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ChroniqueLe Figaro (sur YouTube)· 24 mai 2025 12 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprises

Macron: le vrai bilan économique par François Pierrard

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00François PierrardChiffre
    « depuis 2017 la France connaît la 5è pire croissance économique de l'Union européenne »
  • 4:00François PierrardChiffre
    « la population en emploi en France a progressé de 9 % depuis 2017 »
  • 6:00François PierrardChiffre
    « la France a le plus gros déficit public de la zone euro »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour François Pierard. Bonjour. C'est une étude passionnante et une élite que vient de faire le S tank hexagone que vous animez sur la trajectoire économique de la France.

Alors c'est la question qu'on a posé dans le sommaire. Est-ce qu'Emmanuel Macron à l'Élysée a amélioré la situation de l'économie française ? Alors aujourd'hui, c'est l'image qu'il a eu pendant longtemps dans toute une partie de l'opinion et qui on dit en tous les cas la porté euh à l'Ély Lyé.

Alors aujourd'hui, c'est en tout cas pas l'opinion des Français. On a environ 3/4 des Français euh des répondants à notre sondage qui expliquent que euh ils ont un avis plutôt défavorable sur la l'action économique d'Emmanuel Macron. à nuancer toutefois parce qu'ils ont aussi un avis défavorable sur ses prédécesseurs.

Donc les Français de manière générale sont insatisfaits finalement non pas du bilan économique de chaque président mais de la trajectoire économique de la France. Et on a un certain nombre d'indicateurs qui nous disent qu'ils ont plutôt raison, que ce soit la croissance économique, que ce soit la gestion des comptes publics, voire même l'emploi sur lequel la situation est plutôt nuancée. Euh ce qui est intéressant dans ce que vous dites, c'est que il y a en tous les cas une perception dans l'opinion très forte que le bilan de d'Emmanuel Macron en matière économique n'est pas bon.

Et on a l'impression que ce sentiment a énormément progressé ces dernières années. Euh tout à fait. Euh quand on regarde l'insatisfaction vis-à-vis de l'action économique d'Emmanuel Macron, on est aujourd'hui à 74 %.

Euh c'est 14 points de plus euh qu'une précédente enquête qui avait été réalisée en septembre 2021. Il faut dire que entre-temps euh la situation économique ne s'est pas beaucoup améliorée et ce qui est assez paradoxal parce queon est en reprise post crise du Covid mais finalement on voit qu'on a un certain nombre d'indicateurs en France qui stagnent voir se dégradent et je pense en particulier à la dette publique et au compte public. Alors, il y a la dette publique, il y a les comptes publics.

On va y revenir. Il y a un autre point euh c'est très intéressant de l'étude que vous faites en collaboration donc avec Opinion Way. Ça concerne la croissance et la faiblesse de la croissance.

Tout à fait. aujourd'hui et c'est un indicateur majeur évidemment dans la trajectoire économique de notre pays. Ce qu'on voit c'est que depuis 2017 la France connaît la 5è pire croissance économique de l'Union européenne.

C'est un résultat qui est mauvais et qui souffre dans un contexte paradoxal puisqu'on a deux vents qui devraient être favorables, qui devraient soutenir la croissance. Le premier c'est la les créations d'emploi et le deuxième c'est la dette publique. Pourquoi je dis ça ?

Parce que au niveau des créations d'emploi, la population en emploi en France a progressé de 9 % depuis 2017. Donc ces emplois auraient dû générer du PIB et nous aider à sortir de l'ornière dans laquelle on était. Or, ce qu'on constate, c'est que ces emplois ont médiocrement contribué à la hausse du PIB.

Pourquoi ? Pour des raisons qui ne sont pas tout évidentes à à démêler. Mais ce qu'on peut observer par exemple, c'est que sur les 15ion et demi d'emplois qui ont été créés entre 2019 et 2023, vous en avez 1/3 qui sont des apprentis.

Euh alors quand on voit ce ces nature de création d'emploi, c'est pas étonnant que ça n'ait pas fait exploser le PIB. Euh et ça d'ailleurs contribue en quoi le fait de prendre des apprentis est un en tous les cas et de nature à ne pas faire exploser le PIB ? Justement, ce sont des emplois à faible valeur ajoutée qui n'ont pas une contribution économique très forte.

Si l'emploi des apprentis débouche sur quelque chose en terme de PIB, c'est plutôt à long terme parce que c'est une population qui grâce à l'apprentissage pourra présenter à terme un taux d'emploi supérieur à une population qui n'aurait pas été dans des formats d'apprentissage par le passé. Cela dit, c'est pas ça qui génère du PIB. Vous dites, vous en avez parlé donc deux indicateurs inquiétants, la dette et il y a un autre peut-être indicateur qui qui sera l'inflation, mais justement quel est le problème autour de de la dette ?

Est-ce que de toute façon, on ne paye pas dans une certaine mesure et on ne sous-estime pas dans cette dans cette dette le fait qu'il a bien fallu tenir d'économie au moment du Covid ? Alors certes euh il y a une partie de de la dette qui provient de la fameuse dette Covid. Euh et là-dessus euh il faut avoir un constat assez euh rationnel.

Euh le Covid était une pandémie, le virus était partout le même. Euh il se trouve que il y a eu des réactions dans les pays qui ont été différentes en raison des politiques publiques qui ont été mené pour limiter les effets de cette crise. En France, on a fait le choix d'un endettement très élevé au service de l'économie, mais finalement pour un résultat qui est très mitigé puisque d'une part, comme on le dit, on a une croissance économique sur le long terme qui est très faible et d'autre part depuis la crise du Covid, la France est l'un des seuls pays d'Europe à s'être aussi peu désendetté.

Euh et quand on regarde les dernières prévisions de la Commission européenne qui viennent de sortir ce lundi, euh elles nous disent que 70 % des pays européens euh d'ici 2026 devrait être moins endetté qu'il l'était en 2020 au plus fort de la crise du Covid, ce qui est logique. Mais la France fera partie des exceptions. Euh et la la trajectoire euh de cette dette est alimentée par des déficits publics qui sont non pas ponctuels en raison de la crise du Covid mais qui deviennent chroniques.

Et aujourd'hui, on doit rappeler que la France a le plus gros déficit public de la zone euro. Euh on est frappé par euh un d'ailleurs euh un des points de votre étude. Vous dites euh l'un des éléments qui explique l'explosion de la dette, c'est que les recettes, il y a moins de recettes.

Alors quand on voit le niveau euh d'impôts euh record euh qui atteint la France, on se demande mais que euh pourquoi enfin où ces recettes ont-elles diminué ? Alors euh il il y a il y a deux choses dans ce que vous dites. Donc déjà oui euh aujourd'hui en France, on a euh un des une charge fiscale qui est record en Europe.

Pourquoi ? Parce qu'on a aussi euh des dépenses record qu'il faut bien financer, même s'il y a un trou entre les deux qui est le déficit public. Euh en revanche, euh il est vrai que ces derniers temps, en pourcentage du PIB, les recettes publiques ont un peu baissé.

Ça peut être lié notamment à des politiques de soutien aux entreprises qui sont en fait des politiques de défiscalisation. on va euh avoir des baisses d'impôts ponctuelles dans tel ou tel dispositif qui vont faire que à la fin les rentrées dans les caisses de l'État euh continuent à augmenter en réalité mais augmentent un peu moins vite que le PIB. C'est vrai.

Et en parallèle, on a toujours cette dépense publique qui reste considérable. On a la deuxième plus élevée d'Europe derrière la Finlande et ça joue à pas grand-chose. Il y a un autre point qui inquiète beaucoup les Français vous révélez dans cette étude, c'est et et une inquiétude très très haute, c'est l'inflation.

Alors en effet, les Français eux ce qu' ce qui les touche beaucoup c'est leur leur pouvoir d'achat. L'inflation qui a beaucoup augmenté avec d'abord le la crise Covid puis ensuite la crise ukrainienne. Cela dit, c'est aussi l'un des paramètres macroéconomiques sur lequels la politique nationale aujourd'hui dans la zone euro a le moins d'effets.

Donc c'est c'est pas l'aspect sur lequel on a le plus axé notre étude, mais c'est aujourd'hui une des préoccupations majeures pour les Français. Un des points passionnants de votre étude, c'est quand même de montrer que il y a énormément d'atouts encore en France et il y a quand même des indicateurs positif. Tout à fait.

Euh on peut penser à à trois choses he déjà la première chose et qui est une évidence mais qui est toujours bon de rappeler, c'est qu'on reste la France. On est l'un des pays avec le PIB par habitant les plus élevés au monde, les plus élevés en Europe aussi. Euh le tout dans un contexte où finalement on a beaucoup de temps libre puisque on est le pays euh le 4e pays d'Europe où le temps de travail par personne en emploi est le plus faible.

Euh la 2uxème chose, c'est que et ça c'est ça correspond un petit peu à l'actualité avec le pays le sommet Chose France, on est un pays qui reste attractif euh auprès d'investisseurs euh étrangers avec une petite nuance, c'est que quand on regarde les investissements directs étrangers en pourcentage du PIB, ils sont quand même bien moins élevés en France qu'ils le sont dans des pays à plus faible coût du travail comme la Grèce ou l'Espagne. Euh et la troisème chose, c'est que euh on a quand même diminué le chômage. Il y avait 9,5 % de taux de chômage en 2017, on est tombé à 7 et demi.

Ça va plutôt dans le bon sens, même si là encore quand on se compare, le résultat est un peu plus nuancé. C'est-à-dire alors est-ce qu'on a vraiment fait mieux que nos voisins européens ? On peut en douter.

En 2017, au moment de l'élection d'Emmanuel Macron, le taux de chômage était donc de 9,5 %. On avait le 6e taux de chômage le plus élevé de l'Union européenne. Aujourd'hui, on est un peu moins de 7,5 %. en mars 2025, c'est les tout derniers chiffres qui viennent de sortir, on est toujours le 6e taux de chômage le plus élevé de de l'Union européenne.

Entre-temps, certes, il a baissé de deux points, mais en parallèle, dans un pays comme l'Italie, il a baissé de 5 points. On a créé des emplois, je disais 9 % d'emplois en plus entre 2017 et 2024, mais mais des emplois fort à moins mais des emplois moindre valeur ajouté qu'à l'étranger qui n'ont pas donné les fruits espérés sur la croissance et le PIB. Euh il y a euh un autre point qui est très intéressant, c'est que dans votre étude euh puisque vous faites des comparaisons, euh vous parlez notamment de l'Allemagne qui a souvent été érigée en modèle et qui euh présente des signaux très inquiétants.

Euh j'ai envie de dire même presque plus inquiétant que la France. Oui. Alors quand on n'a pas suivi avec précision l'actualité économique de ces dernières années, on a toujours en tête le modèle allemand qui va bien, les pays d'Europe du Sud qui vont moins bien.

Et en réalité, quand on regarde les tendances économiques, ça s'est plutôt inversé. C'est aussi un effet de rattrapage des pays du sud et c'est aussi une des spécificités de l'Allemagne qui est un pays qui repose beaucoup sur les exportations de biens industriels. Et aujourd'hui, le contexte là-dessus c'est un peu retourné.

Il y a eu la Chine qui se développe beaucoup, qui développe sa propre production industrielle et qui dépend beaucoup moins des importations allemandes. Et il y a désormais les États-Unis avec leur protectionnisme renforcé pèse lourd sur la croissance en Allemagne. Donc aujourd'hui, l'Allemagne a un problème de croissance avant tout.

Cela dit, les fondamentaux restent solides. Les finances publiques sont à 3 % de déficit public. Donc c'est plutôt bien.

On aimerait bien y être en France. L'endettement public n'est qu'à 60 % du PIB, c'est quasiment deux fois moins qu'en France. Le taux de chômage est environ 3,5 %.

C'est plus que deux fois moins qu'en France. Donc les fondamentaux de l'économie allemande restent solid. Cependant la tendance de la croissance est assez inquiétant outre.

Le modèle le modèle allemand en tout l'Allemagne doit en tout cas trouver un autre modèle. L'Allemagne doit trouver un autre modèle et d'ailleurs il y a des pressions en Allemagne pour avoir davantage recours à l'endettement puisque finalement l'Allemagne a un peu de marge de ce point de vue-là pour investir dans sa croissance. Une une une autre question peut-être qui était liée au travail puisque vous l'avez vous avez évoqué ça et c'était intéressant de vous entendre parce que vous disiez que c'était presque un atout le fait que les Français travaillent moins que ailleurs.

Ça prouve est-ce que c'est une d'ailleurs les partisans de la réduction du temps de travail mettent toujours ça en avant en disant les Français sont très productifs. Alors, c'est vrai euh la France est euh plutôt dans la première moitié, si ce n'est le 1er/ tiers en Union européenne en terme de de PIB par personne en emploi ou PIB par heure travaillé. Euh cela dit, la tendance est assez inquiétante euh puisque notre PIB par personne en emploi a reculé depuis 2017 et même le PIB par heure travaillé a euh baissé de 1,6 %, ce qui est quasiment unique au monde.

He, il y a que la Finlande en Europe qui fait pire que nous et partout ailleurs, il y a toujours des gains de productivité. Et nous en France, on fait là-dessus figure d'exception et on risque de se trouver dans un cas de figure qui est assez préoccupant. Euh un cas de figure, on est un pays qui travaille peu et qui pour le peu d'heures qui travaille produit de moins en moins de richesse.

Et donc ça c'est un chemin, une pente douce vers un certain déclassement économique dont on souffrira tous. Merci beaucoup. Mais on n'y est pas encore et c'est ce que démontre également votre étude.

C'est l'un des points très très intéressants, passionnants de votre étude, la trajectoire économique de la France. C'est une étude donc inédite à retrouver sur le site euh d'Hexagone et euh à regarder de près parce que euh c'est très riche d'enseignement et c'est un très beau travail. Merci beaucoup Pir d'être venu nous le présenter d'abord ici en premier sur le plateau du Figaro TV.

Yeah.

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