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interviewThinkerview (sur YouTube)· 8 septembre 2021 139 min

Le rapport qui annonce l'apocalypse ? Valérie Masson-Delmotte et Pierre Larrouturou [EN DIRECT]

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Messieursdames, bonsoir. Bonsoir. Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Syerview.

Nous sommes en direct. Est-ce que vous pouvez vous présenter succintement ? Alors moi, je suis Valérie Massonelmotte.

Je suis chercheuse en sciences du climat à l'université Paris- Saliés d'un des groupes de travail du JC, le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat. Et donc, j'ai récemment supervisé le rapport sur le climat qui est sorti le 9 août dernier et qui fait le point sur l'état des connaissances, qui donne finalement l'image la plus claire qu'on a du climat tel qu'il a varié dans le passé, comment il fonctionne, comment il est en train de changer aujourd'hui et les évolutions futures possibles. Pierre Larouturou.

Moi, je m'appelle donc Pierre Larouturou. Je suis ingénieur agronome, très engagé depuis longtemps dans la lutte contre la pauvreté, la lutte contre le chômage et contre l'exclusion. Et puis depuis 7 ans, j'ai eu la chance de beaucoup travailler avec Jean-Josel qui est un des un des collègues amis de de Valérie, un très grand climatologue.

Et puis depuis 2 ans, je suis député européen, rapporteur général du budget au Parlement européen et coresponsable du financement du climat au Parlement européen. Donc j'essaie d'écouter les scientifiques et de d'apporter des solutions parce qu'il nous il sonnent l'alerte et qu'il est temps qu'on passe à l'action. Vous avez fait récemment une grève de la fin ?

Non, j'ai fait une grève de la fin. Donc, j'ai d'abord fait voter un rapport par le Parlement européen qui dit si on veut gagner la bataille du climat, il faudra isoler les maisons, faudra faire des transports en commun, faudra aider les agriculteurs, tout ça c'est possible et ça peut être génial. On peut vivre dans une société beaucoup plus équilibrée, on peut encore éviter le chaos, mais isoler une maison, c'est 40000 €.

On va pas demander à chaque famille de trouver 40000 €. Faire des transports en commun, dans mon coin des Pyrénées, tout le monde prend sa voiture parce que pour aller au boulot, il y a pas de transport en commun. Donc, faudrait mettre des milliards dans les transports en commun.

Donc, j'ai fait voter avec d'autres un rapport qui dit comment on peut trouver de l'argent euh en écoutant les gilets jaunes. C'est pas en augmentant les impôts sur ceux qui gagnent 1000 ou 2000 par mois, en particulier en taxant la spéculation. Il y a 70 % des députés européens de toutes les tendances qui ont voté ce rapport en disant "Oui, on peut taxer la spéculation, on peut mettre une taxe carbone aux frontières pour aider les familles, pour faire l'isolation, pour aider les collectivités." Et j'ai vu que le lobby bancaire bloquait tout.

Donc j'ai fait une grève de la fin pendant 18 jours pour dire on peut pas rester comme ça. Déjà Nicolas Hul quand il avait démissionné avait dit que le lobby le lobby bancaire, le lobby pétrolier gênit son action et je pense qu'il est important qu'un maximum de citoyens comprennent vraiment les enjeux et sachent qu'il y a des solutions et que c'est pas grave si on demande une taxe sur la spéculation, les les traders vont pas en mourir si on leur prend 0,1 % on pourrait créer des millions d'emplois et gagner la bataille du climat. Valérie, j'ai j'ai étudié un peu votre profil.

Vous êtes aussi paléocclimatologue. En général, quand on on discute avec une paléoclimatologue, c'est soit dans un scénario hollywoodien, soit sur un documentaire éé qu'on aime bien regarder avant de s'endormir. Donc en général, quand on discute avec un paléoclimatologue, c'est que ça craint du boudin.

Donc on va on va on va aujourd'hui en discuter un peu plus longuement. Ce fameux rapport du GC qui sort, c'est le combiene déjà ? C'est le 6e cycle d'évaluation.

Ça a démarré en 1990. Donc en 1990, vous commenciez déjà à tirer la sonnette d'alarme. Là, j'ai j'ai un peu investigué sur vos prospectives, sur la concentration de savoir que vous avez pu faire dans ce rapport et ça craint vraiment.

Quand on parle d'un scénario à 1,5, on est actuellement sur 1°gr 5, c'est ça ? D'augmentation de de la température mondiale. Alors, en fait, on en est à 1,1° à la surface de la Terre, hein, continent et océan.

C'est une moyenne par Ouais, c'est ça. C'est la moyenne planétaire par rapport à 1850 1900. Euh c'est quelque chose qui est en fait déjà massif.

Euh c'est une rupture par rapport à la variabilité naturelle du climat au cours des derniers 2000 ans. Donc moi ce que je reproche un petit peu à ce rapport-là, c'est dire 1,5 ou 1,1°, c'est une moyenne sur la Terre, mais sur les continents, ça veut dire plus que ça, non ? Oui.

En fait, le réchauffement, il est plus prononcé au-dessus des continents que la moyenne planétaire et est particulièrement marqué autour de l'Arctique. Donc en Europe, en France, on en est déjà en fait à 1 degré et demi de réchauffement par rapport à la fin du 19e siècle. Et puis c'est pas seulement une histoire de moyenne, euh c'est une histoire en fait euh d'un climat qui change, qui affecte aussi euh les conditions météorologiques partout et donc également des extrêmes chauds plus fréquents, plus intenses, des événements de précipitation intense, plus intense, plus fréquents.

On a vu cet été à New York. Exactement. Euh c'est également euh des cyclones tropicaux de catégorie 3 à 5 plus fréquents.

C'est une montée graduelle du niveau des mers parce que les glaciers fondent, parce que l'eau s'est engonfle, parce que les calottes de glace du Groenland et de l'Antarctique s'écoulent plus rapidement. La montée du niveau des mers, elle a accéléré au cours des derniers 30 ans et c'est aussi une rupture sur plus de 3000 ans. Alors ici sur cette chaîne YouTube, on a la chance d'avoir une communauté qui se tient vraiment au fait de ce type de données, de data.

Là, j'aimerais qu'on qu'on pousse le vis en disant aux gens ce que ça a comme répercussion à court terme sur l'approvisionnement en eau, l'approvisionnement en énergie, l'approvisionnement en nourriture comme le poisson, la viande et et et la température qui va faire chez nous et les répercussions sur nos infrastructures, les répercussions sur notre système bancaire. D'ailleurs, on va peut-être en parler avec Pierre. Qu'est-ce que ça veut dire en terme de migration par exemple un réchauffement climatique sur un scénario à 3°gr ?

Alors, je vais juste rappeler en fait ce dont on parle. Donc, on en est à 1,1°. Notre meilleure estimation, c'est que ce réchauffement depuis 1900, il est intégralement dû aux conséquences des activités humaines avec des gaz à effet de serre, du dioxyde de carbone, du méthane et d'autres qui piègent de la chaleur he qui partent plus vers l'espace. cet effetl un petit peu masqué par l'effet des particules de pollution.

L'évolution future du climat, elle est pas actée. Elle est pas actée parce que si on mettait tout à zéro aujourd'hui, on a pour 10000 ans, il y aurait pas de réchauffement supplémentaire en surface. La montée du niveau des mers, elle elle est inéluctable parce que avec le temps de mélange dans les océans, la réaction des glaciers et des calottes qui vont s'ajuster même au climat d'aujourd'hui, ça ça va continuer à monter.

Le rythme va aussi dépendre de l'ampleur du réchauffement de surface et de nos émissions de gaz à effet de serre. Alors, qu'est-ce qu'on peut dire, hein, à horizon des prochaines décennie, euh il y a une poursuite de réchauffement qui va avoir lieu. Pourquoi ?

L'inertie, c'est pas celle du climat. L'inertie, c'est celle de nos infrastructures, les voitures, les systèmes de chauffage, les usines, les pratiques agricoles et cetera. C'est ça qui fait de l'inertie.

Donc si on arrive à avoir des émissions de gaz à effet de serre qui stagnent au niveau actuel, c'est à peu près les promesses que les États ont mis sur la table en 2015. Des engagements s'ils se réalisent, des émissions qui stagnent jusqu'en 2030. Si ça continue comme ça quelques décennies, bah on va dépasser 1 degré et demi autour de 2020 2040 en moyenne sur une vingtaine d'années.

On dépassera 2 degrés à horizon 2050 et puis 3°gr au début du prochain siècle. 3°gr ça veut dire 6 degrés sur les continents. 3 degrés ça veut dire davantage sur les continents.

Un réchauffement très prononcé du côté de l'Arctique. Ça veut dire une accélération continue du rythme de montée du niveau des mers. Des événements chauds qui sont aujourd'hui rares qui deviendront beaucoup plus fréquents.

C'est en fait disproportionné par rapport au niveau de réchauffement. Euh et pour donner un ordre de grandeur, euh si on prend euh le climat passé, on est en train nous de refaire une atmosphère en rajoutant plein de gaz à effet de serre, en brûlant des énergies fossiles euh qui a eu lieu à l'échelle géologique. Le niveau de CO2 dans l'atmosphère qui augmente du fait de nos activités, essentiellement charbon, pétrole, gaz, déforestation.

Il atteint un niveau qui la dernière fois qu'il a été connu était il y a environ 2 millions d'années. La dernière fois qu'il y avait un niveau de réchauffement autour de 2°gr, c'était il y a 3 millions d'années. Il y avait pas l'espèce humaine telle qu'on la connaît aujourd'hui et c'était des changements en fait très graduels.

Donc on est dans une situation où on est aujourd'hui presque 8 milliards d'humains, plutôt sédentaire, la plupart d'entre nous. Et donc l'ensemble des caractéristiques d'un climat qui change, des tendances, des extrêmes et puis des valeurs qui dépassent des seuils de tolérance pour les organismes, pour les les les espèces que l'on cultive pour nos sociétés. On le voit déjà, on voit, on vit déjà avec les impacts d'un climat qui change, ça touche toutes les régions.

Et donc plus le curseur sera important au niveau planétaire, plus en fait dans chaque région en Europe comme partout ailleurs, on devra faire face à ces changements complexes. Mais les risques, c'est pas que l'évolution du climat. Les risques, c'est aussi bah est-ce qu'on est particulièrement vulnérable ?

Est-ce qu'on est plus exposé ? Quelles sont nos capacités en fait à anticiper, à tenir compte de cette information scientifique par des pour développer des stratégies de gestion de risque d'adaptation. Vous répondez déjà à vos questions, c'est est-ce qu'on est vulnérable ?

Oui. 80 % Alors en France 2 tiers des gens sont directement concernés par les aléas climatiques parce que on vit on vit sur des terrains côtiers. Oui, parce que va y avoir la salinisation des sols.

Par capillarité, l'eau de mer va remonter dans les terres agricoles. Euh, on pourra plus vivre sur place sans climatisation ou sans vivre dans un trou. Et donc, revenons à la question initiale.

En terme de chaînes alimentaires, de chaînes énergétiques et de chaînes d'approvisionnement en eau, quelles vont être les conséquences ? Les conséquences en fait, elles vont dépendre de ce qu'on pourra faire, de ce qu'on aura les capacités de faire en terme d'adaptation. Et en fait, dans toutes les régions du monde, on n'est pas égau par rapport à ça.

On n pas les mêmes ressources, on n pas les mêmes compétences. Et donc l'enjeu en fait, c'est si on regarde non pas la physique du climat, ce qui est le contenu notre rapport, mais les conséquences, les impacts, les risques, les enjeux, il touchent tous les secteurs d'activité. Alors, je vais donner un exemple, celui de la gestion de l'eau.

L'eau, c'est vital en fait. Donc dans un climat qui change, le réchauffement, il est quasi global. Par contre, les conséquences sur la répartition des pluies, elles sont très hétérogènes.

Dans les régions froides, c'est plus chaud, plus humide en moyenne. Donc plus de précipitation en moyenne annuelle, par exemple, plus de pluie dans le nord de l'Europe, le nord de la France en hiver. Plus de moustique, plus de malaria, plus de précipitation et puis plus de pluie torrentielle. 7 % de plus de quantité de précipitation sur les recorss par degré de réchauffement global.

Donc ça veut dire une augmentation du risque d'inondation si onicipe pas ça. Ça peut être exacerbé dans les villes par exemple parce que plus on urbanise plus ça ruisselle vite. Mais dans les régions semi-harides, dans les régions de climat méditerranéen, dans un climat qui se réchauffe, il y a un changement en fait de la circulation atmosphérique de grande échelle et une des conséquences, c'est une baisse de la quantité de pluie en moyenne annuelle et en particulier pendant les saisons sèches.

Donc on le voit déjà autour de la Méditerranée et ça ne va faire que s'accentuer à mesure du niveau de réchauffement global. Donc une des conséquences directes, c'est une augmentation de la sévérité des sécheresses et une des régions particulièrement concernées, c'est tout le tour he rive nord rive sud de la Méditerranée. Ça représente combien de millions de personnes ?

Ça représente en fait euh euh des dizaines de millions de personnes et euh par ailleurs euh des populations qui sont parfois très jeunes euh sur la rive sud de la Méditerranée. Euh donc ça pose des questions d'anticipation de la gestion de l'eau euh d'une gestion durable de l'eau. Ça touche bien sûr les pratiques agricoles mais aussi l'approvisionnement pour l'industrie, pour les villes.

Donc ce sont des enjeux qui sont extrêmement importants en Europe comme partout dans le monde. Et puis c'est pas simplement ça en fait, c'est pas que des moyennes. Donc le dernier constat que que l'on dresse avec dans ce rapport pour la première fois un chapitre entier dédié au cycle de l'eau, c'est que dans un climat qui se réchauffe, le cycle de l'eau en fait en moyenne, il s'intensifie.

Donc ça veut dire une atmosphère qui contient plus d'humidité, donc parfois des épisodes plus intenses. En moyenne, plus on met des gaz à effet de serre, plus les pluies de mousson par exemple sont intenses. Mais quand l'atmosphère est plus chaude, en fait, elle peut aussi vider plus vite les sols de leur humidité en renforçant l'évaporation, la transpiration des plantes.

Et donc en fait ce dont on parle, c'est un cycle de l'eau plus intense, plus variable, plus variable d'une année à l'autre, d'une saison à l'autre, avec des saisons très sèche, très humide et des événements très secs et très humides exacerbé. Et c'est aussi le cas pour l'Europe de l'Ouest. Si je vous comprends bien, ça va faire des événements plus extrêmes concernant la chaîne alimentaire.

Exactement. Donc, on avait rendu en 2019 un rapport spécial sur les enjeux croisés, climat, sécurité alimentaire. Euh donc le le le constat, il est très net hein.

Euh quand on a par exemple des sécheresses sévères qui touchent certaines régions euh ou des vagues de chaleur qui dépassent les seuils de tolérance des espèces cultivées ou euh des animaux qu'on élève, les animaux d'élevage, bah on a des chutes de rendement. Pour le moment, c'est quelque chose qui est plutôt concentré et qu'on arrive à gérer par bah le marché mondial en fait d'approvisionnement. Plus le climat se réchauffe, plus on risque d'avoir des chocs mais qui sont pas seulement pour une seule région mais qui pourraient toucher plusieurs greniers à blé en même temps.

Donc ça ça fait partie des des enjeux critiques. Par exemple pour l'Europe dans notre analyse, on montre que à plus de 2 degrés, on risque en fait de souvent dépasser les seuils de tolérance qu'on connaît aujourd'hui pour la santé, pour le travail en extérieur ou pour certaines espèces cultivées aujourd'hui. Donc on n'est pas complètement coincé au sens où finalement les enjeux pour la sécurité alimentaire, c'est pas simplement le niveau de réchauffement, c'est aussi en fait l'évolution des revenus des agriculteurs partout dans le monde.

Si en fait on les aide à sortir de la pauvreté, si on renforce leur capacité d'adaptation, c'est ça ça permet de réduire ce risque. Et d'un autre côté, si on maîtrise la demande alimentaire, on peut aussi limiter les risques. La demande alimentaire, c'est tirée par l'évolution démographique d'alimentation.

Est-ce qu'on doit maîtriser l'évolution démographique ? Nous, on explore en fait un ensemble de scénarios très contrastés pour la partie. Ça s'appelle un effet de mange pour pas répondre à une question.

Ça en fait, je décris ce qu'on fait euh pour le climat, pour comprendre comment le climat va évoluer. On explore en fait cinq grands scénarios, cinq grandes familles de scénarios très contrastés. le le je vais décrire les deux extrêmes comme ça ça donne une idée.

Dans ces scénarios, vous avez inclus la cupidité des lobby et l'impuissance des politiques. En fait, c'est vraiment des narratifs complètement contrastés. Donc, on va prendre le scénario curseur maximum sur la soutenabilité, donc forte volonté politique, mise en œuvre de politique publique pour la maîtrise démographique, c'est l'éducation des filles en particulier. maîtrise de la consommation, donc des modes de consommation soutenables pour l'alimentation, les matières premières non renouvelables, maîtrise de la demande d'énergie.

Ça c'est le scénario le plus bas en fait en terme d'émission de gaz à effet de serre et c'est celui qui permet d'assurer la sécurité alimentaire même pour un réchauffement qui atteindrait 2 degrés sans choc majeur. Et puis des scénarios intermédiaires he pour suite de tendances actuelles. Et puis des scénarios en fait de augmentation des rivalités régionales.

Un développement en fait où bah la population continue à augmenter et non seulement elle augmente mais les inégalités explosent. Donc ça veut dire d'un côté une partie importante de la population mondiale qui a les moyens en fait de consommer beaucoup. Donc ça exerce une pression très forte sur la demande en matériaux, la demande en énergie.

Ça exerce également une pression très forte sur la demande alimentaire, par exemple la consommation de viande ou d'huile végétale. Donc qui exerce une pression croissante sur les terres et sur le climat. Et de l'autre côté, une partie importante de la population mondiale qui est très pauvre, très peu de capacité d'adaptation, pas de filet de sécurité, pas de système d'assurance, extrêmement vulnérable.

Et donc en fait en en fonction de ces familles de scénario, les impacts sur le climat à travers les émissions de gaz à effet de serre, la pression sur les terre et la biodiversité sont très différents mais aussi les vulnérabilités, les expositions, les capacités à agir. Et donc nous, on regarde l'effet climat et en février 2022 euh nos collègues en fait qui travaillent sur les impacts, les risques et les options d'adaptation vont utiliser les mêmes types d'informations pour avoir une vision beaucoup plus claire sur l'ensemble des risques par secteur, euh par région, y compris les questions de déplacement de population à l'intérieur des pays, entre les pays, parce que bien sûr, cela fait partie aussi des enjeux. Je vais vous poser une question qui n'est pas très simple.

Qu'est-ce que ça veut dire maîtrise et comment c'est applicable ? Je vois que ça vous fait sourire. Maîtrise dans la bouche d'un scientifique, je comprends.

Mais dans la bouche d'un politique, ça se traduit comment ? Ça se traduit par une dictature verte ? Enfin, si je vais voir Sijing Ping, je lui dis "Bon, maîtrise, ça veut dire quoi chez toi ?" Il va me dire "On sait faire maîtrise en Europe, ça veut dire quoi ?" Ça veut dire des quotas.

Ça veut dire on vous envoie la police quand votre quand vous faites n'importe quoi dans votre entreprise, on vous fait payer des amendes. C'est quoi la maîtrise ? Et quand on dit maîtrise de la démographie, ça veut dire quoi ?

Alors, dans ces scénarios, c'est par exemple des choix politiques dans toutes les régions du monde, dans tous les pays où on choisit de mettre l'accent sur l'accès à la santé reproductive, l'éducation des femmes, euh le fait de permettre par exemple d'avoir des systèmes de sécurité sociale, de retraite qui permettent d'éviter de dépendre en fait du nombre d'enfants qu'on a pour assurer ces vieux jours. C'est des choses de ce type là. euh maîtrise de la demande en matériaux par exemple, et ben ça peut être comme en Norvège le choix par exemple sur les véhicules euh de taxer les véhicules en fonction de leur masse par exemple euh de sorte à encourager euh ceux qui vont acheter des véhicules plus légers dont l'empreinte à la production est plus réduite que ceux que des tanks en fait.

Voilà. Donc en fait, les formes euh de l'implémentation peuvent être très variées selon le type de pays, la gouvernance, euh euh le niveau de développement aussi du pays. Euh nous en fait pour la partie disons évolution du climat global, physique du climat, ce qui compte pour nous en fait c'est la manière dont ça agit au niveau planétaire sur les échanges de rayonnement entre la terre et l'espace et puis sur les puits de carbone, c'est-à-dire la capacité des sols, de la végétation à absorber une partie de nos rejets de gaz à effet de serre.

En tant que scientifique, vous pensez que nos politiques sont à à même de de gérer ça quand on voit qu'ils ont pas été capables de maintenir un stock de masque, un stock de casac, un stock de quoi que ce soit. Nous la 5e ou 6e puissance mondiale, est-ce que vous pensez que le le réchauffement climatique en fait ça va faire un burnout à toute notre classe politique ? Alors, je vais parler franchement.

Effectivement, la pandémie, elle a montré que devant une situation qui était inédite, inédite, on va dire, mais qui était attendue, les rapports de l'OMS sur l'occurrence de nouvelles zonoses, ils étaient déjà là. Alors, zoon va des maladies qui passent des animaux aux humains et qui pe qui peuvent se répandre très vite au niveau mondial. On en a vu une quoi, accident industriel.

Ouais. Et euh par ailleurs euh les systèmes de gestion, d'alerte et cetera, on a vu que les différents pays du monde étaient pas au même niveau et certains pays asiatique qui avaient déjà eu un coronavirus il y a quelques années, ils avaient mis en place des systèmes en fait de réaction, des stocks et cetera un peu différents de ce qu'on avait dans d'autres régions du monde. Donc ça montre en fait l'importance des dispositifs de préparation, la culture de gestion de risque, l'anticipation.

Et euh quand on n'est pas prêt, ben qu'on a un événement de ce type là qui se produit, on est le dos au mur, on doit prendre des mesures brutales de privation de liberté et ça fait un an et demi qu'on vit avec ça. Et euh donc ce qui nous attend avec le climat pour la question climat, le constat scientifique, il est pas tout jeune. En fait, le premier rapport qui décrit comment le climat réagit quand on rajoute des gaz à effet de serre, le le les degré de réchauffement si on double la teneur en CO2 de l'atmosphère, c'est un rapport de l'Académie des Sciences américaines, le premier qui a fait un qui a construit un consensus scientifique de 1979.

Ce constat en fait, il a été renforcé, rendu de plus en plus robuste au cours du temps. Et dans le dernier rapport de cet été, on a pour la première fois une estimation plus précise d'ailleurs de cette sensibilité du climat en combinant toutes les sources d'information, la compréhension de chaque boucle de rétroaction, ce qu'on tire des observations récentes, ce qu'on tire des climats passés. Donc, on a une meilleure estimation et une plage qui a été divisée par deux par rapport à ce qu'on savait à la fin des années 70.

Mais quand on regarde du côté du monde politique, moi ce qui me frappe c'est l'inertie. Alors dans les exemples d'inertie, c'est que ça qui vous frappe. Non non.

Dans les exemple d'inertie, c'est par exemple est-ce qu'il y a eu des plans de formation dans les administrations publiques de sorte à ce que les éléments de connaissance scientifique sur deux dimensions, les enjeux et puis les actions à mener et comment les mener ? J'ai pas compris, j'ai pas compris le départ. Des actions de en fait les actions de formation, il y a un défi nouveau.

D'accord. Mais pour rentrer dans la fonction publique, il faut avoir fait le collège. Non, parce que là là, on est en train on est en train de brasser.

Je parlais de l'action publique. Après, on peut remonter sur la formation, l'éducation et tout le reste, mais simplement sur l'action publique, la formation des fonctionnaires. En fait, ceux qui sont chargés de mener les politiques publiques.

On peut aussi parler de la formation des élus. Sur ces questions-là, je pense qu'il y a beaucoup de choses à renforcer. Euh là, cette année, le gouvernement français met en place un tron commun de formation pour les écoles de la fonction publique, de la haute fonction publique sur un certain nombre d'enjeux dont les enjeux climat pour la première fois.

On est en 2021. Si on prend les programmes maintenant plus en amont, c'est pas simplement ceux qui mènent les politiques publiques, mais c'est aussi la formation de tout un chacun en fait à l'école, au collège, au lycée, il y a encore beaucoup à faire. Et euh si ça monte en fait sur la sensibilisation, on va dire sur les enjeux climat, biodiversité à l'école primaire, au collège, au lycée, il y a un tas d'enseignants qui font un travail formidable.

Ce qui manque je pense aujourd'hui, c'est la le fait d'acquérir des compétences pour agir. Pas simplement de comprendre vaguement les enjeux. Et agir, c'est quoi ? c'est utiliser des informations scientifiques pour pouvoir anticiper et limiter les conséquences négatives d'un climat qui change.

Donc identifier les vulnérabilités, l'exposition aux alléas climatiques et agir pour le réduire. Et puis vous y croyez ? Vous y croyez ?

Oui, je pense que c'est possible. Et il y a des retours d'expérience de différentes régions du monde. De quoi ?

En Papoisie en quoi ? Non, ça peut être le cas par exemple en Chine ou dans certains secteurs aux États-Unis ou dans d'autres régions européennes. Chine en Chine, il se passe quoi ? il y a la prise de conscience d'une grande vulnérabilité euh par rapport à un climat qui change et donc il y a des enjeux par exemple d'accès à l'eau, d'approvisionnement en eau quand ils ont vu leur petite rivière qui était devenue violette, [soupir] bon ils ont dit quand même euh on va repasser à vert.

Il y a toute une réflexion, la Chine, elle a subi une urbanisation très rapide comme beaucoup de pays émergents et les villes, elles exacerbent à la fois les l'effet des vagues de chaleur et puis elles exacerbent aussi le ruissellement de l'eau. Donc il y a toute une réflexion sur transformer les villes en en faisant des éponges par exemple de sorte à pouvoir amortir l'effet de pluie torrentielle. C'est un exemple de réflexion qui a lieu en Chine, qui a lieu ailleurs.

Voilà donc dans toutes les régions du monde il y a des retours d'expérience mais si on prend le cas de la France ou de l'Europe, je pense que sur la question de l'adaptation, c'est-à-dire pas regarder dans le rétroviseur, pas se dire je vais gérer les risques en regardant ce qui s'est passé il y a 30 ans, il y a 100 ans, mais quels sont les événements nouveaux inédits ? En quoi ça me concerne ? Qu'est-ce que je peux faire pour en limiter la la casse ?

Ça c'est pas encore fait. Et c'est pas fait par exemple dans les plans de prévention des risques aujourd'hui. On regarde dans le rétroviseur et on n'intègre pas cette information sur des risques nouveaux pourtant connus.

Vous connaissez le système financier un peu mal. Vous connaissez comment ça fonctionne le système financier à court terme ? À court terme.

C'est pour résumer trivialement notre système financier, il repose sur quoi ? Vous me posez la question à moi ? Ouais. euh sur la rentabilité sur terme sur une fonction exponentielle.

Oui. [raclement de gorge] Bon, on va on va passer la la parole à Pierre juste après et moi je vous pose un commentaire intern sur le monde de la finance. Ce qui monte en puissance par rapport à mon domaine à moi qui est celui de la physique du climat, c'est le bullshit de CO2.

Non, c'est l'utilisation d'informations climatiques fines pour être capable de faire des stress tests et en particulier le secteur des actuaires, c'est les gestionnair de risque et chaque fois qu'il y a un gros projet d'investissement, des infrastructures critiques, ils évaluent en fait les risques associés à ces investissements et de plus en plus ils utilisent cette information là. les les actuaires travaillent beaucoup avec les assureurs. Oui.

Et grâce à de la big data, ils sont capables de dire voilà, toi tu vas payer plus cher ton assurance parce que tu es à 17 cm moins haut que ton voisin, donc tu vas avoir 1,50 de flotte en plus. Donc ça ça ils savent très bien. Inc il y a des enjeux majeurs dans ce secteur.

Par exemple, le système de mutualisation de risque avec le la gestion des dispositifs catastrophe naturell euh est-ce qu'il va tenir avec un climat qui se réchauffe ? Mais c'est pas seulement les grosses extrêmes, c'est aussi des sécheresses modérées plus fréquentes avec des enjeux majeurs avec les mouvements de soltier existant. Et ça, ça demande une réflexion de fond euh pour pas avoir une exacerbation des inégalités et que chacun soit laissé seul euh devant des coûts et des dommages croissant.

C'est le cas en France, c'est le cas partout dans le monde. Qui a commentaire internet sur la bétonisation des sols. Exemple récent des J 2024, destruction des jardins d'Aubervilier pour un solarium pour les athlètes.

En tant que scientifique, préférez Solarium ou les petits potagers euh Auervilier ? Personnellement, c'est pas en tant que scientifique que j'ai un avis là-dessus. C'est en tant que citoyenne.

En tant que citoyenne. En tant que citoyenne, je pense que en particulier dans un contexte de pandémie, euh avoir accès à des espaces verts et une convivialité liée à à la production de légumes, c'est plutôt bien. Pierre, je partage cette opinion comme citoyen aussi.

Euh, parlons un peu finance et écologie. Quand on voit un système financier qui fait de la cavalerie à longueur de d'année, qui nous fait du window dressing pour nous mettre des lunettes roses à longueur d'année, que tout va bien et que c'est bien géré, que nos banques nous disent que tout va bien, que les fonds de garantie des dépôts bancaires vont tout régler en cas de en cas de petite crisounette, que l'État fait un effet de levier sur le fond de garantie des dépôts bancaires au cas où engage sa signature pour pouvoir protéger votre épargne à hauteur de 72000 000 € par compte et par établissement bancaire. Est-ce que tu penses qu'on va s'en sortir entre des politiques qui sont les rois du scultage d'air chaud et de brassage de fumée ?

Un système financier qui est gangrainé par des intérêts nécessitants de faire des pressions à gauche ou à droite ou de changer des lois pour pouvoir survivre. Quand on voit par exemple l'Italie faire pression en disant vous comprenez Lamborghini Ferrari sont pas prêts à faire la transition tout de suite. On va où là Pierre ?

Parce que tu es politique toi. Non mais je suis un citoyen et depuis et puis j'essaie de faire bouger les politiques et je suis moi-même politique et je suis même peut-être candidat à la pitelle et la primaire populaire. Mais effectivement c'est compliqué de parler après Valérie parce qu'elle a dit vraiment le le plus important.

Non, pas encore. Non, mais elle a encore plein de choses à dire, mais voilà, c'est compliqué de passer. Voilà, juste effectivement, on va pas s'en sortir.

A priori, c'est foutu s'il y a pas une réaction massive des citoyens. Voilà. Et si on continue effectivement à compter sur les chefs d'état et de gouvernement, si on continue à compter sur le il y a un énorme risque qu'on aille vers la catastrophe et dans 20 ans, ce sera trop tard.

On sera sur le toboggan. tous les tout ce que les climatologues nous auront dit, ça va se réaliser et c'est plutôt en train de s'accélérer et on va tous se détester. On va tous se détester en disant "Mais [ __ ] on a été nul, on a été nul, on était au courant.

Ils nous ont dit des choses très précises. La nature nous a envoyé plein de messages quand même. 700 morts au Canada cet été dans les canicules. 700 morts. 200 morts en Belgique et en Allemagne.

Des des voilà. Donc il faut être ne pas lire les journaux. Il faut même au moins au moins le rapport peut-être tout le monde va pas lire les 300 pages, je sais pas combien de temps, mais au moins les les les condensés pour décideur mais la plupart de nos dirigeants ne le ne lisent pas.

Je voyais encore à midi un un autre clinatologue qui me disait qu'il était effaré par l'incapacité des dirigeants à le comprendre. Donc et Valérie l'a très bien expliqué, c'est pas juste un petit réchauffement la la température moyenne qui augmente de 1° ou 1,5°. Ce sont des événements climatiques extrême qui se multiplient.

Tu parlais des sociétés d'assurance, il y a une courbe qui est assez impressionnante que j'ai montré à un jour un ambassadeur qui il m'avait dit qu'il ait que 20 minutes. J'ai commencé avec cette cour, il m'a gardé 1h et3 un monsieur. de où ?

Je ne donnerai pas son nom mais c'est un monsieur très important à Bruxelles. Un un monsieur voilà je lis je te donnerai pas le nom parce que on crée des relations de confiance un pays d'Europe. Voilà.

Non [rires] B ça non mais c'est juste pour dire que le n le n le nombre d'événements le nombre à Bruxelles ils parlent presque tous français. Le nombre d'événements climatiques extrêmes a déjà été multiplié par 2,5. Voilà.

Les événements climatiques extrêmes, c'est les grandes canicules, c'est les inondations dont Valérie parlait. C'était quoi ? Il y a 5 ans, il y a eu des inondations à Paris.

C'était rigolo. On allait voir la scène qui débordait pour les Parisiens. C'était rigolo.

Mais la récolte de blé a perdu - 32 % en France et en Belgique. - 32 %. Heureusement que l'Ukraine, on a tous appris dans nos cours de SVT qu'il y a deux greniers qui nourrissent le deux grands greniers qui nourrissent l'Europe.

Heureusement que l'Ukraine n'a pas été touchée par les mêmes inondations parce que si la même année on a la France, Belgique et l'Ukraine qui sont touchés par les inondations ou par une grosse canicule, une canicule au mois de juin, elle empêche le grain de blé de se remplir, et bien on aurait des tickets de rationnement. On est quand même des petits mammifères. On est on est tous contents de faire deux ou trois repas par jour et le stock de céréales, il ne représente pas un/ers de la consommation annuelle.

Donc si on a dans les deux zones du ou deux années de suite, on peut avoir de très gros problèmes. Un autre graphique que je voulais vous montrer aussi ce que nous disent les climatologues, c'est si on continue comme ça dans 30 ans quand on va amorcer les années 2050, on aura de plus en plus ces canicules à répétition. Le corps humain, il est fait pour fonctionner à 37°.

S'il fait 40°, on se met à l'ombre, on boit de l'eau, on évite. Voilà. Mais si on nous explique qu'il y aura souvent des canicules qui pourraent monter à 54, météo France nous dit des canicules qui monteront à 54 55°.

Ben et c'est tous les de ou 3 ans. 56 là je vois. Non 56 oui dans Oui.

Dans 55°gr dans la partie de l'Est de la France mais làà et c'est pas c'est pas dans 3 siècles, c'est à partir de 2050 2060 si on continue à faire du blabla et à ne rien changer radicalement. Et ce qui m'énerve, c'est que pour le moment, on ne change rien. Et deux derniers deux derniers graphiques, c'est tout ce qui vous explique.

Non, mais c'est juste pour illustrer quand les climatologues parle des cercles de des boucles de rétroaction, des cercles vicieux dans le dans le langage. Certains vous disent au moins avec le virus, le CO2 ça s'est calmé. Toutes nos économies ont été à l'arrêt.

Et c'est vrai que le CO2 qui vient de nos de nos usines et de nos camions a diminué en 2020. C'est vrai mais les feux de forêt ont pris une telle ampleur. Les feux de forêt en Australie, 440 morts en Australie.

Ça c'est en Californie. En Californie, vous voyez tous les grands feux de forêt depuis 90 ans et les l'année 2020, une seule année représente un/ers de surfaces cramées. Donc le le CO2 qui est mesuré à Monunaloisa, je suis honteux de parler de ça devant toi, tu connais ça 1000 fois mieux que moi.

Mais c'est je le vois au Parlement européen, des gens qui a 2 ans disaient "Oui, le climat c'est important et qui maintenant disent "Non, non, c'est bon le climat, on peut attendre un peu parce qu'au moins avec le virus, ça s'est calmé." Qui qui c'est ça qui dit ça ? Y compris une partie de la droite du grou du groupe du PPE qui qui était d'accord il y a 2 ans qui avait applaudi le discours de madame Laayen pour dire le climat est notre priorité et qui maintenant nous disent écoutez ce au moins avec le virus le CO2 s'est calmé.

Donc je le répète très calmement, en France comme en Allemagne, le CO2 qui vient de nos industries et de nos voitures a baissé de 8 % l'an dernier. Mais le CO2 qui vient des feux de forêt, des feux de forêt en Sibérie, quand j'étais petit, il faisait franc en Sibérie. Donc ça ça fait plus que compenser.

Et le CO2 qu'on mesure dans l'ensemble de l'atmosphère à Monaloisa, il y a hélas aucun ralentissement. Je peux te couper ? Oui, bien sûr.

Valérie, je te vois de ligner de la tête. Ouais. deux choses.

Donc dans un climat qui se réchauffe, des extrêmes chauds plus fréquents, plus intenses. Dans certaines régions une augmentation des sécheresses, vous croisez les deux. Bah c'est des conditions propices aux incendies qui sont plus fréquentes sur des saisons plus longues, sur des régions nouvelles.

On le voit en France, on le voit partout ailleurs. Donc c'est un un des effets d'un climat qui se réchauffe. Alors pour l'instant, c'est pas quelque chose qui est dominant sur le cycle du carbone.

Donc nous on met 40 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère et l'océan, la végétation, les sols, ça en récupère à peu près la moitié. C'est à peu près stable de depuis 50 ans. Par contre, ce service qui nous rentre, c'est 56 %.

Ce service que l'océan, la végétation, les sols nous rendent, ce sera limité dans un climat qui se réchauffe. Si on continue à déverser des quantités colossales et croissantes de CO2, dans ce cas-là, en fait, les puits naturels de carbone vont continuer à augmenter mais ils seront proportionnellement moins efficaces. Et un gros point d'interrogation, c'est effectivement l'effet solation des sols et effet des des feux de forêt sur le puit de carbone terrestre.

Commentaire internet le problème des forêts primaires qui éjectent plus de CO2 qu'elle n'en absorbe point d'interrogation. Alors les forêts primaires jusqu'à présent stockent du carbone et qui s'accumulent en fait qui se décomposent he dans le sol, dans leur la la la les racines et cetera. Euh par contre avec une dégradation de certaines forêts, du fait des pressions locales, par exemple au Brésil ou ailleurs, euh là en fait, on peut perdre euh la capacité de de stockage de certaines forêts avec en plus les effets climats.

Et je voulais dire un mot sur la pandémie. Donc il faut imaginer l'atmosphère c'est une baignoire. Nous, on a ouvert grand le robinet hein croissant et on déverse des quantités colossales de CO2 dans cette baignoire.

On a une partie qui repart océan, végétation et sol. La pandémie c'est quoi ? On prend les mêmes infrastructures, on les utilise moins surtout les transports un peu les usines.

Donc au niveau mondial, c'est en gros 5 % de moins sur le débit puis on est reparti à la hausse. L'effet rebond, il est déjà là. L'économie en Chine ailleurs, elle accélère et donc du coup on a réduit le débit de ce qu'on met dans l'atmosphère puis on le réaugmente.

Bah le niveau dans la baignoire, il continue à monter. Le niveau du CO2 dans l'atmosphère, il continue à monter. Pour avoir un effet mesurable, c'est pas quelques mois, c'est pas un an, c'est une baisse de plusieurs pour des émissions partout dans le monde chaque année.

Et là, on enverra assez vite les bénéfices sur la composition de l'atmosphère, sur la qualité de l'air, mais il faudra attendre quasiment une vingtaine d'années pour en voir l'effet sur le climat. Pierre, désolé de t'avoir coupé. Non, non, mais c'est pour ça qu'il faut maintenant prendre les décisions, c'est juste pour illustrer que le problème n'est pas linéaire.

Ta question c'était sur les dirigeants politiques. La plupart des dirigeants politiques ont l'habitude de gérer les problèmes de façon linéaire. Ils arrivent au pouvoir en général, ils savent qu'ils ont 5 ans et puis ils font une réforme ou deux et puis ils laisseront le bazar au successeur qui laissera le bazar au successeur et en général au pouvoir moi je ils n'ont pas le temps de réfléchir de prendre voilà hélas oui mais quand même ils vous reçoivent donc ils n' aucune je trouve ils n'ont aucune excuse.

Donc et encore un point juste pour illustrer, je suis là pour apporter les graphiques qui illustrent ce qui confirme ce que dit Valérie. est vraiment scandaleux pour être poli l'inertie de nos dirigeants parce que si le G a été créé il y a 33 ou 34 ans à peu près, c'est qu'il y avait déjà quasiment un consensus des scientifiques. Voilà.

Et que à la une du New York Times en en juin 88, à la une du New York Times, il y a la courbe de sur le réchauffement climatique parce que la veille, un grand scientifique, un de tes collègues, avait été reçu au Sénat et avait scotché tout le monde par hélas ça façon dont son argumentaire était archi convaincant. Donc déjà en 88, il y avait quasiment un enfin il y avait un consensus de quasiment tous les scientifiques et qui disait qu'il était encore possible qu'on avait 20 ans pour sortir des énergies euh du de des énergies pétrolières mais que et que c'était une tout à fait possible. Et le lobby pétrolier, tous les lobby ont tout fait pour dire peut-être que oui, peut-être que non, on verra plus tard.

Donc maintenant, il est urgent de dire il n'est pas trop tard pour agir. Bah je vois aussi des gens qui qui sont prêts à se flinguer, qui pensent que c'est foutu, qu'on va vers le chaos. On appelle ça la solalgie.

Tu en tu en sais des choses non mais mais je vois moi y compris dans la génération de mes enfants des jeunes qui dépriment complètement force heureusement des jeunes qui sont dans la rue et qui nous aident pour éveiller les plus vieux mais il y a aussi certains qui pensent que c'est foutu et qu'ils auront une vie de merde entre le dérèglement climatique la les frondements de la biodiversité le chômage la précarité le voilà donc moi si je suis ici comme toi c'est que je pense qu'il n'est pas trop tard mais qu'on a pas 15 ans pour réfléchir et que la bonne nouvelle c'est qu'on sait ce qu'il faut faire tout le travail qui a été fait par les climatologues maintenant le diagnostic est super précis Quand Claude Allègre avait fait son bouquin plein de mensonges, Valérie et quelques autres femmes et hommes scientifiques avaient dit "On peut pas accepter n'importe quoi." Et donc vous avez, je crois que tu as eu un rôle important Valérie pour obtenir que l'Académie des Sciences fasse un 6 mois tranquille non pas s'angueuler devant les caméras mais il y a eu 6 mois passionnants à l'académie des sciences et à la fin le pauvre club d'Allègre avait dû bouffer son chapeau parce que lui-même avait voté un texte qui disait donc à l'unanimité l'Académie des sciences avait dit il n'y a plus aucun doute sur la réalité du réchauffement climatique et le fait que le réchauffement climatique pour la quasi totalité vient des activités humaines et c'est plutôt une bonne nouvelle parce que ça veut dire que c'est nous si nous sommes responsables, on est capable d'agir. C'est pas comme la fin des dinosaures.

Les pauvres dinosaures, c'est un astéroïde de énorme. C'est 1000 fois, c'est un milliard de fois Hiroshima. Donc les pauvres dinosaures, même si tu av un cerveau un peu plus s'il avait été plus futé, il ne pouvait rien faire.

Il n'était pas responsable du problème et une fois qu'il y a eu le choc, c'était foutu. Tà que là, nous sommes responsables de ces émissions de CO2, de méthane et donc il est possible de changer nos modes de vie. Et ça suppose, je vais me faire l'avocat du di, ça suppose une volonté politique et des financements massifs.

Je Mais on y reviendra quand tu me poser la question. Volé politique dans la même phrase quand même. Tu es culotté.

Non, mais la volonté politique, ça peut être aussi que les citoyens poussent les politiques à à à bouger. D'accord. Parce que certains politiques n'ont pas compris le problème et d'autres sont effarés par l'immensité, savent pas.

Voilà. Et un parallèle qu'on peut faire, c'est Jul Ferri. Certains disaient il est temps que qu'on donne l'éducation gratuite à tous les enfants en France.

D'autres disaient c'est pas possible, le pays n'est pas encore assez riche. Donc les citoyens ont foutu une pression. On ne sait pas assez mais il y a eu 1500000 personnes qui ont signé la la pétition pour demander à Jules Ferry qui est l'école laïque gratuite et obligatoire. 1500000 pétitions, on voit les gens qui remontent des charrettes à Paris.

Alors à l'époque, il y avait pas internet donc pour récupérer cétait peut-être un peu moins con à l'époque non ? Et oui voilà et donc il demande à Julferry qu'on fasse cette loi pour dire que l'école est libre et laïque, gratuite et obligatoire. Et après ça, pendant 20 ans, le pays se transforme partout dans n'importe quel village de Bretagne ou des Pyrénées.

On fait l'école des garçons, l'école des filles, la maison pour les mettre en forme des milliers d'instituteurs d'hommes et on évidemment c'est un énorme bazar. Évidemment, on s'engueule entre l'architecte et le maire qui sont pas toujours d'accord mais ce qu'on retient c'est que en 20 ans en 20 ans la France a réussi le le Paris de faire de l'éducation pour tous et que derrière on en a tous profité. Alors que certains pensaient que c'était une idée utopique.

Pareil qu'en Kennedy, on va bientôt fêter les 60 ans de du beau discours de We choose to go to the moon. Nous avons décidé d'aller sur la Lune. Certains pensent que Kennedy est fera pas dingue mais il a décidé effectivement pour des raisons politiques et pour d'aller sur la Lune, il y met les moyens.

On va créer 400000 emplois. Le Kennedy, j'ai raconté ça l'autre jour au Parlement européen. Kennedy il sort le chéquier, on va multiplier par 15 le budget de la NASA.

Il crée 400000 emplois et on est capable d'envoyer des gens sur la Lune plus vite que ce que pensait Kennedy. Donc là sur la question du climat, est-ce qu'on a compris la gravité ? On va vers des scènes d'horreur, nos enfants vont nous détester.

Voilà. Et par contre, on pourrait vivre dans une société tout à fait équilibrée. Scè d'horreur.

Mais les scènes d'horreur, pardon, moi j'ai si j'ai fait la grève de la fin, tu as dit tout à l'heure, j'ai fait une grève de la fin. Si je suis vraiment engagé comme d'autres, Valérie passe des mois, des nocturnes pour faire les rapports du GC, il travaille. Je le dis, on le dit pas assez les scientifiques.

Une fois, tu m'avais dit que ton mari partait en Antarctique pour faire des prélèvements. Parfois, vous travaillez dans des conditions très difficiles physiquement et après ça, il passe des mois pour vérifier que toutes les informations sont justes. Voilà.

Mais les scèes donc, mais moi si je suis comme d'autres engagé sur le climat, c'est en particulier j'avais passé de jours à Bamo au Mali et j'avais vraiment été frappé. Et après ça, il m'a fallu plusieurs semaines pour retrouver le sommeil parce que les scientifiques de Bamaako qui m'avaient invité parlent du sida climatique. Il ne parlait pas du réchauffement climatique, il parlait du sida climatique en disant si on ne fait rien et bien le dérèglement climatique va faire autant de morts que le VIH que le que le sida.

L'un des jeunes scientifiques était là, son papa était avait un troupeau au Sahel. Il me disait on en tout le monde s'en fout mais la sécheresse qu'on vit en ce moment au Sahel c'est la plus grave sécheresse jamais vue depuis 1600 ans ou 2000 ans. Et je voyais des scènes d'horreur quand je suis revenu.

Je faisais des cauchemars. Voyez cette photo très connue au Vietnam, une petite fille qui traverse avec des flammes derrière. Concrètement ça veut dire quoi ?

Quand Valérie dit qu'il y aura des problèmes d'accès à l'eau, la Banque mondiale dit que ou la la FAO dit qu'il y a des grandes régions d'Afrique où les récoltes vont être divisées par deux. Voilà, parce que quand l'eau arrivera, elle sera de façon très violente, elle ne rentre pas bien dans les sols et et il y a des périodes de sécheresse. Donc globalement, il faudrait détailler l'Afrique c'est immense, il y a plusieurs scénarios mais globalement un des scénarios les plus probables, c'est des récoltes qui sont divisées par deux d'ici 30 ans si on ne fait rien.

Si on ne fait rien, des récoltes divisées par deux alors que la population va doubler. Donc il y a pas besoin d'être des génies pour comprendre le problème. S'il y a deux fois moins de nourriture et deux fois plus de population, on n pas encore parlé des problèmes de la chaleur humide.

Souvenez-vous quand Nicolas Hullot a démissionné, il a dit "La terre devient une étuve". Mon ami Nicolas quand il démissionne à trois repris dans sur France Saint, il dit "La terre devient une étuve." Le mot étuve, c'est pas par hasard.

Là, aujourd'hui, on avait tous très chaud à Paris 31°gr Mais je pense il y a pas eu de mort parce que le corps humain est fait pour évaporer. On boit de l'eau et on évapore et comme ça, on rête à 37°, le cerveau le foie ne ne dijoncte pas. Mais si l'air est trop humide, ce système ne marche plus.

Et donc même si vous buvez de l'eau, vous n'arrivez plus si l'air est en même temps chaud et humide, vous n'arrivez plus à évaporer et le corps monte en température et en 3h c'est foutu. Les pompiers ne peuvent rien faire pour vous. Et donc le MIT nous dit que il y a des grandes zones et là c'est des zones très peuplées.

Une zone l'étude du MIT qui était sortie juste avant que Nicolas Hul donne sa démission. Elle elle disait que des zones de où il y avait 350 millions de Chinois allaient avoir, si on ne faisait rien, je le répète, si on ne fait rien, allait avoir des des étés des périodes chaudes, chaudes et humides, qu'une grande partie de l'Abie euh serait pareil, qu'une partie de l'Afrique si on ne fait rien. Et donc si vous dites à des gens dans 20 ans votre terre vous vous risquez de crever.

Voilà, vous même vous pouvez pas mettre la climatisation. Crever, non mais c'est c'est gentil, vous risquez de mourir pendant avant avant vous allez souffrir, faut le dire. Attends, mon but n'est pas d'insister sur ce qui va pas.

Moi, mon but est de dire réveillons-nous. Euh, nos pays ont déjà été capables de réussir des gens de challenge. C'était l'école pour tous, ça a été de faire le métro.

Tout le monde se foutait de quand vous arrivez à Montparnas s'appelle Montparnas bienvenue parce c'est un breton qui est monsieur bienvenu quand il a il s'est dit il faut qu'on fasse un métro, les ouvriers n'arrivent pas à se déplacer dans les bonnes conditions. Il faut faire un métro à Paris. On lui a dit ça fait 50 ans qu'on en parle, il y a des lobis qui bloquent ça, tu te fatigues pour rien.

Et bienvenu est un peu tétu et il a réussi à convaincre. Voilà. Et en quelques années, on a réussi à faire le métro.

Je te stoppe. Donc si une volonté politique et si on met les moyens financiers, ça va être un joyeux bazar mais on a les moyens d'isoler les maisons, isoler tous les bâtiments public et privé, de faire des transports en commun, d'inventer des voitures qui consomment moins, d'aider les agriculteurs à changer leurs pratiques et on peut rattraper le temps perdu, tout le temps qu'on a perdu. Alors isoler les maisons, tu as vu en début d'année là 40 plus 40 % sur les matières premières pour les habitations.

Donc ça vait bien se passer. Je vais et pardon, c'est pour ça qu'il faut le planifier. Excuse-moi, c'est pour ça que je parle quand on travaille les gens du bâtiment, ils disent que c'est tout à fait, mais il faut se donner un calendrier sur 20 ans.

C'est pour ça que au niveau du Parlement européen, on demande qu'il y a des financements pendant 20 ans, que chaque famille sache qu'elle aura des aides pour isoler sa maison et du coup le secteur du bâtiment, il va recruter 300000 personnes. On va les former. On sait qu'on aura du boulot pendant 20 ans.

Je te lis je te lis un commentaire que j'attrape au vol là, un commentaire internet. Commentaire de Shiba, il dit "C'est pas mal de ne pas sombrer dans le désespoir et de dire qu'il y a un plan, mais à combien de pourcent de réussite il pense que son plan va marcher honnêtement, sachant qu'il faut que tout le monde entier le suive dans l'état actuel du monde ?" Donc je développe un peu sa sa son commentaire.

On est tous à couteau tiré dans la guerre économique. Celui qui refuse de l'accepter est soit borgne, soit un menteur. On est doucement bercé par le langage diplomatique aussi doux que rond Renant.

Mais derrière, il faut dire qu'on a tous les couteaux tirés entre le le renseignement économique, l'espionnage économique, le renseignement invasif, je vais être très vulgaire, mais les coups les coups de couteau dans le dos de nos propres alliés sur nos marchés. Comment veux-tu que ce scénario avec des lunettes roses, on va se donner la main, on va prendre conscience que tout va mal, qu'on est sur le mauvais chemin ? Alors que quand le J sort son rapport, le seul truc qui fait la une, c'est le transfert de messie.

Et quoi d'autre ? Le passe sanitaire. Ah, le passe sanitaire en France parce que Lionel Messier est arrivé à Paris, ce qui est quand même un événement important.

Mais moi, j'étais en Espagne et bien tous les journaux espagnols, même les plus conservateurs ont fait des pages entières sur le rapport du GC avec les feux de forêt en Turquie et en Algérie. Donc, je crois qu'il y a une évolution des mentalités. Il y a 4 ans avec Jean-Josel, on a été invité pour l'événement de rentrée de tous les jeunes agriculteurs de France, des milliers, ça s'appelle Terre de Gym à Fougère en en Bretagne.

Les milliers de jeunes agriculteurs qui venaient là pour échanger pendant 3 jours. Et le grand débat de l'après-midi c'était que peut faire l'Europe pour sauver le climat ? Et l'agriculteur qui lançait le débat disait "Ce débat était inimaginable il y a 10 ans.

Il y a 10 ans, tous les agriculteurs étaient climatrosceptiques. Claude Allègre était notre Non, c'est ce qu'il disait. Claude Allègre était notre héros et les écolos nous cassaient les pieds." Voilà.

Et puis là, quand il y a une inondation qui fait que les nos amis qui font du blé ont perdu 30 % de la récolte et puis après ça, il y a 3 années de suite où il y a des canicules et des sécheresse. Ce qui fait que ceux qui sont éleveurs dans l'est de la France, ils vont tuer une partie du troupeau. Parce que quand tu as des canicules pendant 2 années ou 3 années de suite, tu manges du foin, tu manges du foin et puis tu le prix du foin augmente et donc tu as des agriculteurs qui doivent tuer une partie de de leur bête.

Et donc l'agriculteur disait maintenant, il n'y a plus aucun climatosceptique chez l'agriculteur. La question est à voir comment est-ce qu'on fait la la transformation. Et donc j'ai expliqué quel était le plan qu'on avait pour trouver de l'argent au niveau européen sans taxer monsieur madame tout le monde.

On a voilà c'était avant les gilets jaunes ben on savait déjà qu'il y avait une demande de justice fiscale. Au bout du coup c'est nous qui allons être taxé. Donc ben non pardon aussi on taxe la spéculation.

Je sais pas si tu as beaucoup d'actions. Moi j'ai zéro action. Voilà.

Donc il y a quand même 85 % des Français qui n'ont aucune action et il y en a 3 % par contre qui ou 1 % qui spéculent comme des cochons et le nombre de milliardaires a triplé en disant je vais pas je je je voilà on peut demander un effort. Quand j'ai fait ma grff de la fin, j'ai eu Nicolas Hullot Edgar Morin qui m'ont soutenu Hervé le trut et des climatologues. Mais même un des plus grands banquiers belges un des plus grands banquiers belges est venu à la surprise en disant qu'il parlait à titre personnel mais que effectivement demander 0,1 % euh de prendre 0,1 % sur les transactions financières, c'était pas la mort.

Je rappelle pour ceux et celles qui nous écoutent le principe c'est que je me fais l'avocat du diable tu fais bien je me fais l'avocat soit du bon dieu soit de ses enfants. Voilà en disant que l'idée c'est toute simple d'une taxe sur la spéculation c'est que le taux normal de TVA quand on achète un téléphone quand on achète n'importe quoi, c'est 20 % 20 %. Le taux réduit pour que les les gens les plus pauvres puissent manger.

Quelqu'un qui est SDF quand il aura accumulé 5 € il va aller chez Carrefour ou chez Leclerc pour voilà il va payer quand même 5,5 % de TVA. Même les plus pauvres pour manger payent 5,5 % de TVA et sur les marchés financiers, c'est 0,0. 0,0.

Est-ce que c'est des gens encore plus pauvres que les SDF ? Est-ce que c'est encore plus important que de manger ? Non, c'est juste que le lobby bancaire bloque tout ça.

Et donc on a, je répète, 70 % des députés ont voté ce rapport et j'ai fait la grève de la fin pour expliquer que c'était possible de trouver de trouver ses sous. Et donc permettrait en même temps de créer massivement des emplois si on a de l'argent qui arrive pour isoler les maisons, si on a de l'argent pour les transports en commun, dans mon coin des Pyrénées, il y avait pas mal de gilets jaunes et je les comprends très bien parce que si tu as du boulot euh à Pierrefit ou Argel'est, tout le monde doit prendre sa voiture. Il y a pas de transport en commun bien organisé et les gens ont conscient du problème climatique.

Pardon, je finis, j'étais parti chez les jeunes d'agriculteur, excuse-moi, tu m'as posé une autre question. le et le le la conclusion c'est que les jeunes agriculteurs disaient maintenant tout le monde a compris la la gravité du problème climatique euh et on en souffre et on voilà et simplement par exemple pour faire euh et le gars qui m' m'avait invité ou qui a animé le débat disait "Moi, je suis éleveur, je sais que le lisier de mes animaux il abîme la napratique et qu'il abîme l'atmosphère mais je sais que maintenant on peut faire du biogaz que c'est efficace mais l'investissement dans le biogaz c'est 500000 € la plupart des paysans n'arrivent pas à se verser le SMIC n'arrivent pas à gagner 1000 € par mois donc on va pas leur demander un investissement de 500000 il dit par contre s'il y a des aides européennes qui payent au moins la moitié ou les tr de la somme et qu'on sait qu'on a un débouché et bien on se met avec trois ou quatre collègues agriculteurs, on crée un ou deux emplois et ça nous fait un revenu supplémentaire. Donc la question de comment débloque sur la question la convention citoyenne, tu en avais parlé il y a quelques mois, il y a eu 150 citoyens et Valérie et d'autres climatologues les avaient beaucoup aidé à réfléchir. 150 citoyens qui qui venaient de toute la France, qui étaient représentatif de toute la population française.

Au début, il y en a qui n'en avaient rien à [ __ ] du climat mais juste en prenant 2 jours ou 3 jours de réflexion avec les climatologues, il y a eu ils ont tous compris, ils ont débouché, ils ont débouché sur des solutions et hélas le gouvernement n'a pas repris l'essentiel de ses propositions. Donc c'est pour ça que je pense qu'il faut [ __ ] un coup de pied dans la fourmilière. J'ai dit tout à l'heure qu' y avait une primaire populaire.

Voilà, on a tout fait pour être clair. Il y a des moments où Valérie dit qu'elle parle à titre perso, donc moi aussi je parle comme citoyen. On a tout fait depuis 4 ans pour que Emmanuel Macron et son équipe fassent des choses sur le climat et la biodiversité.

C'est quoi la prochaine étape ? C'est une radicalisation de pierre. Non non, au début on y a cru quand il a créé le au conseil pour le climat quand il a fait le one planète Summit.

Je me suis dit, je suis pas d'accord avec sa politique économique et et fiscale, mais sur le climat, il va faire des choses. Et là, on a vu que même quand 150 citoyens font des propositions très concrète, Emmanuel Macron avait promis, il avait promis qu'il allait reprendre 146 propositions et même le Conseil d'État dit qu'il n'a rien repris. Vous avez vu que le Conseil d'État à deux reprises dit qu'on est complètement à côté de la plaque.

Donc, je pense qu'il faut que cette équipe qu'on arrive à faire une équipe. Il y a une primaire populaire. Tous ceux qui nous écoutent, vous pouvez aller sur le site primairepopulaire.fr. fr si on arrive pas à se rassembler, on narrivera pas à avoir une autre équipe qui arrive au pouvoir l'année prochaine.

Alors que si on arrive au pouvoir au mois d'avril prochain, au mois d'avril prochain, les élections présidentielles, on peut dès le mois de mai faire un sommet européen extraordinaire. Ce sera la présidence française. Je rappelle que je suis député européen, rapporteur général du budget.

J'étais encore ce matin à Bruxelles avant de revenir pour vous rencontrer. Donc je suis persuadé que et c'est la France qui bloque. Tu quand tu m'avais donné la parole, j'avais montré même la lettre du ministre autrichien des finances pourant un homme de droite qui disait que l'Autriche était d'accord pour taxer la spéculation mais si c'était la version française qui l'emportait l'Autriche se retirait de la salle des négociations.

Si j'ai fait ma grve de la fin c'était parce que parce que tout le monde dit c'est la France qui bloque quatre à quatre reprises en un moisonur. Non non pardon des dirigen fous de sauver l'honneur. Je veux faire bouger les choses.

Les dirigeants allemands m'ont dit Pierre, on est d'accord le conseiller le conseiller climat d'Anguela Merkel qui me dit Pierre ça n'est pas la pein d'insister, je suis un fan de l'attaque sur la spéculation. Je vous rappelle que Merkel en 2014 est allé à Londres pour dire aux anglais arrêtez votre vétoer l'attaque sur la spéculation. Angela Merkel aurait voulu un accord sur la taxe sur la spéculation et c'est la France qui a bloqué.

Donc si on arrive à avoir la primaire populaire, si on arrive à se rassembler, je sais pas si je vais gagner ou si je vraaiis numéro 3 ou numéro 8, il faut une équipe. Il y a aucun homme ou aucune femme providentielle. Il faut faire une équipe avec un projet très clair et dire si on gagne au mois d'avril dès le mois de mai, on fait un sommet européen, on invite tous les chefs d'État européens dans la maison de Jean Monet, on prend 3 jours et tous les sujets qui étaient bloqués par la France comme la taxe sur la spéculation ou comme la sortie des énergies fossiles, on donne un nouveau départ à l'Europe et dès le mois de juillet, on fait voter la loi climat qui a été préparée par la convention citoyenne.

On reprend l'intégralité On reprend l'intégralité des propositions proposées par les la convention citoyenne parce qu'on aura eu des accords sur un financement et on sait que l'argent va arriver au bout d'un an. Donc moi, j'y crois et vraiment j'ai tout fait. Si j'étais méchant, je montrerai les SMS qu'Emmanuel Macron m'a envoyé.

Je crois à ton projet, voyons-nous très bien. Par contre, on va prendre son numéro de téléphone, je ne le donnerai pas mais voilà. Donc maintenant, on il y a des pays où les gens se font tuer pour avoir des des élections démocratiques.

Nous, on est d'un pays où il y a des élections démocratiques. Donc, on en profite, on est nul. Je l'ai dit l'autre jour, j'étais dans une réunion avec Yannick Jadeau, avec Hidalgo, avec Julien Bayou, avec Olivier Fort, je leur ai dit "Mais on est nul à chier.

Désolé d'être vulgaire mais je leur ai dit on est nul, nos enfants vont nous détester, nos enfants vont nous jeter des cailloux si on n'est pas capable de se rassembler et d'avoir une autre politique." Ouais. Donc là, c'est un autre sujet, c'est pas un sujet scientifique, c'est un sujet d'implémentation.

Mais c'est toujours c'est toujours intéressant d'avoir une scientifique qui est citoyenne. Oui. Moi je lis toujours attentivement les programmes les promesses électorales.

À mon angle climat, je l'ai lu pour les régionals, pour les municipals, je vais le lire pour les présidentiels. Et j'ai un espoir en fait j'ai un espoir, c'est que les journalistes politiques qui vont interviewerver tous les candidats, il y en a plein en fait, il y en a une plor, il leur posent des questions très précises par rapport à leur plan d'action concret. Pourquoi ?

Parce que la France, elle s'engage comme l'Europe avec à atteindre la neutralité carbone à horizon 2050. C'est quelque chose qui est important. Mais la question c'est pour que ça se produise, faut démarrer maintenant.

Je peux te stopper ? Ouais. OK.

Un exemple. Tout tout tous ces tomb d'argent public qui ont été donnés à des entreprises pour déployer des des projets de recaptation CO2, il y a pas un kil qui a été qui a été depuis 5 ans, il y a pas 1 kg qui a été recapté. Alors tout toute la tout l'argent parce que il y a beaucoup de bullshit washing autour de l'écologie.

Le chiffre d'affaires Tesla qui qui est qui est intimement lié au crédit CO2 qui vend sur les marchés. Toutes les boîtes qui font des pseudos innovations pour le climat. Il y a beaucoup de bullshit, ça va même les les fausses les les fausses lessives de de machines à laver.

L'État il va faire quoi ? Je un autre exemple. Dans 2 ans, l'Union européenne va imposer au pays et aux entreprises qui ont plus de 250 salariés de publier leurs informations sur la consommation d'eau, la consommation électrique.

Tu as vu la même chose ou d'accord ? Moi je te dis secret tes affaires, je veux pas publier ma consommation d'eau parce que secret des affaires, ça va donner des des des éléments pour que mon concurrent me me déboîte sur les marchés. Alors là, ça qu'est-ce qu'ils vont faire les scientifiques et les politiques ?

Ils vont faire quoi ? vont appeler les scientifiques qui vont dire maintenant vous allez contrôler ce que publient les entreprises qui ont l'habitude de pipoter autant que sur leur bilan et j'en passe. [grognement] On va faire quoi ?

Les politiques, ils vont attendre, ils vont faire des des petites lois qui vont jamais pouvoir être respectés. Et est-ce qu'à la fin on va pas se retrouver avec une dictature verte ? Est-ce qu'on va pas se retrouver avec une société complètement totalitaire ?

Parce que là, c'était la belle fête. qu'on avait la calorie accessible facilement, l'eau accessible facilement, les transports accessibles facilement, les soins tout facile. Et là, on va se retrouver la mer se recule même si le niveau de de les océans monte mais la mer se recule et on est tous en short. nos infrastructures sont pas prêtes à encaisser le choc à très court terme.

Nos infrastructures de transport, nos infrastructures financières, nos infrastructures alimentaires et j'en passe. Moi quand je vous écoute, je trouve ça aussi pertinent qu'un filet d'eau tiède. C'est-à-dire vous avez des des données qui sont vraies tous les deux, des des constats qui sont vrais, mais vous êtes pas assez radicalisé.

Il faut arrêter de faire des rapports. Vo le 6e rapport là, on est au courant qu'on est sur un scénario complètement morbide. Donc arrêtez de faire des rapports, faites une greffe de la fin ou JC là hop, vous arrêtez tous de becter et puis et puis infini, c'est ce qui va arriver.

Alors moi ma position c'est de miser sur l'intelligence collective et je vais le dire franchement. Non non je le dis franchement. Il y a un intérêt sur ces enjeux pour s'approprier les éléments dans tous les secteurs d'activité qui ne fait respecter le code de la route.

Non non, je recommence. Il y a un intérêt qui est croissant, c'est-à-dire autant il y a une lenteur des élus euh de certains aspects politiques pour s'approprier ces éléments et construire une vision, l'intégrer à une vision, avoir des projets ambitieux de transformation. Autant dans l'ensemble de la société civile, pour moi, ça bouge de tous les côtés.

J'interviens dans des écoles d'ingénieurs, j'interviens dans des universités, dans des écoles, dans différentes formations. C'est incroyable en fait l'envie d'agir. Tu es intervenu sur l'université de Grodonom, tu as fait 14000 vues.

L'envie d'agir. Après l'autre chose, il y a 3 mois, les sollicitations qu'on a pour ce nouveau rapport du GC, moi j'étais là pour ça, tu m'as invité pour ça. Les sollicitations c'est dans le secteur des entreprises et pas simplement parce qu'il y aura des inventaires à faire parce qu'il y a un tas de gens dans les entreprises qui veulent que ce soit pas que du green washing quelque chose qui fait joli, mais quelque chose de structurant.

Pourquoi ? Parce que ce dont on parle et en particulier en Europe, c'est des transformations dans tous les secteurs d'activité, l'énergie, les infrastructures dans les villes. C'est également des transformations complètes dans les systèmes agricoles et alimentaires profondes.

Et puis c'est des enjeux en fait de compétitivité des entreprises, c'est celles qui vont arriver avec des choses crédibles, sérieuses, qui a qui permettent des avancées majeures, elles seront aux avant-postes. Est-ce que la compétitivité c'est pas toxique pour le climat ? pour ça, c'est-à-dire la performance du service qui est rendu.

Je parle pas de purement rentabilité financière ou économique, mais euh le développement d'un service nouveau euh c'est quelque chose qui va euh bien sûr euh créer des opportunités importantes. L'autre pression dans les entreprises et on me l'a dit à de très nombreuses reprises, c'est la capacité à garder les gens brillants. C'est si une entreprise, elle contribue à émettre toujours plus de gaz à effet de serre en cachant ça derrière des trucs jolis, ça se voit en fait, ça se voit, ça se voit de plus en plus clairement.

Et dans ce cas-là, les gens qui cherchent un sens à leur travail euh ont envie de mettre leurs compétences, leur énergie, leur dynamisme au service d'autres choses. Ils cherche en fait à porter des solutions. Et si dans une entreprise, il reste que les mercenaires, c'est-à-dire ceux qui restent là que parce qu'ils sont payés, ce qui se passe dans les se passe dans les partis politiques.

Non, ça marche nettement moins bien. Et donc et donc ce que je veux dire, moi je je fréquente pas de parti politique en fait de mon côté. Nouvelle donne à nouvelle donne, on a que des gens convaincus.

Ce que je voulais dire làdessus, voilà. Mais ce que je voulais dire là-dessus, c'est il y a un rôle bien sûr pour euh l'action politique. Il y a un rôle au niveau européen, il y a un rôle au niveau national, il y a un rôle au niveau des régions, au niveau des villes.

Il y a un rôle important. Euh les leviers d'action sont pas les mêmes. Par exemple, les régions, elles ont vraiment un rôle de chef de fil de l'action pour le climat par rapport à la formation, par rapport aux investissements, aux transports, aux politiques économiques.

Au niveau européen, il y a un enjeu qui est important, c'est aussi celui des échanges internationaux et du fait de rentrer la question climat dans les traités commerciaux internationaux. Et c'est particulièrement important pour la France parce que nous en fait on a beaucoup désindustrialisé, beaucoup perdu l'emploi associé à ça et si on prend les émissions de gaz à effet de serre par personne en France, quasiment la moitié, donc nos émissions c'est en gros 10 tonnes de CO2 équivalent par personne et par an, ça baisse sur la partie nationale mais sur l'empreinte nette quand on regarde ce qu'on importe de pays qui produisent les choses avec du charbon, ça stagne. la question de exercer pour porter les graphiques de Valérie.

Je suis là juste pour porter les graphiques et on a des leviers d'action. Par exemple dans les entreprises, s'ils rendent plus transparent l'empreinte associé aux chaînes de valeur, s'ils exercent des pressions sur leurs partenaires commerciaux en Europe de l'Est ou en Asie, ça a un effet. S'il y a des règles commerciales, s'il y a une fiscalité par exemple aux frontières alignées avec l'accord de Paris sur le climat par exemple, ça peut avoir un effet qui est important.

Mais il faut pas le sous-estimer. Il faut pas sous-estimer en fait la capacité aussi des entreprises à porter des transformations. Mais le cadre réglementaire, le cadre fiscal, il est bien sûr très important.

Et tu as mis le doigt sur un truc fondamental. On a parlé tout à l'heure du fait que agir pour le climat ça coûte cher, ça demande des ressources, ça demande des investissements. Mais d'un autre côté, ne pas agir, laisser le l'évolution du climat.

Toutes les analyses montrent que ça va être un démultiplicateur des inégalités. C'est un peu comme réduire les réduire les les hôpitaux avant une pandémie, c'est ça ? Non, si j'ai bien compris, pas que.

Pas que c'est c'est moins immédiat, je dirais. C'est plus structurel. C'est réduire les lits d'hôpitaux et laisser les infirmières à 1500 €.

C'est ça. C'est ça. C'est dégoûter les gens d'être infirmière.

Voilà. Par exemple. Oui.

Donc en fait la question c'est si on agit pas pour maîtriser l'ampleur du changement climatique, c'est clair que ça va exacerber les inégalités partout dans le monde et en tout premier lieu dans les pays de la bande tropicale où les effets aujourd'hui sont les plus forts. En fait he c'est là où on est déjà sorti de la variabilité naturelle pour pas mal de choses. Et après donc la question c'est vraiment comment on arrive à mener des transformations profondes structurantes qui soient justes, qui soient justes, qui soient perçu comme juste.

Ça ça demande aussi des modalités de prise de décision différentes. Ça ça demande des processus par exemple participatifs. C'est pour ça que moi j'ai bien aimé l'exemple de la convention citoyenne pour le climat.

Il y a eu l'équivalent au Royaume-Uni, il y a eu l'équivalent en Irlande, l'Assemblée citoyenne. Et ce qui est frappant, c'est qu'à chaque fois quand on fait ça, et c'est aussi le cas dans plein de régions, des citoyens de tous horizons politiques qui représentent un peu la société dans toute sa diversité en fait hein, euh de formation, d'avis, de lieu de vie, de revenu, de tout le reste. l'envie d'agir par rapport aux choses qui tiennent au cœur des gens, ce qu'ils ont envie de conserver, ce qu'ils ont envie de transmettre, ce qu'ils sont prêts à changer, c'est nettement en avance par rapport à la tièdeur en fait des promesses politiques et puis de leur réalisation.

C'est quelque chose qui est très frappant. Ce changement de paradigme, moi je le vois différemment. Là en venant, j'ai vu un gamin de 14 ans pieds nu en train de faire la manche.

J'ai vu un bidonville dans le nord de Paris. J'ai vu je ne sais pas combien de chiens abandonnés. J'ai vu je ne sais pas combien de d'infractions là.

Est-ce que notre société elle est pas trop violente pour prendre conscience de ça ? Est-ce que nous notre société occidentale on n'est pas trop intoxiqué par les énergies fossiles par la cupidité la téréalité et les connards qui vont faire de l'évasion fiscale au Qatar ? Les influenceurs, j'en passé des meilleurs.

Est-ce queon n'est pas tombé dans comment formuler ça ? une société tellement schizophrénique que voir un Pierre Larout ou une scientifique renommée nous dire les choses en face. En fait, ce soir, il y a le nouveau Messie et il y a le nouveau machin.

Non, je crois que enfin vas-y mais je crois que non, je crois que je me fais laquer du diable. Mais je crois si moi je reste un petit peu optimiste, je crois qu'on est des millions à vouloir vivre autrement et effectivement se dire visiblement ça va pas venir des grands chefs. Donc prenons nos responsabilités.

Si un jour tu viens me voir au Parlement européen derrière moi j'ai une très belle photo du mur du Berlin qui est en train de tomber. Et j'ai fini mes études à Sciencep en avril 89 et le plus grand spécialiste de l'Allemagne nous a dit que le mur de Bernardin était encore là pendant 50 ans. Il va s pardonétait l'agro et sciancep je là et donc il en était persuadé le mur de Berlin n'allait pas tomber avant 50 ans et 5 mois plus tard le mur de Bern est tombé mais c'est pas Gorbatche Chef ou Moutol qui l'ont décidé c'est des citoyens et la photo est magnifique on voit des jeunes et puis quelques moins jeunes mais qui font tomber le mur de Bern parce juste il ils en avaient marre de ce mode de vie il voulaient vivre libre et je crois qu'on est des millions à lire à comprendre ce que dit le GC mais aussi à voir les canicules qui se répètent à voir qu'on va vers un monde vers le chaos alors qu'on pourrait vivre heureux on On a tout pour vivre heureux et qu'on a il y a il y a un choix à faire et visiblement c'est pas nos dirigeants qui vont le faire.

Donc il faut qu'on les pousse et qu'on profite je le répète des prochaines élections. Valérie juste pardon tout à l'heure j'ai pas répondu quand vous dans un monde de plus en plus violent de plus en plus en compétition aussi la France est la seule à bouger. D'abord je rappelle quand même que la France et l'Europe c'est quand même une des deux premières puissances économiques mondiales.

Donc si nous on le fait c'est quand même pas marginal et je crois que la question du climat est peut-être la meilleure façon de parler de fraternité de façon très concrète. Ça m'a frappé au dernier sommet climat. Là, il y a bientôt Glasgow, le grand sommet, mais à Madrid, il y a 18 mois, c'était émouvant de voir des femmes malgaches qui parlent avec des des Irakiens, avec des Israéliens, avec des Indiens, des Chinois, des gens de tous les milieux.

B le climat est le seul truc qui qui intéresse aussi bien des gens archi riches dans la dans des qui ont des maisons à 3 millions à Los Angeles et des pauvres du Bangladesh. Parce que tout le monde est concerné par le climat, personne ne peut se dire "Moi, ça m'arrivera jamais." les 700 personnes qui sont mortes au Canada, il y avait des pauvres, il y avait des riches, il y avait donc je crois que le climat est peut-être le seul truc agir ensemble pour le climat, c'est peut-être le seul sujet qui peut rassembler des Israéliens, des Palestiniens, des Chinois, des Indiens.

Voilà, on continuera à avoir des tensions mais ça peut être un objectif qui nous rassemble et je pense que qui devine la tête. Non, non, je comprends ce que tu dis. Je comprends ce que tu dis.

Et en même temps, ce que ce que je vois aussi, c'est euh il y a pour moi une prise de conscience mondiale, pas simplement parce qu'il y a des des rapports scientifiques, hein, mais aussi parce que les gens ils voient, il voi la réalité euh des effets d'un climat qui change. Et il y a également une prise de conscience que même si on a des revenus élevés, même si on est dans un pays plus riche qu'un autre, on est concerné aussi et on n'est pas prêt. Voilà, donc il y a cette prise de conscience qui est là partout je pense.

Et souvent ce qui manque, c'est quand on a envie d'agir, comment agir ? Comment agir de manière efficace ? comment agir pas seul mais de manière collective.

Donc ce que tu décris, c'est un des exemples d'un cadre qui permet d'agir ensemble. Il y a eu plein de jeunes qui qui ont été marchés il y a quelques années dans les rues, les marches pour le climat et cetera. Et quand je rediscute avec eux, ce qu'il me disent c'est maintenant nous on veut des compétences, on veut avoir un cadre professionnel où euh on n'est pas simplement en train de marcher puis dire ça va pas, mais on apporte des solutions concrètes.

Donc la difficulté, c'est d'arriver à coordonner ça, à à le rendre visible pour surmonter l'espèce d'inertie que tu décris. Et autant il y a quelques années, il y avait des discours de déni par rapport à l'ampleur des enjeux, climat, c'est encore là pour la biodiversité. Pourtant, les enjeux sont considérables.

Il y a encore des discours de déni, hein, de de l'importance de euh de garder des écosystèmes en bonne santé. Mais ce qu'on voit de plus en plus, c'est des discours d'inaction. C'est-à-dire, c'est trop difficile euh il faut attendre que des technologies soient là, il faudrait des solutions politiques parfaites.

Donc on a en fait à surmonter ces discours de de d'inaction qui sont de plus en plus présents. J'ai été très frappé quand j'ai euh sur les réseaux sociaux, sur Twitter, j'ai partagé certains aspects du du rapport du GC et puis il y a eu un article dans le monde d'un journaliste scientifique qui a fait de la provocation en disant "Mais à quoi ça sert ?" Il faut démantter le JC.

à quoi il sert puisque finalement ça fait 30 ans qu'il y a des rapports et puis les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter. Donc j'ai posé la question est-ce que vous l'utilisez ? J'ai eu peu de réponse du monde politique mais beaucoup de réponses de citoyens, d'enseignants, de personnes qui travaillent dans plein de cadres professionnels différents qui disent "Oui, moi j'utilise ça.

J'utilise ça parce que je veux comprendre les enjeux. Je veux savoir à quoi m'attendre. Je veux pouvoir anticiper.

Je veux pouvoir en tenir compte dans ma vie professionnelle. Ça c'est nouveau. C'était pas le cas il y a 5 ans.

C'était pas le cas il y a 10 ans. Et de la même manière bouillem non, je pense qu'il y a un mouvement de fond. Il y a un mouvement de fond mais avec encore des effets de génération par exemple.

Euh les plus jeunes parfois ont grandi avec ça, ils ont baigné dedans. En fait pour eux c'est une évidence mais pour certains qui sont en fait beaucoup aux manettes, c'est encore quelque chose qui est un peu à la périphérie des priorités des enjeux importants stratégiques de prise de décision. Et ce qu'on voit aussi, c'est que ce soit au niveau des élus, que ce soit au niveau des décideurs dans les entreprises, en fait ceux qui arrivent qui l'intègrent vraiment dans leur vision des choses et qui s'entourent des gens brillants, ils arrivent à changer les choses très vite.

Donc c'est pour ça que je dis moi je crois vraiment à cette forme d'intelligence collective qu'on a vu aussi dans le contexte de la pandémie quand bah on a bien vu que la préparation de l'État était pas là. Il y a plein de gens en fait qui se sont entraînés qui ont trouvé des solutions à un tas de problèmes nouveaux ensemble. Voilà.

Et donc euh moi je crois beaucoup à ça, mais je crois aussi que si on avait des journalistes politiques mieux formés sur les questions climat qui posent des questions pertinentes aux personnalités politiques qu'ils interrogent, pas simplement le blabla mais concrètement le plan d'action à 1 an à 2 ans, quel objectif pour la baisse des émissions de gaz à effet de serre ? Est-ce que les lois elles tiennent le cap des engagements qu'on s'est donné ou pas ? Ça ferait monter le niveau d'exigence pour tout le monde et cette année c'est particulièrement critique.

Tu es en train de me dire que les journalistes en fait font pas leur boulot sur les journalistes politique qui interrogent les personnalités politiques sur leurs promesses, leurs engagements, les plans d'action. Non. Sur le climat ?

Non. Je te rassure sur l'économie c'est pareil. Pierre, ça te fait rigoler ?

Non, ça me fait pas rigoler parce que h effectivement si on entend quel certains médias mainstream, c'est essentiellement la petite phrase, c'est Darr Manin qui répond à la petite phrase de Valérie PC pour [ __ ] de l'huile sur le feu et on oublie les grandes questions fondamentales. Alors que chez les Français, je répète ce qu'a dit Valérie, il y a une perception, il y a la question du climat, j'ai vu une enquête un peu sérieuse auprès de 30000 personnes qui dit que après la question de le virus et la santé, la question du climat et le problème numéro bien devant les problèmes de même si les problèmes de sécurité sont importants. Donc il y a une perception et c'est je répète d'un pays de plus en plus morcelé c'est sans doute un des sujets qui peut si on agit qui peut rassembler tout le monde.

Il y a 3 ans avant avant d'être député européen, on avait fait un événement à Jucieux pour présenter, on avait des juristes avaient rédigé le traité européen qu'on veut pour créer une banque du climat que l'argent de la banque centrale au lieu d'aller à la spéculation qu'il l'aille sur les pour on voulait créer une banque du climat et on voulait avoir des ressources pour aider chaque famille, aider chaque collectivité, on était 1000 personnes aucieux. Il y avait aussi bien Alain Jupé ou Laurence Pariso du MEDF que les gens d'Alternative B ou les les patrons des syndicats, le conseiller du pape et des on avait ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas. On avait des jeunes et des vieux.

Avoir en même temps Alain Jupé, Laurence Pariso et des syndicalistes de sud ou d'alternative bas, c'était pas évident. Il n'y a que le climat et il y a que le climat je pense qu'il peut on est d'un pays très morcelé où les gens sont inquiets pour leur avenir. Au lieu de s'engueuler sur chaque sujet, on pourrait se rassembler avec un vrai plan d'action pour le climat et la biodiversité.

Mais ça suppose qu'on ait des financements et du coup si on a des vrais financements, ça peut être une bonne nouvelle parce que beaucoup de politiques nous disent "Oui bien sûr le climat mais vous comprenez il y a une demande de justice sociale, il faut qu'on choisisse." Ben non du chok, il faut pas choisir. Agir pour le climat est une façon d'améliorer le de faire du progrès social.

L'autre jour j'étais je voyais un monsieur qui intéressant ce que tu dis sur la justice sociale. Attends sur la justice sociale c'est très intéressant et et Valérie a dit un truc aussi très intéressant sur l'éthique. Pardon je donner mon exemple très concrète.

Je peux casser un peu la fête. D'accord. Donc la justice sociale, la coopération entre les nations, l'entraide de la fraternité, ça marche quand on mange facilement.

Je te parle de choses très concrètes. Pardon, j'étais à Mulous l'autre jour avec une dame qui vient avec le RSA et qui m'a expliqué comment à chaque fois que quelqu'un sonne chez elle, elle a peur de se faire [ __ ] dehors. Isabelle, donc moi je ne je ne je n'ai jamais pensé qu'il fallait choisir entre le climat et la biodiversité et la justice sociale.

Ils en sont arrivés à ce niveau-là. C'estàd que mais non mais parce qu'il ne fout rien sur les deux sujets. Parlons franchement, ça fait 30 ans que je engagé.

Ça fait 30 ans que je suis engagé sur les questions sociales. Le niveau du débat sur les questions économiques et sociales est aussi pauvre. Quand Antoine Ribou en 93, Antoine le patron d'Anon a dit il faut passer à 4 jours sans étapes intermédiaire.

C'était quand même un des plus grands patrons d'Europe. En 95 Jacques Chirac va chez Brioche Pasqu en disant ce qui se fait chez Brioche Pasquier la semaine de 4 jours. Pourquoi ça se fait pas ailleurs ?

En 95 à la une des journaux, il y a le rapport Boissona qui dit qu'il faut baisser de 20 % le temps de travail. Et encore aujourd'hui, le président de la République nous dit qu'il faut travailler plus. C'est atterrant le niveau.

Quand on voit les gains de productivité, personne ne peut croire qu'il faut travailler plus. Et la meilleure façon de sauver les retraites, la meilleure façon de sauver les retraites, j'aimerais que j'espère que Bruno Lemer nous regarde. Au lieu de baisser les retraites, c'est d'avoir un vrai plan pour le climat, mettre le paquet sur l'isolation des bâtiments et les transports en commun.

On peut créer 900000 emplois en France. 900000 et relancer la négociation sur les 4 jours. Tu sais que chez Brioche Pasquier, chez Mamova, chez Fleurry Michon, il y a des centaines plus des milliers de salariés qui sont passés à 4 jours sans baisser les salaires parce que l'entreprise si elle passe à 4 jours elle et qu'elle crée des emplois au moins 10 % d'emploi arrê de payer les cotisage en chômage.

Et si on a toutes les entreprises en France qui en quelques années passent à 4 jours avec le financement qu'on propose, on peut créer 1600000 emplois. Donc un vrai plan climat. Ladème dit qu'on peut créer 900000 emplois sur tous nos territoires, 900000 emplois avec le climat et 1600000 emplois avec la semaine de 4 jours.

Tu crées au total 2500000 emplois. 2500000 emplois vra des vrais emplois et ça te fait 2500000 personnes qui ne sont plus au chômage et qui vont cotiser pour les caisses de retraite. Donc il y a deux façons radicalement différentes d'arriver à l'équilibre des retraites.

Soit tu diminues les retraites de tout le monde, les retraites une réforme courageuse comme dit Bruno le maire soit tu crées 2 millions et dei d'emplois et tu as plutôt un excédent de la des vra. Je reviens sur la justice sociale. Pardon.

J'aimerais quand même placer cet exemple. Sais que le dernier qui m'a fait le coup, j'ai il sèche dans la cave. Il sèche dans la [rires] cave.

Je 30 secondes. Est-ce que Excuse-moi Sky mais parce que ça m'énerve vraiment y compris au Parlement européen des gens qui m'expliquent bien sûr le climat mais d'abord la justice sociale et en fait ils ne font souvent ni l'un ni l'autre. Je prends cet exemple de ce monsieur qui vit dans HLM qui depuis 15 ans était dans un HLM et qui me dit depuis 3 ans, ça y est, on a isolé notre HLM.

Et bien on a moins chaud l'été, on a moins froid l'hiver et je gagne, c'est lui qui parle, je gagne 800 € chaque année pour mes dépenses de chauffage. Voilà, donc ça crée de l'emploi, c'est bon pour la planète. Ce monsieur dit que c'est confortable et qui gagne pour sa famille 800 €.

Et la question est de savoir comment le finance parce que le maire de la commune me dit "Ben, j'espère que tu vas gagner ta bataille au niveau européen parce qu'on peut faire des trucs qui sont géniaux mais on en fait trois ou quatre chaque année alors qu'on voudrait en faire 30." Et donc si on arrive à créer la taxe et je le répète, je le répète, s'il y a une primaire populaire et qu'on arrive à se rassembler au lieu de jouer chacun dans son coin de façon suicidaire et qu'on gagne le pouvoir, je continue à penser qu'on peut gagner le pouvoir en avril prochain, on fait un sommet européen extraordinaire au mois de mai, ce sera la présidence française et en mai, on aura débloqué la négociation sur la taxe, sur la spéculation ou sur un impôt sur les milliardaires. Et un an plus tard, l'argent arrive, le secteur du bâtiment aura le temps de former des gens.

Si on sait qu'il y a de l'argent qui arrive pendant 20 ans, le secteur du bâtiment pourra recruter des gens. C'est pas ton politique là, laisse-moi parler. Non mais c'est juste pour dire qu'il y a de l'espoir.

Il y a plein de gens qui se disent c'est foutu, je pense qu'il y a de l'espoir. On a le temps. Excellent.

Je vous pose une question à tous les deux. Croissance ou décroissance Valérie ? En fait sur la partie sur la partie climat, les évaluations qu'on fait nous, elles sont vraiment à vocation mondiale.

Et quand on regarde au niveau mondial, il y a une immense partie des gens qui ne vit pas dignement, qui a pas un accès minimum à l'énergie, qui dispose pas des infrastructures de santé. Donc il y a un besoin de croissance pour que chacun puisse vivre dignement. Et pour moi, la question de fond, c'est pas la question de la croissance en tant que telle, c'est la question de la redistribution des richesses produites.

La question de la redistribution pour réduire l'extrême pauvreté. C'est d'ailleurs en fait une question qu'on nous avait posé quand on a fait le le rapport du GC qui portait sur 1 degré et demi euh qui était le suivant : qu'est-ce qu'on gagne si on limite le réchauffement à un niveau très bas ? Qu'est-ce qu'on gagne par rapport à des impacts évités ?

On comprend bien que l'investissement, l'effort sur euh la baisse des émissions de gaz à effet de serre, c'est brutal dans ce cas-là. C'est vraiment une baisse, c'est des changements très rapides euh dans tous les secteurs d'activité. Et qu'est-ce qu'on gagne en terme de soutenabilité ?

Premier objectif d'un développement soutenable, c'est éliminer l'extrême pauvreté. C'est euh agir pour contre l'insécurité alimentaire. C'est donner l'accès à l'eau à tout le monde.

C'est préserver la biodiversité marine qui te tient à cœur et terrestre. Voilà. Et donc quand on regarde un changement climatique non maîtrisé, ça fout tout en l'air.

C'est clair sur tout ce qu'on appelle soutenabilité. Euh c'est c'est les choses actuellement critiques sont exacerbées. Si on agit de manière intelligente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pour protéger les plus vulnérables et les plus pauvres, en fait on peut construire un développement soutenable, vraiment soutenable.

Et ça c'est pas une question de croissance ou décroissance. C'est pas une question de croissance ou de décroissance. c'est comment on mesure l'efficacité des politiques publiques et c'est pas seulement le PIB.

Voilà. Et en France, on a un certain nombre d'objectifs sur le développement soutenable. Qui en entend parler ?

Est-ce qu'on [grognement] en prend est-ce qu'on en tient vraiment compte avec l'académie de de des technologies, des sciences et de l'agriculture ? On a passé en revue par exemple les effets de la pandémie sur cela, on a passé en revue les réponses à la pandémie sur cela. Et ce qu'on montre en fait, c'est que c'était pas assez pris en compte.

C'est évident. La pandémie, elle le montre de manière très claire. Euh qui était le plus directement affecté ?

Par exemple, les travailleurs saisonniers. Les travailleurs saisonniers dans le secteur agricole, les livreurs Uber. Voilà, les gens qui sont les plus précaires, qui ont pas pu se protéger, qui étaient en première ligne.

On l'a vu de manière évidente. Et de l'autre côté, au niveau mondial, si on narrive pas à donner l'accès au vaccin en particulier dans toutes les régions du monde, on s'en sortira pas non plus. Donc la pandémie le montre et la question du changement climatique, elle le montre aussi en première ligne.

C'est pas pour moi une question de croissance ou décroissance. C'est une question de comment permettre à chacun de vivre dignement. Sachant qu'aujourd'hui en France, il y a un facteur 4 en gros hein, des émissions de gaz à effet de serre entre les 10 % les plus démunis et les 10 % les plus aisés.

Donc c'est évident que la question de l'effort, du juste partage de l'effort, c'est c'est quelque chose de fondamental. Moi je suis physicienne, c'est pas moi qui peux apporter des réponses précises à la manière de faire. Mais les économistes par exemple quand ils analysent la possibilité d'agir, s'ils prennent pas en compte les effets de redistribution, ils vont se planter.

Ils vont se planter comme on l'a vu avec la fiscalité sur les carburants, ça peut pas marcher. Donc cette question en fait des inégalités, de ce qui est juste, perçu comme juste, c'est quelque chose qui va être critique en fait dans la manière d'aborder les questions climat de plus en plus. Et moi je je termine juste en disant moi j'ai un sentiment d'urgence. prends ton temps.

J'ai un sentiment d'urgence parce qu'en fait on court derrière le changement climatique. Il est là, il s'accentue, il est comme on l'avait anticipé depuis longtemps en fait en science du climat. Mais il est là.

Les pertes et les dommages, c'est croissant et donc ça va prendre aussi des capacités d'action une partie de plus en plus grande. Donc plus on retarde l'action, plus on sera le dos au mur et plus ce sera compliqué d'agir aussi sur la cause du problème. C'estàd les émissions de gaz à effet de ser.

L'action c'est sort du rêve. Donc mettre une une population en mouvement. Il faut les faire rêver ou les mettre derrière un dictateur.

Oui. Donc attendez, [raclement de gorge] je suis pas d'accord en fait. Ouais.

Mais je suis très content d'ailleurs. On va pouvoir en discuter. Donc [raclement de gorge] l'action sœur du rêve, qu'est-ce qui fait rêver en ce moment ?

C'est de pas crever ou de vivre d'une façon différente ? Et donc je rebondis sur un commentaire d'Internet. Que font-ils pour garder le moral ?

Car personnellement toutes ces mauvaises nouvelles me dépriment. Quel guide pour faire les bons gestes au quotidien ? Alors, de ce point de vue-là, comment vous faites pour regarder le moral quand on voit les des politiques stupides, quand on voit des minaction tout le temps, que il y a pas de rêve, que la marge de manœuvre est aussi grande qu'un trou de souris.

Il faut que je précise que depuis 3 ans, je suis à fond moi dans le fait de faire cet état des lieux scientifiques. J'ai travaillé avec 234 chercheurs brillants de 65 pays. Absoudre son âme, c'est ça ?

Non non, je veux juste dire ça. J'ai ils ont passé en revue 14000 publications scientifiques. Il y a eu plusieurs phases de relecture.

On a reçu plus de 78000 commentaires. C'est vraiment une œuvre collective en fait avec le regard critique qui est essentiel parce que c'est ce qui permet d'être rigoureux, exhaustif, transparent. Donc moi, j'étais dans cette dynamique là en fait.

Pandémie, on passe en virtuel, on nous dit que c'est pas possible, on y arrive. Des choses qui étaient perçues comme impossible. Par exemple, ne serait-ce que pour logique faire nos réunions virtuellement, on l'a fait. l'approbation de notre rapport 195 pays leur représentant des centaines de personnes.

On regarde ligne par ligne, mot par mot, figure par figure et en fait ce qui en sort c'est encore plus fort que ce que nous on avait rédigé au départ parce qu'on a rajouté des éléments de semaines en virtuel, on nous avait dit que c'était pas possible, on l'a fait. Voilà. Et ben, par exemple, les gens plus expérimentés qui pensaient que pour pouvoir s'accorder sur quelque chose, on avait besoin de voyager d'un continent à l'autre et d'être dans la même pièce.

Ils étaient vieux parce que c'était leur habitude. Voilà. Ils étaient vieux.

C'était leur habitude. Et donc la question c'est quand on a un choc, on peut faire autrement. On peut se réinventer, on peut faire les choses et on peut les faire ensemble autrement et intelligemment.

Ça prend plus de temps, faut beaucoup se coordonner, faut bien planifier mais ça peut être fait. Donc qu'est-ce qui me donne de l'énergie ? Pas de l'optimisme, de l'énergie, c'est cette intelligence collective avec laquelle j'étais en prise tout le temps.

C'est le fait d'arriver à surmonter pas mal d'obstacles ensemble. C'est quand on met en place des pratiques qui sont inclusives, qui font que chacun se sent légitime, quelle que soit son expérience, son genre, sa langue natale qui puisse s'exprimer, participer, en fait, on voit vraiment un résultat qui est bien meilleur. Voilà.

Donc moi, c'est ça qui m'a porté pendant 3 ans. Après, est-ce que je suis optimiste ? Non, je suis particulièrement lucide sur l'ampleur des enjeux.

Je les vois très clairement partout dans le monde. Mais je suis aussi responsable donc dans ma vie personnelle. Je mesure mon empreinte carbone, j'agis.

C'est pas toujours évident. Il y a parfois des choix qui sont difficiles à faire, des priorités, des choses comme ça. C'était quoi le dernier ?

Bah en fait, bon, les choix récents, c'est je suis devenue végétarienne il y a quelques années parce que sur mon alimentation, j'arrivais pas à agir autrement. Ben voilà, c'est pas c'est pas forcément compris, c'est pas forcément évident dans une vie de famille. Et puis c'est voilà, on a une vieille voiture qui a 12 ans, on doit la changer, qu'est-ce qu'on prend ?

On a parfois des grandes distances, c'est pas toujours facile. Et puis bah, j'ai réussi à voir les chiffres sur un véhicule hybride rechargeable, l'empreinte à la production. J'ai calculé avec la manière dont on se déplace avec ma famille et on a réussi avec ce véhicule à la place d'un vieux à réduire en fait d'à peu près 30 % à 40 % les émissions de gaz à effet de serre associé à nos transports.

Même problème, j'ai pas le même constat que vous hein sur Si si. Et le la le surcoup de la petite batterie, ça a été effacé en 6 mois. 120 kg, c'est ça ? 120 kg.

Non, c'est 700 kg de CO2 la batterie. pour un véhicule rechargeable 50 km un peu profilé d'un constructeur français. Combien kil ?

Combien de kilos ? 700 kg de CO2. C'est le chiffre que m'a donné le constructeur pour la batterie.

D'accord. De CO2. En tout cas, c'est le chiffre que j'ai eu et qui est cohérent avec les chiffres que j'avais obtenu par ailleurs.

Voilà, donc c'est quelques exemples. Mais donc quand on veut agir de manière effective, bah bien sûr, il faut mesurer. Les gaz à effet de serre, c'est invisible.

Ça se voit pas. Quand on achète un produit, on sait pas ce que ça fait. Donc il y a quelques outils.

L'ADEM met à la disposition des petits calculateurs hein qu'on peut utiliser dans sa vie de famille. Il y a des méthodes pour faire des bilans carbone dans le cadre professionnel. On peut le faire à l'échelle d'une ville.

Quand on gère des finances, on peut avoir des outils de gestion verte en fait de la fiscalité, des investissements. On peut analyser le plan de relance de la France à l'angle de ce qui est positif ou négatif pour le climat. On peut le faire sur l'ensemble des dépenses budgétaires en fait d'une année donné.

Et quand on a cette grille d'analyse, bah ça guide la décision bien sûr. Sinon, on est aveugle. On peut avoir beaucoup de bonnes volontés mais être aveugle.

Euh juste une question, j'en profite parce qu'elle parle d'un truc très intéressant. Euh le JC a pardon le le GC a je suis en train de traduire la question en même temps en français. Est-ce qu'elle m'arrive en anglais ?

Pose en anglais. The ICC the IPCC released an interactive Atlas showcasing pathway Humanity canch. Global warming ranging from 1.5 to de quel chemin on est à l'heure actuelle ?

Est-ce que qu'est-ce que ça veut dire 4 degrés en plus et à quoi ça ressemble ? Alors donc l'atlas interactif c'est un chouette outil parce que ça permet à quelqu'un qui a envie d'en savoir plus de d'utiliser les informations scientifiques que nous on a évalué donc les les projections en particulier d'évolution future du climat sur des moyennes des indicateurs d'impact particulier. pas pas les les conséquences hein mais les caractéristiques physiques région par région en fonction du niveau de réchauffement en fonction de l'horizon temporel les prochains 20 ans, le milieu du siècle fin de siècle ou en fonction du scénario d'émission de gaz à effet de serre.

Donc ça permet de récupérer les données, ça permet de les visualiser, de les manipuler et je pense que ta communauté elle peut être particulièrement intéressée. Nous on a besoin de relais, on a besoin de gens qui s'approprient ces éléments et puis qui approfondissent les analyses et la communauté française en sciences du climat, elle demande pas mieux en fait. tu sais que tu es une star chez nous que de que de travailler davantage justement euh sur le partage des informations.

On a besoin de beaucoup plus de gens euh par rapport à ces données. On a vu les trucs géniaux qui ont été faits pour la pandémie. Moi, je rêve de choses similaires pour le climat qui permettent à chacun finalement de de s'approprier ces choses-là.

Et donc où on en est ? Bah, on en est avec des émissions mondiales qui ont augmenté, une baisse transitoire éphémère, hein, de la pandémie. Qu'est-ce que ça va faire les plans de relance, le le rebond économique ?

Est-ce que ça va verrouiller des trajectoires fortement émissives ? Est-ce qu'on va défendre Mordicus, les secteurs les plus pollues, ce qui émet le plus de gaz à effet de serre quand on le produit, quand on l'utilise ? Est-ce qu'à l'inverse, on va favoriser les choses transformative qui vont permettre en fait bah d'avoir des entreprises qui vont rester dans la durée, des emplois qu'on va pas délocaliser ?

C'est une question qui reste ouverte sur les promesses qui avaient été faites en 2015, elles sont pas à la hauteur en fait. Si on veut vraiment réussir à limiter le réchauffement largement en dessous de 2° ou près de 1°, il faut que les émissions elles commencent à diminuer maintenant pour aller vers net z0 pour le CO2 en 2050 ou 2070. En gros, hein, c'est ça la marge de manœuvre.

Et euh les promesses qui avaient été faites, elles impliquent que les émissions mondiales tout gaz à effet de serre confondu, au lieu de continuer à augmenter, elles stagnent jusqu'en 2030. Donc la baisse, elle est pas encore engagée. Mais on peut le faire.

On peut le faire en agissant plus vite. Les solutions, elles sont là. Elles existent dans tous les secteurs, le bâtiment, l'agriculture, l'industrie, les transports, ça existe en fait.

Est-ce que Est-ce que les organismes, je te donne la parole juste après Pierre, est-ce que les les organismes de propagande officielle vous ont contacté, genre les les chrétiens, les musulmans, les juifs, les bouddhistes, est-ce qu'ils vous ont contacté pour en discuter ? Alors, j'ai du mal à comprendre en fait le la modalité exacte de la question, mais la modalité, ça fait 2000 ans que l'église chrétienne romaine sont les maîtres de la propagande. Si c'est la vérité, si on peut faire passer à leurs ois et qu'il faut moins manger de viande, ce serait bien, non ?

Alors, sur ce côté-là, euh j'ai parfois des invitations à intervenir dans des cadres par exemple euh de mouvement chrétien. Alors moi, pas le Vatican, mais j'étais intervenue avec l'Académie pontificale en fait hein, qui est basée au Vatican lors de la conférence sur le climat en Pologne. Je suis souvent sollicité par exemple par des mouvements d'église protestantes aussi plutôt en France.

J'ai des collègues dans d'autres pays qui travaillent sur le climat qui ont été sollicités par des des mouvements religieux musulmans, par exemple au Prochorient, au Maghreb, qui prennent très au sérieux cette questionlà. Voilà. Donc moi personnellement, j'ai pas de religion, c'est quelque chose qui est extérieur à à ma propre la science a tué Dieu, mon propre rapport au monde.

Vous n'avez pas d'amis imaginaire. Mais par contre, mais par contre ce que je comprends, c'est qu'il y a une dimension éthique, il y a une dimension morale. Et finalement, ce qui me frappe, c'est que queles que soient les convictions personnelles qu'on peut avoir sur des questions de euh vers quoi on veut aller ensemble, ce qu'on veut préserver, ce qu'on veut transmettre, qu'on le voit comme le fruit d'une création ou qu'on le voit comme le fruit d'une du hasard et de l'évolution, il y a des choses qui nous rassemblent beaucoup plus que de choses qui peuvent nous diviser parfois.

Pierre, nous on a été reçu par le pape. Je pensais répondre à la question sur la croissance et non mais c'était assez émouvant parce qu'on a été reçu avec Amille Étienne, avec Cyril Dion et et le pape nous a dit qu'il fallait faire la révolution. Le pape nous a dit mais il faut tout changer que après 2008 après la crise de 2008 on avait dit qu'on allait tout changer.

On n'a rien changé. Et le pape, c'est étonnant sa liberté de parole en en expliquant qu'un système économique où l'argent domine tout, où l'argent devient une idole, où l'argent fond en l'air la cohésion sociale, faut en l'air le climat, la biodiversité, il dit pas que c'est de la merde comme le dirait un adolescent de voilà mais le pape dit c'est le fumier du diable, un système économique où l'argent pour ça ils sont bien le fumier du diable, ça sent pas là, c'est quand même dit bien mais ça dit c'est c'est voilà et quand on a quitté, il nous a dit mais il faut faire la révolution, il faut effectivement tout changer. Donc je pense que là il a eu sa fichesse.

Il a eu sa fichesse. On a balancé son IP son IP aux autorités parce que non mais je Non mais si je parle du pape et si tu poses la question c'est que effectivement on est sur une question spirituel qu'on soit croyant ou pas croyant c'est est-ce que l'humanité va vers son suicide en le sachant on nous a dit à l'école qu'on a été des homos sapiens sapiens la branche la plus évoluée des primates mais parfois on se demande si on est des sapiens sapiens ou des débilus débilus parce qu'on sait qu'on va vers un suicide et c'est pas dans 3 siècles. On espère tous être encore dans vivant dans 20 ans et dans 20 ans on vivra des scènes d'horreur. le problème de l'accès à l'eau.

Moi je pense et aucun climatologue ne m'a dit que je m'inquiétais pour rien, je pense qu'il y aura des scènes d'horreur, des scènes de violence absolue dans 20 ans et on se dira mais [ __ ] on nous l'avait dit, c'est pas une pardon, c'est pas une surprise. Pardon non mais non, je suis désolé mais il méritent des coups de bâton. Je suis vraiment un non violent, c'est pour ça que j'ai fait cette grève.

Mais ils ont du sang sur les mains. Ils ont du sang sur les mains quand ils ne font rien pour contre le chômage. Je rappelle que le chômage tue 15000 personnes chaque année.

L'INERM dit que le chômage fait 15000 morts en France. Et le dérèglement climatique, on a parlé des travaux de l'IGC, mais l'OM vient d'enterrer une étude qui dit que le nombre d'événements climatiques extrêmes a été multiplié par 5 en 50 ans et il y a des centaines de morts tous les mois. Voilà.

Et on ver, est-ce que le la bienéance et le rondrond de ne jamais s'énerver nous empêche de taper du point sur la table pour exiger des changements des oligarques ? Mais je me suis tapé sur le front et tu m'as repris. Donc voilà.

Moi je je pense effectivement qu'ils n'ont aucune excuse que la violence n'est pas la solution à la castagne mais qu'il faut sans doute qu'on réfléchisse encore à des actions non violente et surtout qu'on profite. La question non violente la plus efficace, ce sont les élections. On est d'un pays démocratique.

Il y a une équipe qui aura eu tous les pouvoirs pendant 5 ans et qui manifestement je dis pas que c'est facile, je dis pas qu'il y a une baguette magique, mais quand il y a 150 citoyens qui ont travaillé la convention citoyenne qui a travaillé pendant 1 an et demi qui débouche sur 149 propositions très concrètes, Emmanuel Macron dit bravo, il y en a trois. Je sors mon joker mais il y en a 146 qui sont vraiment très bonnes. Je vais je vous promets, je reprends les 146 propositions et qu'à la fin tout le monde dit qu'il a repris même pas 5 % et le conseil d'État et le conseil qui dit non on n'est pas du tout à la hauteur.

Et bien ça veut dire que ces gens-là ont du sang sur les mains. Ça sert à rien qu'il fassent des sommets extraordinaires pour dire que qu' vont sauver la planète ou la biodiversité. Sur la question de la croissance. tu avais posé la question.

D'abord, je voudrais dire que j'étais d'accord à 100 % avec ce qu'a dit Valérie et j'ai bravo d'avoir commencé par les pays du sud parce que moi j'aurais commencé comme un gros bourrin par les les la la répondre pour des pays européens et je trouve que c'est important de dire que dans les pays du sud, il y a un besoin effectivement de vivre mieux, donc d'avoir un niveau de vie qui augmente ce qui ne veut pas dire une consommation de pétrole et de gaz plus importante. C'est aussi pour ça que nous on veut un plan d'investissement massif et un nouveau partenariat avec l'Afrique, mettre de l'argent et puis une nouvelle gouvernance parce que beaucoup d'Africains veulent avoir un niveau de vie qui augmente. Ça se comprend.

Mais si c'est plus de pétrole, si c'est plus arrê survivre, ils veulent juste arrêter de survivre. Il y a ça, il y a ça. Et puis il y a aussi le fait d'avoir un niveau de vie plus important, ça dépend dans quelle zone d'Afrique tu es, mais on peut avoir un niveau de vie plus important sans brûler plus de charbon et de pétrole.

En Afrique comme ben en Afrique comme ailleurs, on peut faire un travail de sobriété. On peut avoir d'autres modes de cuisson, d'autres modes alimentaires. On peut avoir de la biomasse, il y a tout ce qu'il faut comme ressources en le soleil, la forêt, l'intelligence.

L'Afrique a toutes les ressources pour ne pas passer par la case pétrole et gaz comme l'Europe, mais avoir un niveau de vie et un niveau de consommation d'énergie qui progresse sans faire voilà, je voudrais quand même sur la question de la croissance dire que dans nos pays, je n'en peux plus de voir tous les dirigeants et je donnerai pas de nom pour pas vexer Bruno le maire mais que à chaque fois qu'on nous explique que ça y est la croissance revient mais je sais pas s'il faut en rire ou en pleurer. D'ailleurs le collectif Roosevelt avait fait une vidéo très drôle. On voyait Raymond Bar qui vous disait "ça y est la croissance revient, Pierre Moroi".

Voilà voilà la courbe de la croissance en France depuis 50 ans. Je suis désolé pour ceux qui me suivent depuis 25 ans, je la je l'actualise. Voilà l'évolution de la croissance en France depuis 50 ans, décennies par décennie, on était à 5,6.

Voilà, il faut être très optimiste pour penser que la croissance revient. Mais vous allez me dire un gros menteur, vous allez me dire voilà, vous allez me dire oui mais c'est pas en France, l'État est obèse, il y a pas de politique industrielle, regardez l'Allemagne. Donc pour la première fois sur Syerview, celle-là est nouvelle, l'évolution de la croissance en Allemagne depuis 50 ans.

Voilà la locomotive allemande. La locomotive allemande. Voilà.

Et comme rapporteur général du budget, avant que le virus ne frappe, j'allais deux fois par mois à Berlin et je me rappelle que la dernière conférence de presse du patron de la Bundesban, juste avant Noël il y a presque 2 ans, il disait l'Allemagne est en train de retomber en récession. Donc je rappelle pour Bruno Leire et autres ou pour Arnaud Montebourg qui nous dit qu'il suffirait d'avoir une politique industrielle. Il a raison, il faut une politique industrielle, il faut on s'est rendu compte que les masques viennent de Chine, que des molécules importantes viennent de Chine.

Donc oui, il faut réfléchir à une vraie politique industrielle pour notre pays. Mais de là à dire que ça va suffire pour le plein emploi, en Allemagne, il y a 6 millions de petits boulots, 6 millions de salariés qui ont 450 € par mois. Mais donc voilà l'évolution de la la croissance en Allemagne.

Et dernier point qui va énerver un peu la légende du Front National, comment l'Allemagne a évité la récession depuis 10 ans, c'est juste parce qu'elle a accueilli 1 million et demi de réfugiés syriens. C'est les chiffres officiels. Si l'Allemagne n'avait pas accueilli 1lion dei de réfugiés syriens, elle avait une croissance à 0,4 0,4.

Et voilà. Et n'importe quand, les États-Unis peuvent s'effondrer, je le rappelle, avant que le virus n'arrive. Paradoxalement, le virus a permis de mettre des milliers et de milliards pour faire un plan de relance.

Mais voilà la courbe. Tu m'avais invité il y a 3 ans, jeavais montré ça. C'est la dette totale aux États-Unis.

On voit que c'est totalement flippant. Et il y a 3 ans, à la une des échos qui n'est pas un journal conspirationniste, le FMI qui dit attention le FMI nous prépare 5e d'une nouvelle crise mondiale. La phrase reprit en gros d'après le FMI, la prochaine crise peut être 10 fois plus grave que 2008.

D'après le FMI, la prochaine crise peut être plus 10 fois plus grave que 2008. Et paradoxalement avec le virus, il y a eu des centaines de milliers de morts. C'était l'horreur du confinement.

Voilà. Mais du point de vue économique, on a mis tellement de milliers de milliards pour faire un plan de relance qu'on a prolongé le système économique mais que on peut n'importe quand avoir la crise économique est attendue. Donc miser sur la croissance c'est juste se moquer du monde.

On ne peut plus, la croissance ne veut plus rien dire. Déjà en 1970, le livre que Jacques qui fait que Jacques Deor a émergé dans le débat public en 1970, si Jacques de est devenu connu, c'est parce qu'il a fait un livre sur les indicateurs sociaux où il disait le PIB ne veut rien dire. Le PIB ne veut rien dire, il faut des indicateurs sociaux et maintenant il dirait de développement durable.

Mais donc miser sur la croissance pour financer les retraites ou pour l'emploi, c'est juste une grosse blague. La meilleure façon de créer des emplois et de financer les retraites, c'est d'avoir un vrai plan d'investissement pour le climat, y compris des financements européens. mettre une taxe sur la spéculation, une taxe sur les milliardaires, utiliser autrement l'argent de la banque centrale, 900000 emplois avec un vrai plan climat et relancer la négociation sur la semaine de 4 jours.

On donne la parole au patron et au salariés de Maminova, au patron et au salariés de Flar Michon et avec ça on crée 2 millions et dei d'emplois et et on peut vivre mieux. Non, pendant est-ce que le but est de vivre mieux ? Le but est d'éviter le chaos.

Moi, j'étais un ami de Stéphan Essel et j'ai eu la chance de vivre avec des grands et ils étaient dans la résistance. Ils ont fait le conseil national de la résistance. S'ils avaient un double objectif, c'était butter les nazis, libérer le pays et leur programme c'était magnifique les jours heureux.

Leur programme c'était mettre en place une sécurité sociale, améliorer le fonctionnement des médias, donc en même temps éviter le chaos. À l'époque c'était lutter contre les nazis et il risquai il risquaient la mort hein. S'il se faisait choper, c'était une voilà et en même temps ils avaient eu le courage d'inventer un autre modèle pour vivre heureux.

Et je pense que nous notre objectif, ils avaient surtout ils avaient surtout des réserves de pétrole. Mais pardon, ce que je veux dire c'est que l'objectif est double aujourd'hui le monde a changé mais l'objectif est double c'est éviter le chaos. C'est pas les nazis, c'est le dérèglement climatique et les fondement de la biodiversité qui peut nous amener au chaos et vivre mieux si vous allez sur le site les jours heureux 2022.

Les jours heureux vous trouvez quelques propositions. Valérie, tout à l'heure, tu as parlé de la question de vers quel futur on se projette. Qu'est-ce que c'est un futur qu'on veut pas, la dystopie et qu'est-ce que c'est un futur souhaitable ?

Et ça pour ça en fait, il y a besoin d'autres personnes que nous des physiciens du climat. Il y a besoin d'autres personnes qui finalement récupèrent nos informations et puis celles qui vont venir sur les impacts supplémentaires ou évités et puis l'ensemble des solutions qui permettent ben de permettre à chacun de vivrement tout de vivre décemment tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Et à partir de là en fait on peut créer ses visions du monde, ces récits, les partager ça peut créer un effet d'entraînement. dans le rapport du GEC sur 1 degré et demi, on avait fait ça dans un désencadré à la fin du rapport, on avait décrit trois futurs possibles.

Un futur où on agit maintenant, on réoriente les investissements, c'est pas délirant en fait. C'est beaucoup moins coûteux que ce qui a été fait pour la pandémie. On transforme vraiment de manière importante un certain nombre de secteurs d'activités et puis on vit avec un climat qui change de manière minimale et on aide ceux qui sont les plus exposés à surmonter les difficultés.

Et puis euh il y a d'autres évolutions futures possibles. Et puis ça ça peut se décliner. Ça peut se décliner à l'échelle d'une ville, à l'échelle d'un pays, mais il y a besoin d'autre chose que simplement le travail de physicien du climat.

Ta communauté en fait, elle peut aider à ça. Je pense que c'est important. Et tu tous les jours et tu posais aussi tu posais aussi la question de est-ce qu'il faut taper du point sur la table ?

Moi je moi personnellement, c'est pas ma façon de voir les choses. Non non mais c'est pas ma personnalité. C'est pas ma façon de faire.

Euh je suis très consciente du fait que quand on fait ce rappel à la réalité, c'estàdire là où on en est, là où on peut aller, le temps qu'on a perdu finalement, la réalité des des conséquences sévères d'un changement climatique dû à l'influence humaine qui est déjà là, je sais que c'est lourd. J'essaie de le partager de manière la plus bienveillante possible. J'essaie de le partager de sorte à ce que les gens m'intègrent et que chacun à son échelle puisse contribuer à partager les connaissances et à agir.

Et euh voilà. Et ce point-là, je pour moi c'est quelque chose d'important. C'estàd je le côté le discours apocalypse, effondrement et cetera.

Euh je suis pas sûre que ce soit un discours qui aide à agir à l'échelle nécessaire collectivement. Je suis particulièrement attachée à la vie démocratique. C'est une chance en fait.

Moi je suis une femme. Les femmes elles votent pas depuis tellement longtemps aussi. Voilà tout ça c'est tu sais pourquoi tu votes des conquêtes.

Ah tu sais pourquoi tu votes ? Je vote jamais moi personnellement. Tu votes pour payer des taxes.

Non mais personnellement j'ai jamais tu votais pas tu précise. Je n'ai jamais voté par adhésion. J'ai toujours voté par minim minim optimisation sous contrainte, on va dire personnellement.

C'est très bien dit. Voilà. Mais ce dont j'ai besoin pour pouvoir voter, c'est d'avoir des programmes clairs sur des questions qui me tiennent à cœur.

Et les questions qui me tiennent à cœur, c'est sur les enjeux climat, sur les enjeux biodiversité et sur la question de mettre en place des transitions qui soient justes. Qu'est-ce qui est proposé dans les années à venir ? Pour moi, personnellement comme citoyenne, avoir une information précise là-dessus, c'est quelque chose qui est critique et souvent je le trouve pas.

Donc c'est pour ça, j'insiste sur les engagements qui sont pris. Tu l'as dit clairement, une fois que quelqu'un est élu, il a plus le temps. Il a plus le temps parce que il est il gère les affaires courantees, les crises, les trucs.

Enfin voilà. Donc ce qui est important, c'est d'avoir au minimum un plan d'action précédemment. Le temps quoi ?

De respecter sa parole. Non, il a plus le temps de réfléchir à ce qu'il veut faire. Il est dans l'action.

C'était avant ça, non ? Voilà. Non.

Alors, on parle d'anticipation après euh on parle d'anticip, désolé Pierre. On parle d'anticipation, on parle de tout ça. Il y a plus d'une dizaine d'années, j'avais été [ __ ] le bordel l'armée euh du temps où ça s'appelait collège interarmé de défense.

Mais vous comprenez avec l'époque qu'on est en train de traverser, c'est devenu école de guerre. École de guerre. Oui.

Où tu es intervenu l'année dernière. Voilà. Donc euh à l'époque c'était les répercussions du réchauffement climatique sur le livre blanc de la défense française et et puis je m'étais pris le nez avec un général et je lui avais dit un truc qui lui était resté bien dans les dents parce que c'est c'est quelque chose qui est bien connu chez les militaires.

Je lui avais dit vous n'avez pas anticipé, vous vous êtes fait surprendre donc vous avez perdu. Donc tous les militaires connaissent cette phrase là. La question que je te pose c'est et tu as déjà répondu les militaires, ils te consultent un peu parce que c'est eux un peu les femmes de ménage de du réchauffement climatique parce que qui est-ce qui va être obligé de gérer les milliers de migrants qui vont débarquer parce qu'ils ont plus rien à bouffer ?

Ils se font cramer, ils ont le soleil qui leur tape sur la tête, ils se font ravager par les sauterelles, ils se tapent la malaria, ils se tapent les amibes dans la flotte et gens passer des meilleurs. C'est les militaires qui vont gérer. Ça sert à rien de dodel de ligner de la tête, c'est les militaires qui vont gérer.

En fait, je d la tête parce que dans beaucoup de régions du monde, le fait de se déplacer régulièrement en interne, c'est une stratégie intelligente pour assurer des revenus pour sa famille. Voilà. Et le fait passé en interne là, tu parles des flux migratoires qui ne se passent queen Afrique.

Non, à l'intérieur de son propre pays en fait. Euh d'une zone par exemple rurale vers une zone urbaine pour compléter des revenus en cas de mauvaise récolte et cetera. Voilà, ça fait partie en fait des choses qui existent couramment ces déplacements-là.

Et ce dont tu parles, c'est euh des déplacements qui sont souvent pilotés par l'absence de perspective économique en fait, mais aussi par bah la manière dont notre mode de vie est véhiculé partout. Et puis euh bah incite tout un chacun à à à téléphone portable gaspiller autant d'énergie que nous d'une autre manière. Voilà.

Et donc effectivement, moi je vois une prise de conscience croissante des enjeux en fait plus largement de sécurité, pas simplement pour les militaires, mais des enjeux de sécurité qui sont croisés avec les enjeux climat. sécurité en eau, sécurité alimentaire, euh sécurité par rapport au risques de conflit ou de tension, euh pas uniquement les les déplacements de population, les gens qui partent à grande échelle, hein, c'est quand on a un gouvernement totalement incompétent et puis un truc qui s'effondre comme en Syrie ou l'absence de gouvernement dans d'autres régions du monde, un peu comme l'hôpital en France, quoi. Donc c'est autre chose là.

C'est c'est aussi des enjeux en fait à l'intérieur de chaque pays de d'un cadre collectif. Voilà. Donc euh quand ça manque, bah c'est chacun pour soi et Dieu pour tous.

Et je voulais rebondir aussi sur un point que tu as mentionné tout à l'heure parce que il me tient à cœur euh on sort d'une pandémie euh qui a posé beaucoup de questions. On n pas sorti et toujours sur les enjeux croisés, il y a des enjeux très importants croisés, santé, climat et ce qu'on voit que ce soit pour la pollution de l'air, que ce soit pour l'alimentation, on travaille toujours en silo et il y a un manque d'articulation entre la vision qu'on a de ce qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de ser qui est parfois vu comme un fardeau alors qu'en fait on peut le voir comme une opportunité. pour aussi améliorer de manière spectaculaire la qualité de l'air à condition de le faire bien.

Donc c'est une chose qu'on a abordé dans notre rapport, les enjeux croisés, climat et qualité de l'air d'une manière beaucoup plus fine qu'avant. Et quand on regarde en terme de santé publique dans le monde, les conséquences de la mauvaise qualité de l'air, ils sont colossaux en fait hein. Les coûts 48 ou 58000 morts par an en France, c'est en fait une durée de vie qui se raccourcie.

C'est des maladies chroniques qui touchent les enfants, qui touchent les adultes, en particulier autour des grandes villes très polluées et puis dans les régions qui sont très polluées parce que l'industrie est très concentré avec des normes peu strictes. Voilà. Et donc là, il y a des enjeux qui sont extrêmement importants.

Et ce qu'on montre souvent quand on parle de climat, on met l'accent sur les émissions de dioxyd de carbone. Le fait de brûler moins de charbon, moins de pétrole, moins de gaz. Quand on brûle ça, on met aussi des particules qui refroidissent, qui masquent une partie du réchauffement.

Et ce qu'on montre dans notre rapport, c'est que un des facteurs qui augmente fort en ce moment, c'est les émissions mondiales de méthane. Ça augmente en fait essentiellement par des fuites de gaz fossiles, hein, mais aussi par certaines activités agricoles d'élevage et autres. Et agir rapidement sur le méthane, ça peut présenter pas mal de bénéfices.

Il reste seulement une dizaine d'années dans l'atmosphère. Donc si on baisse les émissions, on en a les effets rapidement sur le climat. Le méthane, c'est aussi en fait un précurseur de l'ozone en surface qui fait les pics d'ozone et qui pose des problèmes en fait de de pollution atmosphérique.

Et donc si on décarbone, donc on sort des énergies fossiles et qu'on baisse en même temps les émissions de méthane, là vraiment on maximise les effets positifs en terme de santé publique. Et cette semaine, il y a d'ailleurs l'ensemble des journaux de médicaux du monde, des journaux scientifiques médicaux qui ont lancé un appel en disant pour nous en terme de santé publique, il y a des enjeux majeurs à agir par rapport au climat, par rapport à la biodiversité et pour améliorer aussi la qualité de l'air. Voilà.

Mais ça ça se retranscrit pas concrètement encore en action efficace et à l'échelle nécessaire. Revenons à nos copains, les militaires. Les militaires, ils te posaient quoi comme question ?

Alors, les militaires, il posaient un certain nombre de questions qui sont par exemple liées à euh quelles peuvent être les implications du recul de la glace de mer en Arctique par rapport aux tension géopolitique dans le secteur. Euh donc des ressources nouvelles potentiellement disponibles et c'est pas simple. Non, pas seulement ça.

Les ressources s'empêchent. Euh un des enjeux d'un climat qui change, c'est que ça affecte l'océan. L'océan se réchauffe.

Il y a des vagues de chaleur marine plus fréquentes, c'est ce qui flingue les récifes de courau tropicaux parce qu'il les dégradent. Plus elles sont fréquentes, plus ça les abîme. Euh l'océan, il s'acifie, conséquence directe de nos émissions.

Et quand il se réchauffe, l'eau de mer, elle stagne dans surface au lieu de se mélanger et on perd de l'oxygène. Tout ça, ça affecte la vie marine et on s'attend à la poursuite d'une baisse du potentiel de prise de pêche, en particulier dans les régions tropicales. Il y a un tas de gens dans le monde qui dépendent des protéines issues euh des produits de la mer euh pour la sécurité nutritionnelle et alimentaire.

Donc les tensions pour l'Arctique, c'est pas faut pas imaginer que ce soit seulement pour les minerais ou les énergies fossiles. C'est aussi en fait beaucoup d'acteurs stratégiques du secteur de la pêche, en particulier en Asie, qui voi l'Arctique comme une des zones potentiellement importantes pour préserver l'industrie de la pêche et les effets associés. Donc c'est un des exemples.

Euh des autres exemples portent questions des autres questions qui posaient, c'était quoi d'autre ? C'est un exemple parmi d'autres. Euh d'autres portent sur l'évolution du cycle de l'eau, des moussons d'Afrique de l'Ouest.

Est-ce que ça peut impliquer sur bah ce que tu décrivais hein sur par exemple la cohabitation entre des éleveurs nomades et des agriculteurs sédentaires ? Si la pression sur l'eau, si on a des débuts de mousson plus tardifs, si on a des variabilités plus fortes, des sécheresses plus sévères, qu'est-ce que ça peut impliquer en terme de tension régionale ? Et on sait que l'augmentation locale de sécheresse quand il y a pas un cadre de gouvernance pour l'accès à l'eau, c'est une source de tension très forte.

Alors, c'est marrant euh un jour j'ai une discussion avec des militaires et des gens qui travaillaient chez Total. Bon, [soupir] on est on les avait gibiné un peu. Tu connais le gibin ?

Non. C'est c'est la boisson qui délit les langues. Et et on les a fait discuter et il y a un militaire qui dit "Oh là là, c'est dramatique, les océances se réchauffent, ça fait péter la glace de méthane euh euh vers vers le pôle nord.

Alors nous ça nous affolle parce qu'on croyait encore que c'était les Russes qui faisaient des expériences sous-marines de bombes nucléaires. Et le mec de chez Total dit "Oui, ça nous pose des problèmes parce que ça pète le le réchauffement de l'eau les fait péter. Donc ça fait des grosses grosses détonations sous l'eau et en fait après ça relâche énormément de méthane dans l'atmosphère." Donc là, en début d'émission, tu m'as dit les océans se réchauffent et il va y en avoir encore pour longtemps.

Oui. Sur la glace de méthane, qu'est-ce qui se passe en terme de prospective ? Ça ça se passe bien, ça se passe pas bien ?

Les hydrates de méthane, ça ça c'est comment là ? Alors, il y a plusieurs manières. Donc là, ce dont on parle, c'est des formes de stockage de méthane dans des sédiments marins sous forme d'hydrate de méthane qui sont assitués à des profondeurs différentes et qui vont être potentiellement affectés par peut-être des autres de m un peu plus chaudes à des moments différents.

Donc dans l'évaluation qu'on en a aujourd'hui, c'est quelque chose pour lequel on est on n'ipe pas un effet amplificateur majeur à l'échelle de ce siècle. Là où il y a des choses plus claires, c'est du côté des sols gelés de l'Arctique. Donc les sols, le permafroste ou le pergisol en français.

Donc en fait dans le passé, il y a eu des phases plus chaudes, il y a eu de la matière organique qui s'est accumulée du fait de la végétation passée et puis c'est resté gelé pendant un moment. Donc après ça pète. Donc quand ça dégelle, c'est pas ça pète pas, c'est graduel.

Donc on s'attend par degré de réchauffement supplémentaire à perdre en gros 1/4 des sols gelés sur 3 m de profondeur de l'Arctique. Et on a maintenant des estimations un peu plus fines qu'avant de ce que ça peut faire sur les émissions de CO2. On le prend en compte par exemple quand on dit bah qu'est-ce que c'est notre marge de manœuvre résiduelle ?

Il y a une relation en fait étroite entre le cumul de nos émissions passées, présente et futur de CO2 et le réchauffement actuel et àir. C'est le truc le plus clair et on le prend en compte en fait la partie combien va sortir des sols gelés pour estimer finalement bah la marge de manœuvre qui nous reste en terme d'émission humaine compte tenu de ce qui va se passer du côté des sols gelés et autres choses pour arriver à limiter le réchauffement à un niveau comme l'indique l'accord de Paris sur le climat un choix politique. Les hydrates de méthane, vous avez vos informations d'où ?

Alors, c'est des informations issues de l'ensemble des travaux scientifiques qui portent là-dessus, publié dans la littérature scientifique. Sachant que plus on va naviguer en Arctique, plus on va observer bah ce type de situation. Donc aujourd'hui, on navigue plus parce qu'il y a moins de banquise, on l'observe davantage mais ça veut pas dire que ça s'accentue.

Et quand on regarde l'évolution des flux de méthane, on a un réseau de station autour de l'Arctique. C'est pas ça qui domine aujourd'hui le fait de que les émissions augmentent. Ça vient plutôt des régions tropicales avec en particulier des rejets de gaz enfin issus du gaz fossile et des rejets issu d'activité d'élevage en tout cas sur la dernière décennie.

C'est ça qui tire les émissions, la concentration de méthane à la hausse dans l'atmosphère. Et et les militaires au lieu d'avoir des questions d'une première année à Sciencep, ils avaient des questions un peu plus toufu ou c'était Moi, j'avais été particulièrement impressionné par les questions qui étaient posé par euh les Amiro euh qui avaient beaucoup euh navigué sur les océans, qui avaient beaucoup observé et euh qui avait une vision euh vraiment des enjeux à l'échelle planétaire, pas simplement pour les océans, euh pour les aspects géopolitiques liés à l'océan et aussi pour les aspects qui touchent sur le littoral. Euh pourquoi c'est important ?

Par exemple, la plupart des infrastructures stratégiques, les ports, les aéroports, hein, beaucoup de grandes villes sont situées sur le littoral. Et donc, ils avaient aussi réfléchi aux enjeux et aux implication lié à la montée du niveau des mers. La montée du niveau des mers, c'est 20 cm au 20e siècle.

C'est maintenant au rythme de 3,7 mm par an. Ça ça a accéléré, c'est un des trucs qui a accéléré dans l'évolution récente du climat. Euh et puis bah la montée du niveau des mers ce siècle et dans les siècles suivants, ça va vraiment dépendre des émissions de gaz à effet de serre qu'on va faire, mais ça va monter.

Et c'est pas simplement la montée graduelle comme pour d'autres choses. Ça veut dire que quand on a une forte marée et une tempête importante, les records de haut niveau marin qui était précédemment rares vont devenir de plus en plus fréquents, parfois annuel hein, plusieurs fois par an. Ça va entraîner une éion des côtes sableuses et ça va poser un certain nombre d'enjeux pour tout ce qui est stratégique qui est sur le littoral.

Et quand je dis des enjeux, ça veut dire ben soit on fait des ouvrages en dur mais on peut pas les mettre partout, c'est cher. Soit on gagne sur la mer comme à Monaco au Singapour quand on est très riche. Soit on fait des repis stratégiques et ça ça pose le bladche, c'est ça comme la capitale de de l'Indonésie, je crois Jaarta parce qu'en fait elle s'enfonce sous son propre poids le niveau des mèm montes.

Donc là c'est pas tenable. Et donc comment on fait ? Euh c'est encore une question euh très importante qui touche à des enjeux de justice sociale sur la montée du niveau des mères pour le littoral.

Qu'est-ce qu'on protège ? ce qui est stratégique, un patrimoine culturel, historique, les plus riches, comment on fait avec les plus vulnérables ? Comment on fait pour que le positionnement de chacun soit entendu ?

Euh fasse participe de la délibération ? Euh comment est-ce qu'on fait si on doit déménager euh faire ce repli stratégique pour le faire euh de manière partagée ? Il y a il y a des enjeux majeurs en fait.

C'est on ne fait que à peine en parler aujourd'hui, mais graduellement ça va être quelque chose qui va être de plus en plus d'actualité. Euh et c'est ce que j'entends moi quand je parle de d'anticipation, d'adaptation à un climat qui change. Et euh euh certains militaires l'ont bien compris.

Ils l'ont bien compris. Ils regardent des villes en Inde par exemple euh avec euh tous ces enjeux de bidonville, de quartiers très aisés construits sur des zones marécageuses qui s'enfoncent, le niveau des mers qui qui monte, comment ça va être géré. Voilà, il parle un peu du golfstream ou pas du tout ?

Le golfstream qui s'arrête, il parle de ça un peu ou pas du tout ? Alors, ça c'est des questions qui nous reviennent souvent euh parce que alors pas les militaires en fait, mais euh il y a beaucoup de gens qui se forment sur le climat en regardant des films d'Hollywood et donc euh à chaque fois nous, on est obligé de rappeler euh la physique des choses. Euh et puis il y a souvent une question plus large euh sur voilà, nous là sur le Golfstream, c'était pas la le scénario d'Hollywood là, c'était des gens par de chez vous qui disaient que quand même le le volume le le courant se ralentissait.

Il était à son plus bas depuis 1600 ans. Alors ça c'est une publication scientifique du mois de juillet qu'on a pas évalué. Euh elle est arrivée tard par rapport à notre évaluation.

Très très bonne réponse. Ce que je peux juste dire c'est que on a des mesures alors c'est pas le Golfstream. Le Golfstream c'est un courant de surface c'est en gros lié à la rotation de la Terre.

C'est pas ça en fait qui compte pour le climat et ça va persister. Ce qui compte c'est en fait la circulation un espèce de grand tapis roulant en surface et en profondeur de l'océan Atlantique qu'on appelle la circulation méridienne de retournement. On le mesure directement depuis une vingtaine d'années avec des réseaux d'observation.

On voit en fait une variabilité sur ces derniers 20 ans. On peut pas conclure. Les estimations utilisées sur le temps long, c'est des choses indirectes en fait hein par rapport à l'état de surface de l'océan qu'on estime par des indices dans les les archives naturelles du climat.

C'est pas la même chose. Et dans notre évaluation ce qu'on on montre c'est qu'en prenant en compte tous les informations disponibles, elles sont pas cohérentes. On peut pas conclure s'il y a une tendance en ce moment.

Par contre, dans tous les modèles de climat, quand ça se réchauffe, cette circulation se ralentit. On peut pas exclure que ça s'effondre. Et ça fait partie des choses qu'on aborde sous l'angle.

Possibilité à faible probabilité d'occurrence mais potentiellement très fort impact. noir quoi ? C'est ça, j'explique.

On peut pas dire dans quelles conditions ça va se produire, quel niveau de réchauffement quand on peut pas l'exclure parce que ça s'est produit parfois dans le passé et puis ça peut se produire aussi dans le futur, mais on n pas forcément confiance dans la représentation des processus dans nos modèles. Par contre, ce qu'on peut faire, c'est artificiellement le provoquer. On rajoute beaucoup d'eau douce dans un modèle de climat autour de l'océan Atlantique Nord et on peut provoquer en fait artificiellement un arrêt de cette circulation.

Et après, on regarde les conséquences puis on regarde aussi dans les climats passés. ce qui s'est produit dans le passé pour des événements similaires. Et là, les conséquences, elles sont très nettes, hein.

C'est des conditions beaucoup plus sèches en Europe, c'est des changements dans la répartition des bandes de pluie dans les régions tropicales, des effets directs sur les moussons. Voilà, donc nous, on fournit cette information mais on peut pas dire la probabilité qu'elle se produise. Et il y a plein d'aspects similaires pour le climat. par exemple un effondrement de certains secteurs de l'Antarctique qui pourrait conduire à une augmentation peut-être deux fois plus forte que le scénario le plus haut du niveau des mers ce siècle.

On sait que ces processus peuvent exister mais on sait pas les seuils de réchauffement euh l'horizon temporel auquel ça peut se produire mais pour la première fois on peut quantifier dans ce rapport si ça se déclenche ce que ça peut faire en plus et on le fournit. Et pourquoi on le fait ? C'est pas que une question de militaire en fait. euh beaucoup en fait de de gestionnaires d'infrastructures critiques qui prennent des décisions qui sont sur du temps long.

Euh l'aménagement des villes côtières dans les pays euh émergent euh c'est un enjeu euh pas pour 20 ans hein, c'est pour du temps très long. Euh la la soutenabilité des villes, une ville comme New York ou d'autres, c'est une question majeure en fait. Les villes côtières qui concentrent les activités économiques pour leur attractivité aussi.

Et donc on nous demande aussi nous cette information là. On nous demande pas simplement euh la valeur dans laquelle on a le plus confiance, la moyenne de notre distribution, mais on nous demande de regarder les que de distribution, les événements euh potentiellement rares mais qui auront le le plus d'impact possible. Et ça, vous le trouverez dans notre rapport.

Alors, avant de repasser la parole à Pierre, je vais lire une question internet que je ne comprends pas, donc peut-être que tu vas la comprendre. Question. Les grandes entreprises françaises sont obligées de faire leur bilan carbone mais que sur le scope 1 et 2.

Oui. 80 % de leurs émissions sur le scope sont sur le scope 3. L'amand, attention les oreilles, 10000 € si elle ne respecte pas l'obligation.

Ça c'est pas de la bonne rigolade ça. Alors ça en fait ça fait partie de la question. Ça c'est un cadre réglementaire, je peux pas tellement commenter en fait hein, sur le fait de en plus de euh transmettre des informations sur je sais pas la santé économique de l'entreprise, il y a une obligation d'être transparent sur les émissions de gaz à effet de serre.

Mais effectivement, par exemple, si vous vendez des produits pétroliers, euh euh bah vous avez euh en amont euh au moment de l'exploration, vous avez votre propre activité interne de transport, par exemple de par raffinage ou autre. Puis après vous avez le ce qu'on appelle le scope 3, c'est quand vous vendez vos produits, vos clients ils brûlent le pétrole, le gaz et en fait le gros des émissions est là. Donc effectivement, il y a parfois des ambiguités et il y a parfois une ce qui peut être perçu comme une déresponsabilisation des entreprises par rapport à aux implications de leurs produits, de leur stratégie économique sur l'ensemble du périmètre des activités.

Et quand on prend le premier facteur d'évolution du climat, l'augmentation de la teneur en CO2 de l'atmosphère, 80 à 90 % de ça, c'est brûler du pétrole, du charbon, du gaz et le reste, c'est détruire des tourbières, détruire des forêts en fait, hein. Voilà. Pierre, la question c'est est-ce que une amende de 10000 € est-ce que c'est sérieux ou est-ce que c'est pour une entreprise qui fait des milliards de de chiffres d'affaires, effectivement, ça n'est pas suffisant.

Ça n'est pas sérieux. Si on a compris la gravité du problème du climat et la biodiversité, on devrait être beaucoup plus ambitieux. Et on a le même problème au niveau européen.

On a fait ce qu'on appelle une taxonomie. Donc il y a eu un groupe de travail non mais c'est important, c'est une étape importante. On a fait donc qu'est-ce qui est bon pour la planète ?

Qu'est-ce qui pollue ? Qu'est-ce qui est marron ? Quelles sont les énergies sales et voilà, on a une taxonomie.

Et nous ce qu'on dit c'est que ça, il suffit pas d'en rester là. Il faudrait interdire complètement les ce qui est mauvais pour la planète. Et on n'est pas les seuls à le dire.

Il y a eu le rapport de l'Agence internationale de l'énergie en juin. C'était un électrochoc pour beaucoup de gens parce que l'Agence internationale de l'énergie il y a 10 ans, c'était un peu ou 15 ans le porte-parole du lobby pétrolier. Voilà, c'était voilà.

Et là, il y a une prise de conscience qu'ils ont écrit cette année est incroyable. Ils insistent sur la gravité du problème climatique. Ils disent que il faut immédiatement arrêter les nouveaux investissements dans les énergies fossiles et qu'il faut mettre 3000 milliards chaque année en plus au niveau mondial. 3000 milliards d'investissements dans l'isolation des bâtiments, dans les transports en commun, dans la dans l'efficacité, avoir besoin de moins d'énergie et voilà donc c'est plutôt et c'est pas je le répète des climatologues qui de ces ou des des au Greenpeace, c'est l'Agence internationale de l'énergie et 3 semaines après, il y a tous les ministres de l'environnement et de l'énergie qui se retrouvent à Bruxelles et il y a 11 pays qui disent "Ben oui, euh les climatologues nous alertent, la l'agence internationale, on va stopper les énergies fossiles." Pardon, pardon, pardon, excuse-moi.

Et la France, excuse-moi. Non, non. Et la France et la France n'en fait pas.

Même la ministre allemande, même la ministre belge, même la ministre luxembourgeois disent "On peut stopper, on peut stopper on peut stopper immédiatement les énergies fossiles et la France regarde ailleurs." Question internet, y a-t-il ne serait-ce qu'un pays qui respecte ses engagements climatiques depuis les accords de Paris ? Alors en fait, ça fait l'objet d'un suivi qui est par le programme des Nations Unies pour l'environnement qui rend tous les ans au mois de novembre ce qu'ils appellent le emission gap report en fait sur le décalage entre ce qu'on devrait faire si on voulait être cohérent avec l'accord de Paris sur le climat et puis les engagements pris par les pays et leur réalité.

Et si je me souviens bien, ma lecture du rapport de l'année dernière, c'est que il y a euh peut-être une vingtaine de pays, je crois euh qui ont une action concrète qui a permis d'atteindre une vingtaine ou une trentaine de pays qui a permis d'atteindre un pic d'émission et de diminuer. Par contre, sur le suivi précis par rapport aux promesses de 2015 et à leur mise en œuvre, c'est pas quelque chose qui est évident et je pense que ce sera rendu encore plus délicat par l'effet de la pandémie. Et j'ai très peur que certains euh finalement euh euh utilisent la baisse transitoire euh d euh aux mesures pour freiner la pandémie euh pour se dire bah on a tenu on a tenu nos engagements.

Alors si on prend le cas de la France par exemple, la France elle s'est dotée de budget carbone sur plusieurs années à partir de 2015. Le premier budget carbone, il a pas été tenu et le deuxième, il a été revu à la baisse parce que c'était envisagé qu'il serait pas tenu. Voilà, donc ça donne un peu une idée de l'absence en fait de réhausse d'ambition en n'ayant pas tenu le premier budget carbone du pays haute de l'accord de Paris sur le climat.

Pierre, tu as été coupé par la question internet. Non non pu ce qu'a dit Valérie tout à l'heure, c'est que si on tient compte des des produits qui viennent de Chine et d'ailleurs, c'est le graphique. Non mais pardon, c'est juste pour dire on n'est pas là pour rigoler.

Non, je le bilan le bilan du CO2 émis sur le territoire national a effectivement baissé en France mais c'est le les chiffres du ministère de l'environnement publiés dans les échos qui disent que si on tient compte des produits importés de Chine ou d'ailleurs il n'y a eu aucune baisse, je suis désolé de le dire, je dis non, je serais très heureux de dire qu'on ça va mieux. Il n'y a eu aucune baisse du bilan carbone complet de la France. Donc, il y a besoin d'un changement radical.

Faut arrêter les routines. Faut Est-ce que tu peux me lire la source de ton papier là ? Source euh euh c'est les documents du PLF, c'est-à-dire le le projet de loi de finance euh 2020 INC Eurostat publié dans les échos.

Alors, vous trouvez aussi dans le haut conseil pour le climat rapport sur comment réduire l'empreinte carbone de la France. Voilà, c'est pas un groupe de complotistes, c'est le ministère de l'environnement et le conseil qui disent hélas le bilan complet, on a fait aucun progrès. Donc, il faut changer radicalement de braquer.

On a été capable de le faire. Moi ce qui m'énerve c'est que dans plein de domaines, on a fait des changements radicaux. On a tous des téléphones portables.

C'est c'est pas en améliorant le vieux téléphone à fil qu'on a on a eu un saut technologique en matière médicale. J'ai une copine qui est médecin qui travaille sur les cancers de l'enfant. Elle dit qu'on a fait des progrès fabuleux pour soigner les cancers de l'enfant et par contre sur le climat on fait des beaux discours.

On met des rustines mais on va la catastrophe. Et donc tout à l'heure Valérie parlait de deux points que je voulais souligner dans ce qu'a dit Valérie. Premièrement ça coûterait pas tellement cher d'agir par rapport à ce que ça nous coûte. l'inaction, les centaines de morts et les milliards de dégâts.

Je redonne les ordres de grandeur, hein. Quand Nicolas Hul a démissionné, Nicolas il disait "Je voudrais 7 milliards chaque année." 7 milliards pour isoler des bâtiments et faire des transports en commun.

On lui a dit "7 milliards, c'est pas possible." Je rappelle que la Banque centrale européenne en une journée a créé 1300 milliards d'euros. 1300 milliards qu'on a donné aux banques à taux négatif.

Voilà. Je rappelle aussi que quand le Parlement européen, je suis pas le seul, demande une taxe sur la spéculation, on a refait les calculs malgré le Brexit. Et malgré la crise, une petite taxe à 0,1 %, on aurait presque 60 milliards au niveau européen.

Ça ferait 10 milliards qui arriverait en France. Et si on savait qu'on avait 10 milliards qui arrivent en France, on pourrait avoir une vraie loi climat. Donc vraiment, ils n'ont aucune excuse.

Le diagnostic, il est clair. Le fait qu'on va vers le chaos, si on change pas, c'est une évidence. Le fait qu'on pourrait vivre bien, si on avait tous des maisons isolées, on pourrait vivre bien dépenser moins d'énergie.

Il y a moins d'argent qui rent dans les caisses de monsieur Poutine. Je rappelle aussi que du point de vue bêtement économique, on a des dizaines de milliards saou voilà des dizaines de milliards qui partent dans les pays pétroliers, dans les pays gaziers. Donc c'est bon pour le pouvoir d'achat des gens, c'est bon pour les créations d'emploi.

On a tous les maires ruraux de France qui nous soutiennent, l'action qu'on a lancé avec Jean-Josel pour avoir des vrais financements. Tous les maires ruraux disent "Nos villages sont en train de crever, on voit les problèmes du déréglement climatique, on ne voudrait créer des emplois." Donc ils n'ont aucune excuse.

Et Valérie disait que comme citoyenne, elle votait souvent pour le moins pire. Tu l'as dit ça mieux tu équilibré. Je le redis.

Il y a des élections dans 9 mois. Tout ce qu'on a dit, toutes les solutions qu'on porte, c'est pas Emmanuel Macron qui va les mettre en œuvre. Emmanuel Macron a eu tous les pouvoirs depuis 4 ans, il ne l'a pas fait.

C'est pas Macron, c'est pas Marine Le Pen, c'est pas Xavier Bertrand. Donc je pense qu'il est fondamental qu'on obtienne la primaire populaire, qu'on se rassemble, qui a une équipe et qu'on arrive à changer les choses et qu'on met il y a des millions de gens qui en ont marre. Il y a des millions de gens qui voient qu'on va vers le chaos social et vers le chaos climatique.

On est des millions à vouloir rompre avec les politiques mises en place depuis 40 ans et on est vraiment stupide si on ne sait pas profiter des élections pour changer de politique. Et je pense qu'on peut le faire. La France, on a les citoyens ont déjà provoqué des surprises dans l'histoire de la France.

Je pense qu'il faut qu'on crée une surprise pour le mois d'avril prochain. Et allez sur le site primairepopulaire.fr.

Avant de donner la parole à Valérie, tu as vu le film d'Albert Dupontel ? Adieu les cons. Oui.

Oui. Valérie, vas-y. Moi, je voulais dire en fait, on parlait tout à l'heure des obligations de transparence et donc pour moi, c'est important que ces chiffresl soient connus, c'est-à-dire le bilan des émissions de gaz à effet de serre à l'échelle d'une ville, d'une région, de la France, d'une entreprise, que ce soit transparent et que tout un chacun puisse se l'approprier et et exiger aussi une action plus importante.

Donc il y a un travail à faire je pense pour que ces informations soient de plus en plus partagées et qu'elles deviennent en fait une des grilles d'analyse des politiques publiques, des ambitions publiques. Il y a un besoin vraiment de partage, d'accès à l'information. C'est quelque chose qui manque beaucoup aujourd'hui là-dessus.

Question pour vous deux, question d'internet. Finalement, le transhumanisme et la conquête spatiale attive, c'est pas la solution ? C'est une question provoque.

Vas-y. 10 minutes de vacances dans l'espace, c'est pas mal, non ? avec al bilan kérosène et CO2.

Ah, ce sera fait avec du biogaz de machin là, tu sais, du prout d'algue, on y croit. Valérie, qu'est-ce que je peux dire ? [grognement] Euh, si c'est l'émulation, la concurrence entre les milliardaires à qui s'enverra en l'air le plus haut possible tout seul et en remerciant les clients de son entreprise de lui permettre de le faire, je suis pas sûr que c'est ça qui permettra le progrès de l'humanité.

Voilà. Et ça pose la question de ce qui fait rêver les gens. Euh ça pose la question de qu'est-ce que c'est la vision du progrès.

Euh qu'est-ce que ça ça pose aussi la question de comment on on surmonte cette espèce d'enfermement planétaire puisqu'en fait on doit faire avec cette planète. On pourra pas on pourra pas nous s'installer sur une autre planète à ça s'appelle le syndrome de l'île déserte. Exactement.

Tu connais ça ? Donc ça joue sur un imaginaire. Il faut expliquer.

Il faut expliquer. Je t'en prie. Je t'en prie.

Alors ça dépend. Il y a la vision militaire et la vision romanesque. Tu la veux laquelle ?

Romanesque. Romanesque non va faire militaire. [rires] Je savais.

Alors euh, imaginez-vous tous, on est sur un bateau dans les Caraïbes. Bon, c'est un vieux bateau. Et puis mon pote à ma gauche, il sait il sait pas conduire moi plus.

Et puis on se prend un rocher et puis on arrive sur une île déserte et sur l'île déserte, il y a trois cocotiers, cinq craves et quelques petits buissons. Il y a deux solutions. Soit on reste là, on attend comme des cons qu'un bateau passe, un avion passe, on fait des signes sur la plage et on mange nos trois trois crocottines ou cinq crabes et notre petit buisson.

Puis après, il y a plus rien et puis on crève la bouche ouverte. Puis la deuxème prospective qui est on est conscient qu'on a des ressources limitées. On a deux solutions.

Soit on but Pierre, Paul et Jacques, comme ça on a de quoi tenir un peu plus longtemps. C'est ce manque de solidarité entre pauvres. Bon Pierre, t'inquiète, on va pas te tuer tout de suite.

On va te manger d'abord. Et et soit on prend tous les palmiers, on fait un radeau puis on se barre. Est-ce que les milliardaires mégalot qu'on a à l'heure actuelle ont le syndrome de l'île déserte ?

Je peux pas répondre à la question mais ce que je trouve assez la version romanesque non je je veux en fait je suis pas sûr que ça réponde vraiment à la question parce qu'en fait on n'est pas dans une situation de bateau, on n'est pas dans une situation d'absence de ressources et on n'est pas sur une situation où on a une échappatoire en fait. Donc là, à mon avis euh ça contribue à quelque part euh comment dire quelque chose qui nous rassure l'idée que peut-être on va trouver une solution technologique qui permettra à certains d'échapper euh au changement structurel pour aborder les réels problèmes. Donc moi, tel que je le vois dans le narratif, dans la la possibilité la la le fait que ça capte l'attention à ce point-là au niveau mondial, c'est que ça joue sur des mécanismes un peu inconscients de déni ou d'inaction.

Voilà. Donc c'est cette espèce d'illusion moi qui me frappe. Complètement d'accord là aussi avec Valérie.

Mais moi ce qui m'inquiète c'est pas les milliardaires si on dans la tête. C'est l'inaction de nos politiques. C'est pas les milliardaires qui doivent guider une société.

Je suis d'un parti qui s'appelle Nouvelle donne en référence au New Deal de Roosevelt. Quand Roosevelt arrive, le pays était sinistré par la crise après 1929. En 3 mois, il fait passer 15 réformes fondamentales.

Il fait la séparation des banques. Il fait un impôt sur les plus riches parce qu'il veut créer des millions d'emplois et les milliardaires sont furieux. Les milliardaires de l'époque expliquent que Roosevelt est un communiste qui va tuer l'Amérique, mais Roosevelt parle à l'intelligence des citoyens.

Il a les citoyens avec lui, il y compris parfois il dit aux citoyens, allez dans la rue, bah j'ai besoin que vous soyez nombreux pour m'aider à faire reculer le lobby bancaire. Et Roosevelt fait passer des des réformes qui sont un succès et il a été réélu. Et au moment où l'Europe allait vers la barbarie, Roosevelt avec sa politique a sauvé, il a sauvé la cohésion sociale, il a sauvé la démocratie.

Donc et c'est pas les milliardaires. Les milliardaires. Il se trouve que quand on a créé le collectif Roosevelt, le petit-fils Roosevelt était avec nous, il nous a raconté comment les milliardaires de l'époque détestaient son grand-père.

Mais son grand-père savait qu'il avait la bonne boussole, c'était la justice sociale et tout le monde comprenait que le Roosevelt travaillait pour le bien commun et le peuple était avec lui et et tenait bon. Donc le fait qu'il y a des milliardaires qui soient dans le délire, qui soient prêt à dépenser des sommes colossales pour avoir juste 3 minutes en apesanteur. Voilà, c'est ridicule.

Et le bilan carbone, c'est ça, il faudrait taxer beaucoup plus le kéros. encore il y a 3 jours, je suis intervenu au parlement pour dire qu' Axel Kerosen mais c'est ce qui m'inquiète c'est pas c'est Martin Lutherking qui disait le le mal qui est dans le monde ne peut pas se comprendre sans l'inertie des gens de bien Martin Lutherking le disait mieux que ça mais où il disait quelqu'un qui n'agit pas contre le mal ça veut dire qu'il coopère avec lui. Donc mon problème n'est pas les milliardaires.

Mon problème est comment est-ce qu'on a on accepte que des politiques qui n'ont pas les bonnes les bonnes actions, on les laisse au pouvoir et comment est-ce qu'on est assez bêtes pour ne pas se rassembler pour changer les choses. C'est ça ce qui me qui me pousse à agir. Pierre, donne la parole à Valérie.

Ouais, moi j'ai une autre aussi vision là-dessus, c'est celle en fait de l'espace bien commun et euh il y a des enjeux qui sont très important. Le fait de disposer de suivi par satellite de l'état en permanence de l'atmosphère et puis du reste de la machine climatique, c'est quelque chose qui est essentiel. C'est essentiel pour suivre l'évolution du climat.

C'est essentiel pour comprendre comment il fonctionne. À terme, par exemple, discerner si on a plus de mét méthane qui sort de telle ou telle zone. On on y est pas encore mais on peut le faire.

Mieux comprendre les les nuages et leur rôle dans le climat. C'est encore associé à une incertitude importante. C'est essentiel pour les systèmes précoces d'alerte pour pouvoir se mettre à l'abri.

Les progrès, ils ont été considérables en fait sur la prévision météorologique et l'observation depuis l'espace. L'intégration des données en temps réel dans les systèmes de prévision météorologique, c'est quelque chose qui est fondamental et le fait de plus en plus d'avoir également une privatisation de l'espace des noria de petits satellites et leurs dégâts, c'est quelque chose qui pose problème en fait qui va peut-être diminuer notre capacité d'observation de la terre. Et donc pour moi, l'espace c'est pas simplement quelque chose où on va faire du tourisme si on est plein d'argent puis on racontera ça à ses amis parce que l'Antarctique c'est trop près en fait hein.

Il y a un peu de ça quand même. C'estd le tourisme un peu ultime pour quand on a les moyens ben faire quelque chose qui a un impact carbone énorme pour pouvoir s'en venter quasiment. Pour moi, c'est pas ça l'espace.

C'est quelque chose qui euh nous appartient à tous, qui est associé au progrès technologiques, au progrès des connaissances et qui demande aussi des qui pose des questions de gouvernance euh qui sont importantes. On essaiera de poser ces questions à Claudine dans pas très longtemps. Euh Pierre, tu veux rajouter quelque chose ?

Alors moi je vais je vais vous poser une question. Vas-y. Le capitalisme tel qu'on le connaît, est-ce que c'est pas une une idéologie tellement toxique que on n'arrive même plus à le voir ? qu'on a pas contaminé tout le monde sur terre avec une idéologie tellement toxique qu'il va falloir tellement d'années pour se rattraper qu'on va se faire nous rattraper par le réchauffement climatique.

Non, moi je crois vraiment que on est des millions à comprendre la gravité de ce qui se passe. On est des millions à se dire qu'un modèle économique qui provoque autant de précarité, de pauvreté, de burnout. Il y a des gens qui crèvent parce qu'ils ont pas travail et puis il y en a qui crèvent parce qu'ils travaillent trop. un modèle économique qui font en l'air la cohésion sociale mais aussi la biodiversité et le climat c'est pas un modèle c'est un non sens voilà et donc je crois qu'on est des millions à le comprendre partout on va faire des débats avant le virus les salles étaient archi pleines les gens voulaient comprendre et agir tous les jeunes qui étaient dans la rue à Madrid j'avais d avec deux de tes collègues climatologues av le trut et Jean-Jusel qui m'a dit le seul truc qui nous optimise c'est les jeunes qui sont dans la rue et qui vont obliger les politiques à agir.

Je crois, moi je suis moins pessimiste que que toi Sky et je crois qu'on est non mais on est dans ce moment critique. A priori c'est foutu. J'ai rien bu en arrivant.

A priori c'est foutu l'accumulation de la crise climatique de la crise sociale. J'ai montré qu'on peut avoir n'importe quand une nouvelle crise économique. Le FMI dit on peut avoir une crise 10 fois plus grave que 2008.

Mais non mais par contre mais comme on est des millions à avoir un cerveau y compris à regarder des trucs intéressants sur les réseaux sociaux y compris à se dire mais [ __ ] pour moi et pour mes enfants, j'ai pas envie d'aller vers le chaos. Non mais sans rire, je n'ai je refuse qu'on aille vers le suicide. Je je sais qu'il y a pas de baguette magique.

Je sais que ça va être compliqué. Je sais qu'on va pas stopper en 3 jours le dérèglement climatique. Faut se relever les bouches.

Mais mais que l'histoire de l'humanité montre que c'est souvent quand c'est très très grave que des gens se se remettent en mouvement. Dans mon bureau à Bruxelles, tu viendras quand tu veux. J'ai la photo du mur de Berlin et puis j'ai une très belle phrase de Vaclavel qui dit chacun donc juste après que le mur de Berlin soit tombé Vaclavel dit le peuple s'est réveillé avec une rapidité bouleversante.

On va on va pas là-bas. Tu sais pourquoi ? On va pas là-bas.

Il y a trop de pourri. Non, laisse-moi Vaclavel, c'est quand même magnifique. Le peuple s'est réveillé avec une rapidité bouleversante.

Il veillait, il attendait le moment propice. Tous ceux qui ne mentaient pas dans leur vie quotidienne ont apporté leur contribution. Et Vasla Vavel dit : "Chacun de nous peut changer le monde, même s'il croit qu'il n'a pas la moindre importance, chacun de nous peut changer le monde." Et c'est des gens, c'est des gens sans importance.

C'est des gens comme toi et moi, c'est pas Gorbatchev, c'est pas Elmout Col qui ont fait tomber le mur de Berlin. C'est des gens comme qui se disaient [ __ ] j'en ai marre de cette vie, je veux vivre libre, je veux vivre heureux et que mes enfants vivent libres. Et ils ont fait tomber, ils étaient trois, ils étaient 30, ils étaient 3000, ils ont fait tomber le mur de Berlin.

Et je crois aussi que aujourd'hui, même si l'ennemi est moins visible que le mur de Berlin, mais que le système capitaliste, je répète, qui provoque autant de pauvreté, d'inégalité, on est tous choqués. Quand tu dis l'ennemi quel est l'ennemi ? C'est un système qui est gouverné uniquement par le fric pour les plus riches et c'est notre incapacité à le changer.

On aura tout pour vivre dans un pays de cocagne. On n jamais été aussi riche humainement financièrement. Je la parole à tu prends la parole et donc chacun de nous si reste tout seul.

Je la parole en 30 secondes. Si chacun et chacun restendre 30 secondes. Si on reste chacun chez soi à lire le rapport du GC à se dire [ __ ] c'est foutu.

Avoir les courbes du FMI à se dire c'est foutu. Voilà il y a de quoi effectivement se flinguer. Mais si on se rassemble pour réfléchir et pour agir ensemble je pense qu'on peut gagner la partie.

Alors en fait, moi je veux pas complètement adresser ta question mais mentionner que il y a eu des expériences de système communiste à parti unique totalitaire productiviste qu'on conduit à des catastrophes environnementales également. Donc voilà, c'est juste pour nuancer là-dessus ou l'Union soviétique en fait à l'époque hein sur les émissions de gazfire un certain nombre d'autres choses, c'était pas particulièrement remarquable hein. Voilà.

Et donc ça ça ça pose des questions et sous l'angle en fait de l'impact des activités humaines sur l'environnement planétaire, le le terme qui est souvent utilisé c'est celui d'entropocène pour essayer de discerner à partir de quel moment finalement la longue histoire de l'humanité elle s'est mise à dérailler et on a commencé à avoir une une empreinte en fait sur notre environnement disproportionné finalement. Alors, certains le datent du moment de l'invention de la machine à à vapeur finalement qui a permis avec l'utilisation des énergies fossile de changer complètement le les systèmes énergétiques, le rapport au travail et puis bah par l'utilisation croissante d'énergie fossile de conduire à la situation que sur laquelle on vit. d'autres sur euh par exemple euh le rôle des humains pour disperser euh des espèces vivantes d'un continent à l'autre.

Euh mais en évidence le début du commerce triangulaire comme jou un rôle fondamental finalement sur euh les échanges disproportionnés entre les continents et euh leurs effets à échelle planétaire. Et puis d'autres en fait mettent en évidence un poids croissant du capitalisme financier effectivement avec une vision à très court terme qui perd complètement toute relation avec les conséquences à long terme puisqu'on paye pas pour les dommages qui sont considérés qui met à mal la gouvernance de long terme dans chaque pays par rapport au bien commun. Voilà, donc ce sont ces ces ces angles là qu'on peut utiliser aussi pour lire, mais c'est pas simplement à mon sens une histoire de de système purement capitaliste.

C'est une question de gouvernance ensemble et en prenant en compte le long terme. Il y a quelques expériences intéressantes que je veux mentionner. Comment on prend en compte le long terme ?

Je sais que dans certains pays, ils avaient fait l'expérience d'avoir un ministère du futur. Pour chaque décision, qu'est-ce que ça implique sur le temps long ? Qu'est-ce que ça implique ?

Je sais pas pour l'énergie, pour les retraites, pour l'environnement. Il y a d'autres endroits où on se rend compte que c'est très difficile d'avoir un débat démocratique sur des décisions importantes à prendre aujourd'hui parce que c'est clivant. Il y en a qui vont perdre plus que d'autres ou qui ont l'impression de perdre plus que d'autres et donc c'est très clivant.

Et dans certains cas en fait, on fait jouer aux gens le rôle de leurs enfants ou de leurs petits-enfants pour définir ensemble ce vers quoi on veut aller et après en fait c'est plus facile de s'accorder sur la manière d'y aller. Voilà. Donc je pense que ça pose des vraies questions de fond, de prise de décision, de gouvernance au-delà de la réflexion sur euh les les systèmes économiques dans lesquels on fonctionne.

Euh des questions vraiment de fond démocratique. On arrive à la fin de notre interview. On a encore deux de deux trois questions.

Est-ce que vous voulez qu'on rajoute quelque chose ? Est-ce qu'on a oublié quelque chose ? Non.

Assez complet. Alors le progrès des connaissances peut-être j'ai pas entendu. Le progrès des connaissances.

Le progrès des connaissances pour aller où ? C'est ça la question. On arrive à la fin de notre émission.

Pierre connaît déjà la dernière question, donc je vais te la poser d'abord à toi Valérie. C'est pas une question, c'est laisser un conseil pour les jeunes générations, une bouteille à la mer, quelque chose d'impérissable qui va rester sur les réseaux sociaux et et pour le futur, qu'est-ce que tu veux laisser dans cette bouteille ? Et et bien sûr, il faut nous conseiller trois bouquins.

Trois bouquins maintenant. Trois bouquins maintenant à lire. Quelque chose qui on été qui doit qui nécessaire. trois livres nécessaires et un conseil pour les jeunes générations.

Alors bien évidemment certains aspects du rapport du JC de 2021, par exemple les fiches régionales, les questions fréquentes qui sont relativement faciles d'accès. Donc ça c'est la première chose. Un livre d'un philosophe qui s'appelle Pierre Charbonnier qui s'appelle Abondance et liberté euh pour réfléchir en fait à ce qui a finalement façonné la manière dont nos sociétés occidentales ont évolué euh avec le regard historique philosophique.

Ça ça fait deux. [grognement] Il faut que je trouve le troisème et j'ai besoin d'un peu plus de temps. D'accord.

Alors un conseil pour les jeunes générations. Alors on te laisse un peu plus de temps. On va faire répondre Pierre.

Ouais vas-y. Non pareil je suis un peu fatigué fin hier soir. Moi je voudrais juste donner le conseil aux jeunes générations.

C'est vraiment engagez-vous. On peut prendre du plaisir à être avec d'autres, à se tenir debout, à réfléchir avec d'autres, à agir avec d'autres. On est vraiment d'un moment de crucial.

On est d'un moment historique par l'humanité. ce qui va se passer en France, en Europe dans les prochaines années détermine notre vie pour les les années futures. Et on dit souvent que c'est la jeunesse d'un pays qui fait bouger les choses.

Qu'il y a beaucoup de gens qui ont 40 ans, 50 ans, 60 ans qui ont déjà été beaucoup déçus par les politiques. Ils ont voté, ils ont été déçus, ils ont été trahis, ils s'intéressent plus à la politique. La jeune génération a moins été trahie, garde une énergie fabuleuse, a beaucoup de temps pour s'informer, un cerveau qui marche bien.

Et moi, je suis un des rares trucs qui me rend optimiste, c'est le fait qu'il y a des milliers de jeunes dans tous les pays d'Europe qui sont mis en mouvement et j'espère qu'ils vont pas s'arrêter et j'espère qu'ils vont obliger les plus vieux à se mettre en mouvement et agir. Et je le répète, ça n'est possible que si on travaille ensemble, chacun dans son coin se sent désarmé, de quoi il y a de quoi désespérer et se rassembler. On peut avoir des des victoires historiques.

Vraiment, s'il vous plaît, prenez du temps avec d'autres pour agir, faire des groupes locaux. Voilà, on a des solutions si vous allez sur mes réseaux sociaux, je suis pas le seul sur les diagnostics, le ce qu'a dit Valérie fondamental, il y a le le rapport du GC. Euh et sinon sur les solutions, vous pouvez aller sur nos réseaux sociaux, il y a il y a plein de vidéos qui expliquent les solutions et qui peuvent vous donner envie de vous engager.

Merci Pierre Valérie. Ouais, la 3è lecture. Alors bon, c'est un peu euh technique mais le rapport du haut Conseil Climat sur comment réduire l'empreinte carbone de la France, il est intéressant parce que justement il aborde la question en fonction des revenus, en fonction des relations internationales et puis centrer sur le périmètre français et puis faire son empreinte carbone, c'est une façon de rentrer dans un diagnostic disons objectif. euh de la situation.

Puis ça permet aussi de guider ce vers quoi on veut agir. Donc ça c'est la partie euh ce que je mets dans la bouteille en cas d'insomnie. C'est très bien toutes ces lectures-là.

Et puis l'autre chose, c'est euh la chose que je voudrais dire. Un conseil. Ouais.

Le conseil euh dialoguer. Dialoguer. Et en particulier pour beaucoup des plus jeunes, vous avez de la chance en fait, vous avez la chance d'avoir accès à l'information, à l'éducation.

Les réseaux sociaux, c'est une mine d'information formidable. Donc par votre propre parcours, vous vous appropriez des connaissances, des informations, mais d'autres ne font pas forcément cette démarche-là. Et le dialogue, le fait vous-même de porter le la discussion sur des enjeux liés au climat, d'écouter les remarques des autres, d'amener chacun à faire son cheminement, sa réflexion, c'est quelque chose qui est important.

Et on voit aujourd'hui comme comme ça a été dit, on est dans une société qui est parfois très morcelée, très éparpillée avec des gens qui s'enferment dans des bulles de gens qui pensent comme eux. Traverser les bulles et avoir la capacité à créer un dialogue, c'est quelque chose qui est essentiel. Valérie Pierre, merci beaucoup d'être venu nous voir.

Merci. Merci. [musique]