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Podcast / conversationLegend (sur YouTube)· 12 novembre 2025 149 minPortrait personnelSécuritéJusticeSolidarités & famille

AT.TENTAT DU BATACLAN : TÉMOIGNAGES INÉDITS DE SURVIVANTS QUI ONT PARLÉ AVEC LES TERR0RISTES

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 3 %Défensif 29 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Comment les primo-intervenants ont-ils réagi face aux terroristes au Bataclan ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Quelle était votre mission en tant que médecin du RAID ce soir-là ?

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous réagi quand vous avez entendu les tirs ?

  • 9:10OuverteRéponse directe

    Comment gérez-vous les fausses victimes dans votre association ?

  • 13:10OuverteRéponse directe

    Comment décririez-vous l'impact psychologique du 13 novembre sur les survivants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Fait
    « Il y avait tout et c'était pas des fois c'était flouté mais parfois ça l'était pas et du coup j'ai la chance d'avoir alors j'ai eu beaucoup de messages du soutien mais j'ai aussi des menaces euh de plein de gens de des sympathisant d'h qui étaient pas et des menaces en plus de. »
  • 10:00Fait
    « Il y a eu des ce qu'on a appelé les mythos du Bataclan. Il y a eu des menteurs qui sont inventés des vies qui ont fait semblant. Il y a même une série d'ailleurs, on se qui a été jouée par Loralami, une comédienne euh et où elle joue le le le le rôle de la mytho du Bataclan qui a demandé je crois qui s'est fait passer pour quelqu'un qui était alors qui était pas. »
  • 17:30Fait
    « Le fond de garantie c'est en gros un système assurel. toutes les quand on paye son assurance, il y a un petit pourcentage de l'assurance que chacun paye qui va à ce fond qui sert à dédommager les gens qui ont des accidents collectifs. »
  • 22:30Fait
    « Le 13 novembre 2015, à la tête de mes équipes du raid, je franchissais les portes du Bataclan en jambant les cadavres glissant sur le sang répandu. »
  • 25:00Fait
    « On préparait la l'Euro 2016 qui qui avait lieu 1 an après et on on travaillait en symbiose avec l'équipe présidentielle pour savoir comment on pouvait évacuer le le président si si jamais il y avait un attentat. »
  • 30:00Fait
    « Les premiers intervenants de la police nationale étaient sur place. Et rappelez-vous que cette soirée-là, le premier à rentrer au Bataclan, c'est ni quelqu'un de la BRI, ni quelqu'un du RA, mais c'est le chef de la BAC de Paris avec son son chauffeur tous les deux qui courageusement alors qu'ils étaient en tenue ce qu'on appelle du léger, c'est-à-dire avec juste un un gilet par balle qui arrête le 9 le pistolet, voilà et avec leur arme de point rentre très Courageusement. »
  • 0:18Fait
    « les primo intervenants engagent le feu pour soit terminer le problème définitivement, soit faire en sorte que celui qui tue arrête de tuer »
  • 0:35Chiffre
    « ils ont tué 90 100 personnes en très très vite »
  • 5:20Fait
    « j'entends clairement ce qui ressemble à des tirs d'armes automatique venir de derrière moi à droite »
  • 13:20Chiffre
    « on compte 132 morts »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

émission exceptionnelle aujourd'hui sur le 13 novembre 2015 à l'occasion des 10 ans du Bataclan. Tu te rappelles de leur visage ? Le visage, ouais, clairement je l'ai imprimé euh à Vitam [musique] et éternum quoi.

Il me dit "T'enfuis pas, je vais pas te tuer." Et je en fait je trouve ça tellement surréalisten pas, je vais pas te tuer. Ouais.

Et en fait je plonge et la chance que j'ai, c'est qu'il avait l'arme baissée. Donc le temps qu'il lève la la calche, même pas. Même pas.

J'ai eu le temps de plonger du couloir d'où je venais et donc d'éviter les tirs. Mais la fille à côté de moi, par contre, elle a été touchée. Tu as pas eu envie de sauter sur eux ?

Je les ai tu en rêve pas mal de fois. Il faut qu'on lui arrache la gorge, il faut qu'on lui crève les yeux. Faut qu'avant qu'il touche le sol, il soit mort.

Quo ? Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Émission exceptionnelle aujourd'hui sur le 13 novembre 2015 à l'occasion des 10 ans du Bataclan et de ces attentats qui ont touché la ville de Paris et simultanément d'ailleurs sur plusieurs lieux au Stade de France en même temps sur les terrasses et au Bataclan lors d'un concert du groupe Eagle of Death Metal.

On va voir cinq personnes qui vont venir raconter leur journée, comment elles ont vécu cette attaque terroriste. On aura non seulement des gens qui étaient au concert, qui sont allés assister au concert, on aura aussi, vous verrez tout à l'heure, l'ancien patron du RAID qui était là-bas d'ailleurs de 2013 à 2017, patron du RA et on aura aussi le médecin en chef du RAID. Ils vont tous raconter comment ils ont vécu leur journée et leur soirée justement au Bataclan.

On va commencer par Benjamin. Vous allez voir Benjamin qui n'a jamais parlé en 10 ans, qui a vécu des histoires complètement folles ce soir-là. Il s'est retrouvé complètement né à né avec les terroristes.

Il a même parlé aux terroristes qui ont ensuite tiré dessus. Il a réussi à ne pas se faire toucher par miracle. Il va nous raconter comment il s'est retrouvé caché dans le Bataclan jusqu'au dernier moment.

Il lui arrivé vraiment beaucoup de choses. C'est un témoignage exceptionnel. Je remercie d'avance d'ailleurs de de parler aujourd'hui.

On aura tout à l'heure aussi Stéphanie. Stéphanie qui a vécu autre chose. Elle a vécu, vous verrez son parcours à l'intérieur du Bataclan.

Elle est allée s'exprimer au procès et elle a pu parler à Salab des Slam. Elle va nous raconter ce qu'ils se sont dit d'ailleurs en off. Et on finira tout à l'heure par Arthur qui est le président de l'association Life for Paris qui aujourd'hui regroupe toutes les victimes du Bataclan.

Il va nous raconter ce qu'il a vécu et c'est lui qui a permis au groupe Eagle of Desath Metal de s'enfuir. C'est parti pour une émission spéciale Bataclan. N'hésitez pas à vous abonner en 2 secondes si vous voulez bien juste avant de commencer l'émission, à commenter l'émission, à mettre la petite cloche.

Vous pouvez aussi nous écouter en podcast audio sur Spotify, sur Apple Podcast et sur Amazon Podcast. Vous pouvez le mettre quand vous êtes dans un trajet par exemple, vous pouvez mettre le téléphone directement relié dans la voiture. Si vous faites du sport pour en profiter quand vous allez courir, quand vous allez à la salle, quand vous allez aussi vous êtes dans le lit ou au travail, vous pouvez nous écouter comme ça directement avec les écouteurs.

Donc on est sur les plateformes de podcast audio. Merci d'ailleurs de faire de légende le premier podcast de France. C'est parti maintenant sur légende.

On y va. [musique] Ça y est, Benjamin est avec nous au plateau. Bienvenue Benjamin.

Benjamin, tu es scénariste toi, c'est ça ? Et tu étais le 13 novembre 2015, tu étais au Bataclan, au concert justement. Euh on a décidé de faire une émission complète là-dessus avec différents intervenants, vous verrez, qui viendront au fur et à mesure au fur à mesure dans l'émission pour raconter euh sous leur prisme en fait ce qu'ils ont vécu durant cette journée.

C'est quelques jours pour certains, vous verrez, il y en a qui ont vécu plusieurs jours euh compliqués, certains plusieurs mois, même plusieurs années, on va en parler après, mais de l'empreinte psychologique de ce qui reste après. Juste pour comprendre, donc toi tu es scénariste, tu es en train de faire un film justement sur le sujet. On y reviendra tout à l'heure parce qu'il est arrivé une histoire, tu tu ne l'a jamais vraiment raconté en interview long, j'ai jamais vu en France.

Non, je l'ai fait au Danemark. Donc si tu parles danois, il y a moyen de Mais c'était aussi une des raisons pour laquell j'ai accepté de le faire, c'est que ça serait en danois uniquement et je ne parle pas d'Anais non plus, mais on voilà, j'ai fait l'interview en anglais et c'est resté là-bas dans un journal. Pourquoi tu as jamais raconté en 10 ans quand même aujourd'hui.

Euh parce que déjà je je j'envoyais pas trop l'intérêt à 100 %. Il y a plein d'autres histoires qui ça sert à rien en rajouter une par-dessus tout ça. Euh la raison toute première aussi c'était pour des raisons pseudo de sécurité.

J'avais été j'avais reçu des menaces après euh C'est fou après l'attaque. Et du coup euh moi j'y croyais pas trop mais mes proches était super inquiet donc du coup dans le doute j'ai pas voulu inquiéter qui que ce soit ou prendre des moindres risques. Voilà.

Parce que ce que tu tu en fais un film aujourd' c'est c'est on en parlera tout à l'heure mais c'est c'est tu vas raconter ton histoire dans ce film ? euh le mon histoire et celui de ma compagne. Ouais.

Notre rencontre et euh les et le tout toutes les bonnes choses qui bah c'est c'est difficile à entendre peut-être mais toutes les bonnes choses qui ont plus naître de tout ça en fait de l'horreur en gros montrer que au-delà de l'horreur il peut il peut il peut vraiment arriver de très très il peut ressortir de très belles choses et tout ça quoi. Euh tu devais pas être là-bas ce soir-là ? Bon c'était un concert de métal de hardrock.

De hard rock. Euh toi tu es fan de de du groupe Eagle of de Metal. Ouais, je les avais vu en juin quelques mois avant et donc j'étais pas j'étais pas en France mais j'étais venu en France pour pour fêter l'anniversaire de ma mère, lui faire une petite surprise et le jour du le jour du concert en fait, un ami à qui j'avais fait découver le groupe m'a filé sa place comme cadeau d'anniversaire en retard et voilà, très beau cadeau.

Donc du coup, ouais, je suis arrivé je suis arrivé pendant la première partie mais je suis je suis arrivé sur le tard parce que c'est anniversaire de ta mère donc tu es revenu en France à ce moment-là. Ouais, elle est née le 15 donc je suis venu quelques jours avant. [ __ ] !

Voilà. Il te file une place OK de concert. Tu tu il te file une pour aller avec lui ou il te file une parce qu'il en a qu'une ?

Non non, il me file la sienne et en fait l'ami j'avais fait découvrir le groupe à deux amis. Donc les deux amis étaient censés y aller. Lui il peut pas y aller donc il me fil sa place en mode cadeau anniversaire.

Voilà, c'est enfin en retard mais donc voilà, donc j'ai eu sa place et j'ai rejoint mon ami du coup devant le Bataclan pendant la première partie à peu près. Et donc vous partez à à juste à deux Ouais. Vous partez ce que tu disais avec deux potes.

Donc vous partez juste à deux. Tu es juste avec Ouais, on est je suis juste avec ma avec mon ami en fait avec mon ami Fatime et en gros une fille une copine. OK.

Ouais. Ouais. et on se retrouve là-bas, on arrive pendant pendant la première partie donc c'est ultra blindé le concert et tu arrives un peu un peu enfin pas en retard mais parce que quand ça commencé mais première partie c'est déjà que tu es pas en avance quoi.

Ouais ouais ouais. Bah parce que j'ai eu la place tard en fait et j'étais censé boire alors là pour la petite histoire j'étais censé boire des verrs avec un de mes meilleurs amis qui habite audessus du carillon au carillon. Donc j'étais vraiment un chat noir ce soir là on va dire.

Etill c'est un restaurant où il y a eu donc c'est l'histoire race où il y a eu bah des gens exécutés sur le sur le trottoir quoi là. Ouais ouais tout à fait. juste avant fait l'attaque au Bataclan et du coup on devait aller voir des coups, j'ai annulé pour venir au Bataclan et mon ami qui était qui habité audessus du carium m'a dit "Ça tire en bas de chez moi, fais gaffe, reste bien dans le Batacllan".

Et après ça tire devant le Bataclan reste bien dedans, ne sachant pas en gros ce qui se passait vraiment tu vois. Donc voilà. Donc tu arrives première partie avec ton ami qui est fan du groupe.

Ouais. Ouais. Je par je lui ai fait découvrir les avait déjà vu une fois, elle aimait beaucoup et genre on est on est pas loin du bar, enfin on est vraiment à 2 m du bar.

Donc c'est-à-dire tu es très loin de la scène. Ouais, je suis loin de la scène mais c'est une pas une très grande salle. Et euh mais je suis vers l'entrée quoi.

Ouais, je suis à 3 m de l'entrée en gros à peu près et je suis sur la droite du bar et euh le gros avantage du coup c'est qu'on peut facilement aller faire des refil et retourner au bar. On est à recharger les Ouais, pardon, j'ai des anglicismes. Et en gros, ouais, on peut facilement aller recharger.

On a on a commencé même à sympathiser avec des groupes de mecs juste à côté. C'est assez bizarre. Après coup, les gens vont dire c'est vraiment mais on a sympathisé avec des gens pendant la première partie entre les avant que le concert commence avec deux groupes de mecs en parlant du groupe, en parlant de la pochette du groupe de l'album et des choses comme ça et on s'est même payé des verres et tout ce qui m'est jamais arrivé à d'autres concerts donc ça c'est marrant comme ça.

Tu t'es fait avec des gens ? Ouais. Ouais.

Juste avant quand on peut sympathiser des gens dans un concert quoi. Ouais. En gros, on est au même endroit, on fait des blagues et quand quelqu'un entend la blague, on rebondit les uns sur les autres et voilà.

Et donc l'alcool et dent, je pense aussi on a commencé. Puis c'est c'est un c'est un groupe qui est qui est vraiment extrêmement festif. Donc il y a qui est joyeux quoi.

Ouais, il y a beaucoup de gens. Il y a des ail y a autant de femmes que d'hommes. Il y a des jeunes, il y a des plus vieux.

C'est vraiment les gens viennent de faire la fête quoi. Et donc qu'est-ce qui se passe là ? Du première partie ça se passe bien ?

Tu te fais des potes ? Tu as une amie ? Bo on boit des coups et en gros tout se passe très bien.

On rigole et en gros bah pour rentrer dans le dur, le le concert démarre. Euh super concert, c'est pas vraiment l'émotion qui faisait ça, c'est vraiment un groupe de live qui est vraiment génial et euh c'est des super musiciens et ils sont là pour s'amuser. C'est des chaman quoi.

Donc euh l'ambiance est enfin j'ai des vidéos, l'ambiance est folle quoi. Les gens dansent partout même au fond. C'est même au fond généralement les gens plus on est en retrait voilà, on peut imager que les gens dans la fosse ça ça saute, ça pogote et tout. même où j'étais au fond vraiment au bar, les gens sautaient, criaient enfin c'était euh c'est pas l'hysterie mais vraiment c'était une super ambiance quoi.

Ambi ça fait partie des groupe qu'il faut voir sur scène. Donc le le concert commence euh tout va bien, vous faites la fête, tout le monde danse, c'est joyeux, c'est festif. La la taille terroriste va être vers 21h45 ce soir-là.

C'est c'est trois terroristes qui vont rentrer dans dans le Bataclan. Toi, tu es où par rapport à la scène ? Par rapport au Bataclan, il y a la porte qui est au fond, il y a le bar.

H ensuite il y a donc la scène avec les les artistes et les gens au milieu évidemment. Toi tu es où à ce momentl ? Alors pour essayer de situer un peu, en gros, je suis au fond de la salle donc je suis près du bar, j'ai l'entrée qui est derrière moi à quelques mètres à 3 4 m et donc la scène loin devant mais encore une fois c'est pas une très grande salle donc c'est pas c'est pas très gênant et en gros quand les premiers tirs euh sont entendre moi je me retourne direct parce que bah voilà je je je suis attiré par le bruit automatiquement et en fait je les vois tout de suite.

J'arrive pas à voir les trois mecs distinctement mais je vois au moins deux personnes en train de rafaler. Ah tu vois donc tu vois les armes tout de suite ? Ouais ouais.

Bah je vois je vois des silhouettes. Ouais. Non non, moi je je les vois vraiment de façon ils étaient vraiment à 3 4 m.

Et en gros très vite les gens en fait entre eux et moi bah se se font dire tombent comme un peu comme le le blé qui se couche avec le vent dans un champ quoi. C'est s de domino géant. Les gens se tombent dessus donc on me tombe dessus et donc je suis au sol et en gros ça te fait tomber aussi.

Ah ouais en fait c'est vraiment un mouvement de dominion. Donc tout le monde se tout le monde tombe et me tombe dessus et les gens qui se sont pas fait tirer dessus en fait qui sont encore vivants courent dans le sens opposé de des tirs donc s'échappe vers la sortie de secours en fait qui est sur la gauche au fond à gauche de la salle et donc je me fais piétiner mais alors c'est assez ridicule mais sur le coup j'ai vraiment pensé au Roi Lion j'ai pensé au père de Simba qui se fait piétiner par le troupeau de Gnou et pendant une seconde j'ai vraiment vu des chaussures me marcher dessus sur la la tronche quoi pendant que je par terre et le moment où ça s'arrête en gros c'est quand le un des tireurs, j'ai pas les nommer parce que j'aime pas j'aime pas les rendre encore plus éternel qui ne sont quoi. Mais en gros, il rafale en fait au-dessus de moi et moi j'essaie de me de me relever mais je glisse en fait sur le sur l'alcool, sur le sang, enfin tout ce qu'il y a par terre quoi.

Et pendant alors je suis assez cartésien, ça c'est en quelques secondes là, c'est vraiment tout joue dans les deux trois premières secondes quoi. Mais pour moi le temps s'arrête vraiment. J'ai eu une C'est la première et seule fois de ma vie.

J'ai eu une expérience extracorporelle vraiment. Donc je suis pas du tout ni branchir ni les religions quoi que ce soit. faire une émission spéciale d'ailleurs, des expériences de mort imminente aussi, c'est autre chose, mais c'est quand tu sors de ton corps.

Bah j'ai eu cette expérience là, c'est-à-dire que pendant une seconde, le son s'est coupé, le temps s'est arrêté et je me suis vu enfin je sorti de mon corps et je me suis vraiment vu comme si j'étais une caméra que j'étais sû je me filmais à la trème personne. Ouais. Et j'ai vu mon visage en mode visage d'ffroid quoi.

Façon le cri de mounch quoi. Vraiment le visage son nom le cri de Mounch. Je sais pas si tu la peinture le peintre.

Ah oui oui. Voilà le qui se tient le visage là le cri des froids là. Bah, j'ai vraiment cette tête là et en fait je reviens en moi, le son revient, ça redémarre et là ça rafale et donc j'essaie de me relever comme je peux et euh donc du coup tu es au sol et tout le monde est sorti à ce moment-là.

Bah non, les gens continuent à courir d'un côté à ceux qui se couchent dans la fusse et puis il y a la tous les gens qui étaient entre eux et moi qui sont pas qui sont pas touchés par les par les rafales ont couru vers la sortie dans mon dos en fait quoi. Et toi tu te retrouves allongé ? Moi, je suis pasé sur les fesses à essayer de me relever et en fait quand je réussis à me relever, je me dis que si je suis ces gens-là qui s'échappent vers la partie deour la sortie de secours, je vais me faire tirer dans le dos en fait parce que c'est une espèce de goulot d'étranglement quoi.

Donc mon premier réflexe, c'est de me dire doit je dois sortir de la ligne de tir. Donc en gros juste après le bar, il y a une porte enfin il y a une porte, il y a un escalier qui monte à l'étage pour pour les balcons. Il y a des balcon.

Voilà, exactement. Il a des loges qui ont accès au loge d'ailleurs. Ouais, tout à fait.

Ouais. Et donc je monte cet escalier et je vois que je suis pas suivi par mon ami. Donc euh ton ami avant Ouais.

Bah dans la dans la bousculade du début en fait quoi. Dans la dans l'agitation. Et en gros je du coup je redescends pour voir si je la trouve.

Donc je redescends les marches. Donc je redescends vers la zone du bar et là je vois une décalage qui devant moi qui rafale en fait juste au niveau de la de l'encadrement de la porte quoi. Donc je me dis que je ne la voyant pas et ne pouv pas de toute façon faire grand-chose.

Tu as quand même pensé aller la chercher ? Ouais bah oui parce que je voulais pas l'abandonner quoi. Et mais je me de toute façon elle était en plein milieu du chaos quoi donc je pouvais rien faire.

Donc je sais même pas s'il est pas touché dès le début. Aucune nouvelle. Non non, j'ai dans le je me suis fait vraiment fier pétiné. au début, je capte rien, je comprends rien, je ne vois rien.

Et donc, je monte et je me dis que si j'accepte au j'accède au balcon, je vais juste ils vont au bout d'un moment, ils vont monter donc j'essaie de trouver une solution et en fait je prends sur la gauche un petit couloir et vraiment très étroit et en fait qui mène à des toilettes dans une sorte de petite un petit couloir, un cul de sac quoi que je connaissais pas. Non, quand tu es assis, tu tu disais quand on prépare l'émission, tu dis tu as l'effet de cinération complètement normal. ton cerveau enfin 3 secondes avant tu étais un concert quoi.

Donc faut enfin de musique tu dessoules très vite et tu dis tu le vois le terroriste devant toi en fait il bah je vois des silhouettes je veux pas je vois pas les trois j'en vois au moins deux je vois qu'ils sont plusieurs et et tu tires audessus de toi tu vois les les armes en fait ils sont moi comme je suis surélevé je suis sur quelques marches donc je les je les domine on va dire un peu et je les vois affaler en fait vers la fossusse ils ont même pas besoin de viser en fait ils sont face à des centaines de personnes donc ils tirent dans le tas juste il balayent quoi. Et le souvenir, j'en ai assez bizarre, c'est que l'un d'eux là m'a était vraiment il avait l'air assez chétif. J'ai l'impression qu'il galérait limite avec le recul de l'arme et tout.

Je j'ai repensé plus tard dans la soirée. Je me disais le mec vraiment a l'air de d'être surpris par le la puissance de l'arme quoi. C'est le je me dis le mec a l'air vraiment tout maigre, tout chétif quoi.

C'est j'ai c'est c'est con. C'est c'est ce que j'ai pensé sur le moment. Comme si il avait même pas essayé avant qu' Ouais, il j'imagine qu'il s'est entraîné mais il y a vraiment j'ai l'impression qu'il subit le truc plus qu'autre chose quoi.

Et juste il rafale sans sans sans viser quoi. Il aime pas besoin de viser de toute façon quoi. Tu te rappelles de leur visage ?

Et ben alors là, non, je vois que des silhouettes mais je les ai recroissé plus tard dans la soirée. Là, j'ai pu voir euh en fait, j'en ai revu deux plus tard de près et là le visage, ouais, clairement je l'ai imprimé euh à Vitam quoi. Euh tu tu vas monter, tu dis, tu vas penser à aller chercher ton ami et comment c'est quoi son prénom ?

Comment ? Fatime. Fatime.

Ouais, ça va quand même pas dire ton ami toute l'émission. Ouais. Ou et donc tu vas rechercher Fatime, tu tu vois, tu dis dans dans la dans la porte en descendant une une carnicov qui rafale, donc tu comprends que ça va monter ?

Bah non, mais je comprends que je peux plus accéder du tout à la zone et que si je reste là, je vais me faire tirer dessus quoi. Donc parce qu'il y a pas de de sortie de secours en haut quoi. C'est le balcon.

Oui. Là, je Mais tu tu essayes de t'enfuir, tu essayes pas de tu essaies juste de fuir la zone où tu vas te faire tirer dessus en gros et tu te dis pas je vais courir vers la suite secour. Essa juste d'être le plus loin d' tir le plus vite possible.

Ouais. Ouais. Et du coup euh là, il y a trois armes qui tirent en même temps.

J'ai pas vu les trois he je pas mentir mais je sais que ça rafale à tout va. Donc je vais pas me poser la question de me dire voilà donc je suis monté en speed et vous vous étz tout seul en haut là tu es tout seul dans cette idée de partir sur la gauche comme ça non on est plusieurs mais c'est la cavalcade enfin tout le monde c'est le c'est le chaos total quoi. Et donc j'arrive dans cette petite pièce dans petitte toilettes vraiment minuscule et il y a déjà des gens dedans.

Il y a déjà plusieurs filles un garçon complètement paniqué qui eux justement pensent comme tu disais plutôt que c'est des pétards que voilà et je leur dis tout de suite non mais c'est en compris. Non non mais en fait c'était des filles assez petites qui étaient je j'ai découvert plus tard à côté de moi en fait dans la dans la même zone où j'étais mais qui du coup n'ont rien vu. Elles ont juste entendu quoi.

Et euh en gros euh mais ils sont quand même partis aux toilettes au cas où. Bah elles seelles sont échappé en fait comme moi, sauf qu'elles sont arrivées avant moi en fait aux toilettes. Mais ils avaient pas vu d'armes encore.

Bah elles avaient juste entendu et je leur expliqué non c'est des mecs avec des calches et il tue tout le monde quoi. Et donc c'est pas du tout des pétards, c'est pas autre chose. Et elles sont je sais pas si elles sont dans le déni ou dans le choc ou quoi que ce soit mais elle c'est c'est très puis enfin c'est complètement tellement surréaliste quoi.

Etth donc je leur explique ce qui se passe et que non. Et donc au fur et à mesure d'autres gens arrivent, on est on est six au final. Et euh en gros euh assez vite, j'ai un appel en fait sur mon téléphone et c'est mon ami Fatime du coup en fait qui a réussi à s'échapper et qui me demande réussi à sortir.

Ouais, en fait elle est pas, je découvrirai après mais elle est partie en fait, elle a mis du temps à comprendre ce qui se passait mais elle a pas été touchée et elle a juste rampé en fait pendant les tirs et elle sortie par la sortie de secours en fait que que j'aurais dû prendre mais que j'ai pas pris en me disant que je me je me serais fait tirer dans le dos quoi. Et donc elle a réussi à s'échapper. Je l'entends au téléphone en train de courir qui elle me demande où je suis et je lui dis bah je suis encore à l'intérieur.

Moi je suis ultra soulagé de savoir qu'elle est vivante mais je me dis que bah par contre moi je suis foutu quoi que je suis dedans et je m'en veux parce que la salle je la connais par cœur. Ah tu connaissais B ? Ouais j'avais je faisais beaucoup de concerts déjà à l'époque.

J'avais j'avais été peut-être pas 50 fois mais j'avais été vraiment beaucoup et donc je me disais je me répète en boucle tu es con [ __ ] pourquoi tu as pris à gauche ? Pourquoi tu as pris à gauche ? tu vas mourir ce que tu as pris à gauche et vraiment les premières minutes c'est que ça.

Tu te dis que tu vas mourir ? Oui, j'en suis persuadé ça. Enfin, il y a je suis assez logique comme personne et je peux rien faire face à cette prmatique, tu te dis j'ai fait une connerie, je suis mort.

Bah ouais, en fait j'ai fait le mauvais choix dans dans l'action et c'est foutu. Alors après coup je je suis encore là donc j'ai pas fait le mauvais choix mais sur le moment je me dis tu as pris à gauche et c'est qu'une question de temps en fait ils vont finir par te trouver et ils vont te buter quoi. Et tu dis tu arrives dans les toilettes donc dans une donc au niveau du balcon tu c'est le tourétage en fait c'est dans des couloirs qui mènent au balcon.

En fait, je j'arrive, c'est pas une ça c'est une porte pour accéder aux toilettes, mais en gros, tu arrives, il a un lavabo, voilà. Et après, il y a un petit toilette minuscule dedans quoi. Donc, il y a pas de verrou à cette porte.

Donc moi, j'arrive, je la pousse d'un coup et je les découvre complètement paniqué. Je puis je m'occupe de mon téléphone et puis les gens arrivent. Il y a les coups de feu au loin, il y a les cris.

Tu t'entends toujours ? Continue. Oui.

Oui. Non non, c'est c'est ça paraît interminable mais oui. Non, c'est ça ça tire.

Il y a des cris, il y a il y a du silence, il y a des cris mais c'est au début c'est les tirs sont vraiment très soutenus quoi. Et je reçois un texto de ma mère qui me dit que queil y a une attaque sur Paris et je dis "Ouais, je sais, ils sont derrière la porte, ils sont pas très loin et tout et son premier réflex de me dire "Oh, arrête de faire des blagues." Je fais souvent des blagues de merde.

Et donc elle m'explique que je devrais pas faire de blagues. Je fais non mais je suis sérieux, je suis je suis au boî et ça tire au boî à clan et et je veux pas faire de messages d'adieux que je veux pas même si je suis persuadé d'être condamné, je veux pas me porter la poisse, je veux pas perdre de temps à faire un message trop. Voilà, je dis juste "Jou anniversaire moins de au cas où je t' je t'aime" et bisous et je et je coupe mon téléphone en fait.

Tu dis joyeux parce que c'était de jours après. Ouais. Ouais.

Ça me fait défissant. Tu dis "Joyeux anniversaire moin de au cas où et tu raccroches le téléphone." Ouais.

Sinon, c'est c'est un SMS. Donc Ouais. Ouais. et je lui envoie le message et après en fait je me dis bah faut que je m'occupe de la porte donc je coupe mon téléphone et je voilà quoi.

Et tu rallumes pas ton téléphone tout de suite tu vas dans les toilettes et tu tu t'enfermes dans bah en fait je bloque la porte avec un avec l'autre garçon qui est avec moi avec mon pied et ma main en fait juste je bloque la poignée comme de toutes mes forces et avec mon pied je je me je me cale derrière le que c'est vraiment minuscule donc on est les uns sur les autres et tout et Ouais ouais ouais c'est au début c'est assez intense. Vous vous êtes vous êtes combien du coup ? Vous êtes 6 là ?

Ouais 6 moi compris ou et mais c'est il tire à travers la porte, tu juste derrière de quoi ? Mais ça bien sûr je sais mais je ça ça vient plus tard là tu te dis juste je suis ici qu'est-ce que je fais et en gros bah tu essaies de de tu essayes de penser à toutes les solutions et en gros le alors ce qui en vrai 10 minutes mais qui moi m'a paru être plus une demi-heure ou une heure c'était très très long. Il y a une acalmie au niveau des tirs.

Il y a on entend plus de tir pendant quelques temps mais pendant quelques secondes hein. Du coup je je suis avec avec une fille avec une des filles avec qui j'étais. On se concerte, on se dit c'est le moment jamais de de partir parce qu'en fait sinon ils vont faire pièce par pièce, ils vont nous trouver, ils vont nous buter quoi.

Donc on sort euh sortez Ouais. On sort en fait par ce petit couloir qui mène au grand couloir qui donne accès du coup à aux différentes portes. [ __ ] mais tu sors des toilettes, tu dois faire tout doucement avec la porte, tu passes la tête.

Non non, j'ai justement je me suis dit il faut aller vite. Et donc on est en fait on trace un peu quand même. [ __ ] et là tu te dis pas que tu vas les croiser ?

Tu je me le dis pas mais justement c'est tu spoiles un peu mais ouais. En gros, j'arrive dans le grand couloir et je tombe nez à nez avec deux des terroristes. Et en fait, les tirs s'est arrêté parce que c'était le moment où les deux montaient au balcon en fait.

Et et je crois qu'il y a le troisème terroriste qui a été tué par les euh un monsieur de la BAC, patron de la BAC de Paris, qui a été héroïque aussi, qui a rentré euh avec juste un pistolet avec son son chauffeur et qui ont abattu euh le terroriste qui a explosé. Alors, ils savent pas si c'est si s'est fait exploser en Et donc, il en reste plus que deux et tu te retrouves face au Non, là il est encore vivant lui. Il est encore vivant.

C'est juste qu'en gros, ils se mettent, ils veulent monter au balcon pour avoir une vision, voilà, pour pouvoir dominer un peu l'espace quoi. Alors moi, j'en sais rien de tout ça. Je tombe nez à nez avec eux en fait au moment où j'arrive dans le couloir et la chance que j'ai entre guillemets.

Vous êtes deux du coup là à ce moment-là avec une fille, il y a la fille qui me suit et le garçon de mémoire que je vois que je suis suivi mais je pensais que tout le monde me suis mais je crois pas je crois pas être suivi par tout le monde et je vais le découvrir après parce qu' gros je tombe nez à nez avec eux au moment où ils allaient pousser les portes pour accéder au balcon et en fait la chance que j'ai c'est qu'ils sont dos à moi et donc on arrive dans le couloir face à eux et l'un d'eux se retourne et il me dit le plus calmement du monde j'ai encore la voix en tête il me dit t'enfuis pas je vais pas te tuer et je en fait je trouve ça tellement surréaliste pas je vais pas te tuer ouais je trouve ça tellement surréaliste que je rigole en fait je OK d'accord Et en fait, je plonge et la chance que j'ai c'est qu'il avait l'arme baissée. Donc le temps qu'il lève la la cage, même pas même pas le temps qu'il lève la cage et qu'il fasse feu. En fait, j'ai eu le temps de plonger du couloir d'où je venais et donc d'éviter les tirs mais la fille à côté de moi, elle par contre, elle a été touchée quoi.

Et donc je cavale comme pas possible jusque retourne au toilette. Ouais mais je fonce dans le couloir qui fait genre je sais pas 5 6 m quoi. Je fonce au bout de ce couloir, je me réenferme dans les toilettes et quelques secondes après ça tambourine à la porte.

Donc je me je sais pas qui c'est en fait. Je sais pas si c'est la fille. Je sais pas si c'est la fille, elle est terroriste ou si voilà.

Ah oui, si lui disent dis-lui d'ouvrir la porte, on sait pas. Et dans le doute, je me dis bah si j'ouvre pas et qu'elle est dehors je la condamne. Donc on a un peu c'est un peu un choix un peu compliqué quoi.

Donc j'ai fini par ouvrir et c'est elle toute seule donc soulagé mais quand même voilà c'est pas c'est quand même c'est quand même chaud quoi. Et elle elle est en état de choc, elle arrête pas de répéter. Elle a été touchée.

Tu dis ouais elle a été touchée au niveau de du grand pectoral du du de l'épaule quoi. Entre le sein et l'épaule quoi. Ouais.

Elle a pour que les gens se figurent un peu l'idée, c'est pas une c'est pas du 9 mm quoi. Une une impact de calche. Ça fait le trou de la taille de ma main quasiment quoi.

C'est vraiment ultra. Elle est complètement Ouais, elle enfin je le sens après elle a le bras qui tient à peine quoi. Enfin, c'est vraiment une blessure grave quoi.

Et donc elle arrive complètement paniqué en état de choc et elle répète sans cesse ils avaient dit qu'il tirait pas, il a dit qu'il tirait pas et elle s'effondre par terre et en 2 secondes en fait le sol est couvert de sang parce qu'elle a une blessure vraiment grave quoi. Et donc je me dis alors au début j'attends, je pense qu'ils vont arriver mais ils arrivent pas tout de suite. Donc je me dis que la seule chance je pensais pas avoir repéré de signe VC sur la porte.

Donc je me dis que si j'arrive à nous isoler complètement, ils pourront croire que c'est un local technique si je bloque la porte. Donc d'abord j'essaie de défoncer le faux plafond pour essayer de passer dans les ce que d'autres gens ont fait ailleurs. On fait d'ailleurs ou passé une dalle bah comme on a ici de faux plafond passer pardessus.

Et ben j'ai défoncé ça mais j'ai vu qu'auudessus il y avait une dalle de béton donc c'était foutu. Et après il y a pas de fenêtre évidemment sinon j'imagine que tu aurais Ouais. Non non tu préfères te casser des jambes que Tout à fait.

Et en gros quand j'ai compris qu'on était vraiment bloqué dans dans ce sensl, je me suis on va entre guillemets sanctuariser un endroit. Donc j'ai pété les néons. En fait, je les ai arraché, je les ai pété.

Donc ça m'a valué les néons à la main. Ouais. Donc ça m'a valu des beaux des belles des beaux des belles coupures dans les mains.

Mais rien de très grave. Mais j'avais des bouts de verre comme ça. L'adrénaline, je n'ai rien senti mais j'ai senti après le coupadrénale.

Ouais, j'ai rien senti du tout. Donc j'ai vraiment pété comme ça. Et donc les néon, tu les pètes à la main.

Ouais. J'essaie d'arracher le signe qui qui pointe vers la sortie la sortie sortie de secours. Ah oui oui.

La petite lumière audessus des portes. Ouais. Voilà. parce que ça fait de la lumière en fait et ce qui est assez ironique c'est que ça pointe vers eux quoi.

Donc c'est je regarde ça et je me dis que c'est c'est très con quand même. Donc il y a ce porte de secours de sortie de secours qui pointe vers les terroristes et que j'essaie d'arracher mais qui est trop de toute façon ça fait pas beaucoup de lumière mais c'était juste pour vraiment nous isoler complètement. Dans le noir ça fait une petite lumière ça fait exprès d'ailleurs c'est court.

Ouais ouais et donc voilà et là tu entends plus de tir. Ah si ça ça continue à tirer mais dans la salle quoi. Moi je sais pas s'ils sont à 10 m ou à 3 m.

En fait c'est avec l'écho on entend rien d'entend les cris on entend le silence. C'est super dur de se situer quoi. C'est le chaos encore une fois qu'on entend des bruits partout autour de nous en fait.

Il y a des gens dans les pièces d'à côté. Enfin c'est on sait pas qui est où. On sait pas si c'est un terroriste ou si c'est une autre personne qui s'est planqué quoi.

Tu entends le premier kamikaz qui se fait toucher qui explose ? On entend une grosse explosion mais on fait pas du tout le lien. On se dit qu'ils ont des grenades trucs comme ça.

On se dit pas du tout. Déjà moi j'ai même pas vu les vestes explosives. J'avais juste vu les les calaches donc euh mais j'avais pas vu les vestes.

Donc euh donc voilà et en gros euh après bah je reste dans le noir avec euh le mec on on bloque la la porte. Et moi en fait pour la petite histoire ça je me je comme tu expliquais tout à l'heure en gros je suis assis sur le talon et je bloque la porte avec ma main et mon pied en essayant de pas être face à la porte en me disant si rafale derrière derrière la porte. Dans quelle position faut se mettre pour bloquer une porte de l'intérieur ?

Bah comme j'étais donc vraiment non non je suis assis sur un talon une jambe tendue pour être le plus loin en fait de de l'axe de la porte et face à la porte adossé au mur il y a le deuxième deè le deuxième mec avec moi et lui je me dis bah il est foutu il est face à la porte et qui posa deux pieds contre la porte pour la bloquer avec moi mais je me dis que s'il arrifale lui c'est le premier à mourir quoi. Et on peut pas faire grandchose de toute façon. Et donc le temps passe et la fille qui qui était avec toi que tu connaissais pas d'ailleurs qui a été touché à l'épaule, tu dis perd beaucoup de temps.

Mais elle est consciente vous est consciente, elle essaie de la calmer, on fait il y a sa meilleure amie qui est avec nous donc on est dans le noir, c'est compliqué et tout. On est j'essaie de faire pression sur la plie. On prend des relais avec ça, avec son ami pour pour faire pression sur la plai.

On essaie de faire le moins de bruit possible parce qu'on entend on entend les on entend les les terroristes parler mais on comprend pas ce qu'ils disent avec Ouais. On les entend en gros clamer leur truc. par rapport à la Syrie, par rapport au président président Hollande tout ça, mais nous on comprend pas de façon très distincte ce qu'ils disent.

On entend juste des cris et ce que eux peuvent bah peuvent crier plus ou moins mais on c'est c'est un peu diffus quoi. Et et la fille quand elle est venue qu'elle a été touchée, elle a dû mettre du sang par terre. c'est qu'ils ont pu peut-être comprendre je pense que la chance que j'ai eu c'est que ils avaient il y avait tellement d'autres victimes potentiel appouvré dans la salle principale qu'ils avaient pas besoin de la suivre elle et de venir nous nous courir après dans les couloirs et de jouer au tu vois enfin donc c'était pas il y a pas besoin de faire une course poursu dans les couloirs et c'est c'est le le Bataclan c'est une vieille salle donc il y a plein de petits couloirs plein de petites portes partout ce qui a été l'enfer pour la BRI le raide après quoi parce que dans chaque petit recoin il y avait des gens cachés quoi donc puis pouvaient se cacher des terroristes dans le recoin aussi et c'est ce qui était c'était leur grande peur.

C'est pour ça qu'ils ont vraiment aussi galéré sur la fin quoi. Et donc tu vas tenir la porte, la fille ne perd pas connaissance, elle va par Non, on essaie de la garder calme mais c'est très compliqué parce que elle est vraiment elle fait de plus en plus de bruit et le moindre bruit qu'on fait en fait, on l'entend mais comme si c'était avec un haut-parleur parce que il y a des fois il y a le silence absolu quoi. Tout ce qu'on entend c'est vraiment bah vraiment rien quoi.

Donc c'est super angoissant. Donc on essaie de de chuchoter comme on peut pour communiquer entre nous quoi, faire le moins de bruit possible. Et alors le truc un peu dur où je m'en suis voulu après coup mais je j'ai compris que c'est ce qu'il fallait faire après coup.

Donc je motive le mec, je explique en gros quand ils vont arriver, moi je sais qu'on est mort de toute façon lui et moi c'est quasiment 100 % quoi. Et je me je lui dis que quand ils arrivent il faut qu'on le qu'on le tue quoi. Mais faut pas qu'on lui mette des coups de point, des coups de pieds, il faut vraiment, c'est un peu gor mais faut qu'on lui arrache la la gorge, il faut qu'on lui crève les yeux, faut qu'avant qu'il touche le sol, il soit mort quoi.

Et je me dis si on en en tue un, bah avec un peu de champ, peut-être l'autre il va sement nous butter mais ça pourra je sais pas lui faire peur quoi que ce soit. et on peut sauver peut-être deux trois personnes avec nous qui sont au fond dans la pièce quoi. Ça c'est le discours que j'ai avec lui.

Tu tu réfléchis à comment le tuer. Ouais bah mais mon traumatisme à moi en vrai c'est pas tant ce que j'ai vu sur là même si ça a été trayur c'est plus que je me suis senti capable de faire et ce que j'ai pensé à faire pendant des heures au mec pendant 2 heures. Comment j'allais les tuer quoi en en sachant que j'allais mourir quoi.

Tu as passé tu es passé en savoir reptilien défense quoi Ouais ouais mais c'était pas c'était pas c'est normal de passer enf je pas normal. Non non non mais oui non mais après coup oui mais sur le coup c'est quand même super dur et c'est tous les cauchemars que j'ai eu en grande partie c'est moi qui leur fait des trucs un peu un peu violent au terrorisme quoi pendant des années quoi. Et donc ouais ça m'arrive encore d'avoir des cauchemars beaucoup de façon beaucoup moins fréquente mais quand je suis très fatigué ou très stressé ça peut revenir.

Mais mais donc c'est tu tu as une discussion orale avec le avec le garçon qui est avec toi, tu dis moi je vais l'attraper tu Non non, je dis juste en gros vraiment il faut faut pas qu'on le tape, faut vraiment qu'on le tue le plus rapidement possible quoi. Il faut être efficace quoi. C'est un peu gore mais c'est non c'est pas gor.

Tu as vu ce que tu as vécu enf tu as vu ce que tu as vu aussi c'est logique hein. Et donc et donc tu tu enfin vous vous il est d'accord avec ça ? Il te dit OK bah il a il a caisse mais il est en état de choc.

Donc lui il est il est sur son téléphone et lui il se laisse un peu porter par le truc parce qu'il est complètement il essie il communique avec ses proches. Moi j'essaie de pas être sur enfin je suis pas sur mon téléphone parce que je veux garder la porte, je veux être super conscient de chaque de chaque de chaque seconde quoi, de de chaque bruit. Et euh et les filles leur explique qu'il faut rester le plus silencieuse possible et qu'en gros dans l'idée même si il arrive qu'il tire à travers la porte, peut-être que nos cadavres pourraient bloquer la porte qu'il faut qu'elle reste silencieuse.

Donc c'est pas ouf comme comme idée mais j'essaie de leur dire vraiment le la clé de tout c'est de rester le silencieux. On est dans une dans une bulle, on est complètement coupé du temps. Moi j'ai l'impression d'avoir passé 8h là-bas.

On a passé 2h, j'ai l'impression d'avoir passé 8h là-bas. 2h tu as passé Ouais, c'est beaucoup. Très très très long.

Et euh surtout quand tu sais pas si tu vas mourir dans 30 secondes ou pas quoi. Ouais. En fait le clairement ce que tu dis c'est que tu as pas je me disais clairement j'ai pas envie de mourir camel, j'ai pas envie de me vider de mon sang pendant 3 he j'ai envie de me prendre une balle en pleine tête et de mourir sans souffrir et de pas crier comme tous les gens dans la pièce principale comme ça parce que tu entendais des gens crierent toujours.

Ah oui oui au début ouais et après au bout d'un moment tu as juste le silence que pas forcément mieux quoi. Tu comprends ce qui s'est passé. Ouais non c'était c'était donc tu as envie de mourir mais juste mourir vite quoi.

Et tu dis que si tu peux en emporter un avec toi ça serait mieux quoi. Ouais voilà. pas mais tu es sûr que tu vas mourir ?

Tu rallumes pas ton téléphone ? Je le rallume un peu plus tard en gros en me disant je peux pas appeler les secours, je peux pas appeler la police que je dois rester silencieux, je dois garder la porte. Et en gros, je fais un message sur les médias sociaux, sur mon ma page Facebook.

Sur Facebook ? Ouais. Ouais.

Et en gros, c'est une page privée, mais je me dis que mes amis euh vont le partager et pourront prévenir les flics. Alors, je me je me doute que les les policiers sont au courant de ce qui se passe. Je suis pas du tout au courant pour les autres attaques dans Paris, mais je sais que ce qui se passe au Bataclan, c'est tellement énorme que forcément, ils en entendu parler.

Donc, j'ai pas le temps d'attendre en ligne avec 50 autres personnes. Donc, je fais ce poste en me disant en disant juste bah que c'est pas une prise de tâche qui tue tout le monde, qu'il faut donner l'assaut plutôt et que j'ai une blessée grave avec moi. T'appelle à l'aide, quoi.

Ouais, ouais. En gros, enfin allez-y quoi. Tu te rappelles du post Facebook ?

Ouais. Que tu as écrit ? Ouais, bien sûr.

Tu veux que je le recite ? C'est ça. Je je peux le lire moi ?

Oui, tu peux. J'ai pris je suis encore au Bataclan premier étage. Qu'il donne au plus vite l'assaut.

Il y a des survivants à l'intérieur, ils abatt un par un et tu postes baisser grave et eux parce que je parle pas de moi, je parle de la fille. Ce qui a prêté confusion parfois beaucoup de gens. Oui, blessé et eux.

Oui, je parle de la parce que j'étais un peu en mode morce. J'avais pas le temps d'écrire de de raconter ma vie quoi. Il fallait que je sois efficace.

Donc j'ai je l'ai écrit, j'ai j'ai rangé mon téléphone aussitôt quoi. Et et comment ça réagit là ? Je sais pas, moi je suis pas moi je suis dans ma bulle.

Donc tu quand tu postes, il y a pas ta mère qui essaie de t'appeler du coup ? Non. Ben mon téléphone est éteint donc euh Mais quand tu postes, tu es forcément allumé 2 secondes.

Ah ouais mais non en fait j'ai 40000 notifications en fait. Ah tu regardes même pas. Non, vois, ça ça défile, ça défile, j'ai pas le temps, je suis juste je me dis je dois être 20 secondes sur mon téléphone et après je dois me refocaliser sur la porte quoi.

Donc j'ai pas le temps de répondre à qui que ce soit. Et donc tu sais pas s'il y a la police si info, ça en parle déjà. Tu as aucune information d'extérieur.

J'ai rien d'extérieur et en fait moi je suis dans mon je pense tu sais juste que ta mère a vu qu'il y avait des attentats parce que écrit ou elle m'a écrit je le sais et bastard. Je sais qu'ils ont après coup, j'ai su qu'ils avaient essayé d'appeler ma famille la police à cause de pas grâce au poste grâce au poste. Ouais mais voilà, mon téléphone était coupé donc non coupé.

Ah ils ont réussi à vite trouver le nom et après Ouais ouais ouais c'est la police quand même. [rires] Euh quelques minutes après, je sais pas trop, c'est c'est compliqué de de d'imaginer le temps qui s'est passé, il y a quelqu'un qui vient frapper à la porte des toilettes. Vient gratter à la porte.

Il y a gratter la porte des têtes dans lesquels vous êtes tous les six avec la fibée grièvement. Ouis. Il y a une voix en fait à un homme qui nous dit qu'il est pas qu'il est extra d'enfant et donc on l'entend parler quelqu'un mais on entend jamais la voix de la personne à qui il parle et donc on voit la silhouette un enfant dans un concert de Rock.

Ça te paraissait bizarre ? Franchement ce qui me paraissait bizarre que c'est pas entendre la personne qui répondait systématiquement en fait. Quand on s'est dit si on entend une voix d'enfant, il y a pas de souci mais on entendait un mec parler et venir à la porte et très vite être menaçant en fait.

Et du coup ouais bah en fait il voulait absolument rentrer et moi je bloquais la porte et en gros on est je donc je parle en ultrason je parle de façon vraiment très très bass aux gens qui suivent je leur demandent vous entendez l'enfant vous entendez vous entendez le mec et tout on est tous persuadés que c'est un terroriste. Tu dis en fait semblant de se faire passer Ouais ils l'ont fait en fait il all ils se sont fait passer pour les policiers devant les loges enfin pour pour essayer de faire ouvrir la porte aux gens quoi. Je me dis peut-être je sais pas je m'en fous de la raison mais en fait ils font à mon avis du porte à porte pour essayer de de voir s'il y a des gens derrière ou pas quoi.

Et euh il dit quoi à ce moment monsieur ? Il dit "Lissez-moi rentrer." Et très vite ça devient "Lissez-moi rentrer ou de façon quand je rentre je vous bute tous quoi." Et donc je te crois pas.

Bah en fait au début il est il est calme mais très vite comme on répond pas et il a il est face au silence bah c'est un père de famille avec son gosse. Il pète un Oui. Parce que c'était un vrai père.

C'était pas un théorie. C'était vraiment un père avec son gosse de 10 ans en fait et qui était bloqué là en fait. Et nous on est persuadé que c'est un terro mais çaen est pas un.

Et en gros juste le mec après devient menaçant mais vraiment en mode genre de toute façon quand je vais rentrer je vais tous vous tuer quoi. Et là tu t'es dit c'est un terroriste. Ouais on s'est dit bah on a c'est bon on a notre réponse quoi.

Donc on après il y a le silence et on voit juste les silhouettes on se dit qu'en fait c'est les terro qui passent en bah on calcule pas mais on voit juste qu'il y a au moins de il y a au moins deux personnes derrière où il y a plusieurs personnes. Donc on moi je sais pas s'il y a trois terroristes de terroristes. Je sais qu' ils sont plusieurs en tout cas et donc on on reste on attend.

J'essaie de faire que la fille qui perd beaucoup de sang bah panique pas trop. Et voilà, je je lui dis en fait que c'est commence à faire beaucoup de bruit parce qu'elle commence à vraiment se sentir pas bien quoi. Elle a perdu enfin on baigne dans son sang littéralement.

Et en gros, je explique que si bah si elle avait elle un organe touché, un organe vital touché, elle serait morte depuis longtemps. Donc faut vraiment qu'elle reste silencieux parce que si on fait du bruit, bah on est tous morts en fait quoi. Donc et donc c'est foutu quoi.

Donc c'est c'est c'est dur. C'est compliqué de Tu sais ce qu'il est devenu le père de famille avec son enfant ? Ouais, je l'ai retrouvé il y a 1 an le 13 novembre justement une cérémonie.

On a un pote en commun en fait et euh et en fait alors vous avez un pote en commun. Ouais. Ouais.

Et en gros là pour la petite histoire quand je suis sorti en fin de soirée, je spoile un peu la fin donc je suis sorti du Bataclan, je ne suis pas mort, je suis pas un fantôme. Et en gros, on a je l'ai retrouvé donc je me suis retrouvé dans un bar avec plein d'autres survivants et je suis tombé sur un mec qui qui se plaignait auprès des gens que des gens lui avaient pas ouvert. Il disaient "Ah, j'étais là et personne ouvert ?" Je sa mec, c'était moi en fait derrière la porte.

On était persuadé que tu étais un terroriste quoi. Et le mec était avec son gosse de 10 ans dans ses bras qui était mythique et je dis "Bah je suis désolé, on était persuadé et on s'est perdu après dans la dans le chaos quoi. On a été on a été on a été déplacé et je l'ai retrouvé donc il y a un an et son fils maintenant a du coup à la vingtaine et il a l'air d'aller bien apparemment.

On a fait un concert ensemble. C'était mon premier concert un 13 novembre aussi et c'était c'était assez fort en émotion. C'était un bon moment mais c'était [musique] spécial.

Tu tu vas donc retrouver ce ce père de famille donc du coup qui é avec vraiment avec son son enfant. Euh Fatime, ton ami avec qui tu étais dans le bataclan, tu as perdu à un moment donné, tu l'as plus vu, tu dis que tu as envoyé un message, tu la revois ce m'a appelé. Euh non, je la revois pas de la nuit, je la revois seulement le dimanche après avec tous mes amis.

En gros, l'après-midi, enfin fin d'après-midi, on va boire des verrs, ils veulent me voir en en chéranos, on va dire, pour savoir comment ça va et tout. Donc on va boire des verrs tous ensemble et là du coup on se retrouve là et et avant elle et moi, on va se recueillir devant le B à clan en fait. On vient euh on vient tous les deux voir un peu.

Ouais. Ça crée un lien entre vous ? Ouais.

Bah on était déjà très amis avant mais on a un lien indéfectible. Ouais c'est sûr. C'est une me ami aujourd'hui avec Ouais bien sûr.

Une meuf extraordinaire. On va revenir juste un peu en arrière du coup mais pour comprendre la sortie tu disais donc il se passe 2h il y a l'assaut qui va se passer du coup un des terroristes qui explose à l'entrée qui qui meurt et ensuite l'assaut BRI et raide. Euh comment tu comprends que c'est l'assaut et qu'est-ce que tu entends ?

Comment tu le vis de l'intérieur et comment tu sais que c'est ça ? Alors moi ils me font sortir avant l'assaut avant donné l'assaut ils ont essayé de sécuriser le plus d'endroits avant de donner l'assaut. Donc moi en fait la B la BRI arrive euh dans le petit couloir donc où je suis et tout de suite je j'arrive à l'identifier parce que je comprends il se il Non mais surtout en fait dans les dans les ils expliquent ils te décrivent les lieux donc ils disent cinq marches à droite on descend n donc ils sont très descriptifs ils parlent à la colonne en fait le mec qui a en tête de colonne parle et je comprends que c'est du langage technique de policier voilà donc je me laisse pas voir mais pour nous c'est encore un terroriste devant la porte on sait pas que c'est un mec donc et il arrive et il voit le mec dans le dans le recoin dans le au fond du cul de sac et que tu as le police Il sait qui lui crie l'opérateur de la berie qui lui crie soulève ta chemise, soulève ta chemise et le mec juste en panique qui lui répond avec une voix un peu cheloue e les gars pas de bavure he pas de bavure.

Et je me dis [ __ ] ils vont ils vont rafaler et moi je suis pile dans l'axe des tirs en plus si la berie tire je suis vraiment le le terro est derrière la porte là et ça de famille qui ouais c'était en gros qui était en en stress que de dernier moment de se faire tirer dessus par les flics quoi. Et en réputant j'ai un an peur de ça ? Tu t'es dit [ __ ] ?

Je me dis il va se faire sauter devant la porte. Ouais. Je me dis soit les flic et dans le tas et bah on est je prends une balle perdue quoi dans je suis vraiment dans la ils ont fait attention he c'était ouais et soit lui il se fait péter devant la porte en fait quoi et on meurt au dernière secondes et en fait c'est vraiment du coup un un pauvre père de famille quoi et donc il le il le libère et en fait très vite après quand ils arrivent devant notre porte ils essaient d'ouvrir et il y a les filles avec qui je suis qui pas qui paniquent mais qui sont tellement solides qui se mettent à crier et donc faut imaginer trois personnes la délivrance.

Exactement. Et en gros donc je suis un peu un peu un peu dur mais je leur dit de de fermer leur gueule qu'il faut qu' qu'une voix et que pour être clair en fait quoi. Je pense juste très Ouais.

Tu restes lucide. Ouais et enfin j'essaye et je leur dis juste il faut qu'ils entendent une voix. Si on a on est cacophonique et qu'il y a cinq personnes qui y parlent chaque porte qu'ils ouvrent ils savent pas si c'est un terroriste, si c'est piégé, s'il y a une bombe.

Donc je je je pense un peu à ça et je me dis une seule voix et fermez-la je parle. Donc c'est un peu Tu prends le lead sur le groupe ? Ouais ouais.

Je je m'en suis voulu sur le moment. après coup mais c'était peut-être la chose à faire faut croire. Et donc je leur explique voilà que je suis dans une pièce où j'ai tout défoncé, que il y a beaucoup de sang partout que j'ai une fibre laissé grave et que je tiens la porte avec un mec.

On vo donc quand j'ouvre la porte tu vois que c'est la police tout de suite bah il me braque avec le bouclier les armes, les armes automatiques, les lampes torches donc et donc il te crie dessus à soulever ta chemise et puis je suis couvert de sang quoi. Donc donc c'est voilà, ils savent pas qui est qui. Donc ils me font sortir en fait de la de la salle de bain de la salle de bain des toilettes, je veux dire.

Et en fait ce que j'avais pas vu, c'est que dans le renfoncement, il y avait un policier caché. En fait, il était avec son flingue et il a attendu que je passe en fait l'embrasure de la porte pour me poser le fling sur la te pour au cas où il y avait un terroriste qui sentait quoi ou au cas où moi j'étais un terroriste quoi. Au cas où j'étais piédisé quoi que ce soit donc le temps que je soulève ma chemise que je montre que j'ai pas de j'ai d'explosif quoi que ce soit.

Donc il voit que tout est clean. Il commence à évacuer en fait les gens avec qui j'étais. Ils font des convois en fait deux par deux et à la fin je me je me retrouve avec la fille blessée, son ami et et donc les mecs de la baie de la bac euh il t'emmène à l'extérieur.

Non non parce que justement je le je leur propose de prendre la fille qui est blessée. Je la soulève et il il m'envoie chier un peu on aurait voilà je l'ai rencontré après coup mais sur le coup il m'envoie chier. Il fait ta gueule tu dégages.

OK pas de problème et je voulais pas la laisser là en fait quoi. Et donc je je pars et je je descends tout seul et donc je croise les colonnes qui vont vers qui qui sont qui sécurisent tous les tous l'étage en fait quoi. Et donc je redescends en bas et après j'arrive dans la pièce principale où là c'est genre enfin c'est inimaginable et c'est mieux comme ça.

C'est un océan de cadavre quoi. Enfin c'est des piles de corps partout quoi avec les projecteurs allumés des colonnes de du raid ou de la berie je sais pas avec les lasers qui prent vers la scène. Ouais ouais et c'est une scène surréaliste quoi.

Et donc et genre j'essaie juste de pas marcher sur les corps. Je vois des sous des piles de corps des gens qui me regardent avec des regards supp qui qui supplient qu'on les aide ou quoi que ce soit. Je sais pas si je dois les emmener avec moi.

Ouais. Oui. Et des gens gravement blessés.

Ouais. Et du coup je sais pas si en passant je dois en choper un. Et je Et tu es accompagné par la police jusqu' Non non.

Bah là tout le monde accompagné mais moi non. Je sais pas pourquoi ils m'ont ils m'ont abandonné. Je je m'en plaindrai après coup.

Mais et en fait il y a il y a du bruit je crois qu' entre les preneurs d'otage et et la colonne qui est devant la porte et du coup un des mecs de la du R je sais pas quoi me couche au sol. Ah, il pense encore que tu es un terroriste. Non, non, non, mais juste il y a du bruit donc il veulent ils veulent figer le truc.

Donc il me chope, il me baisse pour pas que je je bouge et en fait il me colle à à des filles qui sont contre le bar qui sont mortes et j'essaie de pas les regarder parce que je vois clairement qu'il leur manque de des bouts de de tête quoi. Donc j'essaie de pas regarder en disant te mets pas des images horrible. Donc j'essaie de regarder mes pieds comme je peux et de pas marcher sur les gens en sortant et je sors et après je me retrouve sur le le boulevard et donc on je me fais fouiller 40 fois.

Moi, je suis face à des flics qui sont paniqués comme pas possible parce que voilà quoi, ils voient un flow de gens sortir puis c'est le chaos dehors quoi. Donc j'arrive au berkampf et je me retrouve dans le fameux bar où je retrouve du le fameux père de famille voilà qui je parle 2 secondes et et on se fait évacuer parce qu'il transforme le bar en hôpital de de premier secours quoi. Et donc on se fait dégager.

Tu craques à aucun moment là pour l'instant. Tu tu tu étais tellement dedans. Ouais.

Et en fait là même quand je suis là, je me dis que c'est pas fini. Donc mon téléphone, je l'ai quand je sors, je fais un poste pour dire à mes proches que je suis le même poste que j'avais fait sur Facebook, j'en fais un second pour dire que bah que je suis vivant, que c'est un carnage blabla pour pour prévenir le plus de gens possible sans avoir à appeler tout le monde. Et je me dis garde la batterie parce que c'est pas fini, il peut se repasser quelque chose et je me suis dit qu'il y avait potentiellement un autre attaquant qui pouvait être caché quelque part et tout, c'était vraiment le chaos quoi, partout.

Et euh et donc je recoupe mon téléphone et après je voilà, je j'écris juste à ma à mon ami qui pour lui dire "Je suis sorti, à mon ex-compagne qui était au Danemark du coup qui était pas en France et qui a suivi tout à travers la télé quoi. Et puis après je recoupe mon téléphone et puis je voilà, je je suis le flow des blessés, des des survivants tout ça quoi. Et on finit dans une cour en fait RCAM et et donc vous c'est la police qui vous prend pour vous écouter, vous entendre ?

Alors, on reste un très long moment dans cette cour. Je crois que j'ai jamais eu aussi froid. Même il faisait pas si froid, mais je pense qu'avec le choc, j'étais vraiment, je tremblais de tout mon c En novembre, il fait pas très chaud à Paris non plus.

Ouais mais là il apparemment dans moi pour moi il faisait moin 40 mais apparemment non il faisait plutôt doux et donc je tremble comme pas possible et en fait la cour il vide la cour au fur et à mesure et à chaque fois ils interviewent les les policiers intervent les gens pour savoir un peu ce qu'ils ont vu tout ça et me sentant un peu plus entre guillemets capable de pouvoir rester donc je me dis c'est bon physiquement je peux tenir je laisse la course videre je suis un des derniers à sortir et donc je me fais interviewer par enfin questionner par une policière qui me demande ce que j'ai vu. Comme je les ai vu de près, que je peux les identifier parler leur équipement, ils me mettent à part, ils m'envoient dans un bar et après il m'envoi dans une antenne du 36 pour déposer et et faire Ouais, ma déposition au fait. [ __ ] tu vas rentrer chez toi ensuite ?

À quelle heure ? À 5h du matin à peu près. À 5h du matin.

Qu'est-ce qui va se passer ? Tu vas retrouver ta ta mère, ta maman ? Ouais.

Euh je ferai la petite blague. Euh je lui écris déjà parce que les policiers pe il y a pas de métro, il y a rien, c'est trop tôt encore. Donc je lui écris pour demander demander de me chercher et le premier truc que je lui dis c'est bien joué pour le message, ça m'a bien fait rire.

Elle a la honte, elle m'a dit de le dire à personne. Donc je me permet de le dire maintenant comme ça [rires] sera parfait. Elle sera très contente et je l'aime beaucoup hein.

Mais ah parce que Ah oui qui croyait pas c'est ça oui. Ben elle avait trop honte quoi. Mais donc elle a dû s'en vouloir pendant.

Oui, mais on je préfère rigoler après coup et tout va bien. Et donc ouais, je rentre donc là du coup comme j'habitais pas enfant, je j'ai chez ma mère. Donc je vais chez ma mère et je reçois des messages de mes amis du mo enfin j'avais des amis à Dubaï en Chine qui avaient suivi en direct et qui eux étaient déjà arrivés en plus c'était moi, il était 6h du matin mais pour eux il était beaucoup plus beaucoup plus tard et qui me disent avoir vu mon nom à la télé qui ont qui savaient que j'y étais qui avait vu mon poste.

Ils ont mis ton poste à la télé. Ouais ouais ouais. Et euh sur la chaîne d'info le pote, ils ont pris le po Facebook pour le faire tourner.

Ou oui sans sans cacher mon nom donc j'ai eu la chance. Ouais, il y avait tout et c'était pas des fois c'était flouté mais parfois ça l'était pas et du coup j'ai la chance d'avoir alors j'ai eu beaucoup de messages du soutien mais j'ai aussi des menaces euh de plein de gens de des sympathisant d'h qui étaient pas et des menaces en plus de Ouais ouais ouais ouais dans le flow de messages que j'ai reçus reçu des des des des des de des messages de mecs disaient en me disant on va te retrouver on va te tuer voilà donc j'y croyais pas trop mais ça a quand même fait pas mal paniquer ma famille quoi et mon excompagne. Ça t'a remis des menaces en en plus ça ?

Ouais. Ouais. Ben façon au-delà de ça, quand tu rentres de ça, tu dis "On a tous eu ce sentiment je pense, ils vont me retrouver, ils vont finir le boulot quoi." Donc tu t'éloignes des fenêtres, dès que tu vois une silhouette dehors, tu guettes.

Moi le lendemain, j' dormi enfin j'ai dormi peut-être une demi-heure, je pense et je me suis fait je me suis réveillé, j'avais deux camions de télé garés devant chez ma mère qui essayent de m'interviewer. Retrouver l'adresse avec le post Facebook. En fait, j'avais ma société qui était domiciliée chez ma mère en France et du coup, je pense qu'ils l'ont trouvé comme ça.

Et donc, ils étaient garés devant chez elle à essayer d'avoir une interview et moi en fait, j'avais un rien à dire et deux, je voulais pas montrer ma gueule. parce que je voulais pas prendre tu oui oui tu as pas montré ton visage 10 ans pas j'avais mon téléphone qui des journalistes qui avaient réussi à avoir mon téléphone qui m'appelaient et qui me demandaient des informations sur la terroriste s'ils avaient un accent belge ça j'avais pas capté mais j'ai découvert plus tard qu'ils étaient belges et voilà quoi. Donc c'était là tu te fais pas mal harceler on va dire et puis voilà après tu essayes de reprendre ta vie mais c'est un peu costaud quoi.

Tu m'as dit un truc assez fort tout à l'heure dans le bureau quand on s'est rencontré. Tu m'as dit je il y a des gens de ma famille avec qui j'ai on a pas vraiment parler avec qui j'ai pas vraiment parlé de ce sujet-là et c'est une manière pour moi de de le dire aux gens que j'aime et d'expliquer aux gens que j'aime sans craquer devant eux. Bah c'est pas moi qui craque he c'est pas ça c'est même pas eux qui craquent en plus.

C'est juste que c'est tellement un sujet dur et noir et tout ça. Euh moi je peux le raconter sans trop d'émotion. Je je ce qui m'a ce qui me crée l'émotion, c'est d'avoir mes proches qui me parlent de leur soirée.

Vraiment, ça peut me toucher, mais moi depuis le début, je le raconte un peu comme un film. Euh c'est tellement en fait, je sais pas, je pense que c'est tellement surréaliste que du coup, je je pense que je me distancie de ça quoi. Mais euh voilà, après chacun réagit comme il veut, comme il peut.

Et euh mais ouais, en fait, il y a des gens, je pense qu' on c'est entre plus d'heures où ils ont pas les mots, où ils ont pas envie de de rêver quoi que ce soit, mais sans comprendre que de toute façon, ça fait partie de nous quoi. De toute façon, il y a eu des ce qu'on a appelé les mythos du Bataclan. Il y a eu des menteurs qui sont inventés des vies qui ont fait semblant.

Il y a même une série d'ailleurs, on se qui a été jouée par Loralami, une comédienne euh et où elle joue le le le le rôle de la mytho du Bataclan qui a demandé je crois qui s'est fait passer pour quelqu'un qui était alors qui était pas. En gros, euh toi tu as même des gens qui ont fait des fausses pages Facebook avec ton Ouais. la nuit de l'attaque, il y a eu euh un mec qui a fait alors je sais pas si c'est le même mais qui a fait une fausse page Facebook en reprenant mon poste mais rajoutant après des posts à lui pour qui n'était pas de toi.

Non non pas du tout. Moi, j'en ai vraiment fait un pendant pour alerter la police, en gros, les secours et un après pour assurer mes proches en disant "Je suis sorti et basta quoi." Et j'en ai fait un peut-être juste le lendemain pour dire merci à la bae.

C'est eux les vrais héros un truc comme ça. Ils ont fait un truc de voilà, c'est un miracle remercier la police quoi. Ouais.

Ouais, c'est vraiment enfin ils ont c'est ce qui s'est passé, c'était complètement fou quoi. Et c'est tout. Donc c'est le soir, j'en ai fait vraiment un en de les faux comptes Facebook de toi.

C'est quoi l'intérêt de likes d'amour ? Enfin des trucs, c'est pas je suis pas dans la psychologie mais c'est un truc de taré quoi. Il besoin de la mytho du Bataclan c'était pourquoi d'ailleurs ?

Toi tu dois connaître plus l'histoire que nous mais bah il alors il y a plus alors il y a des gens c'était clairement pour l'argent et je pense qu'il y en a beaucoup que pour en avoir rencontré un déjà et aussi pour faire partie d'une espèce de Ouais ouais ouais. on va pas le nommer hein, mais j'ai fait en fait j'ai participé à des visites du Bataclan pendant que c'était en réfection en rénovation. Donc on pouvait aller se recueillir dans la salle pendant euh euh je sais pas un an après l'attaque quoi, un truc comme ça.

Et donc j'ai fait une c visite avec un de ces mecs-là qui était très excité. Au début, je me suis juste dit qu'il était euh bah bizarre mais parce qu'il il est peut-être abîmé comme nous tous quoi. Et on a chacun des façons différentes de réagir.

Et en fait non, c'était juste un mec qui était là excité de voir encore des flaques de sang dans le Bataclan, de voir les impacts de balles dans le passage àelot et d'expliquer ça c'était le calibre et mais vraiment comme un enfant qui est sur un champ de bataille à Verdin qui est mais qui a 8 ans quoi. Sauf qu'il avait pas 8 ans et que il y avait des gens qui étaient mort là quoi. Donc comment tu as compris c un mytho ? membre c'est des amis qui me l'ont expliqué après.

Moi je j'ai voulu l'aider en plus pour la blague. C'est un mec qui est qui avait fait des études de kiné. Mon frère est kiné.

J'avais voulu le mettre en contact avec mon frère en prévenant mon frère. Il est un peu bizarre mais je pense que c'est parce qu'il est abîmé tout ça. Essaie de l'aider.

Donc je les ai mis en relation et il il a jamais répondu à mon frère. Et en fait j'ai découvert après tout que c'était un gros gros mytho. Il n'avait jamais été là.

Non, il a dit que des amis à lui étaient morts là-bas. Il il connaissait personne et lui-même n'y était pas en fait. Mais il a récolté beaucoup d'argent.

Ah bon ? Plus que beaucoup de gens comme nous. Ouais.

Ah ouais des assaut. Non non avec le fond garantie en fait il a très vite fait plein de demandes et il a eu plein d'aide. Voilà donc il a je pense qu'il a su être assez convaincant et larmoyant pour pouvoir avoir toutes ses aides financières après quoi.

En 2021 en 2022 il y a le procès du du du Bataclan. Toi tu es allé témoigner tu as demandé à témoigner. Pourquoi est-ce que tu as voulu aller parler ?

C'est pas facile de parler à un procès en tout cas beaucoup de gens. Très très dur de se rappeler tout ça. Tu as des photos des trucs.

Pourquoi tu as voulu y aller alors ? Moi, j'avais besoin principalement c'était pour leur parler à eux en fait au il y avait un mec qui était survivant de la du commando de la terre. C'est des slam je juste pas les citer pardon.

Non non mais il y a pas de souci le reste est mort là-bas. Ouais, ils sont morts ça et mais après il y a tous ceux qui ont fourni les armes, les explosifs qui ont organisé en fait, donc ils sont tout aussi fautifs quoi. Et j'avais besoin de pouvoir leur dire ce que je pensais de ce qu'ils avaient fait, de ce que je pensais d'eux et le faire en leur endroit dans les yeux en fait et après surtout leur expliquer à quel point Ouais.

Ouais, ouais, ouais. et ça m'a fait du bien. J'ai commencé, on va dire, j'ai fait par beaucoup d'amis parce que j'étais un peu peut-être un peu j'ai raconté en gros comme ce que je que ce ce par quoi j'ai commencé en gros mes cauchemars là, j'ai commencé ma ma prise de parle en expliquant ce que je leur avais fait pendant des années et que ça me faisait bizarre de me trouver face à eux.

Mais très vite, j'ai embrayé sur le fait que bah en fait que j'étais très heureux qu'il soit encore vivant et qu'il allait passer le reste de séjours en prison à parler au mur pendant que moi j'allais kiffer avec ma meuf, avec mes amis, que j'allais que j'ai réalisé mes rêves, que j'avais je faisais une reconversion professionnelle qui m' rendait très heureux et que voilà quoi, que j'allais qu'ils all ils avaient échoué quoi. Il ils avaient tué peut-être Ouais plus de 130 personnes et c'est dramatique. Il y a plein de gens qui sont abîmés à vie, mais il y a aussi plein de gens à qui qui vivent de façon encore plus intense maintenant et de chaque seconde en se disant bah voilà, j'ai failli crever maintenant, j'ai envie de donc voilà, c'était important que vous leur dit gars, vous avez échoué quoi. [ __ ] tuas tu as pas eu envie de sauter sur eux en procès ?

Je me suis posé la question pas mal de fois. J'ai le premier jour du procès, quand tu es face à eux et que tu les vois soutenir le regard, j'étais à même pas 5 m de j'étais vraiment au premier rang. Il y a une vitre Ouais, il y a une vitre blindée mais avec des espaces.

Ah, tu t'as dit que Ouais, je je suis vers pas mal de choses et tu les vois, tu regarder des fois droit dans les yeux et soutenir le regard, tu as envie de me dire "Mais comment t baisse les yeux quoi." Mais ils sont avec des des gros gorill de la pénitentiaire et quoi qu'il en soit de toute façon, j'avais pas envie de je les ai tu en rêve pas mal de fois et c'est très bien comme ça. Mais je suis pas un mec violent et j'ai pas juste leur dire que c'était c'était des mecs des gros lâches.

En fait, c'était le plus important pour moi de me dire et qu'ils avaient sli une religion, ils avaient sli plein de choses et que c'était dommage que j'avais grandi moi en banlieu avec des gens qui ont qui de tous les horizons, de toutes les cultures, je suis pas même croyant, pratiquant que ce soit mais je trouve que c'est bien la France d'avoir un peu de diversité, d'avoir des gens et ils ont ils ont juste tendu les choses comme pas possible. Donc ça, ils ont gagné pour ça. Mais il y a plein d'autres gens qui vivent très très bien et qui vont continuer à faire la fête.

Moi, ça été dur de repartir en concert mais j'en refais plein là. J'en ai fait deux cette semaine. J'en ai fait deux la semaine d'avant et j'ai toujours une pensée à tout ce qui m'est arrivé et ça me c'est toujours je suis toujours prêt, on va dire, au cas où ça pouvait se repasser, mais je suis pas stressé quoi.

Tu fais plus attention quand même quand tu es en salle de concert, même sans être stressé, mais tu fais tu regardes où est la sortie de secours par h tu te mets plus vers la sortie de secours naturellement. Alors au Bataclan, je l'ai fait pas mal quand je suis retourné au Bataclan pour des concer. Tu es retourné en concert au Bataclan ?

J'ai fait quatre concerts au Bataclan et j'ai mis 6 ans je pense à retourner. Le choix du concert est super important. Si c'est trop lent, tu vas juste pleurer pendant 2 heures en repensant à tous les morts.

Si c'est trop énervé, tu auras l'impression d'entendre des tirs de Kalashnikov tout le temps. Donc il faut trouver un espèce de juste milieu. Tu allé voir quoi du coup BC ?

J'ai été voir un groupe qui s'appelle Shame, un groupe de post punk anglais qui est vraiment top et qui est très festif et qui est cool et tout. Donc et j'ai mis beaucoup de temps à j'ai mis un bon 40 minutes à me détendre. J'ai trois quatre vers de rob m'ont aidé aussi.

Et et après le le chef de la SQ, c'est un de ami, c'est un mec adorable. Il m'a il m'a mis super à l'aise et tout et [ __ ] tu es tu es tu es retourné naturellement pour voir où tu étais ? Ouais, c'est le prure que tu fais et montrer ça.

Je l'ai fait quand j'ai refait les visites du Bataclan pendant les travaux et après bien sûr je le refais pendant les concerts et à chaque fois je retourne là-bas, je vais dans cette toilette là pour faire mon pour pour les pisser. Ouais, pour aller pisser mais pour même pour c'est un ton pélerinage. Ouais ouais ouais.

Et même si j'y vais tout seul, c'est tellement un endroit je me je me suis vu mourir ici quoi pendant pendant pendant 2 heures. Donc c'est c'est important. Tu t'as rapproché de ta mère de passer pas loin comme ça te dire [ __ ] je suis quand même j'aurais pu y passer là je fais plus attention.

J'étais déjà proche d'elle. J'étais déjà proche d'elle avant. Donc non non, ça a changé mon rapport à des amis.

Ouais. Ah ou qui ont pas forcément toujours compris ce qui m'était arrivé qui des fois on m'a dit très peu de temps après genre ça va passer à autre chose quoi. Mais quasiment au bout d'un mois quoi.

Comme si j'avais un interrupteur et je faisais on off et euh enfin ça va quoi. C'est non la dépression non c'est un peu plus compliqué que ça et puis euh et puis c'est pas parce qu'on veut pas forcément en parler que c'est ça reste pas là à l'intérieur quoi. Donc tu as eu toi donc syndrome postraumatique le PTSD c'est ça peut ça peut se matérialiser de manière très très différente.

Il y a plein de manières. C'est comme le burnout. Il y en a qui vont juste avoir mal à la tête, d'autres qui vont être déprimés, d'autres qui vont dormir, il y a plein de sortes et toi, ça va se matérialiser comment ?

Comment tu vas comprendre que tu vas pas bien après ? Alors moi déjà, j'étais en alerte constante. C'estàd que tu es dans la rue, tu regardes les mains de tout le monde, tu regardes euh celui qui a une tête un peu louche, tu regardes s'il a un sac à dos, s'il a un truc qui dépasse genre un détonateur pour une bombe, enfin voilà, si son sac il est suffisamment gros pour contenir une arme, tout ça.

Donc tu es tout le temps au début, tu es vraiment au taquet. Euh impossible d'être d'eau à une vitre dans un bar au début et donc tu te forces à à le faire mais c'est dur quoi mais tu dis j'ai pas envie de le de qu' met plus d'eau à la route plus d'eau bah en fait tu te dis s'il y a une voiture qui vient qui rafale comme comment tu fais donc tu rentres dans un bar tu dis qu'est-ce qui pourra arrêter une balle de calage donc tu repères les pyones tu repes les trucs et au début tu le fais en stressant puis après tu le fais là je le fais juste de façon personne se rend compte en fait je juste je check un peu les lieux je la secours mais je suis pas en panique quo juste ce qui m'a sauvé ce soir-là c'est beaucoup beaucoup de chance et c'est un petit peu mes réflexes. Donc bah j'ai envie de je fais gaffe quoi.

Et et donc ça tu es allé voir des psychologues, on parle de PTSD mais quand un PTSD militaire, pompier, police, enfin il y a plein de métiers, on peut en avoir plein de métiers d'ailleurs différents. Tu tu es allé voir un psy longtemps ? Alors, j'ai été voir plein d'obsidien très différentes et j'ai mis du temps à trouver euh la bonne.

Et euh pendant des années euh les premières années, j'étais au Danemark. Donc déjà faire la thérapie en anglais, c'était euh ça pouvait aller pour moi mais c'était pas forcément facile pour la thérapeute. Et quand tu es face à quelqu'un qui a vécu un truc aussi extrême, des fois les gens, ils sont plus dans le genre waouh que essayer de t'aider.

Je l'ai vécu, c'est assez bizarre mais le psy en Ouais. qui est un peu focalisé sur la soirée, les événements et sur les événements un peu ouf plus que sur tout ce qui avit moi le plus dur c'était l'après. Enfin le plus dur, ça a été très dur la soirée mais ce qui a été très compliqué c'était de gérer l'après aussi de se dire je devrais être mort, qu'est-ce que je fais maintenant pour mériter de de continuer à vivre quoi ?

Et après j'ai trouvé une psy top en France qui est là c'est plus là et qui m'a fait beaucoup de bien. J'ai fait le MDR, j'ai fait plein de thérapies. C'est quoi qui a du mieux marcher ?

Parce que le MDR c'est c'est le fait de sorte d'hypnose pour vider vider le leoua en fait c'est pas c'est c'est pas ça vide pas ça te distancie émotionnellement d'un souvenir. Donc ça t'efface pas le souvenir mais c'est un souvenir traumatique. Ça t'arrive à te distancier de ça émotionnellement.

Donc j'ai encore toutes les images bien précises mais euh il y a pas le cœur qui bat à 3000 quand tu repenses quoi. Tu tu parles de PTD, tu parles de aussi de de des gens là il y a 2 secondes. Est-ce que tu as revu les cinq personnes à qui tu étais dans les toilettes et les euh les gens avec qui j'étais au toilett j'organisais très vite alors j'étais à l'étranger donc quand je renais en France j'organisais des des apéos dans des dans des bars comme beaucoup de gens ont fait dans l'assaut quoi et ça nous a fait beaucoup de bien nous retrouver et j'ai dans un premier j'avais laissé ma carte de visite à la fille qui était blessée en disant bah oui sa meilleure amie en mode bah tenez-moi au courant quoi. et j'avais pas de nouvelles.

Du coup, je me dis [ __ ] elle est morte. J'ai pas eu de nouvell pendant un mois et demi, de mois. Et elle m'a écrit, elle a retrouvé ma carte finalement bien plus tard.

Et j'ai été la visiter à l'hôpital. Et au début, en fait, je l'avais même pas reconnu quand je l'ai vu puis qu'en fait, on était dans le noir avec la derine. Un mois et demi plus tard, elle était encore à l'hôpital.

Ah oui, elle a passé des elle a fait enfin pas passé des mois à l'hôpital mais elle avait eu beaucoup d'opérations et tout et ouais, on s'est on s'est retrouvé et après chacun gère son trauma et son rapport à tout ça comme il veut. Donc j'ai plus trop lien avec la plupart de ces gens-là, mais je me suis fait par contre des des potes très très proches. Ouais.

Ouais. qui sont devenus des amis intimes. On a un vécu commun, on a on est tous très différents.

Il y en a qui avait 20 ans à l'époque, il y en a qui avait 65 ans, il y en a qui a des enfants, d'autres par on sait tous, on a tous cette espèce de d'envie commune de de d'aller à l'essentiel de Ouais, vraiment. Ouais. Il y a une espèce de bienveillance généralisé.

On est on en parle pas tout le temps, on parle pas tout le temps des attaques ou quoi que ce soit mais on a un goût commun pour soit le rock, ce qui est plutôt une bonne chose, soit pour kiffer quoi. Et ça c'est primordial. Et tu t'es fait des potes mais tu t'es tu t'es aussi tu as rencontré l'amour.

Oui. Avec une fille qui est aussi une surveyante du Bataclan. C'est vous êtes comment comment ça s'est passé ?

Euh ben en gros, on s'est rencontré euh dans on a participé tous les deux à une étude euh qui s'est passée en Guadeloupe euh où ils essaient de mélanger la plongée sous-marine avec euh la sophrologie, l'habilitation et euh donc il voulait montrer que qui il l'état c'était c'est organisé par des scientifiques et des gens de l'armée de terre. [ __ ] incroyable. Et en gros, il y a eu deux applications.

Il y en a une donc pour l'armée où les mecs qui rentrent du front, les mecs ou les les combattantes qui peu qui rend rentrent du front et qui sont abîmé psychologiquement peuvent aller à travers ce protocole essayer de soigner le leur stress posting. Donc ça ça l'annule pas mais ça le diminue sur une période donnée. Ça peut faire Ouais vraiment.

Et il y a une application aussi civile qui s'appelle Baptiste Med et qui fait aussi beaucoup de bien des gens qui ont juste un burnout juste un burnout je dire et ce qui ça fait beaucoup de bien aussi. Et donc vous partez là-bas en Guadeloupe, ils prennent combien de Français ? On est une grosse trentaine, on est 35, 36 je pense.

Dans c'est pour une expérience scientifique quoi. Ouais. Et dans dans ce groupe de de personnes, il y a ta il y a ta future femme.

Ouais. Ouais. copine.

Mais pour l'instant, tu me regardes, ça arrivera. [rires] Mais euh ouais, ouais. On s on était j'étais avec ma compagne à l'époque, elle était avec quelqu'un aussi mais on est devenu ami grâce à ça.

Et on est plus tard, on est devenu plus que l'ami. On est devenu d'abord collègue et après euh un couple. Ouais. [ __ ] c'est incroyable.

Ouais, c'est une belle histoire. 10 ans après, comment ça va psychologiquement ? Est-ce que tu continues de voir des psychologues ?

Est-ce que tu continue de travailler sur ça ou est-ce que ça ça va un petit peu mieux aujourd'hui ? Et ça va beaucoup mieux. Euh le procès part aller témoigner, ça m'a fait beaucoup de bien pouvoir Ouais. dire à dire vraiment littéralement une déposition tu déposes quelque chose, c'est vraiment le cas quoi.

Euh j'ai pu laisser quelque chose derrière moi et avancer quoi. Et ça ça m'a fait beaucoup beaucoup de bien. Régler le fond de garantie, ce qui est très compliqué.

Les gens je sais pas si ils connaissent complètement. Qu'est-ce que le fond de garantie ? Le fond de garantie c'est en gros un système assurel. toutes les quand on paye son assurance, il y a un petit pourcentage de l'assurance que chacun paye qui va à ce fond qui sert à dédommager les gens qui ont des accidents collectifs, donc crache d'avion, choses comme ça ou si il y a un problème avec quelqu'un qui n'est pas solvable et en gros ce fond là dédommage les gens à qui il arrive des choses un peu pas cool et ils évaluent en gros voilà ta femme est morte au Bataclan, on va te donner ton argent c'est il y a des il y a des critères donc c'est c'est assez glo mais ça ça peut vraiment te sauver puisque pendant des années tu arrives pas à travailler tu arrives pas à te remettre de tout ça et il y a des gens qui sont aussi handicapés quoi, qui ont qui ont eu des opérations lourdes et tout et qui peuvent plus du tout avoir la même vie qu'ils avaient avant.

Et donc tout ça ça l'État français pour ça fait ça bien et aide les gens. Sauf que c'est compliqué comme démarche. Toi tu as eu de l'argent ?

Ouais mais je en gros c'est compliqué d'être face à une psychiatre qui sans cesse essaie de diminuer ce que tu as vécu et qui te reproche toi-même de dire que ce que tu as vécu que je diminue mes but c'est de diminuer pour donner. Ouais. Pour moins d'argent.

Et en gros, il me répétait me répétait sans cesse de pas que je passais mon temps à amoindrer ce qui m'est arrivé. Je expliqué que c'était ma façon à moi d'avancer, qu' y a eu bien pire que moi. Il y a eu des gens qui ont perdu des proches qui ont été qui ont perdu l'usage de leur jambes quoi que ce soit.

Enfin, on se rend pas compte mais au Bataclan, il y a eu les morts mais il y a eu euh il y a eu des par pratiquement 500 blessés, mais c'est des blessures extrêmement graves. Des gens qui ont qui ont perdu des membres ou quoi que ce soit ou enfin c'est vraiment des trucs graves, c'est des calages, des c'est des armes de guerre quoi. Donc ça fait des blessures de guerre quoi.

Donc non, c'est au-delà des rempli du traumatisme mental psychologique. Donc ça fait beaucoup de choses et et donc le le but c'était de te donner le moins possible. C'est ça.

C'est c'est peine. Ouais. Ouais.

Tu dois essayer de convaincre quelqu'un àel à quel point ta vie devenue pourrie. Donc tu demandes à tous tes proches de de testif de j'allais dire pas testif, je parle en anglais pardon. De d'expliquer à quel point avant ta vie était cool, tu travaillais bien et tu étais quelqu'un de drôle et à quel point maintenant ta vie est devenue pourrie et que tu as pris 20 kg ou perdu 20 kg et que et que tu étais un bon chéri mais que tu es devenu un mec pourri que ton fils était marrant avant que tu étais juste un bon collègue, maintenant tu es pas très créatif et que tu es pas très fiable parce que la nuit tu as des cauchemars et tu fais des insomnies.

Voilà. Donc ça au bout d'un moment tu en as marre et tu as envie que ça soit ça soit réglé. Et donc du coup bah tu t'acceptes ce qu'on te donne et tu dis de toute façon que je m'attendais pas avir de l'argent et et après tu te débarrasses des trucs pour avancer quoi.

C'est sûr, on a pas parlé de ça depuis le début mais quel est ton métier et qu'est-ce que tu faisais à l'époque j'étais designer. Parce que là tu dis que tu étais au Danemark. Tu es parti bosser en tant que designer au Danemark ?

Non, je je suis parti pour une fille pour la fille qui j'étais à l'époque mais j'étais designer freelance donc je faisais je designais des objets, je designais des sites, je faisais du graphisme, enfin ouais, j'étais directeur artistique grand terme et voilà, je faisais ça là-bas et après le Bataclan, c'était extrêmement compliqué pour moi de bosser quoi parce que j'étais à mon compte donc me lever le matin, appeler les clients et se poser devant un écran pendant 8h, c'est très compliqué quoi. Euh, il y a une association de victimes qui s'appelle enfin Life for Paris. Tu en as entendu parler ?

Oui, c'est la mienne. C'est grâce à elle que j'ai retrouvé tous les gens avec qui j'étais caché. En fait, j'ai raconté mon histoire sur la page Facebook comme beaucoup on l' fait.

C'est comme ça que j'ai retrouvé tous les gens avec qui j'étais caché. C'est toi qui l'a créé l'associ ? Non, pas du tout.

C'est Maurine Russell qui et c'est une expression qui a fait beaucoup beaucoup de bien à beaucoup de gens et qui va se dissoudre là pour les 10 ans hélas mais qui va continuer à exister mais pas dans sa forme administrative quoi mais qui a aidé beaucoup beaucoup de gens quoi. Merci en tout cas d'être venu d'avoir pris le temps. C'est c'est je sais que c c'est pas facile he de parler de raconter son histoire.

En plus ça fait quand même 10 ans disons que tu l'as pas fait vraiment comme ça sur interview et ça s'est très bien passé. Oui oui jusqu'à ici. [rires] Merci beaucoup. un plaisir.

Merci à toi d'être venu d'avoir pris le temps. Benjamin, maintenant tu n'habites plus au Danemark, habit à Paris euh et tu prépares ton film. On disait tout à l'heure, je parle pas trop des projets artistiques avant qu'il se fasse ou dans un an pour pas porter l'œil plus par superstition mais on touche du bois pour toi.

Merci d'avoir pris le temps. On continue cette émission du du 13 novembre. Donc du coup, on va voir dans un instant, vous allez voir tout à l'heure le patron du raid qui était là-bas sur place, Jean-Michel Faverg, le médecin en chef du raid aussi.

Tu tu les as rencontré je crois tout à l'heure, tu les connaissais, tu les avais croisés déjà ? Non, j'avais entendu le médecin pendant le procès. Ouais, mais j'avais pas croisé monsieur Fauberg.

Non, c'est Mathieu, il s'appelle Mathieu le médecin en chef du raid et on aura tout à l'heure Arthur. C'est parti. Ça y est, Stéphanie est arrivée.

Bienvenue Stéphanie. Merci de venir raconter aussi en fait une spéciale pour les 10 ans du 13 novembre 2015 sur le Bataclan. Et tu y étais aussi ?

Oui, tu es parti voir un concert. C'est ça. Tu étais fan du du groupe la Eagle of death Metal, tu les connaissais ?

Tu les avais déjà vu en concert ou première fois ? En fait, c'était la première fois. C'est un side project du chanteur de Queen of the Stone Age et un projet c'estd quoi ?

Pardon ? C'est que c'est un projet annexe de d'un groupe principal d'un chante. Donc, ils ont deux groupes quoi.

Voilà. D'accord. Et euh donc j'avais essayé d'y aller pour le mois de juin 2015 pour le trian mais c'était déjà plein.

Et donc donc il y a eu la session en novembre et bah j'ai pris pour le coup mes billets beaucoup plus tôt et j'ai pu avoir ma place. Tu as pu avoir ta place ? Tu vas y aller toute seule ce soir-là ?

Ouais. C'est important pour comprendre en fait l'habitude de faire des concerts avec des potes ou seul. Ça me dérange pas d'y aller seul.

J'ai tendance à sympathiser assez facile avec tout le monde quoi. Tu es pas compliqué quoi. Tu es sociable.

Oui. Donc là tu vas tout seul, tu prends tu prends ta place. Tu es très tôt, tu arrives un peu tard.

Euh j'arrive plutôt tôt. Je me suis forcée à y aller parce que j'avais une journée un peu compliquée au boulot et j'ai fini la journée avec une bon mal de crâne et je me suis un peu donné des coups de pieds au cul pour y aller. Tu fais quoi comme métier ?

à l'époque, j'étais responsable d'un d'un bureau de data management à l'INCERM. D'accord. D'accord.

Et et donc j'arrive, il 7h moins le quart, il y avait vraiment pas grand monde devant, pas grand monde dans la salle. Je rentre, je je m'arrête un petit peu au merch pour acheter un bandana et un CD. Je discute un tout petit peu avec le le gars du merch qui parlait bien plutôt bien du merch.

Donc c'est merchandising qui vend des t-shirts, les mugs, les produits dérivés quoi. Ouais. Et puis euh puis je je me place à la à la balustrade de la coursive du Basaclan.

En fait, pour ceux qui sont jamais allés, il y a la scène, la fausse et qui fait tout le tour. Il y a une balustrade un peu surélevée d'un m par rapport à la fausse où on est euh on est on voit mieux quand on est petit comme moi. Voilà.

Et mais pour une fois que je vais au Bataclan seul, je me dis bah je vais en profiter pour aller à la barrière. Je suis pas avec des potes qui veulent absolument être à côté du bar. Donc donc je bah je traverse la fosse et je m'installe à la barrière tout devant à gauche.

C'est là où il reste un petit peu de place. Le concert va commencer. Le concert démarche.

Jess Hugs dans toute la splendeur arrive avec une cape de de père Noël. Enfin euh il chauffe tout de suite la salle. C'est vraiment un chaman, il est très proche de son public donc il discute énormément avec les gens.

Ils s'émettent l'ambiance et puis bah il dansent, il chante. Enfin c'est c'est très très festif. Qu' l'habitude de faire des concerts de rock et de métal.

Là c'est j'ai jamais fait un concert aussi festif que ça en fait. Tout le monde a le smile, ça pogote mais les gens s'excusent de se bousculer un peu. Pogote, c'est un peu bousculé quoi.

Ouais, c'est ça. C'est dans un peu les uns sur les autres et tout. Mais là, l'ambiance est tellement bonne que les gens même s'excusent un peu de se bousculer.

Enfin, c'est vraiment cool. Je réussis même à avoir un guitar pic, un médiator quoi, lancé par le guitariste. Les deux personnes à côté de moi aussi.

Donc on se check les points parce qu'on a chopé chacun un guitar pic et puis bah mon pote me m'écrit un SMS en me demandant comment ça se passe. Je lui envoie quelques photos. Il est 21h30 un quart d'heure avant l'attaque.

Voilà. Et puis ben à un moment donné pendant la chanson Kiss the Devil, pendant la partie instrumentale, j'ai Jessie Huk qui est juste en face de moi. Tu es le chanteur ?

Le chanteur. Et ben je prends des photos, j'en profite et au moment où je range mon téléphone dans ma poche, j'entends des pétarades à l'arrière et le premier truc qui me passe par la tête, c'est un effet spécial qui a raté ou la la il y a un problème avec la table de l'engesson mais je pense pas du tout. Tu pens technique pas un tir quoi.

Bah non, enfin c'est complètement incongru. Enfin qu'il arrête de jouer. On voit il y a une vidéo, il y a la seule vidéo que bah là en fait je me retourne pour voir ce qui se passe et je regarde à nouveau la scène et il y a plus personne et euh et je me retourne à nouveau pour comprendre et là je vois les gens mais tomber comme des dominos en fait les uns sur les autres.

Et donc moi je me pousse. En fait, j'avais posé mes affaires sur une barrière vaan qui avait été rajoutée à la barrière fixe pour délim c'était pour délimiter un un emplacement pour les photographes. Euh il y a plus quoi les barrières vaan ?

Ces barrières en fer là. Ouais, c'est les trucs de rue. Les barrières de rue.

Et bah la barrière est plus là, mes affaires sont tombées par terre et je m'accroupis. Et là je de de là où je suis, je quand je regarde vers l'entrée, je vois une casquette, une tête avec une casquette. euh qui se détache en nombre chinois sur le hublot des doubles portes qu'on passe qu'on franchit pour rentrer dans la salle et puis je vois des flash qui sortent par là mais je comprends pas encore ce que c'est et quand je je te raconte ça comme ça ça a l'air très construit mais dans ma tête c'est extrêmement décousu les il me manque des images enfin c'est pas fluide comme ça c'est je pense que mon cerveau a déjà compris ce qui se passait mais moi consciemment J'ai rien capté.

Et je regarde, toujours accroupi, je regarde vers le bar et là, je vois un gars euh hyper jeune, le crâne presque rasé, euh une espèce de faussette au menton, le les joues, enfin le blafard, aucune expression sur le visage. Blafard blanc blanc. Ouais, je pense que c'est les spots du bar qui lui donnent cette couleur là, mais vraiment aucune expression sur le visage et j'ai l'impression de voir sur lui comme un gilet avec des bandes réfléchissantes, mais en fait non, je j'apprendrai plus tard que c'était les adhésifs du gilet explosif et puis il a une une kalashnikov dans les mains et je vois les éclairs qui sortent du canon.

Il avance comme ça méthodiquement et il tire au coup par coup et là mon cerveau a bloqué tous les sons. C'est-à-dire que je n'entends aucun tir. Je vois les les coups partir juste les flash mais j'ai pas j'ai pas les sons.

Et à un moment donné je je ressens une douleur au bras gauche. Donc donc je regarde, j'avais un t-shirt à manche longue, pas de sang, pas de trou dans le t-shirt donc bon. Et puis Mais tu cours pas à ce moment-là encore ?

Ah non mais parce que j'ai donné toujours rien compris. Enfin c'est comme si je regardais un film en fait. [ __ ] !

Tu es titanisé quoi. Ça mais j'avais pas d'émotion. Zéro émotion, zéro enfin je suis plus enfin je suis pas vraiment là en fait.

Ça m'arrive pas vraiment. Là, je suis en fait, je comprends que je suis complètement dissocié de du truc euh et enfin, je le comprendrai plus tard ça aussi. Et à un moment donné, j'entends derrière moi, faut y aller.

Donc là, je vois qu'il y a des gens devant moi qui se lèvent. Je me souviendrai toujours de la chevelure ultra très blonde d'une femme avec un pull rose. Donc moi, je prends mon sac et mon manteau par terre.

Ah, tu prends quand même ton sac. Une fille, je prends [rires] quand je quitte une pièce. R à la con tu sais il des situations on peut [rires] je pense que ton cerveau il se raccroche à n'importe quoi de réel ouais et là c'est le trou noir le plus total c'està dire que ce n'est plus moi Stéphanie qui suis aux commande de mon corps.

Là c'est le je ne sais pas ce qui s'est passé. J'ai perdu quelques minutes de conscience. Donc c'est c'est je pense que c'est mon mon instinct de survie qui a pris le relais de les commandes de mon corps pour me faire sortir parce que là je je n'ai pas de mémoire de ce qui s'est passé.

Aucun Ouais. Aucune conscience. Un blackout total.

Il y avait il y avait des caméras de surveillance. Alors c'est pas de caméra extérieure mais c'est le le la vidéo du journaliste du monde qui habitait en face du à côté du Bataclan passage àelot. On voyait on voit la porte de secours s'ouvrir et plein de gens sortir et une fille qui se tire dans le vide.

C'est c'est celle-là. Et en fait mon père me reconnaît sur la vidéo en direct. Ouais, pas en direct, c'est quand elle a été publie après euh par le monde et euh en fait, il me voit courir avec mon sac à main sous enfin mon sac sous le bras droit et j'essaie de mettre mon manteau avec le bras gauche et il est à peu près 21h51 un truc comme ça.

Donc je suis vraiment pas restée longtemps mais ça suffit pour déclencher toute la merde qui arrive derrière quoi. [ __ ] c'est quoi la merde qui arrive derrière ? C'est ben c'est les symptômes de stress post-traumatique.

C'est là au moment où je cours en fait, je ressens juste de l'exaltation mais j'ai toujours pas d'émotion, j'ai rien quoi. Et j'ai toujours pas compris ce qui se passait à l'intérieur. Tu cours en zigzag ?

Ouais. Ouais parce que quand je me suis planquée un petit peu plus loin dans le dans le passage àelot, il y a un gars un américain qui passe devant moi et qui me dit en anglais enfin "run run shooting in the street" et pour moi je comprend Ouais. les tirs dans la rue et j'entends toujours pas les sons des tirs hein.

Donc je me dis bon bah je vais faire comme dans les films, je vais pas être une cible fixe. Donc je j'ai remonté tout le passage àelot en zigzag en courant. Et puis en arrivant rue Hamelot au bout du passage là je tombe sur les deux personnes qui étaient à côté de moi.

Donc on se prend dans les bras dans la fausse en dire ouais qui était avec toi au concert quoi que tu connaissais pas. Non, avec qui tu avais parlé 5 minutes. Voilà, c'est ça.

Et donc, on se prend dans les bras, on rigole et tout. Enfin, on a des Ouais, tu es euphorique. On a des des des émotions pas trop appropriées, mais enfin, on a pas de contrôle trop sur ce qui sur ce qui se passe quoi.

Et je ne sais pas pourquoi on se sépare. Moi, j'essaie de de prendre la rue à droite. Là, il y a un gars qui me dit "Va pas par là, tu retournes au Bataclan." Euh et donc bah du coup je le suis, il y a un autre groupe de personnes, on traverse le boulevard Beaumé et bah à force de courir, on arrive dans un bar au bout de la rue Comine où on trouve refuge et puis ben là, j'appelle j'appelle mon pote qui m'avait dit d'aller à ce concert là. [rires] Tu dis merci pour le l'idée.

Merci pour le type. Et je lui explique et là je là je comprends que c'est grave en fait. Le jeton finit par tomber.

Ah, ça met du temps. Ça a mis du temps ça. Bah en fait quand je quand j'ai remonté un peu le passage à l'aut avant de cavaler en zigzag, j'ai je me suis posée pour mettre enfin mon sac et mon manteau.

Enfin, tu remets ton manteau tranquille au lieu de courir. C'est ça. Mais pour moi, j'ai c'était toujours Non, mais ça se trouve c'est des jeunes qui sont venus foutent la merde.

Ils sont partis, on y retourne quoi. Allez, on repart. Ah ouais.

Et euh tu voyais bien qu'il y a une calage et tout. C'est c'est ça te marquait pas ? Non mais oui mais c'est c'est c'est le cerveau là est complètement what the fuck.

Enfin il y a pas de il y a pas de logique. Et là je vois quand même un des gens porter soutenir un gars qui a du sang sur lui et c'est là où enfin tu comprends ? Je comprends.

C'est là c'est non c'est pas des blagues. C'est pas c'est pas juste pour [ __ ] la merde. Parce qu'avant tu vois pas de sang quoi.

Non tu vois juste des flash. C'est ça. Et il manque plein d'images de ce qui s'est passé.

Enfin mon cerveau a vraiment pas tout enregistré. C'est dingue. Euh ben quand je sors, quand je me vois sortir en fait, je vois juste le champ de vision devant moi.

J'ai plus de vision périphérique. Donc je vois pas les gens qui sont autour. Je vois un homme qui se tient le ventre à c enfin à côté de moi.

Je passe à côté, je le vois pas en fait. Et ça, je vais enfin je vais énormément culpabiliser là-dessus en fait. J'ai bah j'ai aidé personne.

Donc tu as fait ce que tu as pu ? Ouais, mais bon, [rires] c'est enfin c'est toujours difficile quoi de de se dire que ben on est sorti vivant mais euh on a fini un coup de main à personne. Ben effectivement le le cerveau a pas laissé.

Tu t'en a voulu après ça. Ouais. Ça a été extrêmement dur derrière.

C'est plus pour les autres finalement. Ouais. Bah ouais parce qu'au final bon bah je trouve refuge dans le bar.

J'ai euh des amis qui me disent "Bah viens à la maison, reste pas toute seule chez toi, on est plusieurs à la maison, rejoins-nous." Enfin voilà, donc je vais chez eux et euh et quand j'arrive chez eux, bah là, j'ai vraiment le toute l'adrénaline qui redescend. Enfin, je je m'effondre en arrivant, je craque.

Enfin, je pleure. Et je me regarde dans le la le miroir dans leur entrée. J'ai du sang sur mon visage qui est pas le mien.

Enfin, je suis blis même pas senti le sang. Enfin, non, rien. Et c'est là où enfin voilà où je réalise que ben si j'ai survécu, c'est parce que il y a des gens qui ont pris des balles derrière moi quoi, qui sont morts derrière moi.

Donc et c'est ça qui est dur parce que je longtemps je me suis dit qu' et même s'il m'engueulé à chaque fois, je disais ça mais c'est des gens qui ont pris des balles à ma place. Et syndrome du survivant. Ouais.

Et c'est c'était c'était vraiment très dur parce que je enfin j'ai rien fait qui méritait que moi je survive et pas eux. Donc euh c'est c'est ça qui était un petit peu difficile. Et après cette nuit-là chez tes amis ?

Euh une fois arrivée là-bas, j'étais shooté aux endorphines. Euh j'ai comme si j'avais fumé 12 pétards en même temps. Euh je pensais qu'il y a une chose, c'était dormir.

Et donc voilà, je m'installe pour la nuit, j'éteins la lumière, je pense dormir et en fait non, là c'est la nuit blanche la plus totale où les les images reviennent sont en boucle en permanence et là les émotions arrivent et là c'est l'angoisse, la panique mais la plus totale parce que je réalise vraiment ce à quoi je viens d'échapper. Le procès, ça été en 21 en 221 2022. Qu'est-ce que tu vas tu vas tu vas voir Benjamin qui est passé avant parler ?

Tu vas demander à parler ou ? Ouais, je vais je vais contacter mon avocat le jour même en disant bah en fait j'ai les capacités de parler, je peux le faire. Il y en a qui peuvent plus ou qui peuvent pas et il faut que je le fasse quoi.

Donc donc il me dit "OK bah je t'inscris sur les listes et bah je passe le mercredi juste après." Il y a beaucoup de monde. Euh c'est plein à chaque fois c'est plein.

C'est c'est c'est on ne pas parce qu'il y a pas de caméra. C'est c'est c'est quoi ? des dizaines des centaines de personnes.

Des centaines de personnes. C'est pour 500 personnes la salle c'est la plus grosse salle de France j'imagine de procès. Ouais ben en fait comme il y avait pas d'équivalent ils l'ont construite exprès pour le V13.

Ah bon ? Dans la salle des pas dans la salle des pas perdus du palais de justice. Elle a été démontée cette année là en en avril.

Et donc tu vas parler dans tout le monde et tu vas qu'est-ce que tu vas pouvoir ? Euh bah, je voulais parler, raconter brièvement ce qui m'est arrivé et surtout l'après euh au départ, je voulais pas montrer signe de faiblesse devant les terroristes et puis bah je me suis dit en fait ce procès il est pour moi aussi donc autant déposer au sens propre du terme et et donc ouais, je voulais vraiment parler de l'après de des troubles du stress post-traumatique, de tout ce que ça a détruit dans une dans une vie, de la difficulté à se reconstruire. après derrière euh de de l'association.

Enfin, en gros, s'il y avait pas eu Lif Paris, je sais pas trop si je serai là à te parler par exemple euh de l'importance que ça a eu dans ma vie. Et voilà. Ils ont parlé les accusés.

Quand tu leur parlais, est-ce que ça ils répondent après ou ils écoutent juste ? Non. Alors, ils écoutent chacun avait son temps en fait.

Euh les premières les les le mois de septembre c'était vraiment dédié à l'enquête et au résultats de l'enquête. Donc les constats les sites des Oui, le procès duré longtemps hein. 9 mois.

Ouais. Après, c'était euh les parties civiles, on a eu quelques petites interruptions COVID aussi et l'interrogatoire des accusés a démarré en janvier et ça a duré avec des experts aussi qui sont passés, la radicalisation, l'islam et cetera. Et euh donc certains ont parlé euh ont répondu, d'autres non.

C'est ceux-là qui m'inquiète le plus. C'est pas ceux qui au contraire quand il parlent bah en fait euh ils perdent un petit peu leur statut d'accuser et on on devient humain en fait. Ils redeviennent un peu humains et je pense que pour eux ça a dû être un peu pareil.

Ils ont peut-être dû nous voir comme une masse informe non humaine et le fait de nous avoir entendu, ça a peut-être provoquer quelque chose chez eux qui qui a fait que ben ils ont pu parler également quoi. Ils ont ils ont accepté de parler. Qu'est-ce qu' ils ont dit ?

Euh bah il y en a il y en a un qui avait demandé à prendre la parole. Je sais plus si c'est Abri ou ou un autre. J'aurais pas dire de bêtises, mais euh que il a pris la parole pour dire qu'il était vraiment très ému par un témoignage et que il était sincèrement désolé de ce qui s'était passé.

C'était un complice en fait, c'était pas euh c'estit pas partie du commando ni rien, c'était plus un second couteau mais voilà que ça l'avait bouleversé et que et que voilà, il était absolument désolé de tout ce qui nous était arrivé quoi. Et au départ, je m'étais persuadé que bah j'attendais pas qu'Abdlam parle, je m'en foutais et cetera. Mais en fait quand il s'est mis à parler en avril, je me suis aperçu que ben non, vraiment inconsciemment j'attendais ça et il a parlé pendant 3 jours et je suis à peu près passée par tout le spectre émotionnel possible en l'entendant parler euh du soulagement, de la colère, de la tristesse.

Enfin, pourquoi ? Qu'est-ce qu'il disait pendant 3 jours ? Il a il a raconté son 13 novembre en fait de du moment où ils ont pris les voitures jusqu'à jusqu'au moment où il dit que il renonce à se faire exploser dans le café du 18e.

Puis ça remontait son son errance en taxi dans Paris euh et son retour en Belgique. Voilà. et il finit en pleur en en demandant enfin pardon aux victimes et en espérant qu'on ait pas trop de haine contre lui et que lui voilà maintenant il aspirait à plus faire ce enfin de toute façon voilà il est accusé enfin il est condamné à perpétuité mais mais voilà enfin à renoncer à ces à ces choses-là et en fait moi ça m'a fait un bien fou qui parle parce que bah ça m'a sortie de mon statut de victime.

C'était plus une relation bourreau victime, c'était être humain à être humain. Et et là, j'avais c'était le vendredi, j'avais qu'une idée en tête, c'était que bah de prendre ma voiture, de foncer au palier de justice, de parler à son avocate pour que pour qu'elle lui dise "Ben de ma part, merci d'avoir parlé, que moi ça m'est fait du bien et voilà, que j'avais pas de colère particulière contre lui en fait. Ça aurait été quelqu'un, lui ou quelqu'un d'autre, ça aurait rien changé. les terroristes qui nous ont fait du mal, ils sont tous morts maintenant.

Enfin, il y en a aucun qui a réchappé. Donc et quand je suis arrivée, la séance venait juste d'être levée. Il y avait encore quelques avocats dans la salle, quelques amis qui étaient encore là.

Et donc, je demande à un des avocats de la défense de m'amener à maître Renè, l'avocate dame des Slam. Je vois que lui il est encore dans le box des accusés, il discute avec une greffière et bah je lui raconte ce pourquoi je suis là. À qui ?

À maître Ronen. Et là elle me regarde, elle me dit "OK, bon si vous le souhaitez mais c'est pas une obligation. Si vous le sentez pas, c'est pas grave mais si vous voulez vous pouvez lui dire vous-même à Abdislam." Et donc bah là je me dis bah enfin je suis à quelques mètres, OK, autant aller au bout du truc.

Et donc là je m'approche. Il y a toujours la police derrière lui. Ouais ouais ouais ouais.

Mais et puis je lui dis bonjour, on se dit bonjour et je lui explique, je lui parle. Je alors je dis pas mon nom mais je je voàis je lui explique je suis j'étais au Bataclan que je le remerciais d'avoir parlé que moi ça m'avait fait du bien que que bah je enfin j'avais fait le partie de voilà de de de croire ce qu'il avait dit. Euh bon, c'est c'est juste mon point de vue, hein, c'est pas euh et que euh que j'avais pas de colère particulière ou de haine contre lui.

Enfin voilà, donc ça s'est arrêté là. Et moi, je commence à être un peu ému. Je vois que lui commence à être un peu ému aussi et il me sourit et il me remercie de d'être venu lui parler, que ça lui fait du bien aussi et euh il nous souhaite bon courage.

Il me dit à bientôt, je peut-être pas [rires] et euh donc on se quitte lui enfin il y a un un gendarme qui qui l'accompagne vers la sortie. Moi, je vais voir mes potes. Il se retourne à nouveau vers moi, il me fait coucou la main, je fais pareil.

Et puis ben voilà, c'était surréaliste hein. Et mais pour moi à ce moment-là, le procès était fini. J'ai compris plus tard que c'était ce qu'on appelle la justice restaurative.

En fait, c'est la confrontation entre les victimes et les accusés. Et c'est ce qui permet voilà de de clore le le chapitre définitivement. passait à autre chose et en tout cas toi ça t'a fait du bien ce jour-là ?

Incroyable. toute la tension que j'avais accumulé pendant les les 3 jours et même les mois qu'on précédé est parti et ouais merci c d'être venu raconter je je sais même pas quoi dire suite à ce que tu viens de me dire je savais pas mais ouais c'était c'était un moment dingue. En tout cas, c'est ta manière.

Chacun a une manière de faire le deuil. Chacun a une manière de faire euh aussi de se réparer suite à un traumatisme. Et le principal, c'est de trouver la sortie, quoi.

C'est ça pour toi, tu vois, ça a l'air de Tu disais que ça va mieux et que c'est dans voilà, ça va mieux. Euh, ça va mieux, ça va mieux. Je j'ai repris les concerts bien avant, mais voilà, toujours autant de concerts de sortie et puis ben puis les potes de l' for Paris.

On retrouvera tout à l'heure justement Arthur. Arthur, c'est il a fait partie aussi de l'association départ. Ouais.

Arthur, il a euh permis au groupe, il il a permis au groupe de de de s'enfuir. Il va nous raconter. Merci beaucoup.

Je te check. Merci d'être venu jusqu'à nous. C'est un plaisir de te recevoir et puis on continue l'émission sur donc le 13 novembre 2015 aujourd'hui sur l'émission spéciale Bataille Clant sur Légende.

Et ça y est, notre invité est là. Jean-Michel. Bonjour Jean-Michel.

Bonjour Yumm. Jean-Michel Faverg, vous étiez patron du raid de 2013 à 2017. Euh alors comme le sujet aujourd'hui c'est le le 13 novembre 2015, on parle vraiment euh du Bataclan, on va se concentrer sur ça.

Mais si vous acceptez, on refera une émission juste sur votre parcours qui est très riche. Il y a eu plein plein de d'anecdotes, plein d'histoires à raconter. Euh vous avez écrit des livres d'ailleurs, on va l'utiliser tout à l'heure.

Ni capitulation ni résignation. Osons le courage chez Fillard. On va y revenir dans 2 minutes.

Vous dites quelque chose dedans. Vous dites "Le 13 novembre 2015, à la tête de mes équipes du raid, je franchissais les portes du Bataclan en jambant les cadavres glissant sur le sang répandu. Nous avons dépassé ce jour-là les limites de ce qu'une société civilisée pouvait accepter en temps de paix." Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?

Ça veut dire que exactement que euh cette année-là et plus particulièrement Baclan, on a été attaqué, la France a été attaquée dans tout ce qu'elle représente et que tout ce qu'elle représente de d'égalité, tout ce qu'elle représente de de de dignité, tout ce qu'elle représente de liberté et que ceux qui sont partis pour défendre ces valeursl sont les gens du RAID et de la BRI qui sont intervenus et et bien d'autres autour puisque il y avait t tous les policiers de de la préfecture de police, il y avait les les services de secours et cetera. Et nous avons donc ce ce jour-là effectivement nous sommes rentrés au Bataclan où c'était un c'était un massacre important et nous avons été attaqués ce jour-là de manière inhumaine et et et c'est quelque chose dont il faut se souvenir et c'est quelque chose qui doit se remémorer à nous et et raviver notre courage aujourd'hui. vous le 13 novembre 2015, vous étiez où quand vous apprenez parce que le but de l'émission serant de comprendre de plusieurs points de vue cette journée, ce drame il y a 10 ans aujourd'hui.

Comment comment vous l'apprenez ? Vous êtes où à ce moment-là ? Alors il y a deux choses remarquables moi sur cette soirée- là.

C'est la première, c'est que j'avais au au Stade de France deux officiers, deux commandants de du du raid qui était autour des équipes du président de la République de la François Hollande. Pourquoi elles étaient là ? Parce que on préparait la l'Euro 2016 qui qui avait lieu 1 an après et on on travaillait en symbiose avec l'équipe présidentielle pour savoir comment on pouvait évacuer le le président si si jamais il y avait un attentat et cetera.

Oh là là, ce jour-là, par hasard, ce jour-là, ce jour-là, ouais. On observait, on était nos nos deux officiers supérieurs étaient là, euh deux commandants du RA. Ce qui fait que première chose, je suis avisé assez rapidement.

Deuxième chose qui est qui est particulière, c'est que ce jour-là, j'organisais à mon domicile une un repas qui est un repas de cohésion qu'on faisait chaque 2 3 mois avec l'ensemble de la de la hiérarchie du raid qui était avec moi, l'ensemble de de mes adjoints, leurs épouses et que donc du coup euh je suis avisé mais eux sont avisés immédiatement, ce qui me permet de distribuer mes ordres assez assez vite et et et d' et d'envoyer mes adjoints à tel endroit à tel endroit, donc d'organiser ma ma reposte, de mettre tout le monde en alerte et cetera. Vous sentez que c'est différent d'habitude du coup là tout de suite ? Oui, mais en était il faut que tu il faut qu'on se rappelle le fait que on était dans une situation exceptionnelle en 2015, chaque de mois, on a eu soit un attentat majeur, soit des attentives, des tentatives d'attentat majeur.

Donc moi, je vais chercher mes mes équipes lourdes au raid et chemin faisant en allant au raid, on on a les informations et en fait les informations comme on avait la radio euh la radio police qui était saturée, les informations on les a eu sur la la radio FM. On écoute. Ah là là, c'est les radios d'info.

Les radio d'info qui était qui était particulièrement bien informé. Et à chaque fois qu'on avait une info sur la radio d'info, on avait la confirmation par la radio police. Donc on avait un petit temps de retard par les journalistes les infos en direct.

Mais il faut savoir, vous savez, quand vous êtes chef du raide ou vous êtes chef d'une unité, que vous êtes euh commissaire chef d'un de de de quelque chose, il faut savoir aussi se s'informer par divers canaux parce que et et il faut quand même aussi reconnaître que quelquefois les canaux journalistiques sont très rapides aussi et et donc on est au courant qu'il y a des attentats sur les terrasses donc que ça continue, il y a des surattentats avec sur les terrasses il y avait un gilet explosif et que il y a une prise d'otage majeur au Bataclan. Je me dirige au Bataclan avec une équipe lourde. Entre-temps, mon adjoint avec son équipe légère, son équipe sur Roue était par je je je lui demande d'aller au Bataclan.

Il rejoint d'ailleurs le chef de la BRI qui avait élu aussi une équipe restreinte. Ils devaient être une vingtaine, les primos intervenants étaient une vingtaine. Sauf que auparavant, on on travaille quand même le RA travaille dans un dans une dans une ambiance police nationale.

C'est-à-dire que les premiers intervenants de la police nationale étaient sur place. Et rappelez-vous que cette soirée-là, le premier à rentrer au Bataclan, c'est ni quelqu'un de la BRI, ni quelqu'un du RA, mais c'est le chef de la BAC de Paris avec son son chauffeur tous les deux qui courageusement alors qu'ils étaient en tenue ce qu'on appelle du léger, c'est-à-dire avec juste un un gilet par balle qui arrête le 9 le pistolet, voilà et avec leur arme de point rentre très Courageusement, faut y aller làin. Oui.

Ouais. C'est les vrais héros de la soirée, je peux vous le garantir. Du côté des forces des forces de la de police, il rentré cou courageusement, il ils abattent, ils tirent sur un des trois, il y avait trois Kamikazes au au Bataclan, ils tirent sur un des trois Kamikazes.

Alors, ils le font il impactent, ils le font exploser ou alors il se fait exploser, on sait pas trop. Euh et après ils sont obligés de ils sont obligés de de refluer parce que sous le tir de la Kalashnikov des deux autres, il ils arrivent pas à tenir le siège. Donc ils sortent du Bataclan.

Ce commissaire de police qui qui est rentré très courageusement au Bataclan est aujourd'f. Donc voilà, c'est c'est quand même pas te mériter du coup. Je te l'ai je je tenais à le signaler.

Euh, ils ont été héroïques tous les deux et non seulement ils ont abattu un terroriste, mais le fait d'abattre le terroriste et de d'engager le feu contre lui, il met au point toute une théorie qu'on avait élaboré depuis depuis près d'un an avec le chef du GGN puisqu'on travaille ensemble. c'est de dire que à chaque fois qu'on a quelqu'un un terroriste ou un ou un tueur un tueur de masse, ce que les Américains passent appelle un mass murderur, un tueur de masse, et bien l'idée c'est que les primo intervenants engagent le feu pour soit terminer le problème définitivement, soit faire en sorte que celui qui tue arrête de tuer, arrête son massacre et se retranche et nous laisse le temps d'arriver. Et là, c'est exactement ce qui s'est passé.

C'est-à-dire que en ouvrant le feu, ils ont tué déjà un premier un premier terroriste et ensuite les deux autres ont arrêté le massacre phénoménal qu'ils avaient qui était hyper rapide. Ils ont ils ont tué 90 100 personnes en très très vite et ils ont arrêté de de tirer et ils se sont retranché euh derrière la scène, il y avait des loges dans les loges avec des avec des otages et et à partir de ce moment-là, ils ont arrêté de massacrer. Ça nous a laissé le temps d'arriver euh et et donc de mettre en place nos dispositifs.

Voilà ce qui s'est passé au Bataclan. Vous êtes devant. Il se passe combien de temps avant de donner l'assaut ? disait les deux policiers de la BAC et après il se passent combien de temps ?

C'est-à-dire que les deux policiers de la BAC interviennent en premier. Ensuite, on a ces équipes rapides de la BRI avec le chef du chef de la BRI et mon adjoint qui sont sur place et donc qui vont rapidement sur les lieux et qui commencent à à mais ils sont ils sont véritablement très peu quoi. Donc il commencent à cadriller les choses, à si possible à sécuriser.

Et moi, j'arrive avec les équipes rapides, avec mon équipe rapide, mon équipe lourde du RA juste après. Euh, arrivera d'ailleurs quasi en même temps ou un peu après les équipes lourdes de la BRI. Euh et et donc je j'arrive à la tête de de mon équipe lourde euh alors que euh le chef de la BRI et et mon adjoint sont déjà à l'intérieur.

Et en arrivant à la porte du Bataclan euh en premier euh de mon équipe lourde, ben je je suis face à un massacre absolu, quelque chose qui est qui est qui est impensable, quelque chose qui sidère dans un premier temps. Moi ce qui m'a marqué c'est les téléphones qui vibrent parce que le massacre était annoncé déjà parce que le le la problématique du Bataclan était annoncée partout sur les sur les ondes et et les gens essayaient de joindre leur famille, leurs proches. Donc il y avait ces ces téléphones qui vibraient dans les poches de des gens qui étaient qui étaient déjà décédés ou qui étaient qui étaient blessés, qui étaient allongé au sol.

Euh il y avait cette odeur aussi la mort ce soir-là, elle a elle a l'odeur de la de la poudre et du sang qui est une odeur acre. Euh et donc voilà, on arrive et on est on est complètement un petit temps figé sur le truc et après il faut évidemment vous êtes à vous êtes à la tête de de du raide, il faut il faut aller jusqu'au bout de la mission, c'est-à-dire neutraliser les neutraliser les deux les deux terroristes qui restent. Vous étiez où dans la colonne ?

J'étais en moi je suis arrive j'arrive en tête de la colonne. Voilà ma col le chef il est pas devant. Normalement le chef est pas devant.

Euh on a tout un protocole euh le chef est pas devant parce que par définition si le chef de est devant et il se fait tuer ben il y a plus de chef. Euh ça c'est la première chose. Et ensuite si vous êtes à l'intérieur de la colonne d'assaut, alors il y a plusieurs et il y a plusieurs manières de faire mais au raid on on a déterminé que si vous êtes dans la colonne d'assaut alors que vous êtes le chef, vous vous êtes affuté, vous entraînez, vous faites toujours des gens meilleurs que vous mais c'est mais c'est des gens qui sont beaucoup plus spécialistes et meilleurs et meilleurs pour si vous vous mettez au milieu, vous allez créer un chaos.

C'est-à-dire que les le celui qui est devant vous et celui qui est derrière vous de vos hommes euh vont protéger le chef et donc en protégeant le chef, ils vont ils feront pas leur mission qui qui leur est assignée. Donc ils prennent des dangers. Là ici on est dans une situation qui est complètement atypique.

J'arrive, je suis le premier de la de la colonne, je vois ce massacre là et donc je suis devant avec mon commandant des opérations, avec mon adjoint qui m'a rejoint. Je suis devant, j'ai même une négociatrice qui est à côté de moi mais qui est pas là pour négocier parce qu'on négocie plus avec ce type de terroriste. Mais nous tous nous nous sommes revêtus, nous sommes en léger, c'est-à-dire gilet léger, euh casque très léger.

Et donc à un certain moment, ben je dis ben on s'est distribué les rôles avec le chef de la BRI, la BRI prenant alors on a on a compensé le fait qu'il y ait pas de PC commun, poste de commandement commun parce qu'il y a pas de commandement commun. On l'a compensé par une intelligence opérationnelle de terrain et moi je vois le chef de la BRI assez rapidement et on se partage les rôles. Je dis je je prends le rez-de-chaussée.

Il prend le premier étage. C'est le premier étage c'est c'est un ces espèces de d'étages en arc de cercle. en balcon, en arc de cercle avec de chaque côté, chaque extrémité, une porte qui donne dans les loges où se trouvaient les les terroristes et leurs leurs otages.

Et et cette loge là correspond à une porte qui est derrière la derrière la scène. Et donc nous, notre rôle au au raid, c'est de prendre le re-de-chaussée, d'aller bloquer la porte euh pour pas que les terroristes sorte par là et euh d'attendre que la BRI déclenche l'assaut par le haut parce que très logiquement un assaut ça se fait du haut vers le bas et casse les portes et déclenche l'assaut. la la BRI était renforcé de tireurs de snipers du raid à leurs étages.

La BRI une fois qu'on était en place, une fois qu'ils étaient en place et qu'on était en place à à donner l'assaut de de du haut vers le bas. Donc ils ont fait euh ils ont ouvert les deux portes de chaque côté, ils ont ils ont dirigé leur assaut et là ils ont lancé l'assaut avec des des grenades offensives et et les deux les deux terroristes ont reculé dans les escaliers en descendant dans les escaliers et à un certain moment le premier d'entre eux a été touché où s'est fait exploser, je sais pas trop par l'assaut de la BRI. Et donc il a il a explosé, il a son son gilet a explosé euh et il a il a tué son acolyte un peu plus bas. le et pendant ce temps les otages qui étaient qui qui étaient à plat ventre compte tenu du fait qu'il qu'il avait reculé dans les escaliers le la mitraille qui a été dégagée de boulon de clous et cetera a été dégagé plutôt vers le haut et donc il y a aucun des aucun des des otages qui a été qui a été touché là et le souffle de la de la de l'explosion est est passé par le couloir et est descendu dans le dans le couloir et et donc a fait péter le la porte que nous on maintenait que les gens du raid maintenaient.

Donc le premier de porte du raid a été touché aux alvéoles pulmonaires. Donc ça ça un peu pété les exploser les alvéoles pulmonaires. Çaen est bien remis après.

Et et nous en même temps, moi j'étais juste à côté, on a les on a le faux toi qui nous est tombé sur la tête. Enfin bon et voilà. Et la saut la Vous comprenez que c'est fini à ce moment-là ou pas ?

Oui, parce que oui, parce que le sur la radio police la BRI annonce le fait que les deux kamikas soient tués et puis voilà. Mais après, c'est pas tout à fait fini parce qu'il faut aller euh délivrer les otages qui donc ne courent plus de risque immédiat. Euh sauf que quand même on a on est toujours précautionneux et on essaie de voir s'il y a pas des si des choses sont pas minées, c'est-à-dire si on n pas mis des explosif à droite à gauche et et en plus de ça, il faut avertir des des des otages qui se sont euh réfugiés dans les endroits les plus improbables et leur dire "Ça y est, c'est venez avec nous, on va vous délivrer, on voilà, on on vous ramène" et et les gens certains otages voient voient des gens en noir.

Euh, ils ont pas confiance donc c'est difficile. Ils sont pas sûr que vous soyez d'abord. Non, ils sont pas sûrs.

Et on a dû d'ailleurs un certain moment, ils voulait pas ouvrir la porte et donc on est à un certain moment on a dû passer par les fenêtres aussi. Donc essayer de trouver des des échelles de pompiers pour passer par les fenêtres et cetera. Et en même temps, quand juste avant de déclencher l'assaut, c'est là où je voulais préciser aussi juste avant de déclencher l'assaut euh quand le le rez-de-chaussée est sécurisé, quand le premier étage est sécurisé avant le déclenchement de l'assaut, là euh je vois Mathieu Langlois et je lui dis "Vas-y, commence à Ouais. le médecin commence à à à voir, à évacuer, à voir ce que tu peux faire et cetera et cetera." Et euh et ça, il a commencé ce job-là.

Bien avant le bien avant le début de la soupe. Et qu'est-ce que tu as fait juste après quand quand tout ça s'est terminé ? Tu tu as pu rentrer chez toi de dormir ?

Tu tu allé voir des amis ? Vous êtes restés ensemble ? Vous avez fait quoi ?

Alors d'abord c'est ça ça a duré longtemps. Le le une fois que le le le terroristes étaient neutralisés, l'affaire était pas finie. Donc ça a duré très très longtemps.

Nous, on a attendu tout l'évacuation de tout le monde. On a procédé à à la sécurisation de l'évacuation des blessé au cas où toujours le même principe puis un terroriste qui est toujours qui soit infiltré ou ou qui est qui est réchappé. Et donc ça a mis un temps un temps fou.

Ensuite, une fois que ça a été terminé, on a j'ai libéré mes mes hommes qui sont repartis sur sur le raid, sur la base arrière du raid. Euh mais pour le chef du raide, l'affaire était pas terminée parce que vous êtes chef du raide et vous allez rendre compte à la à l'autorité, en particulier l'autorité politique et je me rappelle être allé à à Bovau et rendre compte au ministre de voilà de l'intervention qui s'était passée et cetera, comment elle s'était déroulée avant que le que le ministre et le et les autorités politiques aillent sur place, quoi. Euh donc François Hollande arrive devant en pleine nuit.

Ouais. En pleine nuit. Oui.

Oui. Mais ça a été critiqué ça cet aspect là. Moi, je suis loin de le critiquer.

Je et je pense que il a bien fait d'y aller. Et surtout euh moi les hommes et femmes politiques, je les ai fréquenté après aussi. Euh, on s'aperçoit dans cette soirée-là que cette soiréel pleine d'émotion pour tout le monde.

Et un président de la République qui vit ça, à mon avis, c'est d'abord c'est pas banal et ensuite on peut comprendre l'émotion qui qui l'envie d'aller sur place euh avec son premier ministre, avec son ministre de l'intérieur. Alors, évidemment, ils étaient tous sur place. Certains m'ont dit "Ouais, vous imaginez s'il y a un surattentat, on fait péter tout le monde et il y a plus personne à la tête de l'État." Oui, mais oui, mais euh c'est c'est ces humains, ils avaient besoin de voir ça et et de de le de l'incrémenter dans leur dans leur cerveau.

Vous rentrez chez vous juste après ça ? Je rentre chez moi donc euh bien après euh et je rentre chez moi et ce qu'on voilà c'est c'est très important parce que on a besoin d'un on a besoin de de de d'un endroit où on est sécurisé, où on se sent euh on a besoin d'être chez soi, quoi. Donc oui, je rentre chez moi, je prends une je prends une douche, on a besoin de se laver, mais pas que le corps quoi. la douche, la douche, ça sert un peu à ça, à se laver totalement.

Et euh et là, je me je me glisse dans les draps euh il y avait mon épouse et puis euh et puis on ressasse tout quoi. Et c'est là où les choses reviennent. Et là, je pense que c'est c'était le moment le plus dur.

C'est vrai. Ouais. C'est tellement le moment le plus dur et on a besoin des des gens qui vous aiment autour de vous et et voilà.

Et tu vois le le la saut de Sandy pour terminer euh ça c'était je crois que c'était quelques jours 5 jours après genre le 18 je crois 18 et quelques jours après vous allez repartir pour l'assaut de Saint-Di. On a envie d'y retourner quand on sort de ça ? Non on a pas envie d'y retourner.

Bien sûr que non. Bien sûr que non. Ce serait mentir si je vous disais que j'y retourne avec grand plaisir.

C'est faux. Euh non, on n pas envie d'y retourner mais on se pose pas la question. Vous êtes chef du raide.

Euh vous êtes le raide, il y a le raide derrière à côté de on vous dit voilà on les a repéré. On a repéré celui le un des cerveaux de qui a fait ce massacre là sur lequel vous êtes intervenu quelques jours auparavant. Euh il est dangereux.

Il a il est avec un complice. Il y a une troisième complice qui les a rejoint. Euh voilà, il y en a au moins deux qui ont des gilets si ce n'est les trois qui ont des gilets explosifs.

On les a vu à il y a des caméras qui avaient été mises, on les voit, on les voit sortir avec des grands blousons et cetera. On sait qu'ils ont des gilets explosifs. Euh ce qui s'avèra exact, puisqu'il y en a un qui s'est fait péter avec ce gilet explosif.

Et euh et on vous dit euh le soir à 10h du soir à 22h donc on dit "Bon Jean-Michel, on les a repéré, c'est pour toi. Euh et ça c'est le sous-directeur de la de la PJ de la police judiciaire qui me dit ça. Bah je dis OK d'accord.

Bon j'avise tout le monde, on met tout le monde en alerte, je pars au raid, on on définit le type d'assaut qu'on va faire. On on repart, je repars avec mes mes principaux adjoints à au siège de la DGSI et de service antiterroriste. On voit les images vidéos, on voit les trucs, on met en place l'heure de l'heure d'intervention et et je repars au raid et et j'informe mes et j'informe mes gars.

J'ai dis on y retourne euh voilà, tu es on va utiliser telle telle technique, on va essayer d'aller très vite pour les interpeller dans la mesure du possible. Le but était de les interpeller au départ en prenant des risques énormes énormes parce que ils avaient des gilets explosifs parce que leurs gilets explosifs étaient leurs explosifs était instable. Il suffit qu'ils aient qu'il a sur eux ou juste au pied du lit et qu'il mettent un coup de point dessus.

Ça pouvait exploser et nous faire exploser me faire exploser la colonne d'assaut en même temps. Le but c'était de faire exploser les portes la porte et d'aller très très vite pour les interpeller. Merci beaucoup Jean-Michel d'être venu jusqu'à nous pour nous raconter cette Ouais. période de votre vie et puis cette journée puis donc quelques jours du coup c'est vrai que vous en avez fait beaucoup vous en tant que patron du raid de 2013 à 2017 merci beaucoup.

On voilà je rappelle si vous voulez prendre le livre de Jean-Michel Fauverg, il est aux éditions Fillard et je vous mettrai le lien dans la description de la vidéo YouTube. Il s'appelle ni capitulation ni résignation au courage Jean-Michel Faverg. Voilà, il y a la photo de votre photo avec des des opérateurs du raid derrière de dos si vous le cherchez et en dans la description sur Spotify, dieser Apple Podcast, Amazon Podcast, je vous mettrai le lien pareil du livre si vous voulez commander, vous avez plus qu'à cliquer dans la description.

Voilà, il y aura tout ça. Merci beaucoup. On continue l'émission sur le 13 novembre aujourd'hui pour le Bataclan.

Et Mathieu vient d'arriver. Bienvenue Mathieu. Bonjour Guillaume.

Mathieu, tu étais médecin au raid. Médecin chef, c'est ça ? Médecin en chef, com comment on dit ?

Bon les titres, nous c'est pas trop notre truc. Donc j' suis médecin et je suis toujours médecin d'ailleurs tu es toujours médecin mais plus au raid aujourd'hui. Non, je suis parti en 2000 fin 2021.

Là on parle en fait un focus sur cette émission pour essayer de comprendre vraiment ce qui s'est passé à l'occasion des 10 ans. Voilà du du 13 novembre 2015 au Bataclan. Tu es médecin mais tu es équipé.

Tu apprends à utiliser une arme aussi quand on est au R. Oui, on apprend à manier les armes et surtout à les mettre en sécurité parce que c'est éventuellement ce qu'on pourrait faire. Euh après, il faut savoir que les médecins quand on est on est totalement intégré donc à une colonne d'assaut, mais notre vocation, elle est uniquement euh de soigner, de d'organiser les secours, elle n'est pas de s'occuper et de encore moins de neutraliser euh euh la menace.

Comprendre comprendre l'environnement dans lequel on vit euh et dans lequel on va devoir travailler. Oui, ça c'est une obligation. C'est pas facile, hein.

Moi, je suis médecin, je travaille dans un bloc opératoire, dans un service d'urgence, de réanimation au SAMU. C'est pas du tout le même environnement. Donc là, il faut qu'on se forme et qu'on apprenne à travailler alors qu'à côté de nous, il y a que des gens avec des armes que ça peut exploser, que voilà.

Donc ça c'est comment on va travailler dans cette ambiance là. Donc oui, connaître les armes, les accepter ce l'environnement pour pouvoir bien faire son boulot. Mais c'est pas ton Mais moi jamais hors de question à toi les utiliser.

Et moi j'ai je je mettais un point d'honneur à ce que les médecins on ne soient pas armés. Par contre, qu'on soit totalement intégré à une équipe qui elle est armée et et qui a aussi vocation à nous protéger. Tu n'as pas de pistolet par exemple ?

Tuas juste un gilet par balle quand même pour Ah oui. Alors par contre, on a tout l'équipement de protection protection est dans un environnement où malheureusement c'est la sécurité est pas vraiment au rendez-vous. Quand tu rentres en tant que médecin, tu es tu es donc dans la colonne, tu disais avec une équipe un moment donné.

Alors ça ça encore une fois on sait le faire. On arrive en équipe et le médecin il est intégré à cette équipe, il est pas le premier à rentrer. On est c'est comme le patron, l'équipe elle rentre et on est le médecin, on est souvent avec un officier, ça on le fait à chaque fois.

Tu avais 45 ans à l'époque, donc tu étais déjà aguéri. Tu avais déjà fait 45 ans. C'était 10 ans.

Tu avais tu avais tu avais déjà bossé c'était pas ton tu commençais pas. Et oui. Alors, les médecins les médecins qu'on recruté au Red, c'est des on prend des gens qui ont déjà une vraie expérience de l'urgence et l'urgence vitale.

Euh, on prend pas des des des jeunes sortis de l'école. Il faut se voilà, on a besoin d'avoir des garanties en particulier humaines avec un un déjà un vécu. Et puis moi malheureusement j'ai au raid j'avais aussi euh un vécu euh sur d'autres scènes.

Bah, il y avait déjà eu en janvier l'hypercachère, MERA et et tout un tas de de situations de forcé de prise d'otage qu'on qui sont l'activité principale du Ren. Concrètement pour matérialiser ce que ce que toi tu fais, tu vois tout ça, des blessés, des gens décédés, qu'est-ce que tu fais en premier précisément ? Qu'on comprenne, tu vois, tes tes tes choix, ce que tu fais.

Et ben le justement avant de faire des choix et avant d'agir, la première chose et la plus importante, c'est déjà de d'analyser et de comprendre ce qui se passe. Encore une fois, même si on l'avait préparé, même si tout ça, il y avait tout un tas de process qu'on connaissait, qu'on maîtrisait parfaitement, il y a un temps d'observation qui est dur parce que là, c'est là où on en prend plein la figure. Mais il faut d'abord avant de savoir comment on va faire, il faut déjà comprendre comprendre à quoi exactement on a affaire.

Et il y a deux problématiques. Il y a la menace et ça moi je suis sous les ordres des officiers euh des patrons du du raid euh qui me disent oui ou non euh on peut euh faire mettre en place l'opération de secours. Et après, j'ai un objectif qui est de comprendre à peu près euh la gravité des blessures, le nombre et les choix qu'on va devoir faire.

Mais mais le premier temps, c'est un temps de d'analyse et après va venir mais vite hein le temps de l'action. Ça va être de quoi l'action ? et l'action.

Alors moi j'essaie d'avoir enfin c'est pas que j'essae, c'est que je suis un peu pudique. C'est pas que je veux pas, mais je suis volontairement pudique par rapport à ce qui s'est passé ce soir-là. Mais je le fais, c'est aussi le mon quotidien de de médecin.

Euh mais si si je résumais, il y avait il y a trois actions. Il y a la première, c'est de prioriser de c'est-à-dire de alors vulgairement, on dit de le triage ou le tri euh qui est un mot horrible. Moi, je préfère priorisation.

Et donc là, c'est comment il y a beaucoup de vies blessées. Donc il y a un afflux de de blessés avec peu de moyens. On est deux, trois médecins, on n'est pas beaucoup.

Alors, il y a tous les policiers qui vont nous aider, mais euh il faut prioriser, c'est-à-dire qu'il faut que tous ceux qui sont vivants sortent le plus vite possible. Ça, c'est notre unique objectif. Mais pour que ce soit fluide, il faut qu'on décide dans quel ordre.

Euh et puis évidemment le travail aussi difficile c'est et ça c'était quelque chose qu'on avait pensé mais mais il faut le vivre c'est on va on on va laisser les personnes qui sont décédées sur place pour plein de raisons. C'est que de toute façon on on pourra pas les réanimer et puis après il y a tout il y a il y a le risque aussi. C'est c'est des choses qu'on a qu'on avait imaginé et puis il y a il y a tout l'aspect judiciaire derrière.

Mais mais donc ça ce rôle là c'est c'est revient au au médecin de de prioriser donc de faire des de faire des choix. Euh c'est c'est c'est loin d'être facile. C'est pour ça qu'on prend des médecins qui ont de l'expérience.

Euh, ça c'est la première mission qu'on a qu'on a eu. Ensuite, il y a eu à faire des gestes mais finalement quand on regarde le nombre de blessés, on a fait peu de gestes. On en a fait hein, alors des garaux, des pensements compressifs, quelques gestes un peu plus un peu plus médicaux, mais ça reste quand même en nombre faible par rapport à l'étendue du et au nombre de blessures parce que l'urgence finalement c'était surtout de les mettre en sécurité le plus vite possible.

Donc les faire sortir de cet enfer parce que nous quand on intervient à ce moment-là euh il faut bien comprendre que bah les terroristes sont encore à l'étage vivant et euh armé surtout euh et que il peut y avoir on parle de surattentat mais on on dans l'im enfin ce qu'on s'est dit c'est qu'il pouvait y avoir un sac piégé voilà où il pouvit y avoir un un terroriste éventuellement caché et et les policiers du raid en particulier sont là pour sécuriser tout ça mais avec un niveau de sécurité qui est pas de 100 % euh sinon on serait pas là. Et donc il faut aller vite et aller vite pour sortir tous ceux tous les blessés le plus vite possible. Et donc ben le le l'action principale c'est surtout de les sortir, de les extraire, de les porter, de les accompagner, de voilà et éventuellement de faire quelques gestes de qu'on va appeler de sauvetage.

Mais encore une fois, on n' pas transformé le Bataclan en un hôpital de campagne. Ça aurait été une erreur totale ça. J'ai déjà entendu ça, tu vois.

Mais ça aurait été vraiment une connerie parce que il faut un les mettre en sécurité. mettre en sécurité, c'est les rapprocher des pompiers, des SAMU et ensuite de l'hôpital et du bloc opératoire parce que j'ai travailler dans chaque chacune de ces entités et je sais que ce qui va sauver des vies, c'est le temps qu'on va qu'on va mettre pour les emmener jusqu'au bloc opératoire. Est-ce que tu te rappelles d'une personne en particulier qui une discussion ? tu dû rassurer parce qu'il y a aussi le côté social dans ton métier.

Faut comprendre en quelques secondes la gravité de la blessure mais aussi l'état psychologique et comment tu vas pouvoir justement toi apporter ta technicité de de médecin et faire comprendre le choix de nombreuses victimes qui certaines étaient blessées mais d'autres étaient juste cachées et il voulaient pas sortir. Moi je me souviens, on était allé dans le derrière le derrière la scène, on avait récupéré des j'étais avec des mecs du raid et on avait récupéré des un paquet de de de victimes qui s'étaient cachées. Il y en avait une ou deux qui étaient blessées mais toutes étaient psychologiquement évidemment dans un état de sidération et il refusaient de sortir, ce qui est ce que je peux comprendre.

Euh, ils se sont cachés, ils ont vécu un enfer pendant plusieurs euh longues et là on en était à plusieurs euh enfin à plus d'une heure. Or, nous, on doit en quelques secondes les rassurer. Et là, c'est le nonverbal hein, c'est un regard.

C'est moi je sais que j'ai le par exemple dans ce cas-là, je leurais dit je m'appelle Mathieu, je suis le médecin. Mais sauf que derrière, il faut vite euh parce qu'on a pas le temps. Bah, c'est quelqu'un d'autre, non ? qui nous qui comprennent que ce qu'on va leur demander, c'est-à-dire de nous accompagner dehors, il y a pas le choix et il faut le faire avec beaucoup de tact en tout cas avec le plus d'humanité possible.

Et et là, encore une fois, dans les regards, ça dit beaucoup. Euh moi c'est par le regard que j'ai essayé comme les policiers du Renn, on a essayé de les rassurer et c'est par le regard aussi qu'on a vu leur détresse. Et donc voilà, dans en quelques secondes, il fallait leur dire avec des gestes que on allait retraverser la la fausse, fallait imaginer ce que ça pouvait représenter pour eux.

Tu as pas craqué aucun moment toi pendant le le pendant le Ouais. avec tout ce que tu vois, tu prends comme Non, j'ai en fait on est le Alors, j'ai eu peur avant comme je te l'ai dit euh avant de rentrer, on c'est là où on prend conscience et et c'est sain ne pas avoir peur alors qu'on vous dit que ça tire et c'est pas normal. Ouais.

Bah il faut être complètement con. [rires] Non mais non mais c'est que tu es tu as un problème que bah dans les sélections raid celui qui nous fait croire parce qu'en général c'est pas possible mais celui qui nous fait croire qu'il a pas peur on va aller le titiller un peu pour voir si mais on va pas le prendre parce que là on est on est dans autre chose. Nous on veut des gens qui acceptent qui ont conscience quoi.

Qui exactement mais qui vont les transformer ensuite en une capacité à agir. Donc moi une fois que j'ai fait ça, après je suis vraiment dans l'action à 200 %. Et on avait tellement préparé ça que il y avait tellement de trucs à faire que si tu veux pendant le pendant l'évacuation et le sauvetage dans le Bataclan, à aucun moment, je me suis même pas posé la question.

On m'a parlé des téléphones qui sonnaient, on m'a parlé des trucs des machins. Je peux te dire, j'ai tu es dans tu te mets un peu dans une bulle le tunnel. Ouais.

Alors l'effet tunnel qui qui l'effet tunnel c'est la version négative de la bulle. Moi je préfère parler de ma bulle. C'est que tu te mets dans une bulle qui qui te protège aussi.

Faut être enfin faut être honnête hein. Elle a elle a pour vocation à être beaucoup plus concentrée sur ce qu'on va faire beaucoup plus avec vraiment cette lucidité nécessaire pour pouvoir agir de de façon à la fois prudente pas faire n'importe quoi. Moi, je je vais pas risquer ma vie juste pour risquer ma vie.

Euh donc il faut être lucide. Mais il faut être très efficace dans les décisions, dans les actions qu'on va mener. Et donc tuas tu es obligé d'avoir plus une bulle que ton effet tunnel qui qui a une ça c'est la version négative.

C'estàd en gros tu fonces dans dans ton tunnel sans te préoccuper de ce qui sur les côtés. Bah de l'environnement. Tu as dit dans une interview en parlant de cette journée du Bataclan, tu dis c'est là où je me suis senti le plus utile de toute ma carrière médicale.

Alors je alors tu as fait plein d'autres choses tu dis mais ça a été vraiment le jour où tu t'es senti en tout cas en tant que médecin du raid euh où on se préparait à ce type de situation. Évidemment que là ça tout le toutes tous les efforts qu'on avait fait tous ensemble. Moi, l'exigence que je partageais avec mes avec mes collaborateurs et on et on bossait vraiment énormément pour se préparer ce soir-là, je me suis dit bah toute cette préparation, je et quand je te dis que tu as compris euh ces gens, bah on a même pas besoin, tu vois, avec l'autre médecin, on avait même pas besoin tous les efforts qu'on sentit et des efforts durs, hein, à titre personnel, des nuits blanches, en veux-tu en voilà.

Oui, ce soir-là, on s'est dit ben on tout ça, toute cette exigence qu'on a mis dans cette préparation euh je sais pourquoi on l'a fait. Et et on a on est assez pudique comme tu as pu le le remarquer, mais euh on a même pas besoin avec les policiers du raid et on se le dit, on se le dit jamais ça, mais on on le sait, on se le dit, enfin, on se comprend. Ce qui est important pour nous, c'est et et j'en ai parlé avec plein de policiers au raid, on on ce soir-là, on a juste fait du mieux possible notre métier sur pour lequel on s'était préparé.

Euh et et ce qui est déjà énorme, ce qui est déjà très bien, tu vois. Enfin, je Mais c'est c'était notre métier euh et l'erreur ça aurait été de pas bien le faire le l'exercer. H mais euh on parle de courage, on parle de moi franchement euh le courage euh c'est pas de rentrer alors que c'est notre métier, c'est pas de soigner alors que c'est notre métier.

Ça c'est faire correctement dans des conditions extrêmes, très exigeantes mais qu'on avait un peu imaginé. faire correctement son métier et et essayer que ce soit fait avec beaucoup d'humains. Et ça c'est plus c'est plus difficile et ça j'ai beaucoup appris du Bataclan.

Je je sais que tu voulais pas forcément j'en parle tu es pas venu pour ça mais si jamais vous voulez lire le livre, tu as écrit un livre, tu m'as laissé sur mon bureau tout à l'heure et je cherché, tu m'as dit non mais je suis pas venu pour ça. J'ai je sais mais c'est je peux mettre le lien quand même ou pas ? Oui tu peux.

Si vous voulez aller chercher, voilà, le livre s'appelle Médecin du raid chez Albin Michel de de Mathieu euh voilà Mathieu Langlois. Euh et donc voilà, je vous mettrai le lien dans la description si vous voulez le chercher. Merci Mathieu d'être venu euh d'avoir pris le temps euh pour ces 10 ans du 13 novembre 2015 du Bataclan.

On voulait raconter euh sous différents points de vue cette journée. On continue l'émission. Et voilà pour finir l'émission sur le Bataclan pour le 13 novembre du coup 2015 pour aujourd'hui les les 10 ans du coup.

Bienvenue Arthur, merci d'être là. Merci beaucoup. À finir avec toi.

Alors toi, tu es le le président de l'association. On dit Life for Paris. On dit un peu comme on veut.

On a émis Non, on a émis un nom en anglais pour que les victimes étrangères se sentent les bienvenus. Donc nous, on dit plutôt L for Paris entre nous mais on est relaxe. Il y a beaucoup de de de victimes.

Il y a pas mal de victimes étrangères. Bah au Bataclan, c'était un concert d'un groupe anglo-saxon, les Anglais, ils aiment bien. Petit coup de Rostard, petite soirée cool à Paris.

Euh et donc je sais pas combien on en a, peut-être une cinquantaine quand même. Ah quand même. Euh et puis il devait y en avoir aussi dans certains des bars et sur certaines des terrasses un peu moins nombreux mais Ouais.

Ouais ouais c'est des attentats qui ont frappé aussi des étrangers à Paris. Et la la situation existe toujours. Elle va être 10 août je crois.

Vousz la garder une dizaine d'années. Donc on arrive à à 10 ans aujourd'hui. Toi il t' arrivé une autre histoire ?

Tu étais au Bataclan ce soir-là ? Tu es allé tout seul au concert ? Ouais ben j'allais à beaucoup de concerts donc des fois tu vas avec des gens.

Voilà, il y a des fois des fois tu sais que tu vas retrouver des copains mais tu prévois pas d'y aller avec eux. Donc moi, j'y suis allé tout seul ce soir-là. C'était le premier de quatre concerts d'affilé que je devais me faire au Bataclan.

On a eu Stéphanie tout à l'heure aussi qui était allé toute seule. Ça arrive, on fait des concerts à plusieurs tout seul. Quand il y a personne, on y va quand même.

Ouais. Puis quand on en fait beaucoup, on retrouve toujours les mêmes personnes, tu vois. Ouais, bien sûr.

Donc j'ai quand même croisé une dizaine de personnes que je connaissais. C'est juste qu'on s'était pas mis d'accord pour y aller ensemble. D'accord.

D'accord. Donc non, non, c'est assez tranquille. Tu peux aller à un concert à Paris.

Normalement, si tu aimes bien un genre de musique, tu croises à peu près toujours les mêmes têtes. Ça c'est marrant. Toi, tu avais prévu d'y aller, tu avais acheté tes billets ?

Parce qu'elle s'était fait offrir les billets. Il y avait des des histoires comme ça. On a entendu Benjamin au début de l'émission.

Ouais. Moi céit un groupe que j'aimais beaucoup qui était déjà passé en juin. Et en juin, j'étais pas à Paris pour le coup.

Donc, j'avais vraiment pris mes places pour celui-là en me disant "J'aimerais bien voir la tournée de cet album là." Et puis le Bataclan était une salle que j'aimais beaucoup. Moi, je les avais déjà vu dans cette salle là quelques années auparavant.

Donc non, j'allais pas rater ça. Qu'est-ce qui va se passer pour toi ? Comment toi tu vas le vivre de ton côté ?

Tu vas arriver à l'heure très tôt ? Comment ça se passe ? Dans mon souvenir, je suis arrivé à l'heure.

Euh, j'aime bien aller voir les premières parties. Des fois, il y a vraiment des trucs sympas, mais la première partie, tu peux arriver 10 minutes avant, quoi. Donc, j'ai viser d'arriver 10 minutes avant la première partie.

Il faisait beau. Euh, Bataclan, c'est quand même hyper facile d'y aller. Enfin voilà, soirée très simple.

Euh je suis arrivé, je suis allé me prendre une bière au bar et je me suis posé pour regarder la la première partie dans la fosse. Euh voilà, on m'avait dit que c'était très bien. C'était effectivement très bien.

Tu tu tu toi tu es assureur. J'ai pas qui tu les assurances très larges. Mais voilà.

Tu as quel âge ? J'ai 39 ans. 39 ans.

Donc tu en avais 29 à l'époque 10 ans. Exement. Exactement.

J'étais jeune. Qu'est-ce qui va se passer quand tu vas du coup ? Bah écoute, la soirée se passe normalement.

Quand tu vas boire une bière, forcément entre la première partie et le concert principal, tu fais un petit arrêt aux toilettes. Et ça a l'air d'être un détail, mais quand tu vois la suite de la soirée, çaen est pas tout à fait un. Et en fait, quand je ressors des toilettes, la salle est hyper pleine et là, je me pose vraiment la question de rester près du bar qui est à côté des toilettes ou de faire l'effort d'aller emmerder 150 personnes pour aller dans la fosse [rires] à l'endroit où j'étais.

Non mais c'est ça les concerts. Ouais, c'est ça. Et donc je fais l'effort de me faufiler jusqu'à l'arrière de la fausse pour ceux qui aiment bien la musique, c'est en général l'endroit où le son est le meilleur parce que tu es à cé de la console de mixage.

Donc le mec qui mixe, il entend la même chose que toi. Et le concert démarre. J'allais dire super concert.

Enfin voilà, un bon groupe, une bonne salle, une bonne ambiance. Ambi euh pas du tout du death metal. Je sais pas si les autres l'ont déjà précisé mais ça ressemble au Rolling Stones donc c'est assez fun.

Il y en a qui nous ont dit rock, d'autres hard rock, d'autres métal. Donc on a un peu de Non non, c'est c'est enfin de toute façon, il suffit d'aller sur n'importe quelle plateforme pour écouter. Non, c'est c'est les Rolling Stone en un peu un peu plus musclé mais donc très relaxe.

Public mixte, moitié mec, moitié fille, pas du tout un truc de testostérone. Tu es marié toi ? Ouais.

Tuas des enfants ? J'ai trois enfants mais qui sont tous nés après. Qui sont nés après.

D'accord. Très bien. Donc tu étais à l'époque célibataire ?

Non, j'étais marié à l'époque mais mes enfants sont nés après. D'accord. Exactement.

Ouais. Je pose toutes les questions pour bien comprendre la situation. Bien sûr.

Bah surtout qu'il y a eu beaucoup de victimes qui ont eu du mal à garder leur couple intact après. C'est pas mon cœur. Et donc toi ta femme savait que tu étais là-bas ?

Bah je lui ai proposé de venir euh et puis bon elle venait à certains concerts et pas à d'autres. Donc elle était chez des copains et donc non moi j'étais seul dans ma fosse et puis le concert se passe normalement jusqu'au moment où j'entends un espèce de bruit de pétard. Donc il y a des concerts où il y a de la pyrotechnie donc ça peut arriver et mais je savais que c'était pas le genre du groupe.

Donc j'enlève mes boules caisses parce que quand tu fais en boule caiss Ouais. quand tu fais beaucoup de concerts, tu essayes de te protéger les oreilles et là, j'entends clairement ce qui ressemble à des tirs d'armes automatique venir de derrière moi à droite et et donc je me tourne vers là et je vois quand tu tires avec une kalashnikov ou avec un famas, il y a une flamme qui sort du canon et donc moi je vois la flamme sortir du canon et je comprends qu'il y a des types qui sont en train de tirer et en fait avant que j'ai le temps de faire quoi que ce soit, je me retrouve projeté au sol par un mouvement de foule et donc tu te retrouves pris un sandwich entre des gens que t'écrasent et des gens qui t'écrasent euh coup de peau, les gens qui m'écrasaient étaient moins lourds que moi. Donc, j'arrivais à peu près à avoir ma mobilité.

Et et là, il y a un truc dans mon cerveau qui me fait dire "Faut se barrer et vite, pas d'héroïste, tu vas pas aller te battre, tu vas pas et tu vas pas rester là et tu vas pas te relever et te prendre une balle." Et donc quand tu fais la somme de tout ça, moi je me suis dit il faut ramper jusqu'à la sortie de secours la plus proche. Et et donc j'ai patiemment attendu pour ramper jusqu'à la sortie de secours.

Mais c'est que les gars étaient derrière toi. Les gars étaient derrière moi à droite. Donc donc il te voyait bon j'imagine qu'il me voyait mais de loin.

Enfin eux et moi devait bien y avoir en ligne directe 30 ou 40 personnes. Enfin comme un peu partout dans la salle. En revanche pour moi, il était clair que si je me relevais il y avait une chance plus grande qu'il me voit qui te voit et qui te tire dessus dans le dos quoi.

Voà. Et donc j'ai fait comme on fait dans les films de guerre, j'ai rampé quoi. Et donc j'ai attendu d'avoir l'opportunité d'arriver jusqu'à la sortie de secours qui a dû prendre 5 à 10 minutes quand même.

Ouais parce qu'en fait au devant tu as une barrière de sécurité et tu as un petit goulot d'étranglement à l'endroit où tu peux atteindre la sortie de secours. Donc les gens qui se sont relevés qui sont allés s'entasser là-bas, il fallait attendre qu'il passe. [ __ ] !

Et donc j'ai mis 5 à 10 minutes à réussir à ramper jusqu'à me retrouver dans la rue qui était sur le côté. Et pendant 5 à 10 minutes, tu entends les tirs du coup toujours derrière toi ? Alors la réponse est oui.

Tu entends plein de choses sur le moment ton cerveau bloque un peu tout quand même. À partir du moment où moi mon cerveau avait décidé, je dis bien mon cerveau, c'est pas moi qui avais décidé que c'était ça la stratégie à suivre, je pense qu'il y avait plein de stimulis euh sonor, euh olfactif et tout qui était complètement bloqué. Après, avec le psi, j'ai réussi à retrouver des souvenirs de ces moments-là.

Mais il y avait qu'une chose qui importait pour moi, c'était de pas me relever, d'atteindre la sortie de secours. C'est assez étrange, hein. Tu vas tester des zone de ton cerveau que tu as jamais testé.

Ouais. Et que tu souhaites ne jamais réactiver d'ailleurs. Tu tu arrives à sortir du coup ?

J'arrive à sortir et je me retrouve, c'est très bizarre, d'un coup dans la rue, c'est en une petite salle. Et donc la sortie de secours, c'est pas j'arrive dans un couloir technique, c'est littéralement tu es sous les étoiles. Tu es sous les étoiles, passage sans Tamelot qui est cette petite rue parisienne classique.

Etth et à ce moment-là, ton cerveau se remet à marcher et tu te dis "Mais qu'est-ce que je fais maintenant ?" Et donc bah tu es dans un passage, soit tu pars à gauche, soit tu pars à droite quoi. Et et donc là, tu te dis "Bah à gauche, je retourne vers l'entrée de la salle.

Les mecs qui tiraient avaient l'air de venir de là. Donc je vais me barrer à droite. Et en fait quand je me tourne à droite, je vois le batteur du Girls of Death Metal qui est là.

Le mec a l'air encore plus paumé que nous tous. Bon mais quand il réfléchit, le gars a dû sortir du bus de sa tournée, il parle pas un mot de français, il se pointe sur scène pour que ses spectateurs se fassent tirer dessus. Donc je vais le voir et je lui dis en anglais mec, je suis pas exactement sûr de ce qui arrive mais en tout cas moi je peux t'emmener en sécurité, je suis parisien.

Et en fait on se fait rejoindre par le chanteur sa nana. et un des guitaristes du groupe et on s'enfuit tous les quatre dans le passage en courant euh en se disant bah où est-ce qu'on va en fait ? Et on court assez longtemps, on passe devant des bars, on crie aux gens attention il y a une attaque, cachez-vous, les gens nous regardent comme si on était mais vraiment j'ai pas compris encore l'extérieur, il savait pas.

Ah ben non, personne savait à ce moment-là. Et et donc en fait, on arrive sur le grand boulevard qui est là, qui est le boulevard Beaumché et je les fous dans un taxi en leur filant 50 € et en disant au chauffeur va au 36 qui est désor et moi je reste comme un auriottoir en me disant pourquoi je peux pas monter dans le taxi et en fait je récupère un taxi 3 minutes après non mais enfin tu vois tu es complètement ailleurs en fait et je récupère un taxi 3 minutes après à qui je dis faites demi-tour faites demi-tour il y a une attaque. Le mec comprenait rien non plus.

Et j'arrive à joindre ma femme et je vais la récupérer. Puis je rentre passer la fin de la soirée chez moi. Tu rentres ?

Ah tu vas pas au 36 toi ? Parce que 36 des orfai c'est là où la police, c'est le siège de BRI notamment je crois. Et c'est là où ils vont interviewer plein de gens qui ont vécu plein de victimes pour essayer de Ouais mais moi je savais que j'avais rien vu.

Enfin j'avais vu un bout de flamme et voilà. Enfin j'avais aucune info à apporter. Oui.

Tu savais rien sur le truc ? Je savais rien. J'avais honnêtement j'avais juste envie d'aller me [ __ ] en sécurité.

Tu as tu as tu as un besoin hyper primaire d'aller te mettre dans un endroit où tu te sens en sécurité. Tu tu vas donc retourner chez toi, il va se passer quelques jours et c'est c'est les jours d'après que tu vas réaliser que tu es tu es victime et que tu es survivant. Ouais.

En fait, moi ça m'a mis du temps. Donc à la fin, j'ai fait comme tous les Français quoi. J'ai regardé l'assaut alors ou en direct à la télé ou sur une tablette et et moi j'ai eu l'impression de sortir de là en me sentant témoin.

Clair, je suis passé pas loin de l'accident ou du drame mais moi j'avais trois bleus sur les mains de Benp marcher dessus et puis fin de l'histoire. Puis en fait il y a un moment où je vois une photo de moi dans la fosse du Bataclan qui apparaît dans des journaux anglais et là il y a un truc dans mon cerveau qui vrille. Il y a un moment où je me dis "Attends, mais en fait le truc dont on parle depuis des jours et des jours, j'y étais vraiment." Ça paraît étrange à dire maintenant, mais ton cerveau a une capacité à essayer de cloisonner les événements qui le dérangent qui est assez dingue et que tu découvres à ce moment-là.

Et donc à ce moment-là, j'ai besoin de m'arrêter et je pars 10 jours, tu vois, à la campagne me mettre au ver et je reviens quand il y a un grand hommage national aux invalides. C'est la première fois qu'ils disent tous les noms dans l'ordre alphabétique. Et donc, il y a un moment où ils arrivent des gens décédés, tu veux dire ?

Exactement. Bah tu vois la liste personne l'avait jamais lu publiquement et donc il y a un moment où tu vois où est-ce que serait des nouveaux pitié pas. Et donc moi je me dis bon des nouveaux c'est ton nom de famille.

Ouais exactement donc je suis pas mort et je me dis bon bah voilà ça doit être ça le deuil. Je pense qu'à partir de maintenant les choses vont progresser naturellement. Et en fait la réalité c'est que tu vois j'arrivais pas à dormir plutôt j'arrivais à m'endormir, je me réveillais à 2 3h du matin avec le cerveau qui tournait à 100 à l'heure.

Et donc fin décembre, je vais quand même voir un médecin qui me dit bah ouais ça ça s'appelle un traumatisme et donc vous allez prendre des anxiolitiques pour dormir puis vous allez voir un psychologue et puis on va essayer de travailler sur le sujet. Et donc j'ai vraiment commencé à me sentir victime en fin d'année début d'année 2016. Avant ça, j'avais l'impression d'être un peu le témoin chanceux qui était passé pas loin mais qui s'était pas pris les balles quoi.

Pour terminer l'émission, il y a eu des des menteurs, des mythos, les mythos du Bataclan. Tu en as démasqué toi ? J'en ai démasqué trois.

Comment tu as démasqué des d'ailleurs ? J'étais là quand on a démasqué plusieurs autres. Non, j'en ai démasqué un peu plus que trois.

Il y en a trois qui ont fini au tribunal. Euh mais j'ai été là pour six si on regarde, c'est des mythos. Donc il voulait en fait de l'argent et puis de peut-être il y a plusieurs catégories d' sur les mais ceux qui sont les plus dangereux et qu'on met le plus de temps à démasquer, c'est ceux qui infiltrent les associations et nous les trois qu'on a chopé qui étaient de ce profil là c'était à la fois des escrocs qui avaient déjà un passé d'escroc.

C'était des gens qui auraient pu être là le 13 novembre c'estàd qui habitait au-dessus d'un débar qui allaient à plein de concerts de rock et c'est des gens qui cherchaient l'amitié. Et en fait dans une assaut de victime qui se crée comme ça, on est d'une bienveillance absolue. Tu récupères que des gens qui vont pas bien, qui ont des discours un peu bizarres, qui sont dans Et donc en fait tu te fais amis avec des gens où dans un contexte normal ton radar se déclencherait peut-être ils sont un peu bizarres et tout et donc les trois là c'était le même profil.

Ils voulaient de la tune, ils voulaient l'amitié et puis il considérait qu'ils étaient tellement près de l'événement qu'ils auraient pu y être. Et donc c'est vachement dur parce que en fait on vient me les dénoncer comme je suis le président de l'assaut et moi je regarde et à chaque fois je me dis ouais c'est peut-être une fausse victime mais peut-être pas en fait peut-être juste quelqu'un qui a un trauma dont il veut pas parler et donc il y a un moment où tu essayes de te forger une conviction mais tu te retrouves quand même à appeler la police et à leur dire "Écoutez il y a quelqu'un chez moi qui a tous les traits d'une fausse victime. Est-ce que vous pouvez faire des vérifications discrètes parce que il y a quand même une petite chance que je me plante ?" Bon et en fait à tous les coups c'était des vraies fausses victimes.

Incroyable. Tu leur dis toi ? Euh non, pour ceux qu'on a chopé dans ce cadre làà c'est la police qui va les récupérer à maman qui les fout en garde à vue et et pour le coup ils font de la détention provisoire.

En revanche, je il y en a qui sont allés en prison ? Les trois là ont fait de la prison dont une qui s'est pris 5 ans. C'était quand même des gens qui avaient déjà un casier qui étaient en récidive.

Non en revanche, on a attrapé des fausses victimes qui eux n'avaient pas essayé d'arnaquer l'état et pas de toucher de l'argent qui juste avaient arnaqué l'amitié. Et donc ceuxlà on les a confronté. Voilà.

Et ceux-là, il fallait leur dire mais en fait ton histoire est fausse non et donc ils partent. Voilà. Et donc ça mais le pire dans Oui ou ça ça mérite pas la prison si c'est juste plus pathétique c'est triste.

Un c'est pathétique de il y a aucune qualification pénale. Les autres c'est uniquement parce qu'ils ont arnaqué de l'argent à l'état et de l'endemisation. Mais mais tu sais le pire dans cette histoire-là, c'est surtout que les mythos, ils racontent des histoires et donc parmi les histoires, ils racontent à certaines familles, bah moi j'ai vécu les derniers instant de ton proche.

Et donc moi, avant que la police les chope, je suis obligé d'appeler les familles et de leur dire "Tu sais, ça fait des années que tu crois que les derniers mamans c'est ça ?" Bah en fait, la personne qui te l'a raconté, elle t'a menti. Et ça, je peux te dire que c'est un appel d'une difficulté.

Tu t'y prépares mais la violence de ce que tu as annoncé est juste incroyable. J'aime entendu ces histoires. Il y a eu une série qui a été faite sur le sujet que leur calami qui s'appelle une amie des voué c en 2024 qui reprend justement l'histoire d'une d'une mytho du Bataclan.

Il y en a eu plusieurs apparemment. Tu l'as connu cette fille là ? Ouais bien sûr.

C'est moi qui l'ai dénoncé et en plus elle elle travaillait pour l'association. Donc moi je l'ai à la fois dénoncé puis je l'ai managé pendant les 3 mois que durait l'enquête en faisant semblant de rien savoir du fait qu'elle nous mentait. Et donc ça faisait semblant de l'écouter quand elle disait l'écouter.

Ah je faisais semblant de l'écouter. Elle se plaignait de ses conditions de travail. Elle disait que c'était dur et je savais que par ailleurs, elle avait arnaqué l'état de plusieurs dizaines de milliers d'euros et et elle était elle était forte dans le mensonge.

Genre c'était crédible. C'est pour ça que il y a eu une médiatisation autour de cette fille. Qu'est-ce qu'elle avait de particulier ?

Écoute, ce qui est très étrange, c'est que c'est pas un génie du crime. Elle est pas d'une intelligence incroyable. Elle était juste très plausible.

Elle était tatouée, elle connaissait l'univers, elle te racontait des trucs qui étaient très moyens et donc en fait tu te disais bah ouais c'est c'est possible. Non, c'était pas dans l'extrême. C'était vraiment quelqu'un que tu pouvais laisser dans un coin qui parlait aux personnes qui étaient autour mais qui essayait ni de se faire remarquer ni quoi que ce soit.

En revanche, elle avait même réussi à se faire salarier par l'association. Et donc c'était quand même un sacré problème parce qu'il fallait que j'arrive à lui enlever les accès à tous les documents sensibles des gens, tu vois, en prétextant des problèmes informatiques. Ça a été 3 mois à jongler assez difficilement quand même.

Et le film, tu en as la série, pardon, tu en as pensé quoi ? Écoute, la série moi, j'ai regardé que le début euh parce qu'en fait, je trouvais ça, j'allais dire désagréable à regarder. Ouais, parce que bah, typiquement, il y a un type qui me joue, le mec à mes fringues, le mec [rires] le mec à ma barbe et puis bah il y a une partie des gens de l'association qui sont jouer à chaque fois.

Moi, j'étais juste dans un registre de "Ah mais ça c'est vrai ! Ah bah non, ça ils l'ont inventé. Ah mais ça donc Ah oui, c'est Oui, parce que c'est toujours romancé.

Exactement. En revanche, hyper bien fait et je me souviens que dans les deux premiers épisodes que j'ai regardé, des moments hyper justes sur qu'est-ce que c'est qu'une assaut de victime ? Ce truc où en fait tu reviens à la vie parce que les autres te tirent un peu, tu vois, au fur et à mesure vers l'envie de faire la fête, l'envie de boire un coup, l'envie de machin.

C'était très fin, c'était très bien fait. Et alors pour terminer, j'ai vu pour le procès de de de pas de cette fille, le procès général des terroristes, tu vas demander à la justice de diffuser les images. Ouais.

En fait, dans un procès pour un crime, la justice dans allemand, elle montre tout. Don des choses horribles, dont des choses qui respectent pas la dignité des victimes, mais c'est pour la réalité judiciaire. Et on arrive à ce procès-là et on nous dit "Bah, il y a une bande son du Bataclan mais on va pas la passer." Puis il y a des photos des cadavres et des terroristes exposés au Bataclan, mais on va pas les diffuser.

En revanche, venez vous les gens du Bataclan à la barre et racontez-nous par le menu ce qui vous est arrivé. Tu te dis c'est un peu étrange. Et là moi je dis ben je suis président d'une association.

Nous on est prêt en fait, on veut que la justice se déroule normalement. Et là le président de la cour d'assise me dit bah en fait non parce que vous risquez un nouveau trauma regarder ça. Et ça a été la même chose pour Giselle Pélico.

On lui a dit "Ah faut pas regarder les images de vos madame." Ah ouais mais en fait nous on sait ce qui nous est arrivé. On sait si on se sent prêt à le regarder ou pas.

Et ça a été un long bras de faire avec la cour pour avoir le droit de les regarder et juste le droit à ce que ça se passe comme dans n'importe quel procès quoi. Que le procès du 13 novembre ne se passe pas différemment des autres. Et donc c'est pas par plaisir malsin que je voulais les voir ces images ou que je voulais entendre le son.

C'était juste pour dire ce qui nous est arrivé et traité comme n'importe quelle affaire judiciaire un peu plus violente, beaucoup plus de mort mais il faut que ce soit pareil. C'était une manière de nous rendre notre dignité à nous pour le coup. Et et tu penses que ça a changé quelque chose dans le jugement après le fait de voir parce que il y aurait eu un jury populaire, ça aurait peut-être joué en défaveur des accusés.

Là pour le coup, c'est des professionnels qui jugent et les professionnels, ils y avaient déjà accès dans le dossier. Ils l'avent déjà accès. Ouais.

C'était là qu'il y avait un coup d'hypocrisie, c'est qu'en fait tout le monde pouvait les avoir vu et typiquement c'est moi qui ai fait la sélection d'images. Donc moi, je me suis tapé de regarder toutes les images de mort qu'il y avait dans le dossier pour dire bah je pense que celle-là, celle-là, celle-là, on peut les montrer. On reconnaît aucun des cadavres nommés.

C'est dire tu ava photos. Euh, il y en a quelques centaines. Ouais, quelques centaines.

Bon, il faut se pas le fait d'imprimer ça avec tes yeux parce que mine de rien, je pense que ce qui est dur, c'est quand ça t'arrive et que tu es pas préparé. Avant de les regarder, je me suis conditionné plusieurs jours avant en me disant "Tu vas voir ces trucs là, faut pas les imprimer, faut juste poser la question à la fois chaque fois. Est-ce que c'est montrable ?

Est-ce que c'est pas montrable dans la salle d'audience ? Est-ce que ça peut choquer des parents en deiller et ainsi de suite. Et donc tu les regardes avec un œil qui est pas ton œil, qui est un œil hyper mécanique.

Il y a vraiment comme tu d'un policier. Moi, c'est ce que m'ont dit les opérateurs du raid quand tu leur dis "Mais vous sortez pas traumatisé." Moi, les mecs m'avaient dit "Il y a comme un interrupteur qui se tourne quand on va en opération.

Dans ces moments-là, on est focalisé sur l'action." Et donc, c'est pas la même mémoire qu'imprime le 5 mai 2024, c'est un un de tes amis qui s'appelle Fred Wild qui est l'un des survivants de l'attentat aussi du Bataclan. C'est sué, je crois qu'il y a eu trois, si je dis pas de bêtises, survivants qui se sont suicidés après.

Alors, il y a trois survivants qui se sont sués. Il y en a une où la famille considère pas que ce soit lié qu'au 13 novembre. Donc nous, on compte 132 morts.

Euh à l'heure actuelle, il y a vraiment deux suicides qui sont liés euh quasi exclusivement au 13 novembre et et dont mon copain Fred que j'ai vu quelques jours avant un concert et donc je vais dire la même chose que tous les copains de su j'ai vu aucun signe avantcoureur. Et surtout lui, il avait écrit des BD, il avait fait plein de choses autour du 13 novembre et donc on avait l'impression qu'il tenait son traumatisme relativement à distance et et puis et ça ça ouvre un abîme assez énorme parce que le stress post-traumatique, tu as beau te sentir bien dans ta peau, on te dit que ça peut revenir 5, 10, 20, 30 ans après, même si tu as été bien pendant toute la période. Et donc tu vois, ça a posé première question de savoir est-ce qu'on peut un jour se considérer guéri ?

La deuxième question, c'est que quand il est mort, il y a eu pas mal de couverture presse. Et la couverture presse, c'était céit triste, mais finalement, est-ce que c'est surprenant ? Personne avait l'air surpris du fait que quelqu'un qui a vu de telles horreurs puisse te suiv et ça pareil, tu t'interroges un peu, tu te dis "Est-ce que on a raté quelque chose quelque part ?" Tu vois, est-ce que est-ce qu'un jour on va pouvoir être considéré comme des gens normaux sur lesquels on peut miser pour l'avenir, quoi ?

Et ça, c'est des grandes questions, tu vois. Et et quand on est arrivé à l'enterrement, on était tous vraiment sous le choc et tu sentais que c'était les questions qu'on se posait tous dans la salle quoi. Ça t'a poussé à écrire un livre ?

Ouais. Bah justement de de Fred quand je suis allé à l'enterrement, on m'a demandé de dire quelques mots comme copain et comme président d'assaut et et le truc principal que j'avais envie de dire à Fred, c'est "Tu fais chier, tu fais chier de Et et en fait il y a plein de gens qui m'ont dit "Mais mais il y a un livre à écrire sur ce sujet-l" en fait, sur toutes les questions que ça pose, sur tout l'abîme que que ça pose. Et donc j'ai écrit un livre qui s'appelle vivre après le Bataclan qui parle à la fois de ce que c'est quand tu es victime de vivre après mais aussi de à quel point c'est dur de vivre dans une société qui est traumatisée par le même événement que celui qui t'a traumatisé.

Et tu vois c'est le cas du 13 novembre, tu parles n'importe qui dans la rue du 13 novembre, il sait ce qu'il faisait, il dit "Ah, c'est tellement dur, où il était et ainsi de suite." Et donc c'est vachement dur d'en guérir quand les gens à qui tu as envie d'en parler vont pas tout à fait bien non plus. Et donc le livre, il est là-dessus, il est comment est-ce que une société guérit de tout ça ?

Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour terminer pour les victimes de terrorisme en France ? Tu trouves que on manque de quelque chose ? Qu'est-ce qu'il faudrait faire ?

Honnêtement, je vais pas cracher sur le système français. Euh faire mieux dans tout. Donc c'est intéressant de savoir.

Non, je crois que pour les grands attentats, on fait bien. Il y a les petits attentats, ceux où il y a qu'un ou deux morts qu'on a tendance à oublier et ça c'est très dur pour eux parce que sinon on est bien indemnisé, la justice fonctionne bien, les médias sont plutôt tu vois très intéressés par le sujet. Non, je crois qu'on a tous un effort collectif à faire euh qui est juste de se dire il faut accepter que ça mette beaucoup de temps aux gens de se guérir et il faut accepter qu'on sait pas tout et que donc si on connaît une victime, lui envoyer un petit texto par exemple pour le 13 novembre, le matin du 13 en lui disant "Je pense à toi." Et puis quand quand on la voit lui dire "Comment ça va au fait ?" B voilà, je crois que c'est de ça dont on a besoin.

Tu as tu disais tu as plusieurs enfants ? Ouais, j'en ai trois. Tu en as trois depuis parce que tu en avais pas avant.

Ouais. Ils sont au courant. Ils ont quel âge aujourd'hui ?

Non, elles ont 6 4 2 et c'est ma grande question, c'est que c'est beaucoup plus facile de t'en parler que de savoir comment je vais leur en parler. Bah, tu leur montreras la vidéo plus tard. Bah sûrement, mais c'est quand le plus tard ?

Et et c'est une des grosses questions qui m'occupe parce que celle de 6 ans, elle commence à comprendre la violence, l'injustice, elle comprend ce que c'est la guerre et en fait c'est vachement plus dur d'aller raconter intimement à ton enfant que tu as failli y passer et que tu es pas invincible que d'aller le dire à c'est quoi tes 100 millions de subscribers sur et ça c'est une vraie question qui qui m'inquiète beaucoup parce que tu te dis le jour où je vais lui raconter, c'est sûr qu'elle va faire quelques cauchemars et tout est-ce que ça c'est donner une victoire au terroristes Et tu vois quand tu es victime, tu as vraiment envie de leur donner zéro victoire à ces mecs-là. Tu as pu leur parler au terroristes ? Non, enfin quand je suis allé au procès à la barre, j'ai évidemment dit des trucs qui s'adressaient à eux.

Tu peux te dire que eux répondent d'une certaine manière quand il parlent après. Mais c'est pas de la justice restaurative dans le sens où tu es pas face à faceace à te raconter comme on est en train de le faire. tu parles 3 mois après, c'est à lui de répondre à des questions, ton avocat peut en poser et ainsi de suite.

Mais je les ai quand même assez entendu pour qu'il répondent à aux maigres questions que j'avais quoi. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour terminer cette émission ? Ah, on peut me souhaiter d'être heureux, je crois.

Un, d'être heureux et deux, d'avoir des choses dans la vie qui sont assez importantes pour que tu as envie de mourir pour elle. Ça peut paraître bête, mais quand tu as failli mourir, tu te dis "J'ai envie de vivre intensément tous les jours". Voilà.

Et je le souhaite à tout le monde d'ailleurs. Tu as trois filles ? Ouais, tris filles.

Trois filles. Trois filles. J'ai beaucoup de chance.

Et bah félicitations. Merci. Merci beaucoup Guillaume.

Merci à toi d'être venu. Je mettrai le lien pour prendre le livre si on veut. Il y a un lien pour l'assoation.

Ça sert à rien dissoudre. On va se dissoudre. Donc si vous pouvez penser à nous le 13 et ben ça nous fera juste [rires] très plaisir.

Merci à toi. Merci beaucoup d'avoir suivi cette émission spéciale aujourd'hui sur les 10 ans du 13 novembre 2015. On voulait faire une émission exceptionnelle.

Aujourd'hui, on voulait raconter cette journée. C'est important de pas oublier ce qui se passe aussi de d'en reparler. Euh donc tout ce qui s'est passé autour du Bataclan, autour du 13 novembre en général avec différents points de vue qui ont vécu, différentes personnes qui ont vécu différemment cette journée qui était tous au même endroit pour le coup.

Euh tu vas peut-être dans les événements comme ça, dans les commémorations, tu tu retrouves des gens que tu as vu, tu as vécu et des policiers. Tu as remercié des policiers aussi ? Tu as recroisé des gens de la police ?

J'ai beaucoup vu les gens de la BRI, les gens du RA et puis je connais bien et Mathieu Langlois et Jean-Michel Fauverg. Donc il y a une fraternité des gens qui ont dû être un maman de cette soirée-elà dans cette salle. En tout cas, merci à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission avec moi, d'avoir bossé sur cette émission.

On se retrouve trois fois par semaine, tous les mercredis, tous les vendredis et tous les dimanches sur les gendes pour des interviews, des documentaires. Voilà, merci de vous abonner. Vous êtes environ 150000 200000 à vous abonner chaque mois à notre chaîne YouTube.

Ça nous aide beaucoup, sachez-le, vraiment à chaque fois que vous le faites, ça nous aide à avoir des invités exceptionnels. Bah voilà, comme vous aujourd'hui. Ça nous permet d'avoir plein de voilà de de récits de de ce moment-là.

Merci d'être si nombreux aussi à à nous suivre en podcast audio sur Spotify. 10h Apple Podcast, Amazon Podcast. N'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur les plateformes de podcast audio.

Ça nous aide beaucoup. Voilà, je vous embrasse et on se retrouve très vite sur les gens. Ciao tout le monde. [musique] [musique] [musique] [musique] [musique]