontariat et beaucoup de parents s'interrogent sur le fait de remettre ou non leurs enfants à l'école dans les prochains jours. Au Canada, votre homologue, Justin Trudeau, a déclaré qu'il ne savait pas s'il remettrait ses enfants à l'école. Vous, personnellement, monsieur le Premier ministre, est-ce que vous remettrez vos enfants à l'école et pourquoi ?
Je n'ai pas l'habitude de parler de mes enfants en public. Sachez qu'il y en a un qui est élève en première, l'autre qui est élève en troisième. Nous ne sommes pas à ce stade concernés par la reprise des cours. Et une petite dernière qui est en CM1, elle n'est pas dans les niveaux prioritaires. J'ai indiqué qu'elle pourrait, évidemment, dans toute la mesure, reprendre l'école. Moi, je préférais qu'elle puisse y aller. Mais après un contact qui a été organisé par le professeur de sa classe, nous avons indiqué que s'il y avait des publics plus prioritaires, évidemment, elle laisserait sa place. Si elle peut y aller, je préférais qu'elle y ait.
Globalement, quelles garanties vous pouvez apporter aux enseignants et aux parents qui se posent aujourd'hui beaucoup de questions ? A la fois sur la garantie sanitaire, mais aussi sur l'intérêt pédagogique de remettre ses enfants à l'école dans les prochaines semaines.
Alors, je crois au bon sens des Français. Je pense que tous les Français sont absolument convaincus qu'il est de l'intérêt de leurs enfants d'aller à l'école. Je ne connais personne qui soit un jour dit le mieux pour mon enfant, ce serait qu'il n'aille pas à l'école. Les Français sont pleins de bon sens. Je comprends parfaitement aussi, compte tenu de la période que nous vivons, qui est quand même un peu particulière, c'est le moins qu'on puisse dire, qu'ils s'interrogent sur les risques éventuels que prendraient soit leurs enfants, soit eux-mêmes, s'ils retournaient à l'école. Très bien.
Ces inquiétudes, il faut les lever, non pas en ne les comprenant pas, mais en expliquant ce qui est fait. Et mon sentiment, c'est que le travail fait par l'éducation nationale et par les maires dans les écoles primaires va permettre de montrer, et peut-être progressivement, peut-être pas le premier jour, mais très progressivement, que les mesures proposées et expliquées sont mises en oeuvre, et que donc la scolarité peut reprendre progressivement. il ne s'agit pas de forcer les Français, il s'agit plutôt de les convaincre. Et c'est comme ça que nous allons procéder.
Et je parle un peu à la place du ministre de l'Éducation nationale, j'espère qu'il ne m'en voudra pas, mais notre conviction commune, c'est que progressivement, on va voir que ça se passe bien. Et que comme ça se passe bien, il y a un intérêt évident pour nos enfants à reprendre le chemin de l'école.
J'ai plusieurs questions sur les masques qui émanent de confrères de BFM, du Huffington ou de RFI, je vais essayer de les regrouper. Certains élus locaux souhaitent imposer le masque dans l'espace public. Pourquoi n'y êtes-vous pas favorable ? Pourquoi l'État n'a pas décidé, contrairement à certaines collectivités locales, de distribuer gratuitement un ou des masques à tous les Français ? Et enfin, dernière question, prévoyez-vous de rationner la vente de masques pour éviter toute pénurie ?
Alors, il y a beaucoup de questions. Je vais essayer d'y répondre le plus clairement possible. D'abord, l'État va distribuer des masques. Il va distribuer des masques aux professeurs qui devront les porter dans leur classe. Il va distribuer des masques aux agents qui travaillent pour son compte et qui doivent les porter. Il va distribuer des masques à ceux qui sont les plus vulnérables. Je rappelle qu'une enveloppe de 5 millions de masques sera chaque semaine distribuée par l'État, par les préfets, pour que les personnes les plus vulnérables, à la fois par leur fragilité, mais aussi les plus vulnérables économiquement, puissent disposer de masques gratuits.
Je rappelle aussi que l'État a pris une mesure qui n'est pas totalement sans intérêt, consistant à financer 50 % du coût d'acquisition des masques supportés par les collectivités territoriales pour les commandes passées après le 13 avril. Ce qui veut dire que l'État prendra à sa charge la moitié du coût des masques qui peuvent être parfois distribués gratuitement par les collectivités territoriales. C'est évidemment quelque chose qu'on peut rappeler et qui doit être pris en compte.
S'agissant des masques, certains seront distribués, mais d'autres pourront être achetés par nos concitoyens dans la grande distribution, dans les commerces de proximité, chez les buralistes, parfois chez les pharmaciens aussi. Et cela correspond à du bon sens. Si on veut que chacun s'équipe dans la durée, il est précieux qu'on puisse en trouver partout, qu'on puisse les trouver à des prix qui ne soient pas excessifs. Et vous savez que nous avons limité le coût d'acquisition, le prix plus exactement, des masques chirurgicaux, de façon à ce que là aussi, nous ayons la possibilité, dans le plus grand nombre d'endroits possibles, de pouvoir nous en doter.
Quant au port du masque en permanence dans l'espace public, ce n'est pas le choix que nous avons fait. Nous avons considéré qu'il y avait des endroits où il était nécessaire de porter le masque qui n'est jamais qu'un complément au geste barrière et à la distanciation physique. Mais lorsque vous vous promenez tout seul dans la rue, lorsque vous vous promenez tout seul dans la campagne, ce qui peut arriver, porter un masque n'a pas d'intérêt immédiat. Et donc, nous n'avons pas décidé le port continu, général, absolu du masque, mais simplement l'obligation dans un certain nombre de cas et la recommandation dans d'autres.
Une autre question sur les masques. Selon nos confrères du monde, vos conseillers ont découvert en pleine crise du Covid que depuis plusieurs semaines ont continué à brûler des millions de masques supposés périmés. Est-ce que vous pouvez confirmer cette information et nous donner plus de précision sur cette information ?
Oui, ce qui s'est passé, c'est que un certain nombre de masques qui avaient été commandés il y a fort longtemps et qui étaient stockés depuis très longtemps, avaient vu leur date de péremption dépasser, et parfois dépasser, depuis très longtemps. Je vais vous donner un certain nombre de chiffres pour que vous ayez les ordres de grandeur en tête. Nous avons trouvé dans les stocks, quand je dis nous, c'est le ministre de la Santé et l'ensemble des équipes qui travaillent d'arrache-pied sur ces sujets, ont trouvé un stock de 75 millions de masques qui étaient arrivés à péremption en décembre 2019. Voilà, décembre 2019.
Quand vous les trouvez au printemps ou en hiver ou au printemps 2020 et qu'ils sont arrivés à péremption en décembre 2019, vous pouvez vous dire qu'il est peut-être absurde de les détruire, ce qui normalement devrait être le cas, mais bien de les garder, de vérifier qu'on peut les utiliser et si c'est le cas, de les utiliser. C'est ce que nous avons fait. Nous avons récupéré ainsi 75 millions de masques chirurgicaux utilisables. Pour d'autres, dont les dates de péremption étaient antérieures et donc qui étaient périmées, si je veux dire, depuis beaucoup plus longtemps, il y en avait 360 millions de masques qui étaient périmés.
On a regardé dans ce qui était périmé ce qui pouvait être utilisé. Il n'y avait pas beaucoup qui pouvaient être utilisés parce qu'ils étaient déjà très anciens et que pour certains, ils étaient devenus inutilisables. Mais un certain nombre d'études, on les a fait tester par la DGA et par l'ANSM, nous a permis de dire qu'ils pouvaient être utilisés non pas comme des masques chirurgicaux, parce que vous savez que les masques chirurgicaux pour les soignants doivent répondre à un certain nombre de qualifications, mais comme des masques grand public qui pouvaient être mis à la disposition avec les mêmes propriétés que les masques grand public.
Ce que nous avons fait, c'est un stock de 85 millions de masques sur les 360 qui a pu être ainsi récupérés. Les autres ne sont plus utilisables. Comme ils ne sont plus utilisables, ils ont évidemment vocation le moment venu à être détruits.
Une question de Marianne. Quand une personne déclarera qu'elle a été contaminée et qu'elle indiquera qui elle a croisé les jours précédents, que fera l'État de ces données et pendant combien de temps ? Je la complète par une question de l'AFP. Pouvez-vous garantir qu'il y aura suffisamment de personnes dans les brigades sachant que le professeur Delfraissy recommande 30 000 personnes ?
Monsieur le ministre de la Santé.
Nous avons débattu
au Sénat deux jours et juste après cette conférence de presse, je rejoindrai les bancs de l'Assemblée nationale pour poursuivre ce débat important qui porte sur les outils numériques indispensables. Je le dis indispensables pour qu'on puisse faire des études épidémiologiques, c'est-à-dire pour aller protéger des personnes qui ont potentiellement été en contact avec quelqu'un de malade et donc qui peuvent être porteuses du virus. Ce que nous voulons, c'est le minimum de données. Est-ce que le test est positif ou négatif ? Est-ce qu'à la rigueur, un certain nombre de symptômes sont très en faveur de la maladie ?
Il n'y a pas de création d'un nouveau fichier national, comme je peux le lire par endroits. Il y a l'utilisation d'un fichier très connu qui est le fichier de l'assurance maladie, qui est le fichier qui s'appelle Amelipro, qui existe déjà parce que, par exemple, les diabétiques le connaissent, en affection longue durée, figurent sur ce fichier auquel ont accès des médecins, mais également des salariés de l'assurance maladie. Dans les mêmes conditions, dans les mêmes conditions, nous avons une extension de ce fichier pour le cas très précis de la lutte contre l'épidémie au coronavirus.
Nous n'avons pas vocation en pleine crise sanitaire et nous n'avons pas vocation dans notre pays de toute façon à aller créer des fichiers qui auraient je ne sais quelle finalité. On est dans l'essentiel. On est vraiment dans l'épure de l'essentiel. Vraiment, l'objectif, c'est que lorsque vous êtes testé, lorsque vous avez un prélèvement, eh bien, ce prélèvement ne se perd pas dans la nature. À partir du moment où vous êtes prélevé, vous avez une identification de ce prélèvement qui va ensuite aller au laboratoire, à l'agence régionale de santé, à l'assurance maladie pour qu'on ne perde pas vos données et qu'on puisse vous contacter.
Et quand on vous contacte, ce que je disais tout à l'heure, si vous êtes malade, admettons, et que je suis de l'assurance maladie et que je vous appelle, j'ai besoin d'avoir un fichier dans lequel je vais enregistrer les coordonnées des personnes que je vais pouvoir contacter pour pouvoir vérifier avec elles si elles sont véritablement des cas contacts, auquel cas il faut pouvoir les protéger ou non. Ce fichier, système d'information, n'a vocation à durer que le temps de l'épidémie.
Donc, je comprends que, dès lors qu'on parle de fichiers et qu'on parle de santé, et puis il y avait un certain nombre de questionnements, les sénateurs ont commencé à y répondre, les députés continueront d'y répondre, c'est la démocratie qui bat son plein et donc nous ferons évoluer le texte à chaque fois que ce sera nécessaire. Mais je le redis, nous avons besoin de ce dispositif qui n'est pas du tout en lien avec le système numérique de traçage comme on l'avait quand on parle de stop Covid. Là, on parle vraiment de ce fichier national qui est important. Et puis sur les fameuses brigades, il ne faut pas, je pense qu'il y a un tout petit peu de confusion.
En réalité, vous avez des personnes qui vont s'occuper des gens malades et des personnes contacts, ce que je disais tout à l'heure, pour vérifier si vous êtes malade, pour vous apporter de l'assistance, vous faire avoir le test, vous appeler pour vous donner votre résultat. Là, vous avez un nombre de personnes très important parce que potentiellement tous les médecins peuvent le faire, en ville comme à l'hôpital, des dizaines de milliers de personnes. Une équipe spécifique à l'assurance maladie qui sera, je dirais, graduelle en fonction des besoins, 3000, 4000, s'il le faut 5000 personnes avec un renforcement qui peut être fait partout où c'est nécessaire.
Et puis, les équipes dans les agences régionales de santé qui viennent en appui là où il y a ce qu'on appelait les clusters, c'est-à-dire les zones de forte activité virale dans un territoire. Donc ça, c'est tout le côté dépistage et évaluation suivi épidémiologique. Et puis, vous avez des cellules d'appui territorial qui sont en lien avec les préfets, avec des milliers et des milliers de personnes qui sont là pour pouvoir vérifier que tout va bien si vous êtes à l'isolement, que vous avez de quoi manger, que vous ne rencontrez pas de difficultés.
Donc, en réalité, c'est une équipe au service de la lutte contre le coronavirus dans chaque territoire, dans chaque territoire où que vous habitiez pour vous protéger et vous venir en aide. Une question de nos confrères de l'AFP. Comment et à partir de quand vous allez organiser le déconfinement dans les EHPAD ? Quelle sera la méthode ?
Nous aussi, nous avons indiqué que s'agissant des personnes les plus vulnérables et donc les plus fragiles, il fallait être encore plus prudent que la grande prudence que nous utilisons déjà pour la population générale. Les visites sont possibles dans les EHPAD, mais elles doivent être organisées avec la plus grande prudence, en respectant la distanciation physique, en veillant à ne pas placer dans une situation de risque les personnes hébergées et parfois aussi les soignants qui les accompagnent. Nous allons poursuivre de cette manière, de façon certaine, pendant au moins les trois semaines qui viennent.
Sera-t-il possible, à compter du début du mois de juin, dans les départements où le virus circule peu, d'alléger encore ces règles ? Je ne peux pas vous le dire aujourd'hui. Je ne peux pas vous le dire aujourd'hui parce que, vis-à-vis des personnes les plus fragiles, je veux être de la plus extrême prudence. Nous verrons. Dès que nous aurons vus et dès que nous aurons décidé, nous le dirons parce que je comprends parfaitement la volonté pour ces personnes et singulièrement pour leurs proches de retrouver une vie la plus normale possible.
Une question posée aussi par de nombreux confrères. pourquoi ne pas avoir testé la réouverture dès le 11 mai des cafés-restaurants dans certains territoires test où il y a peu de malades, par exemple la Lausère ? Et je rajoute cette question de Nice-Matin. Si les restaurants et les bars acceptent de placer leur table en terrasse et à la bonne distance, pourquoi ne pas autoriser leur réouverture dès maintenant ?
Probablement, ceux qui suggèrent ces idées, je comprends très bien qu'ils le fassent, nous trouveront trop prudents et me trouveront trop prudents. Je peux supporter le fait qu'ils me trouvent trop prudent. Mais je veux le dire, nous devons être collectivement prudents et l'hypothèse d'un redémarrage de l'épidémie serait tellement difficile à supporter pour notre pays, tellement dangereuse pour notre pays que nous voulons procéder progressivement. Je vous ai indiqué que dans les départements qui demeurent réverts, la perspective que vous évoquez sera possiblement envisagée à compter du début du mois de juin. Alors certes, c'est dans trois semaines.
Certes, il faut que l'ensemble des mesures qui sont mises en place permettent au département vert de rester en vert. C'est de ce à quoi chacun d'entre nous doit s'employer de façon à pouvoir permettre là aussi le redémarrage d'activités qui sont essentielles pour l'économie locale, essentielles pour ceux qui les font vivre et je dirais essentielles pour l'ensemble des Françaises et des Français qui sont attachés à cet art de vivre si particulier que constituent les cafés et la française.
Vous avez ouvert la porte à une réouverture des plages sous condition, on a bien compris. quelles sont les mesures barrières que vous souhaitez mettre en place et que préconisez-vous ? C'est une question de Seigneault également.
Il ne vous a pas échappé que l'orientation initiale du gouvernement, c'était de dire pour des raisons de prudence qu'il convenait que les plages demeurent fermées. Et puis nous avons écouté les remarques des élus locaux, les remarques d'un certain nombre de nos concitoyens, les remarques des parlementaires de la majorité, de l'opposition aussi. Et nous avons essayé d'imaginer la façon dont nous pouvions, en limitant au maximum le risque, car vous avez bien compris que nous voulions être prudents, faire droit à cette demande qui peut s'entendre, qui n'est pas généralisée, mais qui peut s'entendre.
Puisque nous avions indiqué notre volonté de pouvoir procéder en différenciant territoire par territoire, nous avons pris la décision ce matin de faire en sorte que le principe demeure la fermeture des plages, mais que, à la demande des maires et sur présentation par eux-mêmes d'une réglementation d'un cahier des charges permettant de garantir un usage compatible avec la sécurité sanitaire, le préfet puisse les autoriser à ouvrir la plage. Autrement dit, il faudra que localement, territoire par territoire, vous savez, tous les territoires ne se ressemblent pas.
On peut imaginer que les plages de Galais, comme c'est le cas au Havre, qui sont très vastes, n'aient pas exactement le même régime d'occupation que des petites criques sablonneuses dans le sud de la France. On peut l'imaginer. Et donc, il faudra que les élus locaux et les autorités préfectorales entrent en contact et qu'elles réussissent à se convaincre mutuellement qu'on peut prendre cette décision en garantissant le respect des règles sanitaires.
Une question de BFM. Face au coût de frein économique, êtes-vous favorable à l'idée de travailler davantage en supprimant un jour férié, par exemple, comme le préconise l'Institut Montaigne ? Je complète par une question de l'AFP qui va dans le même sens. Le gouvernement est-il favorable à une augmentation du temps de travail ?
Je vais rester sur les questions relatives au déconfinement. Les questions qui sont posées par un certain nombre d'acteurs sont de bonnes questions. Elles imposent qu'on s'interroge sur la façon dont, dans la durée, une fois la crise sanitaire passée, et elle n'est pas encore passée, une fois la crise sanitaire passée, notre pays répondra à la crise économique et à l'appauvrissement général qui va intervenir. Je pense qu'il y aura un débat. Il faut que ce débat soit large. Il ne faut pas se jeter d'anathème avant que les propositions soient formulées.
Mais je crois que si nous voulons retrouver d'une certaine façon notre prospérité, si nous voulons dépasser ce cap et ce coup dur pour la France, il faudra que collectivement nous nous en donnions les moyens par le travail, par la solidarité, par l'inventivité. Ce sera l'objet des discussions qui auront lieu dans les semaines et dans les mois qui viennent. mais permettez-moi pour l'heure de me concentrer sur la sortie de la crise sanitaire. Nous commençons cette sortie. Nous n'en avons pas terminé.
Une question de TF1-LCI. Qu'en est-il dans cette phase de déconfinement des conseils municipaux ? Beaucoup ont été élus dès le premier tour des élections en mars. Est-ce qu'ils vont pouvoir rentrer en fonction dès mai ou juin ? Vous avez demandé le conseil du conseil scientifique. Est-ce que vous avez des réponses ?
J'ai demandé en effet un avis au conseil scientifique de façon à ce que le conseil scientifique puisse m'indiquer si à partir du moment où nous déconfinons, il est possible de réunir les conseils municipaux qui ont été complètement élus dès le premier tour qui s'est tenu le 15 mars sur les 35 000 communes françaises. C'est près de 30 000 communes pour lesquelles les élections sont terminées. C'est souvent les plus petites, c'est souvent des communes dans lesquelles les conseils municipaux sont composés de 15 membres.
Il me semble qu'il doit être possible à partir du 11 mai, mais j'attends l'avis du conseil scientifique, de réunir ces membres de conseils municipaux pour installer officiellement le maire, ses adjoints, et pour donc commencer à faire vivre la démocratie locale conformément aux résultats des élections. J'attends l'avis du conseil scientifique. Je remettrai très rapidement dès que je l'aurai un rapport au Parlement puisque c'est la procédure qui a été décidée par la loi et nous verrons si nous pouvons organiser cette installation des conseils municipaux dans les plus brefs délais. Je tiens, je souhaite qu'elle puisse avoir lieu dans les plus brefs délais.
Ça ne répond pas à la question de l'organisation du deuxième tour, du second tour des élections municipales. Ça, ça dépendra d'une décision qui sera prise le 23 mai au plus tard et nous sommes en train d'étudier, de consulter et nous allons continuer à consulter le Parlement, bien entendu, les forces politiques pour que le 23 mai nous soyons en mesure de dire si oui ou non l'organisation du deuxième tour à la fin du mois de juin est possible ou n'est pas possible. Et pour l'instant, il est trop tôt pour répondre à cette question.
Une dernière question un peu plus politique posée par Radio-J. Dans la perspective du déconfinement, certains s'interrogent sur l'état de vos relations avec Emmanuel Macron, notamment parce que vous n'avez pas toujours utilisé les mêmes termes dans vos messages adressés aux Français. Confirmez-vous des tensions, voire des désaccords avec le président de la République dans le cadre de la gestion de la crise et dans la manière d'envisager le déconfinement ?
Je crois que je vais vous décevoir, enfin décevoir celui qui pose la question. Depuis trois ans qu'il m'a été donné de pouvoir travailler avec le président de la République en tant que chef de gouvernement, j'ai toujours eu dans nos relations constater et me réjouir d'une confiance, d'une fluidité qui, je crois, a peu de précédent. Et voilà. C'est toujours le cas et j'espère que ce sera toujours le cas et je crois que ce sera toujours le cas.
Mais permettez-moi de vous dire, permettez-moi de vous dire que dans les moments que nous vivons, en plein dans une crise sanitaire d'une ampleur considérable, alors que des Françaises et des Français font un travail incroyable pour sauver leurs concitoyens, passer plus de deux secondes à écrire, à parler, à s'interroger sur ce genre de sujet me laissent très, très circonspect. Et je pense que nos concitoyens s'en contrefichent dans des proportions qu'à mon avis, les journalistes politiques ne mesurent pas. Et je dois dire que de ce point de vue-là, je me sens très français. Je vous remercie. Merci.
Merci. Merci.