Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationyoutube.com· 7 février 2025ComplaisantFond programmatiqueBudget & impôtsInstitutions & électionsTravail & emploi

Macron, le dépensier de l'Elysée : entretien avec Marianne Maximi, députée

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 65 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • OuverteRéponse directe

    Pourquoi le budget de l'Élysée augmente-t-il alors que l'État impose une cure d'austérité ?

  • FerméeRéponse directe

    Combien de salariés sont rémunérés 300 000 euros pour Brigitte Macron ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Marianne MaximiChiffre
    « il y a quatre personnes détachées pour elle dans un cabinet, un chef de câble, un directeur de câble, plus deux secrétaires. »
  • Marianne MaximiChiffre
    « En fait, d'entre 2019 et 2025, on est passé de 239 contractuels. Donc, ça veut dire des gens qui n'ont pas de statut de fonctionnaire à 575, donc plus du double. »
  • Marianne MaximiFait
    « je pense que la sous-traitance, on l'a déjà dit, c'est de la maltraitance. »

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Est-ce qu'il faut que tous les Français aient le train de vie d'Emmanuel Macron ou il faut qu'Emmanuel Macron ait le train de vie des Français ? Il faut qu'on arrive à se bagarrer pour qu'on ait un budget à la hauteur pour que les Français augmentent leur train de vie et qu'Emmanuel Macron, surtout, parte de l'Elysée. Là, on est sous les ors de la République, des fois, tu vois, je trouve que quand tu arrives dans l'Assemblée, tu as un effet un peu, tu te dis, tout cet or, c'est incroyable.

Et toi, Marianne, tu as fait ce rapport pour la Commission des Finances qui s'appelle Pouvoir Public. Comme ça, ça a l'air d'être un rapport de la Commission des Finances. Ce n'est pas une lecture de chevet.

Mais en fait, dedans, on apprend que, certes, ici, à l'Assemblée, des fois, tu te dis que c'est doré, mais en fait, il y a un autre endroit où c'est extrêmement doré. C'est à l'Elysée où on a le dépensier de l'Elysée, donc Emmanuel Macron, qui voit ses dépenses augmenter, notamment pour le fonctionnement de l'Elysée, dans des moments où il y a une cure d'austérité. Est-ce que tu peux m'expliquer un petit peu ce que ça signifie ?

Parce que tu relèves trois points, toi, notamment sur les réceptions, c'est 35 % de plus, je crois, pour 2025, donc une hausse du budget de 35 %. Ça veut dire quoi concrètement ? Macron, il mange plus que les autres.

Ça veut dire qu'on a un président qui est plutôt dépensier, qui a fait appliquer de l'austérité dans toutes les institutions, pour les habitants et les habitantes, sur les services publics, et qui, en fait, lui, de son côté, à la présidence de la République, demande une augmentation de ses moyens pour dépenser plus. Et ce que moi, je note dans mon rapport, c'est effectivement qu'il dépense plus sur des grands dîners, notamment la réception de Charles III, le roi d'Angleterre. 500 000 euros, la réception de Charles III ?

En fait, c'est très cher, et surtout, le problème avec Macron, c'est qu'il y a eu beaucoup d'annulations. Et c'est ce qu'on observe aussi, c'est que c'est un président qui va jeter partout, sans beaucoup de cohérence. Et par exemple, Charles III, il y avait un premier dîner qui était prévu, sauf que c'est tombé au moment de la mobilisation contre la réforme des retraites, mobilisation que lui a créée.

Donc, il l'a annulée, et ensuite, il y a eu, quelques mois après, la réception. Et ce qu'on voit aussi, c'est pour les déplacements, notamment à l'international, qui s'étaient beaucoup calmés, évidemment, pendant le Covid. Donc là, ça repart en flèche.

Mais on a eu aussi beaucoup d'annulations qu'on a observées. Le problème, c'est qu'on voit qu'à la fois, effectivement, un président, ça doit se déplacer, sauf qu'on voit une perte de vitesse de la diplomatie française et de son rôle à l'international, on l'a vu sur Gaza. Et pourtant, c'est des moyens financiers de plus en plus importants qui sont mobilisés autour de Macron.

Et le troisième point de dépense, c'est la première dame, Brigitte Macron, qui a un budget, et notamment des collaborateurs qui lui sont attribués, pour 300 000 euros. À Brigitte Macron, tous les ans, c'est 300 000 euros. Mais est-ce qu'elle a un contrat de travail, Brigitte Macron ?

Ou est-ce qu'on la paye sous le manteau, 300 000 euros ? Alors, c'est surtout les moyens qui lui sont donnés, c'est-à-dire en moyens humains. Donc, c'est des collaborateurs qui sont détachés, parce qu'elle a un cabinet.

Alors, elle n'a aucun statut légal, c'est-à-dire qu'elle n'a aucune fonction officielle, si ce n'est de représentation, mais ça, ce n'est même pas constitutionnel. Et par contre, elle a des salariés qui travaillent pour elle. Et ça, ça coûte 300 000 euros et il y a peu de transparence.

Elle a combien de salariés à 300 000 euros ? En fait, il y a quatre personnes détachées pour elle dans un cabinet, un chef de câble, un directeur de câble, plus deux secrétaires. Et ce qu'on voit, c'est que ces 300 000 euros concernent les deux détachés qui viennent normalement dans le cabinet de Macron.

Et donc, on a du mal à savoir combien ils sont rémunérés et quelles sont leurs fonctions, en fait, à quoi ils servent, qu'est-ce qu'ils font au quotidien avec Brigitte Macron ? Globalement, ça veut dire que personne ne lui a rien demandé et que ça nous coûte 300 000 euros. C'est-à-dire que la Brigitte Macron coûte 300 000 euros, on ne sait pas ce qu'elle fait.

Enfin, en tout cas, personne ne lui a rien demandé, d'ailleurs. Personne ne lui a demandé de faire quoi que ce soit. On a Emmanuel Macron qui fait des repas à 500 000 euros avec Charles III.

Donc, ça faisait 3 000 euros par tête à peu près pour le repas. Et on a tous ces déplacements qui sont annulés au dernier moment et qui balancent l'argent. C'est ça.

Alors pourtant, je crois qu'il n'y a pas d'argent magique. Il n'y a pas d'argent magique et surtout, et moi, quand je vais auditionner le cabinet d'Emmanuel Macron, j'ai droit à un discours qui est assez hypocrite, je ne peux rien dire, mais où on nous explique « Bah oui, mais Madame la députée, on a besoin de plus d'argent parce qu'il y a l'inflation sur l'énergie, que le point d'indice des fonctionnaires a été dégelé, donc c'est des moyens qu'il faut réattribuer. » Ce que refuse de faire la Macronie d'Emmanuel Macron aux collectivités territoriales, aux services publics.

Donc, c'est vraiment un double de langage du président qui est très dépensier et en plus qui impose une cure d'austérité au reste du pays. Mais surtout que, sauf cette année-là, en 2023, la hausse du budget de l'Elysée, c'est plus 11%. Donc, tu es largement au-dessus de l'inflation.

Juste après, l'année d'après, c'est 5%. Donc, tu étais aussi à peu près au-dessus de l'inflation. Alors que, tu sais, pour les hôpitaux et tout, justement, on te dit à chaque fois que tu es en dessous de l'inflation.

C'est-à-dire qu'eux, ils s'augmentent à chaque fois au-dessus de l'inflation. Mais comment ils décident de s'augmenter ? C'est-à-dire qu'ils dépensent et après, ils disent à l'Assemblée, voilà la note ?

Ils nous disent « Voilà, on a des moyens, on a besoin de dépenses supplémentaires, justement en justifiant l'inflation des prix de l'énergie, mais qui a touché n'importe quel foyer, n'importe quelle entreprise et n'importe quel service public. » Et en fait, ils nous expliquent que c'est leur politique qui les impacte. Et donc, il faut leur donner plus de dotations.

Sauf cette année où ils sont revenus dessus, parce qu'évidemment, il y avait tellement de scandales au niveau de l'austérité imposée au pays que là, ils ont dit « Bon, OK, on recule. » Sauf que les dépenses, elles, elles sont toujours assez importantes et pas justifiées. C'est-à-dire le fait d'annuler, de revenir en arrière, de ne pas avoir de cohérence, c'est coûteux en fait.

Et Emmanuel Macron est le spécialiste. C'est la Cour des comptes. Alors, qu'est-ce qu'il faudrait faire du coup ?

Est-ce qu'il faudrait mettre, je ne sais pas moi, il faudrait plafonner les dépenses ? Qu'est-ce qu'il faudrait faire du coup pour encadrer un peu ce budget ? Déjà, il faudrait de la transparence.

Il faudrait savoir réellement à quoi servent les choses. Et ça, c'est une grosse difficulté dans mon rapport. C'est que les pouvoirs publics ne sont pas très transparents, contrairement aux autres démocraties européennes où normalement, on a accès à tout ça.

Donc déjà, de la transparence pour qu'on puisse y voir plus clair. Et ensuite, il faut soit on se dit qu'on crée des nouvelles recettes dans le pays et que du coup, on augmente les dépenses pour les services publics et on se dit, on répond à hauteur des besoins, aussi pour la présence de la République. Mais ce qu'on voit, c'est que les besoins ne sont pas là pour la présence de la République et que c'est plutôt du côté du caprice du président qui décide de faire quelque chose, de l'annuler, de repartir.

Et donc ça, c'est très coûteux. Donc là, il faudrait mettre un terme à cette incohérence dans ce que fait le président de la République en termes de déplacement, de dîner, de réception. Est-ce qu'il faut que tous les Français aient le train de vie d'Emmanuel Macron ou il faut qu'Emmanuel Macron ait le train de vie des Français ?

Non, il faut qu'on arrive à se bagarrer pour qu'on ait un budget à la hauteur pour que les Français augmentent leur train de vie et qu'Emmanuel Macron, surtout, parte de l'Élysée. Quand tu le lis, tu te dis, mais il se fout de notre gueule, quoi. Oui, parce qu'il y a le Conseil constitutionnel aussi où des fois, il y a des membres qui peuvent être rémunérés pour une réunion dans l'année, 160 000 euros par an.

C'est Valéry Giscard d'Estaing, elle est là, le chiffre. Tu me l'as montré tout à l'heure. Valéry Giscard d'Estaing, en 2020, il fait une seule réunion au Conseil constitutionnel.

Alors, ce n'est pas lui là tout de suite. Là, on n'a plus de membres de droit parce qu'il n'y a plus de présidents qui ont décidé de siéger au Conseil constitutionnel. Mais la dernière fois, c'était ça.

Et en fait, le statut d'ancien président membre de droit est rémunéré sur des critères qui ne sont absolument pas transparents. Et même les autres sages du Conseil constitutionnel, nous n'arrivons pas à avoir de transparence sur pourquoi ils sont rémunérés, combien et quels critères sont mis en place. Et là, 165 992 euros pour une seule réunion en 2020.

Tu sais combien de temps elle a duré la réunion ? Non, on n'arrive pas à savoir ça non plus. Mais bon, même si elle a duré 10 heures, c'est quand même dans tous les cas très cher.

Ça fait bien payer. Et il y a juste un autre chiffre aussi parce qu'en fait, là, l'autre jour, moi, j'avais ma belle-sœur qui était venue en visite de l'Assemblée de ça avec ma nièce. Elle avait une amie à elle qui me dit « Mais je ne comprends pas pourquoi si vous avez autant de fonctionnaires qui bossent bien, etc., qui nous ont fait un peu des bouts de visite, pourquoi les gouvernants sont aussi incompétents ? » Et je lui disais, mais bon, je n'avais pas tout l'heure de faire la réponse à cette question, mais par contre, je lui disais que de plus en plus, en fait, les fonctionnaires, ils avaient de moins en moins à l'Assemblée nationale.

De plus en plus, c'était un peu le modèle contractuel. C'est-à-dire, en gros, les gens qui ont des contrats précaires. Et en fait, je vois que tu as un chiffre.

En fait, d'entre 2019 et 2025, on est passé de 239 contractuels. Donc, ça veut dire des gens qui n'ont pas de statut de fonctionnaire à 575, donc plus du double. Par contre, chez les fonctionnaires, c'est moins de 200 fonctionnaires à l'Assemblée nationale.

C'est ça. Ça, ça veut dire que c'est quoi comme choix qui est fait ? Ça veut dire qu'on a précarisé, en fait, les postes à l'Assemblée nationale.

C'est une fonction publique de très grande qualité à l'Assemblée nationale. Les administrateurs et tous les corps de métier qui existent ont énormément de...

Les administrateurs qui ont écrit ce rapport. Exactement. C'est de la Commission des finances, mais aussi tous les corps de métier qu'on voit à l'Assemblée et qui existent et qui sont précieux.

On voit que la trajectoire d'emploi, c'est-à-dire, ça a été de réduire la masse salariale des fonctionnaires, remplacée par des contractuels ou par de la sous-traitance. Parce qu'on a aussi tout un paragraphe sur le danger de la sous-traitance avec peu de contrôle en termes de sécurité au travail. C'est aussi, par exemple, les femmes de ménage qu'on a dans les bureaux.

C'est des agents qui sont dans des conditions de travail qu'on ne contrôle pas à l'Assemblée. Il y a eu un mort à l'Assemblée nationale il y a trois ans. M.

Silla. M. Silla, effectivement, où l'Assemblée nationale, il y a un procès.

Donc moi, j'en ai parlé dans mon rapport parce que je pense que la sous-traitance, on l'a déjà dit, c'est de la maltraitance. Et du coup, nous, on propose dans ce rapport aussi d'y mettre fin et de réouvrir des postes au concours. La question m'a assuré qu'ils essaient de changer la trajectoire d'emploi.

Et c'est important parce que c'est aussi de la qualité du travail parlementaire. On parle beaucoup des députés, mais derrière, c'est évidemment énormément de métiers et d'administrateurs qui nous accompagnent et qui permettent de rendre des rapports de qualité, des textes de loi de qualité aussi. Donc on a besoin de réouvrir des postes au concours pour que la fonction publique soit renforcée à l'Assemblée nationale.

Et juste pour comprendre comment tu fais ton rapport, est-ce que tu fais des perquisitions ? Je fais des perquisitions. Alors, on a une méthodologie.

D'abord, on envoie des questionnaires au pouvoir public. C'est l'Élysée, première sommation Élysée, conseil Constit, cours de justice, l'Assemblée nationale, le Sénat. Mais le Sénat, séparation entre les deux chambres, on contrôle peu.

C'est un usage. Et les chaînes parlementaires, donc LCP, un premier questionnaire, ils nous répondent et ensuite, on a des auditions. Donc on demande effectivement des rencontres.

Donc on se voit, on affine un peu le questionnaire. On peut demander des pièces supplémentaires. Mais par exemple, l'Élysée, quand je demande des pièces, ils nous expliquent que c'est compliqué parce qu'il faut du personnel et qu'ils n'arrivent pas à trouver.

C'est pour dire à quel point la question...

Ils n'arrivent pas à trouver les pièces justificatives. Alors des fois, il y a des journalistes qui passent par les demandes CADA pour avoir accès à des documents. C'est quoi les demandes CADA ?

Contre les documents administratifs. Donc tu demandes, c'est une institution où tu demandes d'avoir accès à des pièces précises. Ça a été le cas d'ailleurs pour les feuilles de paye d'Emmanuel Macron avec des journalistes du Monde qui ont mis beaucoup de temps à les obtenir.

Mais il y a une entrave en fait au travail que moi j'essaie de mener qui est, on va dire, un peu surnoise. Mais voilà, il y a des pièces qui mettent beaucoup de temps ou des réponses. L'Élysée, par exemple, me renvoie sur son site internet.

Ce n'est quand même pas banal quand on est parlementaire avec un pouvoir effectivement de contrôle sur pièces. Donc on a déjà demandé des pièces supplémentaires, des choses qui ne font pas circuler. C'est pour ça qu'on arrive à faire des rapports de plus en plus complets au fur et à mesure des années.

Ok. Merci beaucoup. J'espère que tu nous feras un petit bouquin au bout de quelques années de rapport pour voir l'évolution un petit peu des dépenses de l'Élysée.

Donc voilà, le petit rapport pour tout le monde. Noël, c'est passé. Après, c'est un peu un cadeau de radin quand même parce qu'on a 3 euros le rapport, mais vous pourrez l'offrir pour les anniversaires, tout ça.

Les ZRN, c'est passé aussi en janvier. Puis il est gratuit sur le site de l'Assemblée. C'est quand ton anniversaire ?

Ah oui, il doit y aller le 13 novembre, donc juste avant moi. Merci Marianne. Merci Damien.