Droits de douane : « Si l'escalade doit avoir lieu, elle aura lieu », prévient Roland Lescure
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« nos producteurs viticoles, une fois de plus se retrouvent en première ligne. Et la menace américaine d'une hausse massive des droits de douane suffit déjà en tant que tel à fragiliser nos filières, à geler les investissements, à pénaliser nos territoires. »
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« Les tarifs, on n'est jamais trop pour les tarifs commerciaux, mais là c'est en plus au service d'une cause géopolitique, d'une attaque géopolitique qui est en plus destinée à un de nos alliés. »
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« l'instrument anticoarcien qui en est une assez puissant, mais d'autres. Le gel de l'accord commercial, vous l'avez dit, ça a été voté par le Parlement européen. »
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« Des tarifs que pourraient imposer l'Union européenne aux États-Unis également, ils avaient été mis en place de manière provisoire au juillet et suspendu pendant 6 mois et pourrait être remise en place dès le mois de février. »
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« si l'escalade doit avoir lieu, elle aura lieu. »
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Mes chers collègues, ma question s'adresse à monsieur le ministre de l'économie et des finances. Monsieur le ministre, dans le rapport de force qui s'est installé avec l'administration Trump, nos producteurs viticoles, une fois de plus se retrouvent en première ligne. Et la menace américaine d'une hausse massive des droits de douane suffit déjà en tant que tel à fragiliser nos filières, à geler les investissements, à pénaliser nos territoires.
Dans ce nouveau monde, tel qu'il se dessine, pourtant, la faiblesse n'apa rien. Elle appelle au contraire l'escalade. Les Européens tergiversent, discutent, temporisent.
Néanmoins, hier, le Parlement européen a décidé de suspendre le processus de ratification de l'accord commercial avec les États-Unis. Cette première étape doit être amplifiée par l'action des États-membres. L'instrument anticoercition permet de riposter quand un pays nous menace.
Dès lors, la France a une responsabilité. Entraînera-t-elle l'Europe hors de l'hésitation stratégique et vers une posture claire, lisible, dissuasive ? Je vous remercie.
Pour vous répondre, la parole est au ministre de l'économie, des finances et la souveraineté, monsieur Roland l'escur. Merci monsieur le président, mesdames messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Renand Legu, on est sans doute au bord du basquilement de l'ordre international géopolitique mais aussi économique tel qu'on l'a connu depuis 80 ans. Des institutions importantes comme l'ONUL, autant ça a été dit, mais aussi le fond monétaire international, le G7 sont des institutions précieuses que nous devons préserver.
Et face à ça, on a effectivement aujourd'hui un chef d'état d'un ami de 250 ans qui menace d'utiliser une arme économique. Les tarifs, on n'est jamais trop pour les tarifs commerciaux, mais là c'est en plus au service d'une cause géopolitique, d'une attaque géopolitique qui est en plus destinée à un de nos alliés. Et donc nous devons réagir de manière ferme, vous l'avez dit, en européen et même au-delà, le Royaume-Uni, la Norvège, le Canada par la voix de son premier ministre ont été très fermes et convergents dans notre volonté de résister ensemble avec deux objectifs.
Un, quand quelqu'un négocia avec un pistolet sur la table montrer que nous aussi nous sommes armés et les armes, vous l'avez dit, elles existent. Pas seulement l'instrument anticoarcien qui en est une assez puissant, mais d'autres. Le gel de l'accord commercial, vous l'avez dit, ça a été voté par le Parlement européen.
Des tarifs que pourraient imposer l'Union européenne aux États-Unis également, ils avaient été mis en place de manière provisoire au juillet et suspendu pendant 6 mois et pourrait être remise en place dès le mois de février. Mais une fois qu'on a posé ça sur la table, nous devons rester engagés. Vous l'avez dit, une fois qu'on est ferme, une fois qu'on a affirmé avec force sa position, l'objectif, ça doit être aussi la désescalade qui, si j'en crois l'intervention longue du président Trump actuellement n'est pas encore à l'ordre du jour à Davos.
Mais il faut continuer. Moi, j'ai engagé un dialogue avec mes partenaires du G7 au niveau du ministre des finances. J'espère pouvoir monter une réunion des ministres des finances dès la semaine prochaine.
Vous vous le savez, le président de la République a appelé lui aussi à une réunion du G7. Nous devons rester engagés dans un dialogue franc sincère. est parfois difficile avec les États-Unis et malheureusement si l'escalade doit avoir lieu, elle aura lieu.
Mais en attendant, faisons tout en sorte pour que j'allais dire la pression retombe et qu'on montre avec force que l'intégrité territoriale de l'Europe, elle ne se négocie pas. Monsieur Legu, monsieur le ministre, la situation que nous évoquons n'est pas conjoncturelle, elle est structurelle. Elle dit quelque chose de profond sur l'évolution des relations internationales et sur la place que l'Europe accepte ou non d'y occuper.
La menace brandie par Donald Trump montre une chose simple. Dans le monde actuel, la pression est déjà une action. Face à cela, l'attentisme n'est pas de la sagesse.
C'est un message envoyé à ceux qui testent notre résistance. L'Europe ne peut pas être forte dans ses discours et fragile dans ses réponses. On ne dissuade pas avec des intentions mais avec de la crédibilité.
Et défendre nos producteurs, ce n'est pas leur demander de tenir sous la menace, c'est refuser que la menace devienne une méthode. Très bien. Merci.
Roland Lescure