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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 14 décembre 2017 37 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉducation & rechercheNumériqueÉconomie & entreprises

#RDLS48 : MÉDIAS, JÉRUSALEM, UNIVERSITÉ, ONE PLANET SUMMIT

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 75 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Locuteur 1Fait
    « Jérusalem n'est pas la capitale d’Israël. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour les amis ! C'est la 48ème Revue de la semaine. 48, ce n'est pas loin de 52.

Ça veut dire que l’année va bientôt finir. Et nous, on va aussi faire une pause. Je ne sais pas quand, mais on va la faire.

La semaine dernière on a eu... du monde, hein, qui est venu et qui s'est abonné, et tout ça, grâce à un journaliste, qui est un menteur professionnel, et qui a raconté des salades sur ce que j'avais dit ou pas dit sur Johnny Hallyday.

Ce qui est voisin de zéro intérêt... ce que j'ai à dire sur le sujet.

Mais, comme ça a créé une petite polémique, des gens sont venus voir, pour voir si c'était bien un mensonge. Et ben oui, c'était un mensonge ! Donc, merci à... au menteur professionnel, parce qu'il fait nous venir du monde, et qui, à la fois, regarde ce que l'on fait, et puis se rendent compte que c'est un menteur.

Donc ça, c'est... voyez, même les menteurs ont une utilité dans la vie, à condition qu'on sache que c'est des menteurs.

C'est pourquoi, dans un instant, je vais à nouveau vous parler du recours déontologique, qui serait la possibilité pour chaque citoyenne, chaque citoyen, quand il entend quelque chose qu'il sait que c'est faux, ou qu'il voit... qu'il voit à la télé, ou qu'il entend, ou qu'il lit quelque chose dont il sait que c'est faux ! et bien, il peut avoir un recours.

Et à ce moment-là, ce conseil du recours déontologique pourrait dire : ah ben ça, c'est un mensonge. Nous, on n'en demande pas plus. Pas de sanction financière, on ne va pas toucher à leur argent.

Pas de... rien.

Juste une sanction morale. Dire : ça, c'est un mensonge. Bon.

Et maintenant, allez, on y va ! Le générique pour commencer ! ♪♫♬♫♪♩♪♫♬♫♪♩♪♫♬♫♪♩ Donc, la semaine dernière, on a gagné beaucoup de monde qui s'est abonné à la chaîne, grâce au fait que France info avait raconté un mensonge de plus, hein, ce qui est une grave faute professionnelle.

Mais, dans notre pays, il n'y a pas de sanction des fautes professionnelles des journalistes. Donc, vous êtes abandonnés à leur pouvoir de mentir, de truquer, de manipuler tout le monde. Voilà pourquoi, on a fait une pétition.

Et ça, c'est l'événement numéro un de la semaine qui vient de s'écouler. C'est que cette pétition, elle a recueilli 140 mille signatures à cette heure. Et qu'est-ce qu'elle dit cette pétition ?

Elle dit : on voudrait qu'il ait un recours déontologique. C'est un grand mot pour dire : un recours sur... qui permet de vérifier que la personne qu'on met en cause, le journaliste qu'on met en cause, pour avoir donné une fausse information, ou cherché à manipuler les gens, et bien, que ce soit vrai ou pas.

Parce qu’il ne suffit pas non plus d'accuser, hein. Mais, qu'on puisse avoir un recours pour dire : ben, écoutez, voilà, ça c'est un mensonge. Alors, le recours... ce conseil... il ne voterait pas d'amende, il n'enlèverait pas... je ne sais quelles prérogatives aux journalistes.

Il dirait simplement : ah ben oui, ça, c'est un mensonge. Et moralement, c'est bon, parce que ça obligerait tout le monde à faire attention à ce qu'il raconte, et ne pas se sentir impuni, parce que, le journaliste de France info qui raconte que... je n'ai rien dit à propos de Johnny, il ment, il le sait puisque... la Revue la semaine c'est pas... c'est pas un événement secret, hein ?

Et puis, celui qui passe derrière et qui dit : Mélenchon refuse de s'associer à l'hommage. Hein ? Vous comprenez, c'est un cran de plus.

Bon. C'est un feignant qui n'a rien regardé, qui n'a rien vérifié. Mais, comme il a entendu une chose, il en rajoute pour que ça fasse du clic.

Bon. Moi, je m'en fiche. Ils font ce qu'ils veulent, mais... moralement, je trouve que c'est bien si je pouvais avoir un recours, et que quelqu'un dise : ah ben ça, c'est un mensonge.

Alors comme ça, le gars, il a l'air d'un idiot et d'un menteur, qu'il est. Et du coup, les autres se diraient : attention, moi, avant de raconter un truc, je vais quand même vérifier. C'est à dire qu'ils reviendraient à ce qu'on appelle la charte déontologique du métier de journaliste, parce que, le métier de journaliste, il y a une charte déontologique.

Ce n'est pas : n'importe qui fait n'importe quoi. Ce n'est pas vrai. Certains font n'importe quoi, parce qu'ils se disent : on est impuni et puis on est tellement célèbre que personne n'osera s'attaquer à nous, se disent ils.

Ah ben si, il y a moi, et mes amis, et on s'attaque à eux, et on les traite de menteurs, et on montre que ce sont des menteurs. Bon. Donc ça, c'est pour vous dire : mettez des pouces bleus, ça fait monter notre affaire.

Et puis, si vous vous abonnez... si vous ne connaissiez pas cette chaîne, abonnez-vous.

Parce que ça donne du courage, et puis surtout ça exaspère mes adversaires qui espéraient que tout ça se casse la figure. Et là, ben non, ça continue, et ça augmente, hein. Ça prouve que l'on peut contourner le parti médiatique et les médias officiels, bon, dans lesquels sont des gens qui se soutiennent entre eux.

Ils s'aident... c'est une communauté politique.

Les 10 journalistes médiacrates du pays... ou 30 qu'ils sont... c'est une communauté politique.

Ça fonctionne comme un communautarisme, parce qu'ils se défendent entre eux, quoi qu'ils racontent. Par exemple, l'autre soir, vous aviez les deux menteurs professionnels, là, Nathalie Saint-Cricq et François Lenglet de France 2, qui m'ont traité de manière indigne. Alors, ils était invités chez qui ?

Justement, Quotidien. Moi, ça m'a plu. Parce que... bien sûr que c'était un truc de copinage.

C'était pour dire : ah, c'est nos copains, ils sont drôlement bien. Les pauvres ! Et vous voyez deux menteurs, qui son repeints en victimes de Jean-Luc Mélenchon.

Mais, qu'est-ce que ce pauvre Jean-Luc Mélenchon peut contre eux ? Rien. Eux, ils sont tout puissants.

Il y a leurs copains qui les invitent d'une réunion... d'une télé à l'autre, pour venir raconter leurs salades.

Alors ces deux là... moi, ce qui m'a plu, c'est de les voir là, en train de se justifier, hein...

Bon. C'est bien. On a franchi un seuil.

Moi, je remercie Quotidien, parce qu'ils les ont traînés comme...

Bon, alors, c'était un tribunal complaisant. Mais quand même, ils étaient obligés de se défendre. Et ils ont raconté d'autres mensonges.

Donc c'est bien, parce que les gens qui regardent Quotidien, c'est des gens qui réfléchissent. Ils ont plutôt l'esprit critique...

Comment dire... ?

C'est des gens qui aiment bien la blague et tout ça. Donc, ils voient ces deux pantins en train de raconter leurs salades à dormir debout. Et François Lenglet...

Alors, M. Lenglet, il arrive là, à cette émission, et quand même, Barthes lui dit : "Ben quand même, vous avez raconté un mensonge, parce que ce n'est pas vrai que, quand on achète une automobile en Belgique, et que ça coûte moins cher parce qu'il y a moins de TVA, ben, on va tous aller acheter les automobiles en Belgique. Hein, vous vous rappelez de la petite scène ?

M. Lenglet avec sa tête, là, comme ça...

Alors, il avait sorti un truc... le voilà... que j'ai piqué sur le... sur la table.

Il avait dit : alors voilà, la TVA coûte moins cher en Belgique, donc ils vont aller acheter en Belgique. Et Barthes lui dit : mais ça, ce n'est pas vrai. Et l'autre lui dit : non, pas du tout, ce n'est pas ça que j'ai voulu dire.

J'ai voulu dire qu'il y aurait de la contrebande à la TVA. Évidemment. Vous imaginez le gars... hein...

Il y a de la contrebande sur les cigarettes. D'accord, mais une bagnole comme ça. Ce n'est pas celle là qui se vend, c'est la vraie.

Faire de la contrebande de voiture, vous voyez, il faut quand même le trouver. Ce n'est pas vrai. Il le sait très bien...

Lenglet. Donc, il ment une nouvelle fois. Il va dans une émission pour expliquer qu'il est une pauvre victime qui essaye de faire son travail, et il rajoute un deuxième bobard.

Bon. Enfin. Après, on va faire semblant d'oublier que la boîte de production qui produit Quotidien, et celle dans laquelle travaille Mme Salamé, c'est la même !

Voilà. C'était la séquence : nous sommes tous des copains et nous appartenons tous à la même caste, la même communauté politique : les médiacrates ! Voilà.

C'est ça ces gens. Donc, pourquoi je vous parle de tout ça ? C'est pour que vous nous donniez le coup de main.

Il faut m'aider, et faire signer, et signer la pétition pour qu'il y ait un recours déontologie pour punir les menteurs. Juste ça. C'est tout.

Punir les menteurs. Ça existe au Canada. Ça existe en Belgique.

Il n'y a pas de raison qu'on n'en fasse pas autant en France. Alors, je vais vous dire ce que je vais faire là. J'aimerais bien qu'on arrive à 150 mille...

Si on arrive à 200 mille, c'est bien... c'est... c'est super bien.

Mais là, j'ai déjà commencé à faire le tour. Je suis allé voir les autres présidents de groupe parlementaire. Eh, oh, les journalistes menteurs, j'ai une mauvaise nouvelle pour vous.

J'ai fait le tour des présidents de groupe et on discute de savoir si peut-être... si pourquoi pas on présenterait une proposition de loi, tous ensemble, pour faire un recours déontologique.

Que ça existe en France. Voilà. Et puis après, je vais aussi demander audience au Président de la République, parce qu'il veut réformer le service public.

Alors, ça serait bien si, pendant qu'on y est, on créait un recours déontologique qui permette aux téléspectateurs et aux usagers du service public, d'avoir leur mot à dire, quand il y a quelqu'un qui ment. Je trouve que tout le monde après irait mieux. Parce qu'on aurait un peu plus confiance.

Et puis les journalistes, ils pourraient comme ça refuser. Si Mme Saint-Cricq dit à Lenglet : bon, trouve un truc pour coincer Mélenchon, bon, ce que tu veux, trouve le. Bon, bah, l'autre, il pourra dire : attendez, moi je ne veux pas... je veux bien trouver quelque chose pour embêter Mélenchon, mais pas un mensonge.

Parce qu'après, c'est moi qui vais passer au recours. Et on va dire : M. Langlet est un menteur.

Vous comprenez ? Voilà. Voilà pourquoi c'est important d'avoir un recours, même si ça applique des sanctions que morales.

Les sanctions morales, ça compte. Parce que, savez-vous, le 99 % des gens sont honnêtes. Il faut quand même s'en rappeler.

Les menteurs, les tricheurs, les voyous, c'est une minorité. La majorité, c'est des gens honnêtes, qui ont envie d'entendre des choses propres, pas mensongères, pour se faire leur idée. Hein ?

Voilà. Le 99 %, c'est des gens honnêtes. Et le 99% en a marre d'être obligé de supporter le 1 % de menteurs, ou de gens qui passent leur temps à essayer de manipuler les autres.

Voilà. D'accord ? Donc, il faut signer et m'aider, parce que sinon, je ne peux pas y arriver tout seul !

Merci ! Bon. La semaine là qui vient de s'écouler, et puis celle qui vient, il se passe des choses importantes.

Bon. Comme toujours, moi, je vous parle d'abord de politique internationale, parce que la géopolitique commande la politique. Hein.

C'est très important de comprendre ça. Et du coup, ça doit piquer l'attention, la curiosité. Il faut suivre, faut lire.

Il faut s'intéresser à ce qui se passe à un endroit, à un autre, dans le monde, parce que ça a un impact. La semaine dernière, c'est la décision de Trump d'attribuer, à Israël, Jérusalem comme capitale. Bon.

Alors, c'est une décision absolument irresponsable et aventurière, parce que c'est contre tout ce que les organismes internationaux ont pu décider jusque là, et ce que la communauté internationale reconnaît. Et tout le monde sait que, dans cet endroit du monde, il faut quand même faire attention à ce qu'on fait, et à ce qu'on dit. Et là, ce qu'a fait Trump, c'est juste mettre de l'huile sur le feu.

Et puis, c'est absolument illégal, parce que Jérusalem n'est pas la capitale d’Israël. Plein de gens ne sont pas d'accord avec ça. Et puis, la résolution de l’ONU, qui établit qui est à quoi là dedans, ne prévoit pas... ne prévoit pas ça.

Elle prévoit même tout autre chose. C'est à dire, il y a deux États, et chacun a droit à un bout de Jérusalem comme capitale. Voilà.

On a trouvé ça comme solution. Je ne dis pas que c'est génial. Mais c'est celle sur laquelle tout le monde arrive à s'entendre, sauf... certains... gouvernements israéliens.

Parce que pas tous... ils n'ont pas toujours été de l'avis que Jérusalem soit leur capitale.

Enfin, nous, globalement... bon...

Bon. Alors, on dit : c'est la ville trois fois sainte ; elle compte pour toutes les religions. Bon.

Très bien. Pour... le citoyen d'un autre pays, ce n'est pas une question... sur laquelle on veut mettre une passion pareille.

Hein. Il faut surtout faire des choses raisonnables, qui permettent à tout le monde d'atterrir, et qu'il n'y ait pas de guerre. Parce que c'est un endroit extrêmement dangereux, cette région du monde où les gens sont surarmés.

Il y a même de l'armement nucléaire dans la région. Il ne faut pas perdre ça de vue. Donc, notre intérêt, c'est de calmer le jeu.

Bon. Alors, le Président des États-Unis, c'est l'inverse qu'il fait. Donc, ça doit être pointé du doigt, et il doit y avoir des protestations.

Et évidemment, protester, aujourd'hui, c'est aussi aider les Palestiniens à reprendre pied. Parce que c'est quand même toujours eux qui sont les victimes de ces situations.Voilà.

Alors ça, ça a été un événement très, très, très, très contrariant. Il y a des groupuscules et... des... gens qui se sont prononcés, qui ont demandé à la France de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

C'est... il n'en est naturellement pas question.

Ce n'est pas la politique de la France et... cela a été répété, et c'est tant mieux.

L'autre... nouvelle internationale, c'est la tenue du sommet climat à Paris.

On peut considérer que, peut-être, la bataille est perdue. Mais il ne faut jamais tout peindre en noir. Parce que, si on dit que c'est perdu, alors on ne fait plus rien.

Et les choses vont donc aller de mal en pis. Alors qu'on a une petite chance d'arriver à inverser la tendance. Je ne vous dis pas qu'elle soit grande, hein... je ne vous dis pas ça.

Je n'essaye pas de vous endormir en vous disant : les choses vont s'arranger. Simplement, quand on est dans une lutte, il faut faire attention à la façon de présenter les choses. Si on passe notre temps à expliquer que la catastrophe est certaine, il ne se passera rien.

Et ceux qui provoquent la catastrophe se sentiront les mains libres, parce qu'eux ne croient pas qu'on est en marche vers une catastrophe. Ils croient que le changement climatique, c'est une invention de la propagande des ONG et... des... groupes de gauche.

Enfin, ils sont dans une vision complètement idéologique, illuminée, à croire que, non, il n'y a pas de changement climatique en cours. Si, le changement climatique est en cours ! Alors, à Paris, ça a donné... il y a eu une réunion.

Donc, déjà, ils disent : nous on est content ! Il y a eu une réunion. C'est à Paris que ça se passe.

Ça fait réfléchir des gens et tout...

Alors, on ne va pas dire le contraire. Ça, c'est bien. Mais après, tout le reste, c'est de la flûte, les amis.

Tout le reste c'est du blabla. Tout le reste c'est du faux semblant, à commencer par... ce que dit le Président Macron.

Alors, il dit que ça va de mal en pis et tout. OK. Tout le monde est d'accord.

Parfait.Tout va bien. Mais après... il fait quoi le monsieur ? ...

Rien. Il a convoqué une conférence. Il a dit que ça n'allait pas.

Et voilà qu'il ressort, en cours de route... une idée : c'est la taxation des transactions financières.

D'accord ? Chaque fois qu'il y a une transaction, toc, on prend une petite part, pour financer le passage aux énergies renouvelables dans les pays qui ne sont pas riches, etc, etc. Franchement, ce n'est pas sérieux.

Il y avait un projet de taxe sur les transactions financières. C'était près à être signé. C'est la France qui s'y est opposée, quand M.

Macron a été élu Président de la République, dès le mois de juin dernier. C'est lui qui a dit : non, non, non, on ne fera pas ça ! Alors qu'il y avait toute une série de pays qui étaient prêts à le faire.

Voilà. Et la France... la taxe sur les transactions financières, ce n'est pas une nouveauté dans la bouche de M.

Macron. Il vous la ressert à tous les...

à tous les repas. Il n'y a pas longtemps, il a fait un discours sur l’Europe, à la Sorbonne. Et déjà là, il a nouveau proposé une taxe sur les transactions financières, et même... aux frontières de l’Europe.

Et cette fois ci, c'était pour payer le développement. Donc, chaque fois qu'il y a un truc qui passe, il revient, et il dit : on va mettre la taxe sur les transactions financières... qu'il a lui-même empêché de créer.

Et il vous la propose pour tous les sujets qui lui arrivent sur la table. Alors bon, derrière, tout le monde embraye...

Comme personne n'a de mémoire, et qu'il y a toutes sortes de gens, dont normalement c'est le travail d'avoir de la mémoire, de se souvenir... parce que si, moi, j'en suis capable, eux, quand même, ils sont organisés pour ça.

Ça s'appelle même : faire de l'information. Hein. Attention, hein.

Mais enfin, c'est un luxe un peu rare, il faut bien l'admettre. Donc, Macron parle. Tous les autres répètent, comme si tout ça était une nouveauté formidable... bon, alors... et ça leur permet de battre un peu la mayonnaise pour dire : quel formidable Président !

Ce qui tombe bien, parce que c'est justement ce qu'ils pensent et surtout que les gens, qui payent leurs journaux, payent pour qu'on dise du bien de Macron. Donc ça, ça n'a pas été un bon moment. Et alors la conclusion... on se tient la tête.

Il y avait là un truc qui s'appelle... je ne sais pas quoi... une coalition de philanthropes.

Moi je n'aime pas trop ça. Mais enfin, bon. Des gens qui ont beaucoup d'argent, qui décident comment ils vont allouer leur pognon.

Et même qu'ils font des phrases pour dire : oui, oui, on se pose des questions ; on va verdir nos fonds. Ah, ils vont verdir comme des fous...

Parce que les philanthropes en question, ils vont faire un effort...mhh, mhh... pour passer... ils vont essayer d'abord de rester à 3% du total de ce qu'ils investissent dans des activités qui ont pour... pour but de contribuer à rétropédaler sur l'effet de serre. 3% !!

Ils vont essayer de passer à 5 %, vous vous rendez compte ? C'est clair que si on compte là dessus, on sera tous morts avant qu'ils aient fini d'augmenter leurs investissements. Donc, en gros, à la fin, ce n'est pas un bon sommet du tout.

Ce n'est pas un bon sommet du tout et les questions restent ouvertes. Alors... on va... hélas, devoir supporter pendant cinq ans, un président et un gouvernement, qui en réalité sont tous des productivistes, hein... et bon, pensent que tout ça, bien sûr, est grave, ça permet de faire un peu de la mousse, mais il n'y a pas de quoi s'affoler.

C'est ça leur idée. Moi je trouve au contraire la situation très, très préoccupante. Les quinze mille scientifiques qui ont fait, comme vous vous en souvenez, au moment de la COP 23, une déclaration solennelle pour dire : on est en train de perdre la bataille, parce que ce n'est plus possible de rester limité à 2 degrés supplémentaires du réchauffement, et on est parti pour trois.

Et moi je vous dis, depuis le début qu'on fait cette Revue de la semaine, que ce qu'il y a dans les engagements de chaque pays, c'est trois et demi. D'accord ? À trois et demi la catastrophe aura lieu.

Bon, à bon entendeur, salut ! On peut faire autrement, vous le savez, on le dit assez ici. Bon.

Maintenant, attention ! Ça risque de prendre un peu de temps. Je veux vous parler de la réforme de l'Université.

Mais je veux le faire d'une manière différente. Vous savez l'art de... des gens qui préparent des mauvais coups, c'est de vous les passer par petits bouts.

Et ils vous font croire, à chaque fois, qu'il y a une situation qui est tellement désastreuse, qu'il faut vite se dépêcher de prendre une décision... hein...

Alors à l'Université c'est : il y a 60% des jeunes gens qui échouent à avoir une licence ! C'est la cata ! Etc.

Et hier, dans l'intervention de... de notre camarade Sabine Rubin, elle a fait un truc formidable.

C'est qu'elle a lu des citations et elle a dit : devinez de...

Alors les citations c'est : les jeunes n'y arrivent pas à l'Université. C'est la catastrophe ! Nous devons faire ci, nous devons faire ça...

Et... c'est-à-dire en gros ce qui se fait maintenant !

De quand dataient ces déclarations ? Des années 60, 70 et 80. Donc ça veut dire que ça fait trente ou quarante ans que le même... le même argumentaire sert de prétexte.

Si c'était vrai ce qu'ils racontent, on devrait être un pays décadent, où il n'y a plus d'ingénieurs, où il n'y a plus de scien... c'est le contraire qui se passe !

Nous sommes un pays record dans le monde, pour le nombre d'ingénieurs pour 100 mille habitants, et pour toutes sortes de chercheurs. Bon. Il y en a même dans... dans l'hémicycle !

Il y a M. Villani qui est un mathématicien de très haut vol. Il a la médaille Fields, si je ne me trompe pas.

C'est un génie dans les maths, pas en politique, mais dans les maths oui, c'est un génie. Et il y en a comme ça... je ne sais pas combien !

Donc, tout ça c'est des histoires ! Alors, qu'est-ce qu'ils ont décidé cette fois-ci ? Ils prennent juste un petit bout : l'entrée en Fac.

Qu'est-ce qui est habile de leur part ? Il y a eu l'histoire du tirage au sort. Vous vous rappeler ?

Les étudiants ne savent pas où aller ? Alors on tire au sort qui est-ce qui a droit d'entrer dans telle ou telle branche. Alors, tout le monde se prend la tête dans les mains.

On dit : comment on en est arrivé à une connerie pareille, de tirer au sort...

Il faut comprendre l'enjeu, là. Il faut cinq minutes, là, mettre la technique de coté, et réfléchir. Qu'est-ce que c'est, choisir ses études ?

C'est choisir sa vie ! Comme vous avez... 18 ans, 19 ans, et que vous décidez de faire des études supérieures, ce n'est pas pour vous amuser.

C'est parce que vous avez... choisi la vie que... dans laquelle vous voulez vous dirigez.

Il faut bien, un jour ou l'autre, que ça se fasse de choisir. Donc, c'est à ce moment là. Alors évidemment, on corrige la trajectoire en cours de route, parce qu'au début on dit : ben tiens, moi je vais faire... - je vais dire les choses qui m'intéressent moi - de l'histoire... un autre ça va être des sciences.

Bon. Et puis, bon, vous entrez... vous allez en première année, puis en deuxième année, si vous arrivez à passer la première année.

Et puis, vous vous dites : bon, ben finalement, je commence histoire, mais je vais plutôt aller côté... archéologie.

Ou bien... je fais sciences, mais tiens, je vais aller plutôt du côté de la physique... la physique dure... enfin... la recherche fondamentale.

OK ? Ça dépend. Puis un autre, non.

Il va faire autre chose... il va...

Il a commencé dans une branche, puis il dit : tiens, je vais plutôt aller sur... sur le commerce, tout en étant dans les sciences Donc... voilà.

C'est comme ça que ça se passe la vie. Mais c'est un droit individuel extrêmement important : la liberté de choisir. Alors... il suffit que je dise ça...

Et je dis : on doit être libre, comme c’était dans code de l'éducation, d'aller dans la fac que l'on a choisie, soi, personnellement... soi-même.

C'est une liberté fondamentale ! Et bien, la ligne qui dans le code disait : "Chacun, une fois qu'il a eu le bac, va dans la filière et la fac qu'il a choisies", ils l'ont supprimée. Et après ils me disent : non, ce n'est pas de la sélection.

Mais si, c'est de la sélection ! Parce que la phrase disait qu'il n'y avait pas de sélection. Quand vous avez le baccalauréat, c'est le premier grade universitaire.

Le baccalauréat, il vous donne certains droits... des droits !

Vous avez le baccalauréat, vous pouvez vous inscrire à la fac de votre choix. Vous avez le baccalauréat, il y a un niveau... c'est un niveau qui vous permet de passer certains concours de la fonction publique.

C'est un droit. Vous n'avez pas le baccalauréat, vous n'avez pas ce droit-là. Vous l'avez, vous avez ce droit-là.

De même, le baccalauréat est inscrit comme référence de salaire dans les conventions collectives. Voilà, c'est des droits ! Le baccalauréat, ce n'est pas un bout de papier... on s'arrange pour le faire...

Non, c'est un grade universitaire ! Alors, il attrape tout le monde en disant : mais, vous allez voir - pas dans cette loi-là - on va... faire du contrôle continu.

Et vous en avez plein qui disent : ah ben, c'est une bonne idée, parce que comme ça, on verra ce que je fais toute l'année et pas seulement le jour de l'examen. Mais non, ballot ! Si vous faites ça, ça veut dire que le baccalauréat est différent d'un lycée à l'autre.

Alors vous, vous êtes tout content parce que vous avez eu le baccalauréat. Mais les autres diront : eh, c'est le baccalauréat d'où ? du lycée de quel département ?

Je vous fais un dessin ? Ça veut dire que votre baccalauréat, il vaudra ce que vaut la réputation. Ça, vous le comprenez ?

Et bien, pareil pour les facs. On ne vous laisse pas entrer... sauf si vous êtes au niveau.

Et le niveau, qui est-ce qui l'évalue ? Et bien, ceux qui sont dedans. Et ils disent : ben, nous...

Alors évidemment, ils élèvent le niveau... le niveau pré-requis.

Comme "pré-requis", ça faisait peur à tout le monde, ils ont mis "attendu" ; ce sont des "attendus". Alors, nationalement, le ministère dira : et bien voilà, pour faire - je vais vous dire un truc au hasard - la licence d'histoire...

ça sera tels attendus. Il faut déjà savoir ci, il faut savoir ça, etc. Et puis chaque Université adaptera, parce que c'est l'autonomie, la liberté, et bla, bla, bla, bla.

Tout le monde va se dire : ah, c'est génial ! Bon. Ça ne veut rien dire tout ça !

La licence, elle doit être la même pour tout le monde, parce que, ça aussi, c'est un grade universitaire, qui donne accès à un certain nombre de choses. Écoutez-moi bien ! Si vous acceptez cette bêtise, que les licences soient faites par des parcours personnalisés... tout ça c'est des... c'est du bla bla, c'est des mots.

Parce que demain, vous aurez la licence de telle Université et l'Université sera bien classée. Donc, dix ans après vous pourrez dire : ah ben moi, je suis de telle grande Université. J'ai un diplôme.

Alors tout le monde dira : formidable ! Mais, quand vous êtes entré dans l'Université, vous ne le saviez pas forcément. Et vous allez à l'Université de votre choix...

Ça c'est fini, parce que ne vous pourrez plus y aller, ni même choisir laquelle, hein. Vous pouvez être de Toulon, et puis on va vous envoyer...

à Lille. Parce que c'est fini le droit de choisir l'endroit où vous allez géographiquement. Et donc, vous allez aller dans cette Université, et dix ans après... vous, vous pensez : vous avez fait des études, vous avez bossé, vous vous êtes endetté, vous avez eu votre... votre licence.

Et on vous dit : c'est une licence d'où ? Alors, vous allez dire : ben moi, c'est une licence... on ne va pas dire une ville, parce qu'après ça va faire des histoires, hein.

Mais... par exemple, la licence de Châteauroux.

Alors, vous allez dire : moi, j'ai une licence de Châteauroux. On va lui dire : Châteauroux ? Qu'est-ce que c'est ça ? -- Ah non, mais il y a dix ans... c'était vous savez... c'était la meilleure. -- Oui, oui, non, mais maintenant... pour nous, ça ne vaut rien.

Donc vous aurez des diplômes qui, suivant les facs, seront plus ou moins bien renommés. Et si, en cours de route... votre faculté... s'est dégradée dans le classement - je ne sais pas quoi ils vont inventer à ce moment-là - et bien, vous, qui avez fait tout ces sacrifices, c'est pour rien.

Donc vous vous faites avoir deux fois. Premièrement, vous n'avez plus la liberté de choix. Et une fois que vous avez choisi, vous n'êtes pas sûr que la... la monnaie qu'on vous donne, le diplôme qu'on vous donne, il n'est pas frelaté quelques années après.

Ce sont...

ça peut être des diplômes qui deviennent des diplômes Kleenex...

Hein. Alors, on me dit : vous exagérez ; nous n'avons pas prévu de faire de sélection ! Mais, vous foutez de nous quand vous dites ça.

Les gens, réveillez-vous ! Ce n'est pas vrai ! Ils vont organiser la sélection !

C'est écrit en toutes lettres, puisque le chapitre qui disait qu'il n'y aurait pas de sélection, ils l'ont supprimé. Et après, ils disent : pourquoi on fait cette sélection ? Parce qu'il y a le tirage au sort.

Alors, M. Mélenchon, vous voulez le tirage au sort ? C'est ça qu'ils me jettent à la figure.

Je n'ai jamais dit que je voulais le tirage au sort. Il ne faut pas me prendre pour un imbécile. Je sais de quoi on parle. 93 % des gens ont eu la fac de leurs vœux.

Donc, oui, il y avait des goulets d'étranglement, et c'est pour ça qu'ils ont tiré au sort. Mais, ce n'est pas parce qu'il y a des goulets d'étranglement à certains endroits, qu'il faut tirer au sort partout ! C'est ce qu'on leur a dit depuis le début.

Et là, ce n'est pas parce qu'il y a des goulets d'étranglement, qu'il faut établir la sélection partout. Parce que ce n'est pas nécessaire. Et puis surtout, si vous y réfléchissez, vous avez deux manières de faire : ou vous réglez le nombre d'étudiants par rapport au nombre de places disponibles, ou le contraire.

Tant il y a d'étudiants, donc il doit y avoir tant de places disponibles. C'est ça qu'on doit faire ! Pourquoi on doit le faire ?

Il ne faut pas regarder le ciel en disant : ah, c'est pas possible, ça coûtera trop cher, et tout ça. Ça, si vous... si vous n'aimez pas...

Vous connaissez la phrase de Lincoln ? Si vous n'aimez pas l'éducation, essayez l'ignorance. C'est la seule réserve qu'on a nous, c'est la matière grise.

Plus il y a de jeunes gens qui vont faire des études, plus ils apprennent, meilleur est le pays. Parce que c'est tout ce qu'on a ! Alors, ce n'est pas la peine, après, de faire des grandes phrases sur : nous avons besoin de l'innovation, de la recherche, et tout, si vous commencez par fermer l'accès.

Est-ce qu'on a une expérience de ce que je suis en train de vous dire ? Oui ! Dans tous les pays où les universités sont progressivement devenues des universités concurrentes et avec des diplômes différents, dans tous les pays, il y a un marché de l'éducation.

Donc, si vous voulez rentrer dans telle école... le niveau est élevé, donc vous faites une année de classe prépa.

Il faut payer. Est-ce que ça existe en France ? Oui : les études de médecine !

Les études de médecine... comme personne ne peut rentrer directement, parce que le niveau est de plus en plus élevé, beaucoup de gens font une classe prépa.

Et une classe prépa, ça coûte des sous. Moi, j'ai connu ça dans ma famille. J'aime mieux vous dire que les familles tirent la langue, hein, pour payer la classe prépa.

Vous n'êtes même pas sûr d'y arriver au bout. Et vous avez un contingent. Ça porte un nom en latin : le numerus clausus.

Ça veut à dire : on a fermé le nombre de ceux qui rentrent. Quel est le résultat ?...

Quel est le résultat ?...

Et bien, le résultat, c'est les déserts médicaux. C'est à dire qu'on manque de toubibs pour couvrir tout le territoire. C'est ça qu'ils vont faire.

On va manquer de ceci, on va manquer de cela. Et surtout, on va manquer de... tout ce qui, dans la vie, ne se prévoit pas.

C'est le gars, la fille qui a commencé une étude... un cycle d'études, puis qui, en cours de route, a changé d'avis.

Bon. Quand vous avez vos deux premières années de fac, et ben, vous pouvez changer d'orientation pour la troisième. C'est du boulot, d'accord.

Mais vous pouvez. Et c'est ça qui se passe. C'est à dire que les gens qui le repèrent à un endroit, ils ne le suivent pas en tant qu'individu.

Ils comptent statistiquement. Et c'est comme ça qu'ils en viennent à vous dire que 60% échouent. Ce n'est pas vrai !

Il n'y a que 19 % de jeunes gens qui sortent de l'Université sans diplôme. Vous m'entendez ? 19 % !

La moyenne des pays de l'OCDE - qui n'arrêtent pas de nous faire des leçons - c'est 30% ! Alors, vous regarderez comment ils font tous, hein. Ils commencent par décrier le système.

Alors, vous écoutez : l'école, l’Éducation nationale, les jeunes gens... ils sortent...

Ils ne savent ni lire, ni écrire, ni compter. C'est ça qu'ils ont réussi à coller dans le crane de tout le monde Et on dit : il y a cent cinquante mille jeunes qui sortent sans qualification de l'enseignement secondaire ! C'est vrai.

C'est vrai. C'est beaucoup trop. Mais par rapport à combien ? 12 millions !

Vous connaissez un système qui donne 100% de résultats positifs ? Ça n'existe pas. Ça n'existe pas.

Donc, ce qui faut prévoir, c'est : qu'est-ce qu'on fait, quand un jeune est arrivé à l'âge de la fin de la scolarité obligatoire, que les résultats ne sont pas bons, lui-même est complètement démoralisé ? Qu'est-ce qu'on fait pour cela ? Ben voilà.

Ce n'est pas très compliqué à trouver la solution, hein. Il ne faut pas raconter d'histoires ! Si vous prenez le jeune en question, et que vous lui donnez les moyens d'étudier... et bien il le fera.

Il le fera. Et si vous avez des bons profs, des bons pédagogues, qui sont capables de leur redonner confiance en eux-mêmes, et bien, ça se passera. Parce que c'est comme ça, dans le secondaire, que ça se passe avec les lycées professionnels.

Souvent, les jeunes qui arrivent là, ils désespèrent de tout. Et à la fin, c'est une élite. Ils ont eu le bac pro.

Ils passent... ils passent en BTS, ils passent en DUT.

C'est dur, d'accord . Mais ils n'ont pas peur. Ils le font.

Il faut compter sur ça : sur l'inventivité, le goût des gens...

Bon, bref. Et ça fonctionne ! Alors évidemment, c'est des amphis super bourrés.

Il y a des gens partout, jusque dans l'escalier. Et vous avez des cyniques qui comptent sur ça pour vous dire : bah, les gens finiront par se dégoûter, ils ne viendront plus. Moi, j'en connais.

Mais les gens qui ne viennent plus, ils ont fait le CNED. Les gens ne lâchent pas prise comme ça pour faire des études. Ils ont bien raison !

Donc, ce qui faut faire, quand on est un grand pays comme nous, quand on a accumulé de la puissance éducative, comme on l'a accumulée, ben, on augmente le nombre de places. Voilà. C'est ça qu'il faut faire.

C'est une priorité. On augmente le nombre de places, et donc il y a de la place pour tout le monde. C'est ça qu'ils ne veulent pas faire.

Écoutez bien, les gens ! Vous allez comprendre pourquoi c'est une arnaque, cette histoire là. Comment on en est arrivé là... au fait qu'il y ait tellement plus de monde que de places ?

Réfléchissez ! Vous avez des gens dans des bureaux, c'est leur boulot de faire ça... de prévoir.

Est-ce qu'il y a une chose... comment dire... plus simple que de prévoir le nombre d'élèves qui vont arriver au baccalauréat ?

Il n' y en a pas. Pourquoi ? Parce qu'on sait où ils sont avant.

On sait combien il y en a en maternelle. On sait combien en CE1, CE2 et CM1, CM...

Donc, il n'y a aucun mystère dans l'évaluation d'un flux de population, qu'est le flux de population de la jeunesse. Donc, c'est délibérément... qu'ils ont laissé les choses aller à un point tel, que c'est la thrombose.

Et comme ils ont serré, serré, serré, serré, pas investi, pas construit, inventé leur... leur machin là d'Universités autonomes, qui ont commencé évidemment à quoi faire ?

à se bouffer entre elles, et à commencer à vendre des locaux, et qui sont... beaucoup sont ruinées et sont obligées de se réunir pour faire de grosses entités... des monstres...

C'est ça. Ça a été délibérément provoqué. Et vous savez pourquoi ?

Parce que c'est comme ça qu'on fait un marché. Pour qu'il y ait un marché, il faut qu'il y ait de la rareté. Sinon, ce n'est pas un marché.

C'est une idée simple ça à comprendre. S'il y en a pour tout le monde, il n'y a pas de marché, parce qu'il n'y a pas d'échange. S'il n'y en a pas pour tout le monde, il y en a donc certains qui l'ont et d'autres qui ne l'ont pas.

Il y a donc un marché. Pour qu'il y ait un marché, il fallait donc : produire la rareté ; deuxièmement, rendre les marchands autonomes, pour qu'ils fassent de la concurrence entre eux ; et après, ils choisissent leurs clients. Voilà.

C'est comme ça qu'on construit un marché de l'éducation, et de l'enseignement supérieur. Parce que, dans la vie, vous ne pouvez pas vous passer d'instruction. C'est ça qu'eux, ils ont compris.

Et de l'argent, il y en a plus pour l'éducation qu'il y en a pour la santé, dans le monde, partout, même en France. Il y a plus d'argent, là, disponible pour apprendre, qu'il y en a pour n'importe quelle autre activité. Donc, les marchands, ils ont compris.

Alors là, on vous fait le coup : c'est juste une mesure technique, etc. On ne parle pas du reste, ni de ce qu'on va faire dans le lycée - vous allez voir - ni de ce qu'on va faire avec... les jeunes gens, à mesure qu'ils sont à l'Université.

Alors ils nous disent : nous allons accompagner, personnaliser... plein de ballots qui se laissent attraper...

Écoutez- moi bien, les gens ! Supposez que vous fassiez des études de médecine. Ce n'est pas vous qui allez décider ce que vous allez apprendre, quand même !

Ce n'est pas vous ! La preuve, c'est que vous venez étudier pour le savoir. Ce n'est pas vous qui allez décider... dire : ah ben moi, ça me plairait de faire ci, et plutôt ça, et pas ci et pas là...

Non ! On établit un...on appelle ça, un référentiel... c'est à dire : qu'est ce que vous devez savoir pour être un bon médecin ?

Et puis, vous, vous suivez les études. Donc, c'est du pipeau de raconter qu'on va personnaliser les parcours ! C'est des histoires !

A la fin, il faut que tout le monde apprenne la même chose. Les maths, c'est les mêmes pour tout le monde. La physique, c'est la même pour tout le monde, quel que soit le chemin par lequel vous passez.

D'accord ? Et bien, des diplômes... supérieurs, c'est forcément des diplômes professionnalisants.

Licence... j'ai parlé d'histoire tout à l'heure... licence d'histoire, c'est une licence de quoi ?

De quoi ? D'enseigner ! C'est pour ça, ça s'appelle : autorisation de... c'est une licence d'histoire.

Donc, c'est un métier. Il y a un contenu. Et vous le savez comme moi.

Parce que, pourquoi les IUT ont tellement bonne réputation ? Parce qu'ils ont des diplômes professionnels garantis. Quand vous embaucher quelqu'un qui arrive d'un IUT, vous ne lui dites pas : alors, faites-moi voir ; qu'est-ce que vous avez étudié ?

Alors l'autre va lui dire : bon... alors voilà, j'ai un diplôme de chimiste et j'ai fait une étude... pendant deux ans, la poésie du 16ème siècle... et puis sinon, à part ça, j'ai fait aussi poterie Ming, ça m'intéressait... et puis oui... ah oui, j'ai fait aussi un peu de physique.

Vous lui direz : attendez monsieur, moi j'embauche un chimiste. Tout ce que vous avez fait là, c'est très bien, mais ça ne concerne pas mon métier. Je vous prends un exemple par l'absurde, pour que vous compreniez bien qu'un diplôme, ça a un contenu.

Et ce contenu, il n'est pas fait par hasard, à la tête du client. Il faut que ce contenu, il ait un sens par rapport, à la nécessité - on appelle ça disciplinaire - de la discipline : des choses que vous devez connaître, dans un domaine particulier. Donc, c'est tout ça qu'ils sont en train de démanteler.

Alors là, on est en train de passer le texte, pour la première fois, à l'Assemblée nationale. Après, il va aller au Sénat. Et après, il va revenir à l'Assemblée.

A partir du 15 janvier prochain, dans les lycées, les professeurs principaux vont commencer à expliquer, aux lycéens, quel va être leur parcours jusqu'à la porte de l'Université. Donc, à partir du 15 janvier, vous allez commencer à réfléchir. Ça tombe bien, vous faites le bac en même temps, donc ça nous occupera.

Hein. Voilà. Et pour les classes de première... et bien réfléchissez aussi.

Vous m'entendez ? Vous êtes en Terminale, vous êtes en Première ? Vous ne choisirez plus votre fac.

Voilà ce qui est prévu. Donc, ça veut dire que vous ne choisirez pas votre vie. C'est pourquoi je m'adresse à vous.

Réagissez ! Faites quelque chose ! Moi j'aurais fait ma part.

Et les copains ici auront fait leur part. On s'est battu. On a argumenté.

On s'est heurté à un mur de verre, au mensonge. Ils disent : non, non, nous n'allons pas faire de sélection... vous n'avez rien proposé.

Ce n'est pas vrai ! Sans cesse, ils font ce qu'il faut pour qu'on ne puisse pas parler, pas penser... qu'il y ait un doute.

Je leur dis : mais pourquoi vous n'assumez pas ? Vous n'avez qu'à le dire... que vous mettez une sélection à l'entrée de la faculté, pour des raisons...

Ça se comprend. C'est une manière de voir le développement de l'enseignement supérieur. Nous, on en a une autre.

Moi, je suis pour : tout le monde doit pouvoir aller à la fac, à partir du moment où il a le bac. Parce que c'est la plus grande richesse du pays. Et tout ce que vous saurez faire, et bien, on en aura besoin.

Je vous le redis aussi. Si demain on retrouvait le niveau de plein emploi, on manquerait de personnel qualifié dans ce pays, c'est à dire, de gens sachant quoi faire dans les différents métiers où on a besoin d'eux. Donc, on n'a pas trop de monde.

On n'en a pas assez. C'est pas pareil. On a besoin que les gens se forment et s'éduquent.

Et pour ça, tout le monde doit pouvoir le faire. Déjà que c'est injuste, aujourd'hui. C'est pas les fils d'ouvriers qui sont les plus nombreux à l'Université.

Ça c'est clair. Alors, on va aggraver l'injustice, parce qu'il va falloir payer pour préparer l'entrée à l'Université. Une fois qu'on y est, certains vont devoir faire des cours complémentaires, en plus du cursus.

Vous là, si vous voulez faire tel... il faudra faire des cours complémentaires.

On peut dire : c'est très bien, ça va m'aider. Oui, bien sûr. Et si tu travailles, comment tu fais ?

Hein ? Et bien, tu payes. Parce que tu ne pourras pas aller au travail.

Donc, c'est ça que tu auras de revenu de moins. Et ainsi de suite. Nous, on avait proposé qu'on donne une allocation d'autonomie de 800 euros à tout le monde.

Parce que, quand un jeune étudie, il faut qu'il fasse juste étudiant. D'accord ? Si, en même temps, il fait un boulot la moitié de la journée... parce qu'il ne faut pas croire que l'étudiant, garçon ou fille, qui travaille, c'est tous... bon... une ou deux heures, par ci, par là.

Ce n'est comme ça que ça se passe, hein. C'est la moitié du temps, des fois c'est carrément des emplois à plein temps, dont les horaires sont décalés. Donc, c'est très dur d'étudier et de travailler en même temps.

La moitié des étudiants travaillent. Ça ne peut pas durer ça. La principale raison qui fait que vous pouvez échouer dans vos études, ou les abandonner. c'est que vous êtes au boulot et crevé.

Et donc, vous n'avez pas aux examens, vous ne pouvez pas être là pour les partiels, etc, etc. Donc, c'est une question sociale que la question de l'échec à l'Université, aujourd'hui. Ce n'est pas une question qui est liée au fait que le jeune homme ou la jeune fille manque... de matière grise pour comprendre ce qu'il est en train d'étudier.

Ce n'est pas vrai ! Bon. Bref.

On va faire ce qui faut, ici, à l'Assemblée nationale... aux deux passages...

Et puis après, il y a vous. Vous aussi, vous pouvez faire quelque chose. Vous n'êtes pas obligés de vous laisser faire.

Et tous ceux qui croient qu'ils vont passer entre les gouttes, et bien, ils se trompent. Parce que, quand il pleut, tout le monde est mouillé. Allez, à bientôt !