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InterviewC à vous (sur YouTube)· 25 février 2020 5 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeSécuritéInstitutions & élections

Le 5 sur 5 : la lettre de Juan Branco à Salah Abdeslam - C à Vous - 24/02/2020

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 50 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Cinq vidéos de l'affaire Griveaux que personne n'a vues.

  • 0:04OuverteRéponse partielle

    Le journal expliquait qu'au-delà des deux vidéos intimes dévoilées par Piotr Pawlinski, d'autres fichiers existeraient.

  • 0:10OuverteRéponse partielle

    Difficile d'y voir clair parce que Pawlinski lui-même a eu des déclarations fluctuantes.

  • 0:45ComplaisanteRéponse partielle

    Écoutez son avocate.

  • 1:21OuverteRéponse partielle

    On s'est beaucoup interrogé la semaine dernière sur le rôle de Maître Branco dans cette histoire.

  • 2:33OuverteRéponse partielle

    Alors ça, ça mérite un peu d'explication. Une défense de rupture, qu'est-ce que ça veut dire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16PrésentateurFait
    « « Je n'ai pas vu d'autres vidéos », a-t-il dit au Monde. »
  • 0:18PrésentateurFait
    « Mais quand le Parisien lui demande s'il va continuer, il répond « bien sûr, j'ai le matériel ». »
  • 0:27PrésentateurChiffre
    « Elle dit avoir reçu jusqu'à une dizaine de vidéos de Benjamin Griveaux au total. »
  • 0:32PrésentateurChiffre
    « Elle en aurait conservé quatre. »
  • 0:33PrésentateurFait
    « Piotr Pawlinski lui en aurait volé deux sur son ordinateur. »
  • 0:40PrésentateurFait
    « Alexandra de Taddeo aurait ensuite tout détruit quand elle a su qu'elle était recherchée. »
  • 0:40PrésentateurFait
    « Elle aurait même jeté une clé USB dans les toilettes d'un bar. »
  • 1:34PrésentateurChiffre
    « Abdeslam, je le rappelle, c'est le seul terroriste survivant des attentats du 13 novembre qui ont fait 138 morts. »
  • 1:47PrésentateurFait
    « Salah Abdeslam reçoit la proposition de Branco en octobre 2016. »
  • 1:54PrésentateurFait
    « Or, Juan Branco ne prêtera serment d'avocat que six mois plus tard. »
  • 2:10PrésentateurFait
    « « Vous dégradez, ne sert à rien. »
  • 2:16PrésentateurFait
    « Je vous encourage donc à poursuivre dans votre voix, mais vous recommande de vous faire accompagner. »
  • 2:22PrésentateurFait
    « Sachez que je partage votre ressenti quant à la nécessité d'imposer une radicalité dans votre ligne de défense. »
  • 2:27PrésentateurFait
    « celle-ci peut passer par votre silence ou par une défense de rupture sous la forme de celle mise en place par Jacques Vergès lors de la libération de l'Algérie en défense des terroristes du FLN. »
  • 3:43PrésentateurFait
    « « J'ai votre âge, il s'adresse à Abdeslam, et je suis un enfant que ce pays ne considérera jamais comme le sien. »

Temps de parole

  • Présentateur62 %
  • Invité12 %
  • Invité 211 %
  • Invité 38 %
  • Présentateur 27 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Cinq vidéos de l'affaire Griveaux que personne n'a vues. C'était le titre du JDD hier. Le journal expliquait qu'au-delà des deux vidéos intimes dévoilées par Piotr Pawlinski, d'autres fichiers existeraient. Difficile d'y voir clair parce que Pawlinski lui-même a eu des déclarations fluctuantes, énigmatiques ces derniers jours. « Je n'ai pas vu d'autres vidéos », a-t-il dit au Monde. Mais quand le Parisien lui demande s'il va continuer, il répond « bien sûr, j'ai le matériel ». Pour s'y retrouver, France Info a eu accès aux déclarations de sa compagne Alexandra de Taddeo devant les enquêteurs. Elle dit avoir reçu jusqu'à une dizaine de vidéos de Benjamin Griveaux au total.

Elle en aurait conservé quatre. Piotr Pawlinski lui en aurait volé deux sur son ordinateur. Alexandra de Taddeo aurait ensuite tout détruit quand elle a su qu'elle était recherchée. Elle aurait même jeté une clé USB dans les toilettes d'un bar. C'est ce qu'elle a dit aux enquêteurs. Écoutez son avocate. « Je lis qu'elle a fait de nouvelles révélations, qu'elle parle d'autres vidéos. En réalité, elle s'est contentée de répondre à des questions des enquêteurs qui demandaient combien de vidéos elle avait reçues. Elle n'a pas dit ça pour être menaçante. Elle a simplement expliqué en répondant honnêtement qu'elle avait reçu d'autres vidéos. C'est tout. Elle ne compte pas évidemment les diffuser.

Elle ne les a pas avec elle. Au-delà d'Alexandra de Taddeo et de Piotr Pawlinski, il y a, vous le savez, un troisième acteur important dans cette affaire. C'est l'avocat Juan Branco, proche de Pawlinski. Il aurait d'ailleurs voulu être son avocat. On s'est beaucoup interrogé la semaine dernière sur le rôle de Maître Branco dans cette histoire. Sur son rôle et son parcours, le magazine Valeurs Actuelles a dévoilé ce week-end cette lettre qui concerne une toute autre affaire. Lettre écrite par Juan Branco et dans laquelle il propose à Salah Abdeslam de le défendre. Abdeslam, je le rappelle, c'est le seul terroriste survivant des attentats du 13 novembre qui ont fait 138 morts.

Ce qui interpelle, ce n'est pas tant que Juan Branco propose de le défendre. Tout le monde a le droit bien évidemment d'être défendu. Non, ce qui interpelle, c'est la date d'abord. Petite curiosité, d'après Valeurs Actuelles, Salah Abdeslam reçoit la proposition de Branco en octobre 2016. Or, Juan Branco ne prêtera serment d'avocat que six mois plus tard. Ensuite, il y a les mots. Juan Branco critique la manière dont l'avocat belge du terroriste le présente. Son avocat belge décrit Abdeslam comme un petit con à l'intelligence d'un cendrier vide. Voici ce qu'écrit Juan Branco. « Vous dégradez, ne sert à rien.

Je vous encourage donc à poursuivre dans votre voix, mais vous recommande de vous faire accompagner. Sachez que je partage votre ressenti quant à la nécessité d'imposer une radicalité dans votre ligne de défense. » Et il ajoute « celle-ci peut passer par votre silence ou par une défense de rupture sous la forme de celle mise en place par Jacques Vergès lors de la libération de l'Algérie en défense des terroristes du FLN. » Alors ça, ça mérite un peu d'explication. Une défense de rupture, qu'est-ce que ça veut dire ? Jacques Vergès en était effectivement un adepte. Ça consiste en fait à attaquer la légitimité du tribunal, attaquer les magistrats, à faire diversion.

« Je cite Vergès, le but de la défense n'est pas tant de faire acquitter l'accusé que de mettre en lumière ses idées. » Voilà donc ce que proposait Juan Branco à Salah d'Eslam, tout en ajoutant, et c'est important, « nos choix ne sont pas compatibles, ils ne sont pas partageables. » Maître Branco était ce matin l'invité de Sud Radio. Il reconnaît et assume avoir écrit ses mots.

3:06
Invité

« Moi, je prends la robe, qu'on essaye de me retirer aujourd'hui pour une raison très simple, pour permettre à ceux qui ne sont pas défendables d'être défendus. » « Que l'on essaye d'utiliser cette correspondance, pour essayer de dégrader un avocat, qui est par ailleurs défenseur d'une autre personne, Piotr Pawlensky. » « Piotr Pawlensky, qui a évidemment fait tomber l'un des piliers de la Macronique. » « Que derrière, il y a une cabale médiatique qui cherche à attaquer l'avocat, parce que l'on n'arrive plus à attaquer le client.

» « Eh bien, je peux vous dire que c'est des choses que vous découvrez et qui vont vous demander comment est-ce que vous voulez que les Français aient confiance dans cet espace médiatique lorsque celui-ci se comporte d'une telle façon. »

3:40
Présentateur

« Encore une chose, Juan Branco, j'y reviens, a écrit dans sa lettre. « J'ai votre âge, il s'adresse à Abdeslam, et je suis un enfant que ce pays ne considérera jamais comme le sien. Je suis un fils d'immigrés, j'ai fait le choix de la résistance, celle de l'intérieur, vous de la violence, celle de l'extérieur. » « Abdeslam ne lui a pas répondu, je vous voyais réagir pendant qu'on voyait Juan Branco, Gérard Davé. Qu'est-ce qui vous fait réagir dans cette affaire ? »

4:01
Invité

« D'abord, on n'est pas Jacques Vergès qui veut. Jacques Vergès, il a effectivement défendu les causes absolument invraisemblables, avec un talent absolument invraisemblable aussi, et un vécu invraisemblable. Juan Branco, il est tout jeune. Je ne suis pas sûr qu'il soit encore avocat de Pierre-Ote Pavleski. Je ne suis pas certain, il ne l'est pas, donc il se prétend l'être, il ne l'est pas. Et enfin, s'adresser de cette façon-là... » « Il y a les règles entre avocats. » « Il s'adressait de cette façon-là à un homme qui n'est pas son client, qui est un terroriste hyper, évidemment, dangereux et problématique. En dégoisant sur son avocat actuel, ça ne se fait pas dans cette profession-là.

Donc, à tous égards, c'est très surprenant. » « Tous les moyens ne sont pas bons, même si, évidemment, tout le monde a droit à un avocat. Le pire terroriste, le pire criminel qu'il soit. Mais il y a des choses qui ne se font pas, et la façon, enfin, le contenu de cette lettre et la démarche qui a été faite est objectivement choquante. »

4:49
Présentateur

« Et déontologiquement contestable ? » « Les avocats ont le droit de s'adresser à des prévenus et de leur dire « J'ai envie de vous défendre. » « Ils doivent leur écrire, etc. » « Ils ont le droit de le faire. »

4:58
Invité

« Le problème, apparemment, c'est qu'à cette date-là, il ne l'est pas encore. » Donc, c'est vrai que ce courrier soulève tout un tas d'interrogations qui jettent une lumière encore, j'allais dire, encore plus crue sur cette terrible et sinistre affaire Pavlensky. Et puis, parler de radicalité avec Abdeslam, je veux dire, il y a un moment donné, il y a des questions à se poser aussi.