Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : Emmanuel Grégoire se dit "très heureux qu'il y ait une accélération des enquêtes"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Les violences sexuelles dans le périscolaire parisien sont effrayantes. Que faire maintenant ?
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C'est ce que vous dites aux parents qui tiennent leurs enfants par la main dans un quart d'heure ?
- 2:24OuverteRéponse directe
Face à l'urgence, on parle de crimes de pédophilie. Est-ce qu'une Convention citoyenne est la bonne réponse ?
- 3:34OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il ne faut pas que l'éducation nationale reprenne le dossier et la responsabilité qui va avec ?
- 4:16OuverteRéponse directe
Comment régler le problème des animateurs précaires et mal payés ?
- 5:33FerméeÉludée
Pour dire les choses clairement, est-ce que vous voulez qu'on passe à la semaine de 4 jours ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« le parquet enquête sur 84 écoles maternelles parisiennes, une vingtaine d'écoles alimentaires et une dizaine de crèches. »
- 0:27PrésentateurFait
« un animateur a été placé en détention provisoire. »
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« On avance beaucoup. D'abord, je suis très content que la procureure ait communiqué sur ces chiffres. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Je suis très heureux qu'il y ait une accélération de ces enquêtes. »
- 2:08Invité politiqueFait
« On a pris énormément de mesures depuis. On a changé les procédures de recrutement, on a changé les procédures de contrôle, on fait des inspections extérieures. »
- 4:12PrésentateurFait
« Il y a 14 000 à peu près animateurs de périscolaire à Paris. Une majorité de précaires, recrutés à la va-vite, ils sont mal payés. »
- 4:33Invité politiqueFait
« À Paris, c'est la ville qui a de loin le plus de titulaires dans la prise en charge du périscolaire. »
- 8:54Invité politiqueFait
« Les chiffres que vous citez ne sont pas si énormes que ça. »
- 10:11Invité politiqueFait
« Non, il n'y a rien d'acquis dans la vie. »
- 10:13PrésentateurFait
« Si c'est une condition pour que le PSG reste, oui, je suis favorable. »
Temps de parole
- Emmanuel Grégoire76 %
- Présentateur24 %
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Thomas Soto, RTL Matin. Il est 7h41 et c'est donc le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Emmanuel Grégoire. Les violences sexuelles dans le périscolaire parisien. Les derniers chiffres sont effrayants, effarants, insupportables. Et ils ont été révélés hier par la procureure de Paris, qui était l'invité du grand jury ici sur RTL. Écoutez bien, on les répète, le parquet enquête sur 84 écoles maternelles parisiennes, une vingtaine d'écoles alimentaires et une dizaine de crèches. Ces derniers jours encore, un animateur a été placé en détention provisoire.
Je vais renverser la table, ça c'est ce que vous disiez ici même, juste avant d'être élu maire de Paris.
Alors, on fait quoi maintenant ? On avance beaucoup. D'abord, je suis très content que la procureure ait communiqué sur ces chiffres. Je travaille très régulièrement avec elle et avec ses services. On est dans le cadre d'instructions de la brigade des mineurs, des services de la procureure de la République. Et moi, je suis très heureux qu'il y ait une accélération de ces enquêtes. Parce que ce qui est le plus insupportable pour les parents, c'est l'incertitude, c'est l'ignorance. Et c'est ensuite l'attente.
Elle est insupportable d'attendre, quand on soupçonne son enfant d'avoir été victime, les très longs délais, trop longs délais qui concernent l'audition des enfants, l'audition des adultes. On y a beaucoup de travail avec le préfet de police, avec la procureure de Paris. Et je tiens à les remercier d'avoir, d'une certaine manière, accéléré ce travail, nous permettant aujourd'hui d'avancer dans la manifestation de la vérité.
C'est ce que vous dites aux parents qui tiennent leurs enfants par la main dans un quart d'heure, qui vont les déposer à l'école. Je rappelle, 84 maternelles sur 273 à Paris.
Monsieur Soto, on connaît ces chiffres. Moi, je les ai rendus publics. On ne connaissait pas leur ampleur. Si, puisqu'on connaît le nombre de suspensions, je donne ça tous les trois mois. Oui, les suspensions, oui, oui. Et fin juin, je vais revenir. Donc, ça montre juste le sérieux du travail de la procureure de la République sur le fait qu'il y a des investigations qui sont menées. Parce qu'il y avait un doute, chez un certain nombre de parents, dans lequel... Nous, il y a des signalements qui nous sont faits, soit nous directement, soit parfois à la police, et ensuite qui nous les... Et des incertitudes sur le fait que, derrière, le travail de la justice avance.
Ce que dit la procureure de Paris, j'en suis très heureux, c'est que les enquêtes avance, qu'elles vont être vraiment minutieusement organisées. Donc, ça, on peut être rassuré sur ce qui s'est déjà passé, mais pour éviter que ça continue. Alors, on a pris énormément de mesures depuis. On a changé les procédures de recrutement, on a changé les procédures de contrôle, on fait des inspections extérieures. Ce soir, je lance la Convention sur les temps de l'enfant. La Convention citoyenne. La Convention citoyenne, exactement. Nous avons également la Commission indépendante.
Face à l'urgence, on parle de crimes de pédophilie. Est-ce qu'une Convention citoyenne est la bonne réponse ?
Non, parce que, d'abord, ce n'est pas la seule réponse, ce n'est pas la réponse d'urgence. L'urgence à la pédocriminalité, c'est la justice et la police. Voilà. Donc, ce ne sont pas deux sujets qui ne se confondent pas. Et deuxièmement, toutes les investigations de la procureure ne concernent pas uniquement de la pédocriminalité. Donc, il faut faire attention aussi, et je le dis moi-même avec prudence, puisque, s'agissant du secret de l'instruction, je n'ai pas à connaître le détail. Mais ce que je sais, c'est que la procureure de Paris, ses services, s'en sont saisis avec célérité, avec efficacité et avec rigueur. Et les parents demandaient cela, et nous demandions cela également.
Donc, il y a en matière... Et puis, je pense qu'il y a deux sujets différents. Les deux sont importants, mais il ne faut pas les traiter avec le même niveau. Il y a la prévention de la pédocriminalité et arrêter les pédocriminels. Et il y a le sujet plus vaste, plus vague, de celui de la qualité d'accueil des enfants dans le périscolaire, de la formation, de l'encadrement, de la rigueur, de ce qu'on organise pour accompagner l'éducation de nos enfants. Et je veux prendre les deux thèmes, mais sans qu'ils se confondent, parce que ce ne sont pas les mêmes.
Parce qu'aujourd'hui, ces activités périscolaires, elles sont déléguées aux communes. À Paris et ailleurs, parce que c'est un problème national. Est-ce qu'il ne faut pas que l'éducation nationale reprenne le dossier et la responsabilité qui va avec ? Est-ce que les villes sont capables de gérer ça aujourd'hui ?
Oui, et ce serait absurde de ma part de vous dire, de vous répondre « Ah, maintenant, je ne veux pas de cette compétence, c'est à l'état de la reprendre ». Ce n'est pas vrai, ça existe depuis toujours. C'est organisé de façon très différente en fonction des villes. Je rappelle, dans l'immense, à peu près une majorité de communes, il n'y a pas de périscolaire. Parce qu'elles sont trop petites, elles n'organisent pas de périscolaire, ça n'existe pas. C'est un sujet qui touche les villes plutôt de taille importante.
Oui, mais vous connaissez le problème du périscolaire. Je vous pose la question de l'éducation nationale. Parce qu'aujourd'hui, il y a 14 000 à peu près animateurs de périscolaire à Paris. Une majorité de précaires, recrutés à la va-vite, ils sont mal payés. Ils ont des horaires qui sont saucissonnés. Donc, ce poste n'intéresse pas beaucoup les gens. Donc, vous galérez pour les recruter. Comment régler ce problème ? Ça dépend. D'abord, il n'y a pas que des vacataires, il y a beaucoup de... Non, je n'ai pas dit que, j'ai dit une majorité.
À Paris, c'est la ville qui a de loin le plus de titulaires dans la prise en charge du périscolaire. Pas assez, on va progresser. Et d'ailleurs, c'est l'une des mesures sur lesquelles j'ai fait des annonces et qu'on a commencé à engager. Qui est la déprécarisation et la mise en place de temps continu. La vraie question, c'est comment on organise la semaine. Et c'est l'objet de la convention. C'est pour ça qu'on doit avoir des mesures d'urgence sur les temps scolaires et périscolaires. À Paris, il faut bien comprendre que moi, je suis papa, mes enfants sont allés à l'école. On ne raisonne pas exactement en temps scolaire et périscolaire. On va au boulot le matin, ils vont à l'école à 8h30.
Et quand on peut les récupérer à 16h30, on est heureux. Ce n'était pas mon cas. Ils allaient au périscolaire. Et dans l'organisation de la famille, ça s'appelle l'école. Et ce que vous soulignez est un sujet qui me préoccupe. Quel est le statut de prise en charge des enfants ? Et je trouve que la clarification, effectivement, de la responsabilité de la prise en charge, j'en ai discuté avec le ministre de l'Éducation nationale, avec la rectrice avec laquelle je travaille extrêmement bien, je souhaite qu'on réfléchisse à l'organisation de la semaine.
Attendez, vous êtes en train de me perdre. Pour dire les choses clairement, est-ce que vous voulez qu'on passe à la semaine de 4 jours ? Parce que ce qui se passe aujourd'hui, je vais expliquer à nos auditeurs, c'est que le périscolaire, l'animateur, il travaille à la cantine. Il travaille le jeudi de 15h à 16h30 et le mardi de 15h à 16h30. Mardi et vendredi, de 15h à 16h30 en plus, oui. Voilà, donc est-ce que vous souhaitez...
Mais vous êtes perdus, mais tous les parents sont perdus, et moi aussi. Je suis perdu, et je suis inquiet en fait.
Je pense que les parents qui nous écoutent sont inquiets. Est-ce que, par exemple, vous pouvez garantir qu'à la rentrée prochaine, les enfants ne seront plus jamais seuls avec un seul animateur ?
Alors oui, c'est un principe qui est acté, d'accord ? Maintenant, il faut le mettre en place. Est-ce que vous l'aurez mis en place pour la rentrée de septembre ? On va le faire, mais simplement, il y a un principe de réalité. C'est quoi la circonstance qui, parfois, justifie qu'il y ait des séparations ? On parle de petits, c'est notamment quand il y a des accidents. Il y en a un qui vomit, il y en a un qui fait ses besoins sur lui, etc. La vie est ainsi faite que, dans la mise en œuvre pratique d'un certain nombre de principes que l'on pose, il faut vraiment s'organiser avec rigueur. Et donc ça, c'est l'un de choses.
Mais vous avez raison de dire que je veux qu'on réfléchisse à l'organisation de la semaine. Vous me posiez la question sur les 4 jours, 4 jours et demi. Je ne suis pas le plus compétent pour cela. Je ne suis pas pédagogue, je ne suis pas enseignant, je ne suis pas médecin pour évaluer quelle est la qualité de l'organisation de la semaine scolaire ou non. Je considère que ça relève de la décision nationale. C'est une décision, l'organisation des temps scolaires, qui relève de l'État.
Mais en revanche, à Paris, ce système ne me satisfait pas où on a, en plus de d'habitude, le mardi de 15h à 16h30 et le vendredi de 15h à 16h30, parce que je considère effectivement que ça rajoute un risque en plus de confusion où on est d'abord à l'école, ensuite en temps d'activité périscolaire, ensuite le vrai périscolaire au sens où on l'entend, la garde. Et donc la Convention aura toute liberté.
Vous êtes plutôt favorable. Vous êtes maire, vous êtes en responsabilité, on est face à un scandale majeur. Vous êtes donc favorable, à titre personnel, à ce qu'on simplifie et qu'on revienne à la semaine de 4 jours ?
Non, je suis favorable à ce qu'on fasse sur 4 jours et demi. C'est d'ailleurs le sens des recommandations des scientifiques. Mais organisées de façon différente pour ne plus avoir cette charge de 2 fois 1h30.
C'est-à-dire que le mercredi pourrait ne consister qu'à avoir les activités périscolaires ?
Non, je ne suis pas pour, parce que ça, ce n'est pas respecter l'esprit. L'esprit de la réforme, c'est quoi ? C'est avoir plus de jours d'enseignement et moins d'heures d'enseignement par jour pour apprendre mieux, parce que c'est le matin, qu'on est plus frais intellectuellement, qu'on apprend mieux. Ce n'est pas moi qui le dis, moi je n'y connais rien à titre personnel. Mais je veux dire à la Convention que la condition de s'interroger sur la qualité d'enseignement, c'est d'abord d'avoir la sécurité des enfants. C'est quoi le calendrier de la Convention ? Quand est-ce qu'elle devra remettre ses conclusions ?
Elle devra remettre ses conclusions fin juin, le 22 juin, de façon à ce que nous puissions mettre en œuvre durant l'été les mesures pour le 1er septembre. Je veux dire aux parents qu'ils doivent avoir confiance. Il y a eu des erreurs de commise. Il ne faut pas mettre tous les professionnels dans le même panier. L'immense majorité d'entre eux sont de très grands professionnels dans la qualité d'accompagnement, etc. Nous avons mis des verrous maintenant d'urgence qui sont extrêmement efficaces. Je veux dire aux parents qu'ils doivent avoir confiance dans leur école.
Autre sujet, Emmanuel Grégoire, le foot. Contrairement à ce que vous souhaitiez, il n'y aura pas de fanzone à Paris le soir de la finale de la Ligue des Champions entre le PSG et Arsenal. Il y a eu des incidents nombreux, 127 interpellations, 23 policiers blessés, 95 gardes à vue après la qualification pour cette finale. Comment éviter que ça dégénère une nouvelle fois ? Est-ce que la retransmission du match au Parc des Princes vous inquiète, par exemple ?
D'abord, les chiffres que vous citez ne sont pas si énormes que ça. Je suis désolé de le dire, mais la vie est ainsi faite qu'il y a des incidents et qu'à Paris, tous les soirs...
Il faut se résoudre à avoir 23 policiers blessés.
Il faut se résoudre quand on vit en société, à savoir gérer les problèmes tels qu'ils se présentent et pas les nier ou les minimiser ou, au contraire, les maximiser. Et à Paris, on sait ça mieux que partout parce que c'est une densité d'événements en permanence. Moi, d'abord, j'ai fait part de mon souhait d'avoir une fanzone. Je le disais pour des raisons populaires et aussi festives. Et après, je suis quelqu'un de pragmatique et de raisonnable. Le préfet de police et le ministre de l'Intérieur m'ont dit « On ne sait pas faire, il y a trop d'événements, etc. » J'ai dit « C'est dommage qu'il n'y ait que des événements privés qui nous privent d'une fanzone publique.
» Mais c'est ainsi, on y travaillera pour l'avenir. Et on va organiser les choses le mieux possible. D'abord, je serai très mobilisé ce soir-là sur la question de la sécurité publique aux côtés des autorités qui en ont la charge. Je veux qu'on puisse faire la fête, mais je veux aussi que ce soit l'ordre, entre guillemets, dans la ville et qu'il n'y ait pas des problèmes. En tout cas, tout faire pour que ce soit le moins possible. On aura, je l'espère, une très belle fanzone de fête organisée par le PSG au Parc des Princes. J'espère qu'on saura tout soit la fête. Vous n'irrez à la finale ou à Budapest, vous y serez ? Non, je n'irai pas parce que je serai à Paris parmi les miens.
Petite question rapidement, la vente du Parc des Princes au Qatar, c'est fait ? C'est acquis ? Non, il n'y a rien d'acquis dans la vie.
On y travaille, sérieusement. Vous êtes favorable ? Si c'est une condition pour que le PSG reste, oui, je suis favorable. Combien il coûte ? Pendant la campagne. Combien il coûte le Parc des Princes ? Alors ça, soyez sûr d'un truc, je ne le dirai pas à la radio pour deux raisons. C'est de l'argent public ? La première, oui, bien sûr, mais ce sera tout, c'est transparent. Vous ne vous inquiétez pas, de toute façon, tout sera public. Mais un, quand on négocie, on ne le fait pas par médias interposés. Et deuxièmement, ce n'est pas moi qui en fixe la valeur, c'est contrôlé par l'administration fiscale de Bercy. Et donc, laissons les gens sérieux y travailler.
Mais que tout le monde sache que ce sera transparent, puisque tous les chiffres seront publics, votés au Conseil de Paris, validés par l'administration fiscale.
Il y a encore un peu de travail. Vous étiez hier soir au Stade Jambouin pour le match entre le Paris FC et le PSG. Est-ce que vous pourriez envisager de vendre le Stade Jambouin ou le Stade Charletti aux dirigeants du Paris FC ? Est-ce que cette règle pour le PSG et le Qatar sera la même pour tout le monde ? En tout cas, il n'y aurait pas une règle pour les uns
et qui ne s'appliquerait pas pour les autres, etc. Tout est possible. Mais honnêtement, je n'ai pas le sentiment que ce soit aujourd'hui une demande de l'actionnaire. Ce qui est certain, c'est que le PFC est en train de s'installer comme un club de Ligue 1 de façon durable qui va aller vers son ambition européenne. Il aura besoin d'un Stade à un moment donné.
Merci beaucoup à vous, Emmanuel Grégoire, d'être venu ce matin sur RTL.
Emmanuel Grégoire