"Ce nouveau procès en appel est sans doute encore plus douloureux" pour la sœur de Samuel Paty
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:15OuverteRéponse directe
Que ressentez-vous ce matin, 5 ans après l'assassinat de votre frère ? Et qu'attendez-vous de ce nouveau procès ?
- 2:16RelanceRéponse directe
On va parler des propos de M. Villemin, mais juste sur la déposition que vous allez faire demain à la barre et sur ce que vous avez envie de dire au jury.
- 2:57OuverteRéponse directe
Émilie Frèche, pourquoi ce mot de séisme pour qualifier la mort de Samuel Paty ?
- 4:57OuverteRéponse directe
Il faut qu'on revienne sur les propos de Francis Vimin, l'avocat du prédicateur islamiste Abdelhakim Sifriwi. Comment vous les avez pris ?
- 5:13OuverteRéponse directe
Michael Paty, comment est-ce que vous voyez le rôle de ce père d'élève dans la mécanique qui aboutit à la mort de votre frère ?
- 9:09OuverteRéponse directe
Abdelhakim Sifrioui s'est défendu de toute radicalité religieuse. Comment avez-vous reçu cette déclaration ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23PrésentateurFait
« Ce procès a commencé la semaine dernière après des propos sidérants de l'avocat du prédicateur islamiste Abdelhakim Seffrioui qui accuse Samuel Paty d'avoir discriminé les élèves musulmans. »
- 3:19InvitéFait
« Le dernier Français à avoir été décapité pour ce délit, c'est le chevalier de la barre en 1766, sur le torse duquel on avait épinglé une page du dictionnaire philosophique de Voltaire. »
- 3:40InvitéFait
« Samuel Paty, en fait, c'est le retour à l'obscurantisme. »
- 4:20InvitéFait
« Toute la stratégie de la défense aujourd'hui est de faire comme si Samuel Paty, c'était un simple problème pédagogique qui avait mal tourné. »
- 4:42InvitéFait
« Le Hamas, c'est une organisation qui est assez terroriste depuis 1993. »
- 6:34PrésentateurChiffre
« Il faut rappeler que cet homme a été condamné à 15 ans de prison en première instance pour avoir alimenté avec des vidéos de la haine contre Samuel Paty. »
- 7:00PrésentateurFait
« Vous comprenez ça comme une tentative de transformer le procès en islamophobie ? »
- 8:37InvitéFait
« Emmanuel Macron il dit quoi ? Il dit : je ne demande à aucun de nos concitoyens de croire ou de ne pas croire, ça n'est pas l'affaire de la République, mais je demande à tous les citoyens, quelle que soit sa religion ou pas, de respecter toutes les lois de la République. »
- 9:35InvitéFait
« C'était un cours sur la liberté d'expression dans le cadre d'un programme d'éducation morale et civique dispensé aux élèves de quatrième. »
- 14:19InvitéChiffre
« Il a acheminé à peu près 50 000 euros de dons dans l'enclave palestinienne entre 2004 et 2020. »
- 21:12InvitéChiffre
« On a quand même un enseignant sur deux qui se censure. »
- 21:42InvitéFait
« Nous ne nous sommes pas réarmés sur le plan idéologique sur la question de la laïcité. »
Temps de parole
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C'est une nouvelle épreuve pour la famille de Samuel Paty et pour le corps enseignant. Le procès en appel de quatre personnes condamnées en première instance pour leur rôle dans l'assassinat du professeur commis par un jeune djihadiste tchétchène en octobre 2020. Ce procès a commencé la semaine dernière après des propos sidérants de l'avocat du prédicateur islamiste Abdelhakim Seffrioui qui accuse Samuel Paty d'avoir discriminé les élèves musulmans. Deux invités sont avec nous ce matin pour le grand entretien Benjamin. Bonjour Mickaël Paty. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes la sœur de Samuel Paty.
Vous vous êtes porté partie civile lors du procès en première instance fin 2024 et vous serez de nouveau entendu à la barre demain avec nous Émilie Frèche. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Vous êtes autrice, réalisatrice. Vous avez suivi le premier procès Samuel Paty à la cour d'assises spéciale de Paris pour l'hebdomadaire Le Point. Vous en avez tiré un livre illustré de croquis d'audience sorti mercredi dernier. Chez Allemain Michel, ça s'appelle un séisme. Et chers auditeurs, n'hésitez pas, venez échanger avec nos invités au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France.
Mickaël Paty, vous allez donc de nouveau témoigner cette fois devant la cour d'assises d'appel spéciale de Paris. Ce sera demain. Que ressentez-vous ce matin, 5 ans après l'assassinat de votre frère ? Et qu'attendez-vous de ce nouveau procès ?
En fait, cette année, ce nouveau procès en appel est sans doute encore plus douloureux. Parce que je pense qu'également les propos de M. Villemin ont fait que je vivais un procès dans un procès, en fait. Parce qu'il fait exactement le procès contre mon frère. Et qu'il, comme une petite musique dans son texte, il l'accuse quelque part d'être responsable de son propre sort. Donc, je l'ai abordé totalement différemment. Ou demain, dans le texte que je produirai, j'essaierai de remettre de l'ordre, un petit peu comme ce qu'Emilie a expliqué dans son livre Un séisme. Où elle explique que pendant un procès, la plupart du temps, les mots ont perdu leur sens.
Et il faut bien qu'à des moments, que ce soit soit les parties civiles qui viendront témoigner, soit les avocats qui nous représentent, qui viennent essayer de remettre de l'ordre dans tout ça.
On va évidemment parler de ce qui a été dit par M. Villemin, des propos évidemment en dépit du bon sens et en dépit aussi du contenu du dossier. Mais juste sur la déposition que vous allez faire demain à la barre et sur ce que vous avez envie de dire au jury.
Ce que j'ai envie de leur dire, globalement, pour ne pas dévoiler ce que je vais pouvoir raconter, mais d'essayer de leur espier qu'il ne faut pas être dupe face à des stratagèmes qui peuvent paraître grossiers, mais qui seront pourtant présents tout le moment du procès. Et globalement, je voulais leur demander d'être peut-être plus sévère envers ceux qui ont fait preuve d'arrogance cette année.
Émilie Frèche, vous qui connaissez ce dossier par cœur, le titre de votre livre, c'est le séisme. Pourquoi ce mot de séisme pour qualifier la mort de Samuel Paty ?
Parce que c'est un choc énorme avec énormément de répliques. D'abord, il faut qu'on se remette dans l'acte de cette décapitation. C'est le rétablissement du délit de blasphème. Le dernier Français à avoir été décapité pour ce délit, c'est le chevalier de la barre en 1766, sur le torse duquel on avait épinglé une page du dictionnaire philosophique de Voltaire. Et les souffrances infligées à ce chevalier avaient été telles que les Français, ce jour-là, ont basculé dans le droit à l'irrévérence. Samuel Paty, en fait, c'est le retour à l'obscurantisme. C'est le refus des Lumières dont nous sommes les héritiers.
Et c'est un séisme, car c'est à la fois un acte terroriste qui ébranle la République en son cœur, là où elle se fabrique, mais là aussi où elle se perpétue, c'est-à-dire à l'école. Et c'est une mécanique, un enchaînement causal qui révèle une montée du fait religieux dans notre pays. Et c'est ce qui fait la spécificité de cet acte terroriste. C'est un acte terroriste d'une barbarie absolue qui doit être replacé dans le long continuum des fatwas édictés par les islamistes contre les libres-penseurs, de Salmane Rejudi en 1989 aux journalistes de Charlie Hebdo.
Toute la stratégie de la défense aujourd'hui est de faire comme si Samuel Paty, c'était un simple problème pédagogique qui avait mal tourné. Non. A l'origine, à l'origine de cette cabale, il y a un prédicateur islamiste qui s'appelle Abdelhakim Sifriwi, qui avec son collectif Cheikh Yassine a été pendant plus de 15 ans la voix du Hamas en France. Le Hamas, c'est une organisation qui est assez terroriste depuis 1993.
On va préciser tout cela parce que c'est important effectivement de replacer ce procès en appel, ce qui est arrivé à Samuel Paty dans une longue histoire qu'effectivement vous décrivez dans votre livre. Il faut qu'on revienne, puisque c'est l'actualité la plus brûlante, si j'ose dire, sur les propos de Francis Vimin, l'avocat du prédicateur islamiste Abdelhakim Sifriwi. Cet avocat qui accuse Samuel Paty de discrimination envers les élèves musulmans. Michael Paty, comment est-ce que vous avez pris ces propos comme une volonté d'inverser la responsabilité de ce qui était arrivé comme un coup de poing dans le ventre ?
Alors ce coup de poing, je l'avais pris avant parce qu'heureusement je m'en étais inquiétée de savoir quels allaient être leurs arguments de défense. Donc les avocats de Sifriwi ont fait une conférence de presse le 15 décembre dernier où déjà ils annonçaient, à qui voulait bien l'entendre, quelle attitude ils allaient défendre pour assurer la défense de Sifriwi. Donc ça m'a permis d'avoir un petit peu de temps de digérer et de m'y préparer.
Et du coup j'ai pu assister à ce que j'appelle moi une plaidoirie dans les pas perdus alors que ce n'est pas son lieu face à un parterre de journalisme et de pouvoir du coup réenchaîner derrière et au moins pouvoir parler directement aux journalistes et dire ce que j'en pensais. Alors après par rapport à cette défense qui peut paraître un petit peu grotesque parce que moi je ne vois pas très bien en quoi salir la mémoire de Samuel viendrait rendre son honneur à M. Sifriwi. Et deuxièmement, je voudrais juste rappeler quand même un fait qui est très important c'est que M. Sifriwi n'est pas mis en accusation pour dénonciation calomnieuse mais pour association de malfaiteurs terroristes.
Donc quand bien même il arrivera à prouver qu'il n'a pas menti ce n'est pas sur ce fait qu'il est jugé à l'heure actuelle.
Il faut rappeler que cet homme a été condamné à 15 ans de prison en première instance pour avoir alimenté avec des vidéos de la haine contre Samuel Paty. Émilie Frèche, vous qui avez donc suivi le premier procès qui suivait attentivement ce second procès, cette défense de Francis Villemin dont on signale qu'il a été l'avocat de Maurice Papon. Comment vous la comprenez ? Vous comprenez ça comme une tentative de transformer le procès en islamophobie ?
Oui, tout à fait, et nous l'avons vécu, Mickaël et moi, le soir du verdict. Il faut que les Français comprennent ça.
C'est-à-dire que j'étais avec Mickaël Paty assise au premier rang des partis civils et quand il y a eu l'énoncé du verdict et du quantum des peines nous avons entendu derrière nous dans la salle une jeune fille hurler en disant que c'était une injustice, que Mickaël Paty était responsable de cette injustice et là nous avons eu des policiers qui nous ont encerclés avec une pression totale derrière nous et à un moment donné on a entendu il faut qu'on les exfiltre et donc on s'est levés, on a été accompagnés, on a fait le tour du box des accusés on est passés par des escaliers en colis maçons on s'est retrouvés à l'extérieur du palais de justice embarqués dans un taxi et on a vu ensuite sur les chaînes d'information le conseil de Sifrioui expliquer que la grande victime de ce verdict c'était la liberté d'expression c'est-à-dire le titre même du cours de Samuel Paty et que son client, ce prédicateur islamiste, était un prisonnier politique et finalement Maître Villemin s'inscrit complètement dans cette logique essayer de transformer une fatwa numérique en une discrimination non, cette fatwa numérique, il faut rappeler qu'elle a été édictée dans un contexte très particulier qui est l'ouverture des procès de Charlie Hebdo qu'il y avait eu la republication de ces caricatures et que le prédicateur a fait de Samuel Paty l'émissaire d'Emmanuel Macron qui le 2 octobre au Mureau, et ça c'est très important de le dire le discours d'Emmanuel Macron, parce que la référence de Macron elle va se retrouver dans le tweet de revendication d'Anne Zoroff Emmanuel Macron il dit quoi ?
Il dit je ne demande à aucun de nos concitoyens de croire ou de ne pas croire ça n'est pas l'affaire de la République mais je demande à tous les citoyens, quelle que soit sa religion ou pas de respecter toutes les lois de la République et Sifrioui va chercher à fédérer la communauté des croyants autour de lui
Et vous nous disiez cela en préparant cette interview et c'est important aussi de rappeler à nos auditeurs avec ces attaques du conseil d'Abdelhakim Sifrioui ce qu'était le cours de Samuel Paty qui était l'inverse absolu de la discrimination qui était un cours sur la liberté d'expression sur la pédagogie de ce que sont des caricatures et de ce qu'en République le délit de blasphème n'existe pas
Oui c'est pour ça que c'est un signal très dangereux envoyé au professeur c'était un cours sur la liberté d'expression dans le cadre d'un programme d'éducation morale et civique dispensé aux élèves de quatrième il faut bien comprendre que l'école ce n'est pas simplement un supermarché où on va chercher un peu de mathématiques un peu d'histoire, un peu de français non, l'école de la République telle qu'on l'a conçue c'est la fabrique des citoyens c'est la fabrique d'esprits critiques et c'est la possibilité pour tous nos enfants de s'émanciper pas l'obligation mais la possibilité de s'émanciper de son milieu d'origine et ce cours était très bien fait sur le plan de la pédagogie c'était une situation dilemme avec deux colonnes une colonne être Charlie et publier les caricatures pour faire vivre la liberté d'expression ne pas être Charlie pour ne pas offenser les croyants et c'était aux élèves eux-mêmes d'avoir cet esprit critique et de remplir ce tableau
alors il faut qu'on qu'on resitue les événements et qu'on reparle des protagonistes jugés en appel parce qu'ils sont quatre on a d'abord le père de l'élève qui a menti Brahim Shnina sa fille lui a raconté que Samuel Paty avait demandé aux élèves musulmans de sortir du cours qu'il était donc en train de donner sur les caricatures c'était un mensonge lui il a pris pour argent comptant l'a relayé tenté de mobiliser la communauté musulmane Michael Paty comment est-ce que vous voyez le rôle de ce monsieur de ce père d'élève dans la mécanique qui se met en marche et qui aboutit à la mort de votre frère
déjà pour essayer de bien rétablir une sorte de chronologie c'est que mon frère il avait deux classes de quatrième donc la quatrième 4 et la quatrième 5 le lundi il va dispenser un premier cours à la fameuse quatrième 5 où il va proposer à ceux qui pourraient être offensés de sortir quelques instants c'est-à-dire quelques 2-3 minutes qu'on paraît bien que par rapport à un cours d'une heure c'est infime et puis il leur propose il n'y a aucune obligation il leur propose il y a un fait que je vais quand même essayer de réappuyer qui n'a pas encore été vraiment soulevé pour l'instant c'est que monsieur Villemin dit qu'il a discriminé les élèves musulmans alors du coup j'aimerais bien savoir les 5 élèves qui étaient dehors monsieur Villemin comment fait-il pour savoir qu'ils étaient musulmans puisque dans les PV d'audition on ne leur demande pas quelle est leur confession est-ce que c'est juste parce qu'ils ont des noms à connotation maghrébine qu'ils le jugent comme tel et ceux qui sont restés à l'intérieur qui eux aussi parce qu'il y en avait qui sont restés qui avaient des noms à connotation maghrébine j'aimerais savoir en quoi ils pensent que c'est des apostas et autrement voilà le rôle du père le rôle du père c'est que c'est lui qui va prendre pour argent qu'entend le mensonge de sa fille et va partir d'emblée dans une rage pas possible et enchaîner trois messages qui va envoyer quand même à 1200 de ses contacts donc ce qui n'est pas rien en appelant à faire relayer ce message et c'est ainsi que monsieur Siffrioui va être happé et va contacter dès le premier soir donc Brahim Shnina il va surtout faire pression sur les familles musulmanes du collège du Boisdonne et je tiens à dire qu'aucune des familles musulmanes de ce collège n'a apporté son soutien malgré la pression nous avons retrouvé des témoignages des enquêteurs des mamans au jardin d'enfants où ce père d'élève va les voir pour obtenir des témoignages et elles se font traiter de mauvaises musulmanes donc ça dit aussi la pression des islamistes sur leur propre communauté ça c'est très important de mentionner qu'il n'y a eu aucune dénonciation de discrimination d'aucune part d'aucune famille
alors Abdelhakim Siffrioui c'est le personnage central notamment de ce nouveau procès il a parlé à la cour vendredi il s'est défendu de toute radicalité religieuse comment est-ce que vous avez reçu cette déclaration Michael Paty
écoutez déjà l'année dernière il se revendiquait que c'était un grand modéré bon je pense que c'est surtout un fin connaisseur de l'islamisme il a vécu dans un pays maghrébin il a tenu une librairie qui vendait la force des mots la force des mots qui vendait uniquement donc des ouvrages très orientés son parcours militant prouve le contraire il était déjà fichier non pas S mais FSPRT donc c'est le fichier des personnes qui sont déjà radicalisées et reconnues comme telles avec un passage à l'acte susceptible donc il ne sera pas très convaincant sur cette il y avait même pardon la question éventuelle du financement de terrorisme parce qu'Abdelhakim Sifrioui avec son collectif Cheikh Yassine a opéré des virements il avait dans son téléphone les numéros de téléphone de haut dignitaire du Hamas il a acheminé à peu près 50 000 euros de dons dans l'enclave palestinienne entre 2004 et 2020
ces deux hommes Abdelhakim Sifrioui et Brahim Sifrioui ont été condamnés pour association de malfaiteurs terroristes vous le disiez Michael Paty pour avoir dit le verdict je le cite préparer les conditions d'un passage à l'acte terroriste mais il ne connaissait pas le tueur il ne connaissait pas non plus son projet d'attentat Émilie Frèche il continue d'y avoir ce débat sur la qualification d'association de malfaiteurs terroristes d'ailleurs vous en parlez dans votre livre comment est-ce qu'on le comprend ce débat sur la qualification retenue pour condamner ces deux individus
la motivation de la cour est une nouveauté sur le plan de la jurisprudence en effet c'est de dire que ces deux personnes se sont associées à un contexte qui était très important qui est le contexte de l'ouverture du procès de Charlie Hebdo de la republication des caricatures il faut savoir qu'à ce moment-là en tendance haute sur les réseaux sociaux il y a le hashtag je suis charia et que donc c'est le principe en fait c'est le principe du droit de la charia c'est-à-dire c'est comme avec les versets sataniques de Salman Rushdie il y a une autorité sachante qui va édicter cette fatwa et puis c'est le cri et le glaive ce sera Andzorov
ce qu'il faut dire c'est qu'ils sont quatre dans le box des accusés depuis la semaine dernière il y a aussi deux jeunes hommes qui sont des amis du tueur il y a un jeune homme qui s'appelle Naïm Boudaoud qui a conduit Andzorov jusqu'au collège ce jour-là sa mère dit l'avoir élevé dans des valeurs de respect de tolérance lui dit qu'il n'avait pas conscience de la radicalisation de son ami et Émilie Frèche vous dites que vous avez de l'empathie pour lui expliquez-nous
je dis que justement ça témoigne aussi de la montée du fait religieux et qui raconte aussi le sondage IFOP de novembre 2025 qui dit que pour 57% des jeunes musulmans entre 15 et 24 ans ils estiment que les règles de leur religion sont plus importantes que les lois de la république Naïm Boudaoud a dit au président de la cour oui Andzorov ne voulait plus serrer la main aux femmes mais ce n'est pas une exception dans les gens de mon entourage beaucoup de gens de mon entourage pratiquaient la même chose et ça doit nous interpeller on ne peut pas faire comme si cette réalité n'existait pas cette banalité là n'existait pas voilà c'est ça que je questionne dans le livre c'est plus ça que de l'empathie
Michael Pati il faut rappeler il faut rappeler que vous avez engagé un recours administratif en mars 2024 contre l'état que vous accusez de négligence les jours qui ont précédé l'attentat est-ce qu'aujourd'hui en plein procès en appel vous considérez que les leçons de cet attentat ont été tirées
moi je vais être assez clair sur le sujet je vais vous dire que non et puis pour preuve il suffit d'avoir écouté hier monsieur Edouard Geoffray qui est le nouveau ministre de l'éducation nationale qui est passé sur LCI où il sort une phrase qui m'a particulièrement choqué où il ose dire nous ne laisserons pas passer n'importe quoi donc cette phrase elle est assez choquante parce qu'il explique dans son interview que pour l'instant il n'allait avoir aucun recours par rapport aux propos de maître Villemin parce qu'il était questionné sur le fait qu'il n'avait pas réagi en ce sens donc tant bien de mal il essaye de s'en défendre mais moi je vais surtout lui rappeler c'est que je crois que déjà en 2020 on a laissé passer n'importe quoi et je pense que là à l'heure actuelle en laissant passer ses propos
on laisse passer n'importe quoi vous considérez qu'il n'y a pas eu suffisamment de réaction dans la classe politique suite aux propos de maître Villemin vous auriez aimé qu'il y ait une une sorte de réaction générale d'indignation ?
moi je pense qu'il faudra agir alors autant je veux bien comprendre qu'on laisse le temps de la plaidoirie du débat se finir mais je rappelle quand même à tout le monde que par rapport à des propos tenus il y a quand même un délai de trois mois qui permet justement de pouvoir lancer des procédures je pense que ça aurait été assez simple au ministre de l'éducation nationale de se positionner clairement et moi je trouve que tout le temps il ne se positionne pas clairement et ce n'est pas lui personnellement mais c'est tous les ministres qui ont enchaîné
comme employeur du coup le ministre de l'éducation nationale comme employeur de votre frère au standard nous avons un auditeur c'est Jean-Louis bonjour Jean-Louis bienvenue bonjour Florence merci bonjour Benjamin bonjour mesdames
bonjour
en m'inspirant de Victor Hugo et de Jean Jaurès je voulais vous poser la question suivante peut-on dire qu'un des drames de la disparition de monsieur Paty vient à ce qu'il est porté seul le courage d'enseigner ce qu'il était pour que recule l'ignorance et progresse la liberté merci réponse d'Emilie Fraîche merci beaucoup Jean-Louis pour votre question
oui évidemment la mort de Samuel Paty et le positionnement non clair de l'éducation nationale que vient de relever Mickaël elle nous pose la question de qu'est-ce qu'on veut pour notre école demain c'est-à-dire être continuer à être la fabrique de citoyens éclairés d'esprits critiques je le rappelais au début c'est-à-dire de cet héritage des lumières que portait Voltaire ou alors céder moi j'ai été très impressionnée aussi de voir j'ai été le réceptacle de beaucoup de témoignages de professeurs qui me disent mais aujourd'hui la question des caricatures elle est révolue cinq ans plus tard ce qui est remis en question c'est d'autres savoirs c'est la notion d'infini en mathématiques
donc révolue
c'est-à-dire qu'on ne montre plus les caricatures très peu ou en tout cas les professeurs ne sont pas accompagnés ils sont seuls avec leur courage personnel à le faire ou à ne pas le faire et on peut comprendre que les professeurs aient peur quel professeur a envie de mourir pour un dessin aucun et on les comprend
et vous dites que maintenant cette auto-censure s'élargit à d'autres domaines
oui enfin les témoignages que j'ai eu de beaucoup d'enseignants c'est la remise en cause d'autres savoirs la musique les nues dans les musées et beaucoup de tribunes ont été écrites par des enseignants en ce sens donc on ne peut pas faire comme si cette réalité n'existait pas
Mickaël Paty sur ce métier d'enseignant et sur effectivement cette auto-censure sur cette crainte de montrer des caricatures de mener certains enseignements qui peuvent aller à l'encontre des principes religieux ou du moins ce que croient certains élèves plus de 5 ans après la mort de votre frère ça veut dire que la société n'a pas suffisamment pris en compte ce qui s'était passé en 2020 ?
Moi je pense qu'elle a pris en compte justement ce qui s'était passé en 2020 et c'est pour ça qu'à l'heure actuelle tout le monde est tétanisé et que les tétanés enquêtes IFOP qu'on a pu voir également on a quand même un enseignant sur deux qui se censure c'est quand même un chiffre qui est énorme et comme Émilie le souligne ça touche effectivement presque tout l'enseignement qui peut être dispensé ils gagnent du terrain de plus en plus et aucune réponse courageuse n'est avancée pour essayer d'enrayer ce mécanisme Moi je pense qu'on n'a pas réarmé je pense que nous ne nous sommes pas réarmés sur le plan idéologique sur la question de la laïcité expliquer aux gens que la laïcité c'est ce qui nous protège et qu'en l'absence de la laïcité il n'y a pas un vivre ensemble heureux des religions il y a la religion du plus fort qui prend le dessus sur les autres religions et ça s'appelle une théocratie qui a envie de vivre en Iran quand vous expliquez ça à des élèves ils le comprennent très bien
C'est un débat qui traverse le débat politique on a des élections présidentielles qui arrivent dans un an et demi est-ce que vous pensez qu'il peut être apaisé ce débat qu'on peut réussir à se retrouver sur des valeurs communes ?
Moi je crois que oui parce qu'il faut marcher sur ses deux jambes c'est-à-dire à la fois défendre très fermement la laïcité qui nous protège tous croyants et non croyants et lutter contre le racisme et notamment le racisme anti-musulman en mettant en place des politiques de lutte contre les discriminations à l'embauche au logement le contrôle au faciès qui était une promesse de la campagne de Hollande qui n'a jamais été mise en place on peut justement pour ne pas nourrir ces discours mensongers sur des discriminations qui n'existent pas
Michael Paty pour terminer qu'est-ce que vous attendez des responsables politiques pour qu'ils soient à la hauteur de l'héritage que laisse votre frère ?
Je pense qu'il va falloir qu'ils comprennent qu'il va falloir briser la chaîne notamment la chaîne du terrorisme avec un peu des idées assez simples je crois qu'il n'y a pas de donc en essayant de travailler surtout en valorisant l'éducation en apprenant à distinguer la critique d'une croyance de l'insulte d'une personne à travailler sur les réseaux sociaux en neutralisant la diffusion de la haine et du doxing dans la justice en poursuivant les instigateurs avec autant de rigueur que les tueurs dans la morale publique en cessant de confondre respect des croyances et soumission à celle-ci
Merci Merci Michael Paty Merci Émilie Frèche d'être venue ce matin au micro de France Inter je rappelle que votre pièce le professeur est en tournée avec Carole Bouquet dans toute la France et la sortie de votre livre également le séisme concernant cet événement l'assassinat de Samuel Paty merci à toutes les deux d'être venue ce matin Merci beaucoup Merci à tous