L'invité d'Apolline Matin : Daniel Guillerm - 22/04
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 60 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30FerméeÉludée
Les infirmiers libéraux seront-ils concernés par les aides carburant ?
- 1:12FerméeRéponse directe
Les infirmiers libéraux touchent-ils moins de 17 000 euros par an ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Quelle est la situation actuelle des infirmiers libéraux ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Menacez-vous d'arrêter certains actes ?
- 3:45OuverteRéponse directe
Demandez-vous des aides spécifiques ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Christophe, vous êtes commercial à Barcelonette, les aides vous concernent-elles ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08PrésentateurChiffre
« Ça concerne, disent-ils, 3 millions de personnes. »
- 0:56PrésentateurChiffre
« Il s'agit d'une aide de 20 centimes par litre pour les professionnels qui roulent plus de 30 kilomètres par jour ou 8000 kilomètres sur un an et qui touchent moins de 17000 euros par an. »
- 1:40PrésentateurFait
« « Mais moi, je ne vais pas m'en sortir et donc je ne prendrai pas de nouveaux patients. » »
- 1:48Invité politiqueFait
« On sort d'une négociation conventionnelle avec l'assurance maladie, mais on a un cadre réglementaire qui fait que nous ne pourrons pas toucher ces nouvelles valorisations avant le mois de novembre. »
- 3:10Invité politiqueFait
« On a lancé un mot d'ordre, nous, à la Fédération, d'arrêt des prises en charge en sortie d'hospitalisation. »
- 5:40InvitéChiffre
« Mon entreprise, c'est 400 000 euros de chiffre d'affaires. »
- 8:11AuditeurFait
« J'ai décidé de réduire déjà depuis des années mes déplacements parce qu'on est tellement taxés que ça devient de moins en moins rentable. »
Temps de parole
- Présentateur35 %
- Invité politique29 %
- Invité19 %
- Auditeur16 %
≈ 3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. 20 centimes d'aide pour les gros rouleurs, les plus modestes. Ça concerne, disent-ils, 3 millions de personnes. Mais ce sont des aides évidemment très ciblées. Et puis des aides renforcées pour les pêcheurs, les agriculteurs, le BTP. Et puis les oubliés. Bonjour Daniel Guilherme. Bonjour. Merci d'être avec nous dans ce studio ce matin. Vous êtes le président de la Fédération Nationale des Infirmiers. Les infirmiers, ils ont été cités hier par le ministre de l'Economie. Mais concrètement, est-ce que vous avez l'impression que vous serez concerné ?
Écoutez, non. Si on regarde en tout cas les caractéristiques des contraintes apportées pour être éligibles aux aides. On a plutôt le sentiment d'être dans une éviction déguisée. C'est-à-dire que les plafonds qui sont mis sont tels qu'il y aura très peu d'infirmiers libéraux à être éligibles.
Vous serez juste au-dessus des seuils. Et je précise effectivement qu'il s'agit d'une aide de 20 centimes par litre pour les professionnels qui roulent plus de 30 kilomètres par jour ou 8000 kilomètres sur un an et qui touchent moins de 17000 euros par an. Et ça, ce n'est pas le cas pour vous, pour les infirmiers libéraux ?
Certainement pas en moyenne. Alors, il y aura peut-être quelques cas de professionnels, des femmes isolées ou des familles monoparentales avec des enfants qui pourront effectivement les toucher. Ils prétendent ? Voilà, mais de manière générale, non, absolument pas.
Quelle est la situation aujourd'hui des infirmiers libéraux ? On a entendu certains, et d'ailleurs on a eu le témoignage de Sophie, par exemple, à notre antenne, qui dès le début, dès les premières semaines, disait « Mais moi, je ne vais pas m'en sortir et donc je ne prendrai pas de nouveaux patients. » Et puis, si les actes ne sont pas augmentés, je n'y arriverai pas.
On sort d'une négociation conventionnelle avec l'assurance maladie, mais on a un cadre réglementaire qui fait que nous ne pourrons pas toucher ces nouvelles valorisations avant le mois de novembre. Donc, on est dans une période, là aujourd'hui, de tension, en tout cas sur les prix du carburant. Et aujourd'hui, effectivement, cela peut poser quelques problèmes de trésorerie pour certains cabinets.
Les problèmes de trésorerie, parce qu'effectivement, et ça c'est quand même un des points, je vous le disais quand vous êtes rentré dans ce studio, parce que personne n'est capable vraiment de me répondre là-dessus. Le déplacement, ça fait partie de la profession. Le coût, donc, de ce déplacement est censé pouvoir être déductible. Ce sont des frais. Donc, ok, c'est très dur sur le moment de les sortir, mais normalement, vous devriez les récupérer en frais réels à la fin en déduction d'impôt.
Alors, il y a deux modalités de déduction des frais kilométriques. C'est soit au réel, où effectivement, vous gardez vos tickets de carburant et que vous les déduisez ensuite, ou alors vous êtes au forfait. La majorité des professionnels, aujourd'hui, libéraux, sont au forfait. Donc, on a des forfaits qui sont posés dans le cadre réglementaire. Donc, aujourd'hui, on n'aura pas cette possibilité-là. Donc, on n'aura pas de prise en compte de la hausse du carburant.
Est-ce que vous menacez d'arrêter de prendre certains actes, de prendre en charge ? Et je le comprendrais très bien. Je veux dire, vous faites les calculs et vous vous dites qu'il y a certains actes qui sont payés trop peu et qui nous demandent trop d'efforts, on ne les fera plus ?
Écoutez, il y a une semaine, on a lancé un mot d'ordre, nous, à la Fédération, d'arrêt des prises en charge en sortie d'hospitalisation. Ça ne veut pas dire qu'on arrête de travailler. En tout état de cause, on ne prend plus de nouveaux patients qui sortent de l'hôpital. Pourquoi ? Parce qu'on avait déjà des professionnels qui s'étaient, qui s'étaient de manière, en cas d'usage en tout cas, lancés là-dedans, puisque, effectivement, il y a une sélection des patients qui s'opèrent en fonction de la distance qui sépare le patient du cabinet infirmier. Donc, les professionnels, aujourd'hui, font des économies, en tout cas sur leur tournée.
Est-ce que ça veut dire que vous demandez des aides spécifiques ? Vous espérez encore pouvoir en obtenir ?
On voit très bien qu'hier soir, le Premier ministre a eu deux approches. Il y a eu une approche économique et une approche par métier. On a été, nous, évincés de l'approche métier, alors que d'autres le sont, les taxis, les VTC. Et donc, ce n'est pas un oubli, en fait. On le voit très bien, ce n'est pas un oubli. C'est un choix politique. Ce choix politique, de notre point de vue, il est incohérent, il est injuste et il est attenable. Alors, pourquoi il est incohérent ? On ne peut pas demander à la profession de soutenir l'approche domiciliaire et, d'un autre côté, de ne pas l'aider pour le faire. Premier point. Deuxième point, il est injuste parce qu'on le voit très bien.
Il y a eu un choix politique. Certains approchent métier, d'autres approchent économique. On nous met dans l'approche économique. Et enfin, il est attenable. Pourquoi ? Parce qu'on voit très bien aujourd'hui que vous avez, en fait, des carburants qui sont taxés à plus de la moitié de la valeur du litre et que, dans ce cadre-là, on a quelque chose qui ne permettra pas, en tout cas, d'arriver aux objectifs qu'on a, c'est de développer les soins et le maintien à domicile des patients âgés.
Et il y a de nombreux auditeurs qui nous appellent au 32-16 pour témoigner aussi de leur situation. Christophe et David sont avec nous. Bonjour Christophe.
Bonjour.
Christophe, vous êtes commercial à Barcelonette, dans les Alpes de Haute-Provence. Vous vous retrouvez à faire beaucoup de routes, notamment du transport, mais sans avoir la qualification transport. Donc, bon, les aides, vous ne les toucherez pas.
C'est ça. En fait, moi, je ne suis pas commercial, je suis commerçant. D'accord. Donc, je vends de la peinture. OK. Un produit pétrolier, déjà, qui a pris plus de 12 à 17 % que je ne peux pas récupérer à mes clients puisque les prix de mes clients sont déjà fixés pour l'année. D'accord. C'est la première des choses. Deuxième des choses, j'ai deux marchés publics. Mon entreprise, je vais être très factuel, comme ça, je vous ai...
Allez-y, au contraire, c'est formidable. On vous suit.
Mon entreprise, c'est 400 000 euros de chiffre d'affaires. J'ai deux marchés publics qui représentent 60 000 euros de chiffre d'affaires, mais dans ces marchés publics, je dois livrer sur deux départements. Donc, deux départements, c'est le 04 et le 05, ça fait énormément de kilomètres à faire puisqu'on est dans les montagnes et qu'on travaille un kilomètre. Sur ces marchés publics, donc, 60 000 euros, c'est 15 % de mon chiffre d'affaires annuel. Sur ce marché public, à la fin, une fois que j'ai payé tous les employés, tous les investissements en machine, tout ça, il me reste 1,5 % de résultats, c'est-à-dire entre 600 et 900 euros.
Si le marché continue comme ça, si la guerre va durer un an, le même marché public me fera perdre, me coûtera 1 200 euros. C'est-à-dire que je vais perdre 1 800 euros rien qu'avec les frais d'essence.
Avec les frais d'essence et de transport, parce que vous allez livrer la peinture.
Exactement. Ça, c'est quelque chose qui n'est pas actuel. J'ai demandé à exercer un cas de force majeure pour réajuster mes prix sur ces marchés publics. Ça m'a été refusé parce qu'on m'a dit que le cas de force majeure n'était pas caractérisé dans ce cas de figure-là.
Donc, ils n'ont pas accepté de revoir à la hausse le prix de ce marché ?
Exactement. C'est la même chose pour tous mes clients qui travaillent pour appliquer de la peinture pour des marchés publics. Leurs prix ne sont pas réactualisés. Donc, forcément, ils me refusent les augmentations sur les marchandises. Donc, sur cette année, si on continue sur ça, les petites entreprises comme moi vont perdre énormément d'argent.
C'est extrêmement clair. Vraiment, on a l'impression avec vous de vous accompagner dans presque un problème de mathématiques où on fait des multiplications, des soustractions et où on arrive effectivement à ce résultat à la fin qui est que vous allez vous retrouver à devoir travailler à perte. Christophe, restez avec nous. Il y a aussi David. David qui, lui, est travailleur indépendant dans les Pyrénées-Orientales. Bonjour, David.
Oui, bonjour, Apolline.
Vous faites quoi, vous, dans la vie ? Et quel est l'impact ?
Donc, voilà. Moi, je travaille pour des applications en crowdsourcing. C'est-à-dire que je suis payé à la tâche. Je fais des visites mystères, des contrôles de positionnement de produits en grande distribution et magasin spécialisé. Donc, tous les jours, je regarde très tôt le matin ce qu'il y a de disponible. Je sélectionne l'émission. Je l'ai fait en fonction des secteurs géographiques où j'ai le plus de travail. Et là, j'ai décidé de réduire déjà depuis des années mes déplacements parce qu'on est tellement taxés que ça devient de moins en moins rentable. Ce qui est dommage, d'ailleurs, parce qu'en indépendance, on peut perdre du chiffre et du bénéfice si possible.
Et là, comme vu au vu du coût de mes déplacements, je ne reste que dans le département. En fait, vous réduisez votre activité ? J'avais déjà réduit avant parce que M. Macron a augmenté, sans qu'on en parle beaucoup. L'année prochaine, on sera à 5 points de plus de cotisation URSS. Donc, on arrive à 26 % au lieu de 21 %, ce qui fait beaucoup quand on a un petit indépendant à 50 000 euros de chiffre d'affaires. Donc, j'ai réduit volontairement déjà avant.
Vous êtes au-dessus ou en dessous des 17 000 euros net par an ?
Le problème, c'est que nous, quand on compte nos revenus, les impôts se basent sur notre chiffre d'affaires. Donc, voilà, on a quand même une façon de... Bon, c'est un peu curieux, mais bon, mon ami, on est tous les deux, il est en freelance aussi comme moi, il travaille à la maison et on compte notre imposition de la même façon, alors qu'il n'y a pas de déplacement. Vous voyez, c'est un peu... Donc, vous rentrez dans aucune case.
Vous rentrez dans aucune case. C'est exactement ça, la grande difficulté. C'est que là, on met en place des cases. Alors, elles sont quand même toutes petites, déjà, pour rentrer dedans. Mais, effectivement, on a quand même l'impression que chaque situation, à chaque fois, l'aide vous passe sous le nez. Merci, David et Christophe. David, c'est après la fois que je vous accueille, non ?
Oui, c'est un plaisir de vous avoir, d'ailleurs. Eh bien, vous avez bien fait de passer là. Tous les jours avant de travailler, ça me stimule, et puis d'entendre les autres témoignages. Et puis, votre enthousiasme, ça fait du bien. Mais on est découragé en France. C'est une horreur.
Ça, au moins, c'est gratuit, l'enthousiasme. Voilà, ça ne peut pas faire de mal. Ça ne peut pas faire de mal. Mais, pour autant, là, franchement, vous aimeriez du sonnant et trébuchant. Et je le comprends bien. Il est 7h51. Merci à tous les deux d'avoir témoigné. Et merci à vous, évidemment, Daniel Guilherme, d'être venu donner aussi votre point de vue. Celui des infirmiers libéraux, une fois de plus, les oublier.