#Salesconnes : retourner le stigmate, une stratégie féministe historique
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« Je suis une sale conne. Pourquoi des féministes revendiquent désormais cet insulte ? »
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Je suis une sale conne. Pourquoi des féministes revendiquent désormais cet insulte ? Vous avez peut-être vu cette série de postes reprenant les termes de salon prononcé par Brigitte Macron pour qualifier des militantes féministes du collectif Nous tout.
Elles avaient interrompu le spectacle de l'acteur et humoriste Harry Abitan accusé de viol en 2021 puis mise en examen avant de bénéficier d'un non lieu. Cette manière de se réapproprier l'insulte, ce retournement du stigmat n'est pas nouveau dans les luttes féministes. Dès le 18e siècle, Olympe de Gouge, révolutionnaire française et féministe avant l'heure, rédige la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791 en réaction à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la DDHC, 2789.
Mais pour les élites révolutionnaires, Olympe de Gouge représente une menace. Elle est accusée parmi d'autres femmes de remettre en cause l'ordre de la nature et de favoriser la confusion des sexes. Olympe de Gouge est alors rapidement considéré comme une figure monstrueuse, une virago, un terme utilisé sous l'ancien régime pour qualifier des femmes autoritaires et masculines mi-homme mi-femme.
Alors, elle se réapproprie le stigmat de la figure du monstre et écrit en 1792 je suis un animal sans pareil. Je ne suis ni homme ni femme. J'ai tout le courage de l'un et quelquefois les faiblesses de l'autre.
Cette stratégie de retournement du stigmat, on la retrouve également un siècle plus tard avec l'apparition du terme féminisme. En 1872, c'est Alexandre Dumais qui l'emprunte du domaine médical et l'utilise pour la première fois dans son ouvrage L'homme femme réponse à monsieur Henry Ditville. Il s'en sert notamment pour qualifier de manière dépréciative les hommes qui défendent les droits des femmes.
Les féministes, passez-moi ce néologisme, disent "Tout le mal vient de ce qu'on ne veut pas reconnaître que la femme est l'égale de l'homme." Nous nous permettons de répondre aux féministes que ce qu'ils disent là n'a aucun sens. Car la femme n'est pas légale de l'homme, elle est d'un autre genre.
Et là, c'est Hubertine Aucler, journaliste écrivaine du 19e siècle et pionnière de la lutte pour le droit de vote des femmes qui serait approprime dans une lettre adressée au préfet de la scène en septembre 1882, à l'occasion d'un mariage, elle demande que soit octroyé aux femmes comme aux hommes, aux féministes comme aux libres penseurs la liberté d'adresser dans les mairies quelques mots aux nouveaux mariés. En 1971, le manifeste des 343 rédigé par Simone de Beauauvoir pour la légalisation de l'avortement est publiée dans une tribune du nouvel observateur. C'est une caricature du dessinateur Cabu pour Charlie Abdo qui les rebaptise les 343 Bien que contesté par certaines femmes du manifeste, le terme est resté notamment dans les médias qui parlent régulièrement du manifeste des 343 Dans les années 2000, des slot walk, la marge des en français sont organisé pour protester contre les violences sexistes et sexuelles et lutter contre la culture du viol.
La première s'est déroulée en 2011 à Toronto jusqu'à se développer un peu partout dans le monde. Aujourd'hui, le terme continue d'être utilisé par de nombreuses féministes pour défendre la liberté des femmes. En fait, être une ça veut dire littéralement coucher avec qui je veux, quand je veux, autant de fois que je veux.
Bah en fait, ouais, OK.
Emmanuel Macron