Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLCP (sur YouTube)· 16 mars 2026 62 min

Édition Spéciale 1er tour des élections municipales | LCP, Lundi C'est Politique - 16/03/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Lundi, c'est politique, spéciale édition municipale 2026. LFI fait une percée dans les villes. Il y aura aussi des unions de la gauche.

Les stratégies peuvent-elles entraîner des défaites à droite ? Nous sommes à un an des prochaines présidentielles. Bonsoir et bienvenue dans "Lundi, c'est politique".

Merci d'être avec nous. Je vous présente ceux qui m'accompagnent ce soir. Aujourd'hui ils vont nous donner leur point de vue.

Hervé Gattegno, Gaëlle Macke, Hugo Couturier, Hugo au Perchoir sur la chaîne Twitch LCP Assemblée nationale. Où on peut avoir les interventions en direct. Aujourd'hui, c'est carte blanche pour nos invités sur le plateau.

J'ai aussi Christelle Craplet, qui représente Ipsos BVA. Vous êtes une spécialiste des opinions publiques. Et tout à l'heure, Benjamin Morel, politologue qui nous rejoindra.

Hervé et Gaëlle, votre ressenti de ce premier tour ? - Une déception face au taux d'abstention très important. On a coutume de dire que le maire est l'élu préféré des Français.

On le sentait venir, ce n'est pas une surprise. Mais on a senti comme une sorte de désenchantement. Le taux d'abstention frôle les 43 %.

C'est moins fort que pendant le COVID mais c'est plus fort que tous les scrutins précédents. C'est un record. Il y a probablement un effet de la guerre en Iran.

On a peu parlé de cette campagne municipale. Les audiovisuels aussi...

Les médias ont du mal à parler de ce genre de scrutin. Plus on s'approche de la date, plus les électeurs font leur choix, moins on leur explique...

Le résultat, c'est qu'on en parle peu, on a du mal à s'étonner qu'on mobilise peu les électeurs. Aussi, il y a eu ce changement de loi l'an dernier, la suppression de la possibilité de panacher les listes dans les communes petites. Ca prive les citoyens d'appropriation du vote.

On ne peut plus supprimer un nom sur une liste, en rajouter un. Les électeurs se sentent priver de ce pouvoir. Résultat : une démobilisation. 67 % des communes françaises n'avaient qu'une seule liste.

Quand vous n'avez pas le choix, vous avez moins envie d'aller voter. Ce sont des facteurs qui s'additionnent. Le dernier, c'est le désenchantement politique qui touche maintenant le niveau municipal.

Beaucoup de gens en France considèrent que la démocratie, c'est bien, mais que les élus ont peu de pouvoir pour changer les choses. Ils ont de moins en moins envie de voter pour eux. - Je suis intéressée par la persistance de la continuité, loin du clivage très profond du niveau national. 96 % des communes où les maires sont élus au premier tour.

Il a des résultats serrés dans des grandes villes. Il y a des successions aussi ...

Comme à Lille après Martine Aubry, à Grenoble...

Globalement, on voit que les parties gardent souvent leurs bastions, notamment LR dans les villes moyennes et rurales, le PS a réussi à maintenir sa base dans les grandes villes, le RN a fait des scores de maréchaux dans les villes dont les maires étaient sortants mais n'ont pas réussi à conquérir de grandes nouvelles villes...

Ils rêvaient de Toulon...

C'est difficile. Je pense aux Verts, ce n'est pas facile pour eux. - On va faire un tour des forces politiques du moment on va d'abord voir les principaux enseignements des premiers tours des élections municipales. - Une participation nationale légèrement supérieure à 57 % et des surprises pour ce premier tour des municipales.

D'abord, cette percée de LFI qui gagne sa première mairie avec une victoire à Saint-Denis. LFI bien placé aussi pour l'emporter à Roubaix. - On a une belle avance, confortable mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. - La gauche qui résiste à Paris et à Marseille, où le maire sortant, Benoit Payan...

A Lyon, écologistes Grégory Doucet est devant. Bruno Retailleau affiche son optimisme. - Ce soir, la droite est plus que jamais la première force politique local.

Les résultats de ce premier tour le démontrent concrètement. - Le Rassemblement National confirme sa dynamique dans le paysage municipal avec ses alliés. Il arrive en tête dans plus de communes qu'en 2020. - Je me réjouis que plusieurs maires sortants du Rassemblement National aient été réélus ce soir dès le premier tour. - Eric Ciotti tente de faire partir le maire sortant.

Edouard Philippe, au Havre... - Les regards sont tournés vers le prochain tour.

Dernière ligne droite pour les alliances et fusions. Elles concernent la droite comme la gauche, en particulier à Paris. Ou on en est des alliances ? - On l'a appris il y a moins d'une heure, les listes de Rachida Dati et de Pierre-Yves Bournazel vont fusionner.

La candidate de la droite a tenté de conclure un accord avec le candidat Horizons qui a terminé quatrième. C'est le seul moyen pour l'ancienne ministre de la Culture de tenter de rattraper son retard de 13 points sur son rival socialiste, Emmanuel Grégoire. Il n'y avait pas de compromission possible avec l'extrême droite.

Sarah Knafo qui appelait Rachida Dati à un accord qui a été refusé. Emmanuel Grégoire, largement en tête hier soir. - J'ai dit maintes et maintes fois que je ne souhaitais pas faire alliance avec LFI.

Ils ont été peu avares d'insultes extrêmement brutales vis-à-vis de nous, sur le plan politique et personnel. - Une décision incompréhensible selon l'insoumise Sophia Chikirou qui a décidé de maintenir sa candidature. Les candidats ont jusque mardi, 18 heures, pour déposer leurs listes définitives.

Le socialiste Emmanuel Grégoire a déjà déposé la sienne en fin d'après-midi. - Merci Marco. Christelle, vous avez réalisé plein de sondages.

Est-ce qu'il y aura beaucoup de sondages de second tour ? - Peut-être mais ce sera plus compliqué de faire des sondages de second tour car on a des délais très courts. Il faut attendre la réponse des fusions.

Il y a beaucoup de villes avec peu d'habitants...

Ce sont des choses plus complexes. Je mets à part le cas de Paris. Il n'y aura pas tant de sondages que ça.

En revanche que c'est bien d'avoir les résultats du premier tour pour un sondage du second tour. C'est mieux de le faire maintenant qu'avant. - On va revenir sur les leçon de ce premier tour, force par force.

Est-ce que le RN s'impose comme une force municipale ? - Oui, ils ont d'abord présenté des listes dans de plus nombreuses communes, et il y a dans des villes moyennes, des zones rurales, ils ont gagné deux mairies en Gironde, alors qu'ils n'étaient presque pas présents dans le sud-ouest, ils ont gagné dans le sud-est des communes et aussi dans le nord. Mais c'est vrai qu'il voulait avoir Lance, ville minière, grande, et c'est un échec que le maire socialiste soit passé au premier tour.

C'est vrai aussi, Laure Lavalette était déçue. Ils seront dans l'opposition mais ils ne franchissent pas de marche. - Le Rassemblement national a gagné 24 villes.

Ils sont en tête dans 60. C'est une performance. Les maires sortants sont souvent réélus avec des scores importants, même à Fréjus, Hénin-Beaumont...

Même s'il a été impliqué dans de nombreuses affaires...

On a le sentiment d'un parti qui, marche après marche, continue sa progression. Et pour ce qui est de l'implantation municipale à proprement parler, à la fin de ce scrutin, si les trajectoires qu'on a vues au premier tour se vérifies, le RN ne va pas sortir avec un très grand nombre de villes. C'est un parti qui progresse et qui a de plus en plus d'audience nationale qui se confirme davantage, avec une implantation locale.

Dans les zones rurales, ce sont des scores assez importants. Et il y a comme une sorte de vague qui monte petit à petit. - Il y a un vote plus rural que citadin au RN ? - Il faudrait regarder localement.

Je vous rejoins sur le fait qu'il y a des situations de contraste. Comme à Calais, où il avait fait de très bons scores mais il n'a pas réussi à déloger la maire sortante. Mais dans l'opinion, il compte.

C'est le parti qu'on souhaite le plus voir renforcé selon les sondages. Quel que soit le résultat observé, ils n'ont pas forcément le succès attendu. - On a parlé du succès de La France Insoumise, la question c'est de savoir si c'est un début d'ancrage. - La France Insoumise, c'est intéressant dans la comparaison avec le Rassemblement National, on a un électorat très jeune, très urbain.

C'est une percée de La France Insoumise dans les villes importantes. Ce qui est spectaculaire, c'est que Jean-Luc Mélenchon et son parti sorte d'une séquence assez calamiteuse sur le plan politique, et dans sa déclinaison médiatique, des controverses, des critiques, des tensions très importantes, Le parti socialiste prenant fortement position contre La France Insoumise sur les accords qui existaient jusqu'à présent. Et à la sortie, un très bon score de La France Insoumise.

Ca donne un peu l'impression que nous avons, avec le Front National de Jean-Marie Le Pen, ça montait de plus en plus. - Il y a eu une montée les derniers jours ? - On a vu une mobilisation très forte dans certaines grandes villes, notamment le pari de LFI de mobiliser des catégories fortement abstentionnistes, les jeunes étudiants, certains quartiers populaires.

Cela a fonctionné. Il y a une dynamique qui s'est amplifiée. - Je vous demande car on ne voit pas ça dans les sondages. - C'est compliqué de suivre les dynamiques de campagne dans un scrutin municipal.

Je me permets...

Il y a plusieurs sondages publiés qui ont montré qu'il y avait cette remontée... - Ca, c'est les écologistes.

On va y revenir. - Ce qui est intéressant c'est que LFI n'a jamais eu une stratégie locale. Ils ont toujours eu une stratégie nationale.

Mélenchon voit ça comme un marchepied pour 2027. C'est vrai que jusqu'ici ils avaient enjambé ces élections locales. Dans les élections législatives, par exemple, ils ne les considèrent pas comme des élections locales.

Ils ne sont pas...

Ils ont une logique inverse des autres parties. Ils défendent des choses nationales au niveau local. Cela pose un problème, on le verra, majoritairement au parti socialiste qui est aussi dans les grandes villes.

Ils se retrouvent maintenant en position d'arbitre et ça les rend extrêmement faiseur de rois. - Est-ce qu'il n'y a pas aussi un sujet sur les sondages. On va le voir avec les présidentielles, on va avoir des sondages plusieurs fois par jours qui peuvent aussi avoir des bulles...

Comment vous essayez de contrecarrer cette surreprésentation ? - C'est déjà l'analyse du long terme qui est intéressante. Après, il y a une demande très forte des médias, des politiques d'avoir toujours un chiffre.

Alors qu'on passe notre temps à expliquer qu'il y a des nuances et des marges d'erreur. - Un sondage n'est pas toujours prédictif. On va parler des écologistes.

Benjamin Morel nous a rejoint. Vous aurez la parole plus tard. - Les écologistes vont surtout perdre des villes.

C'est vrai que ça avait été un peu le vote distributif de 2020. C'est eux qui avaient conquis des villes nouvelles et ils avaient fait des scores...

Ils avaient gagné des villes qui n'étaient pas du tout évidentes. Il y avait eu des surprises, Bordeaux, Lyon...

Là, tout le monde s'attendait...

Car il y a quand même, nationalement, un reflux des sujets écologistes. Il y a une sorte de désamour populaire pour ces questions. On s'attendait vraiment à ce qu'il y a un très gros revers.

Or, ils résistent. Notamment dans les grandes villes, à Bordeaux, Lyon...

C'est la grosse surprise. Les sondages donnaient 20 points d'avance... - Les électeurs se disent... - Bordeaux, au final, les écologistes arrivent un peu devant.

Ils sont clairement sur la défensive. Mais leurs bastions ne sont pas tous attaqués. - On a senti un peu de soulagement chez les écologistes hier soir car Lyon et Bordeaux on s'attendait au pire du côté des Verts mais finalement, ce n'est pas advenu.

Je pense que cette remontée est due à la très mauvaise campagne de l'opposition qu'aux résultats des écologistes dans ces villes. Les écologistes sont sur un fil...

On ne voit pas bien s'ils veulent pencher plutôt du côté des socialistes ou... - On le voit très bien dans le second tour.

A Lille, les écologistes s'allient avec le PS. Alors qu'ailleurs, ils s'allient avec LFI. - Il n'y a pas une ligne cohérente et parfaitement déchiffrable.

Ca se paye dans ce genre d'élections. Quand le contexte international a relégué très nettement au second plan les préoccupations écologiques. Je pense que ce n'est pas en faveur des écologistes. - Accord technique entre la candidate de gauche et LFI à Grenoble. - Fusion technique. - La traduction est "accord hypocrite". - On va passer au grand sujet, est-ce que c'est encore un parti puissant ? - Oui mais avec des grosses nuances.

Ce sont des parties hégémoniques. L'idée qu'il y a un champ politique moral qui tiendrait sur ses deux épaules...

On l'a vu avec LFI. - Ca, c'est au détriment du PS. - Et de l'autre côté, vous avez une montée du RN.

En plus, il y a un focus sur les grandes villes. Ce sont des territoires qui votent plutôt RN. On verra ce qui se passera notamment pour les élections sénatoriales lorsqu'il faudra faire le compte des grands électeurs.

Il y a une transformation du paysage politique. De l'autre côté, c'est un affaiblissement des directions et de la cohérence de ces parties. On parlait de la liste chez les Verts.

Il y a une position par défaut : faites ce que vous voulez. - On voit bien, avec les alliances. - C'est parce que le PS ne peut pas se permettre de tenir ses élus.

Ca va être très compliqué de discerner ce qui va être fait. Avec les mêmes conséquences pour les pertes. Donc des partis affaiblis. - Le PS et les Républicains restent des grands partis d'élus.

Ils contrôlent encore beaucoup de villes mais il suffisait de voir le visage de Bruno Retailleau annonçant une victoire hier pour comprendre que c'était pas vraiment une victoire. Très grosse déception dans les trois premières villes de France pour la droite. Le score de Rachida Dati à Paris...

Enorme déception à Marseille qui disparaît vraiment...

La mairie de Marseille ne sera pas contrôlée par un Républicain. A Lyon, ce n'est pas Les Républicains mais le candidat soutenu par la droite, très grosse déception aussi. Bruno Retailleau disait que plus que jamais Les Républicains restait la première force municipale.

C'est assez malheureux quand on pense que dans les années 90, le RPR et l'UDR contrôlaient la grande majorité des villes en France. - On va parler des macroniste. Là, c'est un mystère.

Emmanuel Macron est au pouvoir depuis 10 ans mais il n'y a pas de macroniste dans les municipales ? - Les macronistes n'ont jamais été un parti d'élus locaux. Emmanuel Macron n'était jamais passé par cette case.

Ca ne l'a jamais intéressé. Il a toujours eu des relations tendues avec l'ensemble des élus régionaux, départementaux...

Après, il y avait, dans son bloc central, des élus locaux qui ne venaient pas de son parti, qui étaient plutôt de Horizons, du MoDem...

C'est là que résistent les quelques villes. Edouard Philippe au Havre qui a l'air de sauver son poste, ce qui n'était pas évident. Etant donné sa campagne présidentielle.

François Bayrou, à Pau, qui a été humilié car il est contraint à un second tour mais je pense qu'il aura quand même sa place. Ou encore à Toulouse où le candidat à fait un score où il est sorti devant. Ce n'était pas une évidence.

Il y a quand même un énorme échec, c'est Nice car Christian Estrosi faisait partie de ce bloc central. Il se prend 13 points par Eric Ciotti. - Il y a quelqu'un de chez Horizons qui se présente comme le parti des élus locaux.

C'est vrai ? - C'est un parti qui compte beaucoup de maires. Ils ont sauvé beaucoup de villes dans ces élections.

Il y a des favoris. Il y a la ville de Reims...

Ajaccio...

Ce sont des élus Horizons. Edouard Philippe, c'est plus qu'une anecdote. C'est la personnalité...

S'il y a une personnalité du scrutin d'hier qui sort vainqueur, c'est lui. A fortiori, la campagne n'a pas été facile donc c'est toujours mieux de remporter une victoire périlleuse qu'une victoire facile. Il a devant lui d'autres perspectives.

Il faut qu'il gagne ce second tour mais il est nettement favori. Par contraste, Horizons a mis ses forces dans cette bataille avec un succès relatif. Gabriel Attal a prolongé la volonté d'Emmanuel Macron de ne pas développer un tissu local car ce n'était pas l'intérêt de Renaissance de lancer une grande bataille municipale qu'il avait de fortes chances de perdre.

Gabriel Attal veut aussi ménager son avenir. Il ne voulait pas en faire un grand défi. -Il y a une petite conquête à Annecy, Antoine Armand qui est en bonne voie.

C'était une ville dont le maire sortant ne se représentait pas. C'est toujours un peu plus facile dans ces conditions. Mais c'est bon à prendre. -Ce qui est intéressant c'est qu'on a l'impression que tout le monde réclame la victoire.

Tout le monde est content. Dans mes notes, on a évoqué Marina Ferrari ? La ministre qui a été battu au premier tour.

Est-ce qu'elle va démissionner, c'est un autre débat. On verra s'il y aura des conséquences. - Est-ce qu'il y a eu un vote politique hier ? - Il y a d'abord eu un vote local.

Les gens nous disent qu'ils votent pour des enjeux locaux. Il y a des configurations très différents d'une ville à l'autre. Il n'y a pas une ligne qui est suivie mais c'est aussi parce qu'il y a des enjeux locaux différents.

Mais quand on regarde l'échelle des Français, 19 % disent qu'ils ont voté en fonction d'un enjeu national. C'est beaucoup plus dans les grandes villes et surtout pour les sympathisants LFI et RN. Ceux qui le disent qu'ils ont voté en fonction du parti politique, ce qui n'est pas un déterminant fondamental du vote, c'est beaucoup plus pour les sympathisants LFI. - Ca veut dire que ça va permettre de baromètre ? - Oui, ça peut permettre de lancement.

L'une des grandes villes pourra dire que leur ascension est inarrêtable. Du côté des insoumis, c'est une bonne façon de faire des croches pattes à leurs adversaires à gauche. 70 % des communes n'avaient qu'une seule liste.

Il n'y avait le choix que, avec étiquette et sans étiquette. Regardez 2020, la gauche remporte Paris et Lyon. Evidemment.

La gauche avait plutôt perdu...

Il faut arrêter de focaliser sur les élections et les grandes villes. - Ce sont surtout les politiques qui le font. - Chacun espère mettre en place un récit.

La vague ouverte de 2020...

Qui a gagné les dernières municipales ? LR et PS. Il faut malgré tout être dubitatif.

Ca lance des récits. - Le rapprochement du calendrier fait que...

Dans 24 heures, dernier délai pour déposer les listes du second tour dans les préfectures. - Des alliances ont commencé à se nouer dès ce matins. A Toulouse, où La France Insoumise est le Parti socialiste feront liste commune pour battre le maire sortant. - Il n'y a désormais plus qu'une seule liste de gauche à Toulouse. - A Lille, les écologistes fusionnent avec les socialistes et rejettent l'offre des insoumis.

Les trois forces de gauche étaient arrivées en tête au premier tour, d'autres ont refusé toute alliance avec La France Insoumise comme Benoit Payan à Marseille, venue déposer sa liste ce matin en mairie. - Je l'ai déjà dit, il ne peut pas y avoir de magouilles. Le combat contre le Rassemblement National... - Même stratégie pour Emmanuel Grégoire à Paris.

Il exclut toute alliance avec Sophia Chikirou. L'ancienne première ministre continue de mettre la pression sur le reste de la gauche. - Nous appelons à la constitution, au rassemblement, à la fusion de différentes listes pour battre l'extrême droite. - Les socialistes n'y semblent pas disposés.

Le parti socialiste avait promis qu'il n'y aurait pas d'accord national aux municipales. Ca n'empêche pas des accords locaux dès aujourd'hui. - Accords, fusions, alliances, désistements...

Est-ce qu'ils veulent des rapprochements entre les listes ? - Il faut regarder les familles politiques. Si on regarde les sympathisants de gauche, 58 % sont pour la fusion.

Derrière ce chiffre se cache des réalités différentes. Des sympathisants écologiques sont un peu partagés, et des sympathisants PS sont majoritairement contre la fusion et LFI est majoritairement pour. Ca dépend. - On reviendra sur la droite tout à l'heure.

Justement, Benjamin Morel, Olivier Faure dit : "Pas d'alliance au niveau national. Après, on peut s'arranger." C'est une position délicate pour les socialistes. - C'était toute la stratégie de Jean-Luc Mélenchon.

Ils ont le choix de rentrer dans une logique d'alliance...

Peut-être qu'ils n'auront pas besoin des insoumis dans la majorité...

Demain, ça a une vraie conséquence. Le maire qui voudra dire qu'il ne voudra plus d'alliance ça pose problème aux municipales. C'est une façon pour les insoumis d'imposer l'union de la gauche.

Soit les maires socialistes disent qu'il n'y a jamais d'alliance avec les insoumis, mais vous voyez bien que l'union de la gauche est nécessaire pour qu'elle soit élue. Le candidat de l'union est Jean-Luc Mélenchon...

Les socialistes ont le choix. - C'est un tournant décisif pour le Parti socialiste. Ils ont tout misé dans cette campagne sur un affaiblissement de La France Insoumise en considérant toutes les affaires dont j'ai parlé tout à l'heure, les polémiques, les dérapages... - En enffonçant le clou. - En espérant que le rapport de force était en passe de s'inverser.

Ce n'est pas ce qui se produit. Aujourd'hui, les socialistes, pour garder une ville comme Nantes, ne peuvent pas faire sans les voix de La France Insoumise. A l'inverse, pour gagner des villes comme Lyon ou Toulouse, il est nécessaire pour les socialistes de faire un accord avec La France Insoumise.

Le problème, c'est que, Olivier Faure ayant fixé cette ligne nationale de refus d'accord avec un parti compromis dans l'antisémitisme, les violences politiques, etc., Olivier Faure ne peut plus se dédire devant l'opinion. Si c'est une question de principe, elle doit s'appliquer dans tous les scrutins.

Si ça ne s'applique pas dans tous les scrutins, c'est que ce n'est pas une question de principe et dans ce cas, comment comprendre que dans certaines villes... - Ce serait de l'opportunité ? - Il a des principes et un intérêt.

Olivier Faure avait décidé de faire primer les principes sur l'intérêt politique. - Il ne peut pas imposer sa loi aux maires... - Il en va de savoir ce que va décider tel ou tel maire. - Il devrait être exclu ? - Ou sanctionné.

On attend de savoir ce que pense Olivier Faure. - Par rapport à ce que dit Hervé, est-ce que ce n'est pas plutôt, qu'il est pour une alliance mais que les grandes villes comme Marseille, Paris, qu'il faut fusionner...

Ni Benoit Payan...

Dans le fond il est plutôt pour et je pense qu'ils ne seront pas sanctionnés. - Olivier Faure est hostile depuis plusieurs semaines et mois à des accords avec La France Insoumise. - Je rappelle que les sympathisants PS se sont même déchirés.

Olivier Faure fait face à un électorat qui ne balance pas pour l'un ou pour l'autre. - Marseille et Paris. Marseille, projet socialiste qui ne veut pas d'alliance avec LFI, la même chose pour Paris.

Ils prennent un risque. - Surtout Benoit Payan puisque il est à égalité avec son adversaire RN qui, je rappelle, est un ex LR avec une forte implantation locale... - Il est député. - L'insoumis a supplié et a indiqué immédiatement qu'il était prêt à une alliance avec Benoit Payan...

C'est le thème de LFI autour de l'alliance antifasciste. Le terme "fasciste" est devenu quasiment la droite parlementaire. Les deux...

Je pense qu'il prend un grand risque, à Marseille. A Marseille il y a cet électorat LFI qui est très implanté. ils ont des députés...

Ils avaient fait alliance précédemment avec l'ensemble de la gauche. Je pense que le cas est assez différent à Paris car Emmanuel Grégoire a quand même beaucoup plus de marge. Et je pense que l'électorat de Paris est très divisé et le lectorat LFI n'est pas du tout celui du candidat et je ne pense pas que ce de Rachida Dati sera favorable. - A droite, les sympathisants LR, les deux tiers sont favorables à la fusion.

Il y a une petite différence de niveau. Pour des sympathisants, c'est quelque chose qu'ils entendent, acceptent. Ce n'est pas le cas de tout le monde.

C'est une idée acceptée. - On a entendu Bruno Retailleau dire qu'il était hors de questions de faire des alliances avec le Rassemblement National. Il y a déjà des exceptions à Reims.

Le candidat LR fusionne avec une députée RN contre le maire sortant. Il y a des failles. - C'est vrai que LFI et RN réclament constamment des alliances.

On est prêt à fusionner, à s'allier...

Jordan Bardella, lui, dit qu'on se maintient partout... - Est-ce que, localement, il peut y avoir des républicains sensibles à cela ? - Oui, je le pense, comme le disait Christelle, il y a quand même plus de porosité dans l'électorat RN que dans l'électorat LR.

Il y a déjà des villes où les fusions existent déjà. Comme Eric Ciotti et ses troupes. Ca lui a porté chance à Nice. - Ca peut donner des idées pour d'autres. - Et il y en a eu dans le passé. - Dans le sud, il y a une grande porosité du Rassemblement National...

L'histoire dure depuis longtemps. Il y a beaucoup d'élus qui sont passés d'un parti à l'autre. Certains ont fait des allers-retours.

La porosité est grande dans les collectivités locales et dans les permanences et les sièges des partis politiques. Souvent, ils ont milité ensemble. La pression vient de la base.

Il y a une pression des deux électorats, sans doute plus forte de la part du RN car le rapport de force s'est inversé. La stratégie nationale du RN aujourd'hui semble moins être une stratégie de parti dominant. Le RN ne veut pas rentrer à ce stade dans des logiques d'alliance locale et d'avoir à négocier quelque chose et de discuter avec les états-majors des autres partis politiques car maintenant, il se pense en situation d'être dominant. - Benjamin Morel, est-ce que le Rassemblement National se renforcent ou s'isole ?

C'est dangereux comme stratégie. Soit il gagne sous sa propre étiquette, soit ils devront faire des alliances pour pouvoir gagner. C'est difficile de gagner tout seul. - Pour l'instant, il se renforce malgré tout.

On aura plus de conseil municipal. La stratégie du RN est différente de celle du LFI. La stratégie du RN est une stratégie d'implantation.

Le RN a plus une stratégie de tortue. Le but est de faire tomber quelques mairies, d'aller chercher des petits maires d'avoir des grands électeurs pour les sénatoriales, d'avoir un groupe au Sénat, d'avoir des sénateurs qui dépendront du vote RN. C'est de faire l'union des droites.

Pour l'instant, ce n'est pas inefficace. Il y a une grande porosité dans l'électorat. Et de plus en plus parmi les élus. - J'avais une question plus constitutionnaliste.

Est-ce qu'on pourrait avoir un Sénat sans majorité absolue en 2026 ? - Il ne faut que 10 sénateurs. - A l'heure actuelle, la majorité du Sénat est déjà une majorité d'alliance. - On y trouve déjà différente composante du centre et de LR.

Il y a une petite rétractation du LR et sûrement plus d'Insoumis. Mais parce qu'il y a des logiques de décalage temporel des élections, le Sénat met beaucoup de temps à changer. Les gaullistes ont une majorité absolue assez tôt mais ils ont mis 20 ans ou 40 ans pour avoir une majorité absolue au Sénat. - Est-ce qu'il faut s'attendre à un résultat différent dimanche prochain ?

Est-ce qu'on aura les mêmes électeurs au premier tour qu'au second tour ? Ou est-ce que ça peut complètement changer, le fait d'avoir des listes différentes. - A chaque fois, on a une participation un peu plus faible au deuxième tour.

Mais il y a des enjeux très forts dans certaines communes. Ca peut basculer. L'enjeu est de voir aussi pour LFI.

Ils ont réussi à mobiliser des gens qui traditionnellement ne vont pas voter. Est-ce qu'ils vont revenir voter ? - Surtout si c'est des listes d'alliance.

Peut-être que certains ne se retrouveront pas. - Exactement. Ca sera intéressant de scruter les scores de la participation. - Est-ce qu'il n'y aura pas du fait de ces fusions et alliances, une stratégie de barrage qui va prédominer ? - Oui, il y a encore quelques barrages, même s'il n'y a plus un front républicain qui empêche, qui soit décisif et aussi large que ce qui a pu se passer lors d'élections précédentes.

Il y a quand même des logiques de barrage. Mais c'est sûr qu'il y a pas de report des voix qui soient intégrales. Je pense que...

Et c'est vrai notamment pour les Insoumis qui ont réussi à faire venir des gens qui s'abstenaient régulièrement mais c'est aussi vrai pour des centristes qui se sont désistés ou retirés et dont les électeurs peuvent aller aussi bien à droite qu'à gauche. Il y en a pas mal. Je pense qu'il y a encore un gros élément d'incertitude sur les reports de voix qui va être accentuée par la participation. - On va prendre un exemple.

Paris. Il est dit que Pierre-Yves Bournazel s'alliait à Rachida Dati. On additionne leurs scores ?

Ce n'est pas sûr. - Non. Le vote Bournazel est en votre partie macroniste.

Probablement que dans son électorat il y a une partie d'électeurs modérés de droite centriste qui ne voulaient pas voter pour Rachida Dati. Est-ce qu'ils voudront voter pour elle au second tour ? Ce n'est pas sûr.

Surtout qu'en phase deux, il y a un candidat socialiste qui refuse tout accord avec LFI. A l'inverse, à Marseille, il faudra regarder si il y a encore une vraie urgence d'une forme de front républicain dans cette ville ou s'il y a une tradition. A l'époque, il y avait eu un accord avec le Front National qui avait entraîné la défaite de Jean-Claude Gaudin.

Ce souvenir reste à Marseille. Il existe une frange importante de la population locale. Il y a aussi une communauté juive très importante pour qui la question de l'antisémitisme à LFI pèse lourd.

Il y a une plausibilité d'une mobilisation en faveur d'un maire socialiste qui refuse l'accord avec La France Insoumise. Le risque dont parlait Gaëlle aurait été encore plus... - Mais parfois, dans ces désaccords, on perd un certain qu'on aurait pu gagner et vice versa.

On a perçu quelqu'un dont on ne parle plus beaucoup. Sarah Knafo, tout le monde en a parlé. Elle a à peine la barre des 10 %.

Est-ce qu'elle va faire alliance ou pas ? Elle peut être la clé de la réélection de Rachida Dati ? - Son retrait donnerait une petite chose à Rachida Dati.

Elle immobilise potentiellement un électorat dont on sait à peu près qu'il n'ira pas voter Emmanuel Grégoire au second tour mais qui, s'ils votent Sarah Knafo, fera baisser les votes pour Rachida Dati. Est-ce qu'elle décidera de se maintenir coûte que coûte ou est-ce qu'elle décidera, au nom de l'union de la droite, de retirer sa liste ? Dans les deux cas, il y a un récit différent.

Dans le premier cas, si elle garde sa liste, ce serait monter que la désunion de la droite fait perdre des villes. Dans l'autre cas, elle pourrait se sacrifier pour l'union de la droite. - Ca pourrait être mauvais pour Pierre-Yves Bournazel car il voulait faire barrage. - C'est sa condition numéro un pour négocier une fusion.

Rachida Dati a dit oui au refus de tout accord... - A moins qu'elle retire sa liste.

Il y a une interrogation sur le calendrier. Tout se négocie aujourd'hui. - Il reste moins de 24 heures. - Sarah Knafo ne dit rien.

Je n'en tire pas de conclusions mais elle réserve sa décision et elle a décidé de disjoindre son calendrier de celui de l'association entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel. Il reste une possibilité qu'elle décide de retirer sa liste et d'appeler ses électeurs à voter pour cette alliance. Ce serait étrange mais je suis frappé par le fait qu'elle n'a pas voulu se mêler au concert de la négociation alors même que le temps presse. - C'est demain, à 18 heures. - Au second tour, si on est sous les 5 %, je crois qu'il y a 1 million d'euros engagés par la campagne de Sarah Knafo et elle pourrait se faire avoir là-dessus. - Il y a quelque chose d'intéressant.

Même s'il y a des listes, imaginons la liste LFI à Marseille qui se maintient face a Benoit Payan. Ils auront des élus quand même. - Si on prend le dilemme de Knafo, est-ce que si elle garde sa liste, elle aura quand même des élus ?

A Paris, c'est 25 % de votre prime qui est gelé. - Ca peut être un choix. - Si vous ne redéposez par votre liste, vous avez aucun élu. - Pour préciser, pour les communes, il y a une particularité pour les communes où le maire est élu au premier tour.

Par exemple à Saint-Denis, les autres listes qui n'ont pas été élues auront quand même quelques élus. - Est-ce que ce n'est pas gênant pour un parti qui prétend gouverner la France d'être absent de la capitale ? - Je ne sais pas.

Ils n'ont jamais fait de campagne à Paris. Là, c'est vrai qu'ils ont un score très faible et Thierry Mariani a été complètement éclipsé par Sarah Knafo qui a fait une campagne médiatique qui a pris la lumière. Est-ce que ça leur sera très préjudiciable ?

Oui, la France est un pays jacobin, on pourrait se le dire. Mais quand on regarde l'évolution du vote RN depuis 30 ans, ils ont toujours progressé par en bas et ça leur a porté chance. - S'ils arrivent à avoir Marseille, c'est aussi une très grande ville, symboliquement. - Ca dit quelque chose, ça traduit une réalité politique qui est celle de la coupure de plus en plus importante entre Paris et le reste.

A la dernière élection présidentielle, Marine Le Pen a fait moins de 5 % à Paris. Il y a une façon de voter à Paris qui est très différente de celle du reste de la France. C'est étrange que la capitale de la France vote à ce point d'une façon différente du reste du pays. - Une autre question pour dimanche prochain, on a dit que la participation au premier tour était le taux le plus bas depuis la Ve République, mis à part il y a six ans, après le COVID.

Est-ce qu'il faut s'attendre dimanche prochain à une augmentation de la participation du fait des enjeux politiques dans les villes où ce n'est pas encore réglé ou pas ? - Il faut regarder ville par ville. Une participation en baisse, une désaffection...

Mais, dans certaines villes, par exemple Lyon, on est à plus de 60 % de participation. Ca dépend des villes. - Mais ça pourrait baisser dimanche prochain ?

Et pourquoi ? - Ca pourrait baisser car certains se diraient que les jeux sont faits, car quelqu'un ne veut pas faire de procuration et ne pourra pas aller voter... - Quelle serait la surprise dimanche prochaine ?

Qu'il y ait encore plus de taux d'abstention ? - Je pense que la surprise sera plutôt sur les résultats. Sur les résultats, les symboles, Paris, Lyon, Marseille. - Benjamin Morel, qu'est-ce que vous regarderez pour dimanche prochain ? - Comme ça a été dit, on a une grosse incertitude sur beaucoup de villes.

Si jamais Marseille tombe au RN, les villes où les Insoumis sont tête de liste, est-ce qu'une partie des électorats de gauche se carapateront ? Toulouse...

Ca, c'est un enseignement. Quant à Paris, même si le suspense est plus éventée, il y a un vrai enjeu. Si Sarah Knafo se retire, ça relance le match.

Le bilan : allez voter. - Gaëlle ? - C'est le top 10 des villes de France.

Paris, Lyon, Toulouse, Grenoble...

Partout, il y a du suspense. C'est sûr que ça crée un enjeu qui, dans ces villes, va amener les gens aux urnes. Il y a 10 points d'écart de participation dans les villes où il y a un enjeu et dans les villes où il n'y en a pas.

Tout est à regarder. Les sujets sont intéressants. Il y a des sujets très intéressants pour les écologistes.

Est-ce qu'ils continueront d'exister localement ? Ca va concerner Lyon, Bordeaux. Après, il y a des leçons à tirer sur les alliances faites entre le PS et LFI. - Hervé ?

Qu'est-ce que vous regarderez ? - Marseille. Le plus dur est fait mais attendons quand même.

La liste insoumise résiste. Est-ce qu'il y a un front républicain contre LFI dans une ville comme Nantes ? Je vais regarder Toulon.

Le RN, le convoité. - Qui a été déjà au Front National avant. - Le RN se voyait grand favori.

Madame Lavalette a fait un très bon score mais ce n'est pas gagné. Puis, il faut regarder Nice avec attention. Si Eric Ciotti remporte son pari, ce sera la validation d'une stratégie très contestée qui l'a obligé à quitter son parti.

Ca aurait beaucoup de choses au niveau national. - Hugo ? - Au journal de 20 heures de France 2, Pierre-Yves Bournazel confirme une fusion avec Rachida Dati. - Merci de m'avoir accompagné pour "Lundi, c'est politique".

On revient la semaine prochaine pour faire le bilan avec des invités politiques de ces municipales 2026 dans la perspective des présidentielles. Bonne soirée.

Édition Spéciale 1er tour des élections municipales | LCP, Lundi C'est Politique - 16/03/2026 — Francis Letellier · Pourquijevote