Planification écologique : "À court terme, il faut continuer à développer de l’éolien terrestre et des panneaux solaires", explique le président du Syndicat des énergies renouvelables
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Chapitres
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Questions et réponses
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Est-ce que vous diriez que ça y est, il y a une vraie impulsion politique ?
- 1:03OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est prêt ?
- 2:24RelanceRéponse directe
Et donc, aujourd'hui, ce déploiement de l'éolien terrestre...
- 2:54OuverteRéponse directe
Mais aujourd'hui, vous observez cette réticence, elle continue à exister de la part des élus locaux, notamment concernant...
- 3:27OuverteRéponse directe
Éolien terrestre, éolien offshore aussi ?
- 3:59OuverteRéponse partielle
Et doubler le déploiement des panneaux solaires aujourd'hui, c'est possible.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:37Invité politiquePromesse
« les filières sont prêtes à faire d'ici 2035 »
- 1:39Invité politiqueChiffre
« il y a à peu près 60% d'énergie fossile »
- 4:56Invité politiqueChiffre
« La France, en termes de solaire, c'est quand même un des mauvais élèves de l'Europe. Le chiffre en lui-même ne vous dira pas grand-chose, mais on a fait 2,7 gigawatts l'an dernier, moins que l'année d'avant, quand les Hollandais font 4, les Polonais font 5 et les Allemands font 8. »
- 5:08Invité politiqueChiffre
« les champions, c'est les Hollandais, et nous, on n'est même pas dans les dix premiers à l'échelle européenne »
- 5:45Invité politiqueChiffre
« C'est que 30% de la chaîne de valeur, mais enfin, c'est quand même 30% essentiel »
- 6:31Invité politiquePromesse
« la France a même les moyens d'arriver avant les autres »
Temps de parole
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Bonsoir à tous. Alors qu'Emmanuel Macron est en train de prononcer son discours de planification écologique, nous sommes avec le président du syndicat des énergies renouvelables. Jules Nyssen, bonsoir.
Bonsoir Isabelle Raymond.
Alors, le chemin est atteignable, dit Emmanuel Macron. Il s'agit de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Il suffit d'aller deux fois et demi plus vite, dit-il, et de mettre en place une écologie souveraine qui passe, et c'est là que vous êtes concerné par le déploiement des énergies renouvelables. Est-ce que vous diriez que ça y est, il y a une vraie impulsion politique ?
On verra. En tout cas, dans le discours, ça paraît clair, parce qu'il y a aussi des réalités auxquelles personne ne peut échapper. C'est la nécessité de décarboner notre économie, notre planète, d'une manière générale. On a vu l'été qu'on a subi tous et que ça impose l'action. Donc, on verra. Mais en tout cas, oui, ce discours, en tout cas, marque une certaine volonté. Après, il faut quand même regarder de quelle manière il se traduit dans les actes.
Alors, il faut quand même, en parallèle, augmenter la production d'électricité, notamment parce qu'il va y avoir en parallèle le déploiement des véhicules électriques. Il faut doubler le rythme de développement du photovoltaïque pour suivre celui de l'éolien, peut-on lire, dans le document de planification écologique. Est-ce qu'on est prêt ?
Oui, on est prêt. Il y a un document que je présenterai demain à l'occasion du colloque annuel du syndicat des énergies renouvelables et qui démontre que les filières sont prêtes à faire d'ici 2035. C'est un document responsable et ça démontre que c'est les capacités qu'on a à être au rendez-vous. Je pense qu'on peut l'être. Alors, après, ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est qu'aujourd'hui, dans ce qu'on consomme, il y a à peu près 60% d'énergie fossile, un petit peu le charbon, le gaz et le pétrole.
Pour se débarrasser de ça, il faudra consommer moins, il faudra consommer mieux, mais surtout, il faudra beaucoup électrifier parce que l'autre solution, c'est les bioénergies, c'est la biomasse et tout ça, ce n'est pas infini. Mais il faudra donc produire plus d'électricité. Et c'est absolument de là que viennent ces chiffres que vous avez cités tout à l'heure. C'est cette prise de conscience qu'on peut saluer. Après, on peut discuter sur la hauteur finale des objectifs. Nous, on pense qu'on peut aller encore un peu plus vite, mais on est prêt à le faire. Alors, il y a des conditions. Il faut qu'on accepte l'idée qu'il faut continuer à déployer des éoliennes terrestres.
Je sais que ce n'est pas le sujet le plus simple à traiter, mais il y a des tas d'exemples sur le terrain qui montrent que si on fait ça raisonnablement, on peut y arriver.
Et donc, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, ce déploiement de l'éolien terrestre...
En fait, il faudrait continuer le rythme de déploiement auquel on a affaire aujourd'hui en termes de puissance. Mais ça se fera avec moins de mâts parce que les machines sont plus puissantes qu'avant, donc il en faut moins pour produire la même puissance.
Mais elles sont plus imposantes, elles sont plus hautes.
Mais je pense que ce qui pose un problème, ce n'est pas tellement aussi ça en posant. D'ailleurs, ce n'est pas la taille de l'éolienne, c'est le principe d'en poser. Et tout ça, ça renvoie à une discussion locale. Ce qui est important, c'est d'expliquer quel est le service qui est rendu en face. Ce service, c'est produire de l'électricité. Même chose pour les panos solaires.
Mais aujourd'hui, vous vous observez, Jules Nyssen, cette réticence, elle continue à exister de la part des élus locaux, notamment concernant...
De la part des élus locaux, non. Les élus locaux sont des gens qui sont responsables, qui ont été confrontés directement au problème d'inflation du coût de l'énergie et qui ont conscience de l'intérêt pour eux, à la fois de sécuriser leurs factures énergétiques, mais aussi d'avoir à conduire des projets de territoire. Un territoire qui, demain, a des capacités de production d'électricité, de chaleur, de gaz renouvelable, c'est de l'énergie compétitive, décarbonée. Donc, c'est un facteur d'attractivité pour ce territoire. Donc, il faut arriver à faire tout ça.
Éolien terrestre, éolien offshore aussi ?
L'éolien offshore, c'est une vraie bonne solution, mais qui ne produira des effets qu'à partir de 2030 et surtout à partir de 2035. Et le nouveau nucléaire, s'il y en a, ce sera encore après cette échéance. Donc là, c'est ça le message qu'on essaie de porter dans le court terme. C'est le solaire qui se développe partout en Europe à une vitesse prodigieuse et c'est l'éolien terrestre qu'il ne faut pas abandonner. Donc, j'espère que dans la suite des propos d'Emmanuel Macron, il y aura bien la réaffirmation de cette nécessité de continuer raisonnablement, mais de continuer de façon déterminée l'éolien terrestre.
Et doubler le déploiement des panneaux solaires aujourd'hui, c'est possible. Il y a une loi qui est passée en début d'année. Aujourd'hui, tout est sur la table, tout est possible.
Tout est sur la table, tout n'est pas encore possible. Il y a des choses en discussion et nous, on essaie en tant que filière responsable de négocier avec le gouvernement les conditions pour pouvoir réaliser cette accélération. On sait très bien qu'on ne pourra pas répondre à ces objectifs exclusivement en solarisant des toitures, des parkings et des sites dégradés. J'aimerais bien qu'on puisse le faire, mais ce n'est pas possible. Et en plus, ça coûte plus cher, ce n'est pas tellement pour les producteurs, c'est pour ceux qui utilisent l'électricité. Donc, on a besoin de trouver des conditions pour trouver du foncier sur lequel on peut déployer également des emplois solaires.
Les sols agricoles, notamment ? Des sols agricoles, mais qui n'ont plus d'intérêt pour l'agriculture. C'est d'ailleurs un décret en discussion qui est en train d'essayer de déterminer les conditions. Un sol qui est inculte ou qui n'a plus été cultivé depuis plus de dix ans, par exemple, c'est un sol sur lequel on pourrait déployer des panneaux solaires. Alors, on essaie de le faire de façon très respectueuse, évidemment, de toutes les contraintes, mais en ayant en tête cet objectif. La France, en termes de solaire, c'est quand même un des mauvais élèves de l'Europe.
Le chiffre en lui-même ne vous dira pas grand-chose, mais on a fait 2,7 gigawatts l'an dernier, moins que l'année d'avant, quand les Hollandais font 4, les Polonais font 5 et les Allemands font 8. Et quand je regarde la puissance de panneaux solaires installés rapportés au nombre d'habitants, les champions, c'est les Hollandais, et nous, on n'est même pas dans les dix premiers à l'échelle européenne. Donc, il y a de quoi faire.
Est-ce qu'on peut bâtir une filière française, une filière made in France ? Emmanuel Macron parle d'écologie souveraine. Aujourd'hui, est-ce qu'on a les bras, est-ce qu'on a les compétences ?
Les compétences, il faut qu'on y travaille, comme dans tous les domaines industriels, mais on peut aussi déployer et développer en France des usines. Il y en a déjà quelques-unes qui font des bouts du process, et puis il y a deux grands projets de gigafactory, comme on dit, qui sont sur les territoires, et les deux enjeux sont liés. Pour développer du solaire avec beaucoup d'ambition, il faut pouvoir le produire sur place, produire les panneaux solaires. C'est que 30% de la chaîne de valeur, mais enfin, c'est quand même 30% essentiel. Il faut qu'on retrouve la souveraineté sur la fabrication de ces panneaux. Il y a 20 ans, on savait le faire.
Ça ne me paraît pas très compliqué à faire, mais il faut la volonté. Cette volonté, c'est l'affichage d'une ambition. Donc, les deux sujets vont ensemble. Je veux une ambition parce que ça donne une visibilité à ceux qui portent les projets d'industrie. Et comme j'aurai des projets d'industrie française et européenne, je pourrai déployer cette ambition. Et en me débarrassant des 60% d'énergie fossile, je me débarrasse de 60% d'énergie qui dépendent complètement de l'étranger et de la situation géopolitique. C'est en ça qu'on est dans un sujet de souveraineté.
Et donc, vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron qu'on peut atteindre nos objectifs en 2030, à condition d'aller deux fois plus vite ?
Ah ben ça, on est tout à fait d'accord avec lui, oui. Et je voudrais réaffirmer qu'on a les moyens d'y arriver, que la France a même les moyens d'arriver avant les autres, parce qu'elle dispose d'un parc nucléaire, et que si elle va aussi vite, sinon plus que ses voisins, alors elle va se construire une avance, c'est incontestable. Et ce sera très bien pour la réindustrialisation du pays.
Merci beaucoup Jules Nyssen, président du syndicat des énergies renouvelables. Première réaction donc au discours de planification d'Emmanuel Macron.