Pour Macron, c’est déjà Noël #cdanslair 23.12.2017
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 31 %Attaque 32 %Défensif 37 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 19 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 16:22OuverteRéponse directe
Quel est le sens de la visite d'Emmanuel Macron au Niger ?
- 18:40OuverteRéponse directe
On a vu un président décontracté à l'aise avec les soldats de Barkhane. Les Français apprécient sa jeunesse, son style ?
- 33:53OuverteÉludée
Les Français vont-ils subir des efforts très conséquents ?
- 34:06RelanceRéponse partielle
Les chiffres du chômage sont-ils fiables ?
- 34:28OuverteÉludée
La réforme du code du travail est-elle un test politique pour Macron ?
- 36:15RelanceÉludée
La réforme de l'apprentissage est-elle une privatisation déguisée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21PrésentateurChiffre
« Le voici au-dessus des 50% d'opinions favorables. »
- 15:02PrésentateurChiffre
« Plus 9 points en décembre à 54% d'opinions favorables d'après la dernière enquête au DOXA. »
- 15:13PrésentateurChiffre
« La croissance est au plus haut depuis 6 ans avec une hausse de 1,9% du PIB. »
- 33:19InvitéChiffre
« Les prélèvements obligatoires devraient augmenter de 4,5 milliards d'euros. »
- 34:12InvitéChiffre
« Une légère baisse est prévue mi-2018 à 9,4% contre un taux de chômage actuel à 9,7%. »
- 33:40InvitéFait
« pour les salariés »
- 33:42InvitéFait
« insuffisant »
- 34:12InvitéChiffre
« Une légère baisse est prévue mi-2018 à 9,4% »
- 34:15InvitéChiffre
« contre un taux de chômage actuel à 9,7% »
- 35:14InvitéFait
« Le président prévoit d'ouvrir les droits aux indépendants et aux salariés qui démissionnent pour un nouveau projet professionnel »
- 35:24InvitéFait
« Une radiation pourrait être prévue après le refus de deux emplois dits décents ou en cas de recherche insuffisante »
- 35:33InvitéFait
« Mais la réforme risque de coûter cher et les syndicats craignent une baisse des indemnités »
- 36:01InvitéFait
« Autre grande réforme promise par le président, celle de l'apprentissage et de la formation professionnelle »
- 36:18InvitéFait
« le président de l'association région de France Hervé Morin accuse le gouvernement de vouloir privatiser le secteur »
- 36:46InvitéFait
« Emmanuel Macron devra aussi convaincre les retraités très remontés contre l'augmentation de la CSG »
- 36:52InvitéFait
« ou encore les bénéficiaires des régimes spéciaux que le président souhaite supprimer »
- 45:16IntervenantFait
« la réforme des retraites il l'a reporté un petit peu à 2019 »
- 45:47IntervenantFait
« les seuils sociaux c'est-à-dire changer les seuils sociaux »
- 46:03IntervenantFait
« on nous annonce un plan pauvreté mais Agnès Buzyn qui le porte est assez silencieuse »
- 46:15IntervenantChiffre
« un enfant sur cinq qui vit sous le seuil de pauvreté dans un ménage pauvre selon l'INSEE »
- 1:03:47IntervenantFait
« Le danger du retour d'une technocratie trop triomphante. »
Temps de parole
- Présentateur52 %
- Intervenant20 %
- Intervenant 217 %
- Intervenant 34 %
- Invité4 %
- Invité 22 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. C'est une fin d'année en fanfare pour Emmanuel Macron. Le président qui est en visite au Niger auprès des soldats de l'opération Barkhane enregistre d'excellents sondages. Le voici au-dessus des 50% d'opinions favorables. Ce n'est pas un détail, une telle inversion, ça n'était jamais arrivé sous la Ve République. Le chef de l'État peut aussi savourer les bons chiffres de l'économie française avec une croissance en hausse durable, selon l'INSEE. Et même l'hebdomadaire britannique The Economist, la bible de la presse libérale, salue son action en le représentant marchant sur l'eau et en désignant la France, pays de l'année 2017.
Attention toutefois au piège du début 2018, les voeux d'abord, mais aussi et surtout la suite des réformes particulièrement périlleuses. Pour Macron, c'est déjà Noël. On en parle ce soir avec nos invités. Pascal Perrineau, vous êtes politologue, professeur à Sciences Po, spécialiste de la sociologie électorale en France et en Europe. Je rappelle le dernier ouvrage collectif que vous avez dirigé, Le vote disruptif, les élections présidentielles et législatives de 2017, éditées aux presses de Sciences Po. Jean Garrigue, vous êtes historien, spécialiste de la vie politique. Vous enseignez à l'université d'Orléans et à Sciences Po Paris.
Vous avez publié Élisée Circus, histoire drôle et cruelle, des présidentielles aux éditions Talendier. Fanny Guinochet, journaliste à l'Opinion. Vous êtes spécialiste des questions économiques et sociales. Vous êtes aussi chroniqueuse à France Info. Votre journal publie depuis hier une série d'interviews et de tribunes d'intellectuels et d'acteurs de la vie politique qui donnent leur définition du macronisme. Jean-Daniel Lévy, vous êtes sondeur, directeur du département politique et opinion d'Arris Interactive. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet.
On a beau chercher, avec le mauvais esprit qui caractérise tous les journalistes, Pascal Perrineau, on ne voit pas de mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron depuis un petit moment.
Il est dans ce qu'on appelle une bonne séquence. Oui, il est dans une bonne séquence depuis environ le mois d'octobre. Cela n'annule pas cependant totalement les problèmes de popularité qu'il avait pu connaître pendant l'été dernier. Tout ça n'est pas complètement annulé. Il y a une nette reprise qui le propulse à nouveau au-dessus de la barre des 50% en termes d'appréciation de la politique et de la confiance vis-à-vis du président de la République. Mais enfin, on dit que c'est exceptionnel sous la Ve République.
C'est exceptionnel par rapport au dernier président, François Hollande, bien sûr Nicolas Sarkozy, qui avait connu assez rapidement, en effet, une descente aux enfers quasi sans retour en termes d'opinion. Mais enfin, quand on regarde les premiers présidents, le général de Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing, Georges Pompidou, c'était des hommes qui, huit mois après leur entrée en fonction, étaient à des niveaux supérieurs à celui d'Emmanuel Macron. Tout cela tout de même pour relativiser. Mais il est vrai que la séquence est excellente. Elle est excellente à la fois parce que, ça y est, le président a réglé le dispositif du pouvoir, le sien, le dispositif du pouvoir gouvernemental.
Il reste encore des choses en ce qui concerne le groupe parlementaire. Il y a des efforts à faire. En ce qui concerne, en effet, le parti, même s'il déteste ce terme, le mouvement de la majorité, la République en marche. Mais il y a là, en effet, un président qui est épanoui dans sa fonction. Et ça, ça a été, au fond, ça a été rapide. Cependant, il ne faut pas croire que tout baigne uniquement à cause de la dynamique Macron. Il faut bien voir que la force d'Emmanuel Macron, c'est aussi l'incroyable faiblesse de ses adversaires est le paysage, le véritable champ de ruines de l'opposition. Parce qu'il y a eu des tentatives d'opposition depuis 7 à 8 mois et elles échouent toutes.
Et peu à peu, sur ces décombres des velléités oppositionnelles, Emmanuel Macron, en effet, je ne sais pas s'il marche sur l'eau, mais il a un véritable boulevard.
On est en fin d'année, c'est le moment où on fait des bilans, on revient en arrière. Et Pascal Perrineau avait raison de rappeler que l'été avait été très difficile. Pour Emmanuel Macron, Jean Garrigue, on s'était dit d'ailleurs, il va faire comme les autres, il va commencer tout doucement à sombrer et il ne s'en remettra jamais. Oui, ce qui est surprenant, c'est vrai que dans une perspective d'histoire immédiate, comme le rappelait Pascal Perrineau, par rapport à Nicolas Sarkozy et surtout François Hollande, il n'y a pas eu cette chute brutale et irréversible qui a suivi les premiers mois l'état de grâce de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.
Parce qu'effectivement, on pouvait croire que c'était mal parti. Ce qui est devenu, je crois, un phénomène presque inévitable pour les présidents de la Ve République, c'est que, passé la dynamique présidentielle, dont on sait d'ailleurs qu'elle était à nuancer, parce qu'au fond, le noyau dur du macronisme, c'était 25% de l'électorat, passé cette dynamique-là, il y a toujours un phénomène ensuite de retour, avec les premières décisions, des décisions économiques qui n'avaient pas plu à beaucoup de monde, cette image de président des riches qu'il avait donnée, etc.
Et c'est vrai que ce qui est intéressant, c'est qu'en dépit de toutes ces annonces, en dépit des couacs, des petites phrases mal formulées, des erreurs aussi de communication, les APL, etc., en dépit de tout ça, il se redresse et il redevient à un niveau, comme le disait Pascal Perrineau, qui n'est pas exceptionnel, qui est comparable, et même qui est en dessous des premiers présidents de la Ve République, ou même d'un Jacques Chirac, qui avait connu des hauts et des bas dans sa popularité, qui était revenu 3-4 ans après sa première présidence, à des taux largement autour de 50%.
Donc il y a ce phénomène, qui est très intéressant chez Emmanuel Macron, qui s'explique aussi par des aspects très conjoncturels, par ce qu'est la conjoncture économique nationale et internationale, qui s'explique aussi beaucoup, ça il faut quand même y insister, par la présidentialité recouvrée d'Emmanuel Macron. Je crois que le style Macron, l'effet de présidentialité, la reconquête de la présidentialité, elle fait quand même beaucoup dans l'état de confiance qu'on voit ressurgir dans la population. – Jean-Daniel Lévy, vous voyez quand même qu'on analyse beaucoup ces enquêtes d'opinion qui redonnent énormément d'avance et d'air à Emmanuel Macron. – Alors votre regard à vous, de sondeur ?
– Mon regard est complémentaire de ceux qui ont été donnés. Peut-être en tant que sondeur, avec des éléments plus qualitatifs déjà au départ, Emmanuel Macron était jeune, au début de son mandat, c'est aujourd'hui un président qui fait ce qu'il dit. Et il a réussi à évoluer, axé nettement dans le regard qu'il a imposé à l'égard des Français. C'est-à-dire qu'il a été élu sur un programme politique qui n'était pas forcément très clairement identifié de la part des Français.
Effectivement, vous l'avez rappelé, un peu moins d'un Français sur cinq qui s'est déplacé au premier tour avait voté pour lui, avec non seulement l'idée qu'il fallait avoir une forme de dynamisme, de renouvellement de la vie politique, mais également des conditions tactiques pour éviter qu'il puisse y avoir un deuxième tour qui n'était pas forcément celui qui était souhaité.
Une participation aux élections législatives qui a montré une abstention record, notamment au deuxième tour, qui montrait bien qu'il n'y avait pas forcément un élan qui était aussi marqué et pas forcément l'état de grâce dont avait pu bénéficier, dans une certaine mesure, François Hollande et dans une autre mesure Nicolas Sarkozy, et des électeurs qui disaient au moins on a un président d'applique jeune. Aujourd'hui, c'est un président d'applique qui dit je fais ce à quoi je m'étais engagé dans le cadre de la campagne électorale.
Et ce que disent les Français, c'est qu'on n'est pas toujours d'accord avec ce que fait le président d'applique, mais au moins, contrairement à d'autres responsables politiques, qu'il y ait une forme de cohérence entre ce qui se passait avant et ce qui est effectué après. – Mais est-ce que c'est inédit ou pas ? – À ce niveau… – Parce que Pascal Pirellou disait oui mais attendez, Pompidou, De Gaulle et Giscard avaient connu à peu près le même genre de scénario. – Oui, mais on est dans un contexte qui est un contexte quand même différent.
C'est-à-dire que quand vous regardez aujourd'hui la cote de confiance à l'égard de l'ensemble du personnel politique et que vous le comparez par rapport aux enquêtes qui étaient réalisées il y a 10, 20 ou 30 ans, il y a une baisse généralisée de la confiance qui est exprimée à l'égard des responsables politiques. – Donc de ce point de vue… – Donc les deux aspects sont vrais. C'est vrai qu'aujourd'hui la confiance à l'égard d'Emmanuel Macron est bien moins nette ou en tout cas n'est pas exceptionnelle par rapport à celle dont pouvait bénéficier Jacques Chirac, voire si on remonte plus anciennement le président Charles de Gaulle ou éventuellement Georges Pompidou.
Mais en parallèle, quand vous prenez l'ensemble des responsables politiques, la confiance qui est exprimée à leur égard est une confiance qui est bien moins forte aujourd'hui qu'il y a une vingtaine ou une trentaine d'années. – Alors Fanny Guinochet, il y a la consécration de l'opinion puis il y a cet hommage rendu par un journal britannique. Alors ce n'est pas un journal qu'on lit tous les jours, il faut bien être honnête. The Economist…
– Ce n'est pas rien.
– C'est quoi The Economist ?
– C'est un journal qui fait référence, ce n'est pas rien et c'est une consécration de la France. La France revient dans le jeu. La France qu'on croyait impossible à réformer finalement est un pays réformable, va de l'avant. Alors là aussi, il y a un alignement des planètes qui est favorable parce qu'entre les Anglais qui sont embourbés dans leur Brexit, l'Espagne, donc qui est une partie de l'Europe, embourbée aussi avec la crise en Catalogne et puis Trump, c'est vrai qu'en plus, il bénéficie en faux, il arrive là comme un pays qui va bien, qui a fait des réformes, qui a fait les ordonnances.
Maintenant, c'est vrai que les réformes qui ont été faites pendant ces six mois, grosso modo, c'était des réformes sur lesquelles il y avait eu beaucoup de travail préparatoire. Les ordonnances, c'est la suite de la loi El Khomri. Emmanuel Macron savait parfaitement ce qu'il allait faire. Maintenant, on va en parler, mais ça va être beaucoup plus compliqué, là, cette deuxième séquence, parce que c'est une séquence sur l'assurance chômage, c'est une promesse, on va ouvrir l'assurance chômage aux démissionnaires, aux indépendants, mais comment on fait ? On ne sait pas trop. Sur la formation professionnelle, c'est pareil.
Il y a beaucoup plus de flou, il y a quand même un attentisme, parce que vous l'avez rappelé, les chiffres sont très bons en termes de croissance, mais il y a quand même des petits signaux sur lesquels il faut être attentif, notamment le signal sur le chômage. L'INSEE dit qu'il y a un alignement, une reprise qui est là, qui est solide, etc. Mais par contre, l'INSEE dit aussi, attention, le chômage ne va pas baisser tant que ça. Il y a une inadéquation entre l'offre et la demande, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, les chefs d'entreprise n'arrivent pas à trouver des gens qualifiés, donc du coup, ça pourrait aussi enrayer la croissance.
Et puis le chômage, ça reste la deuxième préoccupation des Français, après la sécurité. Donc c'est vrai qu'il a fait six mois, on l'a souligné, très très bon. On rentre là, dans une séquence qui est certainement un peu plus délicate, avec, enfin, pour terminer, sur le président des riches, je pense que la petite musique sur le président des riches n'est pas terminée. Là, on va le voir au moment des fêtes, où les plus fragiles, c'est quand même, on s'en soucie. Il y a beaucoup de voix dissonantes sur attention à la façon dont on traite les derniers de cordée. On a bien choyé les premiers de cordée, les derniers de cordée. En revanche, qu'est-ce qu'on fait pour eux ?
Pour l'instant, les images que l'on a sont plutôt mauvaises.
Une remontada, comme on dit au foot, après sept mois d'exercice. Emmanuel Macron gagne près de dix points depuis les sondages d'octobre. C'est une bonne nouvelle pour l'Elysée, au moment où le président s'accorde une trêve au Niger. Le temps de fêter, c'est 40 ans, avec les soldats de l'opération Barkhane, tout ça à 48 heures du réveillon de Noël. Romain Besnenou et Nicolas Dobridasson. Un gâteau bleu-blanc-rouge pour fêter les 40 ans du président. Un anniversaire et un réveillon avant l'heure à 4000 km de Paris sur la base militaire de Niamey. Emmanuel Macron vient soutenir les soldats français
engagés sur le terrain. Une tradition présidentielle en période de fin d'année.
Il sera assez pratique pour les quelques séances de sport éventuellement. Ah magnifique ! Dans les valises du président, le chef cuisinier de l'Elysée, deux tonnes de produits frais et un peu de réconfort avant Noël. Je peux vous dire combien les femmes et les hommes de Barkhane étaient très sensibles et honorées de votre présence parmi nous ce soir alors que nous nous apprêtons
à passer Noël en opération. Je vous redis au-delà de l'émotion de partager ces moments avec vous, combien nous sommes fiers et combien nous sommes heureux d'être avec vous ce soir en ce moment de fête. Merci à vous !
Au côté de ces 700 militaires de l'opération Barkhane au Sahel, Emmanuel Macron est en mission reconquête des forces armées cinq mois après la démission du général de Villiers et les désaccords sur les coupes budgétaires. Alors hier soir à Niamey, c'était ambiance camaraderie et photos souvenirs. Depuis trois ans, la France est engagée militairement au Sahel contre les groupes djihadistes. L'opération Barkhane est menée dans cinq pays. Elle compte 4000 soldats appuyés par de puissants moyens terrestres et aériens, drones, avions, hélicoptères. Un engagement honoré par Emmanuel Macron qui adresse aux soldats le salut de la nation.
Vous le savez, le Sahel est une priorité. C'est là que se joue notre sécurité. Rien ne serait possible sans votre engagement, sans votre dévouement, sans les risques que vous prenez, sans les gestes désintéressés que vous faites au quotidien, dans les grandes comme dans les petites missions. Parce que je sais qu'ici, chaque jour pour vous, aucune mission n'est innocente et aucune mission n'est sans risque.
pour Emmanuel Macron, ce déplacement au Niger est aussi l'occasion de s'affirmer comme chef de guerre à l'heure ou sur le plan intérieur. Tout semble déjà sourire au président. Sa cote de popularité s'est inversée malgré l'absence d'événements marquants ces dernières semaines. Plus 9 points en décembre à 54% d'opinions favorables d'après la dernière enquête au DOXA. Une remontée historique après un été catastrophique. La croissance est au plus haut depuis 6 ans avec une hausse de 1,9% du PIB. Une performance qui reste néanmoins inférieure à celle de la zone euro.
Enfin, comme un cadeau de Noël de dernière minute, le journal libéral britannique The Economist vient de désigner la France pays de l'année 2017 saluant le rôle d'Emmanuel Macron qui aurait, il hebdomadaire, balayé l'ancien régime. En 6 mois, il a fait adopter avec son parti une série de réformes censées dont une loi anticorruption et une réforme de la réglementation rigide du travail en France. La France a fait face aux dresseurs de barrières et les a battus. Pour cela, elle est notre pays de l'année. Pour les vacances de Noël, Emmanuel Macron
devrait partir en famille faire du ski dans les Pyrénées. Il a d'ores et déjà conseillé à ses collaborateurs de prendre des forces pour l'année prochaine, leur précisant qu'il souhaitait passer la seconde dans les réformes dès la rentrée.
Alors, la visite d'Emmanuel Macron auprès des militaires français, regardez cette question SMS toute simple, mais effectivement, c'est bien de s'y arrêter. Quel est le sens de la visite d'Emmanuel Macron au Niger, Pascal Perrineau ?
C'est quoi ? C'est à la fois une tradition ? Écoutez, le chef d'État, surtout dans un contexte où l'armée française est engagée, est à la tête des armées et donc, il doit envoyer un symbole fort en ce moment de fin d'année d'un président et d'un pays qui est aux côtés des troupes. C'est ça, le sens de la visite d'Emmanuel Macron au Niger. Mais si l'on va plus loin, on sait très bien qu'Emmanuel Macron a connu, autour de l'affaire avec le général Philippe de Villiers, il a connu une période qui était une période difficile. l'armée même a pu le bouder et pour cet homme qui ne laisse rien au hasard, il y a aussi une reconquête de l'institution militaire.
Dernière remarque, le malaise réel dans l'opinion pendant l'été, c'était un malaise autour des réformes sociales et en particulier du Code du Travail et ça touchait avant tout la base de gauche du président de la République. Et pour pallier à cela, on s'aperçoit que le président ensuite a envoyé toute une série de symboles pris des initiatives qui parlent davantage à ce qu'on pourrait appeler le peuple de droite. Et quand on regarde en détail dans les enquêtes, on est frappé de voir que la reprise dans l'opinion est maintenant une reprise à droite.
Derrière les sympathisants et c'est normal de la République en marche qui constitue en effet le bastion qui colle le plus au président de la République, maintenant c'est l'électoral de droite plus que l'électorat de gauche qui est le premier électorat derrière la République en marche à accorder sa confiance au président de la République. Donc le président, j'allais dire, entretient cette séduction par rapport aux électeurs de droite et il continue sa stratégie de disruption, de désordre. Il avait commencé dans le moment électoral par installer un désordre dont la gauche ne s'est pas remise, un désordre profond au sein de la gauche.
Il est en train d'installer dans une droite qui cherche à retrouver des leaders, qui cherche à retrouver une organisation et à la remettre en ordre de bataille. Il continue à semer, oui, le désordre au sein de la droite.
Jean Garrick, on a vu un président décontracté à l'aise avec les soldats de l'opération Barkhane. Les Français apprécient sa jeunesse, son style ? Je pense que les Français ont toujours apprécié que le président de la République, chef des armées, entretienne une relation d'empathie, de sympathie envers les troupes.
On se souvient Nicolas Sarkozy à Noël 2007 qui était allé voir les troupes en Afghanistan mais de tout temps il y a eu des visites comme ça et qui ont toujours eu un effet positif et particulièrement, il ne faut pas se le cacher, comme le disait Pascal Perrineau, auprès d'un électorat plutôt conservateur qui est proche et qui apprécie que l'armée soit une valeur, soit une institution qui soit mise en exergue par le président et c'est vrai qu'il y avait ce contentieux avec Philippe Devillais, avec l'armée en général qu'il était nécessaire de régler mais je le répète on s'inscrit dans une tradition dans une tradition d'un président qui est proche de l'armée.
Alors c'est très intéressant d'ailleurs parce que deux remarques sur ce qu'on vient de voir.
D'une part une pensée émue pour l'homme qui rédige les discours Sylvain Fort l'homme qui rédige les discours d'Emmanuel Macron parce que je crois qu'en quatre semaines il y a dû y avoir 26 interventions ou 25 interventions du président donc là je crois que Sylvain Fort et le président ont besoin de vacances et la deuxième chose c'est observer comme toujours chez Emmanuel Macron ce paradoxe qui est d'un discours dont on a vu qui est un discours d'autorité de fermeté un discours de gravité aussi par rapport aux enjeux et en même temps ce style macronien assez moderne décontracté très tactile je me faisais remarquer mon voisin où on voit bien certaines caricatures de ce qu'est un peu la complexité du style macronien c'est vrai qu'on dit qu'il épuise ses équipes alors qu'on travaille 18 heures par jour
mais c'est une confirmation et d'ailleurs ça peut être un problème parce que là on voit sur toutes les réformes à venir les gens n'arrivent plus à suivre c'est à dire que pour les réformes sociales au ministère du travail ils sont rincés les partenaires sociaux n'en peuvent plus ils ont je ne sais combien de réunions ils sont à la fois sur l'apprentissage sur la formation professionnelle sur la loi le maire la loi PAC qui sera une loi entreprise ils ne savent plus où donner de la tête et c'est vrai que le président derrière reste sur un rythme il ne dévie pas de ce rythme il faut que les lois soient prononcées au printemps il les a promises et toutes les équipes même à Matignon toutes les équipes derrière ont du mal à trouver des techniciens même dans les administrations Saramin vous allez à Bercy ils ont du mal alors c'est vrai que ça peut faire sourire mais ça peut être aussi une limite parce qu'il y a tellement de fer au feu que les équipes sont fatiguées et c'est vrai que du coup je trouve qu'Emmanuel Macron garde une fraîcheur pour le coup c'est le seul qui ne semble pas parce qu'il est jeune il est jeune oui mais regardez Laurent Wauquiez regardez Laurent Wauquiez ils ont quasiment le même âge mais il y en a un peut-être parce que ça fait des années qu'on le voit qu'il a été ministre etc il y en a un qui presque fait plus âgé que l'autre les cheveux c'est volontaire mais c'est peut-être volontaire mais c'est vrai que du coup il garde une fraîcheur là avec l'armée moi ça m'a frappé on ne dirait pas qu'il a 6 mois d'exercice du pouvoir derrière lui
Jean-Daniel Lévy c'est anecdotique ces histoires de ce président qui travaillent tout le temps la nuit il y a eu on a tous noté que lorsque Johnny Hallyday est mort on a expliqué à l'Elysée que le président à 2h30 du matin lorsque Laetitia Hallyday l'appelle pour le prévenir ne dormait pas est-ce que ce sont des petits messages c'est de la com ou est-ce que c'est quelque chose qui est destiné à être raconté à l'opinion déjà visiblement c'est vrai c'est pas que la communication ensuite parce qu'en fait parfois il y a la communication mais qui ne correspond pas exactement à ce qui se pratique réellement le deuxième aspect c'est effectivement un montrer qu'on a un président qui est jeune et deux un président qui en plus est tout le temps sur le pont si vous me permettez l'expression et là c'est ce sur quoi les français attendent les responsables politiques qu'ils soient aux responsabilités en gros non pas pour se servir mais pour servir et quand on écoute la manière dont Emmanuel Macron peut même parler de la gestion de son sommeil il ne parle pas de loisirs il ne parle pas de sorties il dit le moment où je ne dors pas c'est le moment où je peux travailler et si notamment je dors ou je me couche aussi tard c'est parce que c'est un moment où j'ai la possibilité de pouvoir entrer dans le fond des dossiers et d'ailleurs il cherche à le montrer c'est-à-dire qu'on voit bien que dans son oeuvre de pédagogie ou d'explication ou de prise de parole il donne le sentiment soit qu'il n'a pas de notes d'ailleurs on l'a vu dans le cadre du discours tout à l'heure devant les armées soit que lorsqu'il parle d'un sujet il a la capacité à pouvoir entrer sur des aspects parfois très techniques pour montrer qu'il a la maîtrise complète et que le temps qu'il passe à travailler est un temps qui est véritablement utile et en ce sens-là les français lui reconnaissent au moins la maîtrise et peut-être que justement l'âge qui était au début un déficit ou en tout cas une interrogation de la part des français sera-t-il à la hauteur aura-t-il l'expérience suffisante sera-t-il capable de pouvoir être président de la réplique a-t-il la maîtrise des dossiers aujourd'hui on voit bien absolument pas et que même les français qui sont critiques à l'égard d'Emmanuel Macron parce que même s'il remonte dans les sondages il y en a près d'un français sur deux aucune ou quasiment aucun de ces français ne remet en cause la compétence du président de la réplique et c'est peut-être l'articulation de sa communication qui permet de dire voilà je maîtrise mes sujets notamment parce que je ne dors pas et parce que je travaille quasiment tout le temps Jean Garry J'ai une anecdote que j'ai lue récemment Brigitte Macron il y a une semaine se pointe vers 2h du matin dans un bureau de l'Elysée où elle découvre Emmanuel Macron et ses collaborateurs en train de plancher sur les dossiers elle leur dit maintenant arrêtez ça suffit il faut aller au dodo et je pense que c'est assez révélateur de l'atmosphère mais attention il risque le burn-out mais attention derrière ça il faut se souvenir des premières semaines de François Hollande à qui on avait reproché justement de ne pas prendre à bras le corps les dossiers et dans le déficit d'images de présidentialité de François Hollande cette image-là d'une certaine désinvolture c'était évidemment tout ça vu à travers le filtre médiatique qui a tendance à augmenter tout ça avait eu un effet très négatif sur lui donc un président qui ne veut pas être un président normal qui est un surhomme un président qui est un surhomme c'est quelqu'un qui est toujours au travail qui ne dort pas beaucoup et qui se dévoue entièrement à sa tâche et c'est important pour l'image présidentielle
et vous voyez qu'en un temps bref on est passé du président normal au président qui aurait des attributs carrément de surhomme oui c'est super mal mais il faut bien voir que le président normal a secrété de nombreux inconvénients on l'a bien vu avec François Hollande ce président surplombant jupitérien surhomme il y a un pléthore de qualificatifs en effet ce président a tout de même quelques zones d'ombre quand on regarde les enquêtes de nos amis sondeurs c'est très intéressant de voir que sur certaines qualités ah bien voilà les français doutent par exemple ils trouvent que c'est un président distant un président qui est peu proche des préoccupations des gens comme nous un président autoritaire alors pour l'instant le reste fait le mouvement si vous voulez Macronien fait oublier ces points de cristallisation et d'interrogation mais on voit bien que si par exemple l'année 2018 est une année un peu plus difficile avec des réformes un peu moins bien ficelées avec des équipes un peu plus épuisées et bien les premiers trébuchements éventuels pourront se cristalliser autour de ces traits qui interrogent aujourd'hui les français l'autoritarisme et la distance peut-être qu'on peut ajouter deux
deux qualificatifs critiques l'arrogance parfois qui est perçue à l'égard du président l'applique et puis le deuxième terme qui est un président des riches qui aujourd'hui est vraiment accolé à Emmanuel Macron et effectivement avec parfois la perception chez les français que techniquement ça marche et que d'un point de vue économique global il y a un certain nombre de mesures qui sont mises en place d'ailleurs comme c'était souligné et qu'on le voyait apparaître dans le cadre du reportage mais une catégorie de population notamment les catégories populaires qui s'interrogent sur leur capacité non seulement à pouvoir s'intégrer mais également à pouvoir bénéficier d'une reprise économique dont on va entendre parler visiblement de plus en plus Est-ce que cet état de grâce touche aussi le gouvernement et Matignon Fanny Guinochet est-ce que on a vu cette semaine qu'il y avait une polémique autour du vol Tokyo-Paris le retour de Nouvelle-Calédonie les 350 000 euros donnés à un avion à frêter et finalement ça n'a pas fait voilà
ça n'a pas fait beaucoup enfin ça a été quelques heures quelques jours on a eu quand même un premier ministre qui a dit j'assume ok bon et puis c'est passé maintenant attention parce que peut-être l'effet d'accumulation il y a quand même plein de petites germes comme ça qui peuvent en 2018 là c'est passé bon les français l'ont visiblement accepté parce qu'on nous a expliqué dans le même temps que quand même le gouvernement faisait attention mais c'est vrai qu'en 2018 quand on va toucher à des choses beaucoup plus dures parce que par exemple en 2018 dans les réformes qui vont se faire normalement il y a des choses qui n'auront pas été annoncées pendant la campagne et là ça va aussi on a dit que les ordonnances s'étaient passées parce que le président c'était dans son programme mais par exemple une réforme comme la réforme du SMIC qui est une réforme qui est bon on va changer une formule dans le calcul du SMIC cette réforme là elle va être très impopulaire et c'est vrai qu'à ce moment là ça va être difficile pour un certain nombre de français qui ont des difficultés au quotidien de comprendre pourquoi on change le SMIC pourquoi ils s'attaquent au SMIC et ça sera vraiment l'image encore du président des riches qui est au-dessus qui ne sait pas ce que c'est que de boucler un budget en fin de mois
une dernière chose avant de voir les réformes de 2018 dans un instant avec notre reportage suivant les voeux du 31 décembre on ne sait toujours pas ce qu'il va se passer c'est quand même un passage obligé pour tous les présidents de la République évidemment il va le faire comment est-ce qu'il on a un doute quand même sur cette
cette épreuve on verra s'il innove dans la forme ce qu'il peut faire ce qu'il a fait déjà ou s'il se coule dans un moule classique de voeux standard mais le président en cela continue la litanie des présidents de la 5ème République et en ce moment il est dans une période en effet où on attend du président de la République l'organisation de tous ces rituels qui donne à voir une nation rassemblée parce que tout de même on le voyait bien avec le voyage au Niger le chef des armées l'unité de la nation mais il faut bien voir que derrière en effet toutes ces bonnes nouvelles pour le président Macron il reste quand on regarde d'autres enquêtes les données de l'INSEE une société française qui est une société française divisée qui est une société française fracturée et la grande tâche pour le président de la République à l'horizon de 2018 c'est de s'adresser aussi à cette autre France de manière tout à fait crédible parce que le risque à terme c'est d'apparaître comme le président non pas de tous les français mais d'une moitié de la France même si pour l'instant cette moitié est confortable
il va falloir surveiller quand même ce qui se passe le 31 décembre en effet les messages qui seront adressés ce soir-là à 20h et puis éventuellement les initiatives qui seront prises est-ce qu'il va se déplacer ce soir-là il faut quand même regarder ça parce que souvent il y a eu des initiatives de communication un peu malheureuse d'ailleurs on se souvient de Valéry Giscard d'Estaing qui avait demandé à Némone d'intervenir après lui et le résultat avait été quand même jugé très négatif pour tout le monde elle était très peu à l'aise et ça avait été jugé très artificiel moi je lui conseillerais de jouer plutôt dans la sobriété par rapport précisément à ce qui est devenu un rituel républicain et comme on le disait tout à l'heure le déficit majeur au fond il est toujours le même depuis son élection ça qui est assez frappant quand on parle de président des riches quand on voit que dans le sondage entre les faits échos il est considéré comme un président justement éloigné des réalités populaires par 60% des français il y a un problème qui reste le même c'est un problème électoral mais c'est un problème social aussi c'est un problème j'allais dire presque sociologique qui reste entre ses mains et donc ça veut dire que lors de ses interventions et pas seulement dans sa politique mais dans son discours il faut aussi qu'il tienne compte de ce paramètre peut-être qu'il en tiendra compte le 31 décembre Fanny Guiné-Cher
je pense que Sylvain Fort va soigner son dernier discours de l'année en tout cas il ne fera pas l'impasse parce que comme il apprend souvent il rectifie et on avait vu au 14 juillet vous vous souvenez pour le 14 juillet il avait fait l'impasse sur une grande interview c'était attendu ça avait été très critiqué pour le coup je pense que là alors qu'est-ce qu'il va dire est-ce qu'il va vraiment dire des choses très fortes pas sûres il risque de dire aux français un peu comme il l'a dit dans son interview à Laurent Delahousse n'ayez pas peur je suis à ma tâche 2018 va être une année on va pouvoir faire des choses ensemble etc mais c'est vrai qu'en tout cas il va certainement marquer le coup parce qu'il y a une attente de la part des français
alors de la popularité il en aura sûrement besoin le président car les défis qu'il attend en 2018 sont nombreux réformes de l'assurance chômage réformes de l'apprentissage suppression des régimes spéciaux un président attendu au tournant alors que 56% des français restent mécontents de son action sur les questions économiques et sociales Marie-Charlotte Duluc et Thomas Buyer
une trêve pour Noël et les fêtes de fin d'année avant d'entamer les grands travaux de 2018 pas question de faiblir c'est en tout cas le message que veut envoyer l'Elysée et sur le bureau du président les dossiers sont nombreux à commencer par la politique fiscale du chef de l'état dès janvier dans quelques jours les prélèvements obligatoires devraient augmenter de 4,5 milliards d'euros les français misent la contribution avec des augmentations sur les prix du tabac des sodas ou des carburants et la hausse de la CSG des efforts compensés plus tard fin 2018 avec la baisse partielle de la taxe d'habitation et une diminution des cotisations sociales pour les salariés insuffisant pour l'opposition Il y a aussi cette logique finalement au sein du gouvernement de donner l'impression qu'on redistribue mais en fait on reprend d'une autre poche ça a été souvent démontré On va demander des efforts
très conséquents aux français alors qu'ils sont plus pernicieux qu'auparavant parce que ça n'apparaît pas forcément sur la faible de l'impôt sur le revenu mais ça apparaît subrepticement sur toutes les factures qu'ils vont payer notamment toutes les taxes supplémentaires
Une opposition très vigilante aussi sur les chiffres du chômage Une légère baisse est prévue mi-2018 à 9,4% contre un taux de chômage actuel à 9,7% Le président va devoir assurer le service après-vente de sa réforme du code du travail censé rendre plus flexible le marché de l'emploi
C'est aussi un test politique grandeur nature pour Emmanuel Macron Il pourra dire regardez grâce aux mesures que nous avons prises vous avez retrouvé des emplois et vous avez retrouvé des emplois de qualité Si le chômage ne baisse pas c'est catastrophique pour Emmanuel Macron ça veut dire que le choc libéral qui était censé à terme faire baisser le chômage n'a pas fonctionné ou alors si le chômage baisse mais pour que ce soit des salaires très faibles des horaires décalés des horaires qui vous morcellent la vie privée ce ne sera pas beaucoup beaucoup mieux et là il y aura beaucoup de ressentiment
Du ressentiment Emmanuel Macron risque aussi d'en provoquer avec la réforme de l'assurance chômage l'un des chantiers annoncés pour 2018 Le président prévoit d'ouvrir les droits aux indépendants et aux salariés qui démissionnent pour un nouveau projet professionnel Plus de demandeurs donc et aussi plus de contrôles Une radiation pourrait être prévue après le refus de deux emplois dits décents ou en cas de recherche insuffisante Mais la réforme risque de coûter cher et les syndicats craignent une baisse des indemnités
On n'augmente pas le volume d'indemnités on répartit la misère et puis on trouve des superfuges c'est la question des indépendants par exemple c'est une question qui mérite d'être étudiée les démissionnaires si le gâteau est de la même taille et qu'il y a plus de gens pour en manger si je puis dire forcément les parts sont plus petites
Autre grande réforme promise par le président celle de l'apprentissage et de la formation professionnelle une filière qui souffre bien souvent d'une mauvaise image et que le président souhaite revaloriser Mais là aussi ça coince Dans une lettre adressée au premier ministre le président de l'association région de France Hervé Morin accuse le gouvernement de vouloir privatiser le secteur
Plusieurs signaux nous incitent à penser que votre gouvernement a choisi de s'aligner sur la position défendue par une partie du MEDEF national en confiant l'apprentissage aux branches professionnelles Nous ne comprenons pas cette éventuelle décision de suppression d'une compétence majeure pour l'avenir de nos territoires
Emmanuel Macron devra aussi convaincre les retraités très remontés contre l'augmentation de la CSG ou encore les bénéficiaires des régimes spéciaux que le président souhaite supprimer
Question SMS Quand les douloureuses arriveront pensions et autres revenus impactés par la CSG qu'en sera-t-il des sondages Jean-Thérèse Lévy ?
En général les Français sont rarement ravis de voir une augmentation de leur contribution de manière générale avec quand même une petite nuance c'est-à-dire est-ce qu'on croit au final que cela va servir à quelque chose c'est-à-dire que pour faire vite est-ce qu'il y a la perception que c'est un investissement ou est-ce qu'il s'agit d'une dépense s'il y a une confiance générale si on croit dans le projet qui est porté et si on se dit au final c'est un peu difficile pour moi mais pour mes enfants pour la sauvegarde de ce qui apparaît comme étant essentiel pour la société française on est prêt globalement à accepter un moment où il va falloir collectivement se serrer la ceinture et il faut y ajouter une dimension de justice sociale qui peut être perçue quand on regarde le début d'ailleurs du mandat de François Hollande et quand on regarde les motivations de vote des électeurs ils avaient globalement anticipé le fait dit au final ça servira à faire quoi ?
à sauvegarder les services publics à faire en sorte que le poids des déficits soit un peu moins important et sauvegarder l'avenir de la jeunesse et on se rappelle que c'était une des thématiques centrales de la campagne de François Hollande à partir du moment où la confiance à l'égard de Hollande a été écornée il y a eu cette forme de rebuffade et une critique forte à l'égard de l'augmentation des différents taux d'imposition à l'heure actuelle la chance d'Emmanuel Macron c'est que les électeurs disent globalement on sait enfin il sait où il va globalement on voit le projet il a la maîtrise de son agenda donc peut-être que si pendant quelques semaines ou quelques mois il va falloir se serrer la ceinture on est prêt à tenter l'expérience et si les marqueurs économiques vont dans le même sens peut-être que la rebuffade de l'opinion sera moins violente que ce qu'on pourrait anticiper on a souvent dit dans cette émission que l'opposition les oppositions étaient dans un état lamentable et les syndicats ils sont où les syndicats ?
ils sont laminés les syndicats ils sont au travail ils travaillent sur les prochaines réformes et ils essayent de sauver ce qu'ils peuvent en co-construisant un projet sur l'assurance chômage sur l'apprentissage ou sur la formation professionnelle finalement votre reportage le montre très bien les opposants c'est les régions par exemple sur l'apprentissage qui viennent de claquer la porte simplement les régions je ne suis pas sûre que dans l'opinion publique ça porte beaucoup parce qu'on sait que c'est des petites baronies que finalement pour les français si on leur explique que l'apprentissage ça va permettre à leurs enfants de retrouver du travail et que pour ça ça semble logique que ce soit les syndicats ou le patronat ou en tout cas les acteurs économiques qui se mobilisent qui aient les mains dans le cambouis et qui reprennent le bébé finalement ça passera donc c'est vrai que du côté des syndicats en revanche il y a vraiment une inquiétude que Laurent Berger a d'ailleurs beaucoup dit ces derniers temps en disant les syndicats sont mortels attention comme les partis politiques et qui a une crainte quelles que soient les centrales que ce soit et faut même la CGT de se voir déchiqueter de ne pas arriver à garder leurs prérogatives
je ne sais pas si vous avez noté cette petite phrase de Philippe Martinez donc la CGT il y a deux jours il dit si la cote de Macron remonte c'est parce qu'il fait ce qu'il a dit
c'est un aveu de faiblesse incroyable on n'est pas habitué Pascal Perrineau vous savez dans la campagne c'était très intéressant il y avait un discours très construit du candidat Emmanuel Macron sur les corps intermédiaires en disant je ne suis pas hostile aux corps intermédiaires mais il faut balayer les anciens corps intermédiaires et inventer de nouveaux corps intermédiaires on l'a vu avec les partis on va peut-être commencer à le voir en effet avec ces corps intermédiaires tout à fait importants dans le jeu économique et social et démocratique que sont les syndicats mais j'ai insisté également sur puisqu'on cherche à se projeter en 2018 sur un éventuel danger social au fond toute une série de réformes qui sont populaires qui propulsent Emmanuel Macron au premier plan j'allais dire satisfont pour aller vite ce qu'on appelait jadis les gens d'en haut les gagnants de la mondialisation les 25 à 30% de français qui sont optimistes etc et puis il y a les français d'en bas qui depuis le début boudent Macron l'ont boudé électoralement et aujourd'hui dans les sondages d'opinion continuent à le boudé donc l'enjeu j'allais dire c'est les couches moyennes et là les couches moyennes sur le terrain par exemple je pense aux retraités pas les retraités fortunés les retraités des couches moyennes qui vont voir la CG impacter leurs revenus là il sera très intéressant de voir comment ce cœur de la société française va réagir s'il va rentrer dans le projet qui pour l'instant porte la société d'en haut ou s'il va tomber dans le pessimisme qui traverse taraude et inquiète en effet nombre de catégories populaires et là à mon avis pour le président il y a un enjeu qui est un enjeu tout à fait décisif Jean Garry d'autant plus que les réformes vont être menées
au pas de charge on l'a compris ça va démarrer dès janvier il y a un risque oui c'est très clair parce que au fond le projet macronien il l'a exprimé c'est une révolution au moins dans le projet je veux dire que ce qui est en jeu et c'est pour ça que la question des corps intermédiaires est essentielle c'est une reconstruction du tissu du dialogue social du dialogue social dans ce pays au service évidemment d'un redressement économique qui mènerait à la résorption du chômage ça c'est l'objectif mais l'on voit que ces objectifs là ils passent par des réformes très concrètes et surtout par un calendrier immédiat qui est celui de l'année 2018 où a priori ce calendrier va se traduire dans un premier temps par une perte de pouvoir d'achat c'est à dire que pour les français les français moyens qui sont pas forcément au fait des grandes comment dirais-je des grands projets macroéconomiques ou macronéconomiques et justement de la structure même de ce projet de société macronien ce qu'ils vont voir c'est cette perte de pouvoir d'achat on a bien vu qu'un certain nombre de maires étaient très mécontents de la politique qui était menée une partie des retraités alors pour l'instant le dernier sondage montre que les seniors sont encore très favorables à Emmanuel Macron mais les choses peuvent évoluer à mesure que justement il y aura des pertes de pouvoir d'achat donc on est au moins dans les prochains six mois dans une période où ce grand projet réformateur qui s'appuie d'ailleurs à mon sens sur des réalités sociologiques profondes et sur le besoin de changement de cette société française mais en tout cas la perception de ces changements sera très difficile parce qu'elles se feront au prix de pertes immédiates pour les français et d'autant plus que les français ne sont pas devenus libéraux économiquement du jour au lendemain c'est à dire qu'il y a toujours un fond d'attente fort à l'égard de l'état comme étant un régulateur celui qui est capable de pouvoir limiter ce qui apparaît comme étant les excès du marché et celui qui est capable de pouvoir également prôner une forme d'égalité et de justice sociale on a parlé de la forte baisse d'Emmanuel Macron au cours de l'été c'est le moment où il y a eu l'annonce de la baisse de 5 euros des APL et le moment de la suppression de l'ISF il n'était pas question uniquement de l'efficacité il n'était pas uniquement question du logement ou de la manière dont on pouvait entrevoir la politique en matière de logement ou de solidarité c'était des principes généraux qui amenaient les français à dire est-ce qu'on aide les catégories populaires ou est-ce qu'on aide les classes moyennes notamment à travers l'accès au logement et comment peut-on considérer que les catégories supérieures peuvent contribuer à l'effort collectif et donc on voit bien les tensions qui peuvent exister même sur la loi travail les français n'étaient pas favorables à la loi travail c'est pas forcément ils ne sont pas mobilisés clairement dans la rue mais il y avait toujours cette forme d'opposition donc il y a cette interrogation autour de ce qui apparaît comme étant presque un gros mot encore dans l'esté française qui est le libéralisme Quelle sera Fanny Guinochet la réforme la plus difficile celle qui peut vraiment mettre le feu aux poudres créer une contestation
Il a remis une réforme très difficile la réforme des retraites il l'a reporté un petit peu à 2019 c'était assez sage parce qu'effectivement c'est une réforme dont tous les spécialistes vous disent c'est assez explosif mais il y aura quand même des réformes difficiles en 2018 alors que normalement on nous avait expliqué qu'après la loi sur les ordonnances sur le travail ça allait être plutôt le côté social avec la science chômage la formation où les gens allaient retrouver des droits les actifs allaient retrouver des droits en fait non parce qu'on voit aussi qu'il y a un certain nombre de sujets comme les seuils sociaux c'est-à-dire changer les seuils sociaux je vous le disais le SMIC des réformes effectivement aussi concernant les impôts qui vont arriver et qui sont plutôt des réformes qui ne sont pas favorables aux plus démunis on attend et ces réformes vont faire grincer et parallèlement on nous annonce un plan pauvreté mais Agnès Buzyn qui le porte est assez silencieuse elle est assez en retrait alors qu'aujourd'hui il y a quand même un enfant sur cinq qui vit sous le seuil de pauvreté dans un ménage pauvre selon l'INSEE et là-dessus c'est vrai qu'il y a une attente et puis il y a une dernière petite musique que je pense qui est très ennuyeuse pour Emmanuel Macron c'est le rapport aux réfugiés aux migrants parce que là on voit toutes les associations monter au créneau on voit aussi que les syndicats montent au créneau sur un terrain qui est un petit peu différent parce qu'ils ont compris que sur le terrain notamment la CFDT sur le terrain du travail de ce qui se faisait du côté de l'économie il n'était pas forcément entendu donc on a quand même eu un Laurent Berger qui a dit j'ai mal à mes valeurs vous avez des présidents d'associations qui ont été reçus jeudi par Edouard Philippe qui disent qu'on accueille les gens dans des situations dans des conditions inhumaines alors que souvenez-vous pendant la campagne Emmanuel Macron avait dit je salue Angela Merkel qui a donné la dignité là il fait exactement le contraire visiblement de ce qu'il avait annoncé donc tout ça c'est des petites étincelles qui à un moment en 2018 pourrait bien être nettement plus explosives
alors justement à l'Elysée on surveille particulièrement le futur projet de loi sur l'immigration et le droit d'asile qui sera présenté au début de l'année texte attendu qui inquiète la gauche socialiste qui voit certains de ses sympathisants montrer et bien plutôt des signes de confiance envers Emmanuel Macron Myriam Zéard et Emmanuel Bach
depuis quelques mois certains observateurs voyaient Emmanuel Macron s'éloigner du centre plus à droite qu'à gauche pourtant pour le second mois consécutif le président voit sa popularité remonter auprès des sympathisants socialistes presque un paradoxe selon une enquête BVA 62% déclarent avoir une bonne opinion du chef de l'Etat c'est 5 points de plus qu'en novembre après un trou d'air cet été
il progresse parce qu'il avait baissé parce que sa cote de popularité s'était un peu effondrée au cours de l'été avec un certain nombre de mesures aussi à la rentrée qui avaient un peu marqué les esprits que ce soit autour des APL que ce soit autour de la CSG que ce soit autour de l'ISF le camp de gauche on dirait aussi aux partis socialistes avait été un peu impacté négativement aujourd'hui ce qui est intéressant lorsqu'ils nous disent pourquoi est-ce que leur opinion est un peu meilleure c'est parce qu'ils semblent voir une forme de cohérence c'est sympathisant du Parti Socialiste là où ils avaient été marqués par des actions ponctuelles ils semblent trouver dans la cohésion de l'ensemble de ce qu'ils mettent en place quelque chose qui leur donne un peu de temps un peu d'espoir
une population en perte de repères il faut dire qu'au siège rue de Solferino que le parti a vendu le moral est morose depuis les élections présidentielles les socialistes peinent à être audibles
entre En Marche et Jean-Luc Mélenchon qu'est-ce qu'on fait qu'est-ce qu'on dit qu'est-ce qui est notre identité quelles sont les valeurs qu'on porte quelles sont les idées qu'on met en avant j'ai le sentiment aujourd'hui qu'on n'est pas dans la carte carrément il faut y être dans la carte
rayés de la carte les membres du PS s'agacent du nouveau monde que veut incarner Emmanuel Macron lui qui a toujours entretenu avec la gauche un rapport ambigu à l'image de cette rencontre avec Philippe Devilliers dans son parc du Puy-du-Fou l'été 2016 le jeune ministre aux allures conquérantes prend alors de manière spectaculaire ses distances avec son patron François Hollande
l'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste je suis au gouvernement
un gouvernement de gauche j'ai moi-même pris des initiatives politiques qui ne vous ont pas échappé nous en avons parlé tout à l'heure mais je veux dire quelle importance
à l'époque les socialistes vivent cette sortie inattendue comme une provocation depuis l'élection d'Emmanuel Macron les ténors du parti n'ont pas de mots assez durs pour qualifier sa ligne politique jugée trop à droite à l'image de Martine Aubry qui fulmine on a un gouvernement de droite il fait une politique de droite libérale classique et de droite c'est ça selon vous c'est à dire quand on dit qu'on n'est ni de droite ni de gauche c'est qu'on n'est ni de gauche ni de gauche on le sait depuis toujours récemment comme pour soigner sa gauche justement Emmanuel Macron a nommé un secrétaire d'Etat issu des rangs socialistes Olivier Dussop anciennement soutien de Benoît Hamon pendant la campagne mais ce geste suffira-t-il à conserver les bonnes opinions des sympathisants socialistes avec l'arrivée à l'Assemblée nationale d'un texte sur l'asile et l'immigration la donne pour échanger la loi présentée au premier trimestre 2018 fait déjà frémir les députés de gauche qui craignent des mesures qu'ils disent honteuses un sujet sensible et une loi portée par Gérard Collomb partisan d'une ligne ferme qui pourrait heurter aussi l'aile gauche de sa propre majorité à l'image de la députée de la Manche très véhémente lors de sa question au ministre de l'Intérieur mardi
les centres de rétention deviennent des centres de détention et sont indignes de notre république
avec ce projet de loi Emmanuel Macron pourrait néanmoins plaire à une autre catégorie de sympathisants ceux du Front National sensible aux questions d'immigration et qu'il convainc de plus en plus il serait 35% à faire confiance au président aujourd'hui question SMS où sont les socialistes Pascal Perrineau ils ne le savent pas eux-mêmes il suffisait d'écouter Stéphane Le Foll tout à l'heure qui disait quelle est notre identité nous ne sommes pas dans la carte dans la carte politique et donc le problème pour le parti socialiste qui est sorti de cette carte politique c'est d'y revenir mais avec quel homme ou quelle femme pour diriger c'est la question du prochain congrès avec quel type d'organisation ils viennent en effet de vendre leur siège avec quel type de stratégie et quel type de partenaires donc tout est à reconstruire à gauche en effet on voit bien comment ce jeune président qui ne s'embarrasse pas des vieilles catégories et parmi ces catégories oui les catégories gauche droite a semé une perturbation à gauche littéralement gigantesque la porte à droite et même peut-être en train de la porter à la droite de la droite c'est-à-dire rien ne l'arrête et on le voit bien comment autour de ce projet de loi sur les réfugiés sur l'immigration il y a la volonté de porter le désordre mais au-delà des grands électorats centraux centre-gauche parti socialiste centre-droit LRUDI pour le porter dans l'ensemble du dispositif politique c'est un président en effet on l'a vu audacieux Jean Garry
oui alors il faut reconnaître que cette crise de la gauche française s'inscrit dans le contexte général d'une crise de la social-démocratie européenne depuis une vingtaine d'années et on voyait d'ailleurs on voyait bien sous le quinquennat de François Hollande à quel point contrairement à ce que dit et martel Martine Aubry depuis des décennies il n'y a pas une gauche il y avait plusieurs gauches et on voit bien que ces gauches-là aujourd'hui sont effectivement irréconciliables comme l'avait dit Manuel Valls alors Manuel Valls lui a un peu clarifié sa position puisqu'il s'est rapproché d'En Marche mais on voit bien la difficulté maintenant pour ceux qui restent des socialistes français ou de la nouvelle gauche de trouver un point d'ancrage parce qu'ils n'ont pas véritablement de point d'ancrage ou en tout cas ils n'ont pas suffisamment réfléchi depuis 25 ans à ce que pourrait être justement cette résurrection de la social-démocratie peut-être parce qu'effectivement avec ce que représente Emmanuel Macron et à droite et à gauche avec ce que représente aussi le modem de son côté c'est difficile de trouver une incarnation une identité pour la gauche française et on le mesure sur chaque problème et on voit très bien à quel point aujourd'hui il n'existe quasiment pas dans l'opposition dépasser qu'ils sont à la fois par Jean-Luc Mélenchon dans tout ce qui représente le buzz médiatique et puis ceux qui existent dans les territoires alors là l'opposition des républicains et sans oublier le Front National Jean-Daniel Lévy il y a un an précisément quand on demandait aux Français de quelle formation politique vous sentez-vous le plus proche nous avions sensiblement un Français sur cinq qui déclarait être proche du parti socialiste à l'exclusion de toute autre formation politique on est aujourd'hui à un peu moins d'un Français sur dix donc on a non seulement une disparition de la représentation électorale mais on a également aujourd'hui une disparition au sein du corps même électoral des Français qui se déclarent proches du parti socialiste et même quand on interroge ces près de dix pour cent de Français qui se déclarent proches du parti socialiste quelle est la personnalité politique à laquelle vous faites le plus confiance c'est Benoît Hamon donc c'est-à-dire une personne qui a quitté il y a de cela six mois le parti socialiste et qui je crois n'a pas réalisé le meilleur score d'un candidat du parti socialiste à l'élection présidentielle donc on est vraiment aujourd'hui face à une force politique qui est une force politique qui apparaît comme étant relativement inaudible et avec aujourd'hui un corps électoral consistant au départ qui est susceptible de ne pas véritablement pouvoir l'écouter avec le paradoxe même en termes de prise de parole objectivement il y a plus de députés socialistes qu'il y en a de France insoumise à l'Assemblée nationale et les Français sont absolument infichus de pouvoir savoir ce que dit aujourd'hui le parti socialiste dans le cadre de cette tribune qui lui est offerte dans cette assemblée Voici maintenant vos questions à SMS et Internet Alors revenons au bon sondage d'Emmanuel Macron Tout cela ne montre-t-il pas que les Français en avaient vraiment plus qu'assez du personnel politique en place depuis 40 ans Fanny Guinochet ?
Clairement Clairement et d'ailleurs on parlait de l'opposition pour poursuivre ce que vous disiez c'est que par exemple même Jean-Luc Mélenchon qui pendant ces six derniers mois s'est imposé comme le premier opposant on voit qu'au bout de six mois les Français Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui a quand même un peu perdu en notoriété tout le monde garde le côté rabougri les aigreurs mais finalement il n'a pas réussi à mobiliser il espérait mobiliser sur le terrain du social ça a fait flop on arrive six mois après ça a fait flop donc on voit bien parce que Jean-Luc Mélenchon même s'il avait des techniques finalement assez nouvelles dans la façon de porter de faire campagne et de porter l'opposition on voit bien que finalement il appartient encore pour un certain nombre de Français à l'ancien monde
Le président Macron ne capitalise-t-il pas en réalité sur l'efficacité de certains ministres comme Blanquer Colomb ou Lemaire alors est-ce que les ministres sont bons et est-ce qu'il en profite ?
C'est-à-dire après une période en effet les premiers mois où à part Emmanuel Macron au fond les Français percevaient très mal la répartition des rôles il commence à apparaître une répartition des rôles des ministres commencent à exister en particulier le ministre de l'éducation de l'éducation nationale et puis il y a une forme de division du travail dans ce gouvernement pluriel on voit bien certains comme par exemple M.
Blanquer parle aujourd'hui à la droite à la demande d'autorité et aussi aux électeurs de gauche très fidèles à une tradition laïque républicaine où l'école publique doit continuer à jouer un rôle d'éducation forte des enfants et puis il y a d'autres ministres en effet qui se portent davantage sur la gauche c'est bien gouvernement et de gauche et de droite je pense en particulier bien sûr à la figure de Nicolas Hulot par exemple qui sur l'enjeu climatique en effet satisfait pas tout à fait les mêmes clientèles que celle de M.
Blanquer comment ça apparaît une division du travail et qu'est-ce que c'est qu'un bon gouvernement c'est un gouvernement en effet dans lequel il y a des voix plurielles qui s'adressent à une majorité qui doit être large en tout cas qui doit être plus large que les 25% d'électeurs qui au premier tour avaient choisi Emmanuel Macron
Y a-t-il des frondeurs au sein du parti d'Emmanuel Macron ?
Ils sont discrets Ils sont assez discrets on les a vu un peu se révéler au moment du vote du président du mouvement où on les a vu aussi tout à l'heure est-ce que c'est une fronde mais laisser une députée en marche je veux dire critiquer la politique migratoire du gouvernement c'était pas forcément un signe de grande cohésion et là je pense que le président du groupe n'avait pas véritablement fait son travail mais il n'y a pas véritablement de frondeur dans un mouvement qui doit son existence qui doit sa dynamique à un homme c'est très particulier un mouvement comme celui d'En Marche il faut remonter au général de Gaulle pour avoir un mouvement de ce type et encore parce que de Gaulle pouvait s'appuyer déjà sur un socle de courants et d'hommes politiques déjà chevronnés là il y a vraiment un mouvement qui sort véritablement de la volonté d'un homme et qui a été capable justement de rassembler avec une autre figure qu'on n'a pas évoquée qui est celle tout simplement du Premier ministre dont on voit que c'est quand même une figure qui est populaire qui émerge qui a bien résisté à la turbulence de son voyage trop coûteux au bout du monde donc on voit quand même aussi là émerger une figure quelle audience peut avoir Martine Aubry aujourd'hui on l'a vu en effet dans le reportage
c'est assez léger enfin je veux dire ça ramène là pour le coup en plus le discours n'a pas vraiment changé depuis des années donc ça nous ramène 10 ans 20 ans en arrière Martine Aubry qu'est-ce qu'elle pèse aujourd'hui et bon certains aimeraient peut-être l'avoir émergé mais elle a toujours été dans l'opposition elle était dans l'opposition avec François Hollande elle donne l'image vraiment d'être toujours l'insatisfaite et pour revenir c'est vrai que la différence est vraiment très marquante avec un gouvernement qui finalement fonctionne assez bien où il y a très peu de couacs même Nicolas Hulot que vous soutiez ça aurait pu bon quand même les états d'âme de Nicolas Hulot on voit pas trop visiblement il arrive pas à prendre sa place régulièrement il dit non non je vais pas démissionner il y a quand même et là encore c'est un couac assez léger finalement
quel est l'opposant qui a le plus de poids face à Macron ?
alors on a cité évidemment Mélenchon ça reste aujourd'hui malgré tout en tout cas d'un point de vue d'opinion lui en tout cas c'est lui qui est attendu lorsqu'il y a des interrogations notamment d'un point de vue social et d'un point de vue de politique à caractère économique et Wauquiez alors Laurent Wauquiez a un problème aujourd'hui c'est qu'une partie de son électorat apprécie nettement ce qu'est effectué par le président de la République c'est-à-dire que quand vous prenez la politique notamment économique et aujourd'hui la politique migratoire qui sont deux axes forts sur lesquels le président de la République a décidé de les mettre à l'agenda et de les faire porter en plus quand vous regardez notamment sur la politique économique par des ministres qui sont issus de la droite et des républicains ça coupe un peu l'herbe sous le pied de Laurent Wauquiez qui l'oblige à se déporter non pas sur les thématiques économiques mais beaucoup plus sur les thématiques sociétales ou d'interrogations sur les territoires comme il a pu le faire récemment mais à l'heure actuelle quand vous regardez même le niveau de confiance des français à droite à l'égard de Laurent Wauquiez ça ne lui permet pas de pouvoir bénéficier de ce support d'opinion
Oui et là c'est lent on voit tout de même huit mois après la victoire du président l'effet délétère sur les autres forces de cette stratégie et de gauche et de droite parce que cette stratégie qu'il développe avec beaucoup de sens tactique ça occupe j'allais dire toutes les niches jusque dans les électorats de ses oppositions et il ne reste presque plus d'air à tous les opposants au fond Jean-Luc Mélenchon est en train de se replier sur une gauche de la gauche extrêmement nostalgique ronchonne M.
Laurent Wauquiez est obligé de se replier sur une stratégie de droite quasi identitaire le parti socialiste ne se replie presque plus sur rien parce qu'il ne sait plus très bien ce qui leur rassemble et comment sortir de la nasse c'est-à-dire on a l'impression véritablement que toutes ces oppositions en effet sont dans la nasse et là on voit les effets délétères de cette stratégie extrêmement large et de gauche et de droite et pour poursuivre Marine Le Pen ne s'est pas remis du débat qu'elle a eu avec Emmanuel Macron elle l'avait oublié c'était quand même la deuxième dans la compétition et on l'oublie parce que Florian Philippot est parti qu'aujourd'hui elle n'arrive pas à trouver une doctrine et qu'elle a perdu en leadership clairement
mais c'est aussi parce que ce qui s'est passé qu'Emmanuel Macron a révélé les failles les béances de toutes ces familles politiques leur incapacité finalement à se rassembler à se réunir que ça soit pour la gauche que ça soit pour les droites les droites ou que ça soit même pour le Front National on n'a jamais trouvé de solution entre la ligne Philippot et la ligne de Louis Alliot par exemple question pour vous quatre quelles sont les faiblesses d'Emmanuel Macron est-ce que vous pouvez en citer chacun une il y en a bien quatre
clairement le fait qu'il ne regarde pas du côté des plus des plus fragiles ça c'est une vraie faiblesse et je pense que ça ça lui passe c'est au-dessus du radar Pascal Perrineau le danger du retour d'une technocratie trop triomphante
bien Jean Garry une certaine impression de supériorité qui pourrait qui a été son avantage aussi parce qu'elle lui a donné cette dynamique mais qui pourrait aussi lui nuire en tout cas dans l'esprit des français une politique qui donnerait le sentiment d'accroître les injustices dans la société française qui touche même aujourd'hui même les catégories supérieures qui considèrent que globalement la société française doit être le plus juste et c'est un des pays dans le monde qui aspire le plus à cette forme de justice et d'égalité autre question pourquoi voit-on moins Brigitte Macron elle est plutôt discrète depuis le début elle a donné des interviews cet été au magazine Elle sans faire de flagornerie à son égard je pense qu'elle a plutôt jusqu'à présent réussit sa prestation c'est une star de femme de président c'est devenu une star elle est très populaire en France et à l'étranger d'ailleurs incroyable c'est assez incroyable ce qui est intéressant en plus sur le plan sociologique c'est quand même qu'elle a enfin le couple Macron a inversé un certain nombre de clichés qui existaient jusqu'à présent dans notre société et ça fondamentalement sur le long terme et au-delà même de ce que représente Brigitte Macron c'est quand même très intéressant pour la société française Donald Trump ne commence-t-il pas à être agacé par l'aura internationale d'Emmanuel Macron
il peut
il a déjà suffisamment de problèmes à régler de son côté
il a beaucoup de problèmes mais effectivement il peut quand on voit la une de ces économistes
question ça sera la dernière que va faire le gouvernement avec le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui n'en a pas cité ça met dans le genre épine dans le pied le rapport qui a été publié montrait très vraisemblablement que la direction ça va être abandonner Notre-Dame-des-Landes et aller vers l'extension de ce qui existe déjà ça sera quand même quoi qu'il arrive il n'y a pas de bonne décision dans ce dossier on le sait non mais il faudra aussi résoudre le sort des zadistes et voir ce qu'on fait de ces hommes ça sera avant fin janvier c'est ce qu'a dit le président Emmanuel Macron merci beaucoup à tous les quatre merci d'avoir participé à cette émission merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C dans l'air dans un instant Ali Badou pour Célèbdo ce soir la rediff est à 23h55 très bonne soirée sur France 5