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Discours / meetingLCP (sur YouTube)· 7 juin 2024 112 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsJustice

Discours de Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine, devant l'Assemblée nationale

Au micro : Elsa MondingavaSource d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 54 %Attaque 27 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:04OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous précisément ces annonces.

  • 5:01OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça représente pour vous ?

  • 6:32FerméeÉludée

    Vous allez lui réserver une standing ovation ?

  • 7:20RelanceRéponse partielle

    Il y a une instrumentalisation de l'Ukraine dans l'élection pour vous ?

  • 9:12FerméeRéponse directe

    Joe Biden a refusé de s'exprimer devant l'Assemblée nationale ?

  • 14:44OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous accueillez ce pas de plus franchi avec bienveillance ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:02InvitéFait
    « « on ne peut plus clairement » ses attentes : « J'espère que les alliés seront à nouveau unis à nos côtés pour se battre pour la démocratie en Ukraine et partout en Europe. » »
  • 2:21InvitéFait
    « « Nous on veut la paix. La paix ne se fera que si l'Ukraine peut résister. » »
  • 3:05InvitéChiffre
    « « le soutien militaire apporté par la France s'élève aujourd'hui à 3,2 milliards d'euros. » »
  • 3:41InvitéFait
    « « la France est d'accord pour aller nettement plus loin. » »
  • 3:53InvitéFait
    « « Elle va également s'engager sur le terrain de la formation des pilotes et de plusieurs milliers de soldats. » »
  • 12:58Invité politiqueFait
    « « l'Ukraine, son pays, est meurtrie dans sa chair, et que son armée est à l'os. » »
  • 13:38Invité politiqueFait
    « « l'Ukraine est condamnée depuis maintenant plus d'un an à gérer une double pénurie, pénurie en hommes, pénurie en armement » »
  • 13:49Invité politiqueChiffre
    « « le déverrouillage, enfin, de la fameuse enveloppe de 61 milliards de dollars des États-Unis » »
  • 15:44Invité politiqueFait
    « « les Ukrainiens ne voulaient pas de nos avions » »
  • 17:37Invité politiqueFait
    « « La priorité pour l'Ukraine aujourd'hui, c'est vrai, c'est de recevoir des obus, des missiles. » »
  • 17:45Invité politiqueChiffre
    « « La France, on a commandé, je crois qu'on a 20 milliards en commandes » »
  • 21:57Invité politiqueFait
    « « À un moment donné, la France a décidé de se porter au secours d'une nation souveraine agressée qui affirme voire défendre les valeurs inscrites au fronton de la République. » »
  • 23:24Invité politiqueChiffre
    « « on serait plutôt de l'ordre de l'escadron, c'est-à-dire une vingtaine » »
  • 35:17Invité politiqueChiffre
    « « 4 500 hommes, vraisemblablement » »
  • 1:08:47InvitéFait
    « Je vous remercie beaucoup pour votre invitation à l'Assemblée nationale française et pour l'opportunité de m'adresser à vous au nom de tout notre pays. »
  • 1:09:01InvitéFait
    « Chère France, ces jours-ci, nous commémorons le courage des combattants au soutien mutuel des peuples qui ont gagné la bataille de Normandie et qui l'ont remporté. »
  • 1:10:16InvitéFait
    « Sans ces victoires, rien n'existerait, personne n'existerait. Nous, ni l'Ukraine, ni la France, toutes les nations libres n'existeraient. »
  • 1:12:48InvitéFait
    « Chers Européens, la veille sur la côte normande où nous nous sommes souvenus tous de la seconde guerre mondiale, où nous avons remercié les vainqueurs, il y avait deux sentiments qui étaient présents, un sentiment de joie d'avoir emporté la victoire et un sentiment de devoir obtenir la liberté. »
  • 1:13:28InvitéFait
    « De nouveau, en Europe, les villes sont entièrement détruites et des villages sont incendiés. De nouveau, en Europe, apparaissent des camps de filtration, des déportations et la haine, ce qui est devenu un nouveau culte russe. »
  • 1:14:03InvitéFait
    « Ce régime russe ne connaît pas de limites. L'Europe ne lui suffit plus. Il a déjà détruit la Syrie, perturbe le Sahel, il investit dans la terreur et menace la vie là où il peut atteindre, où il ne rencontre aucune résistance. »
  • 1:17:40InvitéFait
    « Poutine peut-il gagner cette bataille ? Non. Parce que nous n'avons pas le droit de perdre. »
  • 1:17:56InvitéFait
    « Car il n'y a aucune ligne pour le mal. Tout comme il y a 80 ans, tout comme maintenant. »
  • 1:18:57InvitéFait
    « Pouvons-nous gagner cette bataille ? Certainement, oui. Nous pouvons. L'Ukraine et donc l'Europe. L'Europe et donc la France. »
  • 1:20:24InvitéFait
    « L'occupant à l'époque n'a pas encore été chassé de notre capitale de Kiev et les combats s'est déroulés non loin de Kiev. »
  • 1:21:39InvitéFait
    « Et c'est là que nous pourrons garantir l'accomplissement de notre travail, la garantie du fait que l'Europe ne reviendrait pas à l'époque où sans le département des alliés sur le continent, sans l'implication du monde entier, il était impossible de terminer la guerre en Europe de manière à ce que ça réponde aux intérêts de l'Europe et aux intérêts du monde entier. »
  • 1:23:54InvitéFait
    « Je voudrais remercier, de vous remercier tous, remercier la France de ne pas avoir hésité et d'avoir choisi le côté de l'humanité dans cette guerre, de la culture, du droit international. »
  • 1:25:30InvitéFait
    « Nous pouvons compter sur votre soutien, sur vos armes, notre formation, nos soldats, les forces économiques et diplomatiques de la France, les systèmes de défense antiaérienne, vos blindés, vos missiles, votre expérience et vos conseils nous aident déjà à sauver les vies et à retenir les troupes russes. »
  • 1:26:18InvitéFait
    « Votre aviation de combat, vos chasseurs brillants qui, sous la direction des pilotes ukrainiens, prouveront que l'Europe est plus forte, que l'Europe est plus forte que le mal qui a osé la menacer. »
  • 1:27:50InvitéFait
    « vous avez soutenu notre accord de sécurité entre la France et l'Ukraine. »
  • 1:27:58InvitéFait
    « Votre suite, cela a été soutenu par le Sénat français. »
  • 1:28:24InvitéFait
    « la frontière orientale de l'OTAN ne peut pas être interrompue par une zone grise laissée en dehors de l'Alliance. »
  • 1:28:37InvitéFait
    « la Russie devra devenir un État national normal et non un empire colonial qui est constamment à la recherche de nouveaux territoires aussi bien en Europe qu'en Asie qu'en Afrique. »
  • 1:29:36InvitéFait
    « Poutine a rejeté la solution diplomatique en commençant une guerre à grande échelle et en choisissant le génocide des Ukrainiens plutôt qu'un dialogue avec l'Ukraine. »
  • 1:30:05InvitéChiffre
    « Il y a plus de 100 pays et organisations internationales qui ont soutenu le sommet pour la paix. »
  • 1:35:00InvitéFait
    « le débat du 12 mars dernier était un débat non contraignant avec un vote non contraignant à votre purement symbolique sur un accord de défense qui avait déjà été signé. »
  • 1:35:13InvitéFait
    « le président de la République avait évoqué, vous vous en souvenez, l'envoi de troupes au sol possibles en Ukraine. »
  • 1:35:25InvitéFait
    « La France est engagée, est un des pays les plus engagés dans la possibilité d'être en confrontation directe avec une puissance nucléaire, la Russie. »
  • 1:37:28Invité politiqueFait
    « dans sa première séquence quand il s'est adressé à de multiples parlements dans le monde, il y avait un équilibre entre le merci et le grief qui était différent. »
  • 1:42:19InvitéPromesse
    « il faut continuer l'effort, il faut même l'intensifier. »
  • 1:42:33InvitéFait
    « il n'accepte pas les positions actuelles des frontières. »
  • 1:43:04InvitéPromesse
    « Les Mirages d'ici la fin de l'année. »
  • 1:45:56InvitéFait
    « en comparant Poutine à Hitler, en comparant l'invasion de l'Ukraine avec la Shoah. »

Temps de parole

  • Présentateur67 %
  • Invité politique14 %
  • Invité8 %
  • Invité 23 %
  • Invité 32 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

qui va s'exprimer dans un peu moins d'une heure maintenant face aux députés dans l'hémicycle. Discours dans le cadre de sa visite d'État en France pour les 80 ans du débarquement. Discours qui intervient dans un moment très difficile pour l'Ukraine sur le front. Emmanuel Macron a fait des annonces importantes hier soir. On va y revenir avec moi pour vous faire vivre au plus près cet événement. Elsa Mondingava et Dario Borgogno, salle des quatre colonnes à l'Assemblée. Et puis quatre invités sur ce plateau m'accompagne. Nathalia Pouziref, bonjour et bienvenue. Vous êtes députée Renaissance des Yvelines. Vous présidez ici au Palais Bourbon le groupe d'amitié France-Ukraine.

Bonjour Bastien Lachaud. Bienvenue à vous. Députée La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, vous suivez à l'Assemblée les questions de défense. Bonjour Vincent Hugeux. Ravi de vous retrouver. Vous enseignez à Sciences Po, ancien grand reporter. Vous suivez le dossier ukrainien depuis l'invasion de la Russie. L'une de par Poutine de l'Ukraine. Enfin, bonjour Gallagher Fenwick. Bonjour. Ravi de vous accueillir. Vous êtes grand reporter, auteur de Volodymyr Zelensky, l'Ukraine dans le sang aux éditions du Rocher. C'est une biographie très fouillée, documentée. Vous êtes également chroniqueur LCI. France Inter, merci à tous les quatre de participer à cette émission en direct.

C'est donc la première fois que Volodymyr Zelensky va physiquement s'adresser à la représentation nationale à Paris. Les enjeux, le contexte, les attentes. On va commencer par planter le décor avec Bruno Donet tout de suite. Bonjour mon cher Bruno. Bonjour Myriam, bonjour à tous. Deux présidents dans votre récap ce soir. Deux présidents ce matin sur le fil.

1:47
Invité

Oui, deux équilibristes Myriam en situation assez délicate. Le premier est ukrainien. Il n'a parlé que dix secondes hier à la télévision française, mais il y a exprimé « on ne peut plus clairement » ses attentes. J'espère que les alliés seront à nouveau unis à nos côtés pour se battre pour la démocratie en Ukraine et partout en Europe. Quant au second, il est français. Il s'est exprimé beaucoup plus longuement hier soir, mais il a résumé lui aussi la position de la France extrêmement clairement. Nous on veut la paix. La paix ne se fera que si l'Ukraine peut résister. En résumé, Volodymyr Zelensky est venu chercher du soutien, de l'argent et des armes.

Emmanuel Macron est d'accord, seulement voilà, il y a un « mais ». Mais nous on ne veut pas d'escalade, on n'est pas en guerre avec la Russie. Car la ligne rouge à ne surtout pas franchir, c'est celle de l'escalade qui entraînerait immanquablement la France et l'Europe dans la guerre. Voilà pourquoi, à la demande de l'Ukraine d'intégrer l'Union européenne, Emmanuel Macron a répondu « hop hop hop, pas si vite ». Nous allons l'aider à le faire, mais ce n'est pas pour demain. C'est non pour adhérer à l'Union européenne dès maintenant. En revanche, c'est oui pour plus d'argent et davantage de soutien militaire.

3:04
Présentateur

Alors expliquez-nous précisément ces annonces.

3:05
Invité

Alors, d'après un rapport parlementaire qui date de février dernier, Myriam, le soutien militaire apporté par la France s'élève aujourd'hui à 3,2 milliards d'euros. Notre pays a déjà livré à l'Ukraine 30 canons César, au moins 15 canons tractés, plusieurs dizaines de véhicules blindés, 100 missiles Sol-Air de type Mistral, des missiles Air-Sol de type Scalp, deux lances-roquettes, deux batteries anti-aériennes, mais aussi plusieurs canaux Zodiac, des gilets pare-balles et des lunettes de vision nocturne. Toutefois, Emmanuel Macron l'a annoncé hier soir, la France est d'accord pour aller nettement plus loin.

Demain, nous allons lancer une nouvelle coopération et annoncer la session de Mirage 2000. La France va désormais fournir des avions de combat à l'Ukraine, mais ce n'est pas tout. Elle va également s'engager sur le terrain de la formation des pilotes et de plusieurs milliers de soldats. Ce que nous proposons, c'est de former 4 500 soldats ukrainiens, et donc de les équiper, de les entraîner, et puis de leur apporter justement les munitions, les armes, ce qui leur permettra de défendre leur sol.

Voilà, alors avec ces annonces, Emmanuel Macron va un peu plus loin que la position américaine, une position toutefois favorable à un soutien massif de l'Ukraine que Joe Biden a tenu à rappeler hier à l'occasion du 80e anniversaire de la Libération. Défendrons-nous la liberté ? Défendrons-nous la démocratie ? Serons-nous solidaires ? Ma réponse est oui, et ne peut que être oui. Reste à savoir jusqu'où Vladimir Poutine supportera un tel débarquement. Vous le disiez, Myriam, Macron et Zelensky sont sur un fil très tendu. L'équilibre mondial et la paix n'ont qu'à bien se tenir.

4:49
Présentateur

Merci beaucoup, Bruno Denet. On va évidemment détailler et commenter ces annonces d'Emmanuel Macron dans un instant, mais d'abord, l'actualité de la matinée ici à l'Assemblée, c'est la venue de Volodymyr Zelensky. Nathalia Poussirev, c'est la première fois que vous allez le rencontrer. Qu'est-ce que ça représente pour vous ? Et cette adresse directe, il y avait eu pas mal de visioconférences, mais en chair et en os, du président ukrainien dans ce moment, deux ans après le début de la guerre. Quel sens vous donnez à cette venue ? Beaucoup d'impatience. Nous serons véritablement très heureux de l'accueillir. Et moi, je considère que c'est un héros, quelque part.

S'il avait fui le 24 février 2022 Kiev, l'Ukraine serait russe aujourd'hui. Et c'est grâce à son esprit de résistance, quand il a dit « je n'ai pas besoin d'un taxi pour partir ». Et il s'est révélé être un véritable chef de guerre. Donc, oui, il a l'étoffe des héros dans une situation quand même où le démarrage du soutien des Occidentaux à l'Ukraine a été assez long. Là, il se trouve encore dans une phase très difficile, en 2024. Et voilà, c'est l'étoffe des héros, comme tous les soldats ukrainiens qui se battent actuellement. Donc, il est le bienvenu, largement. Il est absolument le bienvenu et nous sommes très impatients de le voir et de l'entendre.

Je précise que vous êtes la présidente du groupe qui n'est plus d'amitié, France-Russie. Voilà, c'est ça. Autant pour moi, mais vous êtes évidemment très attachée à l'Ukraine que vous soutenez. Et donc, j'ai parlé du groupe d'amitié France-Ukraine, mais c'est la Russie. Donc, Bastien Lachaud, il est bienvenu, il est bienvenu. Vous allez lui réserver, la France insoumise va lui réserver une standing ovation ? Écoutez, c'est le président de l'Ukraine. Et aujourd'hui, nous nous tenons aux côtés de l'Ukraine face à l'inamissible et inacceptable agression russe. Là n'est pas la question, c'est un chef d'État, on visite d'État. Donc, évidemment qu'il est le bienvenu à l'Assemblée nationale.

Ce qui questionne, c'est le timing de cette venue et de ce discours. Vous avez entendu Yael Broun-Pivet, Emmanuel Macron également. Le 6 juin, c'est tout le temps le même jour anniversaire du débarquement. Tout à fait. Mais nous ne sommes pas le 6 juin, nous sommes le 7. Et nous aurions tout à fait pu envisager que M. Zelensky vienne pour la commémoration du 6 et ne s'exprime pas devant l'Assemblée nationale le 7. Il y a une instrumentalisation de l'Ukraine dans l'élection pour vous ? Parce que c'est ce que dit, par exemple, Marine Le Pen, qui parle même de manipulation de l'opinion. C'est ce que dit Olivier Marlex, président du groupe Les Républicains, en séance mercredi.

La question se pose. Deux heures de discours d'Emmanuel Macron sur l'ensemble des chaînes à deux jours d'un scrutin électoral. La présence de M. Zelensky, les annonces d'Emmanuel Macron, j'espère qu'on pourra y revenir. On va y venir dans un instant. Mais qui sont plus de la communication qu'autre chose. À deux jours d'une élection, oui, cela pose question sur l'instrumentalisation que la majorité et Emmanuel Macron font de ce déplacement malheureusement et de la guerre en Ukraine, qui méritent bien mieux que ça. C'est vraiment un mauvais procès et puis un procès même ridicule. Le 6 juin, toutes les nations alliées se retrouvent.

Les Ukrainiens ont déjà participé, avaient participé aussi à la défense de notre territoire. Le président Zelensky est donc en déplacement et nous en sommes très heureux lors du 6 juin. Avant de repartir, il nous fait l'honneur de venir à l'Assemblée nationale. Je trouve qu'il n'y a absolument pas... Ce n'est pas légitime pour vous cette question. C'est un procès d'intention qui est ridicule, même indécent, ridicule, sachant qu'il est tout à fait normal, quand on célèbre le 80e anniversaire, quand on voit les commémorations qui ont eu lieu hier, l'ampleur, la hauteur du discours de chaque chef d'État, l'implication de tout le monde... Et la guerre sur le continent 80 ans après, qui est là.

La guerre qui subit l'Ukraine, comment revenir à un niveau aussi bas de la politique ? On va avancer. Mais parce que Joe Biden, par exemple, est aussi en visite d'État. Et pourquoi ne s'exprime-t-il pas devant l'Assemblée nationale ? Pourquoi ne l'avons-nous pas invité à s'exprimer devant nous, notre plus vieil allié ? Il a peut-être été invité et il a peut-être un autre agenda. C'est ce que vous dites ? Joe Biden a refusé de s'exprimer devant l'Assemblée nationale ? Volodymyr Zelensky, son pays est en guerre, c'est l'Europe et il est coutumier d'ailleurs de ses adresses dans le cadre de plusieurs hémicycles dans le monde. On va y revenir d'ailleurs avec vous.

Vous en parlez dans votre livre Gallagher Fenwick. Elsa Mondingava, on prend la température avec vous. On est maintenant à un peu plus de 30 minutes de ce discours. Il y a de l'effervescence. Les députés seront-ils nombreux et dans quel état d'esprit vont-ils l'accueillir ? Alors écoutez Myriam, avant de vous parler des députés, je vous parle des journalistes puisqu'ils sont très nombreux ici. dans cette salle des quatre colonnes. Ce qu'il faut dire c'est que la salle à côté, la salle des pas perdus, va être interdite au public d'ici quelques minutes. Beaucoup donc de journalistes évidemment pour suivre le discours de Volodymyr Zelensky.

Mais la question, vous l'avez dit, c'est de savoir est-ce qu'il y aura beaucoup de députés ? Pourquoi ? Parce que souvent les députés le vendredi sont en circonscription, d'autant plus à quelques jours du scrutin des européennes. Mais vous l'avez dit, Bastien Lachon en a parlé, certains groupes, la droite, mais aussi la France Insoumise et le Rassemblement National ont dénoncé une forme d'instrumentalisation politique avec la venue du président ukrainien. Dans ces conditions, ils n'ont pas forcément mobilisé leur troupe. Et comment va se dérouler concrètement la matinée ce discours ?

Eh bien écoutez, 9h30 ce sera l'arrivée du président Volodymyr Zelensky, 9h45 il devrait traverser la salle des pas perdus avec la présidente de l'Assemblée Nationale, Yael Brunpivé, 9h47 discours pour bienvenue de la présidente de l'Assemblée, il y aura aussi le Premier ministre qui sera au banc ainsi que le ministre des Affaires étrangères, la ministre des Relations avec le Parlement. Et puis 9h52 discours de Volodymyr Zelensky prévu pour une vingtaine de minutes. On va suivre ça évidemment en direct sur LCP. Merci Elsa Mondingava Gallagher-Fenwick. C'est vrai qu'il est coutumier des hémicycles du monde entier.

On se souvient du congrès américain, on se souvient de la visioconférence aux Nations Unies. Là c'est la France. Qu'est-ce qu'il vient chercher dans ses adresses ? Il s'adresse à vous les députés, mais il s'adresse aussi aux Français à travers ses allocutions. Absolument. Ça a été dit un petit peu dans la présentation de votre journaliste juste avant, qui parlait notamment de la liste d'armes. Zelensky vient chercher à mon sens deux choses. Il vient chercher des images et des armes. Et l'image qu'il vient chercher aujourd'hui, c'est celle de le président qui représente une nation agressée, qui vient chercher de la cohésion, de la cohérence, de l'alliance et du soutien.

Et donc pour cela, il va, comme à son habitude, mobiliser le langage, un langage souvent qui évoque des images là encore très fortes, pour toujours rappeler ce dont il est victime et ce dont son peuple, et quelque part ce dont nous avons besoin, parce que c'est ça aussi le sens de son message, c'est de dire que ce que l'Ukraine subit, c'est pas juste un territoire, si vous voulez, qui est agressé, ce sont des valeurs, et que nous avons en partage avec l'Ukraine, et le président ukrainien, donc je pense qu'il y aura cela.

Et puis il va aussi s'inscrire quand même dans le cycle mémoriel dans lequel nous nous trouvons ici en France, c'est-à-dire faire la connexion entre le passé et le présent, à savoir le débarquement, donc le sacrifice consenti afin de recouvrir une intégrité territoriale, une souveraineté, et qui s'applique aujourd'hui encore à l'Ukraine. Un mot avec vous, Vincent Hugeux, sur la situation sur le terrain. – Oui. – Parce qu'on est deux ans après, et on a l'impression que là, vraiment, les Ukrainiens sont à la peine, et que peut-être même, on parle de Kharkiv, cette grande ville dans le Donbass, pourrait tomber, que des lignes de front pourraient être percées.

12:53
Invité politique

– Alors, Volodymyr Zelensky en chair et en os, disiez-vous à l'instant, Myriam, il se trouve que l'Ukraine, son pays, est meurtrie dans sa chair, et que son armée est à l'os. On vit une phase extrêmement préoccupante en termes militaires. Je ne crois pas du tout à une chute imminente, et même d'ailleurs à moyen terme, de la ville de Kharkiv. Tout simplement parce que l'offensive russe, quelle que brutale qu'elle soit, sur l'extrême nord-est de l'Ukraine, n'est pas calibrée pour aller conquérir et occuper durablement une ville aussi immense que celle de Kharkiv.

Pour autant, je disais à l'os, parce que oui, vous avez cette période de soudure extrêmement acrobatique, puisque l'Ukraine est condamnée depuis maintenant plus d'un an à gérer une double pénurie, pénurie en hommes, pénurie en armement, et que le déverrouillage, enfin, de la fameuse enveloppe de 61 milliards de dollars des États-Unis, évidemment, ça n'a pas un impact instantané sur le front. Il faut acheminer. Alors, acheminer des munitions, c'est relativement facile. Acheminer des systèmes lourds, et évidemment, ce que réclame à haute voix et depuis des mois Zelensky, c'est-à-dire des systèmes anti-aériens de type ou Patriot ou Mamba, eh bien ça, ça prend énormément de temps.

Donc, oui, on est là à un moment charnière. Mon intuition, mais ça n'est que mon intuition, c'est que si les Ukrainiens parviennent à serrer les dents et le reste encore quelques semaines, on verra une inflexion du rapport de force. Il y a eu des observations très précises qui ont été faites ces derniers jours d'un relatif piétinement du grignotage russe dans la zone considérée.

14:36
Présentateur

Relatif piétinement du grignotage, ça fait beaucoup, beaucoup de guillemets et beaucoup de prudence. J'en viens justement au soutien militaire. Les annonces sont importantes parce qu'on a l'impression d'un infléchissement, peut-être même d'un tournant. Vous allez nous le dire, Bastien Lachaud, la France va donc envoyer des avions de combat, Mirage 2000-5, donc équipés avec des missiles longue portée, avec des formateurs français pour former les pilotes, a priori plutôt en dehors de l'Ukraine, d'après ce qu'on a compris. Est-ce que vous accueillez ce pas de plus, de franchi, avec bienveillance, de façon positive ?

Non, pas parce que nous sommes contre l'envoi d'armement en Ukraine, mais parce que ce n'est pas opérant pour les Ukrainiens. Ah bon ? Non. Comment ça ? Déjà, pour former un pilote, au bout de six mois, il sait piloter l'avion. Si on veut qu'il soit opérationnel au combat, c'est trois à quatre ans. Deuxième chose, le ministre des Armées lui-même, devant notre commission en février, moi je lui fais confiance, ou alors il nous a menti, nous a dit que, un, les Ukrainiens ne voulaient pas de nos avions, et que, deux, envoyer des mirages de 1005... Là, toutes les réactions qui viennent d'Ukraine sont évidemment très positives et remerciantes vis-à-vis de la France.

Il nous a dit ce que le ministre Lecornu nous a dit en commission de la Défense nationale, des Défenses armées et de l'Assemblée nationale en février. Et il nous a dit, le MCO, le maintien en condition opérationnelle des avions, et notamment des mirages, est tellement complexe que cela serait quasiment pénalisant pour l'armée ukrainienne. Donc c'est une ligne qui a été franchie avec la décision du président de la République ? Et d'ailleurs, les Suédois, qui avaient proposé d'envoyer leur avion Gripen aux Ukrainiens, ont dit, non, on ne le fait pas, parce que ça va complexifier votre chaîne d'approvisionnement, et il vaut mieux favoriser l'envoi des F-16 et le fonctionnement des F-16.

Donc vous dites, ça prend trop de temps, donc ce sera inefficace. Pour bien comprendre la ligne de la France insoumise, vous ne voulez pas, c'est une ligne rouge, demi-si-longue, longue portée, de façon à ce que l'Ukraine puisse se défendre en frappant la Russie, ou vous dites, c'est pas que c'est une mauvaise idée sur le fond, c'est que ça ne marchera pas parce que c'est trop long. C'est deux choses très différentes. Alors il y a deux choses. Un, nous sommes contre le fait que des armes françaises frappent le sol russe. Ça c'est le principe de base. C'est le principe de base. Et en plus, envoyer des mirages 2000 ne sera pas efficace. C'est clair.

Nathalia Pouzirev, qu'est-ce que vous répondez ? Je voudrais prendre un peu de temps parce que les lignes qui s'en franchissent depuis quelques jours, c'est surtout le fait que plusieurs pays, dont la France, mais les Etats-Unis et d'autres, accordent à l'Ukraine le fait de pouvoir utiliser leurs armes sur le territoire russe, dans une zone limitée, qui n'est pas loin de la frontière des Kharkivs, et sur des cibles uniquement militaires. Ça c'est le véritable tournant. La priorité pour l'Ukraine aujourd'hui, c'est vrai, c'est de recevoir des obus, des missiles.

Et la France, on a commandé, je crois qu'on a 20 milliards en commandes, dont certaines iront en Ukraine et d'autres pour reconstruire nos stocks. 20 milliards ? C'est ça la commande. 20 milliards ? Non, mais pas seulement pour l'Ukraine, mais on a, voilà. Donc nous avons, à partir de ça, la priorité sur laquelle s'accordent tous les pays, le fait de former plus et d'apporter plus de soutien en général à l'Ukraine pour qu'elle résiste pendant 2024. Et je pense qu'effectivement, il se prépare quelque chose pour 2025. Est-ce que ça s'appelle une forme d'escalade ou pas ? Que l'Ukraine reparte à l'offensive en 2025.

Donc, il faut monter en puissance et ses avions, dans ce cadre-là, ajouter au F-16, puisque la priorité c'est recevoir les F-16, qui vont arriver cet été. Et c'est de mettre l'Ukraine dans les meilleures conditions possibles pour reprendre la main, je pense, sur les opérations. Après, on verra bien comment ça se passe. Mais on voit bien qu'il y a quelque chose qui se prépare. Et tout ça, c'est parce qu'effectivement, le but... Donc la France ne sera pas seule dans cette nouvelle stratégie. On voit bien qu'il y a cette tendance-là, qu'il y a ce soutien qui va s'intensifier, qui leur a tant manqué dans les six premiers mois de 2024.

Et que là, l'idée après, c'est de placer l'Ukraine dans les meilleures conditions possibles pour le jour, le moment venu. Très clair. Gallagher, quelle lecture vous faites de ce pas franchi ? Est-ce qu'un tabou est levé, est tombé ? Et jusqu'à présent, c'est vrai que la question des avions de chasse a été posée. Il y a la question des formateurs français. Est-ce que la France va former des pilotes avec ses propres avions pour bombarder la Russie ? Est-ce qu'on en est là ? Alors, déjà, il faut comprendre ce à quoi le Mirage 2000-5 peut servir. Il opère généralement dans des cadres défensifs, donc des cadres d'interception avec des vecteurs... Donc, défensifs.

...R, R, donc interception de drones, par exemple. D'accord. Par les outils au-dessus de la mer Rouge. Ensuite, effectivement, il y a beaucoup de Rubicons qui se sont franchis, mais il faut se demander pourquoi est-ce qu'ils se sont franchis ? Est-ce que c'est parce que nous avons décidé, tout d'un coup, par regain d'agressivité à l'égard du voisin russe, de les franchir ? Ou est-ce que c'est du fait de ce que la Russie, encore une fois, fait subir à l'Ukraine ?

Je pense, c'est ma lecture et elle n'engage que moi, qu'on avance vers davantage de clarté morale sur cette histoire et qu'on est en train de répondre à une question que Zelensky a posée à de nombreuses reprises récemment, à savoir qu'est-ce que nous voulons. Il y a eu cette tendance récemment, et même dans la bouche du président français, à formuler une idée positive au travers de doubles négatives. Par exemple, la Russie ne doit pas gagner. Pourquoi le président de la République était-il incapable de dire la Russie doit perdre ?

Et donc, plus on avance dans le temps et plus on prend des décisions qui sont en cohérence avec ce que nous voulons pour l'Ukraine et pour nous-mêmes et ce que nous recherchons, c'est-à-dire l'effet final. Et cela demande effectivement de mettre des moyens à disposition. Ces avions de chasse, M. le député, il a raison, les Ukrainiens n'en voulaient pas. Pourquoi ? Parce que, en donnant de manière échantillonnaire des matériels, on force l'Ukraine à se retrouver avec ce qu'on appelle en anglais un patchwork, donc un ensemble de systèmes qui les forcent à devoir bricoler.

Oui, mais, face à l'absence de clarté morale chez certains de nos partenaires et alliés, il faut ouvrir la porte à un moment. Les F-16 sont toujours attendus, ils n'arrivent pas, et donc c'est une manière d'ouvrir la porte. Et moi, je ne vois pas, si vous voulez, les Français forcer les Ukrainiens à accueillir, à accepter un avion. Alors, pour bien comprendre quelle porte on est en train d'ouvrir, pour ceux qui, comme moi, ne suivent pas le conflit au jour le jour et les questions de stratégie militaire. La France n'est pas en guerre contre la Russie.

La France fournit des avions, forme les pilotes, alors plutôt en dehors de l'Ukraine, pour le moment, même si on sait, c'est un secret polyginelle, qu'il y a des formateurs français sur le terrain en Ukraine. Ça veut dire que... Le ministre a dit le contraire, dans l'hémicycle. Alors, ce n'était pas officiel, mais quelles lignes ont franchi sans tomber dans l'escalade, comme le dit Emmanuel Macron ?

21:54
Invité politique

D'abord, on ne franchit pas le Rubicon pour y pêcher à la ligne. À un moment donné, la France a décidé de se porter au secours d'une nation souveraine agressée qui affirme voire défendre les valeurs inscrites au fronton de la République. Bon, on ne va pas commencer à mégoter. L'intensité de cette escalade, car si les mots ont un sens... Oui, il y a une escalade, elle est dictée par la perpétuation de l'obsession impériale réaffirmée maintes fois par Poutine et son orchestre. Je suis désolé, j'aurais adoré qu'on puisse solder ce conflit dans les sénacles diplomatiques. Avec le système Kremlin, c'est juste impossible. Principe de réalité.

Vous savez, la paix à tout prix, c'est la guerre pour toujours. On a enfin compris ça. Il a fallu un peu de temps, d'ailleurs. Y compris à notre président de la République. Oui, bien sûr. Il y a des retards pris qui ne se rattrapent pas. Petit éclairage quand même factuel sur opérant, pas opérant. D'abord, le Mirage 2000-Trait d'Union V, ce n'est pas le dernier cri. Il a été mis en service en 1999, il y a donc un quart de siècle. Et effectivement, c'est la version modernisée d'un autre Mirage, le Mirage C. On y a ajouté des équipements sophistiqués et notamment un radar qui permet de repérer, de détecter les intrusions hostiles, il y a des systèmes anti-leure, etc.

Mais au fond, ce serait d'une certaine manière inette, et c'est la raison pour laquelle il y avait des réticences à Kiev, comme Gallagher le rappelait à l'instant, si on en envoyait trois. À ma connaissance... On n'a pas le chiffre encore. Non, mais à ma connaissance... Ce sera annoncé ce soir. Si mes infos sont exactes, on serait plutôt de l'ordre de l'escadron, c'est-à-dire une vingtaine, et là, c'est cohérent. Par ailleurs, sur la formation, non, 4 ou 5 ans, désolé, 4 ou 5 ans si vous partez de zéro. Là, il s'agit d'adapter le savoir-faire de pilotes ukrainiens aguerris qui jusqu'alors sont familiers des Soukoï et des MIG et qui ont besoin, effectivement, de modifier.

Et je termine simplement en approuvant votre propos introductif. Il est vrai, et je l'ai entendu aussi quand il s'est exprimé auprès de quelques journalistes...

23:52
Présentateur

Sébastien Lecornu,

23:53
Invité politique

le ministre de la Défense. ...le ministre de la Défense nous a dit qu'il est plus important de fournir aux Ukrainiens des munitions adaptées, des munitions sophistiquées, adaptées à ces appareils dont ils sont familiers, plutôt que sur les maintiens en condition opérationnelle. Moi, ce que j'ai entendu de sa bouche, en tout cas, c'était par rapport au rafale, bien plus que par rapport au mirage, sur le degré de sophistication.

24:13
Présentateur

Alors, toute la question maintenant est de savoir si ça peut renverser la donne et le rapport de force sur le terrain. Mais, même si Emmanuel Macron ne veut pas qu'on l'écoute et qu'on prenne toutes ces déclarations au pied de la lettre, on va quand même écouter la mise en garde de Vladimir Poutine.

24:26
Invité

Si quelqu'un pense qu'il est possible de fournir des armes de longue portée à une zone de guerre pour frapper notre territoire et nous créer des problèmes, alors pourquoi n'avons-nous pas le droit de fournir nos armes à des régions du monde d'où il y aura des frappes sur les installations sensibles des pays qui agissent ainsi contre la Russie ?

24:50
Présentateur

Voilà, conférence de presse hier à Saint-Pétersbourg. C'est toujours la même rhétorique mais n'empêche que ça fait peur. Ça fait peur à ceux qui l'écoutent. Mais c'est fait pour faire peur. Mais, je vous dis, depuis le début de cette guerre en Ukraine, le président Poutine avance ses pions. Et en plus, je dirais qu'il nous menace aussi, nous, directement. Il y a quand même, en matière de désinformation, ça c'est encore, on peut dire, de la propagande type soviétique à laquelle on pouvait être habitué.

Mais en termes maintenant, je dirais d'ingérence, même comme on dit sidétique, vous voyez l'histoire des cercueils près de la tour Eiffel, l'histoire des mains rouges, là on passe à de l'action. La personne qui s'est faite à moitié explosée à l'aéroport, on passe à un autre cran. L'escalade, elle vient du côté russe. Et ça se passe pas seulement en France, c'est dans tous les pays. Dans tous les pays, en Estonie, il y a des voitures, des vitres d'un bâtiment gouvernemental qui ont été cassés. Il y a eu des... Donc c'est lui qui nous mène la guerre et bien au-delà des frontières de l'Ukraine. Vladimir Poutine, il ne faut pas du tout tenir compte de la guerre hybride déjà avec la Russie.

Donc le ton monte de part et d'autre. Mais ça reste... Et il y a quand même une agression de la Russie contre les pays européens avec des risques qui pèsent aussi véritablement à nos frontières avec parfois des envois par exemple de migrants. C'est vraiment ça les attaques hybrides. De l'autre côté de la frontière, des pressions sur la Moldavie, des pressions sur la Géorgie. D'accord. Donc la Russie nous menace. Ça n'est pas le moment de faiblir face aux mises en garde et aux avertissements. Ce n'est pas une question de faiblir. De toute manière, il n'y aura pas de solution militaire à ce conflit. Proposer, c'est baisser la garde. Pas du tout.

La réalité, c'est qu'il n'y aura pas de solution militaire à ce conflit. Aucune guerre au XXe siècle ne s'est achevée en dehors d'une discussion diplomatique

26:55
Invité

excepté la Deuxième Guerre mondiale.

26:57
Présentateur

La Deuxième Guerre mondiale, on est en plein dans les... Alors là, quand même...

27:00
Invité politique

Panodine.

27:01
Présentateur

Au moment du débarquement, ce que vous voudriez, c'est qu'on laisse tomber l'Ukraine et les Américains nous laissent tomber. Mais en fait, vous vivez dans un monde qui n'existe pas. Le monde qui existe, c'est un monde où aujourd'hui, il y a des puissances nucléaires. On a vu le sacrifice. Il y a des puissances nucléaires. Le président français, hier, a dit que pour négocier, il faut avoir les moyens de négocier. Mais bien sûr qu'il faut avoir les moyens de négocier. Il ne s'agit pas de dire vous prenez le Donbass, les Russes, et puis tout le monde est d'accord. Évidemment qu'il faut avoir les moyens de négocier. C'est aussi un rapport de force, une négociation. Évidemment.

Mais la réalité, c'est que nous ne marcherons jamais avec des tanks jusqu'à Moscou. Parce que Moscou est une puissance nucléaire, donc ça n'existe pas. Et donc c'est pour ça que la Russie ne perdra jamais la guerre. La Russie ne doit pas la gagner. Parce que la Russie ne doit pas réussir. On ne cherche pas la capitulation de la Russie. Je ne vous ai pas l'interrompu. Oui, mais la vie. Allez-y, c'est à la chambre de ce coup aussi. C'est ça, gagner la guerre. On ne cherche pas la capitulation. Alors, vous ne dites pas que la Russie doit perdre. La Russie ne doit pas gagner. Elle ne doit pas gagner et l'Ukraine ne doit pas perdre. Mais qu'est-ce que vous proposez ? Concrètement.

Aujourd'hui, il faut négocier. Et il faut négocier... Tout de suite, maintenant ? Mais tout le temps. Tout le temps. Et c'est le rôle des démocraties de faire ça. Les démocraties n'ont pas à jouer le rôle des pays autoritaires et de jouer l'escalade. Vous négociez et vous armez, mais avec des limites. C'est ça, la position de la France. Des limites qui empêchent l'escalade et qui garantissent les capacités de négociation. La Chine s'était proposée pour ouvrir des voies de négociation avec l'Allemagne. Si vous voulez faire alliance avec la Chine sur ces points de négociation... Ah, donc l'Allemagne, qui était d'accord. Les démocraties doivent se défendre.

Les démocraties sont de plus en plus attaquées, justement par des pouvoirs autoritaires. Et vous n'avez pas compris ça. Notre avenir est... Mais les démocraties doivent se défendre, mais en respectant leurs principes et en ne tournant pas elles-mêmes en régime autoritaire. Ce qui était évident, c'est que la majorité présidentielle Renaissance et LFI ne sont pas d'accord sur cette question de la stratégie militaire. Elsa Mondingava, les annonces présidentielles, elles divisent à l'Assemblée nationale.

Certainement, tout le monde va applaudir Volodymyr Zelensky, mais clairement, si tout le monde est d'accord pour aider l'Ukraine, on voit bien sur ce plateau, dans l'hémicycle aussi, qu'il y a certaines limites pour certains groupes parlementaires. Exactement, vous l'avez dit Myriam, effectivement, tout le monde est d'accord pour soutenir l'Ukraine, pour condamner l'invasion russe, mais la question, c'est jusqu'où soutenir l'Ukraine ? Justement, le Rassemblement national, la France insoumise et les communistes s'inquiètent, souvent dénoncent un risque d'escalade. C'est un mot qu'on a entendu sur votre plateau, qui serait entretenu par le président de la République.

On entend aussi souvent le risque que la France devienne cobelligérante dans le conflit. Et souvent, ces groupes font la distinction, armes défensives, pourquoi pas, mais pas d'armes offensives. Et puis, sur la question soulevée hier par le président de la République, qui a levé le tabou d'instructeurs français qui pourraient se rendre sur le sol ukrainien, le Rassemblement national n'y est absolument pas favorable. Donc, on a bien une division, non pas sur le soutien, mais plutôt sur le soutien jusqu'où. Ça s'est vu récemment dans un vote sur l'accord de sécurité franco-ukrainien. L'ERN s'était abstenu, les insoumis et les communistes avaient voté contre. Merci beaucoup, Elsa Mondingava.

Si un instructeur français en Ukraine était ciblé, était tué, est-ce que ce scénario-là, il existe, Gallagher-Fennwick ? Et qu'est-ce qui se passe après ? Alors, moi, je n'ai pas de boule de cristal, mais effectivement, qu'il existe, il a été mentionné par le président de la République, donc dans cette opposition entre un civil français qui pourrait être en Ukraine ou même un volontaire français et un instructeur, bien sûr que le symbole serait très très fort. Maintenant, la question que vous posez, c'est est-ce que la nation française serait prête à encaisser ce genre de nouvelles ?

Il se trouve que nous avons des soldats, nous français, qui se battent dans plein de coins du monde, jusque récemment au Sahel, mais aussi dans le cadre de l'opération Chamal au Levant, en Irak et en Syrie. Nous avons eu des morts et malheureusement, en tous les cas à mon goût, ça n'a pas fait la une, on en a à peine parlé, il y a parfois des cérémonies aux Invalides, il me semble que les Français ont accueilli cette nation avec tristesse, mais sans que cela provoque une remise en question de ces missions. Ce serait une autre mission décidée par le président, cela fait partie de ses prérogatives et je pense que les commandants au chef des armées.

Nos armées sont aguerries effectivement et ils ont une conscience de leur mission et du fait qu'ils peuvent mourir, vous savez, tous les chefs, ça c'est les militaires, mais les opinions sont beaucoup plus fragiles. Vous nous avancez qu'on envoie des militaires en Ukraine ? Mais je veux dire, c'est arrivé, comme dit Gallagher-Fanwick, de toute façon, je pense que la nation ferait bloc, mais ça n'entraînerait pas de répercussions des escalades. Donc on accepterait la mort de Français sans rien faire ? C'est ça ce que vous nous dites ? On ferait quelque chose. Les militaires, on n'en est pas là, on va essayer de continuer à décrypter.

Les militaires sont morts pour la patrie et je pense qu'effectivement il y aurait une charge symbolique énorme, mais ce que je veux dire... Et les Français ont encaissé dans l'opinion, en tout cas c'est ce qui s'est passé pour le Sahel et pour le Levant. Plusieurs choses, on parle de civils ou vous parlez de militaires ? Je ne parle pas de civils, je parle de militaires. Oui, mais là, ce sont des instructeurs civils qui seraient envoyés. Mais non, ce sont des militaires. Personne ne parle de civils. Personne n'a parlé de civils pour l'instant sur ce plat. Vous avez parlé de civils. Non, non, j'ai parlé d'instructeurs et pour moi c'était des militaires.

Mais si on parle de militaires, là on a un autre sujet. On a l'article 35 de la Constitution. Comment ça ? Si on engage une opération militaire à l'étranger, le gouvernement est censé prévenir le Parlement sous 48 heures et il y a un vote d'épargne. Ce n'est pas engager une opération militaire ? Non, non, non, non. La déclaration... C'est pour les opérations extérieures. Si on engage une opération extérieure... Ce n'est pas une opération extérieure. Alors qu'est-ce que c'est ? Envoyer des instructeurs militaires. Donc on peut envoyer... Ce n'est pas les envoyer sur le front. Ah bon ? Ce n'est pas le front, l'Ukraine ? Il ne risque pas de mourir ? Mais enfin vous... Qui ? Au nom de quoi ?

Pour l'instant, personne officiellement n'a parlé de l'Ukraine pour la formation pour les instructeurs. Je précise les choses hier soir. Le président est clair. Il ne faut pas mélanger... Là, on évoquait un scénario possible. Oui, ce scénario possible, moi j'alerte sur le fait que le président puisse décider seul d'envoyer des militaires alors que la Constitution décide bien qu'il ne peut pas le faire. On va vous proposer une petite image en direct du tapis rouge, vous allez le voir, qui est déroulé devant l'hôtel de la Sey. Est-ce qu'on a cette image ? La voilà. Les choses se préparent. Normalement, Volodymyr Zelensky devrait arriver accueilli par la présidente de l'Assemblée nationale.

Yael Brunpivet qui, vous le savez, soutient la cause ukrainienne depuis plusieurs mois. Elle s'était rendue à Kiev et avait déjà rencontré à la fois le président ukrainien et son homologue de la Rada, le Parlement ukrainien. Évidemment, dès que le président ukrainien foule le pied de ce tapis rouge, vous verrez tout cela en direct. La question fondamentale, c'est à quoi ça sert ? Est-ce que ça peut être efficace, Vincent Hegeux ? Est-ce que même si ça prend du temps que ces avions arrivent, qu'ils puissent être pilotés par des Ukrainiens, est-ce que ça peut changer le rapport de force ?

34:04
Invité politique

C'est sans doute tard, mais ça n'est sans doute pas trop tard. On sait, hélas, que nous sommes engagés dans une guerre longue. Tout le monde l'admet. Vladimir Poutine le proclame. Et encore une fois, puisque c'est lui qui dicte le tempo de cette guerre inepte, il faut bien adapter notre réplique. Sur le péril relatif à des Français, ça n'est pas nouveau. Si on vous disait qu'à l'instant T, au moment où nous parlons, il n'y a aucun Français sur le territoire ukrainien, vous en seriez sans doute comme moi, assez inquiète. Pourquoi ? Parce que chaque fois que la France soutient militairement un de ses alliés, il y a un accompagnement technique qui fait partie vraiment du B.A.B.

de la coopération sécuritaire mondiale depuis qu'elle existe. Et donc, il y a, oui, sans doute des Français aujourd'hui. Ils ne sont pas en train de danser le tango sur les lignes de front. Bon, je vous rappelle que l'Ukraine est un pays immense et que d'assistance, par exemple, de la formation des instructeurs, ça peut se faire. Non pas les instructeurs, ce sera sans doute à Nancy pour ce qui est des aviateurs. Pour ce qui est de la fameuse brigade...

35:15
Présentateur

Information, Vincent et je.

35:16
Invité politique

Merci. 4 500 hommes, vraisemblablement, donc, ça peut se faire entre la frontière polonaise et puis Kiev à l'extrême limite, autour de Lviv. Je vous rappelle, par exemple, que des Baltes avaient des formateurs et des instructeurs militaires jusqu'en février 2022 sur le territoire ukrainien. Je reviens sur les menaces de Vladimir Poutine. Un universitaire balte s'est amusé, grâce à lui en soit rendu, à recenser systématiquement toutes les menaces qui ont été émises par Vladimir Poutine depuis février 2022. Le compteur en est à 90. Qu'est-ce qui est advenu jusqu'à maintenant ? À peu près rien, sauf l'intensification sur des cibles civiles en Ukraine. Sa réponse, elle est là.

Donc, en plus, si vous décryptez son propos, il est quand même assez incroyable. Il dit quoi ? Il ne dit pas qu'il y aurait des ripostes russes contre l'ennemi occidental. Il dit qu'il y aura une extraterritorialisation de la riposte. Qu'est-ce qu'il veut dire quand il dit deux territoires, etc. ? C'est-à-dire qu'il va équiper les jeunes sahéliennes de missiles à longue portée pour frapper la France ? Je veux dire, il y a quelque chose là aussi qui est un traquenard dans lequel, hélas, beaucoup de nos contemporains tombent. C'est de prendre pour argent comptant des menaces de quelqu'un qui a la rationalité des tyrans et qui n'est pas un fou, contrairement à ce qu'on dit.

On vous donne la parole.

36:33
Présentateur

Et qui sait très bien

36:35
Invité politique

ce à quoi il s'expose. Le RN et la France a promis. On n'arrête pas de nous dire.

36:41
Présentateur

Tout ça, c'est de l'instrumentalisation. Il faut croire ce que dit Vladimir Poutine parce qu'il a toujours fait ce qu'il a dit. C'était votre argument parce que quand on vous disait qu'il n'allait pas attaquer l'Europe, l'Union européenne et que le fait d'attaquer l'Ukraine n'impliquait pas forcément qu'il attaquerait l'Union européenne, vous avez dit qu'il a dit qu'il attaquerait l'Union européenne donc il le fera. Et là maintenant, il dit qu'il va faire ça mais vous nous dites pas forcément. Mettez-vous d'accord avec vous-même. Moi, je reviens sur deux choses. Le fait d'avoir des Français en Ukraine officieusement ou officiellement, ça n'a rien à voir.

Officieusement, s'ils meurent, on n'est pas obligés de réagir. Si on a des soldats officiellement sur le terrain et qu'ils meurent, je ne sais pas comment on ne réagit pas. Premier élément. Deuxième élément, moi je reviens sur les annonces du président de la République. Il nous dit 20 Mirage 5. Vous savez combien on a de Mirage 5 dans l'armée de l'air aujourd'hui ? Non. On en a 20. C'est-à-dire qu'on déplume 40, mais le problème c'est que... Donc on en donne la moitié, c'est trop. Non, non, attendez. C'est la même... Si on en donne la moitié, la même discussion qu'avec les canons CEDA. C'est parce qu'ils sont disponibles, justement. Exactement. Le groupe de Luxeuil est disparu.

Vous savez à quoi nous servent ces Mirage 5 aujourd'hui ? C'est ceux qu'on utilise pour faire la police du ciel sur le front est de l'OTAN, dans les pays baltes et en Pologne. C'est-à-dire que cette mission-là qui est utile pour nos alliés, nous ne pourrons plus la faire si nous donnons ces Mirage 5. Premier élément. Deuxième élément. Former et équiper une brigade ukrainienne. 4 500 hommes. Alors ça c'est la deuxième grosse annonce. Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous êtes présente ? On va juste la redétailler. 4 500 hommes, une brigade, deux soldats ukrainiens. Vous savez ce que ça représente en tant de formation. Équipés, formés, entraînés par la France.

Et autant de britanniques. Et aujourd'hui, nous ne sommes même pas... Nous sommes à peine en capacité de former nos militaires et de leur faire faire les heures d'entraînement dont ils ont besoin. Alors il y a beaucoup d'arguments. Nous ne sommes même pas capables de le faire pour les Français. Mais ce n'est pas la question. Ce qui est à la guerre fenouïque. La question c'est que je dis que ces annonces de la communication à trois jours d'une élection européenne et que ce n'est pas aujourd'hui... Deux jours. A deux jours et que nous ne sommes pas... Tous les jours de l'Ukraine. Et que nous ne sommes pas en capacité de le faire aujourd'hui.

La France n'est pas en capacité de le faire ce qu'il y a du président. Ce qui est intéressant c'est que ce débat il va avoir lieu aussi dans notre pays à différentes échelles. Pas au Parlement. Jamais.

38:47
Invité

Parce que jamais nous ne sommes saisis du...

38:48
Présentateur

Vous avez voté contre Bastien Lachaud. Un accord qui avait déjà été signé. Un accord qui avait déjà été signé. C'est bien qu'on vous consulte. Un accord qui a déjà été signé par le président avant même qu'on le vote. C'est une parodie de débat. Gallagher-Fedwig. Ce débat il existe. Il existe chez nos politiques, chez nos représentants. Mais il va forcément exister aussi parmi la population. Il va falloir faire peur de pédagogie. Pour que cette parole de la France puisse être comprise. Elle n'est pas isolée cette parole aujourd'hui ? Sur le sujet des formateurs, des instructeurs à l'échelle européenne, non.

Puisque les Lituaniens et les Estoniens ont d'ores et déjà fait savoir notamment par le ministre lituanien des Affaires étrangères Gabrielus Landsbergis et la première ministre estonienne Madame Kaya Kalas qu'ils étaient favorables à un dispositif qui effectivement géographiquement se déroulerait dans la partie occidentale du pays. Donc comme le disait Vincent plutôt du côté de Lviv. D'ailleurs, je rappelle qu'après février 2022, il y a une base otanienne qui a été ciblée par les Russes. Il y a très vraisemblablement eu des morts parmi les instructeurs otaniens sur la base. Ça n'a pas provoqué, à mon sens, de tremblements de terre.

Ensuite, je pense que c'est une très bonne chose que ce débat ait lieu. Et il a besoin d'avoir lieu et davantage. Et je pense que peut-être vous, moi, d'autres, l'ont déjà. Dans la rue, on est interpellé par des gens qui sont effectivement préoccupés par cette situation et qui veulent mieux la comprendre. Donc oui à la pédagogie. Allez, je vous interromps. On va vivre ensemble en direct sur LCP. L'arrivée de Volimir Zelensky à l'Assemblée nationale. Vous découvrez donc la voiture dans laquelle se trouve le président ukrainien accueilli par Yael Broun-Pivet. La présidente de l'Assemblée accueille chaleureux, poignée de main. Vous le voyez sur ces images.

La même tenue qu'hier en Normandie sur la plage d'Oma à Colville-sur-Mer. Et puis vous découvrez les vice-présidentes de l'Assemblée, Valérie Rabault, ainsi que l'épouse de Volodymyr Zelensky. Ce sont des images fortes. Ce sont des images importantes, Gallagher-Fennwick. C'est la nation tout entière à travers ses représentants qui vient soutenir le président ukrainien ce matin. Absolument. Et il va se rendre dans ce qui est le cœur de notre démocratie. Il le sait. Il s'adresse donc à la population au travers de sa députation. Et je me réjouis que messieurs Lachaud et madame la députée Pouzirev fassent l'honneur de leur présence.

Je pense que c'est important parce que quand Zelensky foule ce tapis rouge, c'est un morceau, qu'on le veuille ou non, de notre histoire avec un grand H contemporaine qui vient se présenter physiquement devant nous. Il s'était déjà exprimé devant la députation par visioconférence. Là, il vient et ça a été dit en chair et un os. Donc c'est un moment, encore une fois, à la fois protocolaire mais historique, très important. Et le futur nous regarde. Il étudiera, il regardera dans quelques décennies sans doute ces images parce que nous sommes véritablement à un point d'inflexion dans l'histoire de notre continent.

Et Dieu sait si Volodymyr Zelensky joue un rôle crucial dans ce moment et à nous d'être à la hauteur de ce moment de l'histoire avec un grand H.

42:09
Invité politique

La représentation nationale est intensément occupée par un débat sur la fin de vie en ce moment. Je crois qu'il est de notre devoir de faire en sorte que l'on ait mieux à proposer à l'Ukraine que le choix entre les soins palliatifs et le suicide assisté.

42:23
Présentateur

Voilà pour ces propos acides comme d'habitude. Je vais laisser les députés regagner l'hémicycle puisqu'évidemment, aucun de vous deux ne veut rater l'allocution de Volodymyr Zelensky dans à peu près 5 minutes, un peu plus peut-être aux alentours de 9h55. Que va-t-il se passer à présent ? La présidente de l'Assemblée va à la fois faire signer le livre d'or au président ukrainien, un entretien en tête-à-tête à huis clos va se tenir dans le bureau de la présidente de l'Assemblée, à l'hôtel de la Sèvres. Vous voyez là, on en est à la séance photo.

C'est intéressant parce que Valérie Rabot et Yael Brown-Pivet se sont rendues toutes les deux à Kiev à deux reprises pour la présidente de l'Assemblée. Est-ce qu'Elsa Mondingava m'entend ? Elsa, est-ce que vous êtes avec moi ? Peut-être que vous pouvez nous dire, Elsa, vous qui avez accompagné la présidente de l'Assemblée, quel est le lien, l'engagement de Yael Brown-Pivet aux côtés de Kiev ? Eh bien, elle a toujours, la présidente de l'Assemblée nationale, voulu marquer un soutien appuyé à l'Ukraine.

Elle s'y était rendue fin septembre 2022 et puis elle y est retournée, vous l'avez dit, à la fin du mois de mars 2024 avec Valérie Rabot qui est en charge des questions internationales ici à l'Assemblée nationale et une autre délégation de députés. Les deux fois où elle s'est rendue en Ukraine, elle avait rencontré le président Volodymyr Zelensky et la dernière fois, il y a quelques semaines, elle avait prononcé un discours devant la RADA qui est le Parlement ukrainien. Volodymyr Zelensky s'était déjà exprimé ici à l'Assemblée en mars 2022 mais en visioconférence, c'était quelques semaines après le début de l'invasion russe en Ukraine.

Il retourne aussi aujourd'hui à l'Assemblée, évidemment, si la présidente de l'Assemblée nationale a souhaité l'inviter, c'est aussi pour marquer le soutien de la France à l'Ukraine. On le voit sur les images, il signe le livre d'or et ensuite il va traverser la salle des pas perdus. C'est très rare que des chefs d'État ou de gouvernement prononcent des discours dans l'hémicycle. On aura donc une image très importante de cette traversée des pas perdus et ensuite le discours de Volodymyr Zelensky à la tribune de l'Assemblée nationale pour une vingtaine de minutes. Oui, une visite des lieux en quelque sorte par l'hôtesse du jour, la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brodpivet.

On est salon du départ avec ce bureau, ce livre d'or qui vient d'être signé. On est tout près de la salle des fêtes, la grande salle sous les heures de la République que va traverser Volodymyr Zelensky. On est à l'hôtel de Lassay. C'est la présidence de l'Assemblée nationale avec, vous le voyez sur la table, un bouquet jaune et bleu, évidemment, aux couleurs du drapeau ukrainien. Les deux drapeaux, d'ailleurs, sont sortis, sont pavoisés, le drapeau français et le drapeau ukrainien, une séance photo. À chaque fois, on est frappé par cette allure. C'est un homme au combat. Il a les traits assez tirés, il est concentré. Et jamais une cravate portée, on est face à un président en guerre.

45:45
Invité politique

Petite remarque chromatique, avant toute chose. Vous avez vu le jaune et le bleu, qui sont aussi les couleurs de l'Union européenne, rappelons-le. Et on a vu la présidence de l'Assemblée nationale s'arrêter un instant pour commenter un tableau contemporain qui est une sorte de réplique post-moderne de la liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix ou simplement ce sont les couleurs ukrainiennes qui remplacent le fameux drapeau sur le barrage. Je parle évidemment sous le contrôle de son biographe.

L'impression que me donne Volodymyr Zelensky depuis le début, ça renvoie au concept qu'adorent les Britanniques de « accidental hero », de « hero » accidentel, de quelqu'un qui est révélé à lui-même et au sien par une adversité absolument imprévisible. Et il a pris la mesure de l'enjeu au fil des semaines.

Et c'est vrai que quand on regarde le Zelensky d'aujourd'hui dans la tenue que vous venez de détailler et qu'on se souvient des archives que Gallagher connaît par cœur où il faisait l'amuseur avec un parterre de pro-Kremlin frénétiques dont le désolant Vladimir Soloviev, vous savez, le clown tragique de la télévision nationale, eh bien vous dites que ce personnage a fait du chemin et qu'il est d'une certaine manière l'incarnation du sens tragique de l'histoire que nous avions eu tendance, nous, à perdre parce que nous vivions dans l'illusion vaguement iréniste que ce passé-là était révolu à jamais.

47:08
Présentateur

Oui, alors que vous le voyez, la traversée de la salle des fêtes se prépare puisque la caméra qui va suivre Volodymyr Zelensky va justement l'accompagner sur un long trajet. Vous qui avez fouillé dans cette vie, ces mille vies de Volodymyr Zelensky, est-ce que vous êtes surpris par le chef de guerre qu'il est devenu presque immédiatement après la Résion russe ? Bien sûr qu'il est surpris parce qu'il a d'abord été le premier à l'être, je pense qu'il s'est révélé à lui-même, et je pense que c'est une sorte de métamorphose qui est très bien décrite par Vincent Hujud à l'instant, au travers de laquelle Chaplin est devenu Churchill.

Et il n'a rien perdu de cela, il est à la fois aujourd'hui facétieux et sérieux. Il est capable de se mettre à genoux et de prendre dans ses bras très chaleureusement un vétéran sur une chaise roulante sur la plage d'Omarha Beach en Normandie qui lui dit « vous sauvez le peuple » et de lui dire « non, non, c'est vous le héros ». Donc il a un côté à la fois très humain et touchant, mais en même temps très dur. Il est devenu très très dur, Zelensky, dans ses rapports humains avec les gens avec lesquels il travaille, mais aussi avec ses alliés. Et ça c'est intéressant parce qu'il a appris les codes de la géopolitique et qui passent parfois par un rapport de force.

Ça peut paraître contre-intuitif parce qu'il est en situation d'indigence matérielle, il a des besoins, mais il a une posture morale depuis laquelle il parle et qui fait qu'il peut regarder des chefs dont il a besoin de l'aide, les yeux dans les yeux et parfois de haut, et de leur dire « si tu ne me donnes pas ce dont j'ai besoin ou ce que tu m'as promis, je le dénoncerai, ça risque de nuire à ta réputation ».

Mais aujourd'hui, il a aussi la conscience de l'immense poids qu'il porte sur ses épaules et qui avant tout la survie, l'existence d'une nation, d'un peuple, de sa culture, de son histoire, parce que le projet poutinien en Ukraine, il ne faut jamais l'oublier, c'est d'effacer tout cela, c'est de nier tout cela pour le remplacer. Et ça passe par le remplacement physique de la personne qui représente l'État ukrainien, c'est Zelensky, qui a un caractère étacidaire dans le projet militaire et néo-impérial de Vladimir Poutine en Ukraine, mais c'est aussi un projet génocidaire.

Et on le voit, comment il se manifeste, la destruction physique des êtres humains, de l'infrastructure, mais des manuels scolaires, des livres d'histoire, de la langue et de tous les attributs d'une culture dont Vladimir Poutine estime, il le dit et il l'écrit, et c'est sur le site même du Kremlin, qu'elle est artificielle, qu'elle n'existe pas. Et donc c'est tout cela qui pèse, encore une fois, sur les épaules de cet homme,

49:59
Invité

ce président que nous accueillons dans notre principe.

50:01
Présentateur

Le visage de la résistance ukrainienne face à la tentative d'effacement d'une culture et d'un État. Vincent Hugeux, c'est vrai qu'on se pose la question du moral des troupes. On est deux ans après le début de la guerre. L'un des gros défis de Volodymyr Zelensky, c'est la mobilisation. Il doit trouver des hommes et quasiment la nation toute entière va être mobilisée. C'est aussi un des tournants de la guerre. Il a besoin d'armes, mais il a aussi besoin de soldats.

50:32
Invité politique

C'est l'un des facteurs objectifs du raidissement que dépeignait Gallagher à l'instant. Souvenez-vous des tensions entre lui et le très vénéré Zaloujny, chef d'État-major des armées à l'époque, aujourd'hui ambassadeur de l'Ukraine à Londres. Souvenez-vous aussi du débat à la RADA, puisqu'on est ici à l'Assemblée nationale, extrêmement vif sur la nouvelle loi de mobilisation qui avait pour objet d'abaisser l'âge de mobilisation de 27 à 25 ans. Tout ça a créé aussi des tensions internes. Parce que l'un des paradoxes de cette affaire, c'est que pendant ce temps-là, les adversités politiques perdurent. Et les débats, notamment au Parlement ukrainien, peuvent être extrêmement vifs.

La gestion de la pénurie des hommes, indépendamment de celle du matériel, est une obsession permanente. Il faut avoir à l'idée que vous avez des combattants qui n'ont pas nécessairement 22 ans, qui en ont souvent 40 d'ailleurs, qui sont sur le front d'une manière ou d'une autre, continuellement depuis plus de deux ans aujourd'hui. Les permissions sont rarissimes. Les rotations sont éthiques, sans H. Elles sont d'une grande faiblesse. Elles sont trop aléatoires pour qu'il y ait… Et donc, évidemment, tout ça, vous y ajoutez le matraquage, la rupture du lien familial, les blessures dont on ne se relève pas toujours, ni physiquement, ni psychologiquement.

L'armée, c'est pour ça que je parlais d'une armée à l'os tout à l'heure, l'armée ukrainienne a atteint un stade d'épuisement qui est extrêmement préoccupant et qui donc conduit évidemment son chef, non pas son chef militaire, mais son chef politique, le président de la République ukrainienne, à des décisions rugueuses, oui, bien sûr.

52:15
Présentateur

Je vous donne la parole dans un instant. On attend toujours l'arrivée, donc la traversée de Volodymyr Zelensky aux côtés de Yaël Braun-Pivet dans la salle des fêtes, puis salle des pas perdus avant de regagner l'hémicycle. On vous montrera tout cela en direct, bien évidemment. Elsa Mondin-Gava, vous avez quelques informations. Le gouvernement sera présent, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, mais au-delà d'anciens premiers ministres également, sur les bancs. Oui, exactement. Il y a un petit peu de retard dans le protocole, mais on a des yeux en tribune presse qui peuvent regarder ce qui se passe dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Ça se remplit bien.

Il y a environ 200 députés, donc les groupes ont quand même réussi à mobiliser. Et ce qu'on sait, c'est qu'il y aura effectivement Gabriel Attal, ainsi que Stéphane Séjourné, ministre des Affaires étrangères, Marie Lebec, ministre des Relations avec le Parlement. Il y a aussi d'anciens ministres, Alain Juppé, Manuel Valls, l'ancien président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, sont également présents. Il y a quelques instants, Valérie Rabault, vice-présidente de l'Assemblée nationale en charge des relations internationales, est entrée dans l'hémicycle avec la première dame ukrainienne, sous les applaudissements des députés. On craignait un manque de présence.

Là, on nous confirme que finalement, les bancs sont quand même assez nourris. Et d'ici quelques instants, la présidente de l'Assemblée nationale, vous l'avez dit, va traverser la salle des pas perdus avec le président ukrainien. Elle prononcera un discours cinq minutes au perchoir avant de laisser la parole à Volodymyr Zelensky pour une vingtaine de minutes. Mais ce sera devant de nombreux députés, environ 200 selon nos calculs. Et on reste avec vous en direct, bien évidemment. Merci. Elzarien n'aurait été pire qu'un hémicycle complètement clairsemé. Les députés ont compris qu'ils avaient aussi rendez-vous avec l'histoire ce matin.

Je l'espère et je m'en réjouis parce que ça aurait été triste d'accueillir l'histoire avec un grand H en mode bac à sable. Je pense que ça aurait donné une image déplorable, même si on comprend effectivement le moment délicat d'un point de vue démocratique dans lequel nous nous trouvons. Il faut parfois effectivement savoir accueillir l'histoire avec une certaine clarté morale. Et je pense que, et c'est peut-être ça qui me gêne quelque part, quand on est gêné par cette présence, celle de cette histoire, c'est peut-être parce qu'on n'est pas totalement au clair sur cette histoire avec un grand H.

Quand on a la crainte d'une instrumentalisation d'un personnage qui, si j'ai bien compris, est là pour incarner la démocratie, que nous avons en partage avec l'Ukraine et qu'elle est agressée, alors il faut essayer de comprendre pourquoi est-ce que c'est vu comme cela. Après, effectivement, qu'il peut y avoir une image d'union autour de personnages qui font partie d'une campagne, qui donc font campagne contre d'autres parties. Mais c'est important. Je pense qu'il y a aussi un autre phénomène qu'il ne faut pas négliger. Tout député qu'il soit, il y a un phénomène de curiosité par rapport à Zelensky.

Il parle précisément parce qu'il y a cette conscience aiguë du fait qu'il est en train de marquer l'histoire et que dans des années, des décennies, on parlera de lui et celles et ceux qui pourront dire « Je l'ai vu, je l'ai rencontré et j'y étais » dans ce moment très important, ce moment d'inflexion dans notre histoire commune. Il y a cela qui participe. Et puis, et dernier point, puisque tout à l'heure vous me parliez de Volodymyr Zelensky, il est malgré lui devenu l'un des hommes, peut-être l'homme le plus puissant au monde aujourd'hui.

C'est-à-dire que vous avez un clown porté au pouvoir par un pays qui montre qu'il a quand même un certain sens de l'humour puisque l'Ukraine est agressée non pas depuis 2022 mais depuis 2014 et qui en 2019 se dit que ce serait une bonne idée de porter ce zigoto aux manettes du pays alors qu'il n'a aucune expérience politique, qu'il ne fait d'ailleurs pas campagne. Il se dit que c'est lui qui va gérer le pays, sachant qu'il fait campagne sur deux piliers, la lutte contre la corruption et le fait d'amener la paix. Et aujourd'hui, il a la guerre totale. Le plus puissant au monde, vous êtes d'accord avec l'analyse ? Le courage est là, la volonté de persuasion, de convaincre, la puissance aussi ?

56:11
Invité politique

La puissance réside dans le fait qu'il contraint ses partenaires et ses ennemis à se positionner par rapport au cap qu'il a choisi et qu'il maintient. C'est en cela qu'il est puissant. Car d'une certaine manière, il met au pied du mur le président américain Joe Biden comme le chancelier allemand et, au passage, le maître du Kremlin.

J'observe, et c'est un propos d'analyste et pas du tout polémique, que les tendances politiques qui en France, par exemple, incriminent le président de la République, sur le thème de l'instrumentalisation préélectorale, etc., sont précisément les tendances, les partis, qui n'ont pas réussi, à ce stade, à s'affranchir de leur incurable prurite, homie-neutraliste, au pire, russophile ou russolâtre. Donc, je veux dire, là, il y a une logique qui est implacable. On voit bien dans l'embarras de certains propos de Rassemblement national à LFI qu'il y a cette incapacité à réviser son logiciel géopolitique.

57:08
Présentateur

On est à un moment particulier. On a parlé de cette polémique sur l'éventuelle instrumentalisation à deux jours de l'élection. N'empêche que le sort de l'Ukraine va se jouer aussi le 9 juin. Est-ce que, du résultat des urnes, la force du soutien à Kiev sera déterminante ? Absolument, à 100%. Et pour élargir cela, c'est le sort de notre continent qui se joue. Il se joue déjà militairement en Ukraine. Il va se jouer politiquement dans les urnes. Et je pense que Zelensky l'a compris et ce qu'il vient chercher, puisqu'il y aura d'autres étapes dans ce séjour français.

Il va aller notamment après à Versailles dans une unité de production KNDS, qui est un fleuron de la coproduction militaire franco-allemand, qui participe notamment à la coproduction du fameux canon César. Il y a le souhait pour l'Ukraine de s'autonomiser dans sa capacité de production militaire afin de ne plus être dépendant des aléas démocratiques d'un continent qui, quand effectivement des pouvoirs qui sont soit pro-russes ou très peu pro-ukrainiens, arrivent justement au pouvoir démocratiquement, d'éviter que cela ne porte trop préjudice à l'Ukraine. Donc oui, l'enjeu ukrainien, il est immense ce dimanche, quand celles et ceux qui déposeront un bulletin dans l'urne vont le faire.

Ils auront peut-être ce dossier à l'esprit quand ils le feront. Il est presque 10 heures. Bienvenue à ceux qui nous rejoindraient sur LCP. On s'apprête à vivre un moment d'histoire. La locution du président ukrainien dans l'hémicycle de la représentation nationale au Palais Bourbon. Il y aura 5 minutes de prise de parole de Yael Brun-Pivet avant cela, vous l'avez compris. Le protocole, le agenda, le calendrier après un peu de retard. Mais on est là, en direct sur LCP. On parlait, Vincent Hugeux, de l'enjeu européen. Il y a un enjeu américain aussi. Vous avez dit que Volodymyr Zelensky avait fait plier Joe Biden. Pourtant, on a vu le temps.

Alors, je vous interromps parce que ça y est, ça commence. Et on va suivre ça tous ensemble en direct. Donc, vous voyez derrière les officiers du protocole, la présidente de l'Assemblée, le président ukrainien et la garde républicaine. Nous sommes salle des fêtes de l'Assemblée nationale. La gravité des visages, celui du président ukrainien bien sûr. Traversé donc avec un petit problème technique qu'on va essayer de réparer, ça y est. Tout de suite, de la salle des fêtes. Pour parvenir, on est à deux pas de l'hémicycle précisément. Alors que les tambours de la garde républicaine retentissent dans la salle des pas perdus qui jouxte l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

Je vous laisse découvrir et vivre pleinement ces images. Et voilà, salle des séances. L'hémicycle n'est pas plein comme vous le voyez. Et c'est la présidente de l'Assemblée qui devrait s'exprimer en premier. Voilà, vous le voyez, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, l'ancien Premier ministre Alain Juppé et cette ovation pour le président ukrainien. Le drapeau est pavoisé et la présidente de l'Assemblée qui va prendre la parole, qui présente en quelque sorte les lieux. On le sait, il est imposant cet hémicycle, même s'il est un peu moins grand qu'à la télévision. En général, c'est l'impression qui est faite.

La parole donc au Père Chois, à la présidente de l'Assemblée pour quelques mots d'accueil républicain. La séance est ouverte. Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Madame la ministre des Relations avec le Parlement, Messieurs les Premiers ministres, Monsieur le Président de l'Assemblée nationale, Mesdames et Messieurs les députés, Le 24 février 2022, il y a plus de deux ans déjà, par une violation flagrante de tous les principes du droit international, la Russie lançait une guerre d'invasion contre votre pays. Depuis, avec un courage exemplaire, L'Ukraine tient. Le peuple ukrainien résiste.

Drapez dans l'azur et l'or de votre bannière, qui sont aussi les couleurs de l'Europe unie. Et l'Union européenne est à vos côtés, frappant l'agresseur de multiples sanctions, soutenant l'agressé sur tous les plans, politique, humanitaire et militaire. C'est un impératif. Car la guerre a fait le retour sur le continent et avec elle une autre bataille fait rage, dont vous êtes devenu le symbole. Une bataille pour défendre les valeurs qui fondent notre démocratie et que Moscou bafoue. Dans cette bataille, la France et son Assemblée nationale sont à vos côtés. Dans les épreuves, l'amitié entre nos deux pays n'a fait que se renforcer.

Nos parlements particuliers, foyers de cette vie démocratique que nous avons en partage, ne font que se rapprocher. Dès le 23 mars 2022, moins d'un mois après l'invasion russe, vous vous adressiez aux parlementaires français par écran interposé. Le 31 janvier 2023, nous recevions ici même mon homologue, Ruslan Stéphane-Chouk. Et le 28 mars dernier, à son tour, il nous recevait et me permettait de m'exprimer au nom de la représentation nationale devant la Rada d'Ukraine pour réitérer le message de soutien et d'amitié de la France. À deux reprises, avec ma première vice-présidente et les présidents des commissions des affaires étrangères et de la défense, nous sommes venus sur place.

Nous avons visité les villes martyres, rencontré vos co-citoyens. À Tcherniv, à Odessa, ce que nous avons vu a renforcé notre détermination à agir. Notre soutien n'est pas qu'un symbole. Et je veux évoquer ici la lettre commune au speaker de la Chambre des représentants que j'ai signée avec 22 autres présidents d'Assemblée, dont le président Larcher, président du Sénat, sur l'aide américaine à l'Ukraine. Quelques semaines plus tard, les États-Unis étaient au rendez-vous.

Dans cet hémicycle, les députés français ont approuvé les sanctions prises contre la Russie, condamné les transferts forcés massifs d'enfants ukrainiens et voté un texte inscrivant le groupe Wagner sur la liste des organisations terroristes. Parce que, je l'ai dit, sur le respect du droit international et l'intégrité de l'Ukraine, la France et ses députés ne transigeront pas. Parce que la force et résilience du peuple ukrainien font l'admiration des Français. Parce que l'avenir de nos valeurs démocratiques se joue sur votre sol. Jamais, nous ne cesserons de soutenir votre pays. Alors, monsieur le Président, à l'invitation du Président de la République, vous voici à Paris.

Au nom de l'Assemblée nationale, je suis fière. Nous sommes fiers, nous sommes honorés de vous accueillir ici. Monsieur le Président, vous avez la parole.

1:08:17
Invité

Chère Madame la Présidente

1:08:24
Présentateur

de l'Assemblée nationale, chers présents, Mesdames et Messieurs les députés, je vous remercie beaucoup

1:08:35
Invité

pour votre invitation

1:08:37
Présentateur

à l'Assemblée nationale française et pour l'opportunité de m'adresser à vous au nom de tout notre pays. J'apprécie grandement le respect pour l'Ukraine et envers les Ukrainiens, tous les Ukrainiens que vous nous témoignez. Merci pour cela. Merci la France.

1:09:01
Invité

Chère France, ces jours-ci, nous commémorons le courage des combattants

1:09:08
Présentateur

au soutien mutuel des peuples qui ont gagné la bataille de Normandie et qui l'ont remporté. Et c'est justement cette victoire-là qu'on ressent encore sur les plages d'Omahabitch où nous étions hier avec le Président Emmanuel Macron et d'autres, avec d'autres dirigeants. C'est bien cette bataille remportée que nous commémorons ici et nous sommes fiers d'être des héritiers de ceux qui ont participé. Les combattants étaient très différents, originaires et originaires de pays différents, mais tous aussi désireux de faire triompher la liberté.

Ce sont bien ces batailles remportées ici, en Normandie et dans notre pays, à l'est de l'Europe, dans les mers du nord de notre continent et dans le ciel britannique dans le sud de l'Europe

1:09:57
Invité

et dans les pays

1:10:00
Présentateur

occupés par les nazis. C'est justement ces batailles qui ont été remportées qui ont rendu l'Europe à l'humanité. Sans ces victoires, rien n'existerait, personne n'existerait. Nous, ni l'Ukraine, ni la France, toutes les nations libres n'existeraient. Il n'y aurait pas de liberté individuelle et en Europe.

1:10:27
Invité

Et l'Europe n'existerait ni en tant que concept, ni en tant qu'une réalité concrète. Et nous souvenons tous

1:10:35
Présentateur

ce que signifie le nazisme. Sans la victoire sur le nazisme, tout notre continent entier serait resté une tâche noire dans l'histoire, une source de mort pour toutes les autres nations du monde. C'est grâce à ces victoires, celles des nations libres, il y a 80 ans, qu'il naît notre Europe, le continent qui est capable d'être une source d'espoir.

1:11:11
Invité

Notre Europe, c'est le résultat du courage

1:11:17
Présentateur

des hommes et des femmes de cette époque, de tous ceux qui, malgré leur peur, n'ont pas succombé au mal. Ils ont résisté, ils se sont battus. Et cette unité a marché à cette époque-là et elle fonctionne toujours, elle donne de la force à notre Europe. C'était le choix des gens de l'époque de se battre pour la victoire, pour empêcher le mal de s'emparer de nos foyers.

Il n'y avait à cette époque-là aucune autre motivation à part celle de protéger leur foyer et le droit des hommes d'être hommes, des hommes au sens propre du terme, dotés de liberté, de dignité, de droit, de leur naissance de manière égale afin que personne ne puisse se proclamer maître des autres et pour que chacun puisse choisir son propre destin. C'est notre Europe.

1:12:19
Invité

C'est ce qui a été assuré

1:12:22
Présentateur

par la victoire il y a 80 ans. Merci pour cela.

1:12:39
Invité

Et c'est ce qui ne peut pas

1:12:45
Présentateur

être acquis pour l'éternité.

1:12:48
Invité

Chers Européens, la veille sur la côte normande où nous nous sommes souvenus

1:12:55
Présentateur

tous de la seconde guerre mondiale, où nous avons remercié les vainqueurs, il y avait deux sentiments qui étaient présents, un sentiment de joie d'avoir emporté la victoire et un sentiment de devoir

1:13:09
Invité

obtenir la liberté. Nous vivons à une époque où l'Europe n'est plus un continent de paix, malheureusement. Et à une époque où le nazisme revient, malheureusement. De nouveau,

1:13:29
Présentateur

en Europe, les villes sont entièrement détruites et des villages sont incendiés. De nouveau, en Europe, apparaissent des camps de filtration, des déportations et la haine, ce qui est devenu un nouveau culte russe. alors qu'il y en a qui cherchent à diviser l'Europe, à partager. Ils disent que de tels ou tels peuples ne méritent pas une existence. Tout cela vise aujourd'hui l'Ukraine. mais cela peut viser d'autres pays demain. Nous voyons déjà

1:14:05
Invité

comment

1:14:07
Présentateur

cette agression peut se développer. Les pays baltes, la Pologne, les Balkans et plus. Ce régime russe ne connaît pas de limites. L'Europe ne lui suffit plus. Il a déjà détruit la Syrie, perturbe le Sahel, il investit dans la terreur et menace la vie là où il peut atteindre, où il ne rencontre aucune résistance. Il utilise

1:14:34
Invité

tout

1:14:34
Présentateur

pour affaiblir les pays en utilisant les ressources énergétiques et les dendroits alimentaires. Et il a ressorti tout l'arsenal des siècles passés du blocus maritime à l'enlèvement massif des enfants de notre peuple dans les territoires occupés

1:14:55
Invité

pour rééduquer

1:14:58
Présentateur

et les rendre complètement différents dans la haine de leur patrie.

1:15:06
Invité

Il fait du chantage au monde entier pour que le monde ait peur de lui.

1:15:12
Présentateur

Il trouvera aussi le chemin et la voie pour vous déstabiliser, pour déstabiliser l'Europe. Le demain pourrait être ainsi. demain si l'Ukraine ne gagne pas. Cette bataille

1:15:28
Invité

qu'il se poursuit actuellement contre l'envahisseur russe

1:15:33
Présentateur

continue sur les terres de nos régions de Kharkiv, de Donetsk, à la frontière avec la Russie et aux abords de Kherson, dans la clandestinité à Berdienst, Melitopol, en Crimée, dans le ciel de l'Ukraine et dans notre mer Noire. Cette bataille pour l'Ukraine a désormais pour l'Europe la même signification existentielle que les batailles gagnées par des générations précédentes d'Européens. Cette bataille est à la croisée des chemins. C'est le moment où nous pouvons tous ensemble écrire l'histoire à laquelle nous aspirons ou bien nous pouvons devenir victimes de l'histoire comme le veut notre ennemi. Je souligne notre ennemi commun.

Nous devons nous rappeler qu'à l'extérieur il y a un ennemi qui ne laisse ni des nations ni d'êtres humains où il vient. Il ne laisse pas le droit de choisir comment on peut vivre. Regardez qu'est-ce qui est le contrôle russe. C'est des ruines incendiées et désertes de nos villes. Et ça, c'est des faits. Regardez ce que Poutine fait de son propre pays et de son propre peuple. C'est un territoire où la vie n'a plus de valeur. C'est tout le contraire de tout ce à quoi nous aspirons et de nos valeurs. C'est le contraire de la liberté, le contraire de l'égalité et le contraire de la fraternité. Donc, c'est le contraire de l'Europe. C'est l'anti-Europe. Voilà ce que c'est Poutine.

1:17:36
Invité

Chère France, chère France, Poutine peut-il gagner cette bataille ? Non. Parce que nous n'avons pas le droit de perdre. Cette guerre peut-elle s'éteindre se limitant aux lignes qui existent actuellement ? Non. Car il n'y a aucune ligne pour le mal. Tout comme il y a 80 ans, tout comme maintenant. Et si quelqu'un tout seul essaie de dessiner des lignes de partage provisoire, ça ne donnera qu'une pause avant une nouvelle guerre. de même qu'à l'époque lorsque le mal déployait son agression contre ses voisins dans les années 30, Hitler a franchi ligne après ligne. Poutine fait de même.

Et lorsque hier la Russie a exprimé des menaces directes à la France, c'est devenu un argument de plus en faveur de notre courage et du fait qu'aucun mal à travers le monde ne doit avoir l'audace de s'opposer à la France et à déclarer les Français comme des cibles militaires. Pouvons-nous gagner cette bataille ? Certainement, oui. Nous pouvons. L'Ukraine et donc l'Europe. L'Europe et donc la France. J'en suis persuadé tout comme la France croyait en liberté avant même le D-Day mais ce jour de débarquement tout comme le jour de la victoire européenne était inévitable. Pour la première fois, j'ai eu l'honneur de m'adresser à vous et je vous en remercie.

de m'adresser à vous à un moment aussi difficile où nous n'étions pas encore arrivé. J'ai eu l'honneur de m'adresser à vous à un moment qui était très difficile. C'était un moment de danger mortel pour nous et c'est absolument vrai. C'était les premiers mois du début de l'invasion russe. L'occupant à l'époque n'a pas encore été chassé de notre capitale de Kiev et les combats s'est déroulés non loin de Kiev. A l'époque n'ont pas eu lieu les premières opérations qui ont permis de faire revenir les territoires occupés par la Russie de récupérer nos maisons et récupérer nos gens et nos enfants.

A l'époque, nous ne prévoyons pas encore de libérer l'île aux serpents dans la mer noire et de gagner la bataille pour la mer et de libérer la région d'Ochar qui est la ville de Kherson. A l'époque, le monde ne connaissait pas encore Boucha et ne savait pas encore ce que signifiait l'occupation russe. Et personne ne croyait à quel point les Ukrainiens pouvaient être efficaces. mais même alors, nous savions et nous le savions avec certitude que nous surmonterions toutes les difficultés et que la seule chose qu'il nous faut, c'est que les Ukrainiens ne restent pas seuls à seuls, que nous ayons un soutien efficace, constant, suffisant, suffisamment de longue portée et un soutien de leader.

Et c'est là que nous pourrons garantir l'accomplissement de notre travail, la garantie du fait que l'Europe ne reviendrait pas à l'époque où sans le département des alliés sur le continent, sans l'implication du monde entier, il était impossible de terminer la guerre en Europe de manière à ce que ça réponde aux intérêts de l'Europe et aux intérêts du monde entier et par conséquent de chaque personne sur cette planète. Je vous remercie. Je vous remercie d'être à nos côtés pour défendre la vie. Et je voudrais remercier, de vous remercier tous, remercier la France de ne pas avoir hésité et d'avoir choisi le côté de l'humanité dans cette guerre, de la culture, du droit international.

Dès les premiers jours, dès les premières heures de cette agression par laquelle la Russie a tenté d'effacer les 80 ans de l'Europe, je sais que je peux compter sur vous, que je peux compter sur la France, sur vos cœurs et sur votre dévouement au principe. Je vous remercie. Nous vous remercions. Le sentiment que l'Ukraine résiste au mal a uni de nombreuses personnes en France. Des familles françaises ont aidé les familles ukrainiennes qui fuyaient la guerre. Les cœurs des Français nous souhaitaient du courage et je vous en remercie. Je remercie les Français, je remercie les familles françaises. Merci beaucoup.

Nous pouvons compter sur votre soutien, sur vos armes, notre formation, nos soldats, les forces économiques et diplomatiques de la France, les systèmes de défense antiaérienne, vos blindés, vos missiles, votre expérience et vos conseils nous aident déjà à sauver les vies et à retenir les troupes russes. Merci à vous. Je suis certain qu'un jour viendra où l'Ukraine pourra voir dans son ciel les avions tels que nous avons vu hier dans le ciel de la Normandie. Votre aviation de combat, vos chasseurs brillants qui, sous la direction des pilotes ukrainiens, prouveront que l'Europe est plus forte, que l'Europe est plus forte que le mal qui a osé la menacer.

Aujourd'hui, tout comme il y a 80 ans, nous pouvons le prouver, la puissance de notre unité, la puissance de notre alliance, la puissance de nos idéaux communs. Emmanuel, M. le Président, je voudrais te remercier aussi de n'avoir pas laissé l'Europe sans leader et l'Ukraine sans la France au moment qui était décisif. Nous faisons tout pour que cette coopération soit mentionnée, ne soit pas oubliée dans 80 ans comme une bataille gagnée. C'est très important et je vous en remercie. Je voudrais maintenant souligner particulièrement chacune et chacun d'entre vous, chers députés de l'Assemblée nationale.

il n'y a pas longtemps, vous avez soutenu notre accord de sécurité entre la France et l'Ukraine. Votre suite, cela a été soutenu par le Sénat français. C'est un document spécial. Ce sont les racines de coopération entre nos deux États et je vous remercie pour cela. Je vous remercie pour ce soutien historique, votre clairvoyance. Je vous remercie de soutenir notre cheminement vers l'Union européenne et pour la compréhension du fait que la frontière orientale de l'OTAN ne peut pas être interrompue par une zone grise laissée en dehors de l'Alliance.

C'est en Ukraine que se trouve la clé de la sécurité de toute l'Europe car sans le contrôle sur l'Ukraine, la Russie devra devenir un État national normal et non un empire colonial qui est constamment à la recherche de nouveaux territoires aussi bien en Europe qu'en Asie qu'en Afrique. Chers amis, de fait, d'ici une semaine aura lieu notre D-Day, jour de la diplomatie, le sommet inaugural pour la paix qui pourrait devenir un format qui rapprocherait la fin juste de cette guerre. Nous n'avons jamais compté sur la force des armes, nous avons toujours veillé à la diplomatie.

Poutine a rejeté la solution diplomatique en commençant une guerre à grande échelle et en choisissant le génocide des Ukrainiens plutôt qu'un dialogue avec l'Ukraine. Tel était son choix et il faut l'unité du monde pour gagner. C'est beaucoup de travail, c'est réellement de grands efforts qui sont demandés à tous les pays sur tous les continents et non seulement à l'Europe. et c'est la raison pour laquelle nous nous réunissons. Il y a plus de 100 pays et organisations internationales qui ont soutenu le sommet pour la paix. Malheureusement, pour l'instant, pas tous les pays dont dépend la paix dans le monde, mais la France est avec nous et je vous en remercie. Merci.

Je vous suis reconnaissant pour ce que vous faites déjà et c'est déjà beaucoup, mais pour la paix juste, il faut plus. Et ce n'est pas un reproche, c'est juste comment vaincre le mal, faire plus aujourd'hui qu'hier pour demain être plus près de la paix que jamais. Nous dévouons et nous réussissons tout cela. Merci pour votre alliance. Je vous remercie de votre attention, je vous remercie de votre soutien. Gloire à l'Ukraine.

1:31:28
Présentateur

Madame la représentation nationale, Monsieur le Président Zelensky, nous vous remercions, je vous remercie et vous pourrez toujours compter sur la France à vos côtés et nous comptons sur vous comme vous pouvez compter sur nous. Merci à tous. La séance est suspendue. Et voilà donc pour ces un peu plus de 20 minutes de discours de Volodymyr Zelensky. Vous le voyez, long standing ovation dans un hémicycle plutôt clairsemé. C'est vrai que cette image, elle est surprenante, Vincent Hugeux. L'ensemble des députés n'étaient pas au rendez-vous.

1:32:53
Invité politique

Yel Bronpivé a fait part dans son propos liminaire de sa fierté de recevoir le président ukrainien. Moi, je dois dire qu'en tant que citoyen, j'éprouve plutôt à l'instant T un sentiment de honte. Les députés à bon droit se plaignent d'être tenus à l'écart des grandes décisions portant sur les enjeux internationaux. Et vous avez vu ces trous béants dans l'hémicycle. C'est quand même... Alors, on va invoquer la tradition qui veut que le vendredi on soit en circo, on soit sur ces terres, que nous sommes à l'avant-veille d'une échéance électorale.

Et franchement, si on n'est pas capable à ce moment-là de faire en sorte d'être présent alors que l'on sait que les enjeux sont à ce point cruciaux, il y a quelque chose de désolant. Je pense vraiment que la représentation nationale ne s'est pas... Les absents ont toujours tort.

1:33:44
Présentateur

On a vu un hémicycle rempli, je dirais, plutôt au centre. Renaissance, Horizons, quelques Républicains. La gauche, une partie des bancs LFI était vide. et à droite aussi, à l'extrême droite aussi, c'est quelque chose qui restera selon vous ? Oui, je ne pouvais pas m'empêcher de me projeter dans un futur hypothétique dans lequel des enfants, des adultes, demanderaient, non pas au présent, mais aux absents, vous étiez ou tu étais où le 7 juin 2024 quand l'histoire est venue s'adresser à la France dans l'hémicycle pour lui dire merci. C'est le mot qui est revenu le plus sans doute dans la bouche de Volodymyr Zelensky.

Merci à la France de s'être tenue aux côtés de l'humanité dans ce moment de crise. Et je crois que quelles que soient les excuses des absents pour justifier leur non-présence ce jour-là, je pense qu'elles vieilliront mal, ces excuses. J'entends qu'il y a un scrutin à venir, mais comme l'a très bien dit Vincent, il y a des bus, il y a des voitures, des avions, des trains en France qui auraient sans doute permis une présence. Alors on va regarder les premières réactions des présents. Arnaud Le Gall au micro de Dario Borgogno, député insoumis.

1:34:58
Invité

Nous n'avons toujours pas eu ce débat puisque le débat du 12 mars dernier était un débat non contraignant avec un vote non contraignant à votre purement symbolique sur un accord de défense qui avait déjà été signé et alors même qu'entre-temps le président de la République avait évoqué, vous vous en souvenez, l'envoi de troupes au sol possibles en Ukraine. Depuis, il continue, on a des annonces régulières, etc., sans qu'il n'y ait jamais de débat, de vote. La France est engagée, est un des pays les plus engagés dans la possibilité d'être en confrontation directe avec une puissance nucléaire, la Russie. Tout ça mérite un vrai débat.

Nous ne l'avons pas eu aujourd'hui puisque la parole était au président Zelensky et c'est son droit. Nous, nous questionnons les méthodes de la Macronie d'organiser cela deux jours avant un vote. Vous avez applaudi

1:35:49
Locuteur

votre chef d'État

1:35:49
Invité

étranger invité à s'exprimer devant l'Assemblée nationale. Encore une fois, le sujet aujourd'hui, ce n'est pas M. Zelensky. M. Zelensky remplit son rôle de chef d'État ukrainien. Nous n'avons pas applaudi au moment où il a clairement exprimé ses préférences politiques sur la France. C'est-à-dire qu'il a dit clairement, il a fait comprendre qu'il était très content de la victoire de M. Macron en 2022. C'est son droit.

1:36:18
Présentateur

Voilà.

1:36:19
Invité

Il a fait comprendre qu'il était très content de la victoire de M. Macron en 2022. C'est son droit.

1:36:27
Présentateur

Voilà. La politique a immédiatement repris ses droits comme vous l'avez entendu sur les bancs de la France insoumise. Finalement, cette polémique elle a d'endure. Deux jours avant le scrutin, on fait de la politique parce que chaque mot est susceptible de faire l'objet d'arrière-pensée.

1:36:45
Invité politique

Elle a peut-être repris ses droits, elle a surtout repris ses travers. Et je trouve là aussi absolument désolant que l'on explique que l'on a eu l'applaudissement sélectif en fonction du propos d'un chef d'État invité. Vous savez, Georges Perec ne parlait pas lui de l'histoire avec un grand H mais il parlait de l'histoire avec une grande H. Le problème, c'est que la H aujourd'hui, c'est évidemment Poutine qui la manie et je ne comprends pas que la plupart des députés absents, certains ont peut-être des excuses valables, n'aient pas mesuré l'importance du moment.

Je souligne sur le propos de Volodymyr que dans sa première séquence quand il s'est adressé à de multiples parlements dans le monde, il y avait un équilibre entre le merci et le grief qui était différent. C'est-à-dire que derrière chaque marque de gratitude, il y avait un reproche implicite. Et là, il y a juste sa conclusion où il dit qu'il faut faire plus. mais je dirais que le ratio entre les merci et les reproches était différent et c'est d'autant plus paradoxal que, comme on l'a souligné tout à l'heure, la situation opérationnelle sur le front est loin d'être rassurante pour lui et pour les siens.

1:38:00
Présentateur

Oui, c'est vrai que c'était un discours de gratitude. À chaque phrase, il a remercié la France, la chère France. Il a dit à quel point notre pays avait choisi sans hésitation dès le début le camp de l'Ukraine. Cette gratitude, elle est pleinement, pleinement méritée ?

1:38:21
Invité

Oui, elle est pleinement méritée parce que la France et votre journaliste au tout début de cette émission

1:38:28
Présentateur

a fait la liste de ce qui a été donné militairement. La France fait énormément également d'un point de vue économique et humanitaire. Il ne faut pas l'oublier parce que la reconstruction de l'Ukraine a déjà commencé et la France joue sa part. Il y a la qualité des matériels. Après, je pense qu'il ne faut pas

1:38:46
Invité

se leurrer. Il y a un chemin qui a été parcouru par le président de la République. On se rappelle de ces mots, à mon sens malheureux, sur le fait

1:38:54
Présentateur

qu'il ne faille pas humilier la Russie ou encore qu'il faille prendre en considération les considérations ou les préoccupations sécuritaires de la Russie. On avance vers davantage de clarté. C'est une bonne chose. Il y a effectivement une gratitude à l'endroit de la France. Mais il y a la conscience aiguë quand même de ce chemin qui a été parcouru et du chemin qui reste à parcourir. C'est pour ça, et Vincent l'a souligné, que même si c'est passé comme ça très rapidement, le président Zelensky a bien dit qu'il faut faire plus. Effectivement, il faut faire plus. Juste une toute petite note.

Moi, je ne suis pas si choqué que ça par le fait que la politique reprenne ses droits parce que c'est le propre de la démocratie. Et nous sommes dans le cœur ici, non loin de l'hémicycle, dans la démocratie. Et le fait que les uns et les autres entre guillemets se chamaillent, c'est une bonne chose. C'est-à-dire qu'on ne peut pas vouloir à la fois la démence, la défense de la démocratie et sa censure quand on n'est pas d'accord avec ce que des oppositions peuvent exprimer. Le danger, à mon sens, réside dans l'instrumentalisation de cette démocratie afin de soutenir des projets qui, eux, ne le sont pas démocratiques.

Et c'est cette ligne de crête-là qui, me semble-t-il, est parfois empruntée par certains des présents qui s'exprimaient là et ce que pensent certains des absents et qu'ils manifestent par leur absence. Oui, il y avait quand même du monde dans l'hémicycle et notamment quelques présidents de groupes. Il faut souligner la présence de Marine Le Pen pour le Rassemblement national, le président du Parti communiste aussi, Fabien Roussel, ainsi que d'ancien Premier ministre Manuel Valls, Alain Juppé, ainsi que le Premier ministre Gabriel Attal au premier rang pour l'écouter, Volodymyr Zelensky qui fait même applaudir la France, Vincent Heugeux. Alors, c'est un discours de gratitude. Merci, merci.

Mais finalement, c'est presque plus lui qu'on applaudit, mais lui qui fait applaudir la représentation nationale. Il sait y faire aussi.

1:40:49
Invité politique

Il ne faut pas oublier quand même quelle est sa trajectoire professionnelle. C'était un homme qui initialement était au sens noble du terme un amuseur, qui avait ce sens du paradoxe, du contre-pied, de l'ironie, de la dérision, etc. J'observe d'ailleurs qu'il a beaucoup appris aussi dans l'art du verbe politique parce que lorsqu'il dit en fin de discours, vous vous en souvenez sans doute, qu'il remercie une fois de plus la France pour n'avoir pas hésité dès le premier jour, ceux qui ont eu des contacts avec son entourage à l'époque des premières semaines de l'agression russe, ne relayaient pas un écho.

Il y avait une vraie déception, voire un dépit, notamment au regard des épisodes que Gallagher rappelait à l'instant, cette volonté qui a quand même perduré pendant des mois d'être une puissance d'équilibre, d'offrir l'occasion à la diplomatie de prévaloir. Disons qu'il a fallu un certain ajustement de la part de l'Elysée.

1:41:49
Présentateur

– On continue à recueillir les premières réactions à chaud au micro d'Elsa Mondingava, le président du groupe Renaissance, Sylvain Maillard. – Oui, alors ce n'est pas anodin de recevoir le président ukrainien. Déjà vous, votre sentiment, qu'avez-vous ressenti dans l'hémicycle ?

1:42:00
Invité

– Oui, un moment extrêmement fort de communion avec le peuple ukrainien. On a senti un président de la République d'Ukraine qui veut faire passer des messages, un message de solidarité, un message aussi d'envie de continuer, continuer, continuer. D'ailleurs, il nous l'a dit dans des mots très forts, il faut continuer l'effort, il faut même l'intensifier. Ce n'est pas un reproche, mais c'est une promesse que nous allons gagner, que nous allons pouvoir restaurer une République. Et aussi, un message aussi fort, je veux le noter, sur le fait qu'il n'accepte pas les positions actuelles des frontières. Et donc, il veut restaurer l'intégralité du territoire.

C'est aussi un message fort qu'il a envoyé à l'ensemble du monde à travers ce message à l'adresse des députés de la République.

1:42:46
Présentateur

Justement, vous faites partie de la majorité. Quand vous l'entendez dire il faut plus, vous dites, c'est exactement ce qu'Emmanuel Macron a dit hier, puisqu'on va livrer des Mirages, on va aussi peut-être faire des instructeurs français là-bas.

1:42:59
Invité

Il faut plus de matériel et en continu. Il nous faut des avions supplémentaires. Le président de la République les a promis, les Mirages d'ici la fin de l'année. Et l'instruction, évidemment, piloter un Mirage, ça ne s'improvise pas. Et que ce service offert par les Français sera en application immédiatement. Oui, il faut plus de matériel, il faut plus de matériel d'obus, il faut de quoi alimenter en France, mais comme ailleurs, la résistance ukrainienne tout simplement sur le long terme.

1:43:27
Présentateur

Dernière question un petit peu plus politique, voire certains diraient politicienne. Certaines oppositions ont regretté une forme d'instrumentalisation avec la venue du président ukrainien aujourd'hui à quelques jours du scrutin européen. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

1:43:39
Invité

Je trouve ça grotesque. Le président d'Ukraine a déjà pu déjà venir dans notre hémicycle à travers les caméras juste au moment de l'agression, mais c'est encore plus fort quand il vient devant nous. Il est à l'invitation au moment du débarquement des 80 ans débarquement du 6 juin. Il vient, il nous fait l'honneur de venir face à la représentation nationale. Réjouissons-nous de cette preuve aussi d'amitié profonde entre l'Ukraine et la France. C'est un beau moment.

1:44:08
Présentateur

Merci beaucoup Sylvain Maillard, président du groupe Renaissance. Et merci à vous Elsa Mondingava. On revient vers vous dès que vous avez des réactions supplémentaires. Gallagher, Fenwick, c'est vrai qu'on n'a pas eu un discours sur les annonces, les fameux mirages, les avions de combat. C'est vrai qu'on aurait pu imaginer que le président ukrainien allait les mentionner, mais non finalement. Non, je pense que si vous voulez, il a très bien compris, il est bien conseillé à la fois sur le langage, les personnages qu'il a face à lui et les lieux depuis lequel il s'exprime.

Il est au cœur de notre démocratie et ce qui appelle, si vous voulez, à mon sens, quelque chose de plus grandiloquent au sens propre et noble du terme. Et il est davantage ce matin dans le symbole que dans le terre-à-terre et le concret qui sera sans doute réservé à une autre prise de parole aujourd'hui, en l'occurrence aux côtés de son homologue français, donc le président Macron, puisqu'une conférence de presse en mode bilatéral, donc commune, est prévue un petit peu plus tard. Oui, ce soir. Après, voilà, une visite à Versailles sur le site de coproduction militaire KNDS avec le ministre français des Armées, M. Lecornu.

Fabien Roussel, le président du Parti communiste, est à vos côtés, Elsa. Oui, vous avez entendu le président ukrainien, il faut plus. Mais vous, les communistes, vous leur disent, oui, mais on ne peut pas non plus fournir tout ce que vous nous demandez, c'est ça ? Empêcher Poutine de gagner la guerre, lui faire respecter le droit international, c'est ce qui doit tous nous mobiliser.

Mais je suis extrêmement inquiet par les propos que vient de tenir le président ukrainien, qui, lui, fait la comparaison avec le débarquement du 6 juin 1944, appel à un nouveau D-Day, un nouveau débarquement, et en faisant ce parallèle, en comparant Poutine à Hitler, en comparant l'invasion de l'Ukraine avec la Shoah, il fait, je pense, une comparaison malheureuse et il appelle à ce que l'Europe entre dans une troisième guerre mondiale. Nous avons tous dit au lendemain de la seconde guerre mondiale, plus jamais ça. 60 millions de morts, plus jamais de troisième guerre mondiale. Tout doit être refait pour trouver des solutions politiques et diplomatiques au conflit.

Or, je vois qu'aujourd'hui, ces solutions politiques et diplomatiques s'éloignent et c'est l'engrenage militaire qui gagne. Vous êtes pour une solution diplomatique, vous, Lodimir Zelensky, l'a dit, la diplomatie, c'est Poutine qui n'en veut pas, c'est lui qui veut la guerre. Mais je ne comprends pas cette réponse parce qu'en revanche, il se tient une conférence pour la paix, là, en Suisse, d'ici quelques jours. Il aurait fallu inviter la Russie à venir à cette conférence pour pouvoir discuter de son plan comme celui de l'Ukraine et essayer de trouver ensemble les voies d'une résolution du conflit.

Il aurait pu être proposé que ces deux parties étant en présence en Suisse, nous aurions pu, pendant ce temps-là, avoir un cessez-le-feu. Il faut tout faire pour obtenir une désescalade militaire, faire en sorte qu'il y ait un cessez-le-feu le plus rapidement possible. Une désescalade, mais les mots du président Emmanuel Macron hier, c'était pas de capitulation. Les mots du président de la République hier inscrivent cette guerre dans le temps long. Il parle de plusieurs mois. Il parle d'envoyer des mirages, des soldats français sur le sol ukrainien. Il parle de frapper le sol russe avec des missiles français.

Tout cela peut nous conduire à ce que demain, la France entre en guerre contre la Russie. Est-ce que c'est ce que veulent les Français ? Et je pose cette question. Est-ce que les Français ne doivent pas être pour le moins consultés à ce changement de stratégie ? Et c'est pour ça que je demande à ce que le Parlement soit saisi de cette réorientation de la politique de défense de la France pour qu'au moins

1:47:52
Invité

nous ayons les éléments d'appréciation et que nous puissions nous exprimer sur ce sujet.

1:47:56
Présentateur

Dernier mot quand même, même si on l'a vu que sur le discours, vous aviez des nuances très fortes sur la présence quand même du président ukrainien dans l'hémicycle aujourd'hui.

1:48:05
Invité

Que l'on accueille

1:48:07
Présentateur

dans l'hémicycle un pays, un président que nous soutenons dans ce conflit face à la Russie qui a violé les règles internationales, ça ne me choque pas et c'est normal. Et c'est bien que nous le fassions. Mais je suis très inquiet par les paroles que j'ai entendues. Je suis très inquiet par ces paroles parce que ce parallèle qui est fait avec force, avec le débarquement conduit à faire un parallèle à une troisième guerre mondiale que le président Zininski appelle et nous n'en voulons pas. Nous n'en voulons pas. Merci beaucoup Fabien Roussel, président du parti communiste. Merci à vous Elsa Mondingava.

Et si un vote avait lieu dans cet hémicycle-là, Vincent et Jeux sur la base de l'inflexion stratégique, les annonces présidentielles, pas sûr qu'il soit majoritaire finalement ?

1:49:02
Invité politique

Non, pas sûr. Il se heurterait à une coalition des neutralistes et des russophiles sans pour autant d'ailleurs que ceux-ci puissent parvenir à une majorité écrasante. Je suis quand même très frappé. Je viens d'entendre parler d'un plan russe. Je découvre en direct que la Russie aurait un autre plan que l'asservissement nature colonial de son voisin de l'Ouest. Soyons clairs, tout ce qu'on entend là, ça renvoie à la même illusion lyrique qui était celle d'Emmanuel Macron au début d'ailleurs. Cette idée, ce fantasme qui voudrait que l'Ukraine puisse l'emporter sans que la Russie perde. Je suis navré. À ce stade-là, et au fond, je le déplore, c'est un jeu à somme nulle.

Il ne peut pas y avoir de victoire, donc de restauration de la souveraineté ukrainienne sans qu'il y ait une défaite russe au sens d'une défaite par rapport à l'objectif très clairement affiché, l'objectif géostratégique du Kremlin aujourd'hui. Et le jour où nos députés auront pris conscience de cette réalité, eh bien, on aura fait un pas en avant.

1:50:02
Présentateur

D'accord avec cette analyse ? Oui, en fait,

1:50:05
Invité

si vous voulez, dans les mots de M. le député Fabien Roussel, j'entends le choix, la manière dont il le présente, c'est que la paix vaut mieux que la liberté.

1:50:15
Présentateur

Mais vu l'héritage idéologique dont il est le récipiendaire et le transmetteur aujourd'hui, la question est qu'est-ce que vous faites de la paix si vous n'avez pas de liberté ? Et l'absence de liberté n'est-elle pas la garantie d'une paix très fragile ?

1:50:31
Invité

Puisque précisément, on a vu, quand on appelle aux négociations, ce qu'on donnait les négociations précédentes dans le cadre de l'Ukraine. On peut faire une longue liste de tout ce qui a été négocié entre l'Ukraine et la Russie, qui a été piétiné par la Russie. Mais plus récemment, Vladimir Poutine a été invité en 2014 pour les 70 ans du débarquement. C'est ce qui a donné derrière Minsk 1 et Minsk 2 qui sont des accords.

1:50:56
Présentateur

Et Minsk 1 et Minsk 2 donnent le 23 février 2022. L'invasion russe. Absolument. Donc il faut qu'on soit clairvoyant sur les dessins de Poutine. On va s'arrêter là. Je vous remercie infiniment d'avoir pris le temps de nous faire partager vos décryptages. Le débat va reprendre dans l'hémicycle sur la fin de vie. C'est bien ça ? En régie, vous me le confirmez ? Bien. Alors, merci à vous de nous avoir suivis. Merci à toutes nos équipes en direct depuis la salle des 4 colonnes. Elsa Mondingava, Dario Borgogno, merci aux équipes d'LCP, la régie, la production et la rédaction, bien sûr.

Vous restez avec nous pour ce que le débat parlementaire sur la fin de vie et l'accompagnement des malades intéresse puisqu'il va reprendre à présent dans l'hémicycle. Très bonne journée à tous sur LCP, bien sûr.

1:51:45
Invité

Européenne 2024.

1:51:57
Présentateur

Rejoignez-nous le dimanche 9 juin pour découvrir le résultat des élections européennes lors de notre grande soirée commune sur France 24 et les chaînes parlementaires, LCP et Public Sénat.

1:52:08
Invité

Trois heures d'émission pour tout savoir sur ce vote. En France et dans les différents pays de l'Union européenne, nous serons à Paris dans les QG des partis politiques.