La contention dans les établissements psychiatriques
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:00OuverteRéponse directe
Les psychiatres sont-ils embolisés par les certifications liées à l'isolement ou contention ?
- 25:00RelanceRéponse partielle
Quelles mesures alternatives à la contention pour la sécurité ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Comment associer les patients dans les soins et la formation ?
- 40:00OuverteRéponse directe
Quels sont les moyens pour réduire les hospitalisations sans consentement ?
- 50:00OuverteRéponse directe
Comment former les soignants à la désescalade sans recourir à la contention ?
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Mais mes chers collègues, nous recevons donc nous nous reçons aujourd'hui euh pour entendre monsieur Mathieu Bellassen qui est psychiatre donc et qui est auteur d'un ouvrage qui est intitulé Abolir la contention. J'avoue que je ne l'ai pas lu mais vous êtes invité à cette réunion sur les interventions insistantes et amicales de Raymond Ponéange. Donc c'est volontiers que nous faisions cette audition qui je dois vous le dire quand même se place en marge de la mission d'information. de notre commission sur l'état des lieux de la santé mentale en France depuis la crise sanitaire qui est donc actuellement menée par Jean Sol qui est là Daniel Chassin et Céline Bruna n'est-ce pas ?
Donc, de manière plus directement liée à à cette mission d'information, la MEX devrait prochainement également auditionner euh Raphaël Gaillard euh qui est professeur de psychiatrie, responsable du pôle hospital universitaire de psychiatrie de Saint-Anne sur la santé mentale, la psychiatrie en France. sa date de l'audition avait été, je je vous le dis, fixée au 13 mai et elle n'est plus valide maintenant du fait que le 13 mai, on a un ordre de jour assez conséquent en séance publique et donc on peut pas entrer en en concurrence avec cet ordre du jour. Donc on va on remettra l'audition de monsieur Gaillard par la suite.
Monsieur, je vous remercie d'avoir accepté notre invitation. Je vais évidemment vous laisser la parole. Je vous laisse la parole dans un premier temps.
Vous nous donnez un propos liminaire aussi long que vous le voulez. On est là jusqu'à minuit donc pas de problème. Vous pouvez aller jusque là si vous souhaitez.
Soyez assez courts de manière à ce que nos collègues puissent évidemment vous interviewer. Et encore une fois merci d'avoir accepté notre invitation. Je vous laisse la parole.
Ben écoutez, merci beaucoup pour l'invitation. Euh ce que je vous propose pour commencer, c'est de laisser la parole au premier concerné euh puisque la contention, alors je précise bien euh la contention mécanique dont on va parler puisqu'il y a plusieurs types de contention hein, physique euh et cetera. Là la contention mécanique c'est avec des sangles.
Euh pour juste vous préciser aussi qu'elle n'est encadrée légalement que dans les services de psychiatrie adulte. Elle n'est pas encadrée dans les services de médecine, en réaminimation, dans les foyers, aux urgences, dans les épades. Euh donc c'est important puisque les chiffres que je peux vous donner tout de suite là, c'est-à-dire Magalie Coldefille qui travaille à l'IRDES, elle les chiffres de 2024 2023 pardon, c'est 8000 personnes attachées par an, donc dans les services de psychiatrie adulte et ça ne comprend pas tout le reste.
Donc aux urgences par exemple, on ne sait pas, on n' pas de chiffre. Donc ça peut-être c'est quelque chose qui sera intéressant, c'est d'essayer de de pouvoir avoir des chiffres à un moment donné. Euh donc c'est 8000 personnes attachées euh à mettre en regard des 30000 personnes qui sont en isolement tous les ans dans les services de psychiatrie adulte également et les 80000 personnes hospitalisées sans leur consentement dans les hôpitaux.
Alors l'un découle de l'autre, vous êtes hospitalisé sans consentement puis après enfermé puis après attaché. D'accord. Donc euh je vous avez cité là l'ouvrage la bolère la contention.
Euh je vais juste vous citer un petit j'ai reçu des témoignages donc des premiers concernés. Donc je vais vous en lire un. Euh c'est le suivant.
J'ai toujours les souvenirs de ces contentions, de ses sangles serrés sur ma peau. Après ma dernière hospitalisation de 2021, j'avais accumuler un bon stock de trauma dû aux violences psychiatriques. Retrouver une place confortable dans un lit normal me paraissait compliqué.
Souvent, je me tortillais plusieurs fois avant de dormir pour trouver une position confortable et j'avais des flashbacks remontant à ces expériences. Je m'endormais parfois plus recroquvillé qu'un fétus. La nuit, je bougeais tellement que ma tête se retrouvait au pied du lit.
Depuis, pas un seul jour ne passe sans que j'y pense. Il est dur de garder le silence après avoir vécu de telles choses et surtout de dormir sur ces deux oreilles en sachant que d'autres vivent encore ces horreurs dignes du Moyen-âge dans la France d'aujourd'hui. Donc c'est un témoignage que j'ai recueilli en fin 2023, enfin mi-2023.
Alors euh donc si vous voulez ce témoignage, pourquoi aussi ce livre quand même faut que je vous précise, moi j'ai été psychiatre, médecin, chef d'un service de psychiatrie en banlieu parisienne là pendant plusieurs années. Nous n'avions pas recours à la contention et on recevait les mêmes patients que tout le monde. On était un service portes ouvertes, on était le seul service de l'hôpital portes ouvertes mais avec des personnes hospitalisées avec leur consentement ou sans leur consentement.
Mais on travaillait si vous voulez l'ambiance de soins entre les patients et l'équipe et leur famille. Bon euh donc c'est un petit peu fort de cette expérience là dont dont je vous parle. Euh pour vous dire aussi que dans une étude qui va être rendue publique le jeudi 5 juin à Saint-Cir du Montor du côté de Lyon euh une étude qui s'appelle l'étude PLC euh des des gens ont essayé de voir un petit peu la proportion d'hôpitaux qui faisaient sans contention ou avec un moindre recours aux mesures de contrainte.
Et donc les chiffres c'est 15 % des lieux d'hospitalisation font 100 ou sans trop et 85 % ont une pratique régulière commune voire très régulière voire intensive de la contention. Bon, alors ça c'est la première chose. Alors, une chose que je peux vous dire et qui coûterait 0 € donc ça c'est peut-être que le politique peut s'en saisir, c'est de pouvoir se mettre en conformité avec le fait et le contrôleur général des lieux de privation de liberté dit la même chose, c'est que dire que la contention mécanique c'est un soin pose un certain nombre de problèmes de dire que c'est une pratique de sécurité, c'est-à-dire quand on n pas forcément le choix de faire autrement, on a recours à la contention, c'est une chose Mais de dire que c'est un soin, ça permet aux soignants de se déresponsabiliser de ces pratiques qui là, je vous ai lu qu'un témoignage, mais il y en a plusieurs qui les patients disent que ça les traumatise voire ça les retraumate.
Il y a énormément, ça vous devez le savoir aussi, énormément de patients en psychiatrie qui ont des troubles graves après avoir subi des incestes, des agressions sexuelles, des choses voilà qui qui rendent qui rendent malade quoi. Donc la contention en fait par son dispositif même, vous êtes allongé sur un lit attaché, forcément ça représente un imaginaire de pouvoir, de domination, voir là ce que ce que dit un certain nombre de témoignages, des vécus de de viol et des choses comme ça. Donc de dire que c'est un soin euh c'est problématique puisque ça permet aux soignants et à nous toutes et tous de se dire qu'on fait ça pour le bien des personnes.
Or ça va contre le vécu des personnes attachées. Ça va aussi contre le vécu de des soignants qui quand au départ ils attachent bah se sentent pas bien et se sentent même honteux de ces pratique. Et alors on parle souvent des chocs d'attractivité pour l'hôpital public mais un bon choc d'attractivité ça serait d'avoir des pratiques qui soient pas des pratiques délétaires et dont on se sent pas fier.
Donc le fait qu'il y ait de plus en plus de contention dans parce que il faut dire là aussi comme on avait pas les chiffres, c'est difficile de de de d'extrapoler mais à partir d'enquête notamment journalistique et cetera, il y a un sentiment que ces pratiques avaient moindre cours auparavant hein. Mais par contre et ça vous allez entendre ces arguments assez régulièrement, c'est-à-dire de dire la contention c'est du fait du manque de moyens. C'est vrai, mais ça ne suffit pas. puisque c'est surtout une question de culture de soins.
Alors pour celles et ceux, si vous recevez Raphaël Gaillard prochainement, il y a un documentaire qui s'appelle Saintane, hôpital psychiatrique qui est paru en 2011 qui a été interdit depuis mais qu'on peut retrouver quand même sur YouTube. À l'époque, il y avait pas de problème de personnel à Saint-Anne et on voit des scènes de contention. Euh et surtout il a été interdit ce documentaire parce que les gens de Saint-Ane étaient très contents du documentaire et puis la pâte à traque.
Les familles et les patients ont porté plainte auprès du conseil de l'ordre et les deux médecins chefs ont été interdits d'exercer la médecine pendant 1 an avec surcis et 3 mois fermes pour tout un tas de griefs. Mais ce qu'on voyait dans le documentaire, c'est qu'on tutoie les patients, que on les on leur parle pas bien quoi, que on les met en isolement voire en contention de manière assez punitive. Bon, donc si vous voulez le fait de travailler à des ambiances de soins qui soient pas dans des cultures comme ça de de ce que j'appelle moi la culture de l'entrave, ça peut permettre de se de réduire voire de se passer des choses dans la littérature internationale puisque dans le livre aussi je fais un petit panorama.
En fait, depuis le rapport de 2016 du CGLPL sur l'isolement et la contention, en fait, rien de neuf sous le soleil. C'est-à-dire que nulle part dans la littérature internationale, il est dit que c'est ça soigne et que c'est thérapeutique. Par contre, vous avez des psychiatres qui dans des articles euh notamment en 2017 vont dire que c'est thérapeutique mais en fait c'est légitimé sur aucune étude scientifique et même dans les dernières études une étude internationale qui a été faite aux États-Unis, Japon, Nouvelle-Zélande et Australie.
Euh, il est dit que non seulement c'est pas thérapeutique, mais même que l'inverse pourrait être vrai, c'est-à-dire que ça traumatise voire ça retraumatise les gens. Donc ça c'est quand même quelque chose d'important à avoir en tête. Il y a tout un tas de programmes internationaux euh qui font état de réduction des pratiques coercitives et notamment de contention.
Et alors ce qui est intéressant de constater, je pense que l'étude PLCker va le va le montrer ça, c'est qu'en fait il faut un engagement fort à tous les échelons de ce que moi j'appelle le corps psychiatrique. Alors désolé ou heureusement, vous faites aussi partie du corps psychiatrique, du haut du corps psychiatrique, c'est-à-dire des tutelles. Si vous voulez euh par exemple, il y a en ce moment là, il y a eu les les les agrément pour les les hôpitaux publics he pour savoir si on peut recevoir des patients hospitalisés sans consentement notamment.
Alors, je vous parle d'un dilemme. Vous avez beaucoup d'hôpitaux qui ont eu des recommandations voir des recommandations urgentes du contrôleur des libertés pour dire que il y a des pratiques qui sont indignes, maltraitantes et cetera. Ces hôpitauxl n'ont pas de problème pour avoir de nouveau leurs agréments.
Par contre, deux cas. Le premier c'est le cas de l'hôpital de la ragne du côté de GAP dans les Alpes de Haute Provence. La Ragne, ça fait depuis leur leur existence dans les années 50 60, ils ont jamais eu de chambre d'isolement.
Ils reçoivent tous les patients comme tout le monde. Des patients hospitalisés par le préfet, des patients hospitalisés sans consentement, des patients hospitalisés en libre. Ils ont pas de d'isolement, ils ont pas de contention.
Et là, on leur dit "Mais si vous construisez pas d'isolement et bien on ne vous donnera pas les autorisation d'exercice de la psychiatrie." C'est-à-dire que les hôpitaux qui développent une contreculture, la culture un peu dominante de de contrainte, bah sont pénalisés. Et ça le contrôleur des libertés disait la même chose, c'est-à-dire que les 15 % des hôpitaux ou des services qui essayent de faire autrement doit se justifier auprès des 85 %.
Euh comme quoi c'est pas normal, vous avez pas les mêmes patients que les autres. Petite anecdote, encore récemment dans un congrès de de de psychiatrie, un jeune infirmier dit "Mais nous, on travaille dans tel lieu en France, voilà, on a des patients très difficiles, il y a des trafics de de stupéfiants notamment, on pourrait pas se passer de la contention." Et là, il y a un collègue infirmier de des quartiers nord de Marseille qui dit "Bah nous, on réduit, on essaie de s'en passer.
On peut pas dire qu'au niveau de l'imaginaire de la dangerosité criminologique et de trafic de stupéfiant on soit moindre que dans votre dans votre lieu. Donc si vous voulez, c'est pas une c'est pas une affaire de quel type de population on a. C'est vraiment une affaire de qu'est-ce que le haut du corps psychiatrique.
Donc là, j'ai parlé des de des politiques, mais il y a aussi les ARS. Donc là, c'est l'ARS qui donne les agréments pour recevoir les patients. Qu'est-ce qu'ils soutiennent ? les directions des hôpitaux aussi puisque par exemple il y avait le le directeur de la Roche Surion là qui a pris son poste l'année dernière et qui avait pour objectif de d'essayer de tendre vers zéro contention et isolement.
Donc c'est pas la même chose quand vous avez un directeur dans un hôpital qui soutient ça ou quand vous avez un directeur qui soutient une autre position. Et c'est pas la même chose à l'échelon d'en dessous quand vous avez des médecins chefs qui essayent de réduire la contrainte et cetera et cetera. Donc vous voyez, c'est vraiment tous les échelons et euh déjà que les patients on leur fait beaucoup porter, essayons de pas en plus leur faire porter nos nos défauts ou nos de pas essayer de changer l'ambiance dans les services.
Alors là aussi, il y a des constantes pour travailler une ambiance dans un service et pour réduire le le niveau de de contention. Dans le livre, moi, j'appelle ça si vous voulez le le système contentionnaire. C'est-à-dire que la contention, c'est la pointe émergée d'un iceberg.
Et il y a la sangle, on peut dire financière, la la réduction les réductions des des notamment des des postes, le développement de l'intérim médical, l'intérim infirmier, ça rend difficile une continuité, une permanence des soins et puis de la relation avec les patients. Donc si vous voulez, il y a il y a ces sangles là, mais il y a aussi une sangle de qu'est-ce qu'on imagine comme étant des soins. Donc là, j'en reviens à ma première proposition de pouvoir dire que la contention n'est pas un soin, mais c'est une pratique peut-être de sécurité, mais de dire que c'est un soin, ça semble problématique.
Bon, euh voilà ce que je peux vous dire dans un premier propos liminaire. Dans les autres autre point quand même important donc dans les études internationales quand même et ce qui se retrouve dans le quotidien de nos pratiques, c'est que il faut une volonté forte dans l'établissement, une volonté forte dans les services, mais surtout il faut associer les patients à toutes ces histoires. C'est-à-dire que si vous voulez et moi ça c'est ma pratique depuis un certain nombre d'années.
Maintenant quand on fait appel à moi pour des formation, je vais toujours avec les premiers concernés former les équipes de soins ou former les les enfin les professionnels parce que les les premiers concernés, les patients euh voilà peuvent apprendre au aux soignants et aux politiques aussi. Donc je vous engage à à recevoir des des associations d'usagers qui se sont vraiment coltiné la psychiatrie hospitalisation sous contrainte et cetera puisque ça permet quand même de modifier et le regard mais surtout la façon dont on se parle les uns avec les autres. Et donc ça c'est aussi une constante dans la littérature internationale le fait que les programmes qui diminuent la contrainte dans les établissements sont faits avec les premiers concernés.
Je vais peut-être m'arrêter là. Très bien. On voulait pas vous contraindre à aller au-delà madame pour ses manches d'abord puisque c'est toi qui invite et puis après on passera à Jean Sol et puis au collègue.
Bah je vais rebondir sur la fin, c'est plus plus pratique. On dit associer les patients, mais effectivement les pères, ce qu'on appelle nous les pères, comment vous vous les associez compris ? Voilà, dans le soin là, vous avez parlé de la formation mais c'est pas simplement récolter leur vécu, je suppose.
C'est dans l'équipe soignante. Est-ce que comment vous intégrez les pères ? Est-ce qu'ils sont organisés ?
Parce que une association c'est pas on voit ça de façon extérieure une association d'usagers association de patients. Mais si je comprends bien dans les dans le travail de formation mais aussi dans le soin c'est quoi d'associer d'intégrer les paires ? Alors c'est bon moi je viens d'une culture de soins.
Les ce à quoi je me réfère c'est ce qu'on nomme la psychothérapie institutionnelle. C'est-à-dire l'idée c'est il faut soigner les lieux de soins pour pouvoir bien soigner les patients puisque les lieux de soins ont tous leurs aliénations, leur leur hiérarchie avec leurs effets. Donc euh pour se faire, il y a des techniques assez simples, des techniques de réunion.
Par exemple, dans le service que je dirigeais, ben on avait une réunion sur l'unité d'hospitalisation toutes les semaines euh avec tout le monde quoi, les patients, les soignants. Ça permettait de parler du quotidien, ça permettait par exemple de parler de la chambre d'isolement, ça permettait de parler par exemple sur la question de la représentation des usagers. Un jour, un patient vient en disant ce matin, il y avait pas de lait à l'hôpital, il y en a marre, ça fait une semaine.
Bon, alors est-ce qu'on avait fait les commandes ? Donc, on essaie de voir et puis finalement non. Bah alors, il faut que vous portez plainte à la commission des usagers, plaignez-vous.
Et puis donc, il y a une pétition qui est faite et puis et cetera. Bon et de semaines plus tard, un autre patient dit "Mais d'ailleurs, il y a qui à la commission des usagers comme usager ?" "Ah benah alors, il y a que les associations de famille dans l'hôpital où je travaillais." "Ah oui, mais ça va pas parce que moi ma famille, ils veulent m'enfermer.
Alors, s'il y a que des familles comme ça, ça va pas le faire, hein. Bon, et du coup euh on fait tout un travail avec une association qui est agréée par les RS Île-de-Fance pour la représentation des usagers pour que les patients rencontrent, les pères rencontrent cette association et se représentent eux-mêmes. Bon, l'hôpital dit bah non, euh voilà, il y a déjà des usagers.
Donc là euh il est fait un un recours au tribunal administratif en disant est-ce que c'est normal sur le siège des usagers usagers patient usager famille c'est la même chose. Bon alors là c'est là où vous allez intervenir. 4 ans plus tard réponse du tribunal administratif dans la démocratie sanitaire il n'y a pas de distinction entre usagers famille et usager patient ce qui pose un problème.
Donc là il y a aussi un point politique à c'est-à-dire que on défend pas les mêmes choses quand on est patient ou quand on est famille quoi. Euh donc il y a ces techniques-là, mais il y a il y a d'associer en fait les gens et de leur parler ce qu'on fait quoi. Euh et de développer moi ce que j'appelle des des contrepouvoirs finalement dans les institutions.
C'est-à-dire par exemple moi j'ai vu d'un très bon œil le fait que le juge des libertés de la détention vienne en psychiatrie puisque ça permettait par exemple quand les patients je les hospitalisais sans consentement, je leur disais mais en fait le juge il est là pour juger moi pour voir si je vous interne pas de manière arbitraire abusive. Voilà, c'est c'est un contrepouvoir. Bon, donc euh potentiel hein euh puisque souvent c'est juste on entérine la décision.
Mais voilà, c'est des choses comme ça. Et puis ça c'est au fond aussi euh s'appuyer sur les le les histoires qu'on va pouvoir tisser avec les patients sur un temps euh plus ou moins long, plus ou moins court, voyez. Euh et puis il y a aussi et ça je pense que en psychiatrie souvent on est un peu un peu gêné, c'est euh de pouvoir euh raconter aussi en tant que citoyen, puisque les patients sont des citoyens bien entendu, bah qu'est-ce que c'est que l'hôpital public ?
Quelles sont les contraintes ? Quel qu'est-ce qui se passe quoi ? Et alors en fait de faire ça, ça permet quand même de diminuer le niveau d'agitation dans les services.
Ça permet aussi que les gens puissent avoir plus confiance parce qu'ils se sentent pas un peu pris au piège. Donc voilà, il y a un peu toutes ces ces techniques là d'ambiance. Et puis par exemple, nous on avait monté un conseil local de santé mentale qui existe toujours et c'était les usagers de du secteur qui qui étaient là.
C'était pas juste les associations représentantes, hein. On avait fait un travail pour que l'un des clubs thérapeutiques du secteur, donc c'est une association où il y a des patients et des soignants, ben où les patients puissent représenter les usagers au conseil local de santé mentale pour que les patients puissent créer un groupe d'entraide mutuelle à la ville dans la ville où je travaillais. Et donc tout ça, ça permet en fait que les gens se saisissent permet quand même de modifier largement les rapports entre soignant, patient mais aussi dans la société.
Voyez, par exemple euh nous on travaillait avec un théâtre, une scène nationale là euh et dans ce lieu-là, bah les patients pouvaient raconter aux gens du théâtre comment ils se sentaient, les difficultés qu'il pouvaient avoir quand ils étaient hospitalisés. Et sur cette autre scène, bah il pouvait se traiter des choses que qui du coup bah nous permettaient nous de réfléchir comment on allait mieux accueillir les gens. Voyez ?
Donc ça c'est vraiment une histoire de disposition et alors qui sont rendu plus difficiles avec tout un tas de de de normes actuel quoi et puis de contrainte temporelle. C'est-à-dire plus on est saturé dans les par exemple dans les unités d'hospitalisation, plus on va devoir faire sortir les patients vite. Donc plus ils vont sortir mal moins bien.
Et donc plus la confiance, le temps que prend la confiance pour créer une confiance avec eux bah sera moindre. Donc ça ça aide pas. Pour autant euh dans dans tous les lieux, ça c'est au fond ce qui est le soin, c'est ce qui va créer au fond la relation avec les gens quoi.
Et donc de créer des dispositifs où on va échanger, ça crée de la relation et puis ça permet aussi que les gens se représentent eux-mêmes. Voilà. Et pour les formations par exemple, ben moi j'avais été formé l'équipe de ville urbane là de santé mentale et communauté avec le club thérapeutique de de du secteur où je travaillais.
C'est-à-dire que on y avait été puis on avait été payé le club et puis c'était le club qui a été payé pour la formation quoi, vous voyez. Et donc bah ça ça a modifier quand même aussi des choses à l'intérieur de notre service hein. Euh on pourrait dire c'est un petit peu du péré et de la pérédence sans sans le statut quoi.
Voilà. On va se partager les questions avec Céline Brunin si si tu le permets. Bon, comme vous le savez, monsieur Passen, nous menons actuellement une mission d'information sur la santé mentale depuis la crise sanitaire puisque ça avait fait émerger pas mal de pas mal de de de choses. qu'on essaie de regarder un petit peu ce qui s'est passé depuis et au cours de nos auditions, il nous a été rapporté notamment que dans la psychiatrie sectorielle, l'obligation de recevoir des patients en soins sans consentement et la nécessité de de rendre compte de chaque mesure d'isolement de contention notamment devant la justice malheureusement affecter fortement les conditions de travail et alimenter la la perte d'attractivité du métier de de psychiatre hospitalier.
C'est ce que vous nous avez dit à demi mot là tout à l'heure. Est-ce que vous partagez ce ce constat et que peut-on faire pour métier ? Oui.
Alors oui et non parce que si vous voulez, comme je vous l'ai dit, le fait qu'il y ait des contrepouvoir euh et que finalement ça soit pas facile euh d'enfermer les gens, de les isoler, de les attacher, c'est plutôt une bonne chose en fait. C'est-à-dire euh ça a permis que on puisse s'interroger là où quand même dans la culture asylaire qui existe toujours, même si on dit bah il y a plus l'asile et cetera, le système asilaire quoi, c'est plutôt pas mal qu'il puisse y avoir des contrepouvoirs effectifs. Et là aussi, si les les les certificats par exemple que l'on fait sont juste des certificats un peu cosmétique, voilà, qui qui ne permettent pas vraiment de de s'interroger ou qui sont faits au fond pour en effet là où les collègues ont raison, c'est que en fait on on aime pas attacher les gens en vrai, on naime pas les enfermer, on aime pas bon mais il y a des moments où on peut pas faire autrement, où on est responsable de de la responsabilité d'autrui.
On peut dire quand autrui ne peut pas se prendre en charge. Bon, mais le le fait est que tout nous pousse actuellement à à avoir des des pratiques dont on sait qu'elles sont problématiques. C'est ça qui va pas si vous voulez.
Ce qui est vraiment le la difficulté d'attractivité du métier, c'est plutôt le conflit éthique qu'on a. En fait, au fond, on sait ce qui soigne, hein. Ce qui soigne, c'est prendre le temps suffisant. c'est déjà d'avoir des dispositifs qui permettent que quand les angoisses surviennent, bah elles se transforment pas en agitation.
Euh donc là, c'est toute le dispositif de prévention, quoi. C'est pas la même chose quand vous avez un centre médico-psychologique qui fait de l'accueil direct euh qui a cette possibilité là ou quand la famille peut venir avec son proche en disant bah là il va pas bien, recevez-le. que bah non, il y a un an d'attente euh et puis il y a plus le urgences et puis aux urgences, il va attendre 10h et puis la personne il sera angoissée, donc elle va s'agiter, donc elle sera attachée donc le psychiatre va appeler son le psychiatre de garde à l'hôpital va lui dire bah il est agité, il est attaché, faut que tu prépares une chambre d'isolement et contention.
Donc vous voyez, c'est ça ce qu'on appelle dans le jargon la pathoplastie. C'est-à-dire que les dispositifs de soins créent de la pathologie en fait créent de la surpathologie, ajoute de la pathologie à la pathologie. Bon, c'est surtout ça si vous voulez.
Moi, je suis parti de l'hôpital public pour l'instant, je suis en disponibilité. J'ai dénoncé des enfermement illégaux pendant le premier confinement. D'ailleurs, j'ai été reconnu lanceur d'alerte.
Je suis le seul lanceur d'alerte en psychiatrie, reconnu lanceur d'alerte par le défenseur des droits. Euh, si vous voulez, euh ce qui allait pas, c'est que on enfermait les gens alors qu'on avait pas à les enfermer. Vous voyez, il y avait un peu le préjugé d'irresponsabilité des patients comme quoi il respecteraient pas le confinement.
Bah, c'est pas vrai. Bon. Donc d'avoir des pratiques comme ça, c'est ça qui fait que il y a un manque d'attractivité.
Après en fait pour pas que les gens aient à faire de certificat de pour la contrôle des contentions et des isolements, ben il suffit en fait que les gens puissent arriver de manière libre et plus facilement à l'hôpital. Nous dans le service ce que la première des choses c'était de dire que les gens qui étaient consentants à se soigner bah qu'on les hospitalise dès qu'ils sentent le besoin. Maintenant dans la plupart des lieux quand les gens ont envie d'être hospitalisés parce qu'ils sentent pas bien leur dit bah non on réserve les places pour les gens hospitalisés sous contrainte.
Donc il va falloir attendre que la personne aille de plus en plus mal qu'elle aille aux urgences qu'elle s'agite qu'elle soit contentnée. Donc si vous voulez c'est ça le problème majeur. C'est pour ça que je parle du système contentionnaire.
C'est-à-dire que en fait, il faut tout revoir. Il faut tout revoir. C'est-à-dire que il faut revoir le si on veut attirer des soignants.
Quand je dis soignant, c'est pas que les psychiatres parce que les infirmiers ça les amuse pas et les infirmières surtout ça les ça les amuse pas de de de d'attacher les gens de ça ça provoque vraiment des des souffrances et c'est pour ça que les gens aussi partent de l'hôpital public puisque l'hôpital public c'est le lieu où vont se générer le plus de contraintes puisque il y a à part cinq cliniques en France qui reçoivent des hospitalisations sans consentement, il y a qu'à l'hôpital public où on reçoit des hospitalisations sans consentement. Bon, donc si vous voulez, c'est ça qui provoque un peu du désespoir chez chez les soignants et mais à ce désespoir encore une fois répond au désespoir des patients parce que quand vous allez voir vos soignants quand vous en avez encore et que vous dites "Je vais pas bien, s'il vous plaît, faites quelque chose pour moi" et qu'il y a pas de réponse, c'est terrible. Bah pareil pour les familles hein, quand les familles vont voir les les équipes de soin en disant "Mais faites quelque chose" et puis qu'à la fin des fins la personne finalement elle est hospitalisée, attachée alors qu'on sait qu'on aurait pu faire autrement.
On le sait. Voyez un exemple. Euh quand j'étais au je travaillais au centre médico-ps psychologique euh bon que je connaissais, il y avait une famille qui m'appelle qui me dit "Voilà j'ai mon proche va pas bien, venez à la maison." Bah très bien.
Visite à domicile, c'était plutôt une pratique qu'on essayait de tenir. Mais alors là, le dilemme que je dois arbitrer moi, mais qui en fait c'est pas moi de l'arbitrer, le dilemme c'était est-ce que je prends 3 heures pour aller au domicile de la personne ou est-ce que j'annule 15 consultations ? Vous voyez ?
Et si j'annule 15 consultations, des gens que je devais voir vont probablement aller moins bien et du coup bah ça va pas aller. Si je vais pas au domicile de la personne, ça se trouve si j'y vais bah je vais renouer le contact avec elle grâce à mes collègues. Si la police et les pompiers sont appelés, bah ça va permettre de diminuer la pression parce que bah les pompiers, la police, ils sont pas forcément formés aussi à comme on fait avec des patients qui sont délirants, qui sont suicidaires.
Euh donc ça va permettre que la plupart du temps les gens étaient d'accord pour nous suivre et pour aller aux urgences. Comme on avait fait un travail de partenariat que je connaissais l'urgentiste, l'équipe des urgences, bah ça permettait qu'il le patient soit vu direct, qu'il attendent pas aux urgences et que du coup la place à l'hôpital elle était prise directement. Il arrivait dans le service, on se voyait le lendemain et puis voilà déjà ça allait mieux.
Voyez ? C'est-à-dire que il y a en fait, on sait ce qu'il faut faire en vrai pour transformer les situations aigues en situations subigues et pour désescalader. Donc si vous voulez la désescalade, si j'en reviens à la contention, la désescalade que qui est dit par la haute autorité de santé en 2017 là dans une dans une recommandation puisqui est dit à peu près dans la littérature internationale, c'est une désescalade dans les services quand une situation aigu présente.
Mais il faudrait aussi penser à une désescalade institutionnelle à tous les échelons. C'est-à-dire, voyez, une première des désescalades, c'est qu'il y a des dispositifs de prévention accessibles facilement, hein. Voilà. si vous Oui, merci.
Je me permets de rebondir sur la question que vient de vous poser à l'instant Jean sol parce qu'apparemment, si j'ai bien compris, les psychiatres se disent embolisés par le travail de certification qui doit faire effectivement dans les cas d'isolement ou de contention, mais également dans le cas d'hospitalisation sous contrainte. Or, ça n'appartient pas au choix du psychiatre. C'est euh le représentant de l'État qui en décide et c'est un peu ça sur lequel il nous alertait et en tout temps enfin je pense que tout le monde a entendu comme moi que chacun de ceux qui nous alertaient sur ça comprenait et adhérait au fait qu'il devait rendre des comptes bien évidemment. il nous le disait donc sur ce point-là et ensuite vous faites une différence qui me semble évidente sur le fait que on ne peut pas considérer que la contention soit du soin mais en revanche vous dites il y a aussi un aspect de sécurité et donc quels sont ou quelles seraient les mesures alternatives à la contention sur cet aspect sécurité on a rencontré auditionné des professionn euh qui nous disent devoir faire parfois appel à des agents de sécurité privée.
Euh bon, ça me pose question aussi. Euh et vous dites "Je comprends le votre réflexion et votre analyse systémique. Je comprends parfaitement qu'une des escalade institutionnel est nécessaire.
Mais dans des cas de crise précis et cetera, euh comment font comment doit faire les les professionnels ?" et vous dites, c'est pas seulement lié euh au manque de professionnels, mais quand même je pense que des services d'urgence embolisé euh qui doivent recevoir des patients en pleine crise, violents pour les autres mais aussi pour eux-mêmes cherchent et on peut pas leur en faire le reproche des moyens de sécuriser tout le monde. Et enfin, beaucoup nous ont aussi dit que le métier d'infirmier psychiatrique qui n'existe plus, cette spécialité qui n'existe plus aujourd'hui était peut-être pas la réponse miraculeuse, mais quand même une réponse à ces situations qu'on qu'on rencontre.
Donc, quel est votre avis là-dessus ? Ouais, je voudrais juste ajouter euh monsieur BSM a commencé son propos en parlant de contention dont la contention mécanique et là on est bien que dans la contention mécanique, pas dans le reste, hein. Alors pour reprendre le tout premier point là sur la question des hospitalisations sans consentement en fait en travaillant bien l'ambiance et le secteur on peut diminuer le nombre d'hospitalisations sans consentement et faire que il y ait quasiment que des hospitalisations libres.
Là, je vous renvoie au travail d'un de mes collègues Pedro Serra qui aimait le saint-chef à Bondi dans le 93 et qui a diminué drastiquement en faisant de la lé vert, du club thérapeutique, tout un tas de choses. Le nombre d'hospitalisation sans consentement, c'est-à-dire en se rendant disponible facilement, vous diminuez les hospitalisations sans consentement. Voyez ?
Donc bon, ça c'est la première réponse. La deuxième réponse, alors encore une fois, moi je m'appuie sur ma pratique. Dans le service d'hospitalisation, il y avait pas de contention, il y avait des crises d'agitation et cetera.
Bon, déjà, il y a une façon de se de se positionner, de pas prendre pour soi déjà quand un patient va vous insulter, va vous délirer des choses graves et cetera, faire votre boulot de soin, c'est-à-dire bon, la personne est malade, donc comme elle est malade, on va essayer de prendre en charge sa maladie et pas ses propos parce que ça aussi l'inflation de de de comment de plainte contre les patients pour des propos et cetera, il y a des fois c'est un peu du déni de la folie aussi. Quand je dis folie, c'est pas un mauvais terme. C'est-à-dire que c'est quand les gens vont pas bien, bah il y a des fois ils sont hors d'eux, quoi.
Et puis c'est ça qu'il faut soigner. Bon, donc quand il y a des situations de violence, si vous voulez encore une fois la violence du patient répond aussi à toute une série de violences. Je prends juste cette petite exemple.
Le patient qui vient demander 15 fois son paquet de cigarettes aux soignants qui disent on arrive le on en plus qui n'arrive jamais. à la 16e fois, il s'énerve parce qu'il est poli, il a attendu 15 fois et puis là, on va lui sauter dessus en disant il est intolérant à la frustration, injection, isolement. Voyez ?
Et là, on aura pas eu toute l'affaire. C'est-à-dire que il y a un contexte qui a fait que la personne est devenue violente, mais elle est devenue violente. Et peut-être qu'il faut qu'on se pose la question dans l'aprèscoup, qu'est-ce qui a rendu la personne hors de ses con ?
Il y a des fois, on peut dire c'est elle est envahie, elle délire et on aurait pas pu penser qu'il y a un contexte qui mais souvent et souvent quand les gens sont hospitalisés, il y a un contexte qui est souvent occulté. Bon, alors dans les situations maintenant quand ça se présente euh en fait quand il y avait du monde dans les services, vous faites appel au renfort, vous avez le bip de garde et là vous avez 10 15 personnes qui arrivent. En général, la plupart du temps, ça calme les choses, hein.
C'est-à-dire que le patient voit qu'il y a plein de monde autour, ça le ça ça le contient psychiquement et ça évite de le contentionner. Bon, donc ça c'est une première chose et la deuxième chose après c'est euh les les la contention si vous voulez, elle s'est développé aussi parce qu'il y a de plus en plus de gens qui ont eu du mal à qui sont dit bon il vaut mieux attacher les gens que laisser dater. Moi dans ma dater donc c'est leur mettre des des traitements.
Moi, dans mon calcul bénéfice risque à moi en tant que psychiatre, je préférais que les gens dorment pendant de jours et après diminuer les traitements et puis qui reviennent plutôt que de les attacher parce que j'ai jamais eu de de discours comme il est raconté là sur les traitements et surtout c'est ça permet de s'ajuster vraiment très vite. Donc si vous voulez ce que la entre guillemets contention chimique dans ces moments-là, nous on avait recours à ça et puis à l'isolement parce qu'on avait pas réussi à à ne pas faire avec des isolements suffisait largement. Aux urgences, c'est pas la même chose.
Encore une fois, j'ai pas travaillé aux urgences. Je ne pourrais pas témoigner d'une pratique aux urgences. Donc je peux pas vous dire euh ce qui est sûr c'est que avoir déjà des locaux adaptés parce que la plupart du temps les urgences générales n'ont pas de lieu psychiatrique.
Euh et donc si vous avez pas un lieu qui est contenant dans le sens où bah il va pas y avoir trop d'agitation ou il va y avoir des lumières un peu plus tamisées ou ça va être calme, il va pas y avoir trop de bruit, il y a tout lieu de croire que ça va peut-être un peu calmer les choses et puis en plus le fait que peut-être il faudra recevoir aussi les familles. Vous voyez, c'est un peu la ce qui était pratiqué auparavant dans les centres d'accueil et de crise, ça permettait un peu ça, c'est-à-dire qu'on recevait tout le monde assez vite et ça permettait de de pas créer de l'agitation supplémentaire. Bon, après là aussi quand la personne s'agite bah la plupart du temps les les dans les lieux qui n'attachent pas c'est vous vous faites vous pouvez donner un traitement, une injection, des choses comme ça et puis la personne va s'endormir et puis ça va aller.
Au CPOA par exemple, ils ont une grande pratique précédente où il y avait pas de contention pendant tout un temps. Maintenant, je sais pas où çaen est mais voilà. Bon, donc même dans l'urgence, on peut on peut s'en passer.
Et votre oui et votre dernière question sur la question des moyens. En fait, ce que je voulais vous illustrer, c'était de dire que euh oui, les moyens créent l'absence de moyens crée un surplus de de contention, mais quand il y a des moyens, il peut y avoir aussi de la contention. C'est ça que je veux vous faire passer comme message parce que en fait et encore une fois euh c'est vraiment une question de comment on peut développer des cultures de soins où en fait la parole des patients va être respectée.
Vraiment la première des choses, bon une petite histoire comme ça, c'est quand vous avez quelqu'un qui délire par exemple je me suis fait violer par le diable. Si vous lui dites "Bah non, monsieur madame, ça n'existe pas, c'est pas vrai, c'est des mensonges." Ben la personne ça va l'agiter parce que c'est son vécu.
Si vous dites "Bon, OK, je vous crois mais je suis pas convaincu" et puis que derrière ce qu'elle vous délire là, vous dites "Bah en fait peut-être qu'il y a une histoire de viol d'inceste ou quoi derrière son délire." C'est-à-dire que son délire va permettre de mettre en scène, de dire quelque chose de ce qui lui est peut-être arrivé, bah ça ça nous met nous les soignants, dans une autre disposition, voyez. C'est-à-dire que on va essayer de de comprendre et en fait je crois que être dans un abord compréhensif et pas juste de réduction de de de symptômes, d'agitation, au fond, on peut dire que l'agitation, la violence est un symptôme.
Donc nous, on est là pour traiter ce qui provoque les symptômes. Ah oui, alors et les infirmiers psy Oui. Oui, merci de me rappeler.
Ouais. Ouais. En fait, si vous voulez, je pense que ce qu'il y avait de de de premier dans dans la formation des ISP, c'est qu'il passait beaucoup de temps en formation avec les patients psychiatriques, c'est-à-dire qu'ils étaient dans les services très jeunes.
D'abord, c'était les infirmiers qui la plupart du temps étaient issus, ils avaient d'autres parcours. C'était des gens qui travaill qui travaillaient avant, qui reprenaient des études et cetera. Bon, qui avaient besoin d'argent tout de suite, on peut dire.
Donc la formation, elle était elle était payée au départ hein. Et donc ils apprenaient le métier dans la rencontre avec les patients. Euh moi d'ailleurs, c'est un peu comme ça que j'ai appris le métier de psychiatre.
J'ai rencontré les patients d'abord quoi, en faisant plein de stages et tout ça, mais avant même mes mon internat quoi. Euh et du coup ça ça modifie la façon de rentrer en relation. C'est-à-dire que bon bah quand les gens délirent, bah vous allez pas leur tenir grièf qui délire, c'est pas grave hein.
Et puis on va essayer de comprendre ce qu'il dit et on va s'ajuster. Là, si vous voulez, le fait que la la formation initiale dans les IFS, donc les les lieux de formation des des en soins infirmiers, bon, il y a déjà très peu de modules de psychiatrie, il passent en stage de manière très rapide et puis en fait la psychiatrie, comme il y a quand même eu beaucoup de sécuritaires depuis quand même pas mal de temps maintenant, les formations psychiatriques, elles sont quand même aussi empreinte de sécuritaire là, quoi. C'est-à-dire où on va transmettre sans trop le vouloir la peur des patients en fait, vous voyez ?
Et ça, je crois que c'est un c'est un grand problème quoi parce que moins on a peur des patients, mieux ça se passe en fait, plus ça se passe bien. Bon donc il y a un gros travail de formation mais aussi des psychiatres parce que la formation actuelle des psychiatres là aussi depuis que ça a été repris en main de manière très impérative on peut dire par les universitaires de psychiatrie, les gens passent beaucoup moins dans les services de psychiatrie ordinaire de secteur. Maintenant, ils doivent quasiment faire que des des des stages en services universitaires où on voit pas les mêmes patients parce que il y a des services universitaires où où c'est des soins libres surtout.
C'est bon. Donc si vous voulez, il y a il y a il y a tout un tas de choses à la formation est importante mais et aussi dans les fac de médecine, ce que les étudiants en médecine peuvent dire et où ils sont sensibles et c'est ce que je vous disais au départ, c'est quand les patients viennent leur raconter c'est quoi la psychiatrie, comment eux voient ce que c'est que des soins, comment relatent leurs expériences. Ça ça c'est vraiment l'avenir je pense pour la formation qui est des qui est des formations faites à partir de de des patients de ce que de leur vécu des pères et dents et tout ça vraiment ça c'est c'est l'avenir.
OK. Avant de passer la parole à qui qui la voudra, je voudrais vous raconter une petite expérience que j'ai vécu il y a pas tellement longtemps. Enfin si quand même, j'étais maire à l'époque et pendant mes rendez-vous, on m'appelle en me disant "Monsieur le maire, faut que vous veniez vite, on a un for Chabrol qui est en train de s'installer au centre-ville donc j'y vais." Et quand je suis arrivé, il y avait le préfet, le procureur, les gendarmes et le GGN.
Et on me dit c'est un tel, il est il est enfermé dans son dans son appartement, il menace de tout faire exploser en place entreville. C'était quand même assez angoissant et on savait que c'était un un malade psychiatrique. Donc on appelle le psychiatre qui s'en occupe.
Le psychiatre arrive, il dit ou excusez-moi mais je le connais mal, il est dangereux. Je sais qu'il est dangereux, je pense pas qu'on va arriver à à trouver une solution. Le GGN dit bon ben à ce moment-là, il reste une seule solution, c'est nous.
Et à ce momentlà, le psychiatre dit on va quand même appeler son infirmière psychiatrique. Et l'infirmière psychiatrique est arrivée. Oh mais je le connais mais vous inquiétez pas, je vais y aller.
Mais alors non, n'y allez pas, vous allez vous faire tuer. J'y vais. Elle y est allée.
Une heure après, tout était réglé. On avait dérangé le GGN, la gendarmerie, le préfet, le procureur et le maire. On aura appelé l'infirmière, ils étaient réites.
Ça c'est le premier point. Puis deuxème point en écoutant monsieur euh bon qui est tout jeune qui est tout jeune donc il doit pas connaître mais ça me rappelle le film de Milos Forman quand même hein. Vol je suis jeune mais quand même ça se voit.
Vas-y mais mets du son madame leouis prolonger mais du son je voulais prolonger la question de la formation. Je connais pas bien mais je pense que aujourd'hui c'est une formation généraliste entre guillemets et puis ensuite il y a quand même des spécialité. Donc on a des on a aujourd'hui des infirmiers qui peuvent se spécialiser dans ces dans dans l'accompagnement de la santé mentale saufir de ma part.
Donc comment ça se passe pour les enfin il y a aussi des référentiels de formation parce que c'est bien un problème de formation là que que vous évoquez et de manière de d'accompagner. Moi, j'ai pu échanger avec euh des professionnels psychiatres et puis infirmiers psy dans des établissements d'accueil de personnes en difficulté psychique. Et puis sur la contention, ce qui revient tout le temps, c'est le temps de faire.
En fait, c'est vraiment le problème de moyen là vous vous avez abordé tout en disant il y a pas que les moyens, mais il y a quand même beaucoup. Enfin, moi j'ai le sentiment de ce que j'ai pu entendre. Il y a quand même beaucoup les moyens, les les professionnels et ils sont les premiers les plus malheureux comme vous l'avez dit à accompagner de manière forcée où on a dit qu'on en parlait pas mais la contention chimique enfin les deux solutions entre guillemets qui s'imposent en situation d'urgence quand on échange avec les professionnels.
En fait le si vous voulez la question de la formation euh alors les IPA vous avez raison là c'est les infirmières de pratique avancée. Enfin les infirmiers de pratique avancée c'est une nouvelle nouveau métier. La question c'est comment la formation crée ou pas la la pétence pour la relation ?
C'est-à-dire que si vous êtes un super technicien, juste des médicaments et cetera et que vous faites pas ce qu'a fait l'infirmière là dans votre histoire, c'estd qu'en fait ce qui a soigné là c'est la relation, ben je le connais. Donc pour le connaître, il fallait qu'elle soit là depuis un certain temps, que elle soit inscrite dans son paysage depuis un certain temps, donc elle soit pas dans le turnover et que bon, vous voyez donc là, il y a tout dans votre petite histoire, il y a toute la chaîne euh c'est-à-dire euh et elle avait pas peur. Bon, en fait euh la formation des IPA, alors je là aussi je connais pas bien directement donc euh est-ce que ça devient des super techniciens de surface psychique ou est-ce que ça devient des techniciens de la relation ?
Voyez, c'est pas la même chose. C'est comme les psychiatres. les psychiatres, les internes, là on les pousse plutôt à être des super techniciens des médicaments et mais comme le disent les associations de patient, plus la consultation est courte, plus l'ordonnance est longue he puis ils disent aussi de l'écoute pas que des gouttes.
Je crois que être dans une disposition d'écoute par exemple, de moins en moins les les psychiatres sont formés aux abords psychothérapeutiques. vous avez pas besoin de faire des psychothérapies mais le fait de savoir comment on parle, comment on fait, comment on se place et cetera, voilà, ça change un peu les choses, voyez. Donc euh donc en fait les formations faudrait voir par exemple, vous avez plein de formations qui sont beaucoup aimées dans les hôpitaux, c'est les formations oméga, c'est-à-dire des formations à la désescalade mais selon une grille assez comportementale, c'est-à-dire on va analyser juste le moment de violence quoi.
Et à la fin des fins, on va dire bah c'est dommage, vous vous êtes pas calmé, on va vous sauter dessus. Alors, ça rassure les équipes parce qu'il y a une technique, on peut dire, mais en fait ça traite pas le fond du problème. C'est-à-dire le fond du problème, c'est euh comment on envisage des lieux de soins un peu plus bienveillants, quoi.
Vous voyez ? Donc ça c'est la première chose et comment on on crée des formations qui qui favorisent être proche des des patients quoi. Et en fait les gens en effet vous venez de dire le mot sécurité on on la peur je vous assure elle est elle est vraiment présente.
Les gens ont de plus en plus peur parce qu'ils sont de moins en moins au contact hein. Ils sont de plus en plus devant leurs ordinateurs, devant leur smartphone aussi hein. Dans les services de psychiatrie. les soignants, beaucoup sont sur leur téléphone et donc si vous voulez, c'est pas mal d'être avec les patients au contact.
Ça ça permet de désescalader énormément de choses et ça aussi il y a une cette disposition elle doit être à la fois transmise dans les formations mais aussi c'est aussi un travail de formation permanent dans les lieux de soin. C'est pas la même chose quand vous êtes jeune infirmier ou jeune psychiatre enfin interne ou étudiant. quand vous arrivez dans un service où euh on va prendre le temps avec les patients ou un service on va faire l'abattage quoi.
Voyez, ça met pas dans les mêmes dispositions. Et puis euh par ailleurs, je peux sur la question du temps, je vais vous raconter une histoire là, je je j'en parle dans le livre là, c'est une petite vignette clinique. Il y avait un patient comme ça un samedi matin, j'étais de garde à l'hôpital là parce que les astreintes, on doit faire les certificats et cetera.
Et donc je suis appelé le bip de garde son et tout ça. Bon et c'était un un jeune homme qui était en chambre d'isolement et il fallait prescrire une contention parce que il s'était agité. C'était quelqu'un que je connaissais parce qu'il était d'un autre service.
Et en fait quand je venais le samedi matin, souvent il était en chambre d'isolement donc je faisais les certificats. Et donc en général on parlait de voiture, il avait un intérêt spécifique sur les voitures. Donc il me demandait quelle voiture j'avais, je répondais et puis bon voilà, ça faisait un petit chose comme ça quoi.
Bon et donc c'était lui. Et alors à ce moment-là, moi j'arrive dans la chambre d'isolement. Il y avait neuf personnes autour. l'équipe me dit "Ouais, il faut l'attacher parce qu'il a failli sauter sur une collègue et tout ça." Bon et puis il y avait le renfort, j'avais de la chance puisque il y avait deux de mes collègues infirmiers du service qui était là et puis donc on prend un peu le temps et euh moi j'ai là moi quand j'ai quand je sens qu'une situation craint, j'ai une petite manifestation corporelle là.
J'ai la nuque qui me gratte, je me dis ou là là c'est c'est tendu là j'avais pas ça. Bon et du coup je me rapproche un peu de lui. Il était sur les les le sol enfin le les toilettes scellées de la chambre d'isolement avec les gens autour.
Il y avait de la des selles un peu partout sur les murs, tout ça. Et puis qu'est-ce qui vous arrive ? Qu'est-ce qui se passe ?
Bon il dit pas grand-chose, il était tendu. Et puis à un moment donné avec les deux collègues infirmiers, on se regarde et puis on fait comme ça. Oui.
Alors je lui dis "Est-ce que vous accepteriez qu'on vous fasse un massage ? vous enveloppe dans un drap. Voilà, comme ça qu'on vous enveloppe.
Et là, il se il se relève la tête et puis il me regarde. Bon, et puis il fait comme ça, il me dit "Oui, bon, il parlait qu'à moitié parce qu'il avait plutôt des troubles assez autistiques." Bon et euh à ce moment-là, euh on prend un drap avec mes collègues et puis moi je commence à lui masser la tête, les collègues, à lui masser les les bras, les jambes et puis ça dure comme ça tris qu4 d'heure.
À un moment donné dans le parc de l'hôpital, il y a une voiture qui glaxonne et puis je lui dis, je me rappelle des histoires de bagnoles et puis je lui dis "Bah tiens, ça pourrait être quoi comme voiture ?" Et là, il dit "Voiture maman". Je Ah bon ?
Mais elle a quoi votre mère comme voiture ? "Voiture maman. Voiture maman." Là, il y a une infirmière du service qui dit "Mais c'est vrai que sa mère, elle devait venir le voir mardi.
On est samedi, elle est pas venue." "Ah bon Euh et puis alors du coup, on me dit "Bah ça se trouve votre l'agitation là, ça vient du fait que sa mère devait venir, elle est pas venue pour tout un tas de raisons. Peut-être qu'il y avait un sens à son agitation, quoi." Bon donc on continue à masser, il se détend tout ça.
Bon et puis à la fin on sort de la chambre d'isolement, je modifie un peu les traitements et cetera, mais il était pas attaché et et puis ça a tenu plusieurs jours comme ça. Et après les les collègues de ce service ont dit mais est-ce qu'on pourrait pas être formé au massage enveloppant et tout ça ? Bon en fait si vous voulez cette technique là d'enveloppement c'est pas ça le problème.
C'est ça permet d'être dans une certaine disposition où le corps des patients, on va s'intéresser à leur corps vécu. Ce qui va pas dans la contention c'est que les gens on les attache après on les laisse seul. En fait dans les moments où les gens vont pas bien faut être là avec eux.
Alors, quand ils sont trop persécutés dans le contact, faut être un peu à distance, mais faut maintenir une présence quand même, vous voyez. Donc bah en terme, voyez, ça c'est il y a plein de dispositifs comme ça qui permettent, par exemple, j'ai été visiter euh une clinique là en banlieu parisienne où ils ont fait tout un travail de désescalade avec une salle d'apaisement, une salle snousine de d'hypostimulation, tout un tas de trucs avant d'arriver à la chambre d'isolement, voyez. Bah ça et du coup les les les soignants s'en sont saisis et ça permet de diminuer les recours et les patients eux-mêmes après demandent tiens, je voudrais aller dans la salle d'apaisement, je veux écouter de la musique douce.
Voyez c'est plus on on développe des dispositifs intermédiaires et en fait plus on a de chance de se passer du dispositif le plus contraignant qu'il soit. Voilà. Non, c'est pas une question mais je Oui oui oui he moi je remarque simplement que la contention demande du temps aussi enfin si on est enfin parce qu'on a l'air de dire on manque de temps, on manque de moyens et en fin de compte quand vous arrivez il y a déjà neuf personnes, tout le monde a été appelé euh on peut être appelé pour des techniques de désalades pareil.
Moi, je crois qu'effectivement, alors que je suis quand même souvent, je commence souvent par le manque de moyens, je pense que là c'est vraiment culturel. faudrait faudrait euh comprendre pourquoi alors pour le coup ça a diminué cette pratique et pourquoi que 15 % enfin mais c'est juste euh quel parallèle avec je sais pas ce qui se passe dans la société aussi de façon plus générale parce que ça a été plus important on est bien d'accord de ne pas recourir hein et pourquoi maintenant c'est un petit village gaulois seulement de 15 % qui qui fait sans contention mais mais c'est déjà beaucoup moi je trouve 15 % c'est ça qui est bien c'est je pensais pas que c'était autant donc c'est formidable déjà que ça soit 15 % donc on espère que ça va augmenter mais je pense que il faut aussi se dire que les portes des des lieux de soins se sont fermées. Moi je pense qu'il y a un rapport entre des portes ouvertes et des et et les contentions et les portes fermées.
C'est le fait que quand les gens se sentent pas bien qu'ils aillent faire un petit tour là dans le parc en disant là il commence à me à me casser les bonbons là tous besoin de prendre l'air. Là vous il y a un témoignage comme ça. Bon je je vous le laisserai où en fait bah la la façon la dont la personne pour pour se calmer c'était de courir.
Il disait quand il y a de la pluie c'est un peu mieux parce que je sens mieux les limites de mon corps. Bah si vous avez une porte qui est fermée, bah il peut pas aller courir dehors et puis du coup les gens vont dire "Oh là là, ils s'agitent ! Ben il faut appeler le renfort et puis vous voyez donc il y a ça aussi je crois et et les portes se sont fermées aussi bah comme beaucoup de choses de la société où ça peut se fermer.
Bon, mais euh tout ça, je pense que le il faut essayer de de se décloisonner aussi un petit peu dans nos têtes, quoi. C'est-à-dire que à partir du moment où on considère les patients comme étant notre prochain et ça peut nous arriver à toutes et tous d'aller pas bien, d'être hospitalisé, de voilà, il suffit qu'on soit traumatisé par quelque chose pour s'effondrer et voilà et d'arriver en psychiatrie, ça peut arriver à tout le monde. À partir du moment où on se dit ça, bah déjà on se met dans une autre disposition que il y a les malades mentaux d'un côté et puis il y a nous de l'autre, voyez.
Et ça, je crois que c'est un alors on dit souvent, il faut dématiser les campagnes de dégmatisation à grande cause nationale. Tout ça, bon tout ça, c'est très bien euh mais ça concerne tout le monde, notamment les soignants et puis les directions des hôpitaux et les patients eux-mêmes aussi. Oui.
Oui. Et puis la peur aussi de ce que ça nous renvoie à toutes et tous en tant qu'être humain, quoi. Euh voilà, c'est ces choses qu'on comprend pas.
Mais oui, c'était juste pour les remerciements. Bonne soirée. Merci à vous.
Et puis de de toute façon, il faut quand même que vous sachiez que la Mex ne rendra pas de rapport sur cette soirée avant sur cette soirée l'année suivante avant l'année prochaine. La 2025 est occupée par deux autres rapports. On aura donc pas le temps ni les moyens de de mettre en place un rapport sur le sujet mais l'année prochaine ce sera le premier sujet.
On commence maintenant comme ça au moins on sera bien armé par la suite.