Le Président Emmanuel Macron participe au Congrès mondial de la nature de l’IUCN
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- 6:00Emmanuel MacronFait
« La nature est l'affaire du monde entier. Nous avons besoin de tous. »
- 7:00Emmanuel MacronFait
« La France et l'UICN se sont engagés avec détermination dans cette lutte, mais nous n'y parviendrons pas seuls. »
- 11:00Audrey AzoulayChiffre
« La biodiversité est mentionnée dans moins de 20 % des programmes scolaires dans le monde. »
- 19:00Benoît PayanChiffre
« L'indice général d'abondance des espèces méditerranéennes a décliné de 20 % en 20 ans. »
- 24:00Sebastião SalgadoChiffre
« De l'Amazonie brésilienne on a perdu 18,2 %. »
- 29:00Frans TimmermansChiffre
« Trois quarts des forêts européennes sont en mauvais état. »
- 31:00Mahamadou IssoufouChiffre
« Le jour du dépassement écologique est tombé cette année le 29 juillet. »
- 2:30speaker_01Chiffre
« moins de 2 %, je pense que c'est à peu près 1,7 % du financement climat, qui va à l'adaptation pour le petit paysan, pour le monde rural. »
- 5:00speaker_01Promesse
« le minimum de 30 % de ce financement climat va être investi dans la biodiversité. »
- 7:30Emmanuel MacronFait
« la France a pris une loi, des engagements, des chiffres, des dates et, pour y parvenir, aussi des mesures d'accompagnement comme par exemple un investissement massif pour permettre de reconvertir les friches existantes. »
- 10:00Emmanuel MacronPromesse
« nous avons pris l'engagement au printemps 2019 d'avoir 30 % de protection et 10 % de protection forte, ceci à horizon 2027. »
- 12:30Emmanuel MacronPromesse
« nous allons porter d'ici à 2027 ce 0,2 % de protection forte à 5 % de protection forte de notre Méditerranée en 2027, c'est-à-dire multiplier par 25 celle-ci. »
- 15:00Emmanuel MacronFait
« la France a porté une loi, on est en train de la mettre en œuvre. Elle a été renforcée encore récemment. Nous sommes en train de sortir partout où on le peut du plastique à usage unique. »
- 17:30Emmanuel MacronChiffre
« 60 % de notre espace maritime est hors du droit. »
- 20:00Emmanuel MacronFait
« nous avons décidé, la ministre de la Transition et le ministre de l'Agriculture le portent dans le plan de relance, un plan massif pour l'accompagnement à la mécanisation, pour le plan protéines, plusieurs autres aussi, le plan haies, etc. »
- 22:30Emmanuel MacronFait
« la France est contre le Mercosur tel qu'il est négocié aujourd'hui et nous le resterons très clairement. »
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Quel spectacle ! Bravo encore à nos artistes. Merci aux trois troupes d'artistes marseillais.
D'ailleurs, vous avez certainement reconnu les sublimes paysages de la ville et des environs de Marseille dans le dernier tableau Hope que nous venons de voir. J'espère, mesdames et messieurs, que ces jeunes danseurs vous ont donné confiance et espoir dans cette harmonie retrouvée entre l'homme et la nature, car l'espoir et les attentes sont bien ici, au cœur de ce Congrès mondial de la nature. Très belle performance !
Mesdames et Messieurs, nous allons faire une toute petite pause. A tout de suite. Ladies and gentlemen, mesdames et messieurs, bienvenue à Marseille !
Marseille, une ville au patrimoine naturel d'une richesse exceptionnelle, une porte sur le monde, ouverte sur la Méditerranée, située dans une région magnifique et biodiversifiée. Mesdames et Messieurs, J'espère sincèrement que cette rencontre internationale, constituera une étape clef dans la sauvegarde de la nature et la création d'un nouveau cadre mondial en faveur de la biodiversité. Ensemble, faisons la promesse d'être plus audacieux dans nos actions et de tout mettre en œuvre pour que ce sommet soit plus qu'un simple lieu d'échanges, pour qu'il soit considéré comme un lieu où l'on s'engage avec ambition dans la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité.
La France et l'UICN se sont engagés avec détermination dans cette lutte, mais nous n'y parviendrons pas seuls. La nature est l'affaire du monde entier. Nous avons besoin de tous.
Mesdames et Messieurs, ce sommet nous permet de reconnaître et saluer tous les acteurs, qu'ils soient petits ou grands, mais aussi les peuples autochtones, qui ont consacré leur vie à préserver la biodiversité. Nous profitons également de cette occasion pour reconnaître la pugnacité des jeunes générations et leur contribution pour atteindre ces objectifs. Faisons de ce congrès un symbole de notre engagement pour notre planète, notre maison à tous.
Alors, mettons-nous au travail ! Bienvenue à tous au Sommet mondial de la nature de l'UICN. Merci !
Mesdames et messieurs, le congrès de l'UICN est l'occasion de mettre entre parenthèses nos différences pour travailler de concert et instaurer une gouvernance environnementale vertueuse. L'UICN est l'une des plus anciennes et plus vastes organisations environnementales, avec une vision claire : un monde juste qui valorise et conserve la nature, et une mission de taille : influer sur les sociétés du monde entier, les encourager et les aider pour qu'elles conservent l'intégrité et la diversité de la nature, et veillent à ce que toute utilisation des ressources naturelles soit équitable et écologiquement durable. Et qui mieux que le Président de l'UICN pour en parler ?
Mesdames et Messieurs, merci d'accorder votre attention au Président de l'UICN, Zhang Zingsheng. Mesdames et messieurs, bonsoir. Merci à tous pour votre participation à ce congrès mondial historique de la nature à Marseille, que vous soyez présents ou à distance.
Les décisions que nous prendrons concernant l'état environnemental critique de notre planète, nous les montrerons aux générations futures qui nous jugeront. Les scientifiques disent que l'état de l'environnement et de l'écologie peut se dégrader en affectant toutes les formes de vie. Et c'est un signal fort qu'ils nous envoient.
Il faut sauvegarder les bénéfices que nous apporte la nature et faire face aux risques, sinon nous en paierons le prix. Il nous faut donc nous doter des instruments nécessaires pour un avenir durable, qui soient efficaces. Lors de cette décennie, nous devons corriger les déséquilibres et reconnaître la valeur de l'égalité de genres dans nos sociétés.
Notre cadre pour la biodiversité post 2020 doit être universel, innovant, et nous permettre de nous transformer. Il doit aussi soutenir une relance économique qui respecte la nature et qui soit juste et inclusive. La tâche est immense, mais je reste optimiste.
Je suis certain que des mesures importantes seront prises pour protéger la nature, et ma confiance vient de l'engagement que je sens dans cette salle, lors de ce Congrès de la nature à Marseille avec le programme " One nature, one future " de l'IUCN, ainsi que " Nature for all ". Le thème de la COP15 de la Convention sur la diversité biologique, qui se tiendra à Kunming en Chine le mois prochain, nous amènera à discuter de cet avenir au futur. Et comme l'a dit Victor Hugo un jour, " Rien n'est plus fort qu'une idée dont l'heure est venue ".
Pour ce 21ème siècle, cette idée doit nous amener à une nouvelle ère du développement durable et à une civilisation écologique mondiale. Comme Voltaire l'a dit au siècle des Lumières, " Nous devons avoir une prise de conscience orientée vers les peuples ". Aujourd'hui, nous devons avoir une prise de conscience orientée vers la nature et centrée sur l'humain.
L'UICN est un organe de conservation mondial qui peut faire beaucoup. Après 73 ans d'existence et de travail, notre organisation reconnaît que notre prospérité, notre existence même, dépendent d'écosystèmes sains, de populations en bonne santé, de communautés qui prospèrent. Nous comprenons donc à quel point la situation est complexe, que les problèmes sont liés entre eux et que cela exige des solutions basées sur la nature.
J'ai pris grand plaisir à être président de l'UICN depuis 2018, et je remercie les conseillers, les membres et tous ceux qui m'ont aidé à servir l'UICN, sa vision et sa mission. Je remercie le Président Emmanuel Macron et tous les collègues français qui nous ont apporté un immense soutien pour l'organisation de ce congrès. En conclusion, je voudrais simplement dire : Joignons nos mains et nos efforts dans un partenariat productif.
Soyons confiants, créons des solutions nouvelles avec courage pour un monde meilleur. Merci, Président Zhang Xinsheng. Vous nous rappelez à quel point il est important d'impliquer tout un chacun dans ces efforts, et merci de nous appeler à cette action concrète.
Je suis très honorée d'accueillir une autre institution historique au service d'une paix durable et d'un développement équitable, particulièrement à un moment où les sociétés du monde entier font face à des défis majeurs qui nous impactent tous au quotidien. Merci d'accueillir la Directrice générale de l'Unesco. Mesdames et Messieurs, merci d'accueillir la Directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay.
Monsieur le Président de la République française, Monsieur le Directeur général de l'UICN, Mesdames et Messieurs les chefs d'État, de gouvernements, d'organisations internationales, Chers amis. La longue histoire organique, fraternelle, qui lie depuis 1948 les Nations Unies et l'Unesco à l'UICN arrive aujourd'hui à un moment particulièrement critique, parce que, nous le savons, nous nous retrouvons dans un contexte d'alerte rouge. Alerte rouge, celle des incendies d'une rare gravité qui ravageaient la plaine des Maures, ce joyau de biodiversité méditerranéenne.
Alerte rouge aussi du Canada à la Sibérie, avec de sinistres records de températures relevés cet été. Notre planète est littéralement en flammes, quand elle n'est pas sous les trombes d'eau, sous les déluges comme encore hier sur la côte Est des États-Unis. Le dernier rapport mondial de l'Ipbes, lancé à l'Unesco par la France en 2019, soulignait déjà que l'extinction de la biodiversité n'était plus une menace, mais un processus bien installé.
Nous devons donc entendre comme un même phénomène, autant l'alarme des mégafeux, que le silence des oiseaux qui s'installe dans nos campagnes, dans nos forêts, et aussi surmonter l'apathie, quand ce n'est pas le déni, face à la tragédie sous les mers qui se joue notamment autour des grands récifs coralliens. Et avec cet effondrement qui menace, c'est non seulement la survie humaine qui est en jeu, mais ce sont aussi la beauté, la poésie, la diversité du monde qui risquent de s'évanouir., C'est une régression qui sera tragique pour l'humanité si nous ne réagissons pas, parce que la diversité du vivant, c'est aussi la diversité du langage, c'est aussi la diversité des cultures, c'est aussi le monde de la création.
Je veux d'ailleurs saluer ici l'initiative portée par la Grèce à l'Unesco, Monsieur le Premier ministre, pour faire face à l'impact des changements climatiques sur le patrimoine culturel. Et aujourd'hui, en m'appuyant sur la plénitude du mandat de l'Unesco, je voudrais souligner trois enjeux essentiels pour enrayer cette régression. Le premier, nous le partageons tous ici, c'est de protéger 30 % de la planète d'ici 2030.
Nous avons déjà aujourd'hui des mécanismes pour ce faire, nous savons ce qui marche, nous savons la résilience de la nature. Nous le voyons dans les réserves de biosphère de l'Unesco, dans les géoparcs, dans les sites naturels du patrimoine mondial. Mais il faut aller plus loin, et l'objectif que nous nous donnons à l'Unesco, c'est de participer à cet effort mondial en doublant nos zones protégées d'ici 2030, et en les ciblant sur ces zones stratégiques de la biodiversité.
Nous aiderons donc les États à prendre leurs responsabilités, et en se saisissant de ces formidables outils pionniers que sont les Conventions internationales pour le patrimoine mondial et notre Programme pour l'Homme et la Biosphère, qui sont tous deux précurseurs puisque nous fêtons leurs 50 ans. Mais protéger 30 % de la planète serait vain si nous n'œuvrons pas à réconcilier 100 % de l'humanité avec la nature. Et c'est tout ce rapport avec le vivant qu'il faut profondément modifier.
Cette nouvelle éthique du vivant, elle se gagnera aussi, et peut-être surtout, dans les mentalités. C'est tout le sens du deuxième engagement de l'Unesco, celui qui est lié à l'éducation pour renforcer considérablement la place de l'éducation à la nature dans les programmes scolaires. Nous partons de loin.
La biodiversité est mentionnée dans moins de 20 % des programmes scolaires dans le monde, comme l'a établi notre rapport il y a quelques mois, Apprendre pour la planète. C'est pourquoi nous avons réuni en mai une conférence mondiale où 80 gouvernements se sont engagés à mettre d'ici 2025 l'éducation à la nature au cœur des programmes scolaires. Le troisième enjeu se place pour moi à l'échelle plus globale des sociétés, parce que pour mieux protéger, il faut mieux comprendre par les sciences, par la recherche, et il faut mieux aussi diffuser ces connaissances par une culture scientifique véritablement partagée.
C'est pourquoi nous avons besoin d'abord de plus de science, et aussi de plus de femmes en sciences, c'est un autre des engagements historiques de l'Unesco, pour que le consensus scientifique éclaire nos choix. Il faut aussi dans le même temps mieux respecter et valoriser dans les sciences les savoirs des peuples autochtones, qui sont les gardiens de 80 % de la biodiversité et qui ont tant à nous apprendre. La Décennie des Nations Unies pour l'océan, qui est pilotée par l'Unesco, est aussi une occasion historique à saisir face au déclin de la santé des océans.
Mais je voudrais aussi ce soir saluer, au-delà des scientifiques, [INAUDIBLE] essentiels, des artistes, cher Harrison Ford, des photographes, cher Sebastião Salgado, des cinéastes, des documentaristes, tous ceux qui nous font voir, toucher, comprendre, ressentir la nature, saluer aussi l'apport des sciences humaines, des philosophes, des anthropologues, saluer tous ceux qui nous font percevoir ce que la nature nous apporte de sérénité, de paix, de beauté, ce contact essentiel avec la nature dont on a mesuré à quel point il nous manquait pendant les périodes de confinement. Alors, chers amis, pour finir, je voudrais remercier la France de son engagement. Je voudrais, Monsieur le Maire, saluer Marseille.
Je pense que le message qui va partir de cette planète Marseille, porté par sa jeunesse magnifique que nous avons vue, porté par ses artistes, porté par sa créativité, peut créer un message qui puisse porter jusqu'à Kunming et jusqu'à Glasgow. Merci beaucoup ! Merci beaucoup, Madame Azoulay.
Vous savez, Mesdames et Messieurs, que cette année est essentielle pour le climat et la biodiversité. Plusieurs conférences internationales se tiendront autour du monde pour répondre à ces défis. La COP26, bien sûr, en novembre à Glasgow, mais aussi la Convention de la diversité biologique, la COP15 qui se tiendra en octobre à Kunming en Chine.
L'objectif de cette année était un cadre mondial pour la biodiversité pour l'après 2020, en tant que jalon crucial vers la vision 2050 de vivre en harmonie avec la nature. Pour en savoir plus, je vous propose d'écouter la déclaration du Premier ministre de Chine. Monsieur le Président Emmanuel Macron, Mesdames et Messieurs, Chers amis.
C'est pour moi un grand plaisir de participer par liaison vidéo au Congrès mondial de la nature. Nous nous réunissons à un moment où la Covid-19 continue de se propager à l'échelle mondiale, et où des vagues de chaleur rarement vues, de fortes précipitations et de graves inondations ont frappé de nombreux endroits au monde. Ces urgences de santé publique et ces phénomènes météorologiques extrêmes posent de sérieux défis à la survie et au développement de l'humanité, et mettent en exergue l'urgence de protéger la nature et de répondre aux questions sécuritaires non traditionnelles mondiales.
La culture traditionnelle chinoise préconise l'harmonie entre l'homme et la nature. Le Gouvernement chinois accorde une grande importance à la protection de la nature et au développement durable. La Chine, grand pays de 1,4 milliard d'habitants, respecte la nature, suit ses lois et la protège dans le processus de modernisation du pays.
C'est un principe fondamental. Nous travaillons à faire en sorte que le développement et la protection de la nature se renforcent mutuellement. Lors du Sommet des dirigeants sur le climat tenu en avril dernier, le président chinois Xi Jinping a avancé la proposition de construire ensemble un avenir partagé pour l'homme et la nature.
Face aux défis inédits dans la gouvernance environnementale mondiale, la communauté internationale doit faire preuve de détermination et mener des actions inédites pour respecter la nature, suivre ses lois et la protéger afin de bâtir un monde meilleur marqué par l'harmonie entre l'homme et la nature. La Terre où nous vivons constitue un écosystème. Il nous faut tenir compte de toutes les composantes de la nature et renforcer la conservation des océans, des forêts, des prairies et des zones humides pour redynamiser les écosystèmes.
Nous devons également renforcer la restauration des zones de protection des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction ainsi que des corridors écologiques, en vue de bâtir un réseau de conservation de la biodiversité. Promouvoir la reprise économique post Covid-19 est indispensable pour le développement de l'humanité, et nous devons le faire en poursuivant une voie de relance verte et bas carbone. Nous devons adopter des solutions fondées sur la nature, développer la filière verte, promouvoir le R&D et l'application des technologies vertes, et développer l'économie circulaire afin de faire avancer la transformation et la montée en gamme des industries.
Il nous faut adopter un mode de vie vert, promouvoir sur tous les plans l'économie d'énergie et la réduction des émissions et favoriser la culture de la consommation qui est en commun. Durant ce processus, nous devons répondre au changement climatique. Il nous faut prendre en considération à la fois les intérêts immédiats et de long terme, et faire avancer en parallèle l'atténuation et l'adaptation.
Nous devons travailler à limiter les émissions de gaz à effet de serre par l'économie d'énergie et l'optimisation du mix énergétique, et à augmenter sans cesse les puits de carbone tels que les forêts et les océans, de sorte à faire avancer en même temps le développement commun et la protection écologique. Nous devons aussi défendre le multilatéralisme et poursuivre le principe des responsabilités communes mais différenciées. La gouvernance mondiale de l'environnement doit être davantage [INAUDIBLE].
Nous devons suivre le principe d'amples consultations, de contributions conjointes et de bénéfices partagés, et travailler à faire émerger un système de gouvernance environnementale mondiale juste, équitable et favorisant la coopération gagnant-gagnant. Il nous faut défendre le rôle des Nations Unies en tant que canal principal dans l'élaboration des règles en matière de gouvernance écologique, et rechercher le plus grand dénominateur commun de toutes les parties. Les grands pays doivent être à la hauteur de leurs responsabilités et jouent un rôle de pilotage positif.
La Chine engage une transition vers son développement économique et social. Le taux de couverture forestière et le volume forestier du pays sont en augmentation depuis trente ans consécutifs. Les types d'écosystèmes terrestres, les populations d'animaux sauvages et les terres ont été protégés de manière efficace.
Un des centres de migration d'éléphants dans la province chinoise du Yunnan, qui a attiré une large attention, montre toute l'importance que nous accordons à la protection de la nature, dont celle de la biodiversité. La Chine met activement en œuvre l'Accord de Paris sur le climat. Il y a quelques semaines, le marché de carbone de Chine, le plus grand au monde, a été officiellement lancé.
Pour la Chine, de protéger la nature et réaliser le développement durable dans sa modernisation exige des efforts considérables. Il s'agit de répondre à l'exigence de son propre développement et à celle de la protection de la nature, responsabilité commune de l'humanité. Á nous de travailler main dans la main pour bâtir un monde propre et beau.
Je vous remercie. Je vous remercie. Excellences, Mesdames et Messieurs les invités, Mesdames et Messieurs, nous allons maintenant nous tourner vers la Ville qui nous accueille pour ce congrès, Marseille, pour célébrer la nature, et toutes celles et ceux, ces femmes et ces hommes qui œuvrent localement au quotidien pour inscrire le respect de l'environnement et de la biodiversité au cœur de leur démarche.
Mesdames et messieurs, c'est la Ville de Marseille qui nous fait l'honneur de nous accueillir durant ces quelques jours, et j'invite le Maire de Marseille à me rejoindre sur scène. Mesdames et messieurs, Benoît Payan. Bienvenue, Monsieur Benoît Payan.
Comme vous le savez, le dernier congrès de l'UICN s'est tenu à Hawaï en 2016, et le gouverneur de Hawaï, qui n'a pas pu être parmi nous aujourd'hui, souhaitait néanmoins partager quelques mots avec nous pour nous passer le relais. Ecoutons-le. Aujourd'hui, je félicite et remercie le Président Macron, le Président de l'UICN, Zhang, le Directeur général Oberle et les nombreuses personnes qui contribuent à la tenue du Congrès en toute sécurité.
Je souhaiterais sincèrement être des vôtres en personne pour cette occasion historique or, la pandémie m'a obligé à modifier mes plans. Mais de nombreux leaders de la conservation de la nature d'Hawaï sont à vos côtés et se sont engagés à travailler ensemble pour relever nos défis environnementaux collectifs. Ils dirigent la mise en œuvre des engagements d'Hawaï que j'ai annoncés lors de la cérémonie d'ouverture de 2016.
Cela inclut le plan de biosécurité inter-agences et les objectifs de conservation marine et terrestre 30x30. Je vous invite à rencontrer ces leaders au pavillon Hawaï Pacifique. Hawaï et les autres îles océaniques se trouvent en première ligne de la crise climatique.
La culture de la conservation qui imprègne nos valeurs autochtones et notre relation avec l'environnement naturel sont une source d'inspiration et de progrès. Alors que le monde se réunit aujourd'hui à Marseille pour ouvrir le Congrès mondial de la nature de l'UICN, nous pouvons, et nous devons, déterminer le cap à suivre pour notre terre. Ainsi, je vous souhaite bon vent pour votre congrès.
Nous avons hâte de rentrer à Hawaï, inspirés par de nouvelles idées et de nouveaux engagements qui nous aideront à mieux gérer notre patrimoine naturel et culturel. Aloha ! Merci !
Mesdames et messieurs, accueillons le maire de Marseille, Benoît Payan. Monsieur le Président de la République, Messieurs les présidents et chefs de gouvernement, Madame la Directrice générale de l'Unesco, Madame Audrey Azoulay, Madame la ministre de la Transition écologique, Madame Barbara Pompili, Mesdames et Messieurs les ministres, Monsieur le président du Conseil constitutionnel, cher Laurent Fabius, Monsieur le Directeur Général de l'UICN, Monsieur Bruno Oberle, Mesdames, Messieurs les représentants des organisations internationales, des organisations non gouvernementales, Mesdames et Messieurs les délégués et membres de l'UICN, Mesdames et Messieurs, chers congressistes, je voulais vous dire, au nom des Marseillaises et des Marseillais, mon plaisir et ma fierté de vous accueillir ici. Permettez-moi tout d'abord de vous remercier, Monsieur le gouverneur d'Hawaï, cher David Ige, vous qui avez tant œuvré pour la préservation de nos océans et la protection de la biodiversité.
Avec nos 57 kilomètres de littoral, nos îles, nos massifs et notre parc national à la fois terrestre, marin, insulaire et péri-urbain, Marseille déploie une biodiversité exceptionnelle. Ici, dans ces paysages somptueux, se cache une biodiversité incroyable de plusieurs milliers d'espèces mais dont des centaines d'entre elles sont menacées : acteurs associatifs, entrepreneurs, collectivités, gouvernements, organisations internationales, nous sommes convoqués à agir sur le défi majeur de notre temps : la protection de la nature, la protection du vivant. Les villes du monde sont en première ligne sur les questions de préservation de la biodiversité.
L'indice général d'abondance des espèces méditerranéennes a décliné de 20 % en 20 ans, et en particulier dans les écosystèmes aquatiques. Nous sommes devenus les gardiens d'un jardin qui se meurt. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous portons le projet de classer la rade de Marseille au patrimoine mondial de l'Unesco parce que Marseille, c'est encore malheureusement aujourd'hui des pics de pollution, des sols, de l'air, de l'eau insupportables.
Ce sont des cours d'écoles polluées aux métaux lourds, ce sont des bateaux de croisière qui saturent l'air comme le feraient des millions de voitures. C'est un projet de route absurde qui menace des jardins, des parcs et notre biodiversité ici, à quelques centaines de mètres. Ces réalités, nous ne pouvons les accepter et il nous faut aujourd'hui, ensemble, les transformer.
Marseille est à l'image des villes de notre monde, villes de l'adversité et des possibles, riches et pauvres, fragmentées et créatives. Parce que les plus pauvres sont les premiers touchés par les bouleversements climatiques, [INAUDIBLE] ne pourra être que social. Nous sommes en état d'urgence climatique et [INAUDIBLE] : pluies diluviennes, chaleur suffocante, feux gigantesques et ouragans dévastateurs.
Nous pourrions égrener longtemps les fléaux meurtriers de cet été, des inondations de New York à celles de l'Inde ou de l'Allemagne, des incendies en Algérie, dans le Var, en Grèce ou en Sibérie. Personne ne sera épargné par le bouleversement climatique. Pendant que certains font du tourisme spatial, la Kabylie, la Grèce, l'Italie étaient en flammes.
La France aussi. Il y a déjà vingt ans, le président Jacques Chirac déclarait : " Notre maison brûle ! " Elle brûle encore et nous continuons d'attiser les flammes quand nos modes de production sur-exploitent nos ressources.
Nous continuons d'attiser les flammes quand la disparition des terres cultivables rend la vie impossible et jette sur les routes des femmes, des hommes et des enfants. Nous continuons d'attiser les flammes quand notre tourisme contemple la fin de la banquise au pôle Nord. De catastrophes en écocides, l'hybris de notre humanité prédatrice a atteint ses propres limites.
À l'image de cette génération qui se lève, il est temps que nous fassions preuve de courage. De Marseille à San Francisco, de Rio à Stockholm, ils sont conscients de la finitude de notre monde. Ils sont solidaires, solidaires des réfugiés climatiques.
Ils sont révoltés par les pollutions qui rendent l'air irrespirable et tuent. Face à la crise sanitaire que nous traversons, pour sauver des vies, des emplois, pour sauver l'économie, mon pays la France, et à notre grande fierté, a choisi le " Quoi qu'il en coûte ". J'en suis convaincu, pour la nature, pour le climat, pour l'humanité, nous devons choisir le " Quoi qu'il en coûte ".
Sauver notre monde quoi qu'il en coûte, cela veut dire construire des villes résilientes et c'est pour cela qu'ici, nous nous engageons avec détermination dans le mouvement des villes décarbonées. À Marseille et dans le monde, nous devons tourner la page des énergies fossiles, repenser notre habitat comme nos modes de déplacement. Préserver notre monde quoi qu'il en coûte, cela veut dire repenser nos écosystèmes, réintroduire l'agriculture dans nos villes.
C'est pour cela qu'ici nous protégeons nos terres agricoles, nous sanctuarisons nos espaces verts et que nous verdissons nos cours d'école. Préserver le monde quoi qu'il en coûte, cela veut dire tout faire pour sauver nos mers et nos océans. C'est pour cela que nous voulons accélérer la transformation de notre port et en finir avec la pollution à quai des géants des mers.
Il nous faut aujourd'hui sauver la Méditerranée, protéger ses fonds et sa biodiversité. La pollution atmosphérique maritime représente chaque année des dizaines de milliers de morts prématurées. Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement de Méditerranée, nous lançons de Marseille un appel, un appel à l'instauration d'une zone ECA, une zone de contrôle des émissions atmosphériques en Méditerranée.
Plus d'une décennie après l'Amérique du Nord, après les Caraïbes, la Baltique, la mer du Nord ou de Chine, il est urgent d'agir ici à Marseille et dans le monde où nous devons définitivement tourner la page de l'irresponsabilité écologique. Déni ou action, lâcheté ou courage, tels sont désormais les chemins qui s'offrent à nous. Il n'y aura pas de raccourcis, pas de solution miracle.
Il y aura des choix clairs pour faire passer l'avenir de l'humanité avant les profits de quelques uns. Avec la dynamique fondatrice de ce congrès, le monde peut emprunter un nouveau chemin. Sur cette longue route, vous pourrez compter sur Marseille, vous pourrez compter sur les Marseillais.
Vous l'aurez compris, Mesdames, Messieurs, c'est avec beaucoup d'émotion et beaucoup d'ambition et d'espoir que nous accueillons le Congrès mondial de la nature, ici à Marseille. Bienvenue ! Bons travaux à toutes et à tous.
Vous êtes chez vous à Marseille. Merci, Benoît Payan, de nous accueillir ici chez vous et pour cette démonstration des engagements de votre ville que nous suivrons avec beaucoup d'attention. Mesdames et Messieurs, comme vous le savez, la France est très active et très engagée lorsqu'il s'agit du changement climatique et de la protection de la biodiversité.
La France a également été très active sur la scène internationale, aux côtés de personnalités et d'acteurs-clés qui s'engagent au quotidien à protéger l'environnement et préserver la biodiversité. Aujourd'hui le président de la République française, qui nous fait l'honneur d'être ici, a explicitement souhaité saluer certains d'entre eux qui s'inscrivent activement dans cette démarche afin d'atteindre nos objectifs climat et biodiversité. Mesdames et Messieurs, j'ai le privilège d'accueillir sur scène le président de la République ainsi que la ministre de la Transition écologique.
Mesdames et Messieurs, j'ai le privilège d'accueillir sur scène Emmanuel Macron ainsi que des invités de prestige pour un débat interactif qui sera animé par Madame Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique. Je vous propose de les accueillir. Monsieur le Président.
Merci, merci infiniment. Merci, Monsieur le maire, pour votre accueil. Juste un mot et je cède tout de suite la parole à Madame la ministre, d'abord pour remercier, vous remercier toutes et tous d'être là, dans cette session qui a précédé l'ouverture officielle du Congrès mais remercier aussi les chefs d'État et de gouvernement, banquiers centraux, vice-président de la Commission, je remercie le président du Conseil, le Premier ministre grec qui est là, Madame la directrice générale a parlé, le président Issoufou.
Dans un instant, nous allons discuter. Je vais juste dire une chose toute simple. Pourquoi ce moment est important ?
Parce qu'il s'inscrit dans une dynamique et que cette année est importante. En fin d'année, nous avons Glasgow et une nouvelle COP sur le climat. Nous avons la COP Biodiversité de Kunming qui va être séparée en deux étapes, l'une en fin d'année et l'autre au printemps prochain.
Et l'urgence, c'est de resynchroniser ces deux agendas. C'est de réussir à faire comprendre à tous que la bataille pour le climat, contre les dérèglements climatiques est jumelle de la bataille pour préserver et restaurer la biodiversité et que l'une et l'autre se nourrissent. Nous avons du retard sur la biodiversité, on doit le rattraper.
Je ne serai pas plus long mais c'est pour moi le caractère vraiment vital de ce que nous sommes en train de décider. On doit donc bâtir de nouvelles méthodologies. On doit réussir à éveiller toutes les consciences.
On doit mieux mesurer et on doit tracer des perspectives et une planification communes. Je ne serai pas plus long, Madame la Ministre. Merci.
Merci beaucoup, Monsieur le Président. Bonsoir à tous ! Bonsoir à tous, je suis très heureuse d'animer cette séquence qui sera l'occasion d'échanger sur la lutte contre la déforestation, sur la promotion de l'agro-écologie, sur le développement de la finance pour la biodiversité et sur les liens, vous l'avez dit Monsieur le Président, entre le climat et la biodiversité.
La décennie qui s'ouvre sera déterminante pour garantir les conditions de notre survie et celle des générations futures. Et ce congrès doit placer les enjeux liés à la protection des écosystèmes au coeur de la réflexion sur l'après Covid 19. Et après le One Planet Summit de janvier et quelques mois avant la COP 15, ce congrès prend un sens particulier car tous les pays doivent faire preuve d'ambition et de responsabilité pour obtenir un nouveau cadre stratégique mondial en faveur de la biodiversité à Kunming.
La France a des attentes très fortes à cet égard car cette décennie sera cruciale, que ce soit pour le climat ou pour la biodiversité. Le Congrès mondial pour la nature, c'est l'occasion de mobiliser la communauté internationale en faveur de la préservation de la biodiversité et cette cérémonie d'ouverture doit jouer un rôle important en ce sens, d'autant que nous approchons de la COP 15 qui doit nous permettre d'enrayer la perte de la biodiversité et nous mettre sur une trajectoire crédible d'ici 2030, pour atteindre l'objectif clair de vivre en harmonie avec la nature d'ici à 2050. Sans plus attendre, je vous propose de débuter cette séquence par les interventions de Messieurs Salgado et Timmermans qui seront consacrées à la lutte contre la déforestation.
Monsieur Salgado, pouvez-vous nous faire part de votre témoignage sur l'importance de restaurer les écosystèmes forestiers fragilisés, pour préserver la biodiversité et lutter contre le changement climatique ? C'est juste. On travaille sur les deux versants de la défense écologique.
On est en train de développer un projet de récupération écosystémique au Brésil depuis déjà une vingtaine d'années et, de l'autre côté, je travaille beaucoup en Amazonie. Je voulais vous parler un tout petit peu de l'Amazonie en ce moment. Vous savez, on dépend de l'Amazonie.
On dépend de l'Amazonie pour sa grande concentration de biodiversité, pour sa fonction très importante dans la séquestration, dans la capture de carbone. Et, avec les dangers de la destruction de la forêt, [INAUDIBLE] tous ces carbones qui étaient accumulés aux bois de ces arbres pendant des milliards d'années. On dépend de l'Amazonie pour la distribution d'humidité de notre planète à travers ses rivières volantes, ses rivières aériennes qui quittent l'écosystème amazonien et qui vont un peu partout au monde assurer l'humidité.
Le système est profondément menacé. Il est menacé par l'actuel gouvernement brésilien, qui a une politique vraiment prédatoire en direction de l'Amazonie mais ça n'a pas commencé aujourd'hui. Il y a une quarantaine d'années, l'Amazonie était presque 100 % sur place.
Aujourd'hui, de l'Amazonie brésilienne on a perdu 18,2 %. L'écosystème est très menacé. C'est menacé par notre société de consommation.
On fait des importations de produits d'Amazonie. Ce serait fabuleux si on pouvait sortir de cette grande réunion avec l'interdiction planétaire d'importation des bois de l'Amazonie. Ça nous aiderait énormément à protéger cette forêt.
Mais la grande menace aussi en Amazonie, c'est le modèle économique qu'on utilise dans la planète entière, le modèle prédatoire d'abattre les forêts pour transformer les espaces en espaces agricoles. C'est ça qui est en train de se passer en Amazonie. Si on ne change pas ces modèles, on perdra nécessairement l'Amazonie en très peu de temps.
On travaille sur un nouveau projet, sur une proposition de projet. On attend un changement de gouvernement au Brésil pour qu'il y ait un gouvernement qui, ayant une responsabilité écologique, puisse le présenter à la communauté internationale. C'est un nouveau projet économique pour l'Amazonie, un projet non prédatoire, un projet basé sur l'économie [INAUDIBLE].
Si on parlait de ça il y a une quarantaine d'années, ce serait un peu étrange parce qu'il y a une quarantaine d'années, qu'est-ce qu'on pouvait avoir de l'Amazonie ? Quelques noix de Brésil, un peu de bois, un peu de caoutchouc. Mais aujourd'hui c'est différent.
Autour de ma maison, à Paris, on a au moins six magasins qui vendent des produits bio pour l'alimentation. L'Amazonie pourra fournir largement pour tous ces magasins de la planète sans aucun problème. On pourrait fournir à l'industrie pharmaceutique.
J'ai travaillé avec un des leaders indiens au Brésil en 2017. Lui seul avait isolé plus de 2 800 plantes médicinales. On pourrait créer une révolution dans l'industrie médicinale.
On pourrait créer une révolution dans l'industrie cosmétique au monde. On pourrait créer, sur l'espace amazonien, peut-être le plus grand espace touristique au monde. Vous savez, une variable très importante de ce modèle, c'est la population.
Dans l'Amazonie brésilienne, qui représente à peu près 65 % de l'espace amazonien, on possède une population d'à peu près 25 millions de personnes. On a, dans la population, une grande majorité de populations, de citoyens très pauvres qui ont été amenés en Amazonie au début du 20ème siècle pour l'extraction du caoutchouc. Ils sont abandonnés par là, au bord de ces grandes rivières et ils y vivent une économie de subsistance.
On pourrait les intégrer dans un projet économique. On a besoin de contrôler plusieurs variables. Une variable, c'est l'électricité.
Vous savez, on n'a pas d'électricité en Amazonie. On produit en amenant des produits qui viennent du pétrole, qui sont produits dans la côte nord-est du Brésil, qui mettent au moins une dizaine de jours en bateau pour arriver à Manaus. Et de Manaus, pour toucher les communautés indiennes on met en moyenne plus de quinze jours.
Donc les produits arrivent [INAUDIBLE] terrible. Il fallait qu'on installe un autre système énergétique en Amazonie. J'ai fait partie du comité directeur de la Fondation Engie et on a obtenu un fonds de la Fondation Engie pour faire un pilote avec une communauté indigène du Val de Javari, la communauté Marubo.
On va électrifier la communauté Marubo par des projets d'énergies propres : soit solaire soit éolienne soit aquatique par les mouvements des eaux. Mais on dépend du développement de cette technologie pour redémarrer un nouveau projet écologique en Amazonie. On a la technologie dans la planète.
Cela dépend des techniciens, des scientifiques. Cela dépend de nous, d'intégrer tous ces systèmes de production dans un système de commerce équitable dans la planète. C'est faisable, complètement faisable.
On a un grand espoir qu'un autre gouvernement puisse être élu au Brésil au mois d'octobre de l'année prochaine pour qu'on puisse commencer ces projets avec la participation et la collaboration de la planète entière, de tous les pays riches, de toutes les grandes organisations et de vous tous, les grands techniciens qui êtes ici aujourd'hui. Merci beaucoup. Merci.
Merci beaucoup, monsieur Salgado, pour ces propos introductifs très clairs sur la nécessité que nous avons de tenir compte du fait que nous sommes en dépendance totale de ces écosystèmes forestiers et que nous pouvons en faire quelque chose mais que nous devons y réfléchir ensemble. Et l'Union européenne qui a une part de responsabilité dans la déforestation mondiale, a pris toute la mesure de la gravité de la situation et porte une ambition forte en la matière. La Commission européenne vient de publier une nouvelle stratégie forestière pour l'Union européenne et prépare actuellement des initiatives législatives pour lutter contre la déforestation importée.
Je passe donc la parole à Monsieur Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, afin qu'il nous présente les ambitions de l'Union européenne et les initiatives à venir pour lutter contre la déforestation. Merci beaucoup et merci beaucoup de m'avoir invité. Je veux commencer en disant que je partage complètement ce que vient de dire le président de la République quand il dit que la crise climatique et le risque d'écocide sont profondément liés, sont des phénomènes liés.
Je crois qu'il y a une forte appréciation dans nos populations que la crise climatique est une menace directe pour la survie de l'humanité. Malheureusement, on n'a pas encore atteint le même sens d'urgence sur le sujet de l'écocide et il nous appartient d'augmenter ce sens d'urgence, mais pas au niveau d'un sentiment de désespoir. Il n'y a pas de raison de désespérer.
Si on regarde les forêts européennes, on est en difficulté. À peu près trois quarts des forêts européennes sont en mauvais état, même si très souvent on dit oui mais on a augmenté le nombre d'arbres, etc. Il faut commencer en notant qu'une forêt c'est un organisme, ce n'est pas un rassemblement d'arbres individuels.
C'est un écosystème en soi et il faut maintenir cet écosystème. Quand on gère une forêt, c'est la survie de l'écosystème qui doit mener la politique. Et, très souvent, cet élément est perdu dans l'économie forestière.
Je vois que, quand on a présenté notre stratégie en tant que Commission européenne, on a été critiqué par certains pays qui nous disent qu'est-ce que vous venez nous raconter ? On fait ça depuis cent ans, on sait exactement ce qu'on doit faire. Mais je leur demande toujours, est-ce que vous observez aussi les écosystèmes ?
Est-ce que vous avez suivi ce qui se passe avec la biodiversité dans vos forêts ? Et, si on va dans ce sens et qu'on étudie la biodiversité, on voit une perte, une perte très considérable de biodiversité. On voit aussi que le soi-disant carbone sink diminue donc les forêts européennes prennent de moins en moins les gaz à effet de serre.
Donc il faut restaurer. La mauvaise nouvelle, c'est que les forêts sont en mauvaise condition. La bonne nouvelle est qu'avec des pas très concrets, on peut rémédier.
On peut très vite améliorer la santé de nos forêts. Il faut des échanges scientifiques. On ne partage toujours pas toutes les données qu'on a entre scientifiques au niveau européen et surtout pas au niveau mondial.
Donc il faut vraiment que la communauté scientifique internationale soit mise en position de partager tout ce que l'on sait. Deuxièmement, il faut une politique intégrée à l'échelle internationale et surtout à l'échelle européenne, qui donne la possibilité aux États membres d'agir de façon compréhensible, allant dans la même direction. Troisièmement, si on voit le volet interne en Union européenne, il faut aussi voir le volet international.
Et je veux exprimer toute ma solidarité à nos amis brésiliens qui font cette lutte pour ce qui est en fait un patrimoine mondial. Les Amazonas, oui c'est au Brésil, en Colombie et dans d'autres pays, mais ça appartient à l'humanité entière. Donc on a une responsabilité en tant qu'humanité entière pour la santé des Amazonas.
Et là, il faut agir ensemble. Il faut agir. Il faut aussi trouver une approche positive avec les autorités brésiliennes, non seulement fédérales mais surtout régionales et locales.
Et je termine en disant que la seule solution se trouvera si on sait créer un équilibre entre l'intérêt écologique, l'intérêt économique et l'intérêt social parce que les forêts, comme les océans, ce sont des endroits où on gagne aussi de l'argent mais où pas mal de gens vivent. Et ils ont établi une vie qui n'est plus en équilibre avec la nature. Il faut rétablir cet équilibre.
C'est dans l'intérêt des populations mais c'est dans l'intérêt de l'humanité entière. Voilà l'approche qu'on doit choisir, aussi bien au sein de l'Union européenne qu'à l'échelle internationale pour qu'il y ait des forêts en Amazonie, en Afrique centrale et en Asie. Merci.
Merci beaucoup, Frans Timmermans, pour avoir souligné cet important lien entre l'équilibre de la forêt, l'équilibre écologique de la forêt et ce que nous pouvons en faire économiquement et socialement. La France et les autres pays de l'Union européenne attendent avec impatience les initiatives de la Commission en la matière. On aura l'occasion d'ailleurs d'en reparler ici à Marseille le 5 septembre, lors d'un événement dédié organisé par la France en sa qualité de président du Partenariat des déclarations d'Amsterdam.
Et nous allons évidemment porter ces enjeux lors de la prochaine présidence française de l'Union européenne, à partir de janvier prochain. Nous allons maintenant évoquer l'agroécologie comme solution basée sur la nature pour répondre à plusieurs défis que sont les luttes contre l'insécurité alimentaire, contre le changement climatique et l'érosion de la biodiversité. Je donne la parole à Monsieur Mahamadou Issoufou, ancien président de la République du Niger, pour nous présenter le projet " Les Nigériens nourrissent les Nigériens " dans le cadre de l'accélérateur de la Grande Muraille Verte.
Merci. Merci Madame. Monsieur le Président, permettez-moi de vous remercier de m'avoir fait l'honneur de m'inviter au présent sommet.
Ce sommet se tient à un moment où nous vivons à crédit parce que le jour du dépassement écologique est tombé cette année le 29 juillet. Pour rappel, en 1970 le jour du dépassement, c'était le 29 décembre. On était pratiquement à l'équilibre entre l'empreinte écologique mondiale et la biocapacité de notre planète.
C'est dire que l'écart entre cette empreinte et la biocapacité s'accroît après une légère baisse, comme vous le savez. Vous vous rappelez, l'année dernière à cause de la Covid 19, il y a eu une légère avance du jour du dépassement, ce qui allait dans le bon sens. Donc notre dette écologique vis-à-vis des générations futures est en train de s'aggraver.
C'est notre modèle de production et de consommation qui en est principalement la cause. Et, si rien n'est fait, c'est bientôt l'équivalent de deux planètes qu'il nous faudra pour couvrir nos besoins. Et c'est conscients de cela que, au niveau du continent africain ou au niveau de l'Union africaine, bien que nous n'ayons pas beaucoup de responsabilités dans la pollution de la planète, nous avons décidé de nous engager.
Et nous avons conçu un projet ambitieux, le projet de la Grande Muraille Verte, parce qu'on s'est dit qu'au fond il y a deux écosystèmes extrêmement importants pour servir de puits de carbone, ce sont les océans et les forêts. Comme on ne peut pas créer d'océans mais qu'on peut créer des forêts, nous avons décidé effectivement au niveau du Sahel, de mettre en place cette Grande Muraille Verte. Et, pendant mes deux mandats à la tête du Niger, je me suis efforcé de mettre en oeuvre ce projet de Grande Muraille que j'ai aligné sur, Madame, ce que vous avez appelé l'initiative aux trois N : " Les Nigériens nourrissent les Nigériens " qui a été reconnue comme étant un modèle par la FAO et par les autres organisations internationales.
Les résultats que nous avons obtenus dans la mise en œuvre de cette initiative et donc dans la mise en œuvre de la Grande Muraille, sont très encourageants. Nous avons pu reconstituer le couvert forestier et herbacé. Il y a eu un retour de la faune.
Il y a eu une augmentation de la production et des rendements. Il y a eu une amélioration de la sécurité alimentaire, une réduction de la pauvreté, la création de beaucoup d'emplois, des milliers d'emplois, la réduction de l'exode rural et de la migration, l'atténuation des conflits également. S'agissant de ce dernier aspect de l'atténuation des conflits, [INAUDIBLE] du projet de la Grande Muraille Verte et une contribution importante à la lutte contre le terrorisme au Sahel.
Pour optimiser cette contribution et amplifier tous les résultats que je viens d'évoquer, il faut bien sûr davantage de ressources. C'est le lieu pour remercier les partenaires pour les efforts qu'ils ont fait jusqu'ici, en particulier l'AFD. Je remercie l'AFD pour ses interventions dans les régions du Niger fortement impactées par le changement climatique, permettant de concilier la restauration de l'environnement avec une meilleure sécurité alimentaire.
Les partenaires ont certes beaucoup fait mais ces femmes et ces jeunes que j'ai vus sur le terrain, engagés dans la lutte contre le changement climatique, armés seulement de pioches et de pelles, ces femmes et ces jeunes qui ne voyagent pas, qui ne prennent ni l'avion ni la voiture, qui ne polluent pas et qui ont donc des empreintes carbone et écologiques très faibles, méritent d'être soutenus, méritent d'être soutenus davantage. C'est, je crois, ce que le président Macron et le président Mohamed Ould Ghazouani, qui est le président en exercice de la Grande Muraille ont compris quand, en janvier 2021, Monsieur le président, vous avez ensemble présenté la coalition de la Grande Muraille Verte à l'occasion du One Planet Summit de biodiversité. C'est ce qu'ont compris aussi les neuf organisations qui autour de vous, Monsieur le Président, se sont engagées [INAUDIBLE] enveloppe totale de près de 19 milliards de dollars US en faveur de la Grande Muraille Verte pour la période 2020-2025.
C'est ce qui justifie aussi la création de l'accélérateur de la Grande Muraille Verte [INAUDIBLE] sur la lutte contre la [INAUDIBLE]. Je pense que le maintien du momentum politique créé par le One Planet Summit est essentiel pour soutenir les efforts de mobilisation autour de la Grande Muraille Verte. La mobilisation des leaders africains, en particulier ceux du Sahel, est bien sûr essentielle pour transformer les promesses financières en actions, au profit des populations.
Par ailleurs, le renforcement des capacités des États, notamment en matière d'absorption des crédits et l'appropriation des projets par les populations locales sont des questions qui me paraissent être primordiales. Pour ma part, j'ai décidé de m'engager pour mon pays, pour montrer d'ailleurs qu'il y a une vie après le pouvoir. J'ai été président pendant deux mandats, j'ai quitté la présidence et réalisé l'alternance au Niger le 2 avril dernier.
Je me suis engagé pour mon pays, pour le continent africain et pour la planète en créant une fondation, ma fondation, la Fondation Issoufou Mahamadou qui a pour but non seulement la paix et la démocratie parce que c'est important. Si on n'a pas d'état démocratique fort, rien de grand n'est possible dans nos pays. Donc La démocratie, le panafricanisme, si on ne se donne pas la main par dessus les frontières, rien n'est possible.
Et bien sûr le capital humain, l'éducation et la santé mais également l'environnement. Il s'agit de lutter contre la désertification, de promouvoir la restauration des terres et des écosystèmes, de promouvoir la protection de la biodiversité et le développement du capital humain, comme je l'ai dit. Ma fondation, Monsieur le Président, participera à l'initiative accélérateur de la Grande Muraille Verte qui ouvre un dialogue constructif tourné vers l'action entre toutes les parties prenantes.
Je pense que ce type de démarche inclusive doit être soutenue afin que les projets à fort impact puissent trouver rapidement les moyens humains, techniques et financiers de se réaliser. Ensemble et dès aujourd'hui, il ne faut pas attendre demain, il ne faut pas reporter, c'est dès aujourd'hui, il faut réconcilier la nature et les hommes en mettant en œuvre les cinq piliers, j'ai retenu cela, les cinq piliers du plan de financement de la Grande Muraille Verte, et en faisant converger les solutions ambitieuses à l'échelle des attentes de populations qui sont directement touchées par le climat et qui ont très peu de responsabilités dans la situation que vit notre planète aujourd'hui. Enfin, je m'en voudrais de ne pas remercier l'UICN dont les interventions au Niger font du Niger le seul pays au monde à conserver la [INAUDIBLE] et la gazelle dama à l'état sauvage.
Je vous remercie de votre aimable attention. Merci beaucoup. Merci.
Merci beaucoup, Monsieur le Président, pour votre engagement et pour avoir montré, à travers l'exemple de ce projet, que même avec des pelles et des pioches tout simplement, quand on le fait ensemble et quand on le fait dans le cadre d'un projet comme celui de la Grande Muraille Verte, on peut répondre au triple défi de l'insécurité alimentaire, du changement climatique et de la vulnérabilité au Sahel. Et développer ces pratiques compatibles avec la protection de la biodiversité, c'est un véritable défi que nous devons relever tous ensemble, en prenant notamment exemple sur ce que vous avez fait si nous voulons collectivement atteindre les objectifs de développement durable. Et l'agriculture doit contribuer à la lutte contre le changement climatique et contre l'érosion de la biodiversité et ne plus être un facteur de pression mais au contraire un levier vers la transition écologique.
Et l'agroécologie est un formidable outil en ce sens. Passons à présent aux enjeux de financement de la protection de la biodiversité. En effet, tous les engagements que nous prendrons pour protéger la biodiversité ne vaudront que s'ils sont effectivement mis en œuvre grâce à la mobilisation des moyens adéquats.
Et, pour cela, il sera nécessaire de trouver les mécanismes de financements innovants, en s'inspirant notamment de ce qui existe en matière de financement pour le climat. Je passe donc la parole à Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, pour la première intervention de cette séquence. Merci.
Merci beaucoup, Madame la ministre, chère Barbara. Monsieur le Président de la République, Monsieur le maire de Marseille, merci de nous accueillir dans cette magnifique ville. Monsieur le Président, merci de m'avoir invitée parce qu'une des premières choses que j'ai entendue après avoir répondu avec beaucoup d'enthousiasme, oui à cette proposition, et pour paraphraser Molière, " Qu'allait-elle faire dans cette affaire ? " Qu'est-ce qu'une banque centrale et qu'est-ce qu'une banquière centrale peut faire avec la biodiversité ?
Je voudrais utiliser ces quelques minutes que vous m'avez données pour démontrer, au-delà de vous tous qui êtes probablement convaincus que, quand le temps presse et quand les projets sont impératifs, l'argent est nécessaire et la finance doit être à bord. Je voudrais convaincre un certain nombre d'autres qui ne sont peut- être pas dans cette salle mais qui écouteront de ce que le mandat d'un banquier central qui est la stabilité des prix, ne peut s'exercer sans la stabilité économique, sans la stabilité financière. Et qu'il n'y a pas de stabilité économique et de stabilité financière sans le respect de la nature et sans la contribution de la nature.
Parce que nos économies sont dépendantes de la nature, parce que nos économies sont dépendantes de la résilience que nous apporte la biodiversité. Vous me pardonnez, Monsieur le Président, et vous me pardonnez, tous mes amis français qui êtes sans doute dans la salle mais je vais utiliser l'anglais parce que je sais qu'au-delà de vous qui êtes probablement convaincus, un certain nombre d'autres ont besoin de l'être aussi, pour qu'on ne me dise plus " Qu'allait-elle faire dans cette affaire ? " Je voudrais donc parler d'abord de la dépendance, de la résilience, sur la nécessité impérative de la mesure sans laquelle le monde de la finance ne sera pas à bord, et il faut qu'il soit à bord, Le premier sujet que je souhaite aborder est celui de la dépendance.
Nous dépendons de l'oxygène pour vivre, Nous dépendons de l'eau, pour la boire. Nous dépendons d'une bonne alimentation pour survivre. Mais tous ces atouts précieux sont souvent sous-évalués dans les évaluations économiques, et souvent pas pris en compte du tout.
Et pourtant, les preuves que nous apportent la recherche nous montrent clairement tous les jours que les secteurs économiques et financiers dépendent des ressources de la nature. Je vais vous donner deux exemples. Tout d'abord, les recherches montrent que plus de la moitié de la valeur générée à l'échelle mondiale dépendent des services écosystémiques de la nature.
Donc, c'est très important. La Banque de France, Madame Gola, qui est également de Marseille et qui en est la vice-gouverneur est présente, a démontré que 42 % de la valeur des titres détenus par des institutions financières françaises viennent d'entreprises qui dépendent hautement, ou très hautement de services écosystémiques. Malheureusement, la plupart des investisseurs des entreprises ne s'en rendent pas compte avant qu'une catastrophe ne les frappe et qu'ils ne commencent à compter les pertes et les dommages.
Voilà à quel point nous dépendons de la nature. Alors, voyons maintenant quelle est la résilience. La résilience peut être renforcée par la biodiversité.
Je vais vous donner deux exemples. L'un d'entre eux, vous l'avez évoqué, ce sont les trésors de la forêt amazonienne. Beaucoup des médicaments dont nous aurons besoin pour lutter contre les pandémies en particulier, dépendront de la biodiversité.
Deuxièmement, et je vais vous parler de mon animal favori ici, les baleines. Les baleines jouent un rôle essentiel pour la capture de carbone. Et si vous êtes intéressés, un ancien chercheur du FMI a fait une étude sur le rôle des baleines.
Si nous préservons les baleines, non seulement nous allons [INAUDIBLE], mais nous allons retrouver la capacité de [INAUDIBLE] des masses de carbone qui sont au fond de l'océan, un océan qui ainsi sera épargné. Et donc il y a des solutions dans la nature pour lutter, par exemple, contre les conséquences du changement climatique, le changement climatique et la diversité biologique. Et vous avez tout à fait raison, Monsieur le Président, de les rapprocher, car ce sont les deux faces d'une même médaille.
Et le dernier point sur lequel j'ai une certaine légitimité à parler, c'est les mesures. Comment mesure t-on tout cela avec des chiffres, avec des nombres ? Dans le monde de la finance, vous savez, ce qui n'est pas compté, ce qui n'est pas mesuré, a tendance à être ignoré.
Or les dommages portés à nos écosystèmes, les pertes de diversité biologique, l'impact des gaz à effet de serre sont typiquement ce que les économistes appellent des externalités. Or, pour corriger ces externalités, nous devons faire en sorte que les décisions économiques internalisent, justement, les coûts et les dommages que nos sociétés font subir à la biodiversité. De multiples initiatives ont été prises, vous l'avez mentionné, Monsieur le Président, la task force sur les aspects financiers, la directive sur les rapports que devront faire les entreprises sur leur durabilité.
Et les travaux de l'IFRS et autres instituts nous aideront, nous l'espérons, à éviter les erreurs du passé, afin d'améliorer les calculs qui sont faits et les rapports sur la biodiversité. Nous devons mieux quantifier les implications de nos actions sur la biodiversité. Je remercie l'IFRS, qui examine comment rendre plus verte la finance et qui nous aide à trouver des solutions basées sur la protection de la biodiversité.
Dernier point. Je reviens à ce qui a été dit par un grand écrivain : "Aucun homme n'est une île", et les politiciens, les responsables politiques, qui ont de grandes ambitions, pour le Sommet de Kunming, il faudra des résultats, des résultats qui devront être vérifiables, comme cela a été fait pour la COP21 à Paris. Merci Laurent Fabius de ce que vous avez fait.
Et la Convention sur la biodiversité a d'ailleurs inclus le changement climatique dans sa stratégie, suite à cela. Merci infiniment. Merci !
Merci beaucoup, Madame la Présidente, pour ce discours très inspirant. D'ailleurs, vous l'avez entendu, la nature est intimement liée à toutes nos activités, et donc aussi aux activités financières. Le savoir, le comprendre, le mesurer, vous avez raison, c'est absolument essentiel, et les outils, nous sommes en train de les construire, mais nous ne pourrons les construire bien que si nous le faisons tous ensemble.
Et pour cela, je vais terminer cette séquence en me tournant vers le président du Fonds international pour le développement agricole, Monsieur Gilbert Fossoun Houngbo, pour qu'il nous donne son point de vue sur ces relations entre la finance et la nature. Merci beaucoup. Monsieur le Président, merci de nous avoir invités.
Mesdames et Messieurs, je voudrais ramener le débat en commençant par le nexus que nous avons établi entre la biodiversité et le climat, le changement climatique, le ramener au niveau du petit producteur. Et c'était très inspirant, Monsieur le Président, l'exemple que vous avez donné, où cette fille ou cette femme, au village, qui ne prend pas l'avion, qui ne prend pas la voiture et donc qui ne pollue pas, et pourtant, ils sont, elles sont en première ligne, au niveau de l'impact de ce changement climatique et des risques de perte de biodiversité, etc. Et ce que nous remarquons, c'est que lorsque nous prenons le financement climat en général, nous le savons, moins de 2 %, je pense que c'est à peu près 1,7 % du financement climat, qui va à l'adaptation pour le petit paysan, pour le monde rural.
Et ça, il faut le changer. Et il faut donc, au niveau des politiques publiques, au niveau, aussi, de la communauté internationale, réorienter le financement climat afin que nous puissions augmenter, justement, la portion de ce financement dédié au monde rural et aux petits producteurs qui sont les premières victimes, il faut le reconnaître. Et c'est dans ce cadre aussi, d'ailleurs, que nous saluons, l'initiative du Président et de la France, lorsque nous étions à Paris au mois de janvier, pour le One Planet Summit, des engagements qui avaient été pris là-dessus, et nous sommes dans le processus de convertir ces engagements en actions.
Je le dis parce que c'est important de ne pas nous limiter à l'engagement, de ne pas nous limiter à la dénonciation, mais d'être plutôt au ministère de l'action, au ministère du financement. C'est ça qui va faire la différence, en bout de ligne. Et lorsque Madame Lagarde parlait de la question de la mesure, je voudrais revenir là-dessus aussi, Madame Pompili.
Non seulement mesurer, mais harmoniser. Harmoniser. Présentement, nous sommes inquiets, au FIDA.
Est-ce que chaque parti essaie de développer des méthodes, une méthodologie de mesures ? Et on va finir par sortir des données qu'on ne peut pas comparer et donc qui seraient moins utilisables. Et donc, ça va être très important que nous puissions harmoniser les méthodes et la technique de mesure.
Et s'il est vrai que ce financement climat, en général, nous parlons de plusieurs milliards de dollars, il nous faut nous rappeler que la portion, justement, de ce financement, qui est, et qui doit être dédié à la biodiversité, il nous faut aussi nous assurer qu'il y a un minimum. Et c'est d'ailleurs pourquoi, au FIDA, et lorsqu'après le sommet de janvier, j'avais demandé à mes équipes et nous avons donc commencé à prendre de nouveaux engagements, c'est pour ça que pour nous, je suis tout à fait content et heureux de dire que le minimum de 30 % de ce financement climat va être investi dans la biodiversité. Et dans ce cadre, nous avons d'ailleurs, en 2012, le FIDA avait créé ce fonds que nous appelons ASAP, dont la totalité du financement est dédiée, était dédiée à l'adaptation du monde rural.
Il y a eu tellement de succès, parce que la demande est très forte, que nous sommes en train de lancer le ASAP+, pour aller de l'avant. Et dans ce cadre aussi, nous voulons nous assurer que le 30 % de cette masse puisse être dédié à la biodiversité, puisque sans biodiversité, le monde rural ne peut pas survivre. Et le lien que vous avez fait entre l'économique, le social et l'environnemental, il est essentiel.
Donc, je voudrais, en terminant, j'ose espérer que de plus en plus d'investisseurs, de plus en plus de la finance internationale, puissent s'engager à mettre un minimum de 30 % dans la biodiversité. Merci. Un grand merci, Monsieur le Président, et je salue avec enthousiasme cet engagement du FIDA, que 30 % de ses financements aillent vers des projets sur la biodiversité.
Notre agence française de développement s'est engagée dans la même voie et cela se concrétise, et ça concrétise la volonté de la France de privilégier les projets à co-bénéfices. Je crois que maintenant, on l'a bien vu à travers les différentes interventions, on ne peut plus penser l'un sans l'autre, et penser l'un avec l'autre nous permettra d'avoir des actions qui nous permettront d'aller plus vite, plus fort, et ainsi accroître aussi notre résilience. Je vous remercie.
Merci aux participants qui ont participé à ces premières séquences et je vous invite à regagner votre place. Nous allons avoir les derniers intervenants qui vont nous rejoindre sur scène pour la dernière séquence consacrée au climat et à la biodiversité. Monsieur le Premier Ministre, Bienvenue !
Nous entamons notre dernière séquence, avec les enjeux de synergie entre les questions de climat et de biodiversité. En cette année 2021, plusieurs publications scientifiques nous rappellent notre devoir face à l'urgence climatique. Le récent volume du sixième rapport du GIEC confirme la responsabilité des activités humaines dans l'accélération des impacts dus au changement climatique et d'autre part, le rapport conjoint publié en juin dernier par le GIEC et par l'IPBES, démontre l'impérieuse nécessité d'aborder conjointement la crise du climat et celle de la biodiversité.
Pour aborder ces enjeux, je donne la parole à monsieur Kyriàkos Mitsotàkis, premier Ministre de la République hellénique, pour qu'il nous apporte son témoignage à partir d'exemples touchant l'ensemble des pays du pourtour méditerranéen. Monsieur le Premier ministre. Merci beaucoup Monsieur le Président, Ministres, excellences, Mesdames et Messieurs, cher Monsieur le Maire, c'est un grand plaisir d'être présent ici avec vous tous, dans cette belle ville de Marseille, qui a été fondée par des Grecs il y a plus de 2 600 ans, à une époque où le changement climatique n'était sans doute pas une préoccupation pressante pour nos ancêtres.
Mais cette Méditerranée, cette Mare Nostrum, notre mère, est confrontée aujourd'hui à une crise. Et il faut être francs, nous, en tant que responsables politiques, nous n'en avons pas fait assez pour éviter cette crise, jusque-là, et il est temps d'agir. Le Plan d'action pour la Méditerranée, une mer modèle d'ici à 2030, présenté aujourd'hui par le gouvernement français, à juste titre, se concentre sur les quatre défis auxquels nous sommes confrontés pour protéger la Méditerranée, la perte de diversité biologique, la surpêche, la pollution marine, en particulier par les plastiques, et le transport maritime non durable.
Nous appuyons ce plan d'action et nous nous engageons à devenir un champion de la mise en œuvre pleine et entière de la législation pour la conservation de la nature de l'Union européenne. La Grèce a plus de 14 000 kilomètres de côtes. Nous sommes un pays dont l'histoire, la culture et l'économie, la société sont étroitement liées à la mer Méditerranée et en protégeant la biodiversité de notre mer, nous allons entrer dans la transition vers une économie bleue pour rapprocher les avantages d'un équilibre nouveau entre la croissance économique et la durabilité.
Il y a six actions que nous pouvons prendre qui sont particulièrement importantes non seulement pour la Grèce, mais pour tous les pays du pourtour méditerranéen, me semble-t-il. Tout d'abord, nous nous engageons à atteindre l'objectif de protéger 30 % de la Méditerranée d'ici 2030. Et au delà de cette ambition, d'une zone protégée de zones côtières et marines dans la Méditerranée, nous devons travailler avec la Commission pour faire en sorte que ces zones ne soient faites de simples paroles.
Nous devons créer des réseaux qui soit gérés de façon efficace de zones marines protégées. Deuxièmement, une question qui est souvent oubliée: une véritable planification de l'espace marin et une gestion côtière intégrée. Nous nous engageons aujourd'hui à donner la priorité au développement et à la mise en œuvre d'un plan spatial de toutes les mers grecques dans le cadre de notre Plan pour la relance et la résilience Grèce 2.0.
Nous allons pour cela nous appuyer sur une approche basée sur les écosystèmes dans le droit fil des zones côtières protégées de façon intégrée. Troisièmement, en ce qui concerne la pêche, la Grèce, comme tous les pays méditerranéens, est confrontée au problème de la surpêche et nous savons que cela a un impact très grave sur la diversité biologique. Nous nous engageons à réduire la surpêche d'ici 2030 en déclarant maintenant que 10 % de nos mers seront des réserves de non pêche, donc la pêche sera interdite dans ces zones marines en 2030.
Quatrièmement, la Grèce est le plus grand producteur de l'Union européenne de bars et de dorades obtenus en pisciculture. Et nous reconnaissons qu'il faut un plan d'action pour une aquaculture durable qui fasse qui permette de relever les défis tels que la planification spatiale, les frictions potentielles entre les usagers de zones marines et côtières et la pollution de l'environnement. Cinquièmement, en tant que pays qui dépend largement du tourisme, nous devons tout faire pour que l'expansion et le développement de notre secteur touristique, qui sont essentiels pour le développement économique de notre pays, ne se fassent pas aux dépens de l'environnement naturel.
Et c'est pourquoi nous nous engageons à mettre en oeuvre une stratégie de tourisme durable qui, de façon efficace, réduise l'empreinte environnementale du tourisme et place les considérations de la biodiversité au cœur de la planification du tourisme marin et côtier, en particulier lorsqu'il s'agit de communautés extrêmement sensibles telles que nos îles. Sixièmement, nous connaissons tous la menace posée que fait peser la pollution par les plastiques sur notre région et nos mers. Nous nous engageons à améliorer la qualité des eaux d'ici 2030 en réduisant de 50 % les déchets plastiques et de 30 % les microplastiques déversés dans l'environnement.
La Grèce s'engage à devenir un champion de la mise en œuvre pleine et entière de la législation pour la conservation de la nature de l'Union européenne, ce qui, malheureusement, nous a valu un arrêt en notre défaveur de la Cour de justice de l'Union européenne récemment. Et personnellement, je m'engage à ce que le statut de désignation de zone protégée au titre de Natura 2000 soit achevé d'ici à la fin 2022 à travers un processus inclusif et transparent. Mesdames et messieurs, voilà notre engagement ferme.
Et pour ce faire, la Grèce sera présidente du Plan d'action pour la Méditerranée à l'horizon 2023, en mettant la protection de l'environnement marin de la Méditerranée et de nos forêts au centre des discussions qui auront lieu au sommet UE-Med à Athènes. Cette année est essentielle à la fois pour nos ambitions climatiques et pour nos ambitions en matière de diversité biologique. Nous devons déployer tous les efforts nécessaires pour que la COP 26 soit couronnée de succès et pour que nous nous doutions, dans le cadre mondial de la biodiversité pour l'après 2020, qui soit véritablement ambitieux et qui constitue un jalon dans notre histoire.
Et en appuyant ses ambitions de l'Union européenne pour 2030 et pour 2050, la Grèce adopte des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, y compris en modifiant notre bouquet énergétique, en améliorant notre efficacité énergétique. Et nous nous engageons à fermer toutes nos centrales de lignite au plus tard en 2028. Nous allons poursuivre les interconnexions d'électricité sous marine avec nos îles, en particulier de la mer Égée et la Crète, où nous allons promouvoir la mobilité électrique.
Nous avons également lancé un plan de reboisement national et c'était déjà le cas avant même les incendies qui ont dévasté nos forêts cet été, qui ont bien montré qu'il faut améliorer notre niveau d'intervention. Nous devons être prêts aussi lorsque ces incendies se déclarent. Nous allons présenter notre première législation climatique nationale au Parlement avant la COP 26 pour accélérer la décarbonisation de tous les secteurs de notre économie.
Cela ne peut pas être atteint en agissant seul. Notre addition commune de préservation de nos écosystèmes exigent une coopération étroite de tous les pays de la Méditerranée. Les fuites du carbone ou les fuites de déchets marins seront toujours là.
Si nous n'agissons pas de manière coordonnée, nous partageons tous, tous les pays de la Méditerranée, un destin commun, et chacun de nous doit prendre part à cet effort afin d'offrir un monde plus durable aux générations à venir. Je vous remercie beaucoup. Merci, merci, merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, pour tous ces exemples concrets, ces engagements très forts que vous avez pris, qui montre le lien encore une fois entre le climat et la biodiversité, et notamment sur un écosystème aussi fragile et aussi spécifique que l'écosystème méditerranéen.
Vous avez à plusieurs reprises appelé à une coopération et notamment au sein de l'Union européenne. Et donc, je vais laisser la parole à Monsieur Charles Michel, président du Conseil européen, pour illustrer comment l'Union européenne agit en ce sens, y compris dans ses relations avec les pays tiers. Vous avez la parole.
Bonsoir à chacune et à chacun et je m'associe aux remerciements qui ont été adressés à la France, au maire de Marseille et à l'organisation de ce congrès qui est un moment essentiel, parce qu'on le voit bien, notre génération est confrontée à un moment charnière et la première exigence est de faire confiance à la science, aux explorateurs, afin de faire les bons choix, de prendre les bonnes décisions. Il y a en réalité quelque temps, c'était il y a deux ans au mois de décembre, les 27 chefs d'Etat et de gouvernements européens ont pris une première décision forte, nette et claire qui, quelques mois auparavant seulement, était considérée par beaucoup comme impossible. Nous avons décidé de faire de l'Europe le premier continent neutre sur le plan climat.
Et nous mesurons bien, le Président français l'a indiqué, d'autres l'ont dit, que la bataille pour le climat, la bataille pour la biodiversité, c'est en fait la même bataille et c'est la même détermination qui doit nous animer sur le plan européen. Je veux souligner la clarté des engagements pris il y a quelques instants devant vous par le Premier ministre grec, qui montre bien que les choses sont en train de bouger, les choses sont en train de s'accélérer. Alors quelques points très concrets: les océans, les forêts, ce sont les poumons pour notre humanité.
Les océans: soyons totalement déterminés, on a commencé à le faire en bannissant le plastique à usage unique. C'est le prochain enjeu qui est sur la table. Comment peut on bannir le plastique des océans ?
Ils n'ont pas leur place dans nos océans. On doit être pour [INAUDIBLE] totalement. Autre engagement extrêmement important, c'est augmenter les volumes de zones qui sont protégées.
Et être clair aussi sur les conditions. Qu'est-ce que cela signifie quand des zones sont protégées ? Et là, on sait à quel point les pôles jouent un rôle clé en termes climatique antarctique, arctique.
S'agissant de l'Antarctique, nous sommes très clairs, l'Union européenne souhaite étendre les zones protégées autour de l'Antarctique. Et s'agissant de l'Arctique, on est très clair également nous pensons qu'il faut veiller à ce que le transport soit durable, prenne en considération les critères de respect pour notre humanité partagée, pour notre humanité collective. Enfin, d'un mot encore très, très, très simplement.
On aura l'occasion dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, avec beaucoup d'acharnement dans la mise en œuvre de ce Green Deal, ce pacte vert européen d'être mobilisé pour s'assurer que la biodiversité soit au cœur de notre projet, au cœur de notre ambition, au cœur de notre détermination. Et l'Europe a certainement un rôle locomotive à jouer pour montrer le chemin et pour agir. Merci.
Merci, merci beaucoup, Monsieur le Président. Cette cérémonie d'ouverture a donc permis de présenter de nombreuses solutions en faveur de la protection de la biodiversité et de la lutte contre le changement climatique. Ça nous permet de réaffirmer notre volonté politique en amont de l'ouverture de la COP 15, biodiversité qui doit adopter un nouveau cadre mondial pour orienter l'action des États dans la décennie à venir, et de la COP 26 sur le climat en novembre à Glasgow.
Merci à tous les intervenants pour leur speech très, très, très impressionnant et surtout très inspirant. Permettez-moi maintenant de passer la parole à Monsieur Emmanuel Macron, président de la République française, pour ses propos de conclusion. Merci beaucoup, Madame la ministre.
Je voulais d'abord vous remercier pour la préparation et l'animation de cette session et remercier aussi Monique Barbut qui, à nos côtés, a vraiment contribué à permettre tous ces travaux. Vous pouvez l'applaudir parce qu'elle a ardemment travaillé. Et je suis chargé de vous transmettre les salutations du cacique Raoni qui voulait venir à nos côtés et être là.
Et malheureusement, les conditions sanitaires, et il faut bien le dire, la fatigue l'ont tenue loin de nous donc il a adressé un message amical et je voulais simplement être modestement son ambassadeur. Et Harrison Ford, et beaucoup d'autres ici comme aussi Nicolas Hulot, ont mené tant de combats à ses côtés que je voulais le citer. Je suis pour ma part très fier que nous ayons, durant cette année, eu à organiser deux temps forts pour la biodiversité.
Le One Planet summit biodiversité en janvier à Paris, et ce congrès UICN à Marseille, qui sont deux moments où on le voit bien, parce que les gens se posent toujours des questions à quoi ça sert ces moments? Ce sont des moments où on crée des alliances et où on prend des engagements. Et donc, plus on a des éléments de mobilisation comme ceci, plus on accélère en quelque sorte la marche de notre action, la capacité à avancer et à tenir le rythme, parce que l'urgence est là.
Ça a été rappelé, ça a été dit. L'IPBES a fait ses rapports, le GIEC aussi. Maintenant, la gravité de la situation n'est plus à documenter.
Mais il y a une remarque introductive et qui sort de tous les échanges qu'on a eu ces dernières heures tous ensemble et que je voulais partager ici avec vous, qui me semble particulièrement forte et qui est à mes yeux, nourrit un certain espoir si on se mobilise. C'est qu'on voit bien que le climat, la nature et l'humanité sont inséparables. Et je pense que nous le mesurons beaucoup mieux, malheureusement, depuis que nous avons vécu cette pandémie de Covid 19.
Parce que nous avons refait l'expérience de notre ancrage dans le vivant. Ces mutations, ces transformations, les bouleversements qu'entraîne la mondialisation dans la porosité entre les écosystèmes, les conséquences qu'à la destruction de certains écosystèmes. Plusieurs initiatives ont été prises.
Quand on a pris une initiative " One Health ", c'est véritablement pour mettre au cœur et resynchroniser ces agendas, mais on voit bien que tout est lié et vous l'avez d'ailleurs rappelé les uns et les autres. Il y a un versant inquiétant de ce lien, c'est en quelque sorte que, la situation de la planète étant connue, on sait qu'on ne peut pas vivre bien et en bonne santé dans une planète malade et il n'y a pas de vaccin face à une planète malade. Mauvaise nouvelle.
Mais à côté de ça, s'il y a une mobilisation collective et si nous arrivons à recréer une dynamique vertueuse, un cycle vertueux, les effets accélérateurs sont là. À chaque fois qu'on recrée de la biodiversité, on apporte une solution au dérèglement climatique. La mangrove aide à régler les problèmes justement de recul du trait côtier.
Les posidonies dont nous avons parlé ce matin sont des puits de carbone et donc le combat pour la biodiversité est aussi un élément qui permet de répondre aux conséquences du dérèglement climatique et d'avancer là aussi plus rapidement. Ces combats sont des combats indispensables pour non seulement la bonne santé de la planète mais pour la survie des peuples autochtones. Et donc, se battre pour la biodiversité contre le dérèglement climatique, c'est se battre pour ces peuples qui, pendant des siècles parfois des millénaires, ont préservé ces espaces que la mondialisation a bousculés.
Donc il y a, on le voit bien, un cercle vertueux qui existe et ceci pour une raison simple, c'est que nous avons jusqu'alors sous-estimé aussi l'impact économique de la nature. Les services rendus par la nature, c'est 1,5 fois le PIB mondial. Et les activités économiques qui dépendent directement de la nature, c'est à peu près la moitié de notre PIB.
Cette aventure est inséparable. On le voit bien, si on sait accélérer et changer d'échelle dans la lutte contre le réchauffement climatique, la lutte pour la biodiversité et la lutte pour les peuples autochtones et la préservation de l'humanité, on a des synergies positives qui permettent d'avancer. Face à ça, plusieurs engagements ont été pris et nous avions pris des engagements en début d'année au One Planet Summit.
Je veux ici juste revenir sur quatre points rapides. D'abord, il y a la question de la protection, de la préservation des sols vivants. Nous avons pris plusieurs initiatives, maintenant c'est une question de mise en œuvre.
Vous avez porté, Madame la ministre, un texte de loi qui est en train de se décliner. La lutte contre l'artificialisation des sols est de manière très concrète le moyen d'arrêter ce grignotage progressif. Et donc la France a pris une loi, des engagements, des chiffres, des dates et, pour y parvenir, aussi des mesures d'accompagnement comme par exemple un investissement massif pour permettre de reconvertir les friches existantes.
Cela permet, quand on crée de l'activité parce qu'il faut concilier toujours nos objectifs multiples, de créer de l'activité sans prendre à nouveau des espaces à la nature mais en permettant de reconvertir des espaces qui ont déjà été artificialisés et qui sont parfois abandonnés. Cela, c'est ce que nous voulons poursuivre maintenant à l'échelle européenne avec la Commission et nos partenaires, parce que cette lutte contre l'artificialisation, nous allons la mettre au cœur de la présidence française de l'Union européenne. Cette préservation, ça rejoint plusieurs engagements qui ont été pris par le Premier ministre grec, c'est aussi évidemment de protéger des espaces et donc c'est l'objectif de protection d'espaces maritimes et terrestres.
Nous avons pris l'engagement au printemps 2019 d'avoir 30 % de protection et 10 % de protection forte, ceci à horizon 2027. Sur les 30 %, je vous le dis tout de suite, la loi est passée et nous y serons en 2022, de manière mesurable et quantifiable. Nous y serons et nous aurons mis à côté de ça les moyens pour nous assurer que ces 30 % sont bien contrôlés et vérifiés.
Quand on parle ensuite de protection forte, de là où nous nous plaçons je suis obligé de regarder notre Méditerranée. Et aujourd'hui, si je regarde lucidement les choses, nous protégeons avec ce qu'on appelle une protection forte 0,2 %, nous Français, de notre espace. Nous n'y sommes pas.
Il y a une explication à cela. Notre Méditerranée est au carrefour de multiples activités, et en particulier d'activités de pêche et autres, et donc c'est évidemment extrêmement dur. Mais on ne peut pas faire porter l'intégralité de cette protection à notre zone maritime qui n'est pas hexagonale.
C'est pourquoi, après un travail ces dernières semaines, beaucoup de discussions, en particulier avec nos pêcheurs que je veux remercier, nous allons porter d'ici à 2027 ce 0,2 % de protection forte à 5 % de protection forte de notre Méditerranée en 2027, c'est-à-dire multiplier par 25 celle-ci, ce qui est un vrai changement. Mais c'est ce qui nous permettra d'atteindre notre objectif de 10 % à 2030 en faisant le même effort. Et la France a une responsabilité particulière parce qu'on entend souvent dire que nous ne sommes que 1 % des émissions de CO2.
C'est vrai mais en l'espèce nous sommes la deuxième puissance maritime mondiale. Et donc, quand la France s'engage sur ces espaces maritimes à faire du 30 % et du 10 %, cela a un impact au niveau de la planète tout entière. Et c'est un vrai effort que nous faisons tous ensemble.
Quand on parle enfin de préservation, ce premier objectif, et de protection des sols vivants, il y a la question si sensible des pesticides. Sur ce sujet, le combat nous le menons. Nous avons commencé à infléchir l'augmentation.
Nous sommes en train de continuer à innover, trouver des substitutions mais on sait combien le combat est dur, donne lieu à des controverses politiques, parfois des tensions dans notre pays. Mais est-ce qu'on va assez vite ? Non.
Est-ce qu'on peut sous-estimer l'effort qu'on demande en particulier à nos agriculteurs ? Non, parce que nos agriculteurs vivent déjà tellement mal de leur activité, ont tellement de difficultés. Mais nous devons construire un chemin, une transition tous ensemble pour réussir à reprotéger nos sols, reprotéger nos activités agricoles et progressivement réduire et, partout où on le peut, nous passer des pesticides.
Cela, on a amplement commencé à le faire sur plusieurs pesticides que nous allons fortement réduire encore dans les prochains mois, avec deux méthodes : la recherche et donc nous continuons à investir, c'est dans le plan de relance, dans nos comptes courants si je puis dire et nous allons encore accroître cet effort budgétaire dans les cinq prochaines années parce qu'à chaque fois que par la recherche on trouve des substituts non chimiques, à chaque fois que par la recherche on crée des cépages résistants et qu'on arrive à modifier utilement le vivant, on peut se passer de pesticides et produire en étant compétitif. Et c'est accompagner nos agriculteurs qui sont les premiers acteurs du vivant, qui sont au contact de celui-ci, qui l'entretiennent, qui sont aussi des éléments de la préservation de nos paysages et de notre sol, c'est de les aider à sortir de la dépendance aux pesticides et ça c'est un investissement. Et cet investissement nous devons l'assumer et, en plus de ce qui est prévu dans les [INAUDIBLE] de la PAC, nous avons décidé, la ministre de la Transition et le ministre de l'Agriculture le portent dans le plan de relance, un plan massif pour l'accompagnement à la mécanisation, pour le plan protéines, plusieurs autres aussi, le plan haies, etc.
Nous allons compléter ce plan de relance avec, dans le cadre de France 2030, un plan massif d'investissement pour accompagner nos agriculteurs. Mais je veux que, sur ce sujet des pesticides, la présidence française de l'Union européenne porte, et je m'y engage ici, une initiative forte avec tous les collègues de sortie accélérée des pesticides. Ce n'est qu'au niveau européen que nous y arriverons.
Sinon [INAUDIBLE]. Le deuxième grand sujet, ce sont les forêts et la restauration des écosystèmes. Là-dessus, je ne vais pas être plus long.
Tout a été dit par nos amis et vraiment je vous en remercie. Mais je vais quand même rappeler quelques éléments. La France a été l'un des premiers pays à proposer une stratégie de lutte contre la déforestation importée.
Nous l'avons traduit dans la loi et nous souhaitons, cher Frans, comme tu l'as évoqué, accélérer les travaux qu'a menés la Commission pour qu'au niveau européen nous ayons une stratégie claire et forte de lutte contre la déforestation importée. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire ne plus importer d'huile de palme quand elle est produite par de la déforestation et quand elle nourrit de la déforestation.
Cela veut dire ne plus importer de soja ou de protéines quand ils ont pour conséquence la déforestation, en particulier en Amazonie. Cet engagement, nous l'avons lancé au printemps 2019. On l'a inscrit dans une trajectoire mais je veux être très clair avec vous parce que ce sont toujours des transitions, pourquoi nous importions le soja d'Amazonie, du Brésil et d'autres pays ?
Parce que, depuis les années 60, il y avait cette organisation entre l'Europe et le continent américain qui avait construit cette dépendance protéinique par des grands accords commerciaux et de répartition de nos spécialités, cette dépendance protéinique à l'égard de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud. Si nous voulons en sortir et stopper cette importation, nous devons reconstruire notre souveraineté protéinique. Cette stratégie, nous l'avons bâtie en France par des investissements mais en mobilisant toutes nos filières et nos agriculteurs.
Là, sont des porteurs de solutions de la lutte contre la déforestation parce qu'on va reproduire des protéines en France qui vont nous donner notre souveraineté alimentaire pour nous-mêmes comme pour notre bétail, et nous permettre de stopper cette importation. C'est cela qu'il faut développer en Europe massivement. Ce sont des investissements.
Ce sont des emplois et c'est la réconciliation de l'agenda pour la biodiversité contre le dérèglement climatique, pour la souveraineté européenne et pour la création d'activités économiques. Formidable aventure. Sur ce sujet, je veux aussi saluer l'engagement de plusieurs filières : la filière cacao par exemple, vient de s'engager là pour, dans les cinq ans, lutter contre la déforestation et permettre d'avoir un cacao durable qui soit ainsi consommé sur notre sol en réduisant drastiquement, en supprimant la déforestation importée qui jusqu'alors était souvent liée à cette filière.
Ça, c'est une mobilisation de la filière. Il n'y a pas que les États et les gouvernements qui se bougent, tous les acteurs se bougent en même temps. Et il y a plusieurs initiatives que nous avions lancées en début d'année.
Je veux ici en rendre compte. L'Alliance pour les forêts tropicales qui est venue compléter des initiatives prises depuis longtemps par la Norvège, l'Allemagne, qui ont été précurseurs en la matière avec beaucoup de grandes ONG, en particulier comme Conservation International, cette alliance pour les forêts tropicales, depuis janvier elle a grandi. Elle a aujourd'hui dix fois plus de membres qu'au début, ce n'était pas très difficile vous me direz.
Nous sommes 31 maintenant autour de la table, avec des résultats qui commencent à se construire. L'initiative amazonienne, je pense qu'Harrison en parlera tout à l'heure, que nous avions lancée en septembre 2019 en réaction à l'Amazonie qui brûlait, a aussi grandi avec des résultats concrets. Nous avons accéléré cette stratégie qui a plusieurs années, celle de la Grande Muraille Verte.
Et je veux saluer la mobilisation du président Issoufou qui a accepté de remettre les gants, si vous m'autorisez cette familiarité et qui, après deux mandats en tant que président du Niger, a accepté de s'engager. Et je vous le dis parce que ce n'est pas un hasard, permettez-moi cette remarque un peu personnelle. Le président Issoufou a fait deux mandats de président au Niger qui est l'un des pays les plus pauvres de la planète.
Durant ses deux mandats, il a contribué à réduire la pauvreté. Il s'est battu contre la guerre et le terrorisme mais surtout il a permis la première transition démocratique dans l'histoire de son pays. La première.
Et donc ce n'est pas un hasard si un homme comme lui a considéré qu'il était naturel pour son pays et son continent, après ce petit miracle, de poursuivre la tâche et de venir pour s'occuper de la Grande Muraille Verte. La Grande Muraille Verte, ce sont 18 milliards de dollars que nous avons mobilisés. Ils sont là et nous avons, je parle sous le contrôle de Monique, 75 % des engagements qui sont tenus et donc nous allons poursuivre les derniers bailleurs, parce que je tiens la liste, parce qu'il ne faut pas que ce soient que des mots.
Mais, surtout, on a déjà 45 % des montants qui sont engagés, ce qui montre qu'il y a une mobilisation sur le terrain de tous les acteurs. Et maintenant, ce qui est clé, on en parlait avec vous et avec le FIDA tout à l'heure, c'est que les acteurs sur le terrain puissent avoir les projets et qu'on puisse les accompagner de manière très concrète. Parce que l'objectif de cette Grande Muraille Verte, c'est de lutter contre la désertification et c'est de reconquérir 100 millions d'hectares de terres dégradées qui vont du golfe de Guinée jusqu'à la Corne de l'Afrique.
C'est un formidable travail de réconciliation géopolitique dans tout le continent mais c'est surtout de la lutte contre la désertification, de la lutte contre le dérèglement climatique et c'est une contribution de l'Afrique à l'agenda de Paris. Et je le dis ici parce qu'il n'y a pas que les pays riches qui y contribuent, des pays qui subissent plus que d'autres les conséquences de cet agenda à travers la Grande Muraille Verte sont des sur-contributeurs à cet agenda de Paris. Et c'est là aussi de la création d'activités économiques par de la reforestation, par des projets agroécologiques, agroforestiers et agricoles.
Et donc nous allons aller au bout mais cela avance bien et je voulais en rendre compte. Sur l'agenda forêt on va continuer à avancer, vous l'avez compris, avec force et détermination, mais déjà, depuis le début d'année, on a fait des progrès conséquents et mesurables. Troisième élément de remarque : les océans.
Cela a été très bien dit, je ne vais pas répéter ce qui a été souligné par l'ensemble des interlocuteurs. La stratégie de lutte contre le plastique est absolument clé. La France a porté une loi, on est en train de la mettre en œuvre.
Elle a été renforcée encore récemment. Nous sommes en train de sortir partout où on le peut du plastique à usage unique. On est en train de construire les filières d'économie circulaire.
Il faut le faire partout, dans tous les pays développés et dans les pays en voie de développement parce que c'est porteur d'activité économique et il faut le faire dès maintenant et on avance. Ensuite, pour préserver les océans, c'est le travail d'éducation, d'accompagnement pour prévenir la pollution. On a vu ce matin des initiatives absolument formidables et je veux ici être leur porte-parole parce que, c'est ce que nous ont dit ce matin l'initiative 7ème continent et d'autres : le plastique, quand il est en mer, c'est déjà trop tard.
Ramasser le plastique en mer, ce sont des initiatives fortes, visibles, de bonne volonté mais c'est déjà trop tard. Parce que le plastique, au-delà du macro plastique visible, ce sont des milliards de particules qui ont déjà pollué, qui ont déjà infecté les écosystèmes, qui ont déjà parfois tué des poissons voire des planctons et qui ont infesté les écosystèmes vivants. La seule solution, c'est que le plastique n'arrive pas dans nos mers et nos océans.
C'est donc réduire les usages et c'est éduquer et prévenir le gaspillage et l'arrivée du plastique dans nos mers. Indispensable. Pour réussir cette aventure, je veux saluer le travail de la Commission.
Frans, tu auras l'occasion je crois dans les prochains jours ou prochaines semaines, de présenter le travail que tu as porté et qui a beaucoup mobilisé. Je veux aussi saluer la mobilisation de Pascal Lamy à tes côtés. C'est l'initiative Starfish qui est en effet une initiative qui va permettre de reconstituer, régénérer l'hydrosphère et, à travers cinq grandes initiatives, un financement massif d'avancer et, pour l'hydrosphère, de corriger, régénérer et prévenir avec de l'économie, avec des initiatives et avec de la science.
Au-delà de ça nous avons lancé là aussi, en septembre 2019 et en début d'année, des alliances, en particulier l'alliance de nos transporteurs SAYS pour réduire les émissions, convertir les flottes au LNG et à d'autres techniques et rejoindre le label européen Green Marine auquel nous sommes quelques uns à tenir beaucoup. Je veux saluer tous les acteurs qui ont annoncé leur adhésion à cette initiative et en particulier CMA CGM puisque nous sommes à Marseille, qui a acté et confirmé le fait qu'elle rejoignait cette initiative. Vous pouvez les applaudir, en effet.
Nous battre pour les pôles, c'est aussi entendre ce qui est dit par les experts. J'écoute toujours ce qui nous est expliqué. Nous battre pour les océans pardon, parce que je vais venir aux pôles.
Nous avons été sollicités ces dernières heures et ces derniers jours par les Nations unies, par nos scientifiques qui nous ont dit il y a ces initiatives et elles sont très utiles. Mais, si vous voulez sauver les océans, vous devez réduire le plastique. Vous devez vous battre pour les aires marines protégées, ce que nous sommes en train de faire en tant qu'Européen, on l'a dit et on va essayer de convaincre les autres et d'avoir cet agenda international.
Mais vous devez aller plus loin, vous devez mener le combat à l'international, d'abord pour convaincre d'autres puissances de faire des aires marines protégées et parce qu'il vous faut aussi continuer le travail pour mieux connaître nos océans. Et il faut mener ce travail parce que 60 % de notre espace maritime est hors du droit. 60 % de notre espace maritime en quelque sorte est hors de nos aires marines qui sont ce que nous maîtrisons.
Et, si nous ne voulons pas que ces 60 % de nos océans deviennent des zones de non-droit, de concurrence, de prédation géopolitique marchande et une catastrophe pour la biodiversité et pour la science, nous devons nous battre pour un agenda qui met nos océans au coeur de nos objectifs en tant que bien public mondial, que bien commun. Cet agenda nous devons le porter et, je vous le dis très sincèrement, c'est un agenda scientifique, géopolitique et environnemental essentiel. Pour répondre à l'invitation des Nations unies, je prends ici l'engagement de tenir le One Ocean Summit qui nous permettra de mettre toutes les parties prenantes autour de la table pour à la fois construire des initiatives concrètes fortes mais un agenda juridique international pour porter ce projet de bien public mondial.
Et se battre pour nos océans, c'est se battre pour nos pôles. Nous avons un ex de nos grands explorateurs, quelques uns sont dans la salle, Monsieur Étienne est là et je le salue avec respect et admiration et bravo pour tout ce que vous avez fait et ce que vous nous avez apporté. Et donc, depuis le One Planet Summit, on a décidé de lancer et on a accéléré ce qui était une aventure de presque 10 ans que vous portiez et donc on va vous accompagner dans cette aventure justement d'exploration de nos pôles.
Mais cette bataille est un risque, je vous le dis très clairement. Pourquoi ? Parce que sur l'Antarctique un combat a été mené il y a plusieurs décennies et un combat qui doit beaucoup à la France et à Michel Rocard à qui je veux ici rendre hommage.
Parce que sans Michel Rocard, sans cet échange extraordinaire qu'il a eu, et on le rappelait ce matin avec quelques uns, extraordinaire, sans doute aurions-nous décidé de nous répartir l'Antarctique et de l'exploiter, peut-être un peu moins mais de l'exploiter. Et on a conjuré le destin avec quelques uns et on a réussi à développer la science libre dans l'Antarctique et à protéger ce pôle. L'Arctique est aujourd'hui en danger.
Il y a une part d'inéluctable qui est la conséquence du réchauffement et il y a ce que nous devons maintenant réussir à lancer comme initiative. Nous devons convaincre les grandes puissances qui sont présentes en Arctique de bâtir à nos côtés un agenda pour essayer de préserver ce qu'on peut encore préserver. Et donc, je vous le dis très clairement, je vais le dire en des termes qui je pense parleront à celles et ceux qui s'intéressent à ce sujet, nos lois sont aujourd'hui imparfaites et ne permettent pas de tout protéger en matière de biodiversité.
La France n'attendra pas les lois pour prendre toutes les mesures qu'elle peut prendre, pour que rien de la biodiversité dans la région arctique ne puisse être dégradé par des projets économiques portés par des entreprises. Mais, plus clairement, lors de ce sommet je veux que nous puissions essayer de convaincre les grandes puissances qui sont autour de la table de l'Arctique de bâtir un agenda de bien public mondial et un agenda scientifique de biodiversité et climatique pour essayer de sauver ce qu'on peut encore sauver. C'est notre devoir.
Une stratégie polaire me sera soumise à l'automne. Je remercie notre ambassadeur et tous nos scientifiques et, sur cette base-là, on essaiera de convaincre nos partenaires d'aller au bout de cette aventure pour l'autre pôle. C'est absolument essentiel.
Ma quatrième et dernière remarque, elle est sur nos instruments, nos méthodologies. On ne pourra pas réussir tout ça si on n'arrive pas à se doter des bons instruments. Le premier, Christine Lagarde l'a dit, plusieurs autres aussi, c'est mesurer.
On ne bouge pas bien les choses quand on ne les mesure pas proprement. On a réussi un miracle et je veux ici aussi, comme ça a été fait, saluer la présence à nos côtés de Laurent Fabius. Je le fais avec beaucoup d'amitié mais là aussi avec beaucoup d'estime parce que, cher Laurent, vous portiez à ce moment-là le marteau, chacun s'en souvient, pour la France mais la mobilisation internationale qui a été permise et possible a été clé parce que nous avons construit pour la première fois un agenda international avec des objectifs, des chiffres et des dates.
Et ce travail diplomatique inédit, il a été possible parce que nous avons su construire de manière consensuelle une mesure commune. Nous devons absolument, sur les sujets de biodiversité, nous doter des mêmes instruments pour mesurer les impacts, pour mesurer aussi en termes de comptabilité et réussir à bâtir le consensus. Gilbert le disait pour le FIDA tout à l'heure à raison, on voit aujourd'hui trop de chiffres hétérogènes sortir.
Et donc, premier objectif que nous devons parachever dans les prochains mois et je pense que Kunming doit nous permettre de faire ça, avoir des standards scientifiques consensuels pour mesurer les sujets biodiversité et les sujets financiers publics et privés en matière de biodiversité. Ensuite, nous devons changer l'intérieur du modèle de deux manières. Nos banques publiques de développement doivent tenir des engagements en matière de changement de leur financement.
Ce que nous avons fait pour le climat, on doit le faire pour la biodiversité et je salue ici l'AFD et le FIDA. Les engagements pris au One Planet Summit de janvier sont tenus. Merci pour cela et bravo à vous.
Mais on doit élargir le club des banques publiques de développement pour qu'elles aillent toutes vers ce 30 % pro biodiversité au moins et qu'on arrive à faire ce qu'on a fait en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Et on doit faire la même chose en matière privée. Christine Lagarde l'a dit, nous avons lancé cette initiative de task force pour la transparence des financements pour la nature.
C'est un combat qui suit celui qu'on a mené pour le carbone et qui produit ses premiers résultats. Et on a réussi à convaincre une écrasante majorité des fonds souverains, des gestionnaires d'actifs, des entreprises de la planète depuis le premier One Planet Summit, pour aller dans cette initiative des One Planet Summit Sovereign Wealth Funds. Et on a des résultats.
On doit faire la même chose en matière de biodiversité et donc pour ça, on doit avoir une méthodologie commune et précise et on doit mettre la pression sur tous les financeurs de la planète pour qu'ils la rejoignent. Et, je vous le dis avec clarté, cette méthodologie nous devons en garder la maîtrise. La maîtrise, c'est-à-dire que je souhaite qu'on puisse la construire à ciel ouvert avec des financiers et, chère Christine, si je peux être votre avocat pour convaincre tous vos membres que vous soyez notre ambassadrice, ce serait formidable que la présidente de la BCE prenne en quelque sorte cette responsabilité, en plus de tout le reste mais qu'on puisse, à travers les différents One Planet Summits, en rendre compte aux scientifiques, aux associations, aux ONG, aux entreprises et aux gouvernements pour que cette méthodologie se fasse à ciel ouvert.
Je ne veux pas que cette méthodologie pour la biodiversité se fasse comme les standards financiers, c'est-à-dire un peu à l'écart, dans des cénacles trop techniques et en n'atteignant pas les objectifs qui sont les nôtres. Et donc mesurer, bâtir cette méthode et financer, c'est de manière transversale ce qu'il nous faut construire. Merci Sylvie et quelques autres du travail qui est fait par nos banquiers centraux à cet égard.
Ensuite, nous devons être cohérents. Le deuxième grand élément transversal, c'est la cohérence de nos politiques publiques. Et, je vais ici être très clair avec vous, la France a porté en quelque sorte une resynchronisation de l'agenda commercial avec notre agenda climatique et biodiversité.
Quand nous avons dit non au Mercosur, c'était avec cela en tête. Je vais vous dire deux choses très clairement aujourd'hui. La France est contre le Mercosur tel qu'il est négocié aujourd'hui et nous le resterons très clairement, pas parce que nous ne sommes pas à l'aise avec nos amis du Mercosur, au contraire, mais parce que par définition cet accord tel qu'il a été conçu et pensé ne peut pas être compatible avec notre agenda climatique et de biodiversité.
Ce n'est pas vrai. Et donc nous ne pouvons pas le conclure aujourd'hui ainsi mais surtout nous devons bâtir des contrats commerciaux de l'Union européenne avec les autres partis qui reflètent ce même objectif. Notre politique commerciale doit porter des clauses miroirs sur le plan climatique et sur le plan de la biodiversité.
Cela, c'est ce que je veux que la présidence française, aux côtés de nos partenaires et avec la Commission, puisse porter. Nous devons réinventer nos politiques commerciales pour qu'elles soient cohérentes avec nos politiques climatiques et avec nos politiques de biodiversité. C'est une nécessité.
Et puis enfin c'est un agenda de transitions. On n'arrivera pas à faire tout ça en un jour. Il faut réconcilier, vous l'avez dit, l'écologie, l'économie, le social.
Il faut donc accepter dans cette période de changer nos paradigmes, accepter de financer massivement ces transitions, accepter d'accompagner nos agriculteurs, nos pêcheurs, nos concitoyens, pour que ces transitions soient possibles, accepter d'accompagner les pays en voie de développement et les pays les plus pauvres pour les aider à faire cette transition. Et donc nous devons changer les paradigmes financiers qui sont les nôtres comme gouvernements et aider à changer les paradigmes financiers qu'ont les investisseurs privés internationaux. En quelque sorte, ce qui était aux portes du capitalisme international, nous devons le remettre au cœur et bâtir vraiment cette responsabilité économique, écologique et sociale.
Nous avons commencé avec le plan de relance européen et les déclinaisons nationales à faire cette transformation. Nous allons devoir aller encore beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. Voilà, mes chers amis, ce que je voulais vous dire pour ce qui nous concerne.
C'étaient les quatre remarques que je voulais faire. Ce multilatéralisme efficace auquel je crois, c'est celui qui permet de retrouver tous ensemble un sens et de rebâtir des écosystèmes, c'est-à-dire ce qu'on a déréglé. Cela ne se fera pas en un jour.
Ce n'est pas une mesure qui permet de le bouger, ce n'est pas une chose. C'est un ensemble de décisions où on remet en cohérence cette bataille pour le climat, pour la nature, pour les peuples autochtones et, au fond, pour l'humanité. Ce combat, je veux que nous le menions ensemble et je suis pour ma part extraordinairement confiant.
La situation est dramatique mais notre volonté est immense. La capacité d'innover de l'espèce humaine est massive. Il faut juste qu'on la remette au service de ces solutions.
Nous allons y arriver parce que nous allons nous battre, voilà ce que je voulais vous dire. Merci aux combattants que vous êtes et aux enthousiastes. Avant d'ouvrir le congrès, pour les tout derniers mots je veux passer la parole à un combattant inspiré.
Il s'est battu dans la forêt amazonienne. Après, il s'est battu pour elle et aux côtés des peuples autochtones. Harisson Ford voulait lancer un appel, cher Harisson la parole est à vous.
Président Macron, merci de me permettre de m'exprimer devant vous aujourd'hui. Cette opportunité m'honore, je vous en remercie. Monsieur le Président, la dernière fois que nous nous sommes vus à l'occasion de la Conférence de l'ONU sur le changement climatique en 2019, l'Amazonie brûlait.
Au nom de votre pays, vous avez pris des engagements audacieux et promis 100 millions de dollars en faveur de la protection de cette forêt si précieuse. Une nouvelle fois, merci Monsieur. Merci pour votre gouvernance inspirante.
Nous voilà à nouveau tous réunis. Je suis ravi d'être ici. Je suis ravi de vous voir tous résolument engagés, encore et toujours dans la lutte.
Soucieux, inquiets, oui nous le sommes. Mais pas désarmés face au terrifiant rapport du GIEC. Nous le savons tous, ces dernières années n'ont pas été faciles.
Il est difficile, très difficile de se vouer à une cause si urgente et de ne pas réussir à obtenir l'élan nécessaire pour créer le changement absolument indispensable. Il est difficile de regarder la montée du nationalisme face une menace mondiale qui appelle à une coopération et une action universelles. Comme il est difficile de lire les gros titres de la presse : inondations, incendies, famines, pandémies, puis de dire à vos enfants : tout va bien.
Non, tout ne va pas bien ! Bon sang, tout ne va pas bien ! Nous avons le droit de nous sentir frustrés, anxieux, tristes mais nous ne devons pas fuir cette situation, nous devons crier justice !
Justice pour mère nature ! Justice sociale pour les peuples indigènes, pour les communautés marginalisées, pour tous les habitants de notre planète. La Terre abrite des écosystèmes irremplaçables, riches en carbone et en biodiversité.
En préservant ne serait-ce qu'une fraction de ses zones humides, de ses forêts tropicales, de ses mangroves, nous pouvons protéger notre vie sauvage, notre air, notre eau, notre nourriture, nos emplois et notre climat. Souvenez-vous, souvenez-vous que les renforts sont en route, s'il vous plaît. À l'heure qu'il est, ils sont dans les salles de lecture, s'aventurent sur le terrain pour la première fois, rédigent leur thèse.
Ils descendent dans la rue et organisent des communautés. Ils apprennent à transformer leurs passions en progrès, le potentiel en puissance. Mais ils ne sont pas encore là.
Dans quelques années ils seront là, dans des salles comme celle-ci et le monde en profitera. Souvent, les jeunes sont traités d'idéalistes naïfs mais ils ont l'énergie, la conscience et la formation pour faire ce que nous n'avons pas encore été capables de faire. Nous recherchons des solutions parfaites, des politiques parfaites mais plus personne ne peut s'offrir ce luxe.
Nous devons juste mettre la main à la pâte. Nous devons changer la donne. Nous devons faire bouger les choses maintenant.
Un poème de Wendell Berry m'encourage à venir dans la paix des choses sauvages qui me taxent leur vie avec préméditation de chagrin. Allez, mettons-nous au travail ! Merci beaucoup à toutes et tous.
Je déclare maintenant ouvert le congrès de l'IUCN à Marseille. Bons travaux. Merci.
Merci, Monsieur le Président. Merci. Merci à vous tous.
Il sera difficile de parler après Harrison Ford et Monsieur Macron, j'ai quelques mots encore à vous dire. S'il vous plaît, voici quelques informations pratiques. Merci beaucoup.
Merci encore, Monsieur le Président de la République pour ces messages forts et ces engagements concrets de la France vis-à-vis de notre planète. Merci à tous les invités, Merci à Monsieur Sebastião Salgado et Yann Arthus-Bertrand et aux autres artistes, pour les belles images que nous présentons aujourd'hui. Mesdames et Messieurs, je vous souhaite un congrès productif et couronné de succès.
Mesdames et Messieurs, vous pouvez emprunter les issues à votre gauche, à ma droite, pour le cocktail qui se déroulera au Nature Generation Areas avec de courtes prises de paroles de Benoît Payan, Bruno Oberle, ainsi que la ministre Barbara Pompili et la secrétaire d'État chargée de la Biodiversité, Bérangère Abba. Merci beaucoup ! Merci à tous.
Emmanuel Macron